Mes crimes littéraires sont innombrables et chaque confession s'accompagne de sentiments de culpabilité. Et de soulagement aussi, bien sûr. Crime confessé, à moitié pardonné ! De toute évidence, certains crimes sont  véniels, d'autres sont capitaux... enfin selon mes références (d'ex-)chrétiennes. Mais tous me font sentir coupable, et donc méritent qu'on les mentionne. M_moiretrou

Il y a un crime que j'ai trop souvent commis. Et malheureusement, je me vois répéter cette action criminelle encore. Oh, je cherche à ne plus la commettre. Et pour ma défense, je ne cherche pas à le faire volontairement. Je dirais même que c'est tout à fait involontaire. Et je dis cela en toute honnêteté... je ne commets pas ce crime volontairement.  Un délit d'oubli involontaire.  Je suis de bonne foi... mais  est-ce que cela excuse ce crime ? Ne dit-on pas que la non-connaissance ne justifie pas le crime? Ou quelque chose du genre...

Mais quel est ce crime ? Ces pages, toutes ces pages que je lis... ces livres dont je fais la lecture... j'ai beaucoup lu.  Des livres que j'ai aimés, des livres que je n'ai pas aimés, des livres qui m'ont marquée, des livres qui m'ont laissée indifférente...

Mais il arrive que même si j'ai aimé le livre, même s'il m'a marquée... je l'oublie. J'oublie l'histoire, j'oublie les mots. La plupart du temps, je possède le livre - autre crime dont je me confesserai bientôt, un crime de bibliothécaire, celui-ci - je le vois dans ma bibliothèque, je me rappelle le titre, l'auteur, et même le moment où je l'ai lu... mais je ne me rappelle plus l'histoire. Ou à peine. Habituellement, dans la plupart des cas, je me rappelle au moins, si j'ai aimé le livre ou non !

Et alors, quand on me parle du livre, j'ai parfois de la difficulté à me rappeler de l'histoire... "oui, oui, je l'ai lu" (mais je ne pourrais pas vraiment vous dire de quoi ça parle!!!). Pour ma défense, très souvent quand j'en entends parler un peu ou si je lis quelques extraits, ça me revient ! Et je me souviens...

Je place la faute sur la quantité à lire... dans un temps trop court... et donc je blâme mon Bac en Études françaises... il y avait tant de livres à lire en si peu de temps. La pratique de la lecture rapide a laissé des séquelles; mais pour être honnête, je dois avouer que mon désir de lire tant d'oeuvres, tant de livres,  a fait que je lis trop rapidement.

Je ferme le livre... avec pleins d'images, de mots, de lettres, de souvenirs... bons ou mauvais. Mais trop rapidement, les mots se brouillent, les phrases deviennent confuses, les pages se confondent... et j'oublie. Ma mémoire devient parsemée de trous de lecture...

Je regarde parfois des livres dans ma bibliothèque et je suis incapable de me souvenir de l'histoire... j'en suis si embarrassée... Le pire c,est quand il arrive que j'achète un roman que j'ai déjà lu - mais cela n'arrive pratiquement jamais (bon cela m'est arrivé à 4 reprises - 4 fois en 36 ans d'existence, ce n'est pas si mal... bien sûr, je ne compte pas les fois où j'ai presque racheté le livre, avant de réaliser que je l'avais déjà lu !)

Maintenant, j'essaie réellement de prendre mon temps, de lire le roman et de me souvenir du contenu... mais cela m'arrive encore -trop souvent-... je repose le livre, le range dans ma bibliothèque et réalise quelques temps plus tard que les pages ne sont plus qu'un souvenir flou, que des mots imprécis, brouillés, dans ma mémoire trouée.