05 décembre 2006

Selected Poems of Anne Sexton

Selected Poems of Anne Sexton / edited with an introduction by Diane Wood Middlebrook and Diane HumeimageDB George. -- Boston : Houghton Mifflin, c 1998. – xxvi, 266 p.; cm. – ISBN 0-395-44595-7. – Comprend une chronologie.

L’auteur et l’oeuvre

Anne Gray Harvey est le née le 9 novembre 1928 à Newton, dans le Massachusetts aux Etats-Unis. Elle passera une grande partie de sa vie dans les environs de la ville de Boston. La plus jeune de trois filles, son enfance se passe entre un père supposément alcoolique et une mère dont les aspirations littéraires furent brimées. Elle se sentit rapidement la moins choyée et la moins aimée des trois sœurs. Elle fut une enfant et jeune fille, rebelle et sauvage, qui n’aimait pas l’école et qui avait des problèmes d’attention. Elle fut envoyée à ses 17 ans, en 1945, à une école préparatoire pour jeunes filles dans l’espoir de la transformer « en jeune femme convenable ».

C’est à cette époque qu’elle commença à écrire – principalement de la poésie. Elle publia ses premiers poèmes dans le livre annuel de son école, sans encouragement de ses parents qui ne croyaient pas leur fille capable d’écrire elle-même de tels poèmes.

Elle fréquenta alors l’école Garland à Boston pendant un an. Autre école pour jeunes femmes qu’Anne détesta tout comme les autres établissements qu’elle fréquenta. Elle rencontra à Boston lors de cette année, Alfred Muller Sexton II et elle l’épousa à l’âge de 19 ans, en 1948. Ils déménagèrent à Hamilton, New York où son mari – communément surnommé Kayo, étudiait. Incapables de survenir à leurs besoins, ils retournèrent au Massachusetts où Anne s’inscrit à une école de mannequin. Elle termina le cours et modela pour l’agence pendant une brève période de temps.

En 1953, Anne donne naissance à sa première fille, qui fut conçue lors d’une permission de Kayo, faisant alors partie de la réserve marine en mission en Corée. Lors du retour de Kayo, ils achetèrent une maison à Newton Lower Falls (Massachusetts) près de leurs familles. Son mari travaillera alors pour le père d’Anne comme vendeur. Il s’absentera souvent autant lors de ces années que plus tard alors qu’il fonde sa propre entreprise, laissant Anne seule. Elle eut apparemment de nombreuses aventures extraconjugales.  

Mais dès 1954, Anne Sexton fut diagnostiquée pour une dépression post-natale qui s’avéra être sa première dépression. Elle fut admise à ce moment, pour la première fois, à un hôpital neuropsychiatrique, Westwood Lodge.

En 1955, après la naissance de sa deuxième fille et la mort d’une de ses grande-tantes dont elle était très proche, elle souffre d’une autre dépression nerveuse et est hospitalisée pour une seconde fois. Ses enfants sont alors pris en charge par la famille de son époux. Cette même année, le jour de son anniversaire, elle tente de se suicider. De plus en plus dépressive, elle sera hospitalisée à plusieurs reprises. Ses parents désapprouvèrent ouvertement ses séjours à l’hôpital.

sextonSon premier thérapeute l’encouragera à écrire pour l’aider à exprimer ses sentiments. Elle s’inscrira alors à des ateliers d’écriture, dont certains animés par le poète John Holmes ou encore Robert Loweel, etc. Ses poèmes sont peu à peu connus et reçoivent une critique favorable. Elle est publiée dans diverses revues et journaux américains. Au cours de ces ateliers, Anne rencontrera la poétesse Maxine Kumin qui restera sa proche amie. Elles écriront ensemble 4 livres pour enfants. Elle rencontrera également lors des ateliers, la poétesse Sylvia Plath. Finalement, Anne animera éventuellement, elle-même des ateliers de poésie.

Anne luttera cependant toute sa vie contre la dépression ainsi que l’instabilité mentale et elle fera au cours de sa vie plusieurs tentatives de suicide. Elle deviendra une poétesse reconnue qui abordera des sujets controversés considérés comme typiquement féminins. De nombreuses controverses entoureront également sa vie personnelle : elle avoua n’avoir aucune confiance en elle et croire n’être bonne que pour la prostitution ; elle eut de nombreuses aventures dont une avec son second thérapeute ; après sa mort des enregistrements de ses thérapies furent diffusés par sa biographe dans lesquels elle parle d’abus sexuels sur sa fille lors des absences prolongées de son époux et lors de ses périodes dépressives ; on souleva même la possibilité qu’Anne ait elle-même été abusé sexuellement par ses parents pendant son enfance, et elle fut sans doute négligée par des parents hostiles à sa personnalité.

De plus en plus seule, ses périodes dépressives et ses tentatives de suicides éloignent peu à peu ses amis et sa famille. Elle se sépare de son mari en 1973. Malgré une carrière florissante et de nombreux prix, elle sombre encore plus dans la dépression, l’alcoolisme, la dépendance aux médicaments et peu à peu sa santé se détériore. Le 4 octobre 1974, elle mettra fin à ses jours.

L’œuvre d’Anne Sexton s’inscrit résolument dans un style direct, intime et confessionnaliste. Dans ses poèmes, elle écrit sa vie. Ses poèmes vont aborder des sujets controversés à son époque. Elle tente de lever le voile sur des sujets considérés résolument féminins : les menstruations, la masturbation féminine, l’avortement, etc. ainsi que d’autres sujets également difficiles : l’adultère, la dépression, l’hospitalisation, la maladie, le suicide, la folie, etc. Elle fut parfois considérée comme une écrivaine féministe à cause des thèmes qu’elle aborde. Cependant, son approche est parfois assez loin des idées féministes.

Ses poèmes sont parfois lyriques, mais peuvent parfois sembler très froids. Ses poèmes marqués par son état psychologique instable. Elle s’éloignera également petit à petit de son approche confessionnalisme pour plutôt critiquer certaines pratiques culturelles, rejoignant toujours ses thèmes habituels mais en les regardant d’une autre perspective, moins personnelle. Il faut cependant souligner que même si certains de ses textes sont très intimes, ils ne sont pas nécessairement autobiographiques. Elle réussit à rendre une impression d’intimité, touchant les gens par son approche de la peine, de la douleur, de la détresse. Ses poèmes peuvent cependant parfois être joyeux. Ses vers sont souvent forts, directs, et les rimes étranges. Les mots utilisés sont très précis et peuvent permettre plusieurs interprétations. Elle joue facilement avec les mots.

Elle s’éloignera finalement de ses thèmes habituels pour écrire des poèmes à caractère religieux. Ces textes plairont moins à son public et cela contribuera à approfondir son insécurité, son instabilité et sa solitude. On note même une touche de sacré dans ses dernières compositions.

Elle écrira tout au long de sa vie, et à la fin de sa vie, elle fera même partie d’un groupe musical à tendance jazz dans lequel elle récitera ses poèmes. Beaucoup de ses poèmes se prêtent en effet très bien à une lecture rythmée.

Auteure reconnue, elle fut cependant une femme torturée. Après sa mort, la controverse ne fit que débuter. Principalement à cause de sa biographe, Diane Wood Middlebrook, qui publia une relation de la vie de l’écrivaine basée en grande partie sur les enregistrements que son thérapeute fit de ses sessions de thérapie. Il note cependant que la controverse provient surtout sur les sujets de la confidentialité et le sujet de l’éthique plutôt que sur les révélations que ces enregistrements offrent.

Les poèmes d’Anne Sexton sont selon moi très intéressants et magnifiques. Ils nous livrent une vision parfois belle, parfois difficile de sujets féminins.

Bibliographie

 

· To Bedlam and Part Way Back (1960)
· 
All My Pretty Ones (1962)
· 
Selected Poems (1964)
· Live or Die (1966)
· Poems (1968)
· Love Poems (1969)
· Transformations (1971)
· The Book of Folly (1972)
· The Death Notebooks (1974)
· The Awful Rowing Towards God (1975, posthume)
· 45 Mercy Street (1976, posthume)
· Words for Dr. Y.: Uncollected Poems with Three Stories. (1978, posthume)
· The Complete Poems (1981, posthume)
· Selected Poems of Anne Sexton (1988, posthume)

Livres pour enfants:

· Eggs of Things (1963)
·
 More Eggs of Things (1964)
· 
Joey and the Birthday Present (1971)
· The Wizard's Tears (1975)

Elle publiera également quelques essais sur la poésie et donna plusieurs entrevues très intéressantes sur le sujet.

Poème : Lullaby

Quelques extraits:

 

Extrait de: My Friend, My Friend

Who will forgive me for the things I do?
With no special legend or God to refer to…” 


Extrait de: For the Year of the Insane

“O Mary, open your eyelid.
I am in the domain of silence.
the kingdom of the crazy and the sleeper.

There is blood here

and I have eaten it.

O mother of the womb,
did I come for blood alone?

O little mother,

I am in my own mind.

I am locked in the wrong house.”

Extrait de: Her kind

“I have gone out, a possessed witch,
haunting the black air, braver at night;
dreaming evil, I have done my hitch
over the plain houses, light by light:
lonely thing, twelve-fingered, out of mind.
A woman like that is not a woman, quite.
I have been her kind.”

Sources:

Selected Poems of Anne Sexton / Edited with an introduction by Diane Wood Middlebrook and Diana Hume George. – Boston : Houghton Mifflin, c1988. – ISBN 0-395-47782-4

http://en.wikipedia.org/wiki/Anne_Sexton
http://www.english.uiuc.edu/maps/poets/s_z/sexton/sexton.htm

http://www.poets.org/poet.php/prmPID/14
http://www.uta.edu/english/tim/poetry/as/sexton.html
http://www.levity.com/corduroy/sexton.htm

Consulter également ce site pour quelques traductions en français: Anne Sexton par Michel Corne.

 

Photo © Gwendolyn Stewart www.english.uiuc.edu/.../s_z/sexton/sexton.htm

© 2006 Laila Seshat

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