L'évangile de Marie: Myriam de Magdala / Évangile copte du IIe siècle traduit et _vangileMarie
commenté par Jean-Yves Leloup
. -- [Paris]: Albib Michel, c2000. -- 225 p. : ill ; 18 cm. -- (Spiritualités vivantes) ; 177. -- ISBN 2-226-11731-8

Résumé / Verso 

« Le corpus des Évangiles s’est enrichi, depuis la découverte des manuscrits de Nag Hammadi, de nombreux textes fascinants attribués à Thomas, Philippe ou encore Pierre. Parmi eux, « l’Évangile de Marie » est le seul attribué à une femme ; écrit vers l’an 150, il est aussi un témoin précieux de ce christianisme primitif que la traduction de Jean-Yves Leloup, théologien orthodoxe et philosophe, nous permet d’approcher. Myriam de Magdala, cette Marie Madeleine qui fut le premier témoin de la Résurrection, transmet ici les enseignements secrets qu’elle a reçus en vision. La pécheresse des Évangiles canoniques se rélève alors comme l’amie intime de Jésus, édtentrice d’une parole cachée même aux apôtres… »

Commentaire personnel 

Indépendamment de ses croyances personnelles, ce livre est vraiment très intéressant et pertinent. Cet évangile, apocryphe mais reconnu, est pratiquement ignoré du public. Et pourtant, il s’agit d’un des textes fondateurs du christianisme puisqu’il date – supposément - d’environ l’an 150. Que l’on soit chrétien ou non, on ne peut nier l’impact de ce texte sur notre société et notre culture. Nous avons ici, un évangile partiel mais qui je crois nous « parle » infiniment plus que les évangiles connus.

Il est « écrit » par une femme qui aurait été un témoin direct de l’enseignement mais également de la résurrection (après tout Renan ne dit-il pas : « tout le christianisme est né de l'imagination d'une femme») de cet homme qui a tout de même laissé un message important –que l’on croit à son existence réelle ou non. Le texte nous présente cette femme comme un témoin direct et une amie intime de cet homme. Il nous présente également une parole différente…

Nous avons d’abord le texte en tant que tel : texte grec et traduction, puis un commentaire très détaillé. Jean-Yves Leloup est un théologien, philosophe et spécialiste de spiritualité. Son commentaire est assez juste dans son ensemble et permet une réflexion personnelle.

Le texte est « différent »… je souligne entre autre : Jésus est nommé Enseigneur (ce qui change beaucoup de chose), « comprenne qui pourra », le « noûs », l’imagination, l’imaginal… Ce texte nous présente l’enseignement de cet homme d’une toute autre façon… Et il nous présente la relation de cet homme avec cette femme d’une toute autre façon : intimité –pas nécessairement charnelle, mais peut-être. De toute façon, il nous présente le rôle de la femme au même niveau (et même au premier plan) que celle de l’homme dans la transmission des paroles de ce Jésus. Et des sentiments, émotions, traits purement humains sont rétablis dans la façon de voir cette spiritualité.

Mais finalement ce qui m’a le plus frappé, c’est cet apport de l’imagination, imaginal et ce « noûs »… choses qui sont complètement occultés de ce qu’on nous montre habituellement de cette spiritualité.

Et en conclusion, peu importe notre spiritualité (et pour la petite histoire, je suis résolument non chrétienne, même si cette culture spirituelle me fascine), je crois fermement que pour notre culture générale, pour élargir nos connaissances magickes, ce livre est extrêmement intéressant… La lecture du livre peut (et d'après moi doit) être faite en dehors de tout contexte ou croyances religieux catholique (ou autre)... Les idées véhiculées dans le texte - et dans son analyse - sont très intéressantes et peuvent mener à une réflexion philosophique, sociologique, et éventuellement magicke...

Que ce soit un évangile ou non, qu'il soit écrit par un "témoin" de l'existence potentiel d'un prophète ou non... n'a aucune importance pour apprécier les idées du livre.

Texte de l’Évangile disponible ici:  http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/Apocryphes/marie.html


Source de l'image: http://www.renneslechateau.com/librairie/relig-leloup.htm

© 2006 Laila Seshat