25 décembre 2006
La Chasse-galerie: I. l'auteur et le récit
La Chasse-galerie,
légendes canadiennes / Honoré Beaugrand, Montréal, 1900, 123 p.; Fides, 1979, 107 p.
Ce recueil d’Honoré Beaugrand
comporte plusieurs contes très intéressants, dont mon préféré, « La
Chasse-Galerie ».
L’auteur :
Honoré Beaugrand est né un 24
mars de 1848 à Saint-Joseph-de-Lanoraie au Québec. Il fera des études
classiques au Collège Joliette. Il fréquentera l’école militaire de Montréal
brièvement après son expulsion du Collège. Il joindra les forces militaires
françaises de l’empereur Maximilien et partira pour le Mexique. Il y sera
blessé à plusieurs reprises et même emprisonné. Il ira en France en 1867 avec
les troupes françaises après la chute et l’exécution de Maximilien.
Il devra quitter la France à
cause d’activités antigouvernementales et il séjournera alors la
Nouvelle-Orléans où il
sera journaliste. Il retournera au Mexique puis
s’installera au Massachusetts où il fonde un journal « L’Écho du
Canada » en 1873. Il y rencontre et épouse Éliza Walker avec qui il aura
une fille. Il voyagera ensuite dans
l’Ouest des Étars-Unis après avoir vendu son journal. Il fondera en 1875, un 2e
journal « La République » dans lequel il publiera en plus de ses
opinions sur la religion –notamment sur ses allégeances franc-maçonniques - et
la politique, les premiers chapitres d’un roman sur l’émigration :
« Jeanne la fileuse ».
Il déménage ensuite en 1878 à
Ottawa où il fonde le journal « Le Fédéral » qui ne paraît que
quelques mois. Il part ensuite pour Montréal où il fonde plusieurs
journaux : « Le Farceur », puis le journal « La
Patrie ». Il restera propriétaire du journal jusqu’en 1897. Le succès de ce journal libéral lui permettra
de se lancer en politique. Il sera maire de Montréal en 1885-1886.
Il fera une carrière politique
mais demeure également connu pour la publication de nombreux essais et récits
de voyages. Il sera un défenseur de la cause des Canadiens Français. Honoré
Beaugrand est connu comme journaliste, romancier, essayiste, et comme homme
politique. Il recevra en 1885, la croix de la Légion d’Honneur française.
Il écrivit de nombreux récits
et contes dont le fameux récit : « La Chasse-Galerie » qui parut
pour la première fois le 13 décembre 1891 dans « La Patrie ». Le
conte sera réimprimé plusieurs fois et le titre sera repris pour un recueil de
contes publié en 1900.
Honoré Beaugrand meurt le 7
octobre 1906 à 58 ans. Sa vie très remplie mérite d’être lue en détail.
Quelques liens pour en savoir plus sur sa vie et sa bibliographie.
- L'ÎLE, le Centre de documentation virtuel sur la
littérature québécoise. – URL : http://www.litterature.org/ile32000.asp?numero=55
- Wikipédia.
– URL : http://fr.wikipedia.org/wiki/Honor%C3%A9_Beaugrand
- L'univers du
conte québécois du XIXe siècle. -- URL : http://home.ican.net/~galandor/littera/conteurs.htm#beaugrand
- L’Encyclopédie de l’Agora. – URL : http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Honore_Beaugrand
Le récit :
« La
légende qui suit a déjà été publiée dans la Patrie, il y a quelque dix ans, et en anglais dans le Century Magazine de New York, du mois
d'août 1892, avec illustrations par Henri Julien. On voit que cela ne date pas
d'hier. Le récit lui-même est basé sur une croyance populaire qui remonte à l’époque
des coureurs des bois et des voyageurs du Nord-Ouest. Les “gens de chantier”
ont continué la tradition, et c'est surtout dans les paroisses riveraines du
Saint-Laurent que l'on connaît les légendes de la chasse-galerie. J'ai
rencontré plus d'un vieux voyageur qui affirmait avoir vu voguer dans l'air des
canots d'écorce remplis de “possédés” s'en allant voir leurs blondes, sous
l'égide de Belzébuth. […] ». H.B.
La « chasse-galerie »
d’Honoré-Beaugrand raconte l’histoire de coureurs des bois qui pour aller
retrouver leurs petites amies vont passer un pacte avec Satan. Très loin dans
les bois, en une veille du jour de l’An bien arrosée, un jeune homme se laisse
entraîner par ses camarades à faire la chasse-galerie. Il s’agit de faire un
pacte avec le diable, qui permettait de partir en canot dans les airs. On
voyageait à plus de 50 lieues à l’heure et on pouvait se rendre très loin. Il
fallait être revenu dans les 6 heures et on ne devait pas prononcer le nom de
dieu pendant le trajet, ni accrocher les clochers d’Église.
Le jeune hésite mais se laisse
convaincre par un compagnon qui dit avoir déjà fait la chasse-galerie 5 fois.
Il s’agit de ne pas prendre de boisson en route pour ne pas perdre la tête. Il
faut être huit pour faire le voyage et il embarque donc. Il faut cependant
faire un serment à Satan. Il répéta avec ses compagnons l’incantation et le
canot s’éleva à toute vitesse dans les airs.
Le voyage d’aller se passe
bien et ils arrivent au réveillon pour voir leurs amis et surtout leurs
copines. Mais un des compagnons ne peut résister à l’alcool et prend plus d’un
verre à la fête. Le voyage du retour est plus difficile et les coureurs des
bois passent bien proche de mourir et de perdre leur âme. Heureusement, ils en
sont quittent pour une vilaine chute et l’histoire se termine sur la morale
qu’il vaut mieux attendre l’été pour aller embrasser sa petite amie !
Œuvre disponible en-ligne :
La chasse-galerie: légendes canadiennes
(format PDF, Bibliothèque électronique du Québec)
© 2006 Laila Seshat - Résumé





