The Outsiders / S.E. Hinton. – [New York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4Outsiders1

Introduction :

Il arrive que je lise un livre et que j’apprenne ensuite qu’il a été adapté au cinéma ou qu’il le sera bientôt. Parfois je vois le film. Quand j’ai lu un livre – et que de surcroît je l’ai aimé – c’est toujours avec appréhension que je visionne l’adaptation cinématographique. Je suis souvent déçue ou désappointée… le film n’arrivant pas à rendre le roman. Mais je suis aussi parfois surprise ou enchantée du résultat. Certaines adaptations cinématographiques surpassent même parfois le roman dont ils s’inspirent… parfois… Ou alors, le film devient une œuvre complètement différente du roman.

Et il arrive – plus rarement - que j’ai vu un film avant de lire le roman qui a inspiré l’adaptation cinématographique. Parfois même avant de savoir qu’un roman était à l’origine du film. Et alors, c’est aussi une situation délicate. Surtout si j’ai aimé le film. Est-ce que je dois lire le livre ? Sera-t-il meilleur que le film ? Serais-je finalement déçu du film, même si je l’avais d’abord aimé, parce que finalement, il n’est pas à la hauteur du roman ?

Et donc… j’avais 12 ans quand en 1983, le film « The Outsiders » est sorti au cinéma. Mais ce n’est qu’en 1985 à l’âge de 14 ans que je l’ai vu pour la première fois. Nous étions plusieurs amies un samedi après-midi, et nous avions loué des vidéos. Je me rappelle que c’était la première fois – et ce fut l’unique fois - que nous allions chez cette amie. Pour une raison inconnue, jamais nous allions chez Sophie. Je me souviens cependant très bien de son salon. Nous avions entre autres loué un film avec plusieurs jeunes acteurs que nous connaissions bien – et qu’on trouvait bien séduisants – Rob Lowe, Tom Cruise, Matt Dillon… j’aimais particulièrement Emilio Estevez.

Nous étions environ 6 filles de 14 ans. Et donc, cela rend le visionnement d’un film difficile. On parle, on rit, on grignote, on pousse des cris quand les acteurs apparaissent à l’écran. Mais je me souviens que dès les premières images du film, j’ai arrêté de parler. Mes amies continuaient à rire et parler tout en écoutant distraitement le film… mais moi, j’étais silencieuse. Et je rageais du bruit et du manque d’attention de mes amies. Et je rageais que le film soit en français et non pas dans sa version originale, en anglais.

Et donc, quelques jours plus tard, je suis allée louer à nouveau le film. Seule. Et en anglais. Et je pus regarder tranquillement chaque scène, écouter attentivement chaque mot… et pleurer… les larmes que j’avais retenues quelques jours auparavant… je les ai laissé couler. J’ai reloué le film souvent par la suite… et puis, évidemment j’ai pu voir que le film était une adaptation d’un roman.

J’ai cherché longtemps le roman. Et quand je l’ai finalement acheté, j’ai attendu avant de le lire. J’avais un peu peur qu’il soit très différent du film… que le film ne soit finalement pas aussi bon que le livre… que trop de choses aient été coupées ou alors que des scènes que j’aimais, n’existent pas dans le roman ou qu’elles soient différentes…

Et puis j’ai lu en quelques heures les 156 pages de mon édition. J’ai à nouveau verser quelques larmes – ce qui est rare quand je lis un roman. Il y avait bien quelques scènes qui n’apparaissent pas dans le film… mais dans l’ensemble, les deux œuvres livrent le même texte…

Après toutes ces années, autant le roman que le film me touchent… je ne sais pas combien de fois j’ai pu lire le roman… combien de fois j’ai visionné le film. Le livre est dans ma bibliothèque, vieille édition peu coûteuse et toute jaunie… j’ai également le film en version VHS et je compte le racheter bientôt en DVD – surtout que j’ai su que le réalisateur avait sorti une version complète de son film, encore plus près du livre…

Ce film et ce livre sont très importants pour moi, et je peux en réciter de grands bouts… et malgré tout, je me souviens toujours avec nostalgie de la première fois que j’ai entendu ces mots :

When I stepped out into the bright sunlight from the darkness of the movie house…” suivi par la chanson “Stay Gold”….

Seize upon that moment long ago
One breath away and there you will be
So young and carefree
Again you will see
That place in time...so gold
” …

J’ai encore des frissons chaque fois que le film commence…et j’ai toujours les larmes aux yeux quand je lis les mots de la lettre de Johnny :

I’ve been thinking about it, and that poem, that guy that wrote it, he meant you’re gold when you’re a kid, like green. When you’re a kid everything’s new, dawn. It just when you get used to everything tht it’s day. Like the way you dig sunsets, Pony. That’s gold. Keep it that way, it’s a good way to be. I want you to tell Dally to look at one. He’ll probably think you’re crazy, but ask for me. I don’t think he’s ever really seen a sunset.” p. 154