30 mai 2010

Le moment captif d'un dimanche : gribouillis

10_05_30"L'art de peindre n'est que l'art d'exprimer l'invisible par le visible" [Eugène Fromentin]

"Tu parles trop fort, que je lui dis, tu vas le déranger." "Mais non, qu'il me répond, il semble bien concentré." "Oui, tu as raison... mais taisons-nous tout de même, juste au cas..."

"Il décore sa boutique, tu penses?" "Peut-être... histoire que son commerce soit joli même lorsqu'il est fermé". "Et peut-être mettre un peu de traditionnel à côté du moderne".

"Je crois qu'il y a une histoire dans ses dessins." "Tu crois?" "Oui, une histoire invisible qu'il raconte silencieusement." "Et elle a un lien avec sa boutique?" "Difficile à dire, je ne comprends pas vraiment le nom et on ne voit pas à l'intérieur". "Tu sais, ce n'est peut-être pas sa boutique... et il n'a été engagé que pour ce boulot... tu te fais peut-être des histoires, toi aussi!"

"Peut-être... mais de toute façon, ce n'est qu'une histoire. Tu sais de ces histoires qui peuvent se lire sans jamais se répéter. Il nous raconte une histoire universelle... mais qu'il colore de sa vie, et que nous lirons selon nos émotions, selon nos envies, nos désirs... Une histoire n'est jamais qu'une histoire. Elle nous raconte milles choses à la fois et ne nous dit rien du tout... Mais je n'en sais rien, tu sais!".

"Un artiste ne peint jamais la vie tout à fait telle qu'elle est. Il la colore de sa personnalité et de ses désirs" [Lucille Roy]

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23 mai 2010

Le moment captif d'un dimanche : des traces rouges

"Voir le monde dans un grain de sable, et le ciel dans une fleur sauvage. Tenir l'infini dans la paume de la main et l'éternité dans une heure." [William Blake]

10_05_23

Il y a des choses que l'on sait. Des choses que l'on a apprises. Au cours des années...

Par exemple, une chanson que l'on a jamais bien compris... cette chanson qui parle de gentils coquelicot mesdames et de gentils coquelicot nouveau... On me parle de jardin, de romarins, de 3 mots latins, d'hommes et de garçons qui ne valent rien, de dames dont on ne dit rien et de demoiselle dont on dit beaucoup de bien. Je n'y comprend rien mais les rimes, j'aime bien...

Et puis, on se souvient de ce symbole du mois de novembre. On se souvient des combattants et on se souvient de voir chaque année, un coquelicot sur le manteau de tant de gens.

Quelqu'un nous aurait aussi dit que 8 ans de mariage étaient soulignés par ces fleurs si rouges. On ne l'a su qu'après ses propres noces de coquelicots... Et puis, on réalise que le nom français de la fleur est une onomatopée rigolote sur le coq et sa crète rouge... bien sûr dans d'autres langues, on l'appelle différemment, mais on ne peut s'empêcher de sourire en disant son nom...

Et on fait des recherches et on apprend sur le symbolisme... et peut-être même un lien avec Perséphone et Démeter...

Mais lorsque le printemps arrive, on ne peut que se rappeler de la première fois que l'on a aperçu la première tache rouge sur le bord de la route. On ne savait pas trop quelle était cette tache rouge. Mais elle semblait se multiplier. Et puis, on l'a regardé d'un peu plus près... touché ses pétales un peu froissés, regardé ses petits grains noirs...

On ne connaissait pas cette fleur. On a pas tout de suite fait le lien avec cette tache rouge du mois de novembre. Et puis, on a cherché dans les livres et on a appris le nom de cette petite fleur qui fleurit partout dans les champs catalans en ce mois d'avril et mai...

Et notre coeur se serre à chaque fois qu'on aperçoit dans les champs, sur les bords des routes, dans les endroits les plus improbables, ces petites fleurs si rouges et si fragiles... On ne sait pas trop pourquoi, on aime cette leur avec une passion incroyable et on ne sait pas trop comment on pourrait s'en passer. Chaque fois que notre regard croise le rouge fané de ses pétales, les larmes viennent à nos yeux. On le dit pas trop, car on se sent vaguement ridicule d'avoir tant d'émotion pour une simple fleur sauvage. Mais on espère pouvoir en faire pousser dans son prochain jardin, car on serait triste de ne plus voir chaque année, ce gentil coquelicot qui nous rappelle nos rêves et nos projets.

"Sois comme la fleur, épanouis-toi librement et laisse les abeilles dévaliser ton coeur" [Râmakrishna]

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22 mai 2010

Quelques mots...

"Une pièce sans livres, c'est comme un corps sans âme."

[Cicéron]

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19 mai 2010

Enfin... je dis que les boîtes...

15_Les_bo_tes... ont déjà commencé à s'accumuler. Alors, je me dis qu'il faudrait peut-être que j'explique un peu comme ça... histoire de clarifier mes idées et donner quelques nouvelles, au détour, d'un post.

Aujourd'hui, cela fait exactement 6 ans et 4 mois que je suis arrivée à Barcelone. En 2008, je radotais sur le départ, l'arrivée et la suite... enfin sur toutes les raisons et les moments premiers. Puis l'année suivante, je soulignais ces 5 ans si importants. Nous avions décidé que cette aventure devait durer un minimum de 5 ans. Et voilà que ces années étaient réalisées. Déjà, on commençait à se questionner. Mais, en fait, on avait des réflexions et des interrogations depuis un moment déjà... il y a des traces de ces questionnements ici et là sur ce blog.

Et puis, cette année, j'ai parlé de mes 6 ans dans cette ville. Je me rappelais ces 6 dernières années avec une image de coucher de soleil. Car déjà, nous commencions à former notre décision. Un départ... Ce qui ne veut pas dire que nous n'avons pas encore des doutes et des inquiétudes. Mais nous sommes heureux de notre décision.

Donc, nous allons quitter Barcelone, l'Espagne pour retourner de l'autre côté de l'Atlantique. Bizarrement, nous ne considérons pas ce déménagement comme un "retour au Québec", mais comme un déménagement au Québec. Car, nous avons vaguement l'impression de partir pour un endroit qu'on connait, oui, mais qui n'est plus le même.

J'ai tant d'émotions qui se bousculent dans ma tête que je ne sais pas trop que dire... Nous avions une foule de raisons pour venir vivre ici... et nous avons une foule de raisons pour partir. J'y reviendrai... petit à petit... pour expliquer un peu, pour me permettre de me rappeler.

Pour l'instant, nous sommes un peu encore dans un brouillard. Nous savons que le 30 juillet, nous prenons un vol aller-simple vers Montréal... mais nous avons de la difficulté à vraiment le réaliser. Et ce, malgré les listes de choses à faire qui s'allongent sans arrêt... et les boîtes qui commencent déjà à s'accumuler. Il y a tant de choses à préparer. Ici et là-bas. Et parmi les préparatifs, tant de choses à faire : mon père à voir le plus souvent possible, la famille et les amis à visiter, les endroits à voir et à revoir. Et surtout, prendre le temps de profiter un peu de ces dernières semaines à Barcelone.

Je le répète, le temps file... et quand le temps s'écoule trop rapidement, j'ai peur de le perdre alors, je ralentis... souvent trop... Et j'ai alors peur de ne plus avoir le temps de tout faire ce qu'il y a à faire et de tout faire que je veux faire.

Aujourd'hui, je dois annuler quelques abonnements, demain, appeler pour le dédouanement, après-demain, faire quelques boîtes... et dimanche, peut-être un petit tour à la plage, histoire de respirer un peu ce printemps qui est finalement arrivée à Barcelone !

Et bien sûr... quelques petits textes ici et là...

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16 mai 2010

Le moment captif d'un dimanche : promenade

10_05_16"Le samedi, le temps ralenti, avant de s'arrêter tout à fait le dimanche" [Geneviève Brisac]

Le dimanche est différent. Il semble solitaire dans la semaine. Bizarrement, il semble se distancier des autres jours.

Le dimanche, on sait que le lendemain on doit retourner au travail. On a donc l'impression que cette journée est précieuse et unique. Qu'il faut en profiter et traiter la journée différemment du samedi.

On ne peut simplement faire comme si c'était un jour ordinaire. On doit ralentir. On doit regarder les minutes qui passent et savoir profiter de ce temps. Si on ne s'arrête pas de temps en temps, ces minutes passent trop vite. Le dimanche doit nous permettre de marcher tranquillement. De regarder le soleil... ou la pluie... Il faut écouter le silence... ou le tintamarre qui bruisse dans les rues ou sur le bord de la mer.

Je marche tranquillement sur la promenade. Il n'y a pas encore trop de monde. Il y en aura beaucoup trop dans quelques semaines. Les dimanches ici sont trop bruyants. Et ironiquement trop tranquilles. Je ne sais pas ce que les dimanches devraient être. Un mélange de paresse et d'activités... Je veux aimer mes dimanches. Les protéger du reste de la semaine. Mais je ne veux pas les perdre à les regarder passer sans rien faire... Je crois que je dis n'importe quoi... je divague un peu... je peux bien me le permettre... c'est dimanche après tout !

"Le dimanche, c'est un jour autre. Même le soleil est différent." [Yves Montant]

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15 mai 2010

Des jours et des années

DSC_1908cIl y a des gens qui me disent que je ne suis pas très romantique. C'est vrai, je l'avoue.

Je ne suis pas du genre à pleurer pendant la scène d'amour déchirante. Je ne suis pas du genre à souligner la Saint-Valentin. Je ne suis pas du genre à vouloir qu'on me donne des fleurs et je ne suis pas du genre à me promener main dans la main avec mon PisTout.

Non, c'est vrai. Je ne suis pas romantique. On me dit même que je suis anti-romantique. On m'a même dit que j'étais à la limite de la platitude quand vient le temps de s'émotionner devant les scènes larmoyantes et attendrissantes. Je reste souvent de marbre ou même je ris aux éclats devant des scènes où mes amies versent une larme. (Je crois n'avoir jamais autant ri que pendant le film Legend of the Fall et j'ai pleuré quand j'ai vu qu'on avait ajouté l'histoire d'amour à Lord of the Rings... car j'avais trouvé cette partie des annexes très ennuyante !).

Ce qui ne veut pas dire que je suis sans émotions ou que je suis incapable de m'attendrir. Oui, j'ai des émotions. Mais oui, je l'avoue, je ne suis pas la romantique classique. Et je l'assume !

Mais quand je pense aux 18 dernières années avec on PisTout, je soupire. Je pense aux premiers moments. Je pense aux moments à venir. Je pense aux bons moments, mais je pense aussi aux autres moments... car tous les moments sont importants et font que nos 18 années ensemble sont uniques. Oh... notre relation n'est pas extraordinaire... mais elle est magique à mes yeux. On se questionne parfois et on parle sans arrêt... parfois on est silencieux et parfois on crie. On rit beaucoup. Et on se taquine... on s'agace aussi et on se supporte parfois avec difficulté... Mais on se supporte aussi tous les jours et on se comprend. Et on rit... beaucoup !

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14 mai 2010

Et on se sauve sur les routes espagnoles

Oui, je l'ai dit. Le temps passe trop vite. Oh, je sais que j'ai des nouvelles à donner. Et je tarde à donner des détails. Tout se dessine si vite. Et il y a tant à faire. Des listes ont été faites. Et elles s'allongent tous les jours. "Les choses à faire en Espagne"... "Les choses à faire.... au voyageQuébec".

Ce n'est pas plus facile dans un sens que dans un autre. Et le temps file... il s'échappe. Malgré les doutes, nous sommes confiants et heureux de notre décision. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas un millier de moments, d'endroits, de babioles, ... qui vont nous manquer.


Et donc, malgré le temps qui s'envole, il y a aussi beaucoup de choses que nous voulons faire avant de partir. Des promenades à faire dans Barcelone, des endroits à revoir... ce restaurant que nous aimons tant, ce quartier que nous avons tant fréquenté, ce musée dont je ne me lasse pas... Des gens à voir et revoir... mon père dont je ne veux me séparer, la famille qui nous a si bien accueilli, les amis qui font maintenant partis de nos vies... Des moments pour profiter de notre logis et de notre terrasse... les barbecues sur la terrasse, les plantes et fleurs à prendre soin pour encore quelques mois, les escargots à amener au parc...


Et bien sûr... il y a des endroits que l'on veut voir ou revoir... dans quelques mois, ces petits voyages seront différents. Je sais que nous reviendrons en Espagne -et nous reviendrons souvent, voir mon père, voir la famille et les amis. Mais, même si nous savons que nous reviendrons souvent à Barcelone et en Catalogne, je ne crois pas que nous nous promènerons encore beaucoup en Espagne.


Et donc, pour ce week-end que nous soulignons
chaque année... nous avons planifié un petit voyage à travers l'Espagne... histoire de voir quelques petites villes que nous n'avons pas encore vu ! Découvrir des villages que nous ne connaissons pas. Explorer des chemins nouveaux. Alors, nous partons dans quelques heures, direction Tortosa, puis Valencia, et puis Cuenca... et puis quelques villages... et Toledo... un petit voyage en auto comme nous aimons tant... et un retour en avion par Madrid. Madrid que nous ne verrons pas cette fois-ci. Nous lui avons fait nos aurevoirs en janvier dernier !!!

Encore quelques petits voyages de prévu en Europe... puis ce seront des voyages vers d'autres horizons !

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12 mai 2010

Dans ma tête, je m'imagine...

Dans ma tête, je m'imagine...
des heures qui s'écoulent trop vite...


Horloge

Mais où il va le temps ?

Il est bien trop pressé, dis donc.

Ne pourrait-il pas nous attendre un brin,

histoire que l’on fasse

tout ce que l’on a à faire.

 

Tic Toc Tic Tac...

Les heures filent et défilent.

Elles nous ignorent les friponnes.

Elles vont et elles viennent à leur guise,

sans considérer nos demandes,

nos besoins en temps supplémentaire.

 

Tic Tac Tic Tac,

Tac Tac Tac...

Et bien, il nous faudra cesser

de courir après ce temps indifférent

et vivre avec les heures telles

qu’elles se présentent…

lentes quand ça leur tente

et pressées quand ça leur va

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11 mai 2010

La passion du livre au Moyen Age - II

La passion du livre au Moyen Age / Sophie Cassagnes-Brouquet. -- [Rennes] : Éditions Ouest-France, 2003. -- 126 p. :livreMA ill. en coul. ; 27 cm. -- ISBN 2-7373-3018.1. -- (Coll. Histoire)
 
Comprend une bibliographie et un glossaire.


Résumé

Les livres au Moyen Age occupent une place importante et privilégiée dans la société. Ils sont omniprésents dans la vie religieuse, et petit à petit, ils envahissent la vie laïque.

C'est une histoire du livre au Moyen Age que l'auteur a voulu faire connaître à un public de non initié. Elle nous présente d'abord, en première partie, les conditions de production du livre: le travail des scribes et enlumineurs ainsi que les lieux de production. Le livre est ensuite introduit. Elle nous parle du prix de ces ouvrages précieux, des premières bibliothèques, des collectionneurs et des bibliophiles. La troisième partie, nous parle de l'utilisation des livres, des lecteurs et de la lecture. La dernière partie revient sur le travail de l'enlumineur. Les livres du Moyen Age sont en effet, non seulement un texte, mais une oeuvre d'art complète renfermant des images et des peintures fabuleuses.

Les livres produits au Moyen Age font partie du patrimoine culturel et artistique de notre société. Trop souvent cependant, ces oeuvres sont protégées et cachées dans les musées et les bibliothèques. L'auteur a voulu nous faire connaître ce patrimoine méconnu.

Commentaires personnels

J'ai une passion des livres. On s'en doute ! J'ai une passion des livres, autant pour leur contenu que pour le contenant. J'aime l'objet. Au complet. Et j'aime le Moyen Age. Comme je l'ai déjà dit sur ce carnet, j'ai étudié la littérature et en particulier la littérature médiévale. Cet ouvrage était donc pour moi !

L'auteur, spécialiste du Moyen Age et de l'art médiéval, nous propose un texte complet mais accessible sur le livre au Moyen Age. Le livre s'adresse à un grand public, mais l'auteur ne simplifie pas à l'extrême son propos. L'ouvrage nous présente plusieurs aspects du livre à cet époque. On nous présente les méthodes de fabrication des livres, de leurs prix et valeurs, les endroits où sont conservés les ouvrages, les différentes bibliothèques de l'époque. On nous parle ensuite de l'utilisation des livres qui varie selon les lecteurs et des différentes façons de lire.

DSC_5180Les différents types de livres sont brièvement présentés. L'auteur s'attarde très peu sur les formes et genres du livre. Elle nous présente plutôt l'aspect artistique des livres au Moyen Age. Une grande partie de l'ouvrage aborde l'enluminure. On nous parle des artistes, les enlumineurs, qui décorent les livres. Les façons de travailler, les peintures utilisées et les outils sont décrits. On nous parle aussi des liens entre le texte et les illustrations, des libertés artisitiques que les enlumineurs prenaient parfois et de l'iconographie utilisée.

L'ouvrage de Sophie Cassagnes-Brouquet est surtout axé sur le côté artistique. Il ne faut donc pas consulter l'ouvrage pour connaître la littérature au Moyen Age. J'aurais personnellement aimé un peu plus d'information sur les types de littératures, mais ce n'est de toute évidence pas le but poursuivi par l'auteur. Le livre nous parle principalement du livre en tant qu'objet et de l'utilisation que l'on en fait à cet époque. On peut également voir les transformations du livre au cours de cette longue période qu'est le Moyen Age : les méthodes de création, les façons de l'aborder et de le conserver, la valeur et les prix du livre, les formes de lectures et les différents types de lecteurs. Et surtout les façons d'illustrer les textes.

Le livre est abondamment illustré et on nous présente des livres et des pages d'ouvrages provenant de bibliothèques de toute la France. On découvre ainsi des livres et des enluminures magnifiques et que l'on ne peut pour ainsi dire jamais voir. L'ouvrage de Cassagnes-Brouquet veut nous faire découvrir les trésors qui se cachent dans les bibliothèques.

Je tiens cependant à souligner un irritant qui concerne, je suppose, la maison d'édition, plus que l'ouvrage ou l'auteur. Ce livre me semblait une bonne approche du livre au Moyen Age et de l'enluminure. Il remplit bien son rôle d'introduction et les images complètent de façon magnifique le texte de Sophie Cassagnes-Brouquet. Cette édition coûte 15€, ce qui me semble normal pour un livre de ce genre : format, papier glacé, abondantes illustrations en couleur... Quelques temps plus tard, je vois un autre livre sur le "livre au Moyen Age". Petit livre poche, sans illustration à 6€. Le titre est différent : "Le Livre au Moyen Age" et le quatrième de couverture aussi. Je ne remarque pas le nom de l'auteur. Et bien, c'est exactement le même livre. Mot pour mot. Et sans illustrations. Il est moins dispendieux, il est vrai. Mais un livre traitant principalement de l'enluminure sans images illustrant le propos, me semble bien triste. Et pourquoi mettre un autre titre? J'ai cru à un autre texte... et je me retrouve avec une version moins intéressante du même livre. Évidemment, c'est ma faute pour ne pas avoir reconnu le nom de l'auteur... mais quand même !!!

Enfin... le texte de Sophie Cassagnes-Brouquet est intéressant, facile à lire et l'édition illustrée est tout simplement fascinante et magnifique ! Pour découvrir des manuscrits pratiquement inaccesibles et pour connaître un peu les façons de lire et d'aborder le livre au Moyen Age, c'est un excellent ouvrage !

Premier article : La passion du livre au Moyen Age - I

ExtraitsDSC_5178

"Les bibliothèques des laïcs conservent également quelques manuscrits profanes, destinés au plaisir et au désir d'évasion de leurs lecteurs. Ces ouvrages sont écrits en langue ulgaire. Ces livres sont souvent plus précieux et plus rares que les manuscrits de dévotion et ne sont accessibles qu'aux plus riches membres de l'aristocratie. [...] Ces manuscrits sont souvent somptueusement décorés par des peintures qui allient l'anachronisme à une élégance courtoise." p. 76

"La distance qui nous sépare de leur création [les livres], leur conservation miraculeuse en font des objets presque sacrés que les bibliothèques ou les collectionneurs privés conservent jalousement. De temps en temps, de trop rares expositions dévoilent à un public ébloui la richesse de ce patrimoine." p. 125

Sources

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10 mai 2010

La passion du livre au Moyen Age - I

livreMALa passion du livre au Moyen Age / Sophie Cassagnes-Brouquet. -- [Rennes] : Éditions Ouest-France, 2003. -- 126 p. : ill. en coul. ; 27 cm. -- ISBN 2-7373-3018.1. -- (Coll. Histoire)

Comprend une bibliographie et un glossaire.

Quatrième de couverture

Depuis le Moyen Age, l'histoire du livre est indissociable de celle de notre civilisation occidentale. La passion du livre est bien un trait caractéristique du Moyen Age, un legs que cette période a transmis parmi tant d'autres à notre civilisation occidentale. Les bibliothèques européennes renferment ainsi une grande part de notre patrimoine culturel et artistique, trop souvent méconnu.
C'est cette relation passionnelle que les hommes et les femmes du Moyen Age on entretenue avec le livre que cet ouvrage souhaite éclairer. La production de cet objet rare et précieux est due au travail lent et laborieux des scribes et au talents des enlumineurs. Les lecteurs et leur façon de lire nous introduisent dans le monde varié des livres du Moyen Age. Les livres ne sont pas seulement un texte mais aussi un fabuleux répertoire d'images. S'il en a les moyens, le commanditaire d'un manuscrit n'hésite pas à faire appel à un enlumineur pour décorer son livre. Les plus grands artistes participent au décor des manuscrits, la peinture est dans les livres.
La diversité des images, leur richesse et leur fantaisie qu'un lecteur contemporain découvre en parcourant les manuscrits du Moyen Age, ce monde de couleurs inaltérées, toujours aussi chatoyantes que ni le temps ni l'usure n'ont pu ternir, sont autant d'éléments qui permettent d'expliquer la fascination qu'exercent encore sur nous les manuscrits du Moyen Age.

L'auteur

Sophie Cassagnes-Brouquet est née à Chatou en 1957. Elle fait des études à l'Université de Toulouse et est agrégée d'histoirelivreMA1 en 1981. Elle possède un doctorat en histoire médiévale (thèse sur la violence des étudiants à Toulouse à la fin du Moyen Age qu'elle fit sous la direction de Jacques Le Goff) ainsi qu'un doctorat en histoire de l'art médiéval. Elle est d'abord conservateur des Antiquités et des Objets d'Art en Corrèze. Elle est ensuite professeur agrégé de l'enseignement du seconde degré à l'Université de Dijon-Bourgogne de 1991 à 1997. Puis, elle sera Maître de conférences à l'Université de Rennes II jusqu'en 2002. Elle est professeur d'histoire médiévale à l'Université de Limoges en 2002. Elle enseigne aujourd'hui l'histoire médiévale à l'Université de Toulouse II le Mirail et fait partie de plusieurs groupes et sociétés historiques.

Elle se consacre à la recherche sur l'histoire du Moyen Age et est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur le sujet autant pour les chercheurs que pour le grand public, tels que La passion du livre au Moyen Age, Les métiers au Moyen Age, La vie des femmes au Moyen Age, etc. Ses recherches portent sur de nombreux aspects de la vie au Moyen Age, principalement sur la ville à la fin du Moyen Age, et sur l'art et la culture.

Ses recherches récentes portent sur les arts, l'iconographie, l'artisanat et les artistes aux Moyen Age, spécialement les métiers artistiques. Elle écrit également des romans. Elle publie son premier roman, L'anonyme d'Avignon en 1992.

Bibliographie partielle

  • Les Vierges noires. Regards et fascination (1990)
  • Marien en Limousin (1991)
  • L'anonyme d'Avignon (roman) (1992)
  • Les anges & les démons (1993)
  • Les couleurs de la norme et de la déviance (1993)
  • Les feux barbares (roman) (1995)
  • L'Àge d'or de la forêt (1995)
  • Culture, artistes et société dans la France médiévale (1998)
  • Histoire de l'Angleterre médiévale (2000)
  • D'art et d'argent: les artistes et leur clients dans l'Europe du Nord, XIIIe-XVe siècle (2001)
  • La passion du livre au Moyen Age (2003)
  • L'image du monde: trésors des enluminures de la Bibliothèque de Rennes (2003)
  • Un mystère à Brocéliande (roman) (2004)
  • La vie quotidienne au Moyen Age (2004)
  • Vivre en ville au Moyen Age (2005)
  • Sur les pas des papes d'Avignon (2005)
  • Les Romans de la Tables ronde: premières images de l'univers arthurien: un trésor enluminé de la bibliothèque de Rennes (2005)
  • L'art en famille: les millieux artistiques à Londres à la fin du Moyen Age (2005)
  • Le château fort (2005)
  • Le manuscrit de Compostelle (roman) (2006)
  • Louis XI ou le mécénat bien tempéré (2007)
  • L'alchimiste errant (roman) (2007)
  • Poètes et artistes : la figure du créateur en Europe au Moyen Age et à la Renaissance (2007)
  • Un manuscrit d'Anne de Bretagne (2007)
  • Les métiers au Moyen Age (2008)
  • Meurtres à la cour de Richard III (2008)
  • La vie des femmes au Moyen Age (2009)

Résumé et commentaires personnels à suivre...

Extraits

"Une vision excessive a longtemps persisté à propos de "temps obscurs" où la culture était réservée à quelques moines, cloîtrés dans leurs abbayes. Une grande masse d'illétrés, nobles et paysans, aurait été dénuée de tout savoir, tenue à l'écart des connaissances les plus élémentaires. C'est une interprétation assez erronée. Elle omet un fait majeur, celui de la lecture orale et collective" p.49

"À l'époque où les écoles fleurissent à PAris, les laïcs, en particulier les aristocrates, abandonnent l'oralité pour la lecture silencieuse de livres religieux et profanes. La lecture se répand dans la noblesse aussi bien chez les hommes que chez les femmes." p.60

Sources

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