fesjpg copyLe petit jardin des Fées / Anne Duguël. -- [Verneuil-sur-Seine] : Éditions [Mic_Mac], 2010. -- 20 cm. ;176 p. -- ISBN 978-2917460177

Quatrième de couverture

"Attention! Si vous n'avez pas le coeur bien accroché, n'ouvrez pas ce livre ! L'indicible vous y attend !"

Résumé

Trois petites filles se retrouvent pendant les vacances d'été à Pastourou, petit village du Tarn, et s'amusent dans un petit jardin clos qu'elles appelent le "Petit jardin des Fées". Le jardin appartient à la grand-mère de deux des petites filles, Vanille, 9 ans et Fleur, 7 ans. Mais cette année, un horrible drame arrive et elles ne viendront plus jouer dans le petit jardin.

Plusieurs personnages nous racontent leur version de ce drame selon leur perspective, leur vision des faits. Petit à petit, le passé rejoint le présent et les indices dessinent lentement l'histoire terrible du petit jardin.

L'auteur

Anne Liger-Belair est née en 1945 à Ixelle en Bruxelles. Elle fait des études en Arts-déco en Belgique. Elle sera journaliste principalement au Moyen-Orient. Elle s'installe en France au début des années 70 et collabore à plusieurs magazines tels Hara-Kiri, fesjpg2Pomme d;api, Charlie Hebdo, Pif, etc. Elle animera également a la radio, une émission sur la bande dessinée.

Elle publie son premier album pour enfants en 1987 intitulé Prince charmant poil aux dents.

Elle est surtout connue pour ses ouvrages écrits sous le pseudonymes de Gudule et destinés aux enfants. Elle signe la plupart de ses romans et nouvelles pour adultes de Anne Duguël et Anne Carali. La plupart de ses romans fantastiques sont réunis sous les titres "Le Club des petites filles mortes" et " Les filles mortes se ramassent au scalpel".

Le blog de l'auteur.

Bibliographie partielle

  • Et Rose elle a vécu (1990)
  • Agence Torgnole, frappez fort (1991)
  • Amazonie sur Seine (1991)
  • Le Corridor (1991)
  • Mémé est amoureuse (1992)
  • Asylum (1994)
  • Gargouille (1995)
  • Lavinia (1995)
  • La Baby-Sitter (1995)
  • La Petit Fille aux araignées (1995)
  • Petite chanson dans le pénombre (1996)
  • Ne vous disputez jamais avec un spectre (1997)
  • Au Gringo's bar (1998)
  • Entre chien et louve (1998)
  • Mon âme est une porcherie (1998)
  • Dans la bulle de l'ange (1998)
  • Petit théâtre de brouillard (1999)
  • Un jour, je serai assassinée sous ma douche! (1999)
  • L'amour en chaussettes (1999)
  • J'ai 14 ans et je suis détestable (2000)
  • Barbés Blues (2001)
  • Regardez-moi! (2001)
  • La Mort aux yeux de porcelaine (2001)
  • La Bibliothécaire (2001)
  • Géronima Hopkins attend le Père Noël (2002)
  • Kaïra (2002)
  • Nous ne retrouvons pas les chiens (2004)
  • La Ménopause des fées 1 : Le Crépuscule des dieux (2005)
  • La Ménopause des fées 2 : Le retour (2006)
  • La Ménopause des fées 3 : La Nuit des porcs vivants (2007)
  • La poupée aux yeux vivants (2008)
  • Gare à la poupée Zarbie (2008)
  • Du moment que ce n'est pas sexuel (2008)
  • Le Petit jardin des Fées (2010)

Commentaires personnels

En lisant le titre, on pourrait penser à un conte. Mais déjà la couverture, si on la regarde bien, nous fait songer qu'un ogre y est présent. Mais les ogres ne font-ils pas partie des contes ? Certainement. Et aussi bref soit-il, le quatrième de couverture nous permet déjà d'anticiper les pires cauchemars. 

Trois petites filles passent l'été à s'amuser dans un petit village français. Elles ont choisi comme terrain de jeux, un petit jardin emmuré qui appartient à la grand-mère de deux des fillettes. Un jour, elles décident qu'elles vont attraper les fées qui se cachent sûrement dans le jardin. Pour les attraper, elles doivent les attirer. Elles vont donc passer leur temps à se déguiser, écouter de la musique et surtout à danser. Le conte commence dans l'insouciance des enfants. Il se terminera dans le drame. Mais ça on le sait dès les premières pages, car on nous annonce qu'un drame est arrivé à une des fillettes.

Le texte est composé de la narration de plusieurs personnages. Tour à tour, ces narrateurs vont raconter les événements qui ont mené au drame. Il n'y a donc pas de narration neutre... Ils sont neuf personnages à nous parler, à raconter ce dont ils se souviennent, ce qu'ils pensent, ce qu'ils ont observé. La soeur, l'amie et la grand-mère de la fillette prennent très souvent la parole, mais également de nombreux autres résidents du village. Les voix sont différentes, et cela peut déstabiliser la lecture au début. Mais on s'habitue rapidement aux mots et styles des différents narrateurs.

Le livre est donc une succession de narrateurs qui racontent l'histoire. Mais à leur manière et surtout à leur vitesse. On ne nous dit presque rien au début. Petit à petit, au fil des narrations, on nous en révèle plus. Et on a l'impression de ramasser des indices, découvrir les protagonistes, comprendre le passé, découvrir les victimes, les bourreaux ... pour voir apparaître le dénouement, que l'on finit par deviner bien sûr. Mais redouter. Et espérer qu'on se trompe.

Et à travers les récits si différents de ce même drame, on a l'impression de lire également sur la beauté et l'horreur des petits villages, sur ce qui fait de nous, des héros et des monstres, sur les conséquences de nos actes, sur le poids des paroles, des rumeurs, des secrets et des silences, ... Chaque personnage nous raconte le drame, mais nous aussi raconte la vie. La plume de l'auteur est tout simplement sublime et on se perd avec bonheur dans cette abondance de voix. Et malgré les horreurs de ce petit jardin, malgré les larmes et le sang qui y ont coulé, on ne peut s'empêcher d'y voir aussi les petites fées...

L'avis de : Serge Perraud, Lionel Labosse sur Altersexualite.com, Lucie Chenu,

Extraits

"Comment naît la rumeur ? Nul ne le saurait le dire. Elle semble - dans les petits villages, du moins - sourdre du sol à la manière des sources, et s'infiltrer insidieusement dans les consciences avant de devenir une lame de fond qui submerge tout." p. 47

"Mais pouvais-je savoir, inconsciente que j'étais, que les lieux ont une mémoire ? Qu'ils gardent à jamais le souvenir des faits qui s'y sont déroulés ? Le petit jardin, théâtre d'événements insoutenables, était maudit. L'air qu'on y respirait asphyxiait lentement. Sa terre suintait la mort comme celle d'un cimetière. Et c'était cet "écrin" vénéneux que j'avais offert à mes petites filles." p. 77

Sources à consulter