FH2La fille de l'hiver / Eowyn Ivey ; traduit de l'anglais (États-Unis) par Isabelle Chapman. -- [Paris] : Fleuve Noir, [2012]. -- 430 p. ; 23 cm. -- ISBN 978-2-265-09410-9

Quatrième de couverture

L'Alaska, ses forêts impénétrables, ses étendues enneigées. Son silence. Sa solitude.
Depuis la mort de leur bébé, le mariage de Mabel et Jack n'a plus jamais été le même. Partir vivre sur ces terres inhospitalières paraissait alors une bonne idée. Seulement, le chagrin et le désir d'enfant les ont suivis là-bas et la rudesse du climat, le travail éreintant aux champs les enferment chacun dans leur douleur.
Jusqu'à ce soir de début d'hiver où, dans un moment d'insouciance, le couple sculpte un bonhomme de neige à qui ils donnent les traits d'une petite fille. Le lendemain matin, celui-ci a fondu et de minuscules empreintes de pas partent en direction de la forêt… Peu de temps après, une petite fille apparaît près de leur cabane, parfois suivie d'un renard roux tout aussi farouche qu'elle. Qui est-elle ? D'où vient-elle ? Est-elle une hallucination ou un miracle ? Et si cette petite fille était la clé de ce bonheur qu'ils n'attendaient plus ?

Inspiré d'un conte traditionnel russe, La Fille de l'hiver est un roman à la fois moderne et intemporel où le réalisme des descriptions n'enlève rien à la poésie d'une histoire merveilleuse… dans tous les sens du terme.

Commentaires personnels

Ce roman respire le froid. Un froid inhumain mais qui étrangement ramène la douceur et la joie dans la vie de Mabel et Jack. Car il est personnifié par la petite fille de neige. Qui vit l'hiver et disparaît au printemps.

Eowyn Ivey s'est inspiré d'un conte russe, Snégourotchka pour écrire son roman. Et non seulement l'auteur s'est inspiré du conte, mais elle l'intègre dans son histoire. Mabel connait l'histoire et veut croire que le conte est devenu réalité. Une petite fille est vraiment née du bonhomme de neige qu'elle et Jack ont construit ensemble. Ils ont donné naissance à une enfant.

Le texte balance entre le conte et le roman historique. D'un côté nous avons l'histoire de Mabel et Jack, couple meurtri, qui revit avec l'arrivée d'une petite fille née de la neige. Et de l'autre nous avons le récit du quotidien des habitants d'une région aride et froide au début du XXe siècle. On pourrait croire que ces deux histoires sont irréconciliables, mais pas du tout. On se laisse bercer d'un univers à l'autre. On a parfois l'impression de lire un conte fantastique, d'autres fois, de lire un roman historique. On se plonge dans la vie brisée d'un couple qui renaît plus fort, dans les vies de pionniers qui ont choisi de braver les conditions difficiles d'un monde qui semble hostile et dans le mystère d'une petite fille rêvée mais finalement bien réelle.

J'essaie de ne rien dire pour ne pas trop dévoiler l'histoire. Mais j'ai l'impression de ne pas en dire assez. Ce n'est pas un conte fantastique, mais c'est un doux récit onirique. Ce n'est pas un roman rural, mais c'est un hommage à la vie dans ses contrées blanches, vastes, ardues et magnifiques. Ce n'est pas un roman psychologique, mais c'est un plongeon dans des émotions difficiles... la tristesse, la détresse, la solitude, le désespoir, l'isolement, la fragilité, l'espoir, l'endurance, la détermination, le désir, l'amour, l'amitié...

Je dois tout de même dire que certains passages m'ont un peu déçus. J'aurais aimé que l'auteur assume davantage le côté mystérieux et le lyrisme de son histoire. Et d'un autre côté, une fois ce côté onirique oublié, j'ai regretté que le roman ne laisse pas la réalité prendre plus place. Mais, ce sont des déceptions passagères. Et les deux déceptions font parties de ce qui m'a complètement enchantée.

Je passe pleins de moments et surtout pleins de personnages sous silence. Et surtout les deux personnages principaux : l'Alaska et l'hiver. Les mots de l'auteur pour décrire ce "pays" envoûtent. Et l'hiver est plus qu'une saison, c'est un état d'âme. Le texte est magnifique. Tout simplement. Et on doit laisser les mots de l'auteur nous bercer doucement.

(Ouf, j'ai très mal exprimé ce que le roman m'a offert... Et malgré le froid actuel, je ne peux que vouloir me replonger dans cet hiver et dans ce faux conte si réconfortant...).

Voir mon billet précédent sur l'auteur et l'histoire : La fille de l'hiver d'Eowyn Ivey - L'histoire

L'avis de

Extraits

"Mabel ne pouvait s'empêcher, chaque fois qu'elle pensait à l'enfant, de se rappeler le soir où il l'avaient modelée dans la neige. Jack avait sculpté ses lèvres et ses yeux. Mabel lui avait donné des moufles et coloré la bouche en rouge. Cette nuit-là, une enfant leur était née, d'une poignée de glace et de neige, et de beaucoup d'amour." p233

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