01"Un mot est un oiseau au milieu d'une page. C'est l'infini" [Antonio Soler]

Il marche sur le soleil. Ce sont les premiers mots qui me sont venus à l'esprit quand je l'ai vu. Ses pattes laissent une écriture fine sur le sable et il m'a semblé qu'il resterait là pour l'éternité.

Puis il a commencé à courir de plus en plus vite. Arrête ! que je me suis dit, tu vas perdre ton ombre. Mais il ne m'écoutait pas vraiment. Comment pouvait-il m'entendre de toute façon puisque je me parlais à moi-même.

Je le regardais se mouiller du soleil couchant et je sus qu'il partirait à ce moment. Il devait bien finir par partir.  Il ne pouvait rester sur le sable uniquement parce que je voulais le regarder encore un peu. Je n'avais pas vraiment le droit de l'obliger à rester. Il le savait et je le savais. Alors, je l'ai regardé s'envoler. Sur le sable, le soleil illumine encore la trace de son passage. Le soleil se couchera bientôt. Les vagues viendront bientôt effacer ses pas sur le sable. Mais ils ne s'effaceront pas de ma mémoire.

"Les adieux ressemblent à des oiseaux qui apprennent à voler" [Dominique Sampiero]