DSC_5945Hier à la bibliothèque, nous avons reçu une boîte pleine de livres en don. En effet, les gens semblent incapables de jeter leurs livres. Ils viennent les porter à la bibliothèque. Peu importe leur état : livres vieux, jaunis, puants et souffrant de moisissures avancées... ils sont incapables de les mettre au recyclage ou à la poubelle. Non, on croit que la bibliothèque municipale va profiter de ces dons inestimables de livres publiés dans les années '60, '70 ou '80. Qui ne voudrait pas d'un Danielle Steel des années '80. Désolée, mais même s'il est en bon état, il y a de bonnes chances que nous avons élagué (comprendre retirer de notre collection) notre copie il y a déjà de nombreuses années.

Bon, ce que je veux dire, c'est que nous recevons toutes les semaines, des caisses et des caisses de dons. Et pour la forme... ce ne sont pas toutes les bibliothèques publiques qui acceptent les dons... car c'est un travail immense pour pratiquement aucun résultat.

Mais je ne voudrais pas être totalement négative, hein, et il arrive que certains documents soient en bon état et relativement récents. Nous allons donc vérifier si nous avons le livre (ou cd, ou DVD, ou... bon vous comprenez le principe). Et alors plusieurs options s'offrent à nous... Si nous n'avons pas le livre, nous décidons si nous le gardons ou non pour notre collection... Et si nous avons le livre ? Si le don est en meilleur état que notre copie, nous la remplaçons par le don. Mais dans tous les cas, si nous ne conservons pas le don pour notre collection et s'il est en bon état, il sera conservé pour la vente de livres.

Deux fois par année, nous avons une vente de livres usagés (lire ici, les livres que nous avons retirés de nos collections et livres que nous avons reçus en don et que nous n'avons pas conservés pour la bibliothèque pour diverses raisons mais qui étaient en assez bon état pour leur donner une autre chance). Tant de livres mis en vente à des prix ridiculement bas... car même si, il faut le dire, un but des ventes est d'aider la bibliothèque dans ses activités, le but premier de la vente - car à 0.25, 0.50$ et 1.00$, on ne fait jamais des ventes phénoménales - est de donner une deuxième vie à ces livres - car personne n'aime jeter un livre... Bon, est-ce que j'en viens à mon crime littéraire, vous vous demandez ?

Oui, alors voilà... mon crime est que je suis une acheteuse compulsive lors de ces ventes de livres ! Je ne peux m'empêcher d'acheter ces livres que je vois atterir sur les rayonnages de notre magasin consacrés à nos ventes de livres. Et le pire, c'est que je les achète avant même ces fameuses ventes de livres. Aussitôt que ces livres abandonnés ou élagués rejoignent le magasin, nous sommes quelques employés à hanter les rayonnages. Nous entendons l'appel de ces livres à la recherche d'un nouvel endroit où vivre. Et j'achète, j'achète, j'achète... j'ai des piles infinies de livres achetés à la bibliothèque qui viennent rejoindre mes piles de livres qui attendent d'être lus. Car le problème c'est que je passe mon temps à emprunter et lire les livres que j'ajoute à la collection de la bibliothèque. Donc, ces livres que j'achète, je n'ai pas le temps de les lire. Il y a définitivement trop de livres à lire. J'essaie de résister. J'essaie de ne pas acheter. Mais ils sont là... ils m'appellent, m'intriguent avec leur quatrième de couverture et je ne peux m'empêcher de les acheter. Et j'achète, j'achète, j'achète...

Et je me sens coupable de lire les livres que j'emprunte avant ceux que j'achète. Heureusement ces derniers ne semblent pas rancuniers et attendent patiemment que je les lise. Après avoir été abandonné une fois, ils ont bien le temps d'être lu à nouveau. Ils ne semblent pas m'en vouloir de mon crime d'acheteuse compulsive...