c"Ce n'est pas le temps qui manque, C'est nous qui lui manquons" [Paul Claudel]

Je manque à mon temps. Je le malmène. Je lui mène la vie dure. On dit que l'été, le temps s'étend, que la chaleur l'étire. Qu'il passe tranquillement. Mais mon temps pendant l'été se faufile à travers mes doigts. Il coule, il s'échappe.

Hier, nous étions au mois de juin, aujourd'hui nous avons passé la mi-août. C'est que les mois de mai et juin furent complètement consacrés au jardin et au potager. Complètement, entièrement. Puis, juillet, ce fut des envolées sur les routes du Québec. L'été passe si vite. Les samedis et dimanches si rares.

Tous les étés c'est pareil. Je devrais avoir au moins la politesse de mettre ces lieux en pause. Mais je suis sans façon, et je manque aux convenances.

Pourtant, régulièrement, je pense à écrire. Entre l'entretien de mes fleurs et mes légumes et les escapades en vélo ou en auto, les obligations familiales et les ménagères, je lis et je lis. J'oublie juste d'écrire. Mais voici la fin d'août qui pointe son nez. Je vais essayer de m'arracher un peu à la nature pour peupler de mots ces pages.