Petites histoires avec un chat dedans (sauf une) : nouvelles / Véronique Papineau. -- [Montréal]: Boréal, 2008. -- Pap1175p. ; 22 cm. -- ISBN 978-2-7646-0596-7

Quatrième de couverture

La vie n'est pas toujours simple, même - et surtout? - quand on est jeune, comme les personnages que Véronique Papineau met en scène dans ces nouvelles. Histoires de cœur, histoires de baise, problèmes de travail ou d'argent, tout cela peut nous faire passer de fichus quarts d'heure, qu'il nous arrive très souvent de traverser sous le regard à la fois attentif et impassible de nos chats. Ils voient tout, comprennent tout, mais ils ne nous jugent jamais.

Avec le chat, Véronique Papineau partage de nombreuses qualités: l'art de la légèreté, le coup de griffe qu'on n'a pas vu venir, la caresse qui déchire.

Qu'elle raconte l'histoire d'amants qui se rencontrent à 120 kilomètres-heure sur l'autoroute, la fugue de deux adolescents dans la grande ville, la fin de la noce pour la demoiselle d'honneur qu'emporte l'ambulance, chacune de ces scènes de la vie contemporaine prend un relief inattendu, tout comportement est soumis au regard de cette fine observatrice, à son humour à la fois tendre et cruel. Jamais elle ne rate sa proie. 

Pap2L'auteur

Véronique Papineau est née à Sainte-Brigide d'Iberville, petit village québécois, en 1980. Elle étudia en Lettres au cégep puis en traduction à l'université. Elle a travaillé comme rédactrice de sous-titre pour les malentendants. Elle aime depuis toujours la littérature et dit volontiers que son rêve était de publier un livre à 30 ans. Elle participe à divers concours. Elle publiera sa première oeuvre, un recueil de nouvelles, à l'âge de 28 ans. Petites Histoires avec un chat dedans (sauf une) a été en nomination pour le Grand Prix Littéraire Archambault 2009 (prix du public - 9e édition).

Elle habite aujourd'hui Montréal et est correctrice pour un magazine local. Elle continue d'écrire et prépare un nouveau roman.

Résumé

Ce livre nous propose douze nouvelles, douze petites histoires, sauf une, qui nous offre le passage d'un chat. Un passage parfois furtif, où l'on sent à peine sa présence. Un passage parfois central, alors qu'il devient le coeur de l'histoire. Mais toutes les histoires, sauf une seule, comporte la présence d'un chat.

Une histoire de rupture, une histoire de dépression, une histoire de fugue, des histoires de frères, des histoires de couples, une histoire de rencontre, des histoires d'amour, une histoire de folie, des histoires d'enfants,...

Commentaires personnels

Onze histoires avec un chat faisant une apparition. Une histoire, sans chat. L'auteur a donc écrit la majorité de ses histoires en intégrant la présence d'un chat. Le chat est à parfois à peine visible. On le sent au détour d'une phrase et on le voit plus. Parfois, il est essentiel à l'histoire. Comme un vrai chat, sa présence est parfois discrète, parfois sournoise, parfois douce, parfois féroce. Les personnages détestent parfois le chat, l'ignorent souvent... ou alors en sont complètement épris. Le chat est souvent l'observateur, parfois le catalysateur... D'une façon ou d'une autre, sa présence est un symbole important de l'histoire. Même lorsqu'il ne fait que passer rapidement. Il a toujours une raison de faire partie de l'histoire.

Ce recueil de nouvelles est la première oeuvre de Véronique Papineau. L'auteur n'a de toute évidence pas choisi de commencer avec un genre facile. Et comme la plupart des recueils de nouvelles, les histoires sont ici inégales. Certaines m'ont parues simples, voire simplistes. D'autres, beaucoup trop courtes. J'ai beaucoup aimé certaines histoires, d'autres m'ont carrément ennuyées. L'auteur a cependant fait un effort évident pour varier le style de ces nouvelles. Le thème qu'elle s'était elle-même imposée a cependant parfois semblé difficile à suivre. Elle a donc tenté de suivre un thème tout en cherchant à éviter l'uniformité de ses textes. Mission très difficile qu'elle a plus ou moins réussi. Dans l'ensemble, cependant, je dirais qu'elle s'en ait assez bien tiré.

L'auteur dit qu'elle observe les gens et que ses histoires sont inspirées de ses observations. Les personnages sont très bien dépeints et crédibles. Les situations sont anecdotiques. L'auteur nous offre des situations familières. On reconnait facilement des gens de notre entourage ou des situations que nous avons vécues ou que des gens que nous connaissons ont pu vivre.

Il y a beaucoup d'humour dans les textes de Véronique Papineau. Un humoir plutôt noir, parfois très ironique et sarcastique. Mais j'ai parfois senti quelques clichés. Et certaines situations ou personnages m'ont semblé stéréotypés. On note une certaine désillusion de l'amour et des couples qui est assez caractéristique de notre époque. Et on pourrait croire que l'auteur passe certains "messages" ainsi que ses idées sur le monde contemporain, sur une génération qu'elle qualifie certainement de désabusée et sur les relations en géneral.

Je crois aussi que certaines histoires auraient pu être facilement développées. Je suis souvent restée sur ma faim, dans un sens. Les personnages m'ont souvent semblé intéressants et complexes mais trop peu développés. Même dans le contexte d'une nouvelle. L'auteur nous en dit trop ou pas assez, dans un sens. Et certaines histoires me semblaient mériter plus que quelques pages.

Le propos le plus important et intéressant du volume demeurent cependant la présence du chat qui ancre définitivement chaque histoire dans la réalité et le quotidien. D'ailleurs, l'histoire qui m'a le moins plu est celle qui n'a point de chat dedant !

Les avis de Christine Jeanney (Pagesapages), Club de lecture, Maxime Jobin, Caro[line], Jessica, d'autres avis sur la Recrue du mois.

Voir aussi: Petites histoires avec un chat... Expérience de lecture

Extraits

"Dormir très mal. Se réveiller au milieu de la nuit et, jusqu'à l'aube, avoir des pensées comme une autoroute. Vers cinq heures, voir les lampadaires s'éteindre. Sombrer dans un sommeil impalpable.Snoozer pendant une heure. Être en retard, comme chaque matin. S'en foutre. Avant de se mettre debout, songer que notre vue sera la même jusqu'à la fin de semaine, jusqu'à la fin du mois, jusqu'à la fin de l'année. Être envahie par une immense lassitude." p. 55 (Dormir très mal)

"Costa nous connaissait et nous connaissions Costa. Qu'il aille trouver refuge dans le lavabo de la salle de bains par les chaudes journées de juillet ne nous étonnait plus. Qu'il passe ses après-midi à dormir dans le fauteuil capitonné du salon n'était plus un secret pour personne. Qu'il vienne immanquablement nous voir chaque fois que l'un de nous siégeait sur les toilettes, qu'il vienne poser ses deux pattes de devant sur notre cuisse avant qu'on ne se penche vers lui et que notre nez ne touche son museau humide, cela faisait partie du quotidien." p. 108 (La mort d'un chat)

Sources à consulter

... et mon deuxième roman du Défi la Plume Québécoise...

Defi