21 mars 2010

Le moment captif d'un dimanche : paresser

21mars

"Il faut des siècles de désoeuvrement pour pouvoir supporter l'oisiveté du dimanche" [Anne Hébert]

Il faut savoir regarder le dimanche dans les yeux. Et accepter ses conseils. Parfois, j'oublie le dimanche. Je ne l'écoute pas. Je travaille toute la semaine. Et la fin de la semaine, le week-end, comme disent certains, il faut faire tant de choses. Il faut faire le ménage. Il faut faire les courses. Il faut répondre au courrier et aux courriels. Il faut voir la famille. Il faut penser à la semaine qui vient.

Mais il faut aussi savoir s'arrêter. Oui. Ne rien faire. C'est quelque chose de presque impossible pour moi. Mais j'apprends. Petit à petit. Simplement se lever. À l'heure qui me plait. Sans culpabilité. Se préparer un café et peut-être un petit déjeûner. Lequel ? On verra.

Manger tanquillement. Refaire un peu de café. Voir les heures passées. Ne pas s'en préoccuper. Regarder par la fenêtre. Décider si on va se promener ou si on s'enfonce dans un fauteuil avec un livre. Ou encore si on se perd sur un lien après l'autre dans le monde vaste virtuel. Ou encore si on ouvre la télévision pour un film ou une série. Ou peut-être appeler un ami ou peut-être pas.

Aujourd'hui, le soleil brille. Et j'ai envie de ne rien faire. Rien faire est difficile. Disons, ne rien faire de bien important. Prendre le temps de ne rien faire. C'est important, je crois. Une petite promenade dans la ville. Sans itinéraire. Tout est fermé. Évidemment. Enfin, pas tout. Quelques boutiques ouvrent leurs portes pour les promeneurs.

Une porte ouverte. De jolies choses à regarder à l'intérieur. Je n'entre pas. Bizarrement, je préfère observer cette bicyclette rose. Elle me rappelle ces dimanches de ma jeunesse où paresser et jouer sans but particulier n'étaient pas un problème. Quand passer la journée à rouler vers nulle part, ou encore à regarder le vent jouer avec les feuilles ou les flocons, selon la saison, n'étaient pas culpabilisant... n'étaient pas considérer comme perdre son temps...

La bicyclette rose ne bouge pas. Elle reste là. Elle me dit tout simplement d'écouter le dimanche. D'écouter ce qu'il me dit. Et il me dit de réapprendre à perdre mon temps. Tout simplement. Avec plaisir. Sans me sentir coupable. Je résiste parfois. Mais certains dimanches, j'essaie d'écouter. Et je regarde la bicyclette rose et je la remercie de son conseil. Puis, je continue mon chemin. Vers nulle part.

"Le temps porte conseil : en général celui de ne rien faire" [Claude Roy]

Posté par Laila_Seshat à 11:59 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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