Avant d’aborder plus en profondeur la relation entre le balai et la sorcière, je me pencherai un peu sur la symbolique sexuelle du balai –qui a tout de même plusieurs liens avec les sorciers et sorcières.

Le balai est clairement associé à une symbolique sexuelle dans nombres de textes et légendes. Plusieurs coutumes folkloriquesBalai6 comportant un balai peuvent se rattacher à un contexte sexuel.

Très souvent, on retrouve le balai comme symbole purement phallique et donc masculin. Il devient alors une représentation du pénis en érection, principalement le manche.

À la fois un symbole féminin et un symbole masculin, la symbolique sexuelle du balai est souvent réduite au bâton (masculin) pénétrant le buisson (féminin). Certains peuples, dont supposément les Celtes, considéraient donc le balai comme une représentation des organes génitaux masculins et féminins.

Le balai volant – image principalement rattaché aux sorcières et sorciers – représente l’activation de la sexualité des sorciers (de sexes féminins et masculins) qui leur permettra de s’élever au dessus des besoins et désirs humains ordinaires et communs. Ce symbole essentiellement phallique est également symbole des puissances que le balai devrait vaincre ou dominer – puissance sexuelle – mais qui permettent à l’utilisateur de celui-ci de s’emporter et s’élever.

La nature de cette élévation est intimement liée à la maîtrise du praticien sur sa propre sexualité. Principalement sur leur propre énergie sexuelle et son utilisation dans les actes magickes.

La façon dont est tenu le balai doit en soi être différente selon le sexe du praticien. Le balai est « enfourché » pour le vol manche en avant et branches à l’arrière lorsque le praticien de sexe masculin et le contraire, c’est-à-dire manche en arrière et branches en avant pour le praticien de sexe féminin.

On peut d’ailleurs lire que le balai enfourché par la sorcière est une représentation du pénis ou encore d’un pénis artificiel – tel un godemiché. D’ailleurs dans l’ouvrage « A Dictionary of Slang, Jargon and Cant » publié en 1889 par Albert Barrere et Charles Godfrey Leland, les auteurs nous apprennent que l’expression «  a broom-handle », en français « un manche à balai », était anciennement utilisée pour définir un godemiché ou un pénis artificiel. L’expression « le balai » représentait quant à elle, les organes génitaux féminins. Et donc, l’expression « avoir une brosse » ou « avoir un balai » (« to have a brush ») signifiait avoir une relation sexuelle.

On peut d’ailleurs facilement interpréter les mentions de relations sexuelles des sorcières avec le « diable » comme une allusion à l’utilisation de godemiché. En effet, les descriptions de ces relations ou du pénis du diable parlent souvent d’un « membre » excessivement long et froid, sobre et rude.

Le balai est également souvent utilisé dans les traditions païennes de mariage ou union entre l’homme et la femme. Une coutume qu’on retrouve fréquemment est le saut du balai. Les personnes unies lors de la cérémonie vont sauter par-dessus le balai, symbolisant ainsi le passage à une nouvelle étape de leur vie. Ce saut se veut un symbole joyeux et qui termine la cérémonie.

Le balai est parfois tenu au-dessus d’un chaudron – symbole double de sexualité, le balai représentant la masculinité (ou encore à la fois le masculin et le féminin) et le chaudron, symbole féminin. Le couple doit se tenir par la main et sauter ensemble démontrant ainsi la symbiose de la relation et la puissance de l’union.

Finalement, la symbolique de la sorcière chevauchant le balai et volant au-dessus des champs est une claire manifestation d’une tradition antique visant à influencer la fertilité de la terre des champs pour obtenir de bonnes récoltes. La tradition voulait que les femmes montaient sur des balais et courraient et sautaient dans les champs. La hauteur des sauts permettait de déterminer l’abondance de la récolte. Le balai – encore une fois symbole phallique et donc masculin – et la femme qui le chevauchait fertilisaient la terre.

Mais les liens entre le balai et la sorcellerie sont multiples.

À suivre...

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