29 janvier 2009

La Comtesse de Ségur a sauvé ma vie

Mes grands-parents avaient une maison en face d'un lac. Donc tous les étés quand leur rendions visite, nous nous baignons dans le lac. Ce qui inquiétait fort ma mère. À mes 7 ou 8 ans, il fut donc décidé que je prendrais des cours de natation. On m'envoya donc, tous les samedis matin, à une école de natation.

J'ai immédiatement détesté mes cours de natation. Tout d'abord, ils avaient lieu le samedi matin, très tôt. J'étais déjà une lève-tard et n'aimais pas me lever tôt et en plus, je manquais ainsi mes programmes de télévision du samedi. Ensuite, c'était une grande école, bien connue, mais avec beaucoup de monde. Je me sentais un peu perdue et seule. Et je n'aimais pas les méthodes employées... les professeurs étaient très stricts et il n'y avait aucun plaisir à nager.

Mais tous les samedis, j'allais à mes cours. Et j'apprenais tranquillement à nager. Pas excessivement bien, mais suffisamment pour me débrouiller. Un matin, il fallait faire des longueurs dans le côté profond de la piscine et sans le "flotteur" que nous avions d'habitude. Je partis donc à la nage vers le côté 12 pieds (environ 3 1/2 m). La piscine était très grande. Très longue. Et arrivée au bout, j'étais épuisée. Je me suis donc tenue sur le bord. Mais les professeurs n'aimaient qu'on se tienne sur le bord. Il fallait faire du surplace. On me cria donc de revenir. J'étais très fatiguée, je suis donc restée un peu plus.

Et puis, je ne sais trop comment, j'ai glissé. Ma main a lâché le bord de la piscine et j'ai coulé dans le fond. Je ne me souviens pas clairement comment j'ai pu couler directement vers le fond, mais comme ce fut très rapide, je n'avais pas pris de respiration. Et puis là, je me souviens très bien, avoir eu très peur. Je savais très bien que je coulais. J'essayais de remonter à la surface, mais, je ne n'avais aucune force et je continuais à descendre. Plus je me tortillais pour remonter, plus je descendais et me fatiguais. J'ai paniqué et même si je n'avais que 6 ans, je me souviens parfaitement avoir pensé que j'étais en train de me noyer.

Et puis, j'ai soudainement su. En un flash, je me suis souvenue des Petites Filles Modèles de la Comtesse de Ségur. Je sauvenais de lire ce livre, il n'y avait pas trop longtemps. Et il y a un épisode où Sophie et Marguerite (enfin, il me semble que ce sont elles) tombent dans l'étang. Marguerite se souvient alors qu'on lui a dit de donner un grand coup de pied dans le fond pour remonter à la surface. Et c'est ce que j'ai fait. Quand j'ai senti le fond, j'ai donné un grand coup de pied et je suis immédiatement remonté à la surface. Je me suis raccrochée au bord et j'ai respiré... Cela n'avait sûrement duré que quelques secondes, mais cela me semblait des heures. Aucun moniteur ne m'avait vu. On me cria de lâcher le bord et de revenir à la nage. J'ai désobéi - ce qui était très rare pour moi - et je suis revenue en tenant le bord puis je suis sortie de la piscine. J'ai attendu que mon père vienne me chercher sur un banc. Je n'ai rien dit à personne.

Bizarrement, j'ai continué mes cours. J'ai cependant arrêté juste avant qu'on ne commence les plongeons. J'ai dit à ma mère que je ne voulais pas apprendre à plonger et que de toute façon, je ne plongerais jamais. Et je ne voulais pas le certificat. Je pouvais maintenant nager un peu et c'était suffisant pour moi et mes parents.

Et donc, la lecture des
Petites Filles Modèles de la Comtesse de Ségur m'a sauvé la vie ! Lire est vital pour moi, dans tous les sens du mot !!! ;)

Posté par Laila_Seshat à 15:12 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,


27 janvier 2009

Mirage

Je ne sais trop. Beaucoup de réflexions ces temps-ci. Et quelques discussions. On parlait de Barcelone. De Montréal. D'ici et Utopied'ailleurs. On soulignait ce qu'on aimait. On chialait sur ce qu'on n'aimait pas. Et puis, quelqu'un a dit: "c'est mieux là-bas qu'ici". Et ça m'a fait réfléchir.

Qu'est qui est mieux là et moins bien là ?
On s'imagine que la vie de l'autre est mieux que la nôtre...
Que si on vivait là plutôt qu'ici, tout irait mieux...

Et on court toujours après ce qui nous semble plus beau...
On court vers une utopie personnelle... La chimère qu'on façonne de nos mains.
Et on s'étonne lorsqu'elle ne répond pas à nos besoins, à nos illusions.

Je suis bien ici. Mais je serai bien ailleurs. J'étais bien avant de venir ici. Et il y a des moments désagréables... ici et ailleurs. La vie est un chemin... parfois long et plat, parfois parsemé de trous, d'embûches et de noirceurs... Parfois ensoleillé et coloré de clichés...

Bah... je me sentais songeuse en ce mardi soir... ça me passera ;-p




Posté par Laila_Seshat à 23:45 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

25 janvier 2009

Le moment captif d'un dimanche - Une certaine dame

1AIl y a des pluies de printemps délicieuses où le ciel a l'air de pleurer de joie. [Jean-Paul Toulet]

Et pourtant ici, malgré le parapluie - mais peut-être est-ce une ombrelle - de la jeune dame, le soleil nous criait de rire aux éclats.

Lors d'une promenade dans ce minuscule village médiéval non loin de la Costa Brava, au nom si catalan de Pals, nous nous sommes arrêtés devant cette grille.

De douces courbes de fer légèrement rouillées nous empêchèrent d'aller plus loin. Mais ne nous empêchèrent pas de capturer cette gracieuse dame au parapluie illuminée d'un soleil éblouissant d'avril.

Elle nous a semblé si loin. Impossible de la toucher, de voir ce qu'elle semble chercher sur le sol. Entourée d'un tranquille vert chatoyant, elle n'arrivera probablement jamais jusqu'à la grille. Éternellement cachée sous ce parapluie - mais peut-être est-ce une ombrelle - elle nous soupire des souvenirs de pluies et de soleils passés.

Posté par Laila_Seshat à 10:12 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :

24 janvier 2009

Viou - II. Résumé et Commentaires

Viou : roman / Henri Troyat. --[Paris] : Flammarion, c1980. -- 211p. ; 20 cm.

Viou6Résumé [attention spoilers]

Viou a huit ans. Son père est mort pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Sa mère est obligée de prendre un emploi à Paris pour subvenir à leurs besoins et demandent aux parents de son époux de prendre la garde de sa petite fille Sylvie pour quelques temps. Sylvie, qui préfère se faire appeler Viou, va donc vivre avec ses grands-parents paternels.

La petite fille tente bien que mal de s'adapter à la vie avec ses grands-parents. Elle cherche à se souvenir de se père, idéalisé par ses grands-parents, mais dont elle se souvient à peine et qui l'effraie un peu, bien qu'il lui manque beaucoup. La vie est parfois difficile pour Viou qui a dû mal à plaire à sa grand-mère autoritaire, rigide, pieuse et complètement dévouée à la mémoire de son fils. Elle l'aime mais la craint et ne semble jamais pouvoir lui faire plaisir. Elle tente de se rapprocher de son grand-père, plus doux, mais tout de même distant. Elle se rattache avec désespoir à sa mère qu'elle ne voit pratiquement jamais, vivement critiquée par sa grand-mère, mais à qui elle écrit chaque semaine une lettre.

Une routine s'installe tranquillement, entre l'école, les visites au cimetière, ses grands-parents et les jeux avec le chien de chasse de son grand-père, Toby, son seul ami - mais que sa grand-mère ne peut supporter. Une vie mélancolique, solitaire et triste pour la petite fille, pleine de vie, rêveuse, qui ne peut s'empêcher de se rebeller contre l'éducation rigide de sa grand-mère.

Mais alors que Viou se croit prise dans une vie monotone, les événements vont s'enchaîner et la plonger dans des drames qu'elle a de la difficulté à comprendre: la mort de son grand-père, la perte de son chien, la tristesse de sa grand-mère et finalement le retour de sa mère qui vient la ramener à Paris... Le monde de Viou se transforme soudainement et l'oblige à devenir trop rapidement une petite adulte.

Commentaires personnels

Viou est le premier roman d'une trilogie qui nous fait suivre la vie de Sylvie, alors qu'elle est une enfant auprès de ses grand-parent, dans le roman Viou, puis alors qu'elle s'adapte à sa vie parisienne avec sa mère et son nouveau beau-père, dans À demain Sylvie, et ensuite sa vie de jeune adulte dans Troisième bonheur.

L'histoire est simple. On nous présente les émotions d'une fillette de 8 ans qui vit séparée de sa mère chez ses grands-parents qui ne la comprennent pas. Elle se sent seule, abandonnée, et surtout constamment jugée par sa grand-mère. L'écriture de Troyat réussit à nous transmettre le désarroi d'une enfant de cet âge. Des émotions intenses, parfois contradictoires. N'a-t-on pas ressenti intensément des événements, étant enfants, qu'aujourd'hui nous semblent banals. Viou est sensible, parfois boudeuse, toujours intempestive...

Le roman réussit très bien à nous présenter les pensées de la petite Viou. Mais nous présente aussi, d'autres personnages, qu'on oublie trop souvent quand on parle du roman. Une grand-mère qui vit dans la rigidité et surtout la religion. Très dévote, elle cherche à transmettre à sa petite-fille des valeurs traditionnelles. Elle est complètement dévouée à la mémoire de son fils mort à la guerre et ne peut comprendre que la mère de Viou cherche à refaire sa vie. Elle tente de s'approprier sa petite-fille. Le grand-père est doux mais effacé. Il s'oppose souvent à sa femme et aime tendrement sa petite-fille. On le voit trop peu. Et la mère de Viou est absente. Absente de la vie de sa fille - qui l'aime désespérément - et du roman.

Les événements et tous les personnages sont transmis à travers les yeux d'une fillette qui ne comprend pas tout. Et quand j'ai lu les premières fois ce roman - moi-même une enfant - je n'ai pas tout compris. Cette relecture m'a semblé dévoiler des aspects que je n'avais jamais vu dans le roman. Mais j'ai surtout retenu que je voyais encore la petite Viou de la même façon: enfant boudeuse, émotive, rêveuse, triste et surtout débordant de vie. Prise dans un univers qu'elle ne comprend pas et qui l'empêche de s'épanouir... mais qu'elle aime malgré elle.

L'avis de Naïk, Cogitude, Chrysalise

 

Voir les billets suivants:

Citations

"Les flocons de neige tombaient plus serrés. Ernestine acheta encore, avec circonspection, du beurre, deux tabliers, une écuelle de bois, et, le cabas chargé, repirt, à petits pas boiteux, le chemin de la maison. Laneige fondait en touchant le trottoir. Tout se mélangeait dans la tête de Sylvie, les moutons et maman, la compassion et l'allégresse, l'envie de pleurer et celle de hurler sa joie, de jeter son cartable en l'air et de courir, à toutes jambes, au-devant de la vie" p. 110

Sources

Posté par Laila_Seshat à 14:54 - Commentaires [16] - Permalien [#]
Tags : , ,

23 janvier 2009

Viou - I. L'auteur

viou1Viou : roman / Henri Troyat. --[Paris] : Flammarion, c1980. -- 211p. ; 20 cm.

Quatrième de couverture


Nous sommes en 1946. Enfant secrète et passionnée, la petite Sylvie, surmonnée Viou, lutte pour retrouver le souvenir de son père, mort deux plus tôt, lors des combats de la Libération. Mais le choc a laissé un blanc dans sa tête. Sa mère, ayant du prendre un travail à Paris, l'a confié provisoirement à ses grands-parents paternels qui habitent Le Puy. Entre sa grand-mère, femme pieuse et autère que rien ne distrait de la mèmoire de son fils disparu, et son grand-père malicieux, mais lointain, la fillette, âgée de huit ans, s'efforce d'affirmer à la fois son caractère et son goût dévorant de la vie.
Avec un art d'une discrétion incomparable, Henri Troyat évoque, par petite touches, les pensées et les sentiments de cette enfant singulière qui transforme en lumière tout le gris de l'existence. La sensibilité, l'ironie, la tendresse de l'auteur sont telles dans la peinture de ce monde puéril que le lecteur, peu à peu, rajeunit, devient lui-même Viou et se retrouve plongé, comme par magie, dans les exaltations et les angoisses de l'âge tendre.

L'auteur

Lev Aslanovitch Tarassov est né un 1er novembre en 1911 à Moscou. Il est cependant d'origine arménienne. Alors qu'il est un enfant, sa famille dut s'enfuir pendant la Révolution d'octobre de 1917 et se réfugia d'abord au Caucase. Ils continuèrent rapidement leur exil, tout d'abord en Crimée, puis Constantinople, Venise pour finalement arriver à Paris en 1920.

Le jeune Tarassov étudia au lycée Pasteur à Neuilly. Il obtient une licence en droit à l'Université de Paris. Il est naturalisé Viou2français et doit faire son service militaire, qu'il exécute à Metz. Il publie alors son premier roman, Faux Jour, qui reçoit en 1935, le Prix du Roman Populiste. Après son service militaire, en 1935, il travaille pour le service des Budgets de la préfecture de la Seine. Il continue cependant à écrire pendant ses temps libre. Il décide alors de prendre le nom de Henri Troyat.

Il se consacre entièrement à l'écriture à partir de 1940. Pendant sa carrière, il écrira plus d'une centaine d'oeuvres: romans, biographies, pièces de théâtre, etc. Il recevra également de nombreux prix, tel le Prix Max Barthou de l'Académie française en 1938, le Prix Goncourt en 1938, le Grand Prix littéraire du Prince de Monaco en 1952. Il est élu à l'Académie française en 1959. Il est également Commandeur de l'Ordre national du Mérite, Commandeur des Arts et Lettres et Grand-croix de la Légion d'honneur.

En 2003, il fut cependant condamné pour plagiat - avec la maison d'éditions Flammarion - pour sa biographie sur Juliette Drouet. Cette biographie de la maîtresse de Victor Hugo, publiée en 1997, puise apparemment largement (le terme officiel étant "contrefaçon partielle") dans l'oeuvre de Gérard Pouchain et Robert Sabourin, parue en 1992. Troyat et Flammarion ont versé la somme de 45 000€ en dommages et intérêt aux deux auteurs.

Lev Aslanovitch Tarassov, devenu Henri Troyat, décède à Paris le 3 mars 2007, à 97 ans.

Bibliographie

Biographie complète de l'auteur sur cet article.

Citations

"Soulevée par les larmes comme par une vague, Sylvie se précipita hors du salon, grimpa l'escaliersonore et se retrouva couchée, à plat ventre, sur la carpette, au pied de son lit, avec l'ours Casimir dans ses bras. Elle ne se révoltait pas contre la punition. Bien mieux, elle la jugeait méritée. Mais elle ne pouvait pas, pour complaire aux grandes personnes, déclarer qu'elle aimait ce portrait alors qu'il lui faisait horreur. Sous les traits de son père, c'était un étranger qui avait pénétré dans la maison." p. 56

Voir les billets suivants:

Sources

Posté par Laila_Seshat à 14:33 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


22 janvier 2009

Ma vie télévisuelle : quelques larmes hebdomadaires

Il me semble que c’était le jeudi et il me semble que c’était pendant l’heure du souper. Mais évidemment, je peux me tromper.  C'était peut-être le mercredi. Mais ce dont je suis certaine, c’est que cela ne jouait qu’une fois par semaine et que ma mère ne manquait pas un épisode. Nous écoutions ensemble sur la petite télévision de la cuisine et chaque semaine nous pleurions toutes les deux.

 

Hutchi2Je ne crois pas qu'une semaine passait sans que je pleure pendant Hutchi, le petit Prince orphelin. Et ma mère avait souvent les yeux mouillés, quand les larmes ne coulaient tout simplement pas.


C'est que c'était horriblement triste. Très triste. Pauvre petite abeille qui avait été séparé de sa mère à sa naissance, qui ne l'avait jamais vraiment connue et qui la cherchait désespérément. Il était seul dans une nature hostile, froide et dangereuse. Chaque émission, il croyait enfin la retrouver... mais non. Et chaque émission, il se faisait un ami. Enfin,  qu'on se disait au début. Il ne sera plus seul. Mais un malheur arrivait presque inévitablement et l'ami partait ou mourait tout simplement. Il mourait en fait plus souvent qu'autrement. Le monde d'Hutchi semblait peuplé d'ennemis, de victimes impuissantes, de pessimisme... le destin et le futur étaient noirs et tristes. Et les larmes suivaient... les siennes, les nôtres.


Il y avait bien quelques rires dans l'émission... ou plutôt quelques sourires. Mais ces moments heureux étaient de courtes durées. L'émission était dure, tragique, triste... et on dit que c'est ce qui explique que toutes les émissions ne furent pas diffusées en français. Je ne sais pas si toutes les émissions furent diffusées et je ne sais pas combien de temps dura la série.  Mais je me souviens très bien de Hutchi, de certains de ses amis, des "méchants", de la jolie papillon, de sa mère... et des larmes. Surtout des miennes. Chaque semaine. Mais je pleurais aussi pendant Démétan, Belle et Sébastien, Rémi, Candy... enfin... on ne semblait pas avoir peur de faire pleurer les enfants. Mais je me souviens aussi de l'espoir de Hutchi, sa détermination, son aptitude à rire et à voir le bon chez les autres, son désir d'aider les autres (même si cela le mettait toujours en danger), etc.


Mais apparamment, Hutchi fut considéré trop triste et le public francophone ne vit pas toutes les émissions de cette série. Et elle ne semble pas disponible aujourd'hui. On refit une deuxième version de la série sous le nom de Hacou à la fin des années 80... On parle aussi de Micky, l'abeille, version américaine.


Et quand je pense au générique de la fin, qui était en japonais (ce qui était tout de même très particulier, puisque tous les dessins animés japonais traduits en français avaient leurs génériques également traduits), j'ai encore des frissons et les larmes qui me viennent aux yeux. Je ne comprenais pas les paroles, sauf les premières qui sont pratiquement universelles: "Mama, Mama"... et c'était suffisant.


Titre original: Konchû Monogatari Minashigo Hutchi (昆虫物語 新みなしごハッチ) (Histoires d'insectes, Hutchi l'orphelin)Hutchi1
Titre en français : Le Petit Prince Orphelin (également Micky l’abeille dans les années 90)


Auteur: Tatsuo Yoshida

Scénario: Jinzo Toriumi, Saburô Taki

Animation: Eiji Tanaka, Takashi Saijô

Réalisateurs: Nagayuki Toriumi, Ippei Kuri
Genre: Dessins animés, drame
Langue originale: Japonais
Couleur: Couleur
Pays d'origine: Japon
Durée: 22 min.


Nombre d’épisodes : 91 épisodes (seulement 26 des 91 épisodes furent diffusées en France) (certains sites donnent 52 épisodes)
Années de diffusion : 1979- ?

 

Personnage - acteur français :

Linette Lemercie : Hutchi (Hacou)

 

Pour en savoir plus sur l’émission, consulter ces liens :


Générique de la fin (en japonais)


Mama, Mama
Doko ni iru no?
Mama, Mama
Hitome aitai no boku

Minna kinou arashi no
Oto
ko no
ko
Haha wo tazunete
Tari wo yuku

Anemi futarete
Nakitami toki wa

Mama, Mama
Doko ni iru no?

Mama, Mama
Hitome aitai no bok
u

Posté par Laila_Seshat à 10:02 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags :

21 janvier 2009

Les archives de Pauline: Frémissement

"L'amour d'une mère c'est comme l'air : c'est tellement banal qu'on ne le remarque même pas.
Jusquà ce qu'on en manque"


Pam Brown


Mam

J'ai cru sentir ton odeur l'autre nuit
ce mélange de crème, de parfum, de savon et de toi
Couchée dans mon lit
me questionnant sur l'année à venir
J'ai senti ton odeur.

Et j'ai su
Que la décision serait la mienne
Que tu me suivrais

J'aimerais que tu sois là
pour cet anniversaire
Déjà trop longtemps que
tu ne célèbres plus les années
qui ne passent plus pour toi

Mais je sais que
tu seras là
où que je sois

Bon anniversaire
Maman

 

Posté par Laila_Seshat à 14:24 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,

20 janvier 2009

Et voilà que ça fait 5 ans

20L'année dernière, je soulignais mes 4 ans à Barcelone. Et je précisais que notre objectif quand nous sommes venus vivre ici, c'était 5 ans. Pourquoi 5 ans ? Et bien, décider de vivre à Barcelone n'avait pas été facile. Quitter nos emplois, quitter nos familles, nos amis, notre appartement, notre ville, nos vies tout de même bien agréables... ce n'est pas si évident que ça. Même quand c'est notre choix. Et puis, déménager sur un autre continent, ce n'est pas de la tarte, je peux vous l'affirmer. Donc, on ne partait pas pour 1 ou 2 ans, c'était certain.

Et puis, parce que cela nous semblait une période acceptable pour vraiment connaître la vie ici. Pour connaître cette ville, ce pays, cette culture, un bon 5 ans nous semblait correct.

Et bien ce 5 ans vient d'arriver. Cela fait 5 ans, que je vis ici. Cinq années qui me semblent parfois une éternité, mais qui parfois me semblent avoir été bien courtes. N'est-ce pas hier que j'arrivais à Barcelone avec mon chat et mes bagages et que j'attendais l'arrivée de mon PisTout? Mais d'un autre côté, cela semble si loin, cette époque où j'habitais sur la rue Chateaubriand à Montréal ! Le temps est si approximatif dans sa mesure...

Et maintenant ? Et bien, c'est une réflexion qui s'amorce. Rester ici encore ? Quitter vers un autre pays ? Retourner au Québec ? Nous ne sommes certains de rien... "C'est bien vous ça", que disent nos amis et nos familles !!! "Toujours sur une patte, toujours à vouloir changer, pas capable de rester tranquille" disent-ils tout haut "Toujours à se compliquer la vie" disent-ils tout bas.

Nous verrons bien... rien de décidé, rien de certain... mais pleins d'étoiles sur le chemin...

Posté par Laila_Seshat à 14:45 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

18 janvier 2009

Le moment captif d'un dimanche

"On photographie les objets pour les chasser de son esprit."  Franz Kafka


"La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie."  Milan Kundera


Moment1J'aime prendre des photographies. Depuis toujours. Mais évidemment, ce ne fut jamais qu'un passe-temps. Je n'aurais même pas pu imaginer autre chose.


Et bien sûr, il y a quelques années... pas si longtemps en fait. Prendre des photos étaient "importants". On prenait des photos des moments importants. Des événements. Des voyages. Parfois des moments futiles... mais rarement. Et quand on allait faire développer nos photos... les erreurs, les photos sous ou sur exposées, les "mauvaises" photos... étaient de tristes échecs. Sur 24 photos, quand seulement 21 photos étaient dévoloppées, et que sur ces 21 photos, 3 n'étaient pas très bien... on soupirait... tristes.


Mais le numérique a changé beaucoup de chose pour moi. Pour beaucoup de gens. Des essais, des erreurs... on efface. On prend une photographie de choses qu'on aurait pas osé prendre auparavant. Et on prend 10 poses d'un même monument, d'un même objet, d'un même sourire... sans culpabiliser, sans avoir peur...


Et pour moi, cela a changé vraiment beaucoup de chose... j'aime arrêter, saisir le moment, le soupir, la brise... regarder le ciel se transformer... saisir la fleur qui remue doucement... capter le silence de l'objet... la plainte du monument...


Et je me promène et attrape tous les moments que je peux saisir. Et parfois, j'ai envie de le raconter... je crois que je vais commencer à emprisonner ces moments et à vous les présenter. Pourquoi pas...


"A mon avis, vous ne pouvez pas dire que vous avez vu quelque chose à fond si vous n'en avez pas pris une photographie." Emile Zola

Posté par Laila_Seshat à 23:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

17 janvier 2009

Viou - Expérience de lecture

Il y a des livres auxquels on ne pense plus beaucoup. Et pourtant on les a adorés. Seulement, il y a le temps qui passe. Et on pose le livre sur une étagère et il se perd dans sa rangée. Parfois caché derrière une pile de livres à lire... Et puis, on lit un peu de ces livres à lire. Et une fois lus, on veut ranger ces livres. Et alors, on erre dans l'appartement, à la recherche d'un espace viou1libre. Vous savez, cette place parfaite où déposer ce livre que l'on vient de refermer. Il est nouveau, il vient d'être lu et on veut le ranger adéquatement. Mais voilà... il n'y a plus une seule place dans les nombreuses bibliothèques de notre appartement. Honnêtement !!! Plus une place.

Donc, je cherchais une petite place pour ranger La Dame à la Licorne. Logiquement, il devrait aller à côté de la Jeune fille à la perle. Mais voilà. La rangée est complète. Donc la seule solution est de bouger ses deux livres pour les mettre ailleurs. Mais où. Hum, peut-être à la place de ceux-ci... qui viendront prendre la place de ceux-ci... et finalement dans ce réaménagement, j'en viens à déplacer ce livre.

Ce livre que j'ai un peu oublié au cours des années mais que j'ai bien dû lire une vingtaine de fois. C'était un cadeau de ma tante. En 1981. J'avais 10 ans. Cette petite fille sur la couverture. J'ai appris à la connaître. Je crois que la dernière fois que j'ai lu sur l'enfance de cette fillette qui m'apparaissait si réelle quand j'étais moi-même si petite, je devais avoir près de 21 ans. Je venais de quitter la maison de mes parents pour aménager dans mon premier appartement et alors que je plaçais mes livres, je n'ai pu m'empêcher de relire Viou de Troyat.

Et puis, lors des autres déménagements, je ne l'ai que déposé sur les étagères. Oublié. Seul. Et puis, hier, alors que je bousculais les livres de mes bibliothèques, il m'a fait un signe. Sa douce couverture jaune. Je n'ai pu que le tirer vers moi. Et je me suis assise avec lui. Pour le feuilleter. Le sentir. Le toucher. Le joli dessin d'une petite fille qui m'a toujours apparu boudeuse. Son nom en crayon bleu. À l'intérieur, il y a mon nom, d'une écriture enfantine. Si je tourne les pages rapidement, je peux voir des taches. Traces de mes lectures.

Je me rappelle que ce livre était un de mes préférés. Que ma lecture était toujours douce mais triste. Je n'aimais pas la grand-mère mais je me sentais triste pour elle quand Viou la quittait. J'en voulais à la mère de Viou de la laisser ainsi chez ses grands-parents. Je pleurais - puis j'ai eu les larmes aux yeux - quand son grand-père mourait. Et je voulais sauver son chien. J'ai vécu les émotions de cette petite Viou, même si déjà à 10 ans, je la trouvais bien immature par moment. Il faut dire qu'elle n'avait 8 ans.Cela m'a pris un temps aussi à remettre l'histoire dans son contexte... l'après-guerre, la France... tout ça était loin pour moi.

Et donc, cela fait trop longtemps. Je vais de ce pas relire Viou. Peut-être est-ce une erreur. Mais je ne crois pas. Je ne verrai sûrement pas Viou de la même façon, mais cette petite fille a fait partie de ma vie. Elle m'a accompagnée pendant mon enfance et même mon adolescence. Et aujourd'hui, elle est toujours chez moi et je veux la revoir vivre un peu. La voir rêver, se rebeller, pleurer et rire.

Voir les billets suivants:

Posté par Laila_Seshat à 11:17 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,