22 février 2009

Le moment captif d'un dimanche - Rêverie marine

A9

La réflexion est une sotte habitude humaine, le fruit d'une conscience coupable. La liberté animale consiste à vivre l'instant présent. [Théodore Roszak]

Un ciel mécontent. Un vent étourdissant. Des vagues bouleversantes. Une plage déserte.

La plage de San Sebastian est habituée à une mer coléreuse. Elle se laisse alors envahir par un vacarme étrangement silencieux. Peu de gens s'aventurent alors sur le sable. Parfois un promeneur solitaire. Des gens qui comme moi aiment espionner les vagues perpétuellement fragiles et puissantes.

En cette journée, il n'y avait que moi sur ce bout de plage. Quelques minutes avant un rendez-vous important. Mon regard perdu dans le gris et le blanc. Ma pensée accaparée par les moments à venir avec quelques dérapages sur les futilités de ma vie, mon passé, mon présent, mon futur... enfin toutes ses idées qui nous assaillent sans cesse.

Et puis, je n'ai plus été seule. Je ne l'ai pas vu arriver. Un moment mon regard était dans les vagues, et ensuite il apercevait ce chien solitaire. Tranquillement assis sur le sable, face à la mer, le regard aussi perdu dans les vagues. Tout petit sur cette immense plage déserte. Est-ce qu'il rêvait comme moi ? Est-ce qu'il réfléchissait à sa vie ? Ou vivait-t-il simplement le moment présent ?

Je ne pus m'empêcher de croire qu'il contemplait comme moi la mer et rêvait tout simplement... se questionnant sur la mer, sur le passé, sur le présent, sur le futur, sur la vie, sur sa vie...

Savoir, penser, rêver. Tout est là.   [Victor Hugo] 

Posté par Laila_Seshat à 11:04 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
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