07 décembre 2009

Le théorème du Perroquet de Guedj

GuedajLe théorème du perroquet / Denis Guedj. -- [Paris] : Éditions du Seuil, [c1998] --654 p. : graph. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-02-042785-2. -- (Points ; P785).

Comprend un glossaire.

Quatrième de couverture

Monsieur Ruche, libraire à Montmartre, reçoit une lettre d'Amazonie signée d'un ami récemment disparu. Ce dernier lui lègue une incroyable bibliothèque d'ouvrages de sciences. Aidé de Nofutur, le perroquet amnésique, Ruche plonge dans l'histoire des mathématiques pour élucider le mystère de cette disparition. Un roman qui réconcilie avec humour littérature et mathématiques.

L'auteur

Denis Guedj est en 1940 à Sétif en Algérie. Il est professeur d'histoire des sciences et d'épistémologie à Paris. À partir de 1994, il entrepris la rédaction d'une chronique dans le cahier Eurêka de la publication Libération traitant de l'actualité vue à travers les mathématiques. Sa chronique qui se termina en 1997, fut rassemblée dans un ouvrage intitulé "La gratuité ne vaut plus rien". Guedj

Il est également écrivain et a écrit plusieurs ouvrages. Il est aussi un réalisateur - et même interprète - et a participé à plusieurs films. On le qualifie aujourd'hui de mathématicien en raison de l'importance des mathématiques dans ces textes.

Bibliographie partielle

  • La Méridienne (1987)
  • La révolution des savants (1988)
  • L'empire des nombres (1996)
  • La gratuité ne vaut plus rien et autres chroniques mathématiques (1997)
  • Le théorème du perroquet (1998)
  • Génis ou le Bambou parapluie (1999)
  • Le mètre du monde (2000)
  • Le Bela - Autobiographie d'une caravelle (2001)
  • One Zero Show - Du point à la ligne (2001)
  • Les cheveux de Bérénice (2003)
  • Zéro ou les cinq vies d'Aémer (2005)
  • Villa des hommes (2007)
  • Les mathématiques expliquées à mes filles (2008)

Résumé

Une librarie à Paris. M. Ruche, un vieux libraire et philosophe, aujourd'hui invalide, reçoit une lettre d'un vieil ami, Elgar Grosrouve, qu'il n'a pas vu depuis de nombreuses années et qui se trouve maintenant au Brésil. Cette lettre lui annonce l'arrivée imminente de la totalité de sa bibliothèque personnelle entièrement consacrée aux mathématiques.

Alors que M. Ruche se questionne sur les raisons de ce don par son ami, il se confie à ses proches: Perrette Liard, qui s'occupe maintenant de sa librairie et qui vit près de lui avec ses trois enfants, les jumeaux Jonathan et Léa et Max qui est presque sourd et qui ramène à la maison un perroquet qu'il a miraculeusement sauvé de deux hommes étranges.

Les livres arrivent enfin et avec eux, un mystère encore plus grand. À travers les livres et les fiches écrites de la main de Grosrouve, M. Ruche et ses proches tenteront de découvrir ce que cache son ami. Ils tenteront de découvrir pourquoi Grosrouve est mort et pourquoi a-t-il donnée sa bibliothèque à M. Ruche. Les mathématiques semblent tenir les réponses à leurs interrogations et ils plongent tous dans l'histoire de cette science parfois bien philosophique.

Commentaires personnels

Publié en 1998, Le théorème du perroquet fut un très grand succès et fut traduit en 20 langues. Le roman se veut une rencontre entre l'intrigue policière et l'histoire des mathématiques.

Dès les premiers chapitres du roman, il est évident que l'auteur cherche à nous faire découvrir les mathématiques et son histoire. En partant d'une intrigue vaguement policière, l'enquête de M. Ruche et ses amis sur la mort de Grosrouve, l'auteur nous fait parcourir de façon intéressante l'histoire des mathématiques. À ces deux prémisses, les mathématiques et la mort de Grosrouve, se greffe diverses histoires. On nous présente la vie des principaux personnages: Perrette Liard et ses trois enfants, M. Ruche et sa relation avec Elgar Grosrouve. Et à ces personnages centraux s'ajoute aussi le perroquet sauvé par Max, baptisé Nofutur et qui participe à l'exploration des mathématiques avec la petite "famille" de la librairie.

Le style de Guedj est simple sans être dépourvu de poésie. Mais la véritable poésie vient des mathématiques et non du récit. Car le le texte de Guedj demeure sans surprise. Il est agréable et facile à lire, sans plus. Quelques longueurs. En fait, ce sont surtout des longueurs qu'on nommerait disgressions. C'est à dire qu'on se lance dans des anecdoctes historiques sur les biographies de mathématiciens et on se perd dans la chronologie des avancés de la science... et on oublie de revenir à l'intrigue qui n'est finalement pas vraiment "principale". L'auteur prend même parfois la liberté de changer de point de vue pour entrer dans une narration mettant directement en premier plan un personnage historique. Mais c'est toujours très bref et on se demande parfois pourquoi il y a eu ainsi changement de perspective. De plus, l'écriture devient parfois un peu trop didactique. On semble glisser du roman à l'étude et on perd ainsi de la fluidité de lecture.

Je crois qu'il est aussi important de souligner que les mathématiques ne sont qu'un prétexte à l'intrigue. Ou alors l'intrigue n'est qu'un prétexte pour raconter l'histoire des mathématiques. Car les deux semblent souvent sans rapport et même les personnages semblent oublier à l'occasion pourquoi ils sont plongés dans l'étude de cette science.

Les mathématiques prennent toute la place et volent la vedette à toute autre intrigue. La présentation de l'histoire des mathématiques, de l'évolution de la science est très intéressante. J'avoue que comme beaucoup de lecteurs du roman, j'aurais aimé qu'on me présente les mathématiques ainsi... en nous donnant un peu d'histoire avec les théories et formules. Cependant, il y a aussi beaucoup de formules dans le roman et de développements et d'explications... et cela ajoute parfois aux longueurs du roman. Elles ont peu d'incidences sur l'intrigue et sont encore une fois, une diversion au déroulement du roman. La fin est définitevement baclée... on oublie les intrigues amorcée (la naissance des jumeaux, l'adoption de Max, sa surdité), on raccourcit les mystères (l'implication du perroquet, la mort de Grosrouve, les mystèrieux assaillants du débuts), on survole les personnages principaux sans vraiment les approfondir et on introduit de nouveaux personnages rapidement pour les oublier aussitôt, et on conclue l'intrigue principale en un clin d'oeil...

Non, vraiment, le roman est à lire comme une histoire romancée des mathématiques et il faut simplement se laisser envahir par cette histoire et les anecdotes qui la parsèment... Et ne pas oublier que ce n'est qu'un roman, que les informations ne sont pas complètes et qu'il y a beaucoup plus à apprendre sur le sujet.

Les avis de Martine, Houdac, Yue yin, Ankya, Cacahuete.

Voir aussi: Le théorème du Perroquet - Expérience de lecture

Extraits

"Il y a dans ces ouvrages des histoires qui valent celles de nos meilleurs romanciers. Les mathématiques : du Zola, du Balzac, du Tolstoï !" p. 43

"M. Ruche avait mis des années avant de s'apercevoir que Max ne répétait jamais, ni une phrase ni un geste. Plus étonnant encore venant de la part d'un garçon qui avait tant de peine à entendre, il ne faisait jamais répéter son interlocuteur. Comme si ce qui avait été mal perçu était définitivement perdu et qu'il n'y avait pas à revenir." p.270

"Ce qui avait été rompu, ce n'était pas les os. Qu'avait dit ce mathématicien? "La part subtile et glorieuse du calcul." C'est la part subtile qui avait été rompue. Et pour elle, il n'y a pas de raboutage. Que vienne une algèbre qui nous libérera de ces amputations invisibles. M. Ruche s'endormit, un goût amer dans la bouche. Et un sourire perdu au coin des lèvres.". p. 291

Sources à consulter

Posté par Laila_Seshat à 22:58 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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