Évidemment, ce n'est pas parce que dernièrement, je ne me confesse pas de mes crimes littéraires que je les ai tous avouer... ou que je n'en commette plus ! Non malheureusement, je suis toujours aussi criminelle, juste moins encline à me confesser.

J’aime beaucoup lire de tous les genres de littérature. J’aime quand le livre me touche, me fait réfléchir, m’apprend des choses… Mais j’aime aussi, comme beaucoup de gens, me perdre dans une histoire, oublier le monde qui m’entoure. Et parfois pour y arriver, je me plonge dans un bon roman policier – ou moins bon, si je ne suis pas chanceuse – ou dans un roman fantastique communément appelé « roman de terreur ».

Pendant mes dernières années d’université, j'avais un très profond besoin de déconnecter complètement. Des lectures, j’en avais des tonnes à faire et j’en avais fait des tonnes… toutes très « sérieuses ». Je me suis donc enfouie dans des lectures plus « légères ». Des romans policiers, oui, mais surtout des romans fantastiques.

Il y a d’excellents romans fantastiques. Des romans profonds, très bien construits, remplis de symboles… Et il y a les autres…

CL2Je lis très rapidement, et j’avais continuellement besoin de romans pour meubler mes carences en loisirs. Chaque semaine, un petit détour par ma librairie de livres usagés était nécessaire. De longues minutes devant l’étagère « fantastique » à lire les quatrièmes de couverture, et à choisir celui qui me semblerait combler mon insatiable appétit pour des frissons et des peurs. Les livres semblaient principalement provenir d’une même collection, celle rouge et noire… la collection Terreur de PressPocket. Le mur rouge et noir parfois coupé de livres d’autres collections, était complètement révisé toutes les semaines, à la recherche de nouveaux livres.

Il y avait des auteurs connus, Graham Matheson, Peter Straub, Dean R. Koontz, Shirley Jackson, Marion Zimmer Bradley, quelques titres d’Anne Rice, Stephen King… Mais il y avait beaucoup d’auteurs moins connus, certains que j’ai appris à reconnaître, d’autres un peu moins.

Au début, les romans m’emballèrent… ils remplissaient parfaitement leur rôle : permettant de faire le vide, de me changer les idées et de me donner quelques frissons. Quelques uns ont même réussi à me faire peur ! D’autres étaient vraiment bien écrits… et puis, les livres se succédèrent et petit à petit, j’ai commencé à parfois m’ennuyer : cette histoire n’était-elle pas étrangement semblable à telle autre du même auteur ? cette façon d’aborder le thème n’était-elle pas exactement pareille à CL1cet autre roman d’un auteur différent ? n’avais-je pas déjà lu cette histoire ? C’est qu’il m’a fallu l’admettre… j’ai fini par avoir l'impression de lire les mêmes romans, les mêmes trames, les mêmes histoires… j’avais l’impression de lire des romans écrits à la chaîne, selon des canevas définis, … Et même les auteurs connus et reconnus livraient parfois la même histoire simplement légèrement modifiée.

Mais je continuais à lire et lire… tellement, que j’oubliais souvent le roman aussitôt lu… il ne me laissait que peu de souvenirs, à un point que j’ai même racheté des livres que j’avais déjà lu, pour m’en apercevoir après quelques pages… quelle horreur ! quelle honte ! Et je cachais alors les doublons pour les offrir mine de rien.

Et puis, finalement, je suis devenue presque insensible à l’horreur des pages… j’ai perdu la capacité de frissonner en lisant même un bon roman fantastique. Et c’est là, à mes yeux le plus terrifiant crime de cette confession… Car l’expérience n’est plus complète. Je devine habituellement la fin, je connais la plupart des types d'histoires, je reconnais les ficelles... Je lis aujourd’hui un roman fantastique, et je l’apprécie, - ce qui est bien – mais j’ai perdu la possibilité de trembler, de sursauter, d'être surprise, de me poser des questions en lisant ce genre littéraire. Et pour moi, c’est avoir tuer un des plaisirs de ce genre de lecture.

Je lis encore des romans fantastiques, mais beaucoup moins. Et je prends mon temps pour choisir le roman qui me semble valoir la peine. Et quand parfois, très rarement, je sursaute pendant ma lecture car on a claqué une porte, je souris de soulagement… j’ai encore un peu la capacité d’avoir peur en lisant un livre.