31 octobre 2009

Mon premier swap: le Bloody swap

Et bien voici mon premier swap terminé.
Ce n'est pas que je n'avais jamais été intéressé avant...
Mais j'hésitais. Parfois une question de localisation.
Parfois une question de mauvais timing.
Des doutes sur le déroulement, le fonctionnement, etc.

Enfin, je n'étais pas certaine si je voulais m'embarquer
dans une telle aventure.

Mais quand Lou a proposé son Bloody Swap
je n'ai pas eu un moment d'hésitation !

Un swap d'Halloween ! Comment pouvais-je résister ?

Absolument impossible ! Après vérification, 
être à Barcelone ne m'empêchait pas de participer.

Donc, je me suis lancée dans l'aventure.
Une aventure qui me permettrait de célébrer un peu cette
fête que j'aime tant mais qui n'est pas vraiment
souligné ici en Espagne.

J'ai attendu le questionnaire avec impatience.
Envoyé le mien, attendu celui de ma swappée.
J'ai étudié et analysé. Puis acheté en espérant que cela plaise.
J'ai adoré faire mes achats et mes paquets.

Mais j'attendais aussi avec impatience MON colis !

Que voici !!!!

0Bloody1

Disons tout de suite, que j'étais bien énervée.
Mon premier colis swap et il est immense !!!

0Bloody2

Vite, vite, ouste les petites boules vertes... je vois des paquets !

0Bloody3

Et des paquets, il y en avait beaucoup, beaucoup, beaucoup... et si jolis.

On les déballe aussi rapidement !!!

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Que de choses ! Une carte rigolote ! Deux livres, deux DVD...
Une superbe tasse, des bulles de bain,
une chandelle magnifique et qui sent bon, je vous dis pas... 
et des biscuits, biscuits et encore.

Mais qui me gâte ainsi ??? C'est la gentille Ophelia !
Directement de Wonderland (aussi connu sous le nom d'Angleterre !)
Je suis complètement folle de mon colis !
Et je te remercie mille fois Ophelia !

Quelques close-up des items:

Donc voici Carrie/Stephen King et Je suis une légende/Richard Matheson
qu'il me tarde de lire... Et The Witches of Eastwick que j'ai lu et vu, mais que je ne possèdais pas
et que je voulais désespérément en DVD et Sweeny Todd que je n'ai pas encore vu (honte à moi !)
0Bloody6

Et puis vous voyez cette superbe chandelle ! J'ai attendu ce soir
pour l'allumer. Mais je prend déjà mon café avec ma tasse !
0Bloody4

Et voilà, les méchants biscuits. Pauvre Ophelia, elle n'avait pas
beaucoup de choix... Je suis allergique au chocolat et je suis
difficile en matière bonbons ! Mais elle a fait d'excellents choix...
J'adore absolument - comme une vraie folle, en fait - les Shortbread Fingers !!!
Et il est difficile d'en trouve ici (j'ai même tenté d'en faire... oh désastre !)
J'aime beaucoup les biscuits au gingembre.
Et je découvre les flapjacks ! C'est fou ce que c'est bon et ça me rappelle
des biscuits que j'aime beaucoup. C'est mortel comme biscuits !
Il ne m'en reste plus (exactement 3 heures après la réception du
paquet... tous disparu dans mon ventre et celui de mon PisTout !)
0Bloody5

Encore une fois merci Ophelia ! :D

Et un gros merci à Lou pour avoir organiser ce Swap bien sanglant !!!


Et bien sûr :

Joyeuse Halloween
à tout le monde !!!

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28 octobre 2009

La Fontaine de Vaucluse

Fontaine3Il y a quelques mois, nous avions décidé de prendre la route - encore une fois. Cette fois, nous allions un peu plus loin... en Provence. Nous nous sommes arrêtés à quelques endroits. Dont un lieu qui n'avait droit qu'a, à peine, quelques lignes dans notre guide. Il aurait dû en avoir beaucoup plus !

Nous avions visité quelques villages aux alentours et sur le chemin du retour, il y avait cette fontaine. Bon... je suppose que ce n'est pas vraiment une fontaine; mais c'est son nom: la Fontaine de Vaucluse. Elle se fait discrète dans les guides touristiques mais elle vaut un détour... ce fut une rencontre magnifique et inoubliable.

La Fònt de Vauclusa ou La Font de Vau-Cluso (selon la norme linguistique que l'on choisit) est tout d'abord une commune française, située en Provence. Mais la Fontaine de Vaucluse est aussi une source, une résurgence,  plutôt qu'une fontaine. On la trouve au pied d'une falaise de plus de 230 mètres. On dit que c'est la plus grosse source de France et la cinquième plus grosse au monde. Son écoulement moyen peut ateindre jusqu'à 630 millions de m3 par année ! L'eau provient de l'infiltration dans la montagne des eaux de la pluie et de la neige. Ces eaux viennent en grande partie du Mont Ventoux, du Mont de Vaucluse, du plateau d'Albion et de la Montagne de Lure. Toute cette eau pénètre la montagne et n'a qu'une seule sortie: la Fontaine de Vaucluse.

À l'origine, l'endroit s'appelait Vallis Clausa qui signifie en latin "vallée close". Et quand on arrive à la fontaine, on ne peut queFontaine1 comprendre le sens de ce nom. Après une longue marche le long d'un cours d'eau qu'on nomme la Sorgue, on arrive à une falaise qui semble la source du cours d'eau. Entourée de falaises vertigineuses, il n'y a aucune issue... la vallée est close.

Et donc, au fond de la vallée close, au pied de la falaise, de l'eau provenant d'un réseau souterrain et qui peut parfois jaillir violemment, est la source de La Sorgue. Le site est connu depuis très longtemps et on retrouve des mentions de la fontaine dès l'Antiquité alors qu'elle fait l'objet d'un culte des eaux et d'offrandes rituelles. La source est habituellement paisible en hiver et en été. L'eau est claire et transparente... d'une couleur turquoise saisissante.

Mais parfois, principalement au printemps et en automne, l'eau monte et prend une couleur rouge. Les habitants de la région y voient un mauvais présage. Lorsque l'eau prend la couleur du sang, on craint des malheurs, la peste, des épidemies, etc. La couleur de l'eau s'explique bien entendu par la présence d'argile rouge qui lorsque l'eau monte dans les réservoirs souterrains teinte la source de Vaucluse.

L'homme a toujours voulu comprendre la fontaine de Vaucluse et très tôt, on tenta de sonder les fonds de la falaise, puis les rivières souterraines. Aujourd'hui, les plongeurs ne peuvent que rarement s'aventurer sous la falaise, mais grâce à des sondes automatisées on a pu calculer en 1985, la profondeur du gouffre a 308 mètres. Mais la source de la fontaine demeure encore mystérieuse et n'a pas encore révélé tous ses secrets.

Depuis toujours, on a décrit la beauté du site. Char, Mistral, Chateaubriand, Pline l'Ancien, Scudéry, Voltaire,... Au Moyen-Âge, Fontaine2au VIe siècle, un ermite du nom de Veran se serait installé près de la Fontaine et y aurait combattu une "couloubre". Cette couleuvre monstrueuse terrorisait la région et vivait près de la Sorgue. Veran la tua et ramena la paix dans la région. Il accomplit de nombreux miracles et devint l'évêque de Cavaillon. Des moines auraient suivi l'exemple de Veran et s'installèrent dans un monastère près de la Fontaine. Pétrarque vécut aussi près de celle-ci au XIVe siècle et mentionne dans ses écrits la Fontaine et le figuier, qui plongeant ses racines dans la Fontaine, semble éternel. 

La Fontaine de Vaucluse nous offre beaucoup d'autres légendes. Une épave s'y trouve à plus de 25 mètres. Elle cacherait aussi, bien entendu, un trésor. On a longtemps cherché à la retrouver. Aujourd'hui, le site est protégé. Mais la découverte en 2001 de plusieurs pièces antiques, en bronze, argent et en or, certaines datant du 1er siècle avant J.-C. permet aux chercheurs de trésor de continuer à rêver.

Lorsqu'on arrive au pied de la falaise et que l'on voit pour la première fois, l'eau turquoise de la Fontaine, on ne peut qu'être envoûter par le charme de l'endroit. On imagine mille fées qui dansent ardemment sur la surface translucide de la Fontaine. Des secrets éternels sont chuchotés à nos oreilles. Une folie profondément paisible nous envahit et nous raconte nos désirs, nos joies et nos peines. La Fontaine nous connait et nous reconnait. Elle a toujours existé et nous rappelle notre immortalité.

Sources à consulter

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26 octobre 2009

Quelques mots...

"Je ne crois évidemment pas aux fantômes. Si vous en aviez rencontrés autant que moi, vous n'y croiriez pas non plus." [Don Marquis]

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25 octobre 2009

Le moment captif d'un dimanche: luminosité excessive

000Chandelle

"Plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle" [Confucious]

Enveloppée de lumière, j'entre dans des lieux sombres. La lumière sanglote figée dans une cire immaculée mais tout de même sans pitié. La lumière s'éteint.

Une aveuglante noirceur semble vouloir s'emparer de mes nuits. De mes jours. Des instants qui s'écoulent doucement. Cette noirceur est-elle le monstre que l'on imagine ? N'est-elle pas simplement la caricature de nos visions lumineuses ?

Le noir ne cessera jamais de grimacer si on ne le cajole pas un peu. Si on ne lui donne pas un peu d'affection. Donnons-lui une lueur de tendresse. Offrons-lui la possibilité de nous montrer la grandeur de sa passion et de son amour. C'est dans l'indifférence que sont possibles les terreurs sordides. Les peurs familières. Les horreurs humaines.

Une goutte de cire coule, immortelle. Éternelle. Rappelant la lumière passée. La lumière à venir. Et les ombres quotidiennes.

"Plus claire la lumière, plus sombre l'obscurité... Il est impossible d'apprécier correctement la lumière sans connaître les ténèbres." [Jean-Paul Sarte]

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21 octobre 2009

The Suspicions of Mr. Whicher

whicher1The Suspicions of Mr. Whicher, or, The Murder at Road Hill House / Kate Summerscale. -- London, Berlin, New York: Bloomsbury, [c2008]. -- 372 p., [16] p. de pl. : ill. (certaines en coul.) ; 20 cm. -- ISBN 978-0-7475-9648-6

Comprend des notes.
Comprend une bibliogr. et un index.

Quatrième de couverture

It is midnight on 30th June 1860 and all is quiet in the Kent family's elegant house in Road, Wiltshire. The next morning, however, they wake to find that their youngest son has been the victim of an unimaginably gruesome murder. Even worse, the guilty party is surely one of their number - the house was bolted from the inside. As Jack Whicher, the most celebrated detective of his day, arrives at Road to track down the killer, the murder provokes national hysteria at the thought of what might be festering behind the closed doors of respectable middle-class homes - scheming servants, rebellious children, insanity, jealousy, loneliness and loathing.

This true story has all the hallmarks of a classic gripping murder mystery. A body, a detective, a country house steeped in secrets and a whole family of suspects - it is the original Victorian whodunnit.

L'auteur

Kate Summerscale est née en 1965. Pendant sa jeunesse, elle vécut au Japon, en Angleterre et au Chili. Elle étudia à whicher2l'Université Oxford ainsi qu'à l'Université Stanford où elle obtint une maîtrise en journalisme.

Elle travailla pour le quotidien The Independent et écrivit des notices nécrologiques pour le Daily Telegraph entre 1995 et 1996. Elle fut également l'éditeur littéraire pour ce même journal. Elle a écrit des articles pour The guardian, The Daily Telegraph et The Sunday Telegraph. En 1998, elle publie The Queen of Whale Cay. Son ouvrage "The suspicions of Mr Whicher or The Murder at Road Hill House" a obtenu le Prix Samuel Johnson for Non-Finction en 2008.

Elle vit aujourd'hui à Londres. Elle continue d'écrire.

Bibliographie

  • The Queen of Whale Cay (1998)
  • The suspicions of Mr Whicher or The Murder at Road Hill House (2008)

Résumé

Le matin du 30 juin 1860 va changer la vie des membres de la famille Kent vivant à Road, dans le Wiltshire. Le plus jeune fils de la famille a disparu et sera retrouvé mort, assassiné, quelques heures plus tard. Une enquête policière commencera alors, qui boulversera la société anglaise de l'époque. Car on en vient rapidement à la conclusion que le meurtre n'a pu être commis que par quelqu'un de la maisonnée.

Jack Whicher, célèbre détective de l'époque, est appelé sur les lieux. Il tentera de résoudre le mystère, mais ses efforts seront sans succès. Le suspect qu'il tente d'amener en justice est relâché et sa carrière sera mise en péril. Des années plus tard, le meurtrier confessera finalement. Mais est-ce que la vérité fut véritablement révélée ?

Commentaires personnels

Relatant un véritable crime s'étant déroulé à la fin du 19e siècle, l'ouvrage de Kate Summerscale se situe entre le reportage, l'enquête policière et le roman. Un meurtre a lieu. Un jeune garçon de trois enfant est retrouvé assassiné sur la propriété de ses parents. Rapidement, on en vient à la conclusion que seul, une personne vivant sur les lieux, a pu tuer l'enfant. Le public est scandalisé. Un enfant est tué sauvagement par un membre de sa famille ou des personnes travaillant pour celle-ci. Donc, par quelqu'un qu'il connaissait.

C'est non seulement, un crime que l'on tente d'élucider, mais c'est une famille "respectable" qui est analysée et exposée à tous. On entre dans la sphère privée d'une bonne famille anglaise... ce qui à l'époque est difficilement concevable.

Mais plus qu'une enquête sur un crime spécifique, le livre de Summerscale se veut aussi une analyse des pratiques policières de l'époque. La façon dont les policiers mènent leurs enquêtes fut complètement bouleversée par l'arrivée des enquêteurs que l'on nomme maintenant "détectives". Le livre nous donne un portrait détaillé de la société anglaise du 19e siècle ainsi qu'un historique précis de l'évolution des enquêtes policières de l'époque ainsi que de la perception du public de celles-ci.

Le crime de Road Hill House marqua le public de l'époque et fut déterminant pour l'avenir des enquêtes et des détectives. On critiqua énormément le principal enquêteur, Jack Whicher, qui auparavent s'était démarqué par son savoir-faire et sa perspicacité. Son incapacité à faire condamner son principal suspect - faute de preuves concluantes - et le fait que le crime ne fut pas résolu par les détectives, contribua non seulement à fragiliser sa carrière, mais à remettre en question le travail des détectives.

Le principal suspect avoua finalement des années plus tard, mais les archives nous revèlent que la vérité n'était peut-être pas entièrement connue. Nous fermons donc le livre avec encore des doutes. Ce crime horrible ayant eu lieu en 1860 ne fut donc jamais tout à fait résolu.

Le livre est passionnant. Cette enquête policière historique nous tient en haleine jusqu'à la fin. On peut parfois déplorer l'abondance de détails historiques et même littéraires qui s'éloignent souvent de la résolution du crime lui-même. On perd parfois légèrement le fil de l'enquête et on aimerait à l'occasion qu'on accélère la résolution du meurtre de ce pauvre garçon. Il semble parfois un peu se perdre dans l'histoire. On parle de sa famille, de ses parents, de ses frères, soeurs, demi-frères, demi-soeurs, de sa gouvernante, des détectives qui mènent l'enquête, de l'opinion publique, des juges, de la société de l'époque, des écrivains qui se sont inspirés du crime (tels Collin, Dickens, Elliot, Conan Doyle, ...), de tout et chacun... sauf de ce pauvre petit garçon de 3 ans qui fut tué un matin du mois de juin 1860. C'est mon seul reproche.

Car l'objectif de Summerscale est clair. Elle veut non seulement nous raconter la résolution de ce crime, mais aussi nous présenter une société traditionnelle anglaise en plein changement. C'est une histoire des détectives qu'elle retrace... l'évolution des procédures policières. Et cela m'a captivé jusqu'à la dernière page.

Site consacré au livre.

L'avis de Loutarwen, Clochette, Sassenach, Amanda, Yspaddaden, Ennapapillon, Michel, ...

Extraits

"The Word 'clue' derives from 'clew', meaning a ball of thread or yarn. It had come to mean 'that which points the way' because of the Greek myth in which Theseus uses a ball of yarn, given to him by Ariadne, to find his way out of the Minotaur's labyrinth. The writers of the mid-nineteenth century still had this image in mind when they used the word." p.68

"He had been almost forgotten. For all the brillance with which he investigated the Road Hill murder, Whicher had been powerless to give the public the certainty that they craved or to deliver them from the evils that he saw. He was punished for his failure. From now on, the detective heroes of England would be found only in the realm of fiction." p.276

Sources

 

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19 octobre 2009

Les archives de Pauline: frayeurs cinématographiques

Ma mère m'a appris à faire des casse-tête et à lire. Mon père m'a appris à cuisiner. J'ai hérité de mon père ma passion du jardinage. Et j'ai hérité de ma mère ma passion de la lecture. Mon père m'a transmis un amour du travail bien fait et ma mère 0tvm'a transmis un sens de la fierté. Les choses habituelles. Les choses normales que les parents apprennent à leurs enfants.

Mais les enfants apprennent beaucoup d'autres choses de leurs parents. Mon père m'a transmis sa procrastination et ma mère son obsession de la minceur. Mon père m'a donné son penchant pour les westerns et ma mère, son amour des films d'horreur.

Je reparlerai un jour des histoires de ce far-west américain qui meublait les soirées de mon père. En ce mois d'octobre hésitant entre le soleil et les nuages, je me perds aujourd'hui dans des images cauchemardesques.

Dire que ma mère aimait les films d'horreur ou fantastiques ne serait pas bien décrire cette relation. Elle les adorait avec passion mais de façon sélective. Elle adorait les films d'horreur mais pas n'importe lesquels. Les films trop sanguinaires l'indifféraient royalement. Ce qui la fascinait, c'était les films à tendance plus fantastiques... présentant un sentiment d'horreur plus subtil. Le sang pouvait apparaître mais il ne devait pas dominer les scènes. La violence ne devait pas faire oublier la terreur. Elle disait que trop de sang, trop d'effets spéciaux rappelaient que nous étions dans un film, que ce n'était que du cinéma. La peur devait sembler possible et réelle. Un bon film d'horreur devait nous donner des sentiments d'inconfort et de frayeur qui perdureraient même après la dernière image. Après avoir fermé la télévision, un bon film d'horreur hanterait nos pensées pendant quelques temps encore... il se faufilerait même peut-être dans notre lit et nos rêves. Avant de devenir un souvenir frissonnant et agréable.

Ma mère aimait se coucher tard. Quand tout le monde était couché, elle s'installait seule dans le salon et regardait enfin la télévision tranquille. Et, à cette époque d'avant les magnétoscopes et les lecteurs de DVDs, elle appréciait particulièrement quand un "bon" film d'horreur passait à la télé. Comme ces films étaient surtout diffusés très tard le soir, elle en profitait pleinement. Elle ne voulait évidemment pas que j'écoute ces films avec elle - ou sans elle, bien sûr. Même la fin de semaine. L'heure de diffusion n'était pas seule en cause, bien entendu. Elle ne voulait pas que j'écoute des films qui m'auraient fait peur. J'étais déjà assez peureuse comme ça ! Cela me donnerait des cauchemars, qu'elle me disait, à mon grand désespoir.

Mais j'aimais les films d'horreur. Et je voulais surtout écouté ce que ma mère écoutait. Alors, quand je savais que ma mère écoutait un film d'horreur tard le soir, je me levais sans faire du bruit et je venais me cacher dans le corridor. Tout près du salon, mais non loin de ma chambre. Je pouvais ainsi courir très vite me recoucher si quelqu'un se levait, mais je pouvais voir la télévision. Et elle avait raison. Le nombre de cauchemars que ces bouts de films, entrevus entre mes doigts qui cachaient la plupart du temps mes yeux, m'ont donnés, je ne saurais le dire!!! Et je dois avouer que certaines images surgissent encore parfois dans mes rêves. Je retournais me coucher et je faisais alors semblant de dormir pour le reste de la nuit. J'avais horriblement peur et je passais parfois des nuits entières à ne pas dormir, enfouie sous mes couvertures. Mais cela ne m'empêchait pas de venir me cacher dans le corridor pour voir quelques images de ces films d'horreur que ma mère adorait: Psycho, Exorcist, The Fly, Dracula, Frankenstein, The Birds, Rosemary's baby, The Omen, ...

Et puis, j'ai vieilli. Et j'ai fini par pouvoir écouter avec ma mère ces films et bien d'autres. Nos goûts ont parfois divergé par la suite, mais notre passion pour les films d'horreur qui hantent sournoisement les pensées n'a jamais changé. Et si j'aime aujourd'hui autant les films d'horreur c'est à cause de ma mère et de ses soirées de cinéma qu'elle s'offrait parfois.

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18 octobre 2009

Le moment captif d'un dimanche: rejet

"La réalité s'affronte bien facilement, lorsque disparaissent les gargouilles impitoyables de l'imagination" [Jean Beaudry]

Gargouille

Image fréquente. Ami quotidien. Chaque visite, chaque promenade, nous nous rencontrons. Sur les églises, sur les monastères, sur certains édifices officiels... il est là. Il s'élance vers moi, vers mes pas. Je tente de l'éviter. D'éviter ce qu'il me renvoie. Ce qu'il me rappelle.

L'eau qu'il rejette symbolise-t-elle mes vices, comme me l'explique le dictionnaire ? Est-il un gardien des lieux sacrés externes et internes ? Est-il un simple instrument utile et architectural ? Cachant un canal utilitaire ou un mal interne ?

On dit que la fonction première de la gargouille est d'écarter l'eau des parois... la rejetter au loin. On dit aussi que la gargouille protège les lieux où elle se tient, du mal. Elle est là aussi pour rappeller au passant que le péché est partout.

Mais on m'a aussi dit que la gargouille est là pour dire aux démons qu'ils peuvent passer leur chemin... il y a déjà ici un démon qui veille...

La gargouille nous surveille. Elle regarde nos mouvements, elle semble lire nos pensées. Elle devine nos désirs, nos passions, nos peurs, nos hontes et nos vies cachées.

"Chacun a en lui son petit monstre à nourrir" [Madeleine Ferron]

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17 octobre 2009

Quelques mots...

"Une bonne terreur, de temps en temps, vous remet les idées en perspective." [Elizabeth Vonaburg]

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16 octobre 2009

The Lost Boys - Expérience de visionnement

lostsJ'aime les films d'horreur. Ma mère adorait les films d'horreur et elle m'avait transmise, malgré elle, sa passion pour ce genre de films. J'avais donc déjà vu plusieurs films d'horreur et de vampires. C'était une époque, cependant, où j'avais encore habituellement peur. Une époque lointaine, il me semble aujourd'hui.

1987. J'ai 16 ans. Un copain de 18 ans depuis 2 mois. C'est long deux mois quand tu as 16 ans. C'est l'été. Bizarrement, ce copain plus vieux que moi, était très sérieux. Je l'avais rencontré dans un bar. Il était beau, sombre, "alternatif" comme on disait dans le temps... et plus vieux que moi. Mais après deux mois, je commençais à le trouver trop sérieux, légèrement ennuyant. Le pauvre.

Un soir, il m'invite à aller au cinéma. Représentation de 19h00. Au centre-ville. Un film d'horreur qui vient de paraître: The Lost Boys. J'y vais. Cela prend une éternité à trouver des sièges... finalement, nous nous installons dans deux places que mon copain trove adéquates... je soupire. Le cinéma est plein. Beaucoup de bruit. Il se plaint sans arrêt et ne cesse pas de me demander si je suis confortable, si je veux changer de place, si je veux plus de pop-corn. Il est attentionné, mais du haut de mes 16 ans, je le trouve étouffant et insupportable.

Le film commence. Et le monde extérieur cesse complètement d'exister pour moi. J'aimais les films de vampires. Mais ce film n'avait rien à voir avec les films que je connaissais. La première scène avec David, le vampire, se promenant sur la plateforme du carroussel... les autres vampires le suivant... puis quelques minutes plus tard, la scène d'introduction de la famille Emmerson à la ville de Santa Carla, rythmée par la chanson People are Strange (chanson d'un groupe que j'aimais, The Doors, reprise par un groupe que j'adorais, Echo and the Bunnymen)... j'étais complètement conquise, fascinée, et désespérée de ne pas être là... à Santa Carla...

Le film est devenu un "film culte"... ce mélange d'humour (je ris encore à nombres de répliques que je peux citer de mémoire à volonté "what are you ? the flying nun?"), de rock, de marginalité et d'horreur en on fait un film unique. Pas un grand film, mais un film redéfinissant le genre et le mythe du vampire... rendant les vampires "cools" quoique toujours des monstres (contrairement à beaucoup de films des années 90). Et un film complètement divertissant.

Je suis sortie de la salle. Mon copain s'était ennuyé. Je m'en fichais éperdument. Je savais que notre relation était finie (nous avons rompu deux semaines plus tard) et je ne pouvais me départir du sourire que cette expérience de visionnement m'avait procurée. J'étais absolument heureuse.

Je suis retournée chez moi, toute seule. Il faisait noir. Nous habitions en banlieue et les rues étaient désertes. The Lost Boys n'est pas un film terrifiant. Mais dans ma encore petite expérience cinématographique, des images de vampires m'attaquant ont surgi petit à petit... J'ai presque couru jusqu'à chez moi. Mais dans le confort de mon lit avec tous les trucs pour tuer les vampires frais en mémoire... je me suis permis de suivre dans mes rêves David et sa bande, Micheal sur sa moto...

J'ai tout de suite acheté la bande sonore et j'ai bien dû loué le film deux douzaines de fois. Et puis, je l'ai acheté et racheté... je le connais par coeur. Cela demeure un de mes films de vampires préférés. Non seulement car c'est une excellent film de vampires, mais pour tout ce qu'il me rappelle...

Voir la fiche du film

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13 octobre 2009

The Lost Boys (1987)

LostB01Cinéma: The Lost Boys (1987)

Fiche technique

Langue: Anglais (VO)
Année: 1987
Durée
: 97 min.
Pays
: États-Unis


Directeur: Joel Schumacher
Producteurs: Harvey Bernhard, Mark Damon, Richard Donner
Scénario: Janice Fisher et James Jeremias

Cinématographie: Micheal Chapman
Musique originale
: Thomas Newman


Distribution: Jason Patrick (Micheal Emerson), Corey Haim (Sam Emerson), Diane Wiest (Lucy Emerson), Edward Hermann (Max), Kiefer Sutherland (David), Jami Gertz (Star), Corey Feldman (Edgar Frog), Jamison Newlander (Alan Frog), Barnard Hugues (Grandpa), Brooke McCarter (Paul), Billy Wirth (Dwayne), Alex Winter (Marko), Chance Micheal Corbitt (Laddie Thompson).


Synopsis

Une mère, récemment divorcée, s'installe avec ses deux fils, chez son père, dans la ville de Santa Carla en Californie. La famille tente de s'adapter à leur vie dans une nouvelle ville. La mère, Lucy, se trouve un nouvel emploi dans un club vidéo et commence à fréquenter le propriétaire et ses fils tentent de s'intégrer aux habitants de Santa Carla. Mais Santa Carla n'est pas une ville comme les autres et les disparitions étranges font partie du quotidien.

Lors d'un concert, Micheal suit une jeune fille qui semble appartenir à une bande de jeunes motards. Il tente de la revoir mais se trouve rapidement impliquer avec le groupe d'adolescents étranges. Lors d'une soirée avec la bande, Micheal boit un liquide qu'il croit être du vin, mais qui s'avère être du sang. Après avoir bu ce liquide, Micheal commence à vivre d'étranges expériences et à subir de bizarres tranformations.

Son jeune frère, Sam, s'aperçoit des transformations survenant chez Micheal et en vient à la conclusion qu'il se transforme petit à petit en vampire. Avec l'aide de ses nouveau amis, il tentera d'aider son frère à redevenir humain et à se libérer de l'emprise de cette bande de vampires.

À propos et Commentaires personnels

Genre: Horreur, Comédie

The Lost Boys fut tourné la même année qu'un autre film de vampires, populaire et légèrement semblable, Near Dark. Comme The Lost Boys, Near Dark met en scène une bande de jeunes "délinquants" qui sont en fait des vampires et qui tentent d'attirer dans leur groupe, un jeune adolescent "innocent" s'étant épris d'une jeune fille de la bande. Mais The Lost Boys mise davantage sur la dérision et l'humour, en gardant toutefois un côté sanguinaire et sombre.

Le film fut filmé dans la ville de Santa Cruz en Californie et le boardwalk ainsi que le parc d'amusement sont facilement identifiables. La bande sonore du film connue un immense succès, avec des pièces telle que "God Times" avec INXS et Jimmy Barnes, "People are strange" une chanson de The Doors reprise pour le film par le groupe Echo and the Bunnymen et la chanson thème "Cry Little Sister" par Gerard McMahon.

Le titre du film fait directement référence aux "garçons perdus" de l'oeuvre de J.M. Barrie, Peter Pan. Comme les "lost boys" du roman de Barrie, les vampires du film sont des adolescents éternels qui ne vieilliront jamais et qui "s'amuseront" pour l'éternité. Mais rester éternellement jeune et s'amuser toutes les nuits n'est pas sans conséquence. Il faut payer le prix et devenir un vampire, un tueur impitoyable. Un prix que la famille Emmerson n'est pas prête à payer.

LostB02

Plusieurs suites furent envisagées et même écrites. Puis en 2007, une suite fut finalement tournée, Lost Boys: The Tribe. Seul Corey Feldman reprend son rôle mais on peut voir quelques caméos d'autres acteurs du film original.

Le film The Lost Boys fait partie d'un nouveau genre de films de vampires, mélangeant humour, horreur, modernité, marginalité et rock. Le "tagline" faisant la promotion du film résume très bien la direction que le réalisateur a voulu donné à son film: "Sleep all day. Party all night. Never grow old. Never die. It's fun to be a vampire." (Dormir toute la journée. Fêter toute la nuit. Ne jamais vieillir. Ne jamais mourir. C'est amusant d'être un vampire)

Les vampires de Lost Boys, sont jeunes, marginaux, "cools". Ils se déplacent en motos, ont des looks rockeurs, vivent dans un hôtel abandonné enfoui dans une caverne, et écoutent du rock. Le film a un rythme rapide et les chansons contribuent à cette cadence endiablée. Chaque chanson s'harmonise avec les images qu'elle souligne.

Bien que l'humour soit la principale force du film, tournant en dérision nombres de mythes et stéréotypes du genre au détour d'une phrase, la violence et l'horreur sont également présente. Il y a du sang, mais les scènes violentes sont peu nombreuses et très bien placées. Et rappellent aux spectateurs que les vampires sont aussi des monstres sanguinaires ; des tueurs violents. Les effets spéciaux sont très réussis et passent le test du temps, même plus de 20 ans après la sortie du film.

Tous les acteurs sont excellents. Kiefer Sutherland est particulièrement convainquant dans le rôle du chef de la bande vampire, et on arrive même à trouver sa mort émouvante. Jamison Newlander et Corey Feldman sont très bons dans le rôle de jeunes adolescents amateurs de comics et chasseurs de vampires amateurs. Dianne West et Edward Herrmann sont également excellents.

On peut difficilement dire cependant que ce film offrira des frissons aux amateurs de films d'horreur. Malgré quelques scènes plus tendue, le film ne vise évidemment pas à "faire peur". Mais, ce n'est de toute évidence pas le but du film et on sent que jamais il ne se prend au sérieux. The Lost Boys cherche surtout à redonner au mythe du vampire un peu de modernité et de dynamisme et à nous faire rire en même temps.

Voir aussi : The Lost Boys : expérience de visionnement


Citations

"Grandpa: Now, on Wednesdays when the mailman brings the TV Guide sometimes the address label is curled up just a little. You'll be tempted to tear it off. Don't. You'll only wind up rippin' the cover and I don't like that. And stay outta here.

Sam: Wait, you have a TV?

Grandpa: No. I just like to read the TV Guide. Read the TV Guide, you don't need a TV."

"Sam Emerson: Look at your reflection in the mirror. You're a creature of the night Micheal, just like out of a comic book ! You're a vamire Micheal ! My own brother, a goddam, shit-sucking vampire ! You wait 'till mom finds out, buddy !"

"David: Now you know what we are, now you know what you are. You'll never grow old Micheal, and you'll never die. But you must feed !"


Sources

  • http://www.imdb.com/title/tt0093437/
  • http://www.fast-rewind.com/lostboys.htm
  • http://www.horreur.com/critique-573-generation-perdue.html
  • http://en.wikipedia.org/wiki/The_Lost_Boys
  • http://www.best-horror-movies.com/the-lost-boys.html

Posté par Laila_Seshat à 23:54 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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