27 juin 2011

Il y a dix jours, il y a 9 ans et 10 jours...

Le 17 juin, j'ai décidé de ne pas y penser. Pourtant, habituellement, je mets toujours un petit mot. Il y a 9 ans, tu es partie. OldPics00069 ans et 10 jours en fait. Car c'était un 17 juin, et le 17 juin, c'était il y a 10 jours.

C'est que parfois, j'ai l'impression que je t'en veux. Je t'en veux de n'être plus là. Et je t'en veux d'avoir abandonné. Et aujourd'hui, je ne peux te dire que tu m'énerves ou que je t'aime. Je ne peux pas te cacher mes émotions. Je ne peux pas faire semblant que tout va bien. Je ne peux venir te voir et juste discuter de tout et de rien. Je ne peux pas me dire que je ne peux pas te dire mes peines parce que je ne veux pas t'énerver avec mes tracas quotidiens. Et je ne peux pas me dire que j'aimerais bien te raconter mais que ce sera pour une autre fois parce qu'aujourd'hui je ne veux te dire que des banalités qui te feront sourire.

Je regarde des photos et j'ai l'impression que je t'oublie. Alors je mets des photos alors que tu étais jeune... avant que je n'existe.

Je te vois sourire et je ne me souviens pas de toi. J'efface ces moments où tu étais toute petite dans ton lit d'hôpital et j'oublie ton visage fatiguée. Je vois ce visage que je ne connais pas et je me souviens de toi.

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26 juin 2011

Le moment captif du dimanche : apprivoiser son renard

11-06-26"Il n'est pas d'homme sage qui ne commette parfois une sottise, ni de sot qui ne fasse aucun acte sensé" [Roman de Renart]

C'est parfois enrageant. On a l'impression qu'on change, qu'on évolue... qu'on corrige ses plus grand défauts. Que l'on vieillit, que l'on grandit. Mais non. On a beau rider et faire des cheveux blancs, on continue à faire des bêtises.

Et on se dit qu'on est bien idiot. De refaire encore et encore les mêmes sottises. C'est naturel. Et on est idiot de croire que l'on peut tout changer. On a beau chasser notre naturel, il revient toujours le salaud ! Et au galop en plus !

Et si nos bêtises étaient essentielles ? Il s'agit de les apprivoiser et de les comprendre. Connaître nos sottises et les promener. Trotter avec nos âneries et espérer qu'elles demeurent banales.

Et j'observe le renard trotter avec sa proie et j'observe mes sottises courir. Et je me dis que je serais bien sotte de ne pas les accepter. Reste maintenant à essayer de ne pas trop les répéter... On peut bien espérer, non ?

"Le renard change de poil mais non pas de naturel" [Proverbe français]

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24 juin 2011

Bon... et c'est la Saint-Jean !

Et ici... on ne parle plus beaucoup des bouquets, des feux, de la lumière et de l'ombre... ici, pas besoin de se cacher des drapcpétards et du bruit...

Ici... c'est émotionnel... et national...

"Il me reste un pays à te dire
Il me reste un pays à nommer
.
Il est au tréfonds de toi
N'a ni président ni roi
Il ressemble au pays même
Que je cherche au coeur de moi
Voilà le pays que j'aime..."

Bonne Saint-Jean !!! qu'elle soit québécoise, française, catalane, portugaise, ou peu importe l'endroit et la tradition... Bonne fête ! :D

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23 juin 2011

Dans ma tête, je m'imagine...

 Dans ma tête, je m'imagine...
des portes qui se révèlent, s’étirent, s’ouvrent…

Portes

De regarder les portes, on les voit fermer
De contempler les portes, on oublie qu'elles s'ouvrent
Les portes fermées rassurent
étrangement les incertitudes
qu'apportent les portes ouvertes

Mais on ne peut obliger
les portes à rester fermées
Elles vivent d'aventures et d'éternité
Elles aiment la vie
et se placent sur notre chemin

Elle rigolent de nous voir hésiter
"Entre, entre", nous disent-elles
"N'aie pas peur d'entrer"
"Tu verras, de l'autre côté,
c'est différent et étranger
mais rempli de livres, d'histoires et de vie...

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21 juin 2011

Les plantes, les hommes et les dieux - Michèle Bilimoff

Plantes1Les plantes, les hommes et les dieux : enquête sur les plantes messagères / Michèle Bilimoff. -- [Rennes] : Éditions Ouest-France, [c2006]. -- 126 p. : ill. en coul. ; 26 cm. -- ISBN 2-7373-3657-0. -- Comprend une bibliogr. et un index.

Quatrième de couverture

Sorties de l'eau primordiale, les plantes ont peu à peu donné naissance à la vie sur terre. Elles étaient là depuis des millénaires lorsque l'homme y est arrivé.

Tout au long de cette nouvelle enquête, l'auteur a pu constater combien, depuis la nuit des temps, les humains avaient compris l'impotrtance vitale, essentielle et mystérieuse de la végétation. Dans toutes les religions du monde, au fil des siècles, les plantes ont symbolisé concrètement les forces inconnues, inquiétantes ou bénéfiques du Cosmos. Arbres, fleurs, fruit et même légumes- ont été investis de rôles essentiels: messagers auprès des dieux, lieu idéal pour leur donner naissance, dons capables d'attirer leur bienveillance…

Si les religions monothéistes ont remplacé les multiples dieux païens, les croyances dans les forces de la nature ont subsisté. Elles sont toujours là, au fond de nous, et de nombreuses preuves en sont apportées dans ce livre. Pourtant, la recherche accrue de l' " utilisable " estompe peu à peu le respect que nous devons à la végétation, malgré les risques pour sa survie… qui conditionnne la nôtre! Le souvenir de l'impotrtance vitale de cette végétation, si fortement perçue et vénérée par nos ancêtres, joint aux avertissements des experts et des défenseurs de la nature, doit tous nous inciter à la protéger!

L'auteur

Michèle Biblimoff a fait des études à l'École du Louvre où elle a obtenu un diplôme. Elle a ensuite étudier en anglais, en archéologie et en histoire de l'art. Elle a d'abord travaillé au CNRS comme ingénieur de recherche en archéologie où elle a participé à des travaux sur l'orfèvrerie et l'art du métal. Mais sa passion pour les plantes l'a menée à écrire de nombreuses oeuvres sur le sujet.

Bibliographie partielle:

  • Dictionnaire des poinçons de fabriquants d'ouvrage d'or et d'argent de Paris et de la Seine, 1798-1838 (1991) avec Catherine Arminjon et James Beaupuis
  • L'art du métal: vocabulaire technique (1998) - avec Catherine Arminjon
  • Enquête sur les plantes magiques (2003)
  • Promenade dans des jardins disparus (2005)
  • Les plantes, les hommes et les dieux (2006)
  • Français, Américain, Russe?, ou, L'insolite destinée de Gleb, artiste et homme de guerre (2008) - avec Gleb Plaxine
  • Les remèdes au Moyen-Âge (2011)

Résumé et Commentaires personnels

Les arbres, les plantes et les fleurs ont, très tôt, fait partie des religions ; parfois comme symboles des dieux, souvent comme intermédiaires entre les dieux et les hommes. De nombreux récits, mythes et légendes nous racontent la naissance ou l'origine des plantes ou nous expliquent leurs rôles dans dans l'histoire ou nos vies.

Aujourd'hui, dans un monde moins empreint des religions anciennes, les mythologies et la symbolique des plantes sont moins connues. Les arbres, les fleurs et les plantes font toujours partis de nos vies, ils nous entourent et se retrouvent dans nos jardins, nos maisons et sur notre table. Mais les plantes ne semblent plus avoir la même importance religieuse et symbolique.

Michèle Bilimoff nous raconte donc l'histoire de ces plantes. Elle retrace l'origine des croyances concernant les arbres, les plantes, les fleurs, les fruits et les légumes. Elle nous présente d'abord les "origines". En nous parlant de la naissance des plantes, elle introduit l'homme sur une planète déjà envahie par la végétation. Les liens entre l'homme et la végétation sont nombreux et surtout vitaux. L'homme est dépendant de la végétation pour vivre et survivre. Il est donc normal que celui-ci lui donne des pouvoirs, parfois bénéfiques, parfois maléfiques ou inquiétants. Les plantes demeurent mystérieuses pour l'homme et sont liées aux forces de la nature qu'il ne comprend pas bien. Elles prennent un aspect mythique et deviennent donc soit des dieux ou des intermédiaires entre l'homme et les dieux.

Les plantes régissent la vie des hommes et leur culture, leur cueillette, leurs utilisations sont rapidement ritualisées et réglementées. Il faut craindre et vénérer certaines plantes : " "Gardez-vous de briser les branches d'un arbre, n'oubliez pas que leurs tiges peuvent contenir des corps divins", écrit Ovide dans Les Métamorphoses."p.9

L'auteur s'attarde donc, tout d'abord, à nous présenter le rapport qu'avaient différents peuples avec les plantes. Elle nous présente ensuite le lien entre l'eau et les plantes, et donc, nous présente l'importance des plantes aquatiques qui sont liées à la création et à la naissance. Le lotus est un parfait exemple, et elle nous présente la symbolique de cette plante en Inde, en Chine et en Égypte.

Les arbres sont évidemment rapidement investis de grands pouvoirs... arbres de vie, cosmiques, sacrés, mythiques. En plus de nous introduire au rôle majeur que prennent les arbres dans les religions du monde, l'auteur nous parle plus en détail des croyances, mythes, légendes et symboles de quelques arbres: le chêne, le hêtre, le bouleau, le tilleul, le laurier, le peuplier, le platane, les conifères, les arbres fruitiers (le pommier, l'olivier, la vigne, ...), etc. Certains fruits et racines sont aussi présentés : la grenade, la pêche, la mandragore, le ginseng, etc.

Après les arbres, les céréales sont évidemment très présentent dans les mythes et légendes: le blé, l'orge, le maïs, le riz... Ces céréales d'Europe, d'Amérique, d'Asie, sont intimement liées à la vie quotidienne des hommes et sont empreintes de pouvoirs de renaissance et de sacrifices. Le livre s'attarde ensuite aux différents légumes. Moins présents dans les mythes et légendes, certains légumes sont tout de même très importants : l'ail, l'oignon, les fêves, ...

Les fleurs, sauvages ou cultivées, sont particulièrement liées aux dieux. Elles se retrouvent dans de nombreux mythes, soit par leur création, leurs attributs, ou leur offrande. L'iris, le lis, les roses, la violette, la pivoine, etc. ont toutes une légende ou une histoire fabuleuse. Les parfums et leur symbolisme sont également présents dans l'ouvrage.

Finalement, l'auteur résume ce que tous ces mythes et croyances sur les plantes peuvent signifier et leurs évolutions avec le temps. Elle reprend certains mythes et en approfondis l'analyse. Et en conslusion, elle nous rappelle l'importance des plantes pour notre survie.

Abondamment illustré, l'ouvrage est magnifique et très agréable à lire. L'auteur est une passionnée des plantes et cela se sent à travers les textes. L'auteur a également tenté de vraiment parcourir les légendes et croyances sur les plantes à travers le monde, même si elle s'attarde beaucoup plus sur les peuples méditérranéens.

L'ouvrage ne présente pas toutes les plantes, mais se concentrent plutôt sur quelques unes. L'auteur a voulu nous faire découvrir les croyances concernant certaines plantes et l'importance de ces dernières dans la vie des hommes. Le but de l'ouvrage n'était pas de répertorier toutes les légendes concernant toutes les plantes. On pourra donc parfois déplorer le silence de l'auteur sur certaines fleurs ou arbres, ou encore, la brièveté de certains articles. Mais c'est un choix de l'auteur et cela évite que le livre ne devienne un "dictionnaire". Bien que l'auteur nous présente plusieurs plantes, elle a laissé une grande place à l'analyse des origines de ces légendes, et à leur importance dans les religions antiques.

Extraits

"La rose avait aussi été attribuée à Bacchus, peut-être parce qu'elle avait (comme le lierre) la réputation de calmer l'ivresse. Dans les banquets les convives se couronnaient donc parfois de roses." p 79

"Toutes ces tristes légendes sont cependant pleines d'espoir, montrant que la jeunesse et la beauté perdues peuvent donner naissance à d'autres formes de beauté, à une résurrection sous une autre apparence." p.83

Sources à consulter

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12 juin 2011

Le moment captif d'un dimanche : célestrer

11-06"Nous ressemblons tous à des eaux courantes... Nos années se poussent comme des flots : ils ne cessent de s'écouler." [Jacques-Bénigne Bossuer]

Que suivre ? Que faire ? Suivre le courant ? Le courant que l'on connait. Que l'on peut suivre les yeux fermés. Des efforts, oui, mais si peu. Un chemin connu. Un courant familier.

Ou alors, changer de direction. Avec les années qui coulent, le courant devient un questionnement. Suivre les années, c'est une obligation. Suivre le courant ?

Des choix étranges furent faits au cours des années. Des décisions qui ont étonnées les autres. La rivière fut souvent tortueuse. Souvent tulmutueuse. Mais petit à petit, le tortueux est devenu familier. L'étonnant est devenu usuel.

Et maintenant, je me questionne. Un questionnement personnel et professionnel... Suivre le courant apprivoisé ou en sortir et explorer d'autres berges, de nouveaux cours d'eau ?

"Souviens-toi qu'un poisson mort peut flotter en suivant le courant, mais seul un poisson vivant peut nager en le remontant" [W.C. Fields]

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09 juin 2011

Agonie de Jacques Brault - Expérience de lecture

Agonie : roman / Jacques Brault. -- [Montréal] : Boréal Express, 1985. -- 77 p. ; 20 cm. -- ISBN 2-89052-131-1DSC_1654

Expérience de lecture 

J'ai lu Agonie de Jacques Brault vers l'âge de 18-19 ans. Ou alors vers 21-22 ans. Je ne suis pas certaine. Et je dois avouer que je n'en gardais absolument aucun souvenir. Roman poétique très court... il était pourtant anoté de ma main. De longs passages sont soulignés et dux chiffres apparaissent un peu partout à côté de ces passages: 9 et 10. Et si je n'ai aucun souvenir de ma lecture, je ne me rappelle pas du tout de la signification de ces chiffres. J'avais lu Agonie dans le cadre d'un cours au cégep ou à l'Université... je n'en ai encore une fois aucune idée ! 

J'avais besoin d'un livre pour le train. Je savais que j'aurais à attendre un certain temps, donc je voulais un livre. Les livres en cours étaient lourds et voluminueux... pas de "poche" dans mes lectures en cours... Donc, je devais choisir autre chose. Je passe en revue ma PAL et évidemment rien de léger ne me tentait ! Je regarde alors ma PAL prise dans mes bibliothèques. Et je croise du regard Agonie. Je l'ai déjà lu, que je me dis... mais j'y reviens... Oui, je l'ai lu, mais il est minde, léger... Je le prend donc et lis le quatrième de couverture... Et je n'ai aucune idée de quoi traite ce roman ! C'est d'ailleurs un de mes crimes littéraires... d'oublier les mots. Je le prend donc rapidement et cours vers le train.

Je suis assise sur un banc sur le quai et j'ouvre le roman. Et dès les premières lignes, je tombe en amour avec les mots de l'auteur. Je fouille dans mon sac et je trouve un crayon... Les lignes et les annotations se multiplient. Chaque passage me semble important et émouvant. Le poème de Ungaretti m'ébranle et chaque vers repris comme titre des chapitres me semble troublant. Je fais un aller retour constant entre le poème et chacun des chapitres. 

La grisaille des hommes disparait à mes yeux sous la couleur de l'agonie de ses oiseaux. Paradoxalement. Et " Mourir, acte initial plutôt que terminal" résonna dans un "on commençait par où on croyait finir" (p.13).

Je fus possédée par la poésie du roman... "ainsi la beauté, toujours incarnée, toujours en désincarnation, se distinguait-elle du beau universel par son individuation, sa singularité et, selon l'expression chère aux scolastiques, son caractère ineffable en ce qu'elle échappait à toute définition". (p13-14)

Pourquoi diable n'avais-je aucun souvenir de cette première lecture ? J'ai la fâcheuse habitude d'oublier ce que je lis, même les oeuvres que j'aime... mais je ne comprenais pas comment j'avais pu oublier les mots de Brault. Ce professeur gris, ce narrateur terne étaient si vivants, si réels, si tristes et immortels... pourquoi avaient-ils fui ma mémoire ?

Peut-être n'était-ce pas le bon moment. Chaque livre qui croise notre vie ne le fait pas nécessairement au bon moment. Aujourd'hui, il ne disparaîtra plus de ma mémoire. Je vais me souvenir de chaque mot, chaque instant... du livre et de sa lecture.

Le train est arrivé à destination, et je n'avais pas tout à fait terminé ma lecture. J'ai dû attendre jusqu'au lendemain... très impatiemment, je dois avouer. J'ai refermé le livre avec un pincement au coeur... un vrai pincement... je ne parle pas de métaphore, mais de physique... Parce que les mots m'ont captivée et que j'ai lu, tristement, la dernière phrase. Et aussi parce que j'en veux légèrement à l'auteur de n'avoir pas fait commenté le titre du poème par le professeur...

"Perdu, orphelin, je suis à bout de souvenirs et de désolation. Je pouvais le haïr et l'aimer, le perdre et le retrouver, je pouvais me pendre à ses basques et me laisser tomber. Je pouvais..." (p.76)

 Voir aussi sur ce carnet:

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08 juin 2011

Quarante années durant, j'ai vu. Aujourd'hui je regarde... [Pierre Daninos]

DSC_1038Je regarde ces années qui ont passé. Je les ai à peine vues, il me semble. Si ce n'était des photos, je me demande si j'aurais vraiment vu ces années se balader sur mon corps. On se demande parfois ce qu'on a fait de sa vie et pourquoi on ne se rappelle que certains moments. Il faut dire que tout n'est pas mémorable ! Et on préfère oublier certaines choses, non? Mais il faut prendre le temps, de temps en temps, de regarder le temps qui passe. Oh, j'ai l'impression de babiller et de ne pas dire grand chose, finalement.

"C'est effrayant, tout ce qu'on a envie de dire quand on atteint quarante ans" nous dit Jean-Paul Fugère. Et est-ce que ça intéresse vraiment tous mes blablas ? Peut-être, peut-être pas... mais il est vrai que je placotte plus qu'avant. Il me semble que j'ai toujours quelque chose à dire sur tout... mais je sais me taire. Il faut parfois aussi savoir ne pas dire. Un équilibre qui est plus facile aujourd'hui qu'avant.

Parce que enfin, comme le souligne Benjamin Franklin: "À vingt ans, la volonté est reine ; à trente ans, c'est l'esprit ; à quarante ans, le jugement."

Donc, il faut savoir quand discourir et quand se taire, quand courir et quand se reposer, quand crier et quand chuchotter... Mais est-ce que j'ai vraiment plus de jugement aujourd'hui que hier ? Des stupidités, j'en dis encore, il me semble, des idioties, j'en fais encore, j'en suis certaine.

Il me faut réfléchir à tout ça... car "Quarante ans, c'est l'âge amoureux des choses secrètes, silencieuses et intenses. L'âge intérieur, le goût de se replier...". C'est Michèle Mailhot qui le dit. Et examiner les moindres recoins des choses, ça me connait. Décortiquer les si et les peut-être, les pourquoi et les comment...  analyser chaque geste, chaque réplique, chaque événement de ma vie, de celle des autres, et du monde entier...

Mais quarante ans, c'est aussi le temps de fêter... après tout, ça n'arrive qu'une fois dans sa vie. Et donc tout ceci pour dire qu'aujourd'hui, j'ai quarante ans et j'en parle peut-être un tantinet trop ! Mais je l'accueille avec joie ce quarante ans, contrairement à ce que tout le monde croit. J'ai beau leur dire que cela ne me dérange pas du tout, on s'obstine à me dire que cela devrait me faire paniquer. Mais j'y ais réfléchit et je peux dire avec honnêteté que 40 ans, c'est joli comme tout !

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07 juin 2011

Agonie de Jacques Brault - Commentaires (très) personnels

DSC_1654Agonie : roman / Jacques Brault. -- [Montréal] : Boréal Express, 1985. -- 77 p. ; 20 cm. -- ISBN 2-89052-131-1

Quatrième de couverture

Un viel homme abandonne, sur le banc de parc où il repose immobile, un pauvre carnet rempli de notes et de souvenirs ; un autre homme, plus jeune, le ramasse et l'emporte chez lui pour le lire. Sa lecture va durer toute la nuit. Une nuit qui est la couleur même de la vie du vieil homme. Cette vie, sous les yeux de son lecteur indiscret, peu à peu prend forme, laisse voir son sillage de douleur et de tendresse mêlées, sa ligne simple comme celle de la mort fuie, incontournable, enfin acceptée.

Dans une langue sobre et juste, vibrante d'émotion, ce récit nous touche dans Jaime_la_plumeQce que nous avons de plus intime: cette agonie qui, nous le savons, se poursuit lentement en nous, dans la suite de nos joies et de nos peines, et qui nous entraîne doucement vers l'acceptation de ce que nous sommes.

 

Poème:

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Commentaires (très) personnels

Un poème ouvre le livre. Agonie de Ungaretti marque le texte dès la première page. Le texte de Brault passe ensuite de la poésie à la prose. La poésie martelant la prose et structurant le récit. Chacun des vers est repris en début de chapitre. Il titre chaque chapitre. Et devient en quelque sorte le thème de ce chapitre. Faisant partie de la trame narrative, chaque vers est non seulement le titre et le thème du chapitre mais est "expliqué" par un des personnages.

Deux personnages. Un professeur inintéressant, fade et gris. Un étudiant, non intéressé, banal et incolore. Le premier semble effacé et sans vie, l'autre est arrogant et insipide. Le deuxième juge le premier. Mais le deuxième finit par être avalé par son obsession pour le premier. Un intérêt démesuré pour une vie qu'il juge morne et ratée.

Suite à une rencontre forfuite, l'ancien étudiant vole le carnet de notes de son ancien professeur - qui, nous laisse-t-on entendre, est maintenant un clochard. La lecture de ce carnet est l'occasion de nous ramener dans ces cours qu'il avait suivi pour passer le temps et s'assurer une bonne note. Le professeur est la risée des étudiants... un raté, un homme insignifiant.

Mais la lecture du carnet, ramène des souvenirs de ces cours, de cet homme gris. Et l'ancien étudiant apprend à connaître le professeur, à connaître cette vie terne, mais surprenante... et finit par devenir le professeur. 

La prose est poétique mais franche et directe. Les temps du roman se croisent et se recroisent et nous laissent contamment dans le doute... nous parle-t-on de hier ou d'aujourd'hui ? Ou de demain ? Le texte passe du carnet de note au poème du début qui continue à être le pivot central, le moteur du roman. Pendant une nuit, l'ancien étudiant devenu homme va lire le carnet et comprendre la finalité de l'ancien professeur et finalement sa propre finalité... et comme les oiseaux du poème comprendre la mort.

Le roman raconte la vie du professeur. Mais le roman raconte aussi la lecture de cette vie. Et l'interprétation et analyse de cette vie vue par les yeux d'un homme qui est devenu ce qu'il redoutait tant :  ce professeur même. Deux temps, deux hommes. Mais les flottements entre ces deux vies nous laissent entendre une même vie, une même mort. Le narrateur, le professeur... l'auteur... La poétique permet de vivre ce questionnement de temps, de voix, de vie. On sent nettement, un soupir devant ces vies grises et jugées médiocres, mais on sent également un cri pour rétablir la légitimité de ces vies. La beauté de ces vies. Une lutte pour la vie.

Jacques Brault est poète. Il écrit surtout de la poésie. Ce roman est donc définitivement une prose poétique. Les phrases se confondent aux vers. Et un poème guide la prose. Cela aurait pu être trop "délicat" ou "aérien". Mais Brault réussit à ancrer ses mots dans le réel. Dans un quotidien, dans des gestes ordinaires et familiers. La poésie est concrète et le lyrisme est prosaïque.

L'avis de Gallo sur le Club des Rats de biblio-net.

Lire aussi sur ce blog:

Extraits

"Le  monde n'a pas bougé depuis cent mille ans. Les humains glissent sur les choses comme un soupir de dieu endormi. Le temps a des allures de libellule sur une fleur." p. 19

"Et puis, le carnet en témoigne. Il n'a pas changé ; il est devenu ce qu'il était. Il comprendra. Il me dira peut-être ce que sous-entend le carnet. Il me dépouillera. Il  me réhabillera. Je vivrai. Il est mort. Il devinait qu'il allait mourir." p.23

Sources à consulter

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06 juin 2011

Agonie de Jacques Brault - L'auteur

 DSC_1654Agonie : roman / Jacques Brault. -- [Montréal] : Boréal Express, 1985. -- 77 p. ; 20 cm. -- ISBN 2-89052-131-1

Quatrième de couverture

Un viel homme abandonne, sur le banc de parc où il repose immobile, un pauvre carnet rempli de notes et de souvenirs ; un autre homme, plus jeune, le ramasse et l'emporte chez lui pour le lire. Sa lecture va durer toute la nuit. Une nuit qui est la couleur même de la vie du vieil homme. Cette vie, sous les yeux de son lecteur indiscret, peu à peu prend forme, laisse voir son sillage de douleur et de tendresse mêlées, sa ligne simple comme celle de la mort fuie, incontournable, enfin acceptée.

Dans une langue sobre et juste, vibrante d'émotion, ce récit nous touche dans Jaime_la_plumeQce que nous avons de plus intime: cette agonie qui, nous le savons, se poursuit lentement en nous, dans la suite de nos joies et de nos peines, et qui nous entraîne doucement vers l'acceptation de ce que nous sommes.

L'auteur

Jacques Brault est né un 29 mars de 1933 à Montréal au Québec. Il étudia d'abord au Collège Sainte-Marie à Montréal. Puis JBil fit des études universitaires, à l'Université de Montréal ainsi qu'à la Sorbonne de Paris.

Il enseigna à l'Université de Montréal en Études médiévales et en Études françaises de 1960 à 1996. On a pu l'entendre, à partir de 1970, à plusieurs reprises dans diverses émissions culturelle à Radio-Canada. Il écrit surtout de la poésie mais également de nombreux essais, études et ouvrages critiques. Ses textes sont traduits en plusieurs langues et l'auteur a reçu de nombreux prix et distinctions, dont le prix du Gouverneur général du Canada en 1985 pour son premier récit, Agonie.

Bibliographie partielle

  • Trinôme (collaboration) (1957) - Poésie
  • La poésie et nous (collaboration) (1958) - Essai
  • Nouvelles (collaboration) (1963)
  • Mémoires (1965) - Poésie
  • Entre Mars et Vénus (1965) - Poésie
  • Miron le magnifique (1966) - Essai
  • Alain Grandbois (1968) - Essai
  • Suite fraternelle (1969) - Poésie
  • La Poésie ce matin (1971)
  • Trois partitions (1972) - Théâtre
  • L'en dessous l'admirable (1975) - Poésie
  • Poèmes des quatres côtés (1975)
  • Chemin faisant (1975) - Essai
  • Vingt-quatre murmures en novembre (1980)
  • Agonie: roman (1984)
  • Ductus (1984)
  • Moments fragiles (1984) - Poésie
  • La naissance des nuages (1984)
  • La poussière du chemin (1989)
  • Effets personnels (1990) - Poésie
  • Ô saisons, ô châteaux (1991) - Essai
  • Il n'y a plus de chemin (1990) - Poésie
  • Au petit matin (en collaboration avec Robert Melançon) (1993) - Poésie
  • Au fond du jardin (1996) - Essai
  • Au bras des ombres (1997) - Poésie
  • Bernard de Clairvaux, anthologie (1999) - Essai
  • Ce qu'en disent les fleurs (2000) - Poésie
  • L'Artisan (2006) - Poésie

Résumé

L'oeuvre de Brault débute par un poème de Guiseppe Ungaretti, Agonie. Chaque vers du poème est ensuite repris pour raconter la relation entre un professeur devenu itinérant et son ancien élève. Chaque vers illustre un aspect de la vie de ces hommes qui semblent différents mais qui vont finir par se ressembler. Dans Agonie, la poésie et la réalité finissent par se fondre ensemble.

Les deux hommes se rencontrent d'abord en classe, alors que l'un enseigne et l'autre passe le temps dans un cours qu'il n'aime pas particulièrement. Ils sont loin l'un de l'autre. Puis un soir, l'homme revoit son ancien professeur et lui vole son carnet de notes. Et à travers ce carnet, il va essayer de comprendre ce professeur qu'il méprisait, qu'il ne voulait pas connaître, qui lui parle finalement à travers des mots incomplets et à travers un poème lointain.

Commentaires personnels à suivre...

Lire aussi sur ce blog:

Poème:

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Extraits

"Nous ne l'aimions pas, sans le détester. Il inspirait un calme mépris aux garçons, et aux filles une pitié tranquille. Que d'histoires, pourtant, l'on racontait sur ce minables !" p. 9

"Le noir, ça ne fait pas peur quand on est gris. Mais la douleur revient sur la poitrine, au fond de la gorge. Ça brûle. Les yeux secs. Il n'y a pas d'enfance s'il n'y a pas de larmes." p. 39

Sources à consulter

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