25 février 2014

Colère et résignation

La semaine dernière j'avais un rendez-vous chez un dermatologue. La semaine dernière je n'ai pas vu ladite dermatologue. Cette semaine, je vous propose mes réflexions plus que personnelles et une tranche un peu trop personnelle de ma vie. Mais je suis trop découragée et en même temps en colère. Et je crois que PisTout est un peu tanné de m'entendre chialer alors je vais profiter de cette plateforme pour me confier et me défouler. Vous avez la permission de ne pas lire le reste, je comprends parfaitement ! ;-)

Il y a plusieurs mois, j'ai découvert une tache brunâtre sur mon bras (près de l'aisselle). C'était de la grandeur d'un 0,25$. Pas de démangeaison, pas de croûte, tout lisse et pas très grande. J'étais très, très, très - ai-je assez insisté sur le "très"? - stressée alors je me suis dit que c'était relié. Cela m'était déjà arrivé de faire des "plaques" lors de grands stress. J'ai donc un peu oublié sa présence. Je regardais de temps en temps, mais rien ne changeait.

DSC_0297J'avais d'autres chats à fouetter. Et puis, soudainement... cela a doublé de grandeur. Je m'en suis aperçue par hasard car ce n'était pas évident. Je me suis dis qu'il fallait faire quelque chose. J'ai été à la pharmacie, fais une petite consultation et reparti avec quelques conseils et crèmes. Et avec la résolution d'aller chez le dermatologue.

J'imagine que malgré le fait que je suis au courant de la situation ici et que j'avais eu beaucoup de difficulté à avoir un nouveau gynécologue, j'étais encore sous l'illusion que ce ne serait pas si difficile que ça de trouver un dermatologue. Je veux dire, je ne cherche pas un médecin de famille, je veux voir un "spécialiste". J'ai mis les crèmes et j'ai commencé à chercher un dermatologue. Et là, j'ai frappé mon premier mur. Mais pas trop fort, car je n'étais pas très énervée encore et je ne faisais que commencer à chercher. Je me suis vite aperçue que les dermatologues oeuvrant dans l'aspect médical de la chose, et bien, ce n'est pas courant ! Des dermatologues qui font de la dermatologie plastique ou esthétique, ça il y en a des tonnes. Si j'ai besoin de botox, pas de problèmes, mais faire analyser ma tache... ouf pas facile. Faire une recherche sur internet avec dermatologue ou dermatologie... il y a peu de clinique publique non esthétique. Les quelques numéros que j'ai trouvés, j'ai appelé. Je me suis fais dire aussitôt qu'il me fallait un billet de mon médecin de famille. N'ayant pas ledit médecin... ça partait mal. Cela impliquait donc que je devais aller à la clinique sans rendez-vous pour avoir ce billet.

En passant, j'ai su de source sûre - c'est à dire un médecin - que cette histoire d'avoir un billet de médecin généraliste pour voir un spécialiste c'est dans 90% des cas de la foutaise. De la magouille. Parce que si on pouvait aller voir un spécialiste (qui gagne une tonne d'argent) sans passer par un généraliste (qui en gagne un peu moins), cela voudrait dire qu'on n'irait pas voir ce généraliste. Donc une visite payante de moins (avec la carte d'assurance-maladie, on s'entend) pour le généraliste. Il y a donc comme une entente... Sans commentaire.

Alors, comme je ne voyais pas d'urgence... j'ai reporté (ma faute, ma très grande faute), le fameux rendez-vous à la clinique, si déprimante, sans rendez-vous. Je n'avais juste pas le temps ni l'envie de perdre des heures et des heures (sans exagération aucune) à la clinique sans rendez-vous. Donc j'ai un peu laissé les mois passés.

Et puis dans le Temps des Fêtes, j'ai remarqué que la tache n'était plus ronde mais commençait à être plus un ovale pas très régulier. Et ça, je sais que ce n'est pas bon. Alors, je me dis "en janvier, je vais à la clinique et je prends rendez-vous chez un dermatologue". Vous noterez ici, ma très grande stupidité... oui, car y avoir pensé avant, et comme on dit "avoir su ce que je sais maintenant"... j'aurais pris un rendez-vous chez un dermatologue avant d'avoir mon billet de médecin - en mentant tout simplement. Mais bon... je continue...

Mais janvier arrive, les jours passent trop vite et je ne vais pas à la clinique sans rendez-vous. Demain, je me dis. Procrastination, oui mes amis. Et puis, un matin... je me lève et je m'habille. Et là... oh my, wtf... la tache est comme le triple de ce qu'elle était et un des côtés est comme rougeâtre... et un peu bosselé (rien qui pique, pas de croûte, rien de "suintant", juste plus gros et un peu rouge). J'ai senti mon coeur battre un peu plus vite. Bon j'appelle aujourd'hui. J'arrive dans la salle de bain... et là panique totale... j'ai des taches sur la joue droite ! Panique complète. Crise d'hystérie et visite à une clinique sans rendez-vous immédiatement. Une clinique un peu plus loin mais moins déprimante que celle près de chez moi. Pendant l'attente - pas longue, juste 2 heures - j'ai eu le temps de réaliser que les taches sur mon visages étaient sûrement dues aux crèmes échantillons que j'avais reçues dans un grand magasin deux jours plus tôt. J'ai la peau sensible et il y avait sûrement trop de parfum dans les crèmes. Mais la tache sur mon bras avait encore changée et donc je voulais le fameux billet.

Le médecin est d'accord avec moi pour mon visage, n'est pas du tout inquiet pour mon bras, me prescrit une crème et me donne le fameux billet. Je repars moins inquiète et forte de mon billet. Et là, je recommence ma recherche de dermatologue non esthétique. Calvaire. C'est pas facile. Et le médecin qui m'avait été recommandé à la clinique ne prend plus de nouveaux patients. Comme les 10 autres que j'ai appelés. Je commence à être un peu découragé, lorsque oh miracle ! une dermatologue près de chez moi, me donne un rendez-vous 3 semaines plus tard. Je suis si surprise que j'ai dû redemander au moins 3 fois, si c'était une clinique privée.

Et donc, la semaine dernière, je vais au fameux rendez-vous. Mais je n'ai jamais pu voir la dermatologue qui avait overbooké ses rendez-vous - c'est selon les critiques, très commun pour elle. Parfois, elle ne vient même pas à ses rendez-vous. Qu'un médecin puisse agir ainsi avec ses patients me dépasse. Je retourne chez moi. Le lendemain, j'ai commencé ma recherche pour un autre dermatolgue. Je vous avoue que j'ai pleuré. Ce fut un long, très long calvaire. J'ai commencé par chercher des dermatologues "médicaux", mais je ne trouvais que des cliniques privées. Mais... les cliniques privées ne font en général que de la dermatologie esthétique. Parce que bien sûr c'est plus payant d'enlever les rides que d'aider les gens avec des problèmes médicaux, le psoriasis, l'acnée et les cancers de peau... ça ne rapporte pas. J'ai fini par trouver quelques cliniques privées, j'ai noté les prix - très élevés - les délais - tout de même très longs - et je les garde dans ma manche.

Et puis, je continue ma recherche. Après ma mauvaise expérience, les médecins que je trouvais, j'allais voir les commentaires sur les sites d'évaluation des médecins. Et là, les larmes sont revenues. Je ne comprends pas. Pourquoi les commentaires sont-ils toujours "médecin très froid", "pas intéressé", "ne m'a jamais regardé", "n'écoute pas quand on lui parle", "m'a prescrit un traitement au laser coûteux", "m'a à peine regardé, m'a dit que je n'avais rien et j'avais un cancer", "cela a pris 1 an pour avoir un rendez-vous, j'ai attendu 3 heures, et la consultation a pris 5 minutes"... Je ne comprends pas. Pourquoi devenir médecin quand on se fout des gens et de leurs problèmes ?

Les seuls médecins avec des bons commentaires, je n'ai soit, jamais réussi à les rejoindre, soit, ils ne prennent plus de patients. J'en suis venu à appeler ceux avec les moins pires commentaires... délais d'attente entre 8 et 12 mois et ce, quand il y avait une réponse ou qu'ils prenaient de nouveaux patients. Après 4 heures de recherches et d'appels, j'ai fini par avoir un rendez-vous pour la fin du mois d'avril. D'ici là, je vais continuer à chercher. Et si jamais ma tache change trop, j'irai tout simplement au privé.

Je pourrais continuer encore et encore à écrire mais je sais qu'il y a des situations bien pire que la mienne. Alors, je vais respirer par le nez et essayer de refouler cette aversion pour les médecins... et surtout pour ces spécialistes qui trouvent plus important d'effacer des rides que de diagnostiquer et prévenir des cancers, d'enlever des tattoos que de guérir des psoriasis et autres maladies de la peau...

Merci pour m'avoir laissée ventiler un peu et désolée pour ce long texte !

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23 février 2014

Le moment captif d'un dimanche : rayonnement

2014-02-26"Quelle flamme pourrait égaler le rayon de soleil d'un jour d'hiver." [Henry David Thoreau]

Il fait froid. C'est un hiver froid. Très froid. On a bien eu de la neige à Montréal, mais pas tant que cela. Il neige toujours autour de l'île mais jamais beaucoup sur celle-ci. Ce qui fait le bonheur de la plupart des gens que je connais mais qui me rend un peu triste. J'aime la neige.

J'aime aussi le froid. Mais un peu moins, je l'avoue. Et surtout lorsqu'il persiste. Mais je l'aime bien aussi. Le froid mordant, vivifiant... celui qui donne un nez et des joues rouges, celui qui me secoue le matin et me dit "allez réveille-toi, la journée va être magnifique!"

Car quand il fait froid, le ciel est habituellement si bleu. Le soleil est envahissant. Il est partout. Il s'empare de chaque coin du ciel. Et se répand partout. Il glisse sur la neige et nous oblige à fermer les yeux. Il est absolument éblouissant et résolument aveuglant.

Il fait froid. On dit qu'il fait -14ºC mais avec le facteur vent, on frise les -22ºC. Et pourtant, le soleil est si brillant qu'il s'amuse à faire fondre la neige sur mon toit. Elle vacille et se laisse tomber goutte à goutte. Mais il fait si froid. Elle n'a d'autres choix que de se transformer en longs glaçons scintillants. Le soleil joue avec le froid. Il illumine ma maison, la chauffe et la transforme en château de glace.

"La maison tournée vers le soleil est chauffée la premiere." [Proverbe chinois]

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21 février 2014

Quelques livres de Camilla Läckberg - Derniers commentaires

Läckberg005 - CopieCommentaires encore plus personnels

Cette auteure, comme je l'ai déjà mentionné, m'a été chaudement recommandée. C'est toujours délicat les recommandations aussi personnelles. C'est une collègue et on parle souvent littérature et lecture. Nous avons des goûts similaires et avons souvent les mêmes critiques à formuler. Donc, je suis entrée dans mes lectures pleine d'espoirs et de promesses.

Et même si dans l'ensemble, j'ai bien aimé les romans, disons que ce ne fut malheureusement pas le même coup de coeur que pour ma collègue. Mon intérêt premier pour les livres était de lire des romans policiers. Le premier roman est assez bien construit. Et j'ai bien aimé suivre les personnages principaux dans l'enquête, spécialement Erica. Mais en reprenant le roman, je réalise que certains éléments qui m'apparaissent faibles dans les deux romans suivants - du point de vue, intrigue policière - sont déjà présent dans La princesse des glaces. Il y a beaucoup trop de coïncidences et de hasards.

Et beaucoup trop de personnages secondaires. Ceux liés aux deux personnages principaux, Erica et Patrick, que ce soit d'un point de vue familial ou professionnel sont très intéressants. Mais justement, ils prennent beaucoup trop de place. Ils sont trop présents, on les connait trop finalement. Ceci fonctionnerait très bien dans une série de télévision car au fil des épisodes et des saisons, on en viendrait à les connaître de plus en plus et à les aimer ou les détester. Mais ici, ils prennent presque le dessus sur l'enquête. Dans le premier roman, ce n'est pas si évident, mais cela le devient dans les deux suivants.

On sent que l'auteure est attachée à ses personnages. Elle les décrit avec soin et avec beaucoup de détails. Mais, ce n'est pas ce que je recherche en premier lieu quand je lis un roman policier. Je veux une intrigue solide. Et j'ai eu l'impression de perdre petit à petit cet aspect dans les romans. Et il y a trop de personnages secondaires dans les fameuses intrigues. On se perd dans la vie de tous ces gens qui n'ont parfois que très peu à faire dans l'intrigue. Encore une fois, ce n'est pas l'écriture de Läckberg, elle travaille beaucoup sur ses personnages. Mais à un point tel qu'on oublie qu'ils sont de près ou de loin liés à une enquête. Dans Le tailleur de pierre, j'en suis même venue à attendre les passages dans le passé pour connaître le développement de ces personnages qui n'ont finalement qu'un mince lien avec l'intrigue (oui, ils sont liés au présent, mais tous ces passages n'étaient pas obligatoires).

J'ai trouvé que l'auteure perdait vraiment le fil de ses intrigues. Et à force de personnages et de détails, elle avait de la difficulté à cerner les morceaux qui permettraient de résoudre l'intrigue. Particulièrement dans le troisième roman où on a l'impression que tout se résout trop vite, et que c'est presque un accident si on trouve le coupable. C'est pratiquement secondaire. Je crois que l'auteur a beaucoup de talent - et le premier roman en est la preuve - mais elle se laisse emporter par ses personnages.

J'ai adoré l'omniprésence de la ville et les saisons dans les romans. On a véritablement l'impression de connaître Fjällbacka et de vivre l'été, l'hiver, la chaleur et le froid.

Mais revenons aux personnages. Dans le premier roman, j'ai bien aimé Erica. Une auteure prise avec le décès de ses parents, la relation abusive de sa soeur, ses sentiments face à sa ville natale, la découverte du cadavre de son amie d'enfance, sa relation naissante avec Patrick. Je l'aimais bien. Un peu naïve parfois mais attachante. En ouvrant le deuxième roman, j'avais hâte de la retrouver. Mais l'auteure a décidé de mettre l'emphase sur Patrick et son travail (et ses collègues). Et là j'ai décroché. Tout d'abord, de relation naissante on passe à une Erica enceinte jusqu'au cou qui n'est plus qu'une femme enceinte - on oublie l'écrivaine indépendante, curieuse et un peu fonceuse. Elle a chaud, elle se plaint car Patrick n'est pas là - et ce dernier est aussi bien différent du premier livre - et elle n'apporte pratiquement rien à l'intrigue. Elle est la conjointe du policier que l'on retrouve pendant quelques minutes quand le personnage principal passe par chez lui. Dans le troisième roman, elle reprend un peu plus de place. Mais parce qu'elle a finalement accouché et qu'elle est amie avec la mère de l'enfant assassiné. Je dois avouer que je suis très déçue par l'évolution d'Erica. Alors que l'auteure met beaucoup de soin à l'écriture des autres personnages, on dirait qu'elle ne veut plus rien savoir d'Erica (je ne dis pas que c'est ce qu'elle fait, c'est simplement l'impression que j'ai à la lecture des romans). Je trouve aussi étonnant certains comportements et certaines répliques... parfois très vieux jeux et conservateurs. Est-ce la société suédoise ou l'auteure... je ne sais pas. Mais, comme je l'ai déjà dit, j'ai trouvé très intéressant le fait qu'elle soit dépassée par la maternité et qu'elle ne ressente pas l'amour qu'elle pensait ressentir pour sa fille. C'est quelque chose qui arrive plus souvent qu'on ne le croit et on en parle peu.

Et finalement (ouf c'est long, je sais) ... l'auteure a commis un crime impardonnable pour la lectrice que je suis. Je réalise que pour beaucoup de gens, c'est un geste banal et que même ils vont apprécier et cela va les inciter à poursuivre avec la lecture du quatrième roman et qu'ils vont avoir hâte qu'il soit publié. Mais pour moi, c'est le pire "tue-la-lecture" possible. Déjà que le fait que les personnages soient si importants et surtout de plus en plus importants d'un livre à l'autre me dérange un peu beaucoup. Ceux qui me connaissent, savent que je ne suis pas particulièrement fan des séries. J'en lis rarement, et j'ai même choisi de ne pas lire un livre qui me tentait parce que je savais qu'il y avait une suite. La seule trilogie que j'ai adorée est Lord of the Rings, et encore je n'ai pas apprécié les "annexes". J'ai parfois aimé d'autres séries, mais je les ai rarement toutes lues en entier. Et en général, je trouve que l'auteur aurait dû arrêter l'écriture après le premier, à la limite le deuxième tome. (Cela inclut des séries très connues et populaires que je laisserai sans titre;-) ). Les seules séries que je lis sont habituellement les séries policières parce que cela n'implique habituellement que le fait que c'est le même enquêteur qui revient de livre en livre. Il y a bien quelques détails sur sa vie et certains personnages reviennent aussi, mais généralement, on n'a pas besoin de lire le livre précédent pour lire le roman actuel et on n'a pas besoin de lire le suivant. J'aime bien donc, les romans de Kathy Reichs par exemple.

Alors voilà. À la fin du roman Le tailleur de pierre, on nous laisse sur ce qu'on appelle un "cliffhanger". Cela ne concerne pas l'intrigue mais les principaux personnages. Quelque chose d'important pour eux. Et ça, cela m'a mis en colère. J'ai fermé le livre enragé et la série se termine ici pour moi. Je ne lirai pas les autres. Je me fous de savoir comment cela tournera pour Erica et Patrick et comment ils vivront avec le téléphone et la nouvelle qu'ils viennent de recevoir. La lecture est pour moi un choix et un plaisir. Je n'aime pas qu'un auteur me "force" à lire son prochain livre. Alors voilà...

Voir aussi:

 

Extraits

"La maison était abandonné et vide. Le froid pénétrait le moindre recoin. Une fine pellicule de glace s'était formée dans la baignoire. La peau de la femme avait commencé à prendre une teinte légèrement bleutée. C'est vrai, elle ressemblait à une princesse, là dans la baignoire. Une princesse des glaces." (p.9 - La princesse des glaces)

"Assis en tailleur sur le sol en ciment, il parcourait méthodiquement les cartons de dossiers l'un après l'autre. Desdécennies de destins humains passaient par ses mains et il était peu à peu frappé par le nombre de gens et de familles qui revenaient sans cesse dans les registres de la police. En voyant le même nom de famille surgir pour la énième fois, il se dit que les actes criminels semblaient parfois se transmettre  des parents aux enfants et même aux petits-enfants." (p. 28 - Le prédicateur)

"Parfois, c'était comme si elle était hors du monde réel, enfermée dans une toute petite bulle qui n'arrêtait pas de rétrécir. Elle était devenue tellement petite qu'Erica avait l'impression de pouvoir toucher les parois intérieures si elle tendait la main. Maja dormait sur son sein. Elle avait essayé de la coucher pour qu'elle s'endorme toute seule mais, comme chaque fois, elle s'était réveillée au bout de quelques minutes, en protestant bruyamment contre l'énorme culot de vouloir poser sa petite personne dans un lit de bébé." (p. 314 - Le tailleur de pierre)

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20 février 2014

Quelques livres de Camilla Läckberg - Commentaires

Läckberg002 - CopieLa princesse des glaces : roman / Camilla Läckberg ; traduit du suédois par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain. -- Arles : Actes Sud, c2008. -- 381 p. ; 24 cm. -- ISBN 9782742775477. -- (Coll. Actes noirs)

Quatrième de couverture

Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête (à moins qu’une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l’oeuvre), Erica se convainc très vite qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres –, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint.[...]

Commentaires personnels

Erica Falk revient à Fjällbacka, sa ville natale, à la mort de ses parents, afin de s'occuper de la probable vente de la maison familiale. Elle en profite pour continuer sa dernière biographie et pour redécouvrir sa ville. Elle découvre par hasard, le cadavre de son ancienne amie d'enfance, Alexandra ; nue dans une baignoire d'eau glacée et avec les poignets tailladés. Erica a de la difficulté à croire à un suicide et l'autopsie lui donnera raison. Elle s'implique rapidement dans l'enquête. Patrick Hedström, l'enquêteur en charge, est aussi un ami d'enfance d'Erica et a toujours eu des sentiments pour elle. Ils travailleront rapidement ensemble pour tenter de découvrir le meurtrier d'Alexandra. Comme dans toute petite ville, les rumeurs et les ragots font rapidement surfaces. Et très vite, les enquêteurs sont plongés dans les secrets, les mensonges, les jalousies et les vieilles histoires de la petite ville et de ses habitants.

Dans ce premier roman de la série, l'accent est beaucoup mis sur le personnage d'Erica : sa vie, son travail d'écrivain, son désir de rester dans sa maison familiale, sa relation avec ses parents décédés et surtout avec sa soeur qui est dans une relation difficile avec un mari abusif. On la suit aussi dans son enquête personnelle sur le meurtre de son ancienne amie d'enfance. On assiste également à la naissance d'une idylle avec Patrick, le policier en charge de l'enquête. Les personnages principaux sont très intéressants et bien développés. Les personnages secondaires sont également très bien développés. Ils s'intègrent très bien à l'histoire et on a envie de les retrouver. L'intrigue principale est classique mais très bien menée et les indices sont révélés petit à petit. Et la fin est inattendue.

On peut trouver l'écriture un peu simple et l'histoire d'amour un peu cliché, mais étrangement cela ne m'a pas dérangé du tout. J'ai beaucoup aimé les descriptions de la ville ainsi que des secrets et tragédies qui se cachent chez ses habitants. L'hiver suédois m'a enchanté et l'auteur nous y plonge avec délicatesse - si cela peut faire du sens ! Et j'ai particulièrement aimé le personnage d'Erica. Elle n'est pas sans défaut, mais c'est ce qui fait son charme.

Le prédicateur : roman / Camilla Läckberg ; traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus. -- Arles : Actes Sud, c2009. -- 375 p. ; 24 cm. -- ISBN 9782742781799. -- (Coll. Actes noirs)

Quatrième de couverture

Dans les rochers proches de Fjällbacka, le petit port touristique suédois dont il était question Läckberg003 - Copiedans La Princesse des glaces, on découvre le cadavre d'une femme. L'affaire se complique quand apparaissent, plus profond au même endroit, deux squelettes de femmes... L'inspecteur Patrik Hedström est chargé de l'enquête en cette période estivale où l'incident pourrait faire fuir les touristes et qui, canicule oblige, rend difficiles les dernières semaines de grossesse d'Erica Falck, sa compagne.
Lentement, le tableau se précise : les squelettes sont certainement ceux de deux jeunes femmes disparues vingt-quatre ans plus tôt. Revient ainsi en lumière la famille Hult, dont le patriarche, Ephraïm, magnétisait les foules accompagné de ses deux petits garçons, Gabriel et Johannes, dotés de pouvoirs de guérisseurs. Depuis cette époque et un étrange suicide, la famille est divisée en deux branches qui se haïssent.[...]

Commentaires personnels

Nous retrouvons encore une fois Erica et Patrick dans ce deuxième roman. Alors qu'ils commençaient à se fréquenter dans le premier roman, ils vivent maintenant ensemble dans la maison familiale d'Erica et cette dernière est enceinte. C'est maintenant l'été et il fait très chaud. La petite ville de Fjällbacka est remplie de touristes qui viennent profiter de la mer. Le cadavre d'une jeune fille est découvert et Patrick se charge de l'enquête. Mais en déplaçant le corps, les squelettes de deux autres femmes sont découverts. Son enquête le mène à une ancienne enquête liée à une famille connu, la famille Hult. Et on plonge dans le passé... un prédicateur et ses deux fils qui réalisent des guérisons miraculeuses, des disparitions mystérieuses, des soupçons, une dénonciation et le suicide du principal suspect. Le passé est lourd et pèse toujours sur la famille d'aujourd'hui. Il s'agit maintenant, pour Patrick et son équipe, de voir comment le passé rejoint le présent.

Et oui, nous retrouvons encore une fois Erica et Patrick. Mais j'ai nettement eu l'impression de perdre Erica dans ce roman. Le personnage principal est maintenant Patrick entouré de ses collègues. Erica est reléguée au second plan, en femme au foyer, enceinte jusqu'au cou, incapable de faire quoi que ce soit dans la chaleur et se battant avec des visiteurs qui s'imposent et avec sa soeur qui, même si elle a quitté le mari abusif, répète la même histoire avec un nouvel amant. Elle va bien contribuer un peu à l'enquête, mais à peine. Les personnages principaux et surtout leurs attitudes et réactions m'ont paru disparaître derrière les clichés. Seuls les personnages secondaires, comme Martin Molin (policier et principal collègue de Patrick), Mellberg, Annika, Gösta, Ernst et même la soeur d'Erica, Anna, m'ont paru plus intéressants et développés. Je me suis vraiment ennuyée d'Erica. Elle m'a semblé vraiment disparaître dans ce roman. Et je n'ai pas pu accepté l'évolution beaucoup trop rapide de la relation entre Erica et Patrick et surtout certaines attitudes très vieux jeux de Patrick (qui ne cadre pas du tout avec le personnage du premier roman).

J'ai aussi été un peu déçue par l'intrigue policière. Alors que le tout me semblait bien démarrer, j'ai trouvé que l'auteur a très mal exploité le côté "prédicateur sectaire". Les secrets de famille, les rumeurs, les mensonges et les révélations font encore parties de l'intrigue, mais sans rien fracasser. La conclusion était décevante et prévisible. Il y avait beaucoup trop de personnages du côté de l'intrigue policière... les acteurs du drame passé, la famille d'aujourd'hui, les autres familles des disparitions actuelles... beaucoup trop de monde, beaucoup trop de liens. Et à la fin, je ne suis plus du tout intéressée ni à l'enquête, qui a traînée en longueurs, ni au dénouement que j'ai trouvé peu crédible.

Läckberg004 - CopieLe tailleur de pierre : roman / Camilla Läckberg ; traduit du suédois par Lena Grumbach et Catherine Marcus. -- Arles : Actes Sud, c2008. -- 377 p. ; 24 cm. -- ISBN 9782742786626. -- (Coll. Actes noirs)

Quatrième couverture

[...] Un pêcheur de Fjällbacka trouve une petite fille noyée. Bientôt, on constate que Sara, sept ans, a de l’eau douce savonneuse dans les poumons. Quelqu’un l’a donc tuée avant de la jeter à la mer. Mais qui peut vouloir du mal à une petite fille? Alors qu’Erica vient de mettre leur bébé au monde et qu’il est bouleversé d’être papa, Patrik Hedström mène l’enquête sur cette horrible affaire. Car sous les apparences tranquilles, Fjällbacka dissimule de sordides relations humaines – querelles de voisinage, conflits familiaux, pratiques pédophiles – dont les origines peuvent remonter jusqu’aux années 1920. Quant aux coupables, ils pourraient même avoir quitté la ville depuis longtemps. Mais lui vouer une haine éternelle.

Commentaires personnels

Erica et Patrick ont maintenant une petite fille. Et ce n'est pas facile ni pour l'un ni pour l'autre. Évidemment, un drame n'est jamais loin et cette fois c'est le corps d'une petite fille qui est retrouvée dans la mer. Patrick se rend sur les lieux pour découvrir qu'il connaît l'enfant. C'est la petite fille d'une amie d'Erica. La mort d'un enfant n'est jamais facile, encore moins lorsqu'on connaît la famille et surtout lorsque l'on découvre que la mort d'apparence accidentelle est en fait un meurtre.

Ce troisième roman de Läckberg est construit un peu différemment des précédents. Alors que dans les deux premiers romans nous avions bien quelques retours en arrière dans le passé, ici ce procédé est beaucoup plus présent et important. Nous avons une histoire carrément parallèle. On se doute bien que cette histoire a une incidence dans le drame du présent, mais tous les liens ne seront révélés qu'à la toute fin.

Nous sommes immédiatement plongés dans l'histoire de la famille de la petite fille et des gens qui les entourent. Les chicanes, les querelles et guerres entre voisins qui prennent parfois des tournures tragiques, les secrets et mensonges, ... les vies troubles et troublées d'habitants de la petite ville d'apparence tranquille font encore une fois surface lors de l'enquête de Patrick.

L'intrigue est cette fois beaucoup mieux ficelée que dans le deuxième roman. J'ai retrouvé l'intensité du premier roman. Mais elle n'est pas sans défaut. Beaucoup trop de personnages, encore une fois. Et on place nombres d'éléments inutiles. On a l'impression que l'auteur avait envie de parler de certaines choses et qu'elle trouve le moyen d'en parler peu importe leur place dans l'intrigue : syndrome d'asperger, pédophilie... ces éléments m'ont semblé alourdir l'intrigue et ne rien y apporter.

Mais en général, l'intrigue principale fut très bien menée... enfin, jusqu'à la fin qui, elle, est complètement décevante : le dénouement et coupable, les liens entre l'histoire passée et le drame actuel... tous improbables. Et surtout, la façon dont Patrick résoud le meurtre... digne des mauvais drames policiers...

Les personnages secondaires sont encore une fois les plus intéressants. Mais surtout l'histoire se déroulant dans le passé. J'aurais carrément pu ne lire que ces passages. Erica est un peu plus présente dans ce roman, mais à peine. J'ai aimé son questionnement sur l'instinct maternel cependant. Très rafraîchissant et inhabituel. Même commentaire sur le caractère difficile de la petite victime. On parle rarement des enfants ayant ce genre de comportement. Bravo, à l'auteure.

Mais la fin... la toute fin... que dire... j'y reviens.

Voir aussi :

Sources à consulter

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19 février 2014

Quelques livres de Camilla Läckberg - L'auteur

Läckberg001Ces derniers temps, j'ai commencé à lire les romans de Camilla Läckberg. Une collègue adore absolument cette auteure et me l'avait chaudement recommandée. J'ai lu les trois premiers romans. Je pensais d'abord donner mes commentaires pour chacun de ces trois livres mais, une fois n'est pas coutume, je vais commenter les trois livres à la fois... Voyez-vous je lis rarement des séries. Et ce, pour plusieurs raisons... Mais j'y reviendrai.

L'auteur

Jean Edith Camilla Läckberg Eriksson est née à Fjällbacka en Suède en 1974. Elle aime écrire et raconter des histoires dès son enfance. Mais elle choisit de faire des études en économie à l'Universté de Göteborg. Elle travaille pendant quelques années comme économiste mais redécouvre sa passion pour l'écriture alors qu'elle suit un cours de création littéraire spécialisé en roman policier. Elle commence à écrire son premier roman pendant le cours. La Princesse de glace sera publié en 2003. Elle publie son second roman, Le Prédicateur l'année suivante.

Läckberg se consacre ensuite à l'écriture et les romans policiers se succèdent alors. Elle diversifie cependant aussi un peu ses intérêts. Elle publie des livres de cuisine et touche à la littérature jeunesse. Elle garde aussi quelques liens avec son passé d'économiste et est une collaboratrice de deux entreprises : Sahara (design de bijoux) et Sono Vaso (vêtements de maternité).

Elle a reçut de nombreux prix dont le Grand Prix de la Littérature policière en 2008 pour La Princesse de glace. Une adaptation de ses romans a été réalisée pour la télévision suédoise et il y a également eu une adaptation en bande dessinée de son premier roman. Elle vit aujourd'hui à Stockholm avec son mari et ses enfants.

Site web de l'auteur en anglais et en suédois. Page Facebook de l'auteure. Son compte Twitter.

Bibliographie sommaire

  • La princesse des glaces (2003)
  • Le prédicateur (2004)
  • Le tailleur de pierre (2005)
  • L'oiseau de mauvais augure (2006)
  • Cyanure (2006)
  • L'enfant allemand (2007)
  • La Sirène (2008)
  • À table avec Camilla Läckberg (2008) (Livre culinaire)
  • Le gardien de phare (2009)
  • La faiseuse d'anges (2011)
  • Fest, mat och kärlek (2011) (Livre culinaire)
  • Super-Charlie (2011) (Livre jeunesse)
  • Super-Charlie et le Voleur de doudou (2012) (Livre jeunesse)
  • Mord och mandeldoft (2013)
  • Super-Charlie och mormorsmysteriet (2013)

Commentaires personnels

Camilla Läckberg est surtout connue pour sa série de romans policiers débutant avec La Princesse des glaces et mettant en vedette la romancière Erica Falck et le policier Patrick Hedström. La série a été adaptée pour la télévision, cependant les épisodes ne reprennent pas les romans mais proposent plutôt de nouvelles histoires.

Les intrigues de cette de romans se déroulent toujours en grande partie à Fjällbacka, ville natale de l'auteure et de ses personnages principaux. Fjällbacka est un ancien port de pêche située sur la côte ouest de la Suède. C'est maintenant une ville balnéaire estivale très populaire. Les romans sont résolument ancrés dans la petite ville scandinave. Cette dernière est un personnage à part entière. Les saisons sont aussi très liées aux romans et à leurs intrigues, autant le froid hivernal que la chaleur écrasante des étés suédois.

La série reprent également les mêmes personnages dans chaque roman. Il y a bien sûr Erica Falk, romancière et Patrick Hedström, policier et un ami d'enfance. Mais nous retrouvons aussi d'autres personnages secondaires: Anna Maxwell, la soeur d'Erica et Lucas son mari, Dan Karlsson, ancien copain d'Erica et plusieurs collègues de Patrick, Matin Molin, Annika Jansson, Gösta Flygare, Ernst Lundgren et l'inspecteur principal, Bertil Mellberg.

Commentaires sur les livres et derniers commentaires à suivre...

Extrait

"Erica s'installa sur la véranda et regarda l'archipel. Cette vue lui coupait toujours le souffle. Chaque saison apportait sa mise en scène spectaculaire et cette journée proposait un soleil éblouissant jetant des cascades étincellante de lumière sur la glace épaisse qui recouvrait l'eau." (p.13 - La princesse des glaces)

Sources à consulter

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16 février 2014

Le moment captif d'un dimanche : visionnaire

2014-04-13"Plus on prend de la hauteur et plus on voit loin." [Proverbe chinois]

Si parfois, on oublie de regarder derrière soi, parfois, on ne voit pas plus loin que le bout de son nez. On oublie aussi de mettre ses lunettes et on ne voit clairement que ce qu'il y a tout près de nous. Tout le reste est flou. On ne pense pas à ce qui pourrait se passer plus tard et on ne réfléchit pas aux conséquences du présent.

Il est certain que de ne regarder au loin, on pourrait passer à côté du tout près. Après tout, il faut voir ce qu'il y a juste devant pour commencer à avancer. Si on ne regarde que la route au loin, on pourrait tomber dans le trou qui se trouve juste à nos pieds.

Et donc, il faut balancer un peu notre vision. Se retourner de temps en temps pour évaluer les gestes passés. Regarder sous nos pieds pour analyser le moment présent. Et s'élever pour ragarder devant nous. Regarder ce qui va se passer et ce qui pourrait se passer. Regarder loin et parfois encore plus loin. Et additionner le passé avec le présent pour extrapoler ce que l'avenir pourrait nous offrir. Un rétroviseur, des lunettes d'approche... et une petite dose d'imagination, de rêves et de pragmatisme.

"Pour juger le monde, il faut le voir de loin et l'avoir beaucoup vu de près." [François de la Rochefoucaud]

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14 février 2014

En amour, en bataille...

 "L'amour ne commence ni ne finit comme nous le croyons.

L'amour est une bataille, l'amour est une guerre, l'amour grandit."

[James Baldwin]

2014-02-14

Ils se battent ou ils s'embrassent ?

Enfin, vous savez... ce n'est pas parce qu'on s'aime qu'on ne se querelle pas de temps en temps.

Mais oui, c'est la vie quoi. C'est l'amour.

C'est difficile l'amour,

Il faut travailler fort pour qu'il vive !

"L'amour, c'est se battre pour qu'il dure encore."

[Damien Bernard]

 

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11 février 2014

Dylanne et moi d'André Carpentier

dylan01wDylanne et moi : roman / André Carpentier. -- [Montréal] : Boréal, c2012. -- 134 p. ; 22 cm. -- ISBN : 978-2-7646-2169-1

Quatrième de couverture

« J’étais sans faim ni autre soif que d’ajouter de l’inédit à ma vie, ou de la réorienter. N’était-ce pas, inconsciemment bien sûr, pour cette raison que j’avais accepté cette aventure artistique à deux ? Pour me retrouver, moi, dans une nouvelle expérience de vie, comme on se retrouve soi et soi seul en voyage, en relation de front à front avec la multitude. Mais cela je le dis avec le recul. Sur le coup, je pensais à fuir. »

 

Un homme répond à une petite annonce parue dans un hebdo culturel. Il est médecin et il est en convalescence à la suite d’un cancer. Ladite annonce propose « une expérience artistique à deux – galants s’abstenir ». Après quelques échanges de courriels, il se rend à l’atelier d’artiste de Dylanne, et il est déconcerté devant l’originalité du projet qu’on lui propose.

 

André Carpentier propose ici une réflexion sur l’intériorité, la beauté, la complicité entre deux êtres, mais aussi sur l’imprévu qui peut survenir et auquel parfois on tente de se dérober

L'auteurdylan002

André Carpentier est né en 1947 à Montréal. Il obtient, en 1973, une maîtrise en Études littéraires à l'Université du Québec à Montréal (UQÀM) et en 1986, un doctorat en Études françaises à l'Université de Sherbrooke. Il commence à écrire dans les années 70 et reçoit en 1983 le Prix Boréal pour Du Pain des oiseaux. En plus d'écrire des romans, il touche également à la bande dessinée et écrit pour la revue L'Écran en 1974. Il sera également directeur adjoint au Pavillon international de l'Humour de Terre des Hommes.

Il enseigne à l'UQÀM mais travaille aussi comme animateur et critique littéraire à la radio de Radio-Canada.

Blogue.

Bibliographie partielle

  • Axel et Nicolas, suivi de Mémoires d'Axel (1973)
  • L'Aigle volera à travers le soleil (1978)
  • Rue Saint-Denis (1978)
  • Du pain des oiseaux (1982)
  • Journal de mille jours (1988)
  • De ma blessure atteint, et autres détresses (1990)
  • Carnet sur la fin du possible (1993)
  • Gésu retard (1999)
  • La renouée des oiseaux (1999)
  • Mendaint de l'infini (2002)
  • Ruelles, jours ouvrables (2005)
  • Dylanne et moi (2012)

Commentaires personnels (attention spoilers)

Note : Bon, j'ai averti que mon commentaires contenait des spoilers, mais je m'aperçois qu'il en contient beaucoup trop. J'ai beaucoup aimé le roman de Carpentier. C'est une belle lecture. Une exploration du paraître, de l'être, de l'âme et de la création artistique. C'est un texte intriguant et envoûtant. Si vous pensez le lire, ne lisez pas mon commentaire. Même si on devine assez rapidement l'essence de la démarche artistique de Dylanne, il serait dommage de ne pas le découvrir petit à petit au fil des mots et des séances artistiques.

[Spoilers à venir]

Un médecin répond à une petite annonce dans un journal de Montréal. Il a survécu à un cancer et est un peu à la recherche de lui-même. La petite annonce offre une expérience unique à vivre : "une expérience artistique à deux". Mais il est clairement dit que rien de sexuel ou romantique n'est proposé.

Après avoir sondé un peu le terrain, l'homme décide d'accepter la proposition de Dylanne et se rend à son studio. Mais la séance artistique le prend par surprise. Dylanne lui demande de se dévêtir, de prendre des poses mais surtout de la prendre, elle, en photo, alors qu'elle le regarde. Le modèle nu devient le photographe et doit photographier l'artiste qui l'observe. Malgré ses réticences et son esprit cartésien, il se laisse envahir par l'inspiration artistique de Dylanne.

Cette expérience le projette en lui-même et nu, se laisse envahir par l'expérience. Quand nous sommes nus, quand nous ne sommes plus protégés par les vêtements, nous sommes exposés. Notre vulnérabilité est exposée. Notre âme est à découvert. Et se dévoiler n'est jamais facile. Mais c'est ce que recherche Dylanne. Après cette séance, il quitte le pays pour faire du travail humanitaire. Il part à la recherche de lui-même et de son identité. Mais Dylanne ne quitte pas son esprit. Son expérience le pousse à sortir de son moule, à transgresser ce qu'il pensait être. Quand il revient au Québec, il décide de revoir Dylanne. Il la retrouve à une séance de signature de son livre "Derniers regards". Et alors, il comprend la démarche de Dylanne. La capture de ses derniers moments de voyante. Les derniers moments qu'elle a pu voir.

Il accepte alors de participer à une deuxième séance de photographie. Elle sera alors le photographe. Une photographe aveugle. Il a alors l'impression de ne plus exister. Elle ne le voit pas. Seul l'appareil le voit. Fige un moment. Capture un moment. Et si on n'existait que dans le regard de l'autre ; et surtout que si on avait conscience de ce regard.

Ces photographies feront parties d'un second livre. Mais l'homme n'arrive pas à se réconcilier avec cette dernière séance de photos. Il ne retrouve plus Dylanne. Et le roman de Carpentier est plein de silences. Le roman est lui même une multitude de moments captifs, de photographies, d'instants de vie. Le roman s'intitule Dylanne et moi et c'est exactement le résumé du livre. L'homme n'existe que par l'art de Dylanne. Ou encore, Dylanne force l'homme à vivre par son art, l'oblige à comprendre et dépasser ses propres limites. L'homme renaît grâce, à cause de Dylanne. Mais celle-ci disparaît petit à petit. Elle aura réussit à voir et à exister un peu plus longtemps à travers ces photographies.

C'est un roman sur la création et sur les limites de nos existences. Mais surtout sur comment nous pouvons aller au-delà des apparences et de nos limites, autant physiques que psychiques. C'est un texte tout en douceur et en lenteur. L'écriture est sobre mais puissante. Le roman en révèle finalement très peu. Nous ne saurons pratiquement rien sur l'homme et encore moins sur Dylanne. L'important est la démarche artistique. L'important est le dévoilement de nos faiblesses et notre capacité à en assumer les conséquences. L'important c'est notre regard sur nous-mêmes.

L'avis de Lali, David Hébert, Prospéryne, Jean-Michel Fortier,

Extraits

"Elle saisit mes mains, les souleva un instant vers son visage, et, comment dire ? elle les renifla avec l'insistance d'un animal. Et de même pour ma joue. Certes, cela me rappela sa demande expresse de ne porter ni parfum ni baume après-rasage le jour de la séance, mais je ne parvenais pas à saisir le lien avec les photos à faire. Elle me laissa sur place et, comme pour se l'approprier par les pieds et par tout le corps, elle arpenta l'espace dégagé du loft. Peut-être croyait-elle que le vide ne s'exprime jamais mieux que dans un lieu conçu pour être plein." [p.30]

"Des faisceaux lumineux tombant des fenêtres et des spots se répercutaient sur le plancher et faisaient rebondir des lueurs éblouissante par tout le loft. Dylanne s'y déplaçait à vitesse variable en déployant d'amples mouvements de bras et de jambes. Elle s'arrêtait inopinément, pivotait sur son axe, puis se remettait en marche. Le frottement de ses pieds nus sur le plancher produisait des couinements aigus, on aurait dit une guitare classique grinçant aux changements d'accords."[p. 41]

Sources à consulter

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09 février 2014

Le moment captif d'un dimanche : réflexion

2014-02"Ne regardez pas le passé, vous ne serez pas en mesure d'y retourner de toute façon."

Ne te retourne pas vers le passé... Ne vis pas dans le passé... Ne vis pas pour le passé... Je suis bien d'accord. Mais si on ne regarde pas une fois de temps en temps en arrière, on risque d'oublier les beaux moments.

On risque aussi d'oublier les moments tristes. Et si on oublie trop, on n'apprend rien. Il est difficile parfois de se souvenir. Et il y a bien sûr des moments qu'on voudrait oublier à tout jamais. Des moments qu'on regrette et qu'on voudrait pouvoir changer. Des moments qui n'auraient jamais dû avoir lieu. Regrets, honte, impuissance,... cela fait partie du passé qui envahit le présent. Et qui doit éclairer l'avenir.

Mais le passé ne doit pas être oublier. Et il ne doit pas nous retenir. Le passé nous enseigne comment  poursuivre notre route. Il est notre histoire, nos histoires. Il y a des larmes dans le passé et il y a des rires. À ne regarder qu'en avant, on oublie le chemin parcouru. Alors, il faut parfois se retourner et surprendre le coucher de soleil qui éclaire notre dos.

"On ne peut comprendre la vie qu'en regardant en arriere ; on ne peut la vivre qu'en regardant en avant." [Sören Kierkegaard]

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06 février 2014

Ma vie vie télévisuelle : ma vie en dessin...

Pendant le Temps des Fêtes, je me suis blessée. Je me suis "accrochée" la cuisse sur un boulon de métal. Bon, plutôt déchirée qu'accrochée... disons que cela a fait assez mal et qu'il y a eu du sang en abondance. Vite, vite, j'ai nettoyé et pansé la plaie. Quand je me suis couchée, cela élançait pas mal et picotait. Et c'est à ce moment que, comme d'habitude quand je me blesse ou que je suis malade, je me suis mise à imaginer les paquettes, en petits bonhommes rouges, Vie1se promenant parmi les globules pour aller réparer en vitesse réparer ma blessure. Et puis, peut-être des anticores volants se battaient-ils en même temps contre une invasion de bactéries, ces bonhommes si laids. Et puis, évidemment, il y a un vieux monsieur tout blanc, au centre de commande, qui contrôle tout ça. C'est tout un combat qui se passe et tout un travail de reconstruction... tout ça en même temps. Ouf.

On pourrait croire que j'avais commencer à divaguer et que ma blessure était plus grave qu'elle n'apparaissait... mais non, c'est que voyez-vous, c'est automatique, quand je suis malade, quand je me blesse, j'imagine dans mon corps un episode de "Il était une fois... la vie". Que ce soit un rhume que je combatte ou un excès de tartre sur mes dents, un bleu sur mon genou ou une indigestion, un mal de dos ou une grosse migraine... il y a toujours un épisode en train de jouer dans mon corps.

C'est dire comment cette émission m'a marquée ! Suis-je la seule à voir des petits bonhommes se promener dans son corps et lui permettre de fonctionner ?... hum... j'ai trop mangé ce soir... aller, les amis au travail !

Titre original: Il était un fois... la Vie

  • Créé par : Albert Barillé
  • Dirigé par : Albert Barillé
  • Scénario : Albert Barillé
  • Consultant scientifique : Alexandre Dorizynski
  • Musique : Michel Legrand
  • Graphisme et Design : Jean Barbot
  • Artiste : Claude Lambert
  • Genre : Famille - Dessin animé
  • Langue : Français
  • Pays d’origine : France
  • Durée : 25 minutes
  • Nombres d’épisodes : 26 épisodes (1 saison) Liste des épisodes sur Wikipedia
  • Années de diffusion : 1986-1989  (toujours en rediffusion)
  • Contribution de nombreux pays : Canada, Espagne, Pays-Bas, Suisse, Belgique et Japon

Vie3

Distribution:

  • RogerCarel : Maestro, Métro, Maître Globus, Pierre, Le Nabot
  • Marie-Laure Beneston : Psi, Pierrette
  • Alain Dorval : Hémo, Petit-Gros, le Teigneux
  • Gilles Laurent : Pierrot le globule blanc
  • Autres voix

Générique :

Chanson Hymne à la vie, composée par Michel Legrand, interprétée par Sandra Kim.

Commentaires :

Vie2Dessin animé qui combine l'humour et l'éducation. L'émission voulait offrir aux enfants - et aux adultes - des informations sur le corps humain et son fonctionnement. C'était essentiellement éducatif tout en essayant de faire rire un peu. Je ne me rappelle pas avoir vraiment ri, mais j'ai sûrement souri et je me rappelle que je trouvais cela très amusant.

Chaque épisode aborde un sujet différent, habituellement une partie ou un élément du corps : le sang, les muscles et la graisse, les os et le squelette, le coeur, l'oeil, l'oreille, la bouche et les dents,le foie, ... ou une fonction : la respiration, la digestion, ... L'émission aborda également la naissance, la vaccination, les chaînes de la vie, les toxines et bien d'autres sujets.

Les épisodes débutaient par un très (très) long générique. Puis, on voyait souvent Pierrot, ses amis et sa famille. Et puis, un accident, un malaise, un bobo... et on entrait dans le monde du corps, pour expliquer ce qui arrivait, comment notre corps fonctionne et réagit. Et évidemment, on avait souvent les explications du vieux bonhomme blanc qui semblait être le centre nerveux du corps et aussi, dans le monde "normal",  le médecin ou le dentiste, enfin le scientifique. C'était parfois un brin moralisateur, mais bon, on nous dit simplement comment on devrait, idéalement, prendre soin de notre corps.

Il était une fois... la Vie a duré un an, mais l'émission faisait partie d'un ensemble de séries : Il était une fois... l'Homme ; Il était une fois... la Terre ; Il était une fois... les Explorateurs ; Il était une fois... l'Espace ; Il était une fois... les Découvreurs ; Il était une fois... les Amériques. Chaque série reprenait les mêmes personnages dans des contextes différents. On retrouve donc toujours Maestro, vieux sage, qui explique tout... et puis Psy et Pierrot, Pierre et Pierrette, Petit-Gros, sans oublier le Nabot et le Teigneux... les méchants, toujours méchants, peu importe la série.

Sites à consulter:

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