28 février 2010

Le moment captif d'un dimanche : expérience de couleurs

"Les jours sont des fruits et notre rôle est de les manger" [Jean Giono]28f_vrier

Parfois - très souvent - je m'ennuie de l'hiver. Et des saisons. Ces saisons de mon enfance. Très précises. Même si parfois elles s'enlaçaient pour devenir un peu confuses.

J'en parle en long et en large. Je regarde des photos. Et je me plains. Oui, je sais... je suis parfois plaignarde.

Mais parfois je sais aussi regarder chaque jour et les aimer. J'oublie la pluie et les jours gris. Et je vois ces fruits dans les arbres de ma rue.

Des fruits si étranges pour moi mais si communs ici. Des couleurs que je ne connaissais pas dans ces jours d'hiver. Et je me dis que cela ne sert à rien de verser des larmes pour les perdre dans des gouttes de pluie. Il suffit de regarder les arbres en couleur et d'en cueillir les teintes une à une. Et les assembler pour reconstruire les expériences anciennes et construire les nouvelles.

Petit à petit il faut se gaver des jours et des couleurs qui passent. Se nourrir des beautés et s'imprégner des sottises qui nous entourent. Et on apprend. On comprend. On aime et on déteste. On louange et on chiale.

Et parfois le gris me déprime. Mais ensuite les oranges, les rouges, les verts me rappellent qu'on se plaint toujours et que c'est ça l'expérience.

"L'expérience ne s'achète pas. Elle est le fruit du temps et de la bêtise" [André Hallée]

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25 février 2010

Je ne me lève jamais avant fin générique - Réjane Bougé

leve2Je ne me lève jamais avant la fin du générique : récit / Réjane Bougé. -- [Montréal] : Québec Amérique, 2005. -- 238p. ; 22 cm. -- (Littérature d'Amérique). -- ISBN 2-7644-0392-5

Quatrième de couverture

S'il y a les petites vues, les grandes vues et les vues animées, Réjane Bougé a, quant à elle, un faible pour les "belles vues", ces dernières lui rappelant la tante aimante avec qui elle regardait le cinéma Kraft du jeudi et les films en fin de soirée. Autant de mélodrames dignes de Douglas Sirk !

À sa manière, Je ne me lève jamais avant la fin du générique, constitue le bilan d'une cinéphile. Ce récit se présente donc comme l'émouvante histoire d'une amoureuse du cinéma qui, sans aucune prétention critique, a décidé de répertorier des scènes, tant à la vie qu'à l'écran, et de monter comment elles se répondent, soulevant ainsi les délicats rapports qu'entretiennent les images avec la réalité. Car, si l'auteure a projeté sa propre vie dans les films, c'est que ceux-ci n'existent qu'à travers les yeux de qui les voient ! Joies, deuils, désirs et désarrois: on naviguera dans ce livre un peu comme dans un catalogue, pour renouer avec les émotions et les sensations que le septième art a distillées dans l'imaginaire collectif.

Que Réjane Bougé dise ne jamais se lever avant la fin du générique, elle non plus, voilà qui est heureux, aussi bien pour le cinéma que pour la littérature.

L'auteurLeve1

Réjane Bougé est née à Montréal au Québec, en 1957. Elle étudie d'abord à l'Université du Québec à Montréal (UQAM) où elle obtient un baccalauréat en Études Littéraires en 1985. Elle fera ensuite, en 1993, un certificat en Études Italiennes à l'Université de Montréal.

Elle devient animatrice et journaliste à la radio de Radio-Canada en 1984 et elle y animera diverses émissions littéraires et culturelles pendant plus de 15 annés, dont l'émission Midi Culture. Elle publie son premier roman en 1992 et se consacre aujourd'hui presque entièrement à l'écriture.

Bibliographie

  • L'amour cannibale (1992)
  • La voix de la sirène (1994)
  • L'année de la baleine (1999)
  • Abécédaire des pays imaginaires (2002) (avec Maude Bonenfant)
  • Je ne me lève jamais avant la fin du générique (2005)

Résumé et Commentaires personnels

Se rappeler de moments de sa vie à travers les films qui l'ont marquée, voici le récit autobiographique que propose Réjane Bougé. Plus qu'un simple bilan des films qu'elle a vu au cours de sa vie, l'auteur choisit plutôt de se remémorer des scènes qui se reflètent dans des instants de sa vie. Telle scène lui rappelent telle personne, telle émotion, telle tragédie, tel désir, tel deuils, telle aventure, telle peur, telle joie... son apprentissage de la vie se miroite dans des films de toutes les époques et de tous les genres.

Cette vie qu'elle nous raconte, c'est sa vie. Peut-être parfois lègèrement embellie par ses souvenirs. Mais toujours intimement liée au cinéma. Elle nous présente des scènes sur un écran. Un écran qui prend la forme de souvenirs parfois flous, parfois déformés par les émotions ou les années. Mais toujours bien réels pour l'amoureuse de cinéma qu'elle semble être.

Nous passons donc au travers de certains moments de sa vie. Son enfance, son adolescence, sa vie d'adulte, parfois des "flashbacks", parfois des réflexions... parfois des silences, des fondus au noir. Elle ne nous explique pas tout. Elle nous laisse remplir les blancs laissés par son écriture.

Je ne connaissais pas tous les films dont elle parle. Parfois, j'aurais aimé en savoir plus, j'avais l'impression que je n'avais pas toute l'information pour comprendre sa réflexion. Mais les films qu'elle présente sont les films tels qu'elle les a vu... alors parfois même les films que je connaissais, je les voyais autrement. Car un film vit aussi à travers les yeux de celui qui le voit.

Mais les films font aussi partie de l'imaginaire collectif et parfois il suffit de dire une réplique, évoquer une scène pour qu'on se comprenne... Un souvenir commun... Et des moments qu'elle décrivait semblaient aussi raconter des instants de ma vie. Le cinéma fait partie de bien des vies. Combien de fois, tel scène de notre vie nous rappelle un film... et le contraire.

Le texte semble à la fois intime mais aussi très analytique. On passe parfois des souvenirs intimes à une analyse de films et de séquences. Elle semble parfois pousser son analyse très loin, de façon presque technique. Parfois, on semble plus tomber dans une réfléxion personnelle, voire philosophique.

Et on ne peut que se questionner sur le récit... "roman autobiographique"... quelle est la part de vérité, quelle est la fiction ? Mais je ne crois pas qu'il faut s'attarder à ces questionnements. Nos vies sont une suite de scènes... et c'est ce que Réjane Bougé a voulu nous montrer.

Le roman est québécois et plusieurs allusions furent pour moi autant de petits moments doux... des souvenirs d'annonces publicitaires, des habitudes, des noms de rues, des endroits... même le cinéma sur la couverture m'a troublée... aujourd'hui un "Jean-Coutu", je me rappelle très bien de cet édifice ! Et que dire du Cinéma Lumière qui a tant marqué ma propre enfance! Je croyais que personne ne se souvenait de cet endroit ! Et le cinéma Château... aujourd'hui une sorte de centre spirituel... tout à côté de ce restaurant que j'ai fréquenté, à quelques coins de rues de mon appartement... L'auteur a su en une phrase exprimer ma pensée: "Sur le plastique brisé de la marquise, les messages alternent. Un laconique "Jésus t'aime" a longtemps tenu l'affiche. "Parler avec Dieu c'est relaxant": dans la maxime actuelle, l'adjectif étincelle en rouge. Mais quelle est donc cette religion molle qui se présente comme une excroissance de la massothérapie ? Le bistro "Les Derniers Humains" venu se greffer à l'édifice, sur le flanc droit, immerge cette église dans un climat apocalyptique." p. 218

Mais ces souvenirs intimement liés à Montréal, se déplacent aussi en France, en Italie, en Angleterre... Ce n'est donc pas un obstacle à la lecture du texte... on peut facilement se perdre dans ces salles de cinéma, dans ces films et dans ces moments d'une vie.

Choisir de raconter un peu sa vie au travers des films qu'elle a visionné me rappelle un peu l'exercice que je fais parfois ici avec les émissions de télévision... ma "vie télévisuelle"... et je n'ai pu m'empêcher de sourire... Ce que les médias peuvent nous avoir marqués !

Extraits

"Les critiques parlent rarement des conditions de projection puisqu'ils ne fréquentent à peu près pas les cinémas. Ignorent-ils que, si Don Quichotte se bat contre des moulins à vent, les spectateurs, eux, luttent contre des majors qui les respectent autant que les oeuvres, c'est-à-dire fort peu?" p. 24

"Au cinéma, on peut créer l'illusion que deux personnes discutent ensemble. Je n'ai jamais vraiment dialogué avec ma mère, mais j'ai longtemps caressé l'idée que nous pouvions le faire. La possibilité était là, virtuelle. J'ai gardé cet espoir jusqu'à ce qu'elle soit admise aux soins palliatifs. Une semaine avant qu'elle meure, nos deux films en parallèle me semblèrent dans l'ordre des choses." p. 36

"Quand je lis, des espaces se déploient et se creusent autour des mots." p. 52

"En couleurs, en noir et blanc : cette dichotomie, qui paraîtrait étrange aux enfant d'aujourd'hui, nous était d'autant plus naturelle que nous la retrouvions à la maison, rivés devant un petit écran qui débitait des tranches de vie incolores. Nous étions donc entraînées à circuler entre ces deux états, à traverser "le mur des couleurs". p.77

"Avant l'apparition du cinéma, les hommes n'envisageaient pas les derniers instants de leur vie sous la forme de ce légendaire film qui va se dérouler. À cause de la vitesse qu'elle semble impliquer, cette métaphore moderne m'effare. Nous donne-t-on au moins le tmeps de rire ou de pleurer de quelques scènes." p. 88

Sources à consulter

... et mon premier roman du Défi la Plume Québécoise...

Defi

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23 février 2010

J'aime... 7 choses qui font battre mon coeur

Et un petit tag pour se rappeler qu'il y a de belles choses dans la vie... des petites choses qui nous permettent de sourire... Un petit clin d'oeil et un gros merci à L'Or des chambres pour ce tag ! ;)

Petit exercice finalement pas aussi facile qu'il ne le semblerait. Car finalement, il y a plusieurs choses qui peuvent faire battre mon coeur... des choses importantes et des petites choses... J'ai hésité longtemps et j'ai sélectionné 7 choses... Et j'ai hésité longtemps aussi mais finalement j'ai décidé de ne pas céder à la tentation du romantisme et je n'ai pas inclus mon PisTout dans la liste... non, car bon, cela va de soi, non... et je ne voudrais pas tomber dans le romatisme quétaine ! Ce tag le dit bien:  des choses qui font vibrer notre coeur... donc pas de famille dans le lot ! ;-)

Alors voyons voir !

J'aime les chats...

3

Oui... j'aime vraiment beaucoup les chats... j'aime les animaux en général... j'aime les chiens, les oiseaux, les vaches, ... Mais vraiment les chats font parties de moi. Quand mon gros minou nous a quitté, je me suis dis que je ne pourrais vivre sans chat... mais que je ne pouvais pas avoir tout de suite un autre minou dans ma vie. Mais j'ai besoin de chats. Mon gros Vasky sera toujours là... mais j'ai hâte que de nouveaux miaulements s'introduise dans nos vies !

J'aime jardiner...

4

Oui... et malgré toutes les aventures désastreuses sur mon balcon barcelonais... j'adore jardiner. Et depuis toujours. J'aimais me mettre les deux mains dans la terre pour aider mon père avec son potager... ses tomates, piments, cerisiers, pruniers, framboisiers, oignons, melons... Et aussitôt que j'ai pu faire entendre ma voix, j'ai décidé avec ma mère des fleurs qui seraient sur le devant, sur le côté, sur le mur, dans les pots... Et un jour... la température sera plus clémente avec moi...

J'aime les ousons...

1

Oui... tout comme l'Or des chambres, j'adore les oursons en peluche. Depuis toujours. Et j'ai encore le premier qui me fut offert par ma grand-mère à ma naissance. J'aime les peluches en général... mais j'ai une passion pour les oursons en particulier. Et depuis quelques années, j'agrandis ma "collection" que je vois plutôt comme ma famille.  Et une étape obligatoire de mon voyage au Japon... étape que mon PisTout m'accorda en riant... fut le passage au musée des Teddy Bear!

J'aime le fromage...

5

Oui... Honnêtement... on me donne un plateau de fromages et un plateau de gâteaux... et je vais choisir le plateau de fromages. C'est une passion depuis mon enfance à la grande incompréhension de mes parents. Et j'essaie de mettre du fromage dans tous mes plats si c'est possible.

J'aime la mer...

6

Oui... mais pas spécialement pour m'y baigner. Simplement pour la regarder, l'observer, la prendre dans mes yeux et la conserver dans mes oreilles. J'avoue que je ne voudrais jamais vivre sur le bord de la mer... le bruit serait horrifiant... Mais tout près... pour tous les jours la regarder et marcher dans le sable... sans personne d'évacher sur le sable, sans personne qui joue à la balle... juste les vagues qui viennent dévisager mes pieds...

J'aime les livres...

2

Oui... Je sais que c'est évident... pour un blog de ce genre. Mais c'est un amour qui va au-delà des mots. Les mots sont importants. Bien sûr. Mais j'aime les livres. Mon coeur bât au toucher des pages d'un vieux livre... J'aime les nouveaux livres bien sûr... les pages neuves et craquantes. Mais ce sont les vieilles pages, lourdes et jaunes, qui me font fermer les yeux et imaginer les vies de ces livres...

J'aime la littérature médiévale...

7

Oui... Je sais, ce n'est pas bien original... Mais c'est mon premier amour. Je suis bibliothécaire/archiviste, mais avant cette maîtrise, j'ai fait trois ans d'université en littérature... et ma spécialisation ? littérature médiévale. J'ai passé très près de continuer dans cette voie... et aujourd'hui je continue de lire des oeuvres de cette, si longue, époque... de lire sur ces siècles si bizarres et changeants... et j'ai la chance de voir tant d'endroits appartenant à ces temps fous et lointains.

Et quoi d'autres ?  J'aurais pu parler de mon amour des portes, des fêtes, des fontaines, des sacs à main, des ...

Et qui je taggue ? Oui car on doit continuer le tag... habituellement. J'hésite... disons... si elles le veulent bien... car il ne faut pas se sentir obliger... Allie (j'espère tant qu'elle va un peu mieux...), Heartless Witch (qui vient de déployer ses ailes...) et Lhisbei (si ces amis Biily lui laissent le temps...).

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22 février 2010

De ces livres qui nous trouvent par hasard

Il y a quelques jours, je me suis envolée, ou plutôt nous avons roulé, jusqu'à Uzès. Le but de ce petit voyage était de revoir certains endroits du Languedoc que nous aimons bien... Banyuls-sur-Mer, pour prendre un croque-monsieur sur la promenade face à la mer, Maury pour revoir au loin la silhouette de Quéribus et pour acheter quelques bouteilles au sympathique vendeur de cette boutique-restaurant, Abbaye de Valmagne pour son église, son vin et ses livres... pour finalement arrivée à la limite du Languedoc et de la Provence... et passer deux jours à Uzès. Et revoir la petite ville et ses alentours.

Mais un autre but avoué de ce petit voyage était de retourner à Nîmes que nous avions aussi déjà visitée. Revoir la ville est toujours agréable, bien entendu... mais il y avait aussi le but livresque... C'est-à-dire, faire quelques achats de livres en français, chose qui est difficile à Barcelone. Oh il y a bien quelques sections dans les grandes libraries et quelques librairies de livres usagés en français... Mais les sections sont souvent très petites et n'ont pas les dernières nouveautés et les libraries usagées sont surtout dirigées pour la clientèles des écoles françaises de Barcelone.

Donc... un plein de livres était au menu du week-end ! Premier arrêt, une grosse librarie très connue... puis quelques petites libraries... Ajoutés aux livres achetés à Valmagne, j'avais une bonne valise pleine de mots. Dont, évidemment, un certain livre, Sukkwan Island, qui fera partie d'une lecture commune avec l'Or des chambres !

Tous les livres cherchés furent adoptés. Mais parfois, il y a des livres qui nous trouvent par hasard. On ne les cherchait pasLivreV vraiment mais ils sont là qui nous attendent au détour d'une table. Ce samedi matin, il y avait marché dans les rues d'Uzès. Comme tous les samedis... sur la place aux Herbes,                 sur les boulevards et l'Esplanade. Des produits, des objets, des aliments, des odeurs, des couleurs... et une table avec des livres.

Je dois m'arrêter, bien sûr. Il y a beaucoup de titres, des livres de toutes les époques, dans différents états. Et quelques livres qui semblent plus anciens. J'aime les livres. Comme Allie, j'aime les vieux livres. J'aime les voir, les toucher, les sentir... regarder leurs rides, leurs couleurs... C'est parfois difficile de résister à la tentation de ramener avec moi, tous ces livres perdus sur les tables... sans personne pour tourner leurs pages, pour les faire vivre encore un peu.

Mais je fais attention... je suis sélective. J'attends qu'un livre me parle, me convainc de le prendre et de le ramener dans ma bibliothèque. Et ce samedi matin, il était là. Sous d'autres livres. J'ai remarqué son dos qui semblait un peu fatigué. J'ai soulevé les autres livres et je suis tombé immédiatement en amour avec la couverture. Mais je suis prudente. Les couvertures sont parfois trompeuses, qui ne sait pas cela. Je l'ai pris dans mes mains. Il était lourd. Et je l'ai feuilleté. Cela ne m'a pris que quelques secondes pour savoir qu'il repartait avec moi. Il est un peu vieux, mais pas trop. Il a les pages jaunes. Elles sont un peu rudes au toucher. Mais les mots et les illustrations sont absolument superbes.

Quand les fées vivaient en France / Yvonne Ostroga, préface par Paul Bourget, illustrations de Félix Lorioux. -- Paris : Hachette, [1923]. -- 173 p. : ill.; 24 cm.

Un livre remplie d'histoires de fées... "L'école des fées", "L'enchanteur enchanté", "Viviane et Lancelot", "Le chevalier blanc", "Le val sans retour", "Morgane, reine des flots", "Le prisonnier de Madoine", "La dame de lins", "Le nain vert obéron", "Mélusine, dame de Lusigna", "Urgande la déconnue", "Or, les fées vivent toujours"... Des histoires que je ne connais pas avec souvent des personnages connues... des fées... magnifiques, bonnes, méchantes... magiques.

Et donc... je suis revenue à Barcelone entourée de livres qui sont maintenant bien au chaud dans mes bibliothèques !

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21 février 2010

Le moment captif d'un dimanche : conquérir

21fevrier"Le cri du sentiment est toujours absurde ; mais il est sublime, parce qu'il est absurde" [Charles Baudelaire]

Ils ouvrent leur gueule. Ils hurlent ? Ils crient ? Avec force, c'est certain. Ils sont là... entourant une fontaine que l'on ne voit pas sur la photo. Ils la protègent ? Ils la défendent ?

Ou alors sont-ils des conquérants ? Ils se sont battus pour leurs rêves, pour leurs places dans ce monument. Maintenant, ils seront pour toujours ici, dans cet endroit pour lequel ils se sont battus. Et ils crient leur joie. Et peut-être leur ivresse d'avoir lutté et obtenu ce qu'ils voulaient.

Cela semble peut-être extravagant, et même irrationnel. Mais ils croient à cette conquête. Même si elle nous semble absurde. Et il faut toujours vaincre nos peurs et se bagarrer pour ses rêves. Parfois certains rêves sont minuscules. Parfois, ils sont grands. Parfois, ils font leur temps et il est alors temps de faire d'autres rêves.

"Dans la vie, il faut se battre, se défendre, conquérir, réaliser ses rêves et ses désirs" [Gilles Derome]

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17 février 2010

Petit moment de relâche...

Oui... le mois de février se déroule lentement.
Et célébrons les moments d'évasion
loin des nuages de Barcelone...

1

Mais je dois avouer que les dernières semaines
j'ai traîné des pieds
j'ai cherché le confort de mon sofa
je me suis perdue dans de vieilles émissions
de séries que je connais par coeur

J'ai regardé le ciel gris
et j'ai chialé

Je lis mot à mot un livre
que pourtant je trouve incroyablement
intéressant...

Je traîne
Je paresse
Je néglige
Je procrastine
...

Mais...
Je reviens tranquillement
Je recommence à lire
Et je me botte le postérieur...

Oui... car ça suffit
la paresse et la fainéantise...
Et le soleil
est dans ma tête... :)

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14 février 2010

Le moment captif d'un dimanche : ensemble

"Vieillir ensemble, ce n'est pas ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années". [Jacques Salomé]14fevrier

Chut... Ne parle pas. Lève les yeux. Ils nous observent. Tu les vois ? Sur la pierre là-haut...

Ils n'ont pas l'air d'apprécier notre présence. On les dérange, tu penses ? Ils protègent sûrement leur nid. Peut-être y a-t-il des oeufs. Peut-être déjà des petits. Qui dorment pendant qu'ils veillent sur eux.

Ils nous regardent, tu vois ? Ils ne semblent pas contents de nous voir. Peut-être qu'ils se disaient de doux secrets. Qu'ils se gazouillaient des notes amoureuses. On les a sûrement interrompus pendant un moment de repos complice alors que les bébés dorment.

Ils nous dévisagent, tu as remarqué ? Peut-être se questionnent-ils sur nos motivations. Peut-être se demandent-ils si nous nous aimons autant qu'eux.

Ils se sont collés un peu plus, tu as vu ? Leurs plumes s'entremêlent et se caressent. Nous devrions peut-être les laisser seuls. Nous avons assez volé de leur intimité. Viens. Prends ma main. Envolons-nous ensemble.

"L'amour, c'est un oiseau. Imprévisible, fantasque. Fragile aussi, et périssable. Et cet oiseau, pourtant, d'un seul battement d'ailes, allège nos existences de tout le poids de l'absurdité." [Louise Malheux-Forcier]

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12 février 2010

Une envolée vers des livres... mais pas que...

DSCN1117

- Dis... il me semble que cela fait un bout que nous ne sommes pas allés en France ?

- De quoi, tu parles !!!! Nous sommes allés en Alsace en décembre !

- Je sais... mais je parle de notre coin... tu sais... celui que nous avons visité une bonne trentaine de fois... parfois pour des semaines, parfois pour une journée... tu sais bien ! c'est tout près de Barcelone...

- Oui, bon, j'admets que ça fait peut-être quelques mois que nous ne sommes pas allés dans le Languedoc-Roussillon ou en Provence... mais nous retournons en Alsace au mois de mars !

- Oui, oui, je sais et j'ai bien hâte ! L'année dernière, il y avait pleins de décorations de Pâques et comme chaque fois que nous sommes allés en Alsace, ce fut tout simplement merveilleux... mais je parle de nos fuites en terres françaises sans avions... Je parle de prendre une voiture et se sauver à quelques heures de Barcelone...

- Oui, bon, c'est vrai. La dernière fois que nous avons eu besoin de faire un plein rapide de mots français, c'était en... oh... tu as raison, cela fait bien quelques mois... je n'ose dire... août... NON ! Si loin... c'est impossible... faut vérifier...

- Bon, on vérifiera un autre jour... allons... on prend une auberge pour le week-end...

- Parfait... ... ... C'est fait... on part vendredi.

- Super ! Au fait on passe par ici et par là. J'ai tout planifié !

- Heu... mais on a déjà visité cette ville......

- Je sais... mais il y a une librairie qui m'a fait un signe au loin... elle s'ennuie de moi ! Je dois la visiter ! Et puis, j'ai une lecture commune à faire... tu sais... le devoir m'appelle !!!

- gre gre gre... on devra se restreindre en valise, hein... pour laisser place à tous ces livres que Madame doit ramener !

- Et n'oublie pas les bouteilles de Banyuls et Maury ;)

Et donc... on quitte pour la fin de semaine ! Un plein de mots français, de vins, de repas, de promenades, de visites, et surtout de livres !!! :D Nous allons un peu plus loin que d'habitude. Nous retournons dans une auberge que nous avions bien aimée dans une petite ville bien sympathique !!! Celle de la photo... vous devinez ? ;-)

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08 février 2010

Sur ma peau de Gillian Flynn

gillian2Sur ma peau / Gillian Flynn ; roman traduit de l'anglais par Christine Barbaste. -- [Paris] : Calmann-Lévy, 2008, [c2006]. -- 381 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-253-12070-4. -- (Coll. Livre de Poche : Thriller, 37274)

Titre original: Sharp objects

Quatrième de couverture

La ville de Wind Gap dans le Missouri est sous le choc : une petite fille a disparu. Déjà l'été dernier, une enfant avait été sauvagement assassinée... Une jeune journaliste, Camille Preak, se rend sur place pour couvrir l'affaire. Elle-même a grandi à Wind Gap.

Mais pour Camille, retourner à Wind Gap, c'est réveiller de douloureux souvenirs. À l'adolescence, incapable de supporter la folie de sa mère, Camille a gravé sur sa peau les souffrances qu'elle n'a pu exprimer. Son corps n'est qu'un entrelacs de cicatrices...

On retrouve bientôt le cadavres de la fillette. Très vite, Camille comprend qu'elle doit puiser en elle la force d'affronter la tragédie de son enfance si elle veut découvrir la vérité...

L'auteurGillian1

Gillian Flynn est en 1971 à Kansas City dans le Missouri. Ses parents sont tous deux des professeurs à des collèges communautaires. Son père enseigne le cinéma et sa mère la lecture. Elle étudia à l'Université du Kansas et obtint un diplôme en Études Anglaises et en Journalisme.

Elle travailla pendant deux ans pour un magazine de Californie, Workforce, pour lequel elle écrivit des articles sur les ressources humaines. Elle s'établit ensuite à Chicago où elle complèta une maîtrise en journalisme à l'Université de Northwestern. Elle déménagea ensuite à New York où elle travailla comme critique de cinéma pour le Entertainment Weekly. Son travail lui permit de voyager un peu partout dans le monde. En plus, d'écrire sur le cinéma, elle écrivit également sur la télévision, toujours pour le Entertainment Weekly.

Elle écrit son premier roman en 2006 qui fut un succès. Elle gagna deux Dagger Awards pour "Sharp Objects" et elle ácrit présentement le scénario pour la version cinématographique qui est prévue. Elle publie son deuxième roman en 2009. Elle vit présentement à Chicago avec son conjoint.

Bibliographie

  • Sharp Objects (2006)
  • Dark Places (2009)

Voir le site de l'auteur

Résumé

Une jeune journaliste de Chicago, Camille Preaker, est envoyée dans sa ville natale pour enquêter et écrire sur la disparition d'une petite fille. Il y a quelques mois, une autre petite fille a été retrouvée morte et on parle déjà de meurtre en série. Camille n'est guère enthousiaste à l'idée de revoir les lieux où elle a grandit et où vivent encore sa mère, son beau-père et sa demie-soeur.

Elle se rend néanmoins à Wind Gap, au Missouri, pour tenter d'écrire un article qui satisfera son éditeur en chef - et ami - et qui peut-être la fera connaître comme journaliste. Mais pour cela, elle doit aussi affronter son passé. Un passé qu'elle ne peut oublier et qu'elle a même gravé sur son corps.

Camille ne s'automutile plus mais les mots sont toujours sur son corps. Et elle doit maintenant revoir sa mère, dont elle n'a jamais ressenti l'amour, son beau-père qui semble vivre dans un autre monde, sa demie-soeur qu'elle connaît à peine, et l'ombre de sa soeur, longtemps malade et morte alors que Camille était une jeune adolescente.

Entre des retrouvailles avec une famille qu'elle aimerait oublier ainsi qu'une ville qui semble figée dans le temps, une enquête difficile sur les meurtres de fillettes et une aventure avec le policier en charge de l'enquête, Camille tentera de comprendre son passé et deviner son futur.

Commentaires personnel

Annoncé comme un roman policier, le roman de Gillan Flynn dépasse largement les paramètres du genre. En fait, j'ai cessé assez rapidement de considérer le livre comme un roman policier pour le lire comme un roman psychologique. Une histoire de famille, principalement.

Le roman de Flynn est essentiellement centré sur son personnage principal, la journaliste, Camille Preaker. L'histoire est présentée de son point de vue et elle est complètement impliquée dans l'intrigue. Mais rapidement, on se rend compte que l'intrigue policière n'est qu'un prétexte pour développer des sujets plus difficiles. La résolution des meurtres (oui, je ne crois surprendre beaucoup en disant que la 2e petite fille sera retrouvée, elle aussi, morte et mutilée de la même façon que la 1ère petite fille) n'est pas sans importance et l'enquête est tout de même bien menée.

L'écriture semble efficace, même si la traduction a tout de même quelques lacunes. Cependant, la lecture est agréable. Pour plusieurs lecteurs, le personnage principal leur a semblé sans intérêt. On la qualifie d'égocentrique, froide, vaguement alcoolique, voire même vulgaire. Personnellement, j'ai trouvé le personnage de Camille très crédible. Torturée, marquée, stigmatisée par son enfance, enfantine, imparfaite, incohérente, oui... mais crédible. Très crédible. Le rythme est lent. C'est vrai. On avance tranquillement. Il y a peu de rebondissements, peu de tension... même si je suis restée accrochée jusqu'à la fin.

Le roman donne également une place importante à la ville où ont lieu les meurtres. La ville et ses habitants sont décrits et analysés. Ils font partis de l'intrigue, à titre individuel et comme un tout. On peut être surpris et même choqués de certains comportements des gens de la petite ville. Mais encore une fois, l'ensemble m'a paru très crédible. On peut trouver que les comportements des habitants sont exagérés mais la vie dans une petite ville peut parfois cachée des problèmes, secrets, manipulations et vices aussi troublants - et parfois même plus troublants - que dans les grandes villes. L'horreur et la monstruosité est souvent derrière les rideaux de son voisin pourtant bien "normal". Par ce retour à sa ville natale, le personnage principal doit affronter plus d'un démon. Et accepter certaines révélations dont elle se doutait peut-être depuis toujours.

Le roman ne fut pas pour moi, un mystère. J'ai presque tout deviné - le(s) meurtrier(s) et les raisons des crimes - presque immédiatement. Mais bizarrement, cela ne m'a pas empêcher de dévorer et d'adorer le roman. En oubliant que le livre est sensé être un roman policier, on peut l'apprécier à sa juste valeur. Car l'intrigue principale tourne autour de Camille et sa famille. Principalement sa relation avec sa mère - et ses soeurs. Et sur certains problèmes psychologiques, l'automutilation par exemple, et d'autres que je n'ose pas citer... pour ne pas trop dévoiler l'intrigue.

Flynn semble avoir bien étudié son sujet et a réussi à transmettre toute la tension et la douleur d'une vie écorchée - littéralement - par son enfance et sa famille. Une lecture passionnante et sombre.

L'avis de Kattylou, Brian M. Dunn, Manu, Miss Alfie, Choupynette, Joelle et Ingrid Barnay.

Extraits

"Je me coupe, voyez-vous. Je me taillade la peau, je l'incise. Je la creuse. Je suis un cas très particulier. Je n'agis pas ainsi sans raison : ma peau hurle. Elle est couverte de mots - cuire, bonbon, minou, boucles -, comme si un élève de cours préparatoire avait appris à écrire sur ma chair, avec un canif. " p. 96

" - Parfois, tu laisses kes gens te faire du mal, mais en réalité, c'est toi qui leurs fais mal", m'a rétorqué Amma en sortant une sucette de sa poche. À la cerise. "Tu vois ce que je veux dire? Quand quelqu'un cherche à te bousiller, et que tu le laisses faire, c'est toi qui le bousilles encore plus. Et après, c'est toi qui as le pouvoir. Tant que tu ne perds pas la tête." p. 277

Sources à consulter

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07 février 2010

Le moment captif d'un dimanche : copier la sagesse

"Nous croyons regarder la nature et c'est la nature qui nous regarde et nous imprègne" [Christian Charrière]7f_vrier

Je suis emballée. Nous allons visité un parc naturel de singes près de Nagano. J'ai vu des centaines d'images de ce parc, de ses sources naturelles d'eau chaude et de ses singes. Certaines photos sont enneigés. Nous sommes en automne. On nous dit qu'on se promènera parmi eux, sans barrière, sans cage. On peut se promener librement dans leur habitat... la forêt ! Car si on se promène dans un parc avec un sentier aménagé, nous pourrions aller dans la forêt autour et en voir autant ! C'est leur milieu. Leur domaine. On pourra les observer librement.

On nous dit de ne pas les toucher, ne pas les nourrir et surtout ne pas les croiser leur regard. Si cela arrive, il nous faut baisser les yeux et regarder par terre.

Je suis emballée. Je vais voir des êtres fascinants dans leur milieu naturel. Nous entrons dans le parc. Nous cherchons. Nous observons. Et ils sont là. Magnifiques. Tranquilles. Agités. Vivants. Des mâles s'épouillant. Des femelles allaitant. Des petits se chamaillant. Des adultes se baignant dans les bassins naturels d'eau chaude. Certains mangent paisiblement, d'autres dorment bonnement. Quelqu'uns grognent, crient, grimacent...

Et plusieurs nous regardent. Certains avec curiosité, quelques uns avec étonnement, d'autres avec surprise et consternation. La plupart ne nous regardait qu'à peine. Ils nous regardaient passés avec un désintérêt froid. Parfois, le regard s'attardait sur nous. Comme pour juger de notre inutilité.

Désabusés ? Dégoûtés ? Fatigués ? Je crois que lorsqu'ils s'attardaient à nous observer, ils nous trouvaient plutôt pathétiques et ridicules. À les regarder avec tant de passion. À les prendre en photos à toutes les secondes alors qu'ils ne faisaient rien de bien extraordinaire.  Qui trouverait intéressant de prendre un être se gratter, manger, s'épouiller, se baigner, dormir? Nous avions l'impression parfois de leur faire un peu honte...

Mais nous avons marché dans les sentiers. Nous avons pris des photos. Et puis, près de la sortie, je me suis assise pour me reposer un peu. Et il était là. Seul. Le regard perdu au loin. Je ne me suis pas approchée. Je l'ai laissé tranquille. Mais j'ai pris ma caméra avec son zoom... pour me rappeler de lui et de son regard tranquille, doux, sage et légèrement triste.

"L'homme se vante de descendre du singe. Jamais aucun singe ne se vanterait de descendre de l'homme." [Georges Elgozy]

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