07 août 2007

Crime littéraire: Ne pas savoir emprunter

Premier crime de bibliothécaire.

Car c'est en fait la bibliothécaire en moi qui se sent terriblement coupable. Et pourtant, ma passion pour la lecture et les livres a commencé par d'innombrables visites à la bibliothèque.
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Tout d'abord la bibliothèque de mon quartier... Après avoir emprunté tous les livres qui m'intéressaient à la section jeunesse de la bibliothèque de Saint -Michel, ma mère m'a laissé partager ses 10 livres permis à la section adulte. En plus de mes 5 livres jeunesse par 3 semaines, elle me laissait prendre trois livres - qu'elle approuvait - à la section adulte. Ce qui lui en laissait seulement 7 pour elle. Qu'elle ne lisait jamais assez rapidement pour moi. J'avais toujours terminé avant la fin des trois semaines. Et j'attendais impatiemment de retourner à la bibliothèque qu'elle termine ses livres. Il me semblait qu'elle aurait pu lire plus rapidement - et laisser faire le travail, le ménage, les repas et toutes ses choses sans importance qui la tenait loin de la lecture.

Qu'il fut merveilleux le moment où j'ai pu accéder à la section adulte et avoir moi aussi mes 10 livres à emprunter. Auxquels s'ajoutaient parfois quelques livres supplémentaires des 10 livres de ma mère. Et puis, je n'oublie pas les livres empruntés à la bibliothèque scolaire de mon écore primaire... qui selon mes souvenirs n'était pas si mal en point. Nous n'étions pas beaucoup à emprunter des livres et mes amies me laissaient souvent leur 2 livres...

Et puis, j'ai emprunté assidûment à la bibliothèque de mon école secondaire... et avec notre déménagement, j'ai pu explorer tous les rayons d'une nouvelle bibliothèque publique. Ensuite, j'ai emprunté des livres à la bibliothèque collégiale... et puis j'ai commencé à acheter des livres. Principalement dans les librairies de livres usagés, dans les ventes de livres de bibliothèques, les ventes de garage...

Biblioth_caire1Mais c'est surtout le bouquiniste "L'Échange" sur Mont-Royal et leur deuxième bouquinerie sur St-Denis qui me corrompirent complètement. Les livres si peu dispendieux et en si grande quantité... et j'ai commencé à acheter au lieu d'emprunter. Je devais maintenant posséder les livres et garnir ma bibliothèque. Qui grandit et grandit... Un livre que je voulais lire ? Vite à l'Échange, et à défaut d'y trouver l'oeuvre désirée, vite aux autres librairies. Et si je ne trouvais pas le livre usagé, je finissais par l'acheter neuf ou encore simplement attendre.

J'ai déjà passé des heures dans les bibliothèques à parcourir les rayons pour trouver les livres qui devaient être lus... une couverture, un titre, un 4e de couverture, et il allait rejoindre la pile de livres empruntés. Maintenant, je faisais la même chose, dans les rayons des librairies...

Je n'ai pas connu les bibliothèques des différents quartiers où j'ai habité par la suite. Et je n'ai emprunté des livres aux bibliothèques universitaires que pour mes cours. Les romans empruntés pendant mon Bac en Études françaises ne le furent que parce que je ne les trouvais pas en librairies et que j'avais des échéances de lecture à respecter.

Mais jusque là, je ne me sentais pas vraiment coupable... la culpabilité a commencé pendant mes études de bibliothéconomie... Et surtout quand j'ai travaillé en bibliothèque ! Tous mes collègues empruntaient à la bibliothèque - surtout les nouveautés. Les étés, ils partaient avec une pile de livres à livres pendant les semaines de vacances....

Mais je continuais à acheter mes livres. Je feuilletais les livres pendant mes pauses, mais pour mieux faire mon choix à la librairie. Surtout que maintenant il m'arrivait d'avoir les moyens de les acheter neufs. J'ai bien cédé à quelques reprises et j'ai emprunté quelques livres à la bibliothèque. Mais ensuite... je me sentais perdue. J'avais aimé le livre, mais je ne l'avais plus. Je ne pouvais pas le reprendre, relire des passages à toute heure du jour ou de la nuit, voir sa tranche sur mon étagère. Il me suffisait de l'acheter, vous dites ? Incapable. Tant de livres à lire... j'achetais toujours d'autres livres avant... après tout je l'avais déjà lu.

Et donc, je suis torturée entre l'achat ou l'emprunt... car j'adore les bibliothèques, et je crois en la lecture publique, aux prêts, au travail des bibliothèques, même si je suis incapable de moi-même emprunter mes lectures...

Est-ce que je connais la bibliothèque de mon quartier à Barcelone ? Non, mais je connais la librairie de livres usagés la plus proche...

Posté par Laila_Seshat à 22:05 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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