26 juillet 2015

Le moment captif d'un dimanche : simplicité

2015-05-03"Si les pissenlits étaient difficiles à cultiver, ils seraient les bienvenus sur toutes les pelouses." [Andrew V. Mason]

Je vois mon voisin se courber chaque printemps pour arracher ses pissenlits. Je fais de même. Et je le vois tout l'été se battre contre les mauvaises herbes, contre les insectes ravageurs. Je fais de même.

Et pourtant, c'est si beau une fleur. Fut-elle un pissenlit. Les champs de pissenlits près de chez moi sont comme un tapis d'or chaque printemps. Mais tout le monde déteste les pissenlits. Moi de même.

Oui, ils me donnent des allergies. Oui, ils sont envahissants. Oui, ils deviennent blancs.

Mais ils sont si simples. Si humbles. Si lumineux. Si invincibles. Si indestructibles. Si rayonnants. Si vivants.

Et cette simplicité ne fut pas facile à atteindre. Cette immortabilité fut un combat difficile. On pourrait croire que le pissenlit est une mauvaise herbe. Une fleur trop simple pour être belle. On ne s'arrête plus pour la regarder. Pour observer toute sa beauté. On se penche et on l'arrache. On l'asperge de poison dans l'espoir de ne plus la revoir.

Et pourtant, elle respire, elle vit, elle rayonne. Elle travaille fort pour ne jamais disparaître. Et lorsque nous, nous ne serons plus que poussière ; elle, elle brillera toujours. Celle que nous avons trouvé trop simple pour l'aimer, envahira notre tombe.

 "Avoir une vie facile est un but difficile à atteindre." [William Cowper]

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12 juillet 2015

Le moment captif d'un dimanche : débordement

2015-09"La dernière goutte est celle qui fait déborder le vase" [Proverbe français]

Elle se penche sur le bord de la fontaine. Elle ferme les yeux et écoute attentivement. Qu'est-ce qu'elle entend ? Des drip-drops, des flocs, des plocs ? Je ne sais pas dans quelle langue elle écoute les gouttes qui tombent une à une. Mais elle semble les comprendre.

Elle soupire. Elle se laisse submerger par le bruit de toutes ces gouttes qui la dégoûtent par leur intensité à se laisser tomber sans répit et sans retenu. Elles ne semblent pas se lasser de dégoutter. Elles s'écoulent et rien ne pourrait les retenir. Elles n'essaient même pas, se dit-elle en espérant voir au moins une goutte éviter l'égouttement. Une goutte se battre pour rester dans le vase. Mais une autre goutte vient de s'ajouter au récipient et précipite sa voisine dans le néant. Et la scène se répète à l'infini. Une goutte fait déborder le vase. Et elle n'y peut rien.

"Le fleuve le plus abondant ne peut ajouter une goutte d'eau à un vase déjà plein." [Léon Tolstoï]

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05 juillet 2015

Le moment captif d'un dimanche : substance

2015-07-26"Aujourd'hui rien d'extraordinaire, rien que le train-train du merveilleux..." [François Coupry]

Je suis moi. Je ne suis pas très banal, mais je suis moi. On me regarde toujours un peu bizarrement. Comme si on ne croyait pas que j'existe vraiment. Mais je suis là. Et je suis moi.

J'ai toujours été ainsi. Entre le bizarre et l'improbable. Moi, je dis que je suis entre l'extraordinaire et le merveilleux. Une espèce unique et dont je suis l'unique représentant.

Parfois, il y a des jours où je trouve difficile d'être si extravagant. Ce sont des moments où je me sens las, seul, incompris. C'est passager. Car je suis peut-être impossible mais je suis moi.

Je suis étrange mais je suis comme tout le monde finalement. Si vous me regardez bien, si vous prenez le temps de m'écouter, vous verrez, nous nous ressemblons. Nous n'avons peut-être pas les mêmes ailes ou les mêmes cornes mais nous avons la même étincelle dans les yeux.

"Today you are you! That is truer than true! There is no one alive who is you-er than you!" [Dr. Seuss]

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02 juillet 2015

Deux zèbres sur la 30e Rue de Marc Michel-Amadry

zebres1Deux zèbres sur la 30e Rue : roman / Marc Michel-Amadry. -- [Paris] : Éditions Héloîse d'Ormesson, 2012. -- 114 p. ; 21 cm. -- ISBN 978-2-35087-192-9. -- La couv. porte en outre: "Drôles de zèbres".

Quatrième de couverture

Pour remplacer ses zèbres morts de faim, Mahmoud Barghouti, directeur du modeste zoo de Gaza, se résout à peindre des rayures à deuxanes. James correspondant du New York Times au Moyen-Orient, s'empare de ce fait divers insolite, porteur d'un message d'espoir et de paix. Une chronique dont les échos dépassent les frontières et qui bouleverse des destins. Entre Paris et Berlin, New York et Gaza, d'un ambitieux consultant à une artiste peintre branchée, d'un intrépide journaliste de guerre à une volcanique DJ, deux couples sont réunis grâce à la magie de ces zèbres pas comme les autres.

Bijou d'optimiste, sésame vers le bonheur, Deux zèbres sur la 30e Rue est une incitation à oser vivre à la hauteur de ses rêves. Un livre qui fait du bien, à mettre entre toutes les mains.

L'auteur

Marc Michel-Amadry est un auteur suisse qui vit présentement à Neuchâtel.

zebre2Après des études au HEC de Lausanne, il poursuit une carrière principalement en marketing. Il débute sa carrière chez TAG Heuer. Il occupera des postes de direction pour diverses entreprises. dont Ebel, Concord et Sotheby's Suisse.

Il publie son premier roman en 2012, Deux zèbres sur la 30e Rue, en s'insirant d'une histoire vraie.

Bibliographie

  • Deux zèbres ur la 30e Rue (2012)
  • Monsieur K (2015)

La page Facebook de l'auteur, son compte twitter, son profil LinledIn,

Mes commentaires

Peut-on avoir été charmé par une histoire et déçu par un roman ?

L'histoire m'a complètement conquise. Le récit d'un homme qui veut sauver la magie de son zoo, qui veut faire rêver petits et grands ; le récit d'un homme qui maquille la dure réalité de la vie à Gaza pour offrir de l'espoir aux visiteurs de son zoo... tout ça m'a charmée, m'a donné un petit pincement au coeur.

Le problème c'est que c'est court, bref, inabouti... Je voulais vivre avec Mahmoud, le directeur de ce zoo qui peint des ânes en zèbres. Je voulais le suivre dans cette histoire improbable alors qu'un journaliste l'amène à New York, loin de tout ce qu'il connaît, pour l'aider à faire vivre son zoo, l'aider à trouver les fonds pour faire de son rêve un vrai zoo qui fera rêver les enfants de la guerre. Je voulais apprendre à le connaître. Le suivre dans ses doutes, ses démarches, ses craintes et ses rêves.

Mais Mahmoud, on le voit trop peu. On saute rapidement dans les vies de 4 autres personnages : le journaliste et une jeune DJ qu'il rencontre, une artiste et son amoureux qu'elle a laissé pour vivre sa passion. Ces personnages sont intéressants, mais semblent voler la vedette à l'histoire qu'on veut vraiment suivre. Et puis, d'un autre côté, ils sont intéressants ; mais on n'apprend pratiquement rien sur eux. Tout va trop vite. Trop peu de pages. Trop d'histoires. J'ai l'impression d'avoir vu un épisode débutant une télésérie... un avant-goût de ce qui va m'être raconté plus tard. Sauf que je sais que c'est tout... il n'y aura pas de plus tard. [Et puis, j'ai été TRÈS étonnée par la conclusion... incongrue, improbable, farfelue...]

Ceci dit, j'ai beaucoup aimé le livre. Pour son histoire qui me rappelait un conte, une fable... un brin moralisateur, un brin féérique. Même si les horreurs de la guerre, les larmes et les douleurs de Gaza sont à peine évoquées, on arrive à les sentir tout de même.

Je crois que l'auteur a voulu faire de ce fait divers survenu en 2009, un roman optimiste, rempli d'espoir et de rêves. Mais qu'il s'est un peu éparpillé dans son récit. Il a voulu dire trop de choses. Il a voulu nous partager trop d'émotions dans un seul roman... un peu trop court.

Bien sûr, l'histoire est inspirée d'un fait divers bien réel. Cependant, si vous lisez les articles que j'ai mis en lien un peu plus bas, vous verrez que l'histoire - ainsi que le directeur du zoo - est un peu différente.

Je sais que je ne parle pas de l'histoire. C'est si court, j'ai peur d'en dire trop. Voyons voir... un journaliste dépressif découvre à Gaza un zoo avec de faux zèbres qui lui font redécouvrir la beauté de la vie. Il décide d'aider le directeur à rebâtir son zoo, un peu amoché par la guerre. Il le persuade de quitter pendant un temps, sa ville, son zoo, sa femme et ses enfants pour aller à New York afin d'acheter de vrais zèbres -et autres animaux. Parallèlement, nous avons l'histoire d'amour du journaliste avec une jeune DJ qui lui fera redécouvrir comment vivre passionnément ainsi que l'histoire de la rupture d'un autre couple... elle, artiste qui part à la recherche d'elle-même à New York, lui écrivain qui veut écrire sur le zoo de Mahmoud, tout en espérant le retour de sa belle... Wow... j'ai l'impression de raconter n'importe quoi. C'est un peu ça... mais pas juste.

Peu importe... même si le roman m'a semblé un peu anodin (j'aurais voulu tellement plus), l'histoire, elle, m'a charmée. Complètement. Et c'est ce qui me reste de ma lecture.

Les mots de l'auteur

"Le directeur du zoo avait tout compris. Sans magie, la vie n'est rien. Sans utopie, le cynisme gagne. Mahmoud à lui seul, redonnait espoir en l'humanité." p. 11

"Ces deux zèbres, mademoiselle, ils ont un pouvoir exceptionnel. C'est un symbole qui doit nous inciter à offrir au monde plus de magie et moins de guerre. Ces deux zèbres, Mila, c'est vous, c'est moi." p. 114.

Pour en savoir un peu plus...

Quelques articles parus en 2009 sur le véritable "Zoo de la joie":

Quelques avis sur le roman :

 

Posté par Laila_Seshat à 01:42 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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