30 août 2007

Crime littéraire: des menaces éclatantes

EmpruntLa citation tirée de l'Avalée des avalés est très belle. Et très impliquante. Lire un livre prêtré nous lie à la personne qui nous a prêté le livre. Lorsqu'on le rend cette personne, on devra lui dire ce qu'on en a pensé. Notre avis sur le livre. Si la personne le possédait, cela implique presque toujours quelle l'aimait - mais évidemment, pas nécessairement - et donc elle voudra savoir ce que nous avons pensé du livre qu'elle nous a prêté. Nous sommes donc liés de par ce livre.

Mais ça, c'est quand le livre emprunté est retourné.

J'ai toujours eu de la difficulté à prêter mes livres. Enfin, à prêter mes choses en général, mais mes livres en particulier. Mais bien sûr... "prête tes choses" que ma mère me disait... "ne sois pas égoïste" que ma mère me disait...

Ce fut rarement une expérience agréable. Les livres étaient retournés avec des souvenirs non sollicités... des coins de pages tournées, des couvertures endommagées, et même des morceaux perdus. J'hésitais donc à prêter mes livres. Et quand on disait "j'aimerais bien lire tel livre"... je tournais la tête, faisais semblant de ne pas avoir le livre en question. Et quand on savait que j'avais, toutes les excuses étaient bonnes pour ne pas prêter. Je l,oubliais à la maison... je ne le trouvais pas dans ma bibliothèque...

Mais évidemment, c'est difficile de ne pas prêter, surtout aux gens que tu connais. On ne comprend pas. Et dire carrément "non" très délicat.

Et puis, un jour... au cégep... dans un cours de littérature... Nous devions lire "Le Torrent" d'Anne Hébert. Ma tante venait de me donner plusieurs livres de sa bibliothèque dont ce recueil. Je m'exclamais donc innocemment, sans y réfléchir :"je l'ai ! je n'aurai pas besoin de l'acheter !" et une connaissance à côté de moi - que je connaissais à peine, mais avec qui je parlais dans les cours et entre les cours - de dire: "super ! tu me le prêtes quand tu as fini?".

L'horreur totale ! Que faire ? Trop gênée pour dire non, je lui ai prêté. Et je n'ai jamais revu le livre. Jamais. Tous les cours, elle oubliait de la ramener. La session a terminé, elle a quitté le collège et plus de livre. Ce n'était pas le premier livre que je perdais de la sorte, mais celui-ci m'a blessée, plus qu'à l'habitude. Non seulement car il est excellent, mais parce que c'était un cadeau de ma tante.

Et donc, ma réticence initiale s'est transformée en un refus total. Je ne prête plus mes livres. Et les rares fois que cela m'est arrivé, ce fut par obligation et avec des menaces. Littéralement des menaces, dont on se souvient. Un ami - oui, un ami que je connais bien - se souvient encore du mot que j'avais laissé dans le livre, signifiant que je voulais ravoir le livre et qu'il avait besoin de le rendre intact dans un délai relativement bref. Et ce, en plus, des recommandations que j'avais fait au moment où le livre avait changer de mains.

Ce ne sont pas les seules menaces que j'ai proférées aux rares personnes auxquelles j'ai prêté, dans les dernières années, des livres (et autres cossins). Et quand je prête, je note - j'ai parfois aussi tendance à oublier que j'ai prêté, surtout quand il s'agit de la famille. Qui soit-dit en passant, n'est souvent pas plus "fiable" dans le domaine du retour !!! Donc, je note. Et je fais des rappels - en bonne bibliothécaire que je suis...

Et donc, je suis consciente que la littérature se partage, mais si je suis prête à conseiller, à suggérer... je ne prête qu'à coup de menaces... très réelles. J'aimerais être plus généreuse de mes livres... mais pour ma défense, je suis généreuse de mes lectures et toujours prête à offrir en cadeau un beau livre neuf !

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29 août 2007

Quelques mots...

"Lire un livre prêté lie"

Réjean Ducharme (L'Avalée des avalés)

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26 août 2007

Réflexions disparates et non organisées sur l’amour

Un ami vient de se séparer. Sa relation qui durait depuis 3 ans s'est terminée il y a quelques semaines. Et il est un peu -beaucoup- triste. Nous avons donc parlé... Il a dit que la relation ne s'était pas terminée dans le drame. Mais tranquillement. Sa copine trouvait qu'il n'y avait plus de passion... enfin que la passion du début n'existait plus et que donc l'amour n'existait plus. Et que donc, la relation n'avait plus lieu d'être. Évidemment, lui n'a rien vu venir, croyait que tout allait bien.

Ils se sont donc laissé "en amis". Elle reste avec lui pour le moment  - car n'a pas les moyens de prendre un appartement seule - et depuis quelques jours, a commencé à fréquenter quelqu'un d'autre. Elle prévoit aménager avec ce nouveau copain d'ici peu. Et mon ami ne comprend rien... complètement perdu dans ses sentiments et dans l'incompréhension des sentiments de son ex-copine...

Et moi... je comprends, car je connais trop de gens qui ont les mêmes sentiments... et honnêtement je ne les comprends pas. enfants_186a

J'avais une amie... enfin si j'y pense bien comme il le faut... j'ai connu plusieurs gens... qui pensait exactement comme la "ex-copine" de cet ami. Elle voulait rencontrer l'homme de sa vie... "l'Homme de sa Vie" avec un grand H et un grand V. Elle commence à vieillir - passer la trentaine - et elle cherche toujours. Ce n'est pas qu'elle n'a pas rencontré des gens intéressants. Elle a eu des relations avec des "hommes" très biens. D'autres moins biens.

Mais même quand elle a eu des relations stables avec des hommes biens... après l'euphorie des premiers mois, elle a commencé a trouvé le tout "ordinaire". Je m'explique... elle me disait : "je l'aime" "tout ce qui a le caractérise et qui a fait que je suis tombée en amour avec lui sont encore là, mais il y a des choses que j'apprends à connaître que j'aime moins" "et la passion des premiers temps, n'est plus là" "depuis que j'habite avec lui, je trouve que c'est moins intéressant" "je suis moins passionnée" "ce n'est pas aussi excitant qu'avant" "on fait moins de choses qu'avant" "il est fatigué après sa journée" "je ne me sens pas le centre de son univers comme avant"... et autres phrases de ce genre...

Et moi, j'ai juste envie de la prendre et de lui foutre deux grosses claques dans la face et lui dire: "sort de ton rêve!". Et vieillit bon sang ! C'est quoi cette fixation sur le conte de fée que la plupart des gens que je connaisse ont !! ! (majorité de filles, mais bien des gars aussi, je dois avouer)...

Je trouve personnellement qu'il y a une énorme contradiction entre les deux déclarations suivantes: "je cherche quelqu'un pour la vie" (entendre : la relation stable pour la vie) et " je veux la passion"...

C'est que la passion à tous les jours, non-stop, ce n'est pas la vraie vie... ce n'est pas possible et ce n'est pas réaliste. Ou tu veux vivre la passion, et alors tu changes de partenaires lorsque la passion commence à s'éteindre, ou alors tu veux la vie commune à long terme, et alors tu acceptes qu'il y ait des moments moins passionnants que d'autres !

Parce que si j'aime toujours mon ami... après 15 ans, il y a des moments moins intenses que d'autres... des moments où la vie quotidienne prend le pas, d'autres où c'est encore très intense et colorés de passion... mais ce n'est pas la "passion" à tous les jours. Quand on va faire l'épicerie et que le chat vomit sur le tapis, on ne se regarde pas passionnément dans les yeux en choisissant le savon à vaisselles et en lavant le tapis...

Mais la "passion" si elle est importante n'est pas ce qui fait et bâtit une relation à long terme... et quand les gens me disent... "je veux trouver la personne avec qui je vais passer le reste de ma vie" et que 6 mois plus tard ou 4 ans plus tard, me disent... "ce n'était plus comme avant, il n,y avait plus la passion"... je me dis... est-ce que l'amour était encore là ? si non, et bien évidemment c'est terminé... mais si l'amour est encore là, c'est être incroyablement (dix milles mots me viennent à l'esprit, stupide, enfantin, primaire, égoïste, ...) que de croire que une relation à long terme se bâtit sur la "passion"...

Surtout quand on me dit : "mes grands-parents sont restés 50-60 ans ensemble... et ils s'aimaient encore, je veux une relation pour la vie..." Honnêtement, est-ce qu'ils croient que leurs grands-parents (ou peut importe l'exemple) s,aimaient passionnément tous les jours de leur vie? Malheureusement, c'est ce qu'ils croient probablement...

C'est triste, je trouve... c'est leur choix... Moi, je me lèverai demain matin et j'embrasserai mon mari... ça fait 15 ans que je le connais, parfois je l,aime à la folie et d'autres jours je ne peux le supporter... va savoir c'est quoi la passion !!!

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24 août 2007

Mutilation particulière: encore un crime littéraire

J’aime les mots. J’aime la langue française… j’aime les langues… j’aime la grammaire, l’orthographe, la syntaxe. J’essaie de ne pas faire de fautes, et quand j’en fais cela me gène. Même si je sais que c’est naturel…

DictionnaireEt j’aime les dictionnaires, grammaires, ouvrages de référence de toutes sortes. Quand j’étais jeune, petite fille au primaire, je n’avais pas de dictionnaire à la maison. C’est que ces ouvrages sont dispendieux. Il y avait bien une encyclopédie – mais elle avait été donnée à ma mère, elle n’avait pas été achetée.

Mes premières années d’école primaire, les dictionnaires étaient dans la classe. Il y avait une rangée de dictionnaires Larousse dans la classe qu’on utilisait au besoin. Et puis, une année – je ne me rappelle plus exactement laquelle, 3e ou 4e, peut-être – on nous avait permis de les garder dans nos pupitres et même de les amener à la maison. J’adorais mon dictionnaire… non seulement, je le consultais pour répondre à mes interrogations d’orthographe ou de définitions – à l’école ou à la maison; mais je l’ouvrais souvent uniquement pour le feuilleter, lire les définitions, apprendre les nombreuses significations d’un mot, son étymologie, son histoire…

Un jour, à la fin de ma 5e année de primaire, ma tante qui était également professeur au primaire, m’a donné deux dictionnaires de sa classe. Ils étaient un peu vieux – mais encore superbe. Son école avait reçu un budget pour mettre à jour tous les ouvrages (quand cela arrivait encore…) et elle m’avait donc offert un dictionnaire Petit Robert 1 pour les noms communs et un dictionnaire Petit Robert 2 pour les noms propres. À moi. Ils m’appartenaient. Je les avais chez moi… pour toujours. Comme je les ai utilisé ces dictionnaires. Plus le Robert 1 que le 2, il faut avouer… le contenu du 2 devenant plus rapidement désuet que le contenu du 1…

Mais malheureusement… malgré tout l’amour que j’ai pour les dictionnaires, je me dois d’avouer que mes dictionnaires ont eu la vie difficile. Et sont aujourd’hui en piteux état. J’aimerais souligner tout de même que je ne suis pas l’unique responsable de cette mutilation de dictionnaire… mon Petit Robert 2 a d’ailleurs été la victime de la vengeance de ma soeurette – armée d’un crayon feutre noir - qui n’avait pas apprécié que je l’ignore un certain samedi de mes 15 ans…

Et puis, les années furent très sans merci sur la couverture de mon Petit Robert 1. Mais pourtant, j’ai aimé mes dictionnaires… je les ai utilisés, consultés et j’ai essayé de les ménager. Mais si aujourd’hui, ils sont encore dans une de mes bibliothèques – cachés derrières des portes – ils sont complètement mutilés. J’ai acheté d’autres dictionnaires depuis… mais j’ai l’impression qu’ils ne sont pas pareils… ils demeurent propres. Utilisés mais propres.

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21 août 2007

Les archives de Pauline: Un prénom parmi d'autres

Ma mère n'aimait pas beaucoup son prénom. Elle ne le détestait pas carrément, mais elle ne l'appréciait pas non plus. Il fautPauline dire que la plupart des gens le prononçait d'une façon très fermée... un "ôôô" à la place du "au"... et que à son époque, il y en vait des petites filles avec ce prénom. Il est devenu rapidement désuet, voire "kétaine" comme on dit ici... et synonyme d'une époque du Québec.

Elle n'aura jamais connu la renaissance de son prénom... si on regarde les statistiques, apparamment qu'il a connu un regain de popularité et beaucoup de petites filles ont à présent ce nom... il redevient petit à petit commun je suppose.

Elle le préférait tout de même à son véritable prénom. Car une coutume veut que nous portions le dernier prénom de la liste sur notre baptistère - quand liste il y a. Sur la plupart des baptistères québécois, pendant longtemps, le premier prénom d'une petite fille était

"Marie". Les garçons portant le nom de "Joseph". Moi-même, je porte ce premier prénom... nous sommes un peuple avec des racines catholiques, il faut bien croire.

Le deuxième prénom de ma mère, "Anna", ne l'enchantait pas non plus. Elle le trouvait jolie, mais elle n’aimait pas la façon dont la plupart des gens le prononçaient… pire que son prénom. Et pour avoir un prénom qui se termine par un « a », je sais de quoi elle parle… le « a » devient rapidement un « âââ » non loin d’un « ô ». Et donc, on passe sur les deux premiers prénoms. Le troisième est celui que tout le monde avait choisi de l’appeler, mais le dernier – et donc celui qui était officiellement son prénom – était Yvette. Le nom de sa marraine. Et elle aimait encore moins ce prénom que le 3e… et donc, elle se contentait du 3e prénom, même si elle ne l’aimait pas beaucoup.

Pauline2Pourtant je trouve qu’il était joli ce prénom… Pauline… Il lui donnait un air taquin, je trouve. « Ma maman s’appelle Pauline »… que je disais à l’école. Mais elle ne l’aimait pas beaucoup…

Mon père qui le prononçait avec son accent espagnol avait même réussi à le faire écrire « Paoline » sur les chéquiers qu’ils partageaient !!! Au grand désespoir de ma mère. C’est qu’en espagnol, on prononce les voyelles séparément et donc quand on lui avait demander le nom de son épouse pour le mettre sur les chèques, il avait dit bien tranquillement, Paouline… pour bien séparer le a du o (qui se dit ou en espagnol) et donc résultat… Paoline sur les chèques… au moins, il n’avait pas dit Paulina… Car si le a est bien prononcé en Espagne, au français, elle aurait eu droit à des Pôôôlinâ ou quelque chose du genre.

Les goûts cela ne se discute pas, mais je soutien encore aujourd’hui qu’elle avait tort… son prénom était très jolie… et même toute la série… Marie Anna Pauline Yvette. Mais pour ses archives, je me contenterai de son 3e prénom qui demeure le seul officiel et le plus joli… Pauline

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18 août 2007

Les archives de Pauline: Je blâme ouvertement ma mère

Je n’aime pas lui faire des reproches. On a parfois tendance à oublier les défauts et les mauvais côtés des gens qui nous ont quittés et qu’on aimait. Mais j’essaie de me souvenir d’elle, telle qu’elle était. Défauts et qualités, me souvenir d’elle complètement et pas partiellement. Et elle n’était pas parfaite. Et même si je n’aime pas lui reprocher quoi que ce soit, je dois aujourd’hui la tenir coupable.

PoidsEt donc... je place la faute sur elle. Car d’aussi loin que je me souvienne, elle a été préoccupée par son poids. Elle trouvait qu’elle avait des bourrelets, un ventre, de la cellulite sur les cuisses, des culottes de cheval… elle se pesait constamment, surveillait ce qu’elle mangeait, faisait diète après diète, elle a même suivi des cours d’aérobie afin de perdre du poids.

Mais quand je regarde des photos d’elle… par exemple quand elle avait 40 ans, alors qu’elle n’aimait pas son corps, qu’elle suivait une diète qui l’obligeait à ne prendre qu’un breuvage infect à l’heure des repas, elle était toute petite. Elle était magnifique, toute mince. Mais elle, elle se trouvait grosse. Elle aurait voulu perdre quelques livres. Et elle maigrissait. Puis reprenait le poids perdu. Puis reperdait quelques kilos. Et ainsi de suite. Une succession sans fin de combats contre son corps. Et la balance. Toujours une balance dans la salle de bain. Tous les jours, elle montait sur la balance et soupirait. Parfois elle atteignait le poids visé, mais jamais longtemps.

Les dernières années de sa vie, elle avait vraiment pris du poids, en grande partie à cause de tous les médicaments. Parfois les médicaments lui faisaient prendre beaucoup de poids, parfois ils lui en faisaient perdre beaucoup trop. Et elle continuait à s’attrister sur son corps.

Et je regarde les photos…les différents corps que ma mère a eu dans sa vie. Et je suis triste de me rappeler comment elle se trouvait grosse alors qu’elle ne l’était pas. Et pourtant, je fais la même chose qu’elle… et je regarde mes photos… et je me rappelle que même à 15 ans, je me trouvais grosse, j’essayais de perdre du poids… et pourtant je ne l’étais pas. Je n’ai pas un corps parfait, et j’aimerais bien perdre aussi quelques kilos, mais je refuse de monter sur une balance. Je ne veux pas connaître mon poids, je ne veux pas être esclave de ma balance.

Je suis tout de même obsédée par mes bourrelets, par ma cellulite… j’essaie de faire attention à mon alimentation et j’essaie de faire un peu d’exercices pour me maintenir en forme, mais j’essaie aussi d’accepter mes quelques kilos de trop. Et quand je regarde mes photos, parfois je ne m’aime pas, parfois oui…

Je blâme notre société qui amplifie un culte de la minceur mais je blâme aussi ma mère qui m’a donné une image torturée d’une femme constamment en colère contre son corps. Et pourtant, elle était si belle…

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15 août 2007

Oisivité involontaire

Demain que je disais hier. Demain j'y vais. Et bien, ya apparence que ce sera encore uniquement demain. Parce qu'aujourd'hui c'est tout simplement impossible. Mais j'y suis allée, croyez-moi. Pas ce matin. Non, ça je m'en doutais. J'ai fait ma journée de travail, en bonne petite travailleuse, et à 17h00, je suis partie pour le gym. Avec mon sac bleu qui contient mes vêtements, mes souliers, mes gougounnes de douche, mon shampoing et ma brosse... le tout pesant sur mon épaule. J'avais même fait de nouvelles listes sur mon lecteur, histoire de suivre la musique pendant ma course.

J'arrive à 17h30. Et là... je vois un gros panneau... "aujourd'hui, 15 août, le gym fermera ses portes à 18h00" (en espagnol, évidemment !) Et moi, de m'arrêter net avant de mettre ma petite carte dans le tourniquet qui permet l'entrée au gym. Je regarde bêtement, les deux employés au comptoir - qui comme à leur habitude jasent en ne faisant rien. Ils me voient et me disent "bien oui, on ferme à 18h00, on est le 15 août". Je dois être devenu rouge ou blanche ou en tout cas, cela a dû paraître que j'étais en beau maudit - pour ne pas dire en beau tabarnak... (mais disons-le quand même !) car ils ont paru choqué de ma réaction.

J'ai donc rebroussé chemin, en me disant que j'arrêterais à l'épicerie pour m'acheter une gâterie, histoire de faire encore plus chier (parce que cette gâterie, je la regretterais sûrement, d'autant plus que je n'avais pas fait mon entraînement). Mais heureusement pour mon corps, je n'avais pas à m'inquiéter, car l'épicerie aussi était fermée. La seule épicerie proche de chez moi, qui est ouverte pendant le mois d'août - qui ne l'oublions pas est synonyme de ville morte - et qui ne ferme pas entre 2h et 5h.... et bien, elle ferme le 15 août...

Et pourquoi tout est fermé le 15 août ? Ben voyons pour célébrer l'Assomption de la Vierge évidemment !!! Et bien non... malgré toute maassomption culture religieuse, je n'avais pas retenu dans les dates significatives que le 15 août la Vierge était montée aux Cieux et que donc tout devait s'arrêter... aller hop, un congé de plus... qui bien sûr ne signifie pas du tout que les églises soient pleines ! Seigneur non !!! Faudrait pas s'imaginer des choses pareilles quand même ! On veut bien prendre le congé mais de là, à vraiment le célébrer.... il y a deux...

Je suis bien d'accord pour avoir congé... ça fait du bien... ça permet de se reposer (quand tu as le-dit congé!), etc., etc., etc. Mais là, ça devient ridicule. Ya un "férié" à tout bout de champ... Pour la moindre raison... on ferme ! Les fêtes nationales, les fêtes religieuses, les fêtes de chaque ville, et j'en passe des meilleures.

Et pas moyen d'avoir un calendrier fixe, puisque chaque ville, chaque village et même chaque quartier a ses fêtes propres. Les magasins peuvent être fermés à Sant Boí de Llobregat mais ouverts à Barcelone, cela peut être un férié à Madrid mais pas à Lleida... Ya pas moyen de savoir...

Et là, en plein mois d'août, alors qu'on se pète la gueule sur les bureaux fermés, les employés en vacances, les grilles devant les magasins... en plus... en plein milieu de la semaine, on ferme pour célébrer le soi-disant enlèvement du corps et de l'âme de la Vierge Marie (parce que même si je ne me souvenais pas de la date,je sais c'est quoi moi l'Assomption - contrairement à la plupart des gens présentement en congé). Et on sait évidemment que ce miracle a eu lieu un 15 août !!!

Et après, on vient me dire que c'est difficile ici, que les salaires sont minables (ce qui est très vrai, soit dit en passant), qu'il fait chaud, que ci que ça... mais on ne mentionne pas tous les jours en vacances, sans parler des interminables heures de lunch et des innombrables pauses qui n'en finissent plus. Pour rejoindre quelqu'un à son bureau, tu as habituellement entre 10h00 et 10h15 puis 11h30 et 12h30 et peut-être entre 15h30 et 16h00 ou 18h30 et 18h45... si tu as de la chance... car sinon, tu risques de tomber dans les pauses ou le lunch qui évidemment ne sont pas à la même heure pour tout le monde. Et si tu veux faire tes courses ? J'ai les horaires (tous différents) des 3-4 épiceries de mon secteur.

Mais aujourd'hui... non... tout est fermé !!! arrrhhhh ! Je ne pourrai pas dire que je n'ai travaillé ma patience en venant vivre ici... inspire, expire, inspire, expire, inspire, expire....

Bon demain... je vais au gym...

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13 août 2007

S'entraîner à vouloir l'inactivité

Demain. J'y vais demain, promis. Peut-être demain matin - ah, je cherche à convaincre qui, là... soupirs... - j'irai demain soir après le travail. Parce que je me suis abonnée pour une année et que je me sens coupable du fromage mangé ce soir. Et donc, je vais aller au gym. Pourquoi ? Parce que je déteste le sport, et que j'aimerais bien perdre un peu de poids. Parce que je trouve que je m'essouffle maintenant trop vite. Parce que cela est sensé réduire mon stress... ben oui, c'est ironique ça, quand j'y pense... "réduire mon stress"... je stresse juste à penser que je dois me rendre là demain soir.

Parce que je déteste le gym et je déteste ma "routine" qui se définit ainsi:

exercice1 - courir comme une malade parce que je dois atteindre un certain nombre de calories brûlées en 20 minutes, tout cela en suant comme un porc (ou dit-on suer comme un cochon, ou encore comme un boeuf, me semble que j'ai déà entendu cela quelque part, enfin...) et en essayant de ne pas trop regarder les minutes s'écouler à une lenteur incroyable;

- aller ensuite d'appareil en appareil pour faire mes trois séries de 15 mouvements, histoire de me laisser croire que cela a un quelconque effet sur la définition de mes muscles, tout en essayant d'avoir moins chaud et en évitant à tout prix de croiser le regard d'un entraîneur - car apparemment, je ne fais jamais correctement aucun des appareils, ou alors la façon de faire change régulièrement selon l'heure du jour ;

- m'écraser sur un tapis pour faire de jolis demis redressements assis qui je sais maintenant, je n'avais jamais fait correctement car à l'école on nous les faisait faire tout croche... ou alors la technique change également selon les époques;

- pédaler comme une débile parce que je dois faire un certain nombre de kilomètres pendant mes 15 minutes de bicyclette ancrée au plancher, tout en essayant de ne pas me regarder dans le mur de miroirs;

- et finalement, ne pas oublier de faire mes étirements tout en espérant ne pas trop laisser de sueur sur le tapis

Tout cela entrecoupé de pauses "petits verres d'eau", qui ont pour but de me remettre un peu d'eau dans le corps et de m'essuyer le front pour une millième fois... Et finalement, je peux me traîner jusqu'à la douche. Et alors, alors que je me déshabille et que je mets mes gougounnes pour aller sous la douche, pendant quelques secondes je suis contente et fière de moi... pendant quelques secondes, hein, parce qu'aussitôt après je commence à penser qu'il va falloir revenir dans quelques jours et je redeviens maussade. Car je déteste ça... entièrement et complètement. Je déteste totalement aller au gym.

Mais ce que je déteste le plus... ce sont les gens qui y sont et qui accaparent les appareils... les gens qui essaient de me parler ou d'alterner les appareils avec moi... ce sont les entraîneurs qui ont tous leur façon de réaliser les exercices (il faut alors retenir qui fait quoi comment pour s'adapter au ti-clin de service)... ce sont les entraîneurs qui viennent te parler pendant que tu cours comme une folle, à bout de souffle, toute dégoulinante (heiiiin... quoiiii... ben oui, il fait beeeeeau aujour...d'hui, grand épais...).

Et je déteste les vestiaires remplies de femmes qui sont toutes minuscules et qui suivent les maudits cours - qui enterrent même la musique de mon lecteur de mp3 "uno, dos, tres... anda... vámonos" et qui prennent toute la place sur les bancs en riant et en parlant à tue-tête...

Je détestais le gym à Montréal, je déteste encore plus le gym à Barcelone... Et je déteste... bon, enfin, on aura compris, je suppose... je n'aime pas le gym...

Soupirs... et pourtant comme une parfaite petite automate, je me dirigerai demain soir (ou demain matin, si je suis courageuse) vers ces lieux détestés qui me font vouloir l'inactivité totale. Ceci dit... tout au plus profond de moi, j'envie incroyablement les gens qui aiment le gym... cela serait si simple...

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07 août 2007

Crime littéraire: Ne pas savoir emprunter

Premier crime de bibliothécaire.

Car c'est en fait la bibliothécaire en moi qui se sent terriblement coupable. Et pourtant, ma passion pour la lecture et les livres a commencé par d'innombrables visites à la bibliothèque.
Biblioth_que2
Tout d'abord la bibliothèque de mon quartier... Après avoir emprunté tous les livres qui m'intéressaient à la section jeunesse de la bibliothèque de Saint -Michel, ma mère m'a laissé partager ses 10 livres permis à la section adulte. En plus de mes 5 livres jeunesse par 3 semaines, elle me laissait prendre trois livres - qu'elle approuvait - à la section adulte. Ce qui lui en laissait seulement 7 pour elle. Qu'elle ne lisait jamais assez rapidement pour moi. J'avais toujours terminé avant la fin des trois semaines. Et j'attendais impatiemment de retourner à la bibliothèque qu'elle termine ses livres. Il me semblait qu'elle aurait pu lire plus rapidement - et laisser faire le travail, le ménage, les repas et toutes ses choses sans importance qui la tenait loin de la lecture.

Qu'il fut merveilleux le moment où j'ai pu accéder à la section adulte et avoir moi aussi mes 10 livres à emprunter. Auxquels s'ajoutaient parfois quelques livres supplémentaires des 10 livres de ma mère. Et puis, je n'oublie pas les livres empruntés à la bibliothèque scolaire de mon écore primaire... qui selon mes souvenirs n'était pas si mal en point. Nous n'étions pas beaucoup à emprunter des livres et mes amies me laissaient souvent leur 2 livres...

Et puis, j'ai emprunté assidûment à la bibliothèque de mon école secondaire... et avec notre déménagement, j'ai pu explorer tous les rayons d'une nouvelle bibliothèque publique. Ensuite, j'ai emprunté des livres à la bibliothèque collégiale... et puis j'ai commencé à acheter des livres. Principalement dans les librairies de livres usagés, dans les ventes de livres de bibliothèques, les ventes de garage...

Biblioth_caire1Mais c'est surtout le bouquiniste "L'Échange" sur Mont-Royal et leur deuxième bouquinerie sur St-Denis qui me corrompirent complètement. Les livres si peu dispendieux et en si grande quantité... et j'ai commencé à acheter au lieu d'emprunter. Je devais maintenant posséder les livres et garnir ma bibliothèque. Qui grandit et grandit... Un livre que je voulais lire ? Vite à l'Échange, et à défaut d'y trouver l'oeuvre désirée, vite aux autres librairies. Et si je ne trouvais pas le livre usagé, je finissais par l'acheter neuf ou encore simplement attendre.

J'ai déjà passé des heures dans les bibliothèques à parcourir les rayons pour trouver les livres qui devaient être lus... une couverture, un titre, un 4e de couverture, et il allait rejoindre la pile de livres empruntés. Maintenant, je faisais la même chose, dans les rayons des librairies...

Je n'ai pas connu les bibliothèques des différents quartiers où j'ai habité par la suite. Et je n'ai emprunté des livres aux bibliothèques universitaires que pour mes cours. Les romans empruntés pendant mon Bac en Études françaises ne le furent que parce que je ne les trouvais pas en librairies et que j'avais des échéances de lecture à respecter.

Mais jusque là, je ne me sentais pas vraiment coupable... la culpabilité a commencé pendant mes études de bibliothéconomie... Et surtout quand j'ai travaillé en bibliothèque ! Tous mes collègues empruntaient à la bibliothèque - surtout les nouveautés. Les étés, ils partaient avec une pile de livres à livres pendant les semaines de vacances....

Mais je continuais à acheter mes livres. Je feuilletais les livres pendant mes pauses, mais pour mieux faire mon choix à la librairie. Surtout que maintenant il m'arrivait d'avoir les moyens de les acheter neufs. J'ai bien cédé à quelques reprises et j'ai emprunté quelques livres à la bibliothèque. Mais ensuite... je me sentais perdue. J'avais aimé le livre, mais je ne l'avais plus. Je ne pouvais pas le reprendre, relire des passages à toute heure du jour ou de la nuit, voir sa tranche sur mon étagère. Il me suffisait de l'acheter, vous dites ? Incapable. Tant de livres à lire... j'achetais toujours d'autres livres avant... après tout je l'avais déjà lu.

Et donc, je suis torturée entre l'achat ou l'emprunt... car j'adore les bibliothèques, et je crois en la lecture publique, aux prêts, au travail des bibliothèques, même si je suis incapable de moi-même emprunter mes lectures...

Est-ce que je connais la bibliothèque de mon quartier à Barcelone ? Non, mais je connais la librairie de livres usagés la plus proche...

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03 août 2007

Inertie obligatoire

Il fait chaud. Est-ce que vous le saviez ? Bien sûr c’est l’été. Il y a toujours quelques jours ou quelques semaines de grandes chaleurs… enfin… c’était ainsi avant. À Montréal, chaque été, il y avait un ou quelques vagues de chaleurs. Une chaleur collante à cause de l’humidité. Une chaleur écrasante qui empêchait de dormir la nuit. Pour quelques jours, il faisait des 35º C, parfois plus… Aux gens qui rouspétaient, je souriais. J’aime bien mieux la chaleur au froid. Donc, pour moi, les semaines de chaleur épouvantable à Montréal étaient merveilleuses… bien mieux que les mois de froid… Bien plus agréable de se mettre en camisole et dormir avec un ventilateur – je ne supporte que très mal l’air conditionné -  que de se mettre 2 chandails, un manteau, un foulard, des bottes, des mitaines, un chapeau et de tout de même grelotter !

vasky4Mais à Barcelone… il fait chaud. Et encore, nous sommes parmi les privilégiés en Espagne… Séville, Madrid, Badajoz, Múrcia, Lleida, Toledo… il y fait encore plus chaud.

Mais bon, c’est tout de même très, très chaud à Barcelone. On le savait tout de même. Enfin, l’Espagne n’a pas une réputation de fraîcheur au niveau de la température… et j’étais déjà venue à Barcelone, donc je savais. Mais venir en vacances, voir la météo à la télévision, c’est autrement différent que d’habiter sur place. Car il fait chaud !!! Est-ce que je l’ai dit !

Impossible de bouger au soleil… les plantes de mon balcon se meurent, malgré toute l’eau et les soins que je leur donne… et mon chat ne bouge plus. Enfin, à peine. Deux petits pas pour passer d’un plancher de salle de bain à l’autre… quelques pas pour aller boire de l’eau… et il reprend sa position d’été : écrasement total sur le sol. Il se fait vieux et je vais parfois vérifier s’il va bien. Sa tête est molle et son poil n’est pas très propre – trop de poussières pour se laver adéquatement –Vasky mais il a encore assez d’énergie pour ronronner quand je lui gratte le menton.

Le soir, il fait un peu moins chaud. Les feuilles se relèvent un peu, un léger vent se lève également parfois, et mon chat revit un peu. Dans la noirceur, il se promène un peu, va sur le balcon et se recouche… La nuit, pour une raison quelconque, la maigre fraîcheur du soir redevient chaleur étouffante.

Ce matin, il y avait des nuages pour une partie de la matinée. Quel soulagement ! Oh… pas d’inquiétude, le soleil est revenu vers 13h00.

Il fait chaud… est-ce que je l’ai dit ?

Posté par Laila_Seshat à 00:02 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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