31 octobre 2016

Joyeuse Halloween !

"Je rigole face au danger, ensuite je cherche un trou pour me cacher"

[Xander dans Buffy, the Vapire Slayer]

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C'est le temps des fantômes, des squelettes, des citrouilles et 

des peurs contrôlées - ou non !

Joyeuse Halloween !

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30 octobre 2016

Le moment captif d'un dimanche : merveilleuse chimère

2016-10-09 ogres« Ne sommes-nous pas, comme le fond des mers, peuplés de monstres insolites ? » [Henri Bosco]

Il y a des monstres partout. Dans nos maisons et dans nos jardins. Il y en a qui se cachent dans la forêt, dans les champs, dans les grottes, sur les routes et dans les lacs. Je vois des monstres dans mon miroir, dans mes cauchemars et dans mes rêves. Il y a des monstres dans les yeux de mes amis, de ma famille, de mes collègues et dans mes yeux.

Les monstres en moi sont multiples. Ils se font parfois discrets, je ne les entends pas, je les oublie. Mais parfois ils sont assourdissant et omniprésents. Je ne peux les éviter, je ne peux les combattre. Ils font surface et m'envahissent. Ils prennent toute la place. Ils grimacent et essaient de me faire peur. Ils se réflètent dans mes gestes, mes mots, mes espoirs, mes doutes.

J'ai déjà voulu les combattre, les anéantir ; je me suis épuisée à vouloir les détruire. Mais ces monstres font parties de moi. Sans eux, je serais incomplète. Et donc je les cajole et petit à petit je les calme et les dompte. Et j'apprends à vivre avec eux, les contrôler mais les laisser aussi vivre en moi. Mes petits monstres grimaçants.

« Chacun a en lui son petit monstre à nourrir.» [Madeleine Ferron]

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28 octobre 2016

Le Wagon de Philippe Saimbert & Isabelle Muzart

waLe Wagon / Philippe Saimbert & Isabelle Muzart ; d'après un scénario et des dialogues originaux de Philippe Saimbert. -- [Paris?] : [Éditions Asgard], [2011]. -- [22- p.?] ; 24 cm. -- ISBN 978-2-91914012-1. -- (Coll. Nuits d'avril / sous la direction de Franck Goulbert)

Quatrième de couverture

Un train emporte un groupe de voyageurs à la rencontre de mystérieux phénomènes, relatés par la presse locale d'un petit pays d'Europe centrale. En pleine nuit, leur wagon e détache : ils se retrouvent abandonnés au beau milieu d'une vaste forêt recouverte de brume. Dès lors, l'excursion tourne au cauchemar.

Apparitions étranges et surnaturelles, puis morts brutales vont s'enchaîner tout au long du récit. S'agit-il d'une rencontre du troisième type ou de quelque chose de plus incroyable encore ?

Connu pour ses scénarios de B.D., Philippe Saimbert signe ici, avec la complicité d'Isabelle Muzart, un thriller naviguant entre mystère, fantastique et agoisse.

Les auteurs

Philippe Saimbert est né à Pau en France en 1962. Romancier et scénariste, il a écrit depuis 1999, une douzaine de bandes dessinées. Il privilège le fantastique, la science-fiction et le thriller. Il écrit aussi parfois des textes humoristiques dont le plus connu : L'héritage de tata Lucie paru en 2010. Son scénario "Le wagon" a été acheté pour adaptation cinématographique.

Bibliographie partielle

  • Les Processionnaires - BD (2001-2003)
  • Les âmes d'Hélios - BD (2003-2007)
  • Break Point - BD (2004)
  • Les Brumes hurlantes - BD (2005-2006)
  • Blood Academy - BD (2010)
  • Objectif rencontres - BD (2010-     )
  • L'héritage de tata Lucie - roman (2010)
  • Le wagon (2011)

Page Facebook de Philippe Saimbert ; Site de l'auteur

Isabelle Muzart est née dans la ville d'Alençon en 1966. Elle est écrivaine et selon son site elle continue encore à vendre des machines agricoles !

Bibliographie sommaire

  • L'inavouable secret (2009)
  • Le journal d'Anne F. (2010)
  • Neige au paradis
  • Le Wagon (2011)
  • Recherche désespérément Fée clochette
  • Chasse à l'homme
  • Secret de fille
  • Le lotissement

Le site de l'auteur.

Mes commentaires…

Alors, voici une autre lecture sauvetage. Oui, j'ai l'âme charitable !!! :P Encore une fois, un roman qui avait des statistiques pauvres, très pauvres, le pauvre. Lors d'un élagage des romans classés dans la section Science-Fiction, ce roman a attiré mon attention. La quatrième de couverture disait bien "rencontre du troisième type", mais le reste du texte me semblait plus fantastique que science-fiction. Alors hop, à la maison pour une lecture. Et hop, on reclasse le roman, car non, en effet, le roman est définitivement fantastique et n'a pas du tout sa place en Science-Fiction. Voyons voir s'il a plus de chance dans cette deuxième vie !

Le roman nous raconte le périple d'un groupe de voyageurs qui partent pour un voyage un peu spécial. Ils ont en effet réservé une place pour une excursion touristique dans un train qui doit les amener dans un voyage vers un endroit - une forêt en Europe centrale - qui aurait été témoin de manifestations étranges, possiblement extraterrestres. Les premières pages nous présentent chacun des personnages qui prennent place dans ce wagon. Cela peut sembler un peu long mais chaque personnage est important à l'histoire : le père et ses deux enfants, une journaliste, un homme d'affaires, un couple, le conducteur et le narrateur. Tous les passagers sont impatients de vivre l'expérience et espèrent voir quelque chose de surnaturel et surtout quelque chose d'extraterrestre.

Et puis, bizarrement, leur wagon se détache du train et se retrouve isolé, abandonné au milieu de la fameuse forêt. C'est alors que la vie des personnages dérapent et sombrent petit à petit dans le fantastique. On croit, tout d'abord, comme les personnages, que la nuit est peuplée d'êtres venant d'autres mondes. Puis, on finit par comprendre qu'il n'en est rien. Mais le surnaturel et la mort sont bien au rendez-vous.

L'auteur amène son sujet tranquillement. Chaque personnage est présenté et on a l'impression de les connaître peu à peu. Ce préambule peut sembler un peu long mais il est réellement essentiel à ce qui arrive aux personnages. Car ce que sont les personnages est l'explication de ce qui leur arrive. Et chaque personnage a une raison d'être sur ce train.

La tension est palpable et augmente au fur et à mesure que l'histoire avance. Et la fin est très surprenante. J'ai beaucoup aimé l'écriture des auteurs et surtout la façon qu'on croit d'abord à quelque chose mais qu'ensuite tout est différent... j'aimerais beaucoup en dire plus, car je crois que c'est ce qui fait le roman si intéressant, mais c'est aussi le "punch"... et je m'en voudrais de tout révéler... Je dirais simplement... si votre librairie ou votre bibliothèque a classé ce roman en science-fiction... oubliez cette classification. Si vous cherchez un roman de SF, vous serez déçus et si vous passez votre tour car vous pensez qu'il y aura des ET... et bien, vous aurez manqué un très bon roman fantastique qui nous confronte à nos peurs. Ce voyage est unique, effrayant mais terriblement réel.

Les mots des auteurs (Extraits)

"Une aube grise et terne pointait au-dessus de l'immense forêt. Le brouillard ne s'était pas dissipé et enveloppait toujours les lieux d'un couvercle poisseux. La lumière du matin s'immisçait avec difficulté dans le wagon toujours abandonné sur sa voie, au milieu de nulle part. Elle révéla un à un les corps figés des passagers, recroquevillés sur eux-mêmes dans des postures improbables." p.75

"- Vous le connaissiez bien ? demanda madame Richter. - Comme tout le monde ici. Ni plus ni moins. Mais il me rappelait quelqu'un... Une simple impression. Un peu comme un souvenir qui ne parviendrait pas à remonter à la surface. Comment expliquer ? - Inutile, je comprends. J'ai la même sensation que vous. Un peu comme un rêve fait et refait, et aussitôt oublié." p. 223

Pour en savoir un peu plus…

  • Biographie de l'auteur sur le site BDGest's
  • Critiques sur Babelio
  • Un avis sur le blogue Lire ou Mourir
  • L'avis de Liliba sur le blogue Les lectures de Liliba
  • L'avis d'Archessia sur le blogue Les mots d'Archessia
  • L'avis de Loreley sur le blogue Les Ô Troubles
  • L'avis d'Elodie sur le site ActuSF.com

23 octobre 2016

Le moment captif d'un dimanche : encager son corps

2016-10-23a« On cloue les cercueils comme si on avait peur que les morts s'envolent. » [Georges Perros]

Les morts sont morts. Nous serons tous un mort, un jour. Un mort ne se lève plus. Il ne respire plus. Il n'est plus qu'un corps qui deviendra un jour un squelette puis après une éternité, il ne sera plus que poussière. Sauf, si on l'a incinéré. Alors, il est déjà poussière. Ce qui accélère le processus. Un petit coup de pouce comme on dit.

On choisit souvent, depuis toujours, d'enfermer les morts dans des coffres, sarcophages, cercueils... Une protection contre la décomposition. Il faut la ralentir, l'arrêter, l'oublier. Et une protection pour les vivants, si jamais le corps voulait retrouver sa vie et revenir les tourmenter.

Un mort est mort. Mais on ne peut le laisser en paix. Il faut d'abord le mettre en cage ou le détruire. Puis une fois le risque qu'il s'échappe de sa mort envolé, on peut l'invoquer à volonté. On lui parle, on l'harcèle de nos demandes, prières, questions, inquiétudes. On le met dans un cerceuil ou dans une  urne pour mieux l'encager. 

Et un jour, on m'emprisonnera aussi. Quand la mort m'envahira et me libérera de mon corps. Je serai aussi un mort séquestré dans un contenant quelconque. Mais je m'envolerai et viendrai chatouiller les orteils de ceux qui m'auront mis en cage. 

« Le squelette, c'est la mort : il est dans notre corps. » [Charles de Leusse]

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20 octobre 2016

Last days d'Adam Nevill

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Last days / Adam Nevill. – New York : St. Martin’s Griffin, c2012. – viii, 530 p. ; 21 cm. – ISBN 978-1-250-01818-2

Quatrième de couverture

When guerrilla documentary maker, Kyle Freeman, is asked to shoot a film on the notorious cult known as the Temple of the Last Days, it appears his prayers have been answered. The cult became a worldwide phenomenon in 1975 when there was a massacre including the death of its infamous leader, Sister Katherine. Kyle's brief is to explore the paranormal myths surrounding an organization that became a testament to paranoia, murderous rage, and occult rituals. The shoot's locations take him to the cult's first temple in London, an abandoned farm in France, and a derelict copper mine in the Arizonan desert where The Temple of the Last Days met its bloody end. But when he interviews those involved in the case, those who haven't broken silence in decades, a series of uncanny events plague the shoots. Troubling out-of-body experiences, nocturnal visitations, the sudden demise of their interviewees and the discovery of ghastly artifacts in their room make Kyle question what exactly it is thecult managed to awaken âe" and what is its interest in him?

L’auteur

Adam L. G. Nevill est né en 1969 à Birmingham en Angleterre. Il a vécu en Angleterre et enLastDays2 Nouvelle Zélande. Ces romans ont reçu de nombreux prix.

Bibliographie partielle

  • Banquet for the Damned (2004)
  • Apartment 16 (2010)
  • The Ritual (2011)
  • Last Days (2012)
  • House of Small Shadows (2013)
  • No One Gets Out Alive (2014)
  • Lost Girl (2015)
  • Under a Watchful Eye (2017)

Site web de l'auteur, sa page Facebook, son compte Twitter

Mes commentaires

Hourra ! Quelle lecture parfaite. Finalement, j'ai eu entre les mains un roman fantastique, un roman d'horreur bien construit, cohérent et qui m'a donné quelques frissons. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas autant aimé un roman fantastique.

C'est une histoire classique mais également très moderne. On reprend tous les codes du genre à la sauce d'aujourd'hui. Et l'ensemble est encore une fois très visuel. L'horreur est d'abord à peine perceptible, on la devine petit à petit, on la découvre en même temps que le personnage principal. Et on doute d'abord avec lui, on ne veut pas y croire. Puis, la tension monte de plus en plus pour devenir insoutenable, on sent la peur se transformer en terreur. Jusqu'à la scène finale.

C'est un roman parfaitement construit. Les phénomènes paranormaux, surnaturels sont encadrés d'une histoire bien ancrée dans le réel, dans la vie de tous les jours. Car bien que les personnages sont des habitués des reportages étranges, ils sont pragmatiques, rationnels et terre à terre. Ont des problèmes banaux et normaux.

Mais je n'ai encore rien dit de l'histoire.

Alors, Kyle Freeman est un réalisateur de films indépendants qui touchent des sujets non conventionnels. Il travaille principalement avec son collègue, caméraman et ami Dan. Alors que Kyle est un peu au bord de la faillite, il se fait offrir de réaliser un documentaire sur une secte des années '70, nommée Temple of the Last Days, et ayant pour gourou, une certaine Sister Katherine. En 1975, la secte a connu une fin horrible et sanglante dans un ranch en Arizona.

Kyle accepte ce projet même si rapidement il sent qu'il n'a pas vraiment le contrôle sur son film. Le producteur qui lui a commandé le film lui impose les entrevues - avec d'anciens membres de la secte et lui dicte ce qu'ils doivent faire et ne pas faire. Alors que Kyle et Dan se déplacent de l'Angleterre à la France puis aux États-Unis à la rencontre d'anciens membres et dans les traces de la secte, Kyle commence à vivre des événements d'abord étranges puis de plus en plus dérangeant et inquiétant. Il doute d'abord, essaie de trouver des explications rationnelles, mais plus les jours passent, plus la peur l'envahit. Et plus il enquête sur la secte et sur Soeur Katherine, plus il sait que le rationnel n'a plus sa place dans sa vie.

Le roman culminera dans les lieux qui ont vu le massacre des derniers membres de la secte et qui sera le témoin encore une fois d'un cauchemar terrible. Mais il ne faut pas croire que le texte est lourd, violent ou excessivement sanguinaire. Oui, il y a du sang. Mais l'horreur est amenée doucement, tranquillement, sournoisement subtilement dans le texte. Mais une fois qu'elle est en place, elle est omniprésente, on la sent dans chaque page. Même lorsqu'elle est absente, on l'attend et on l'anticipe. L'auteur nous mène par le bout du nez dans son texte et on le suit. Il maîtrise parfaitement le genre. On a l'impression de vivre avec Kyle sa descente dans l'enfer de la secte, de la folie, du paranormal et du mal.

Mais le roman va au-delà du paranormal, du suspense et de l'horreur. On aborde les sujets de la fascination pour le mal, la mort, l'horreur ainsi que le désir de la reconnaissance médiatique, le besoin narcissique d'être connu et reconnu, d'avoir du pouvoir et de garder ce pouvoir. Et finalement le besoin et désir d'être éternel et de laisser sa trace.

Nevill garde le rythme tout au long du roman et la fin est parfaite - bien qu'elle m'ait tout de même surprise. Bon, on peut lui faire quelques reproches, une certaine reprise facile des thèmes, quelques longueurs... Mais je n'en ai pas envie. Pour moi, ce fut un roman d'horreur tout simplement parfait !

Les mots de l’auteur

Relief sang to him. The dream, a nightmare, faded like a dim and incorrectly remembered photograph. That’s all it was and nothing more. The figures upon the walls of the temple, Gabriel’s terrible accident, half a bottle of spirits, exhaustion, an unfamiliar bed in a pitch-black room, Dan’s snoring, another country, another word... Too much, too much. That’s why he’d had a nightmare.” P.169

« My point, my dear boys, is that there is something demoniac in human nature that we are unable to stop revering Unable to stop ourselves serving. This is our greatest tragedy. A tragedy because it is universal, and it is timeless as all true tragedies are. “ pp.464-465

Pour en savoir un peu plus…

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16 octobre 2016

Le moment captif d'un dimanche : s'oublier

2016-10-30"La mémoire est un drôle de brouillard" [Valère Staraselki]

Parfois, il fait bon s'oublier. Se perdre dans un nuage et oublier qu'on existe. Une envie d'avancer dans la brume et disparaître lentement. Pendant un instant, on se perd et on efface toute trace de notre vie. Le passé est confus. Le présent est imprécis. Le futur est indéfini. On déserte notre corps, on désapprend nos souvenirs, on se débarrasse de nos rêves et cauchemars.

On oublie tout. Et on avance doucement dans un vide embrouillé. On sait que c'est temporaire. On ne peut être invisible bien longtemps. Mais pendant quelques instants, on s'évapore. On est insaisissable, imperceptible, volatile et indécelable. Une ombre parmi les ombres. Un reflet sur le brouillard. Une illusion impossible.

Et puis, le brouillard se dissipe. Et on se souvient de tout.

"J'adore le brouillard. Il vous cache du monde, et inversement. Vous sentez que tout a changé, que l'on ne peut plus se fier aux apparences." [Eugene O'Neill]

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12 octobre 2016

Une nuit, je dormirai seule dans la forêt de Pascale Wilhelmy

peur1Une nuit, je dormirai seule dans la forêt / Pascale Wilhelmy. — Montréal : Libre Expression, c2015. – 173 p. ; 21 cm. – ISBN 978-2-7648-1128-3

Quatrième de couverture

Depuis ses cinq ans, Emma a peur de tout. Des chiens, des éclairs, de grimper aux arbres, du noir, des clowns… et des mains poilues. Pourquoi ? Elle a juré de ne rien dire.

Un soir d'orage, paralysée, elle se fait une promesse : vaincre ce qui l'effraie. Briser son grand secret. Une nuit, elle ira dormir seule dans la forêt, au cœur de tous les dangers. Et si elle survit, si un loup ne l'attaque pas, si un ours ne la scalpe pas, elle en reviendra victorieuse. Pour une fois.

Avec la sensibilité et le style qu'on lui connaît, Pascale Wilhelmy nous transporte dans l'univers d'Emma et de cette expédition qui la mènera à l'origine de ses peurs. Et surtout droit devant, vers un avenir plus léger, plein de promesses.

L’auteur

Pascale Wilhelmy est une auteure, journaliste et chroniqueuse québécoise. Elle a travaillé pendant plusieurs années pour la radio à Rythme FM. Elle a également travaillé comme journaliste artistique et culturelle pour le réseau de télévision TQS et pour le bulletin de nouvelles de TVA. Elle a aussi été animatrice pour l'émission Star peur2Académie. Et elle écrit pour divers magazines comme par exemple, le magazine 7 jours. Elle publie son premier roman Où vont les guêpes quand il fait froid ? en 2013, qui a été finaliste pour le Grand Prix littéraire Archambault.

Pascale Wilhelmy a deux enfants et est mariée à l'animateur radio et télé québécois, Denis Lévesque.

La page Facebook de l'auteure.

Bibliographie

  • Où vont les guêpes quand il fait froid? (2013)
  • Ces mains sont faites pour aimer (2014)
  • Une nuit, je dormirai seule dans la forêt (2015)

Mon expérience de lecture !

Je ne m'attendais à rien. Je savais que le livre avait eu de bonnes critiques mais qu'il n'avait pas beaucoup de succès à ma bibliothèque. Je ne sais pas pourquoi mais quand nous l'avons reçu en don, je l'ai acheté. Comme ça. Sans raison précise. Nous avions déjà trois copies qui ne sortaient pas beaucoup et donc en bon état. Alors le don s'est retrouvé dans la vente de livres. Et puis, ensuite, il a traîné un peu dans ma pile à lire. Un matin que je devais prendre le train, je l'ai pris distraitement. Et lorsque 30 minutes plus tard je sortais du train, je pleurais presque de devoir interrompre ma lecture. Le roman de Wilhelmy m'a chavirée, étourdie et bouleversée. J'ai eu les larmes aux yeux. Je ne voulais plus le quitter. Et quand j'ai dû le fermer, je n'ai pu qu'en parler à tout le monde autour de moi... et tous ceux qui l'ont lu me disent la même chose : les  mots de Wilhelmy sont magiques, tragiques, inoubliables...

J'exagère ? Peut-être. Mais c'est rare que je suis émue à ce point par un livre. Cela m'arrive parfois mais de plus en plus rarement. Alors avant de dire autre chose... merci Mme Wilhelmy, cela faisait si longtemps que je n'avais pas vécu un moment de lecture si intime et émouvant.

Mes commentaires...

Bon, revenons sur terre... Emma a peur. Elle a peur de presque tout et depuis toujours. Elle a peur de l'avion, des chiens, des ours, des hauteurs, de son sous-sol, des orages, et d'un miliers d'autres choses. Elle passe sa vie à essayer de surmonter certaines peurs et vivre presque normalement, puis à se réfugier chez elle pour se protéger des ours, des orages, des pilules qu'elle pourrait avaler de travers. Depuis aussi longtemps qu'elle se souvienne, elle a peur. Il lui semble avoir toujours vécu avec ses peurs.

Mais elle essaie de surmonter ses peurs. Tous les jours. À son rythme. Les premières pages nous parlent de toutes ces peurs qu'elle a et comment elle essaie de les surmonter. Puis, au détour d'une page, son petit ami découvre un dessin qu'elle a fait quand elle était une enfant. Et là, le roman bascule. Le dessin est effroyable, révoltant et horriblement triste. Quand j'ai parlé du roman avec des collègues, je me souviens avoir dit "et quand j'ai vu le dessin" au lieu de dire "quand j'ai lu la description du dessin". Car j'ai vu le dessin tant les mots de Wilhelmy sont forts et terriblement vivants.

Emma est blessée, même si elle ne veut pas admettre ces blessures. Petit à petit, au fil des pages, on retourne dans le passé d'Emma, son enfance, son adolescence, sa vie de jeune adulte, ses amours, ses succès, ses échecs... et surtout ses peurs. Ses peurs qu'elle connait, qui font partie de sa vie, qui sont même réconfortantes en quelque sorte, puis ses peurs enfouies, qu'elle veut ignorer et oublier.

Elle finit cependant par vouloir les combattre. Et elle décide de les affronter toutes à la fois, en passant une nuit, seule, dans la forêt. Elle a décidé d'affronter tous ses monstres.

Le roman m'a prise à la gorge. L'auteur m'a bouleversée. J'ai ensuite lu que même si l'histoire n'est pas la sienne, l'auteur a quand même vécu avec la peur, des peurs intenses. Pour avoir moi aussi certaines peurs, pour avoir vécu avec ma mère qui s'est battue contre des peurs intenses, irrationnelles et qui paraissaient insurmontables (mais qu'elle a fini par vaincre), je peux dire que l'auteur a su transmettre toutes ces émotions dans son texte. Comment les peurs peuvent briser des vies. La vie de ceux qui les vivent et des proches qui doivent vivre des peurs qui ne sont les leurs et essayer de les comprendre... et surtout les accepter.

Tous les personnages du roman m'ont semblé forts, vivants. En si peu de pages, l'auteur arrive à non seulement les présenter mais à tous les faire vivre. J'ai rarement eu cette impression de connaître autant les personnages, même les personnages secondaires. L'écriture de Wilhelmy est délicate, douce mais on la reçoit en pleine face... elle est aussi trèes brutale, vraie, authentique.

Mais je ne peux en dire plus... Et maintenant, j'ai terriblement envie de lire les autres romans de l'auteur mais j'ai aussi terriblement peur de le faire.

Les mots de l’auteur

« Le ciel n’est ni bleu, ni turquoise. Loin des beaux jours, il est noir. Troublant. Un éclair le traverse. Le feu vient de s’abattre sur la maison. J’en ai même fendu la toiture. Il n’y a ni jardin, ni fleurs. Aucune boule jaune, aucun soleil comme l’ont dessiné les atres élèves. Tous, sans exception. Chez moi, c’est la nuit.

Ma maison n’a pas de porte. Ni même une cheminée, pour s’évader. » p.57

« Se défaire de l’enfance. Impossible. On peut se bercer d’illusions, mais elles marquent, ces premières années. Un fer rouge dans la tête. Dans la mémoire. Parfois sur le corps. On fera des détours, on l’emmaillotera dans une amnésie forcée. Pourtant, elle ne se supprime pas. La ne sera jamais parfaite» p. 99

Pour en savoir un peu plus…

09 octobre 2016

Le moment captif d'un dimanche : tarte à la citrouille

2016-10-09Il y a des jours où les citrouilles ne sont que des citrouilles.” [Martine Delerm]

C'est l'automne. C'est bientôt l'Halloween. Et donc les citrouilles sont de retour. Depuis que je suis petite, les citrouilles ont toujours été présentes à l'Halloween. Mais elles faisaient plutôt offices de décorations. Ma mère en achetait une ou deux. Nous les décorions, enlevions les graines, sculptions des visages grimaçant et mettions des chandelles à l'intérieur le soir de l'Halloween pour éclairer notre porte. Symbole évident qu'il y avait des bonbons à donner à notre adresse.

Puis nous jetions le tout, le lendemain : graines et citrouilles éventrées. Ma mère n'était pas trop cuisinière. En fait, elle ne l'était pas du tout. Et même plus, elle avait la cuisine en horreur. Les tartes étaient habituellement remplie de fraises ou de framboises en canne. Alors, on s'entend qu'elle n'avait rien à faire des restes de citrouilles.

J'adore cuisiner. Mais les premières citrouilles que j'ai achetées, je les ai décorées, vidées de leurs graines, découpées, puis après qu'elles eurent illuminées mon portique, je les ai tout simplement jetées. Il ne m'était jamais venu à l'idée de faire quelque chose d'autres avec mes citrouilles.

Et puis, d'années en années, les citrouilles se sont multipliées sur mon perron. Parfois sculptées, parfois non. Juste pleins de citrouilles dans mes décorations. Et puis, c'est en vidant une citrouille en grignotant des graines de citrouilles achetées en magasin que je me suis dit... hum, je peux peut-être récupérer celles que je suis en train de jeter !

Et maintenant, toutes les graines de mes citrouilles sont séchées, cuites et dévorées. Et puis évidemment, j'ai aussi récupéré le reste de la citrouille. Et mes automnes sont remplis de potages, crèmes, tartes, purées, pains d'épices à la citrouille.

Et bizarrement, à chaque fois que je prépare mes citrouilles pour remplir nos ventres, je pense à ma mère et sa cuisine.

 

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04 octobre 2016

Conception de Chase Novak

conception1Conception / Chase Novak ; traduit de l'anglais (États-Unis) par Vincent Guilluy. – [Paris] : Préludes, [2015]. – 472 p. ; 20 cm. – ISBN 978-2-253-19102-5

Quatrième de couverture

Alex et Leslie Twisden mènent une vie radieuse : jobs en or, luxueux hôtel particulier en plein Manhattan et mariage passionnel. Ce qui leur manque en revanche, c’est un enfant, et après l’échec d’innombrables traitements, leur désir de progéniture vire à l’obsession.

Dans une dernière tentative désespérée, le couple se rend en Slovénie afin d’essayer une procédure médicale très particulière. Et là, c’est le miracle…

Dix ans plus tard, couvés et dorlotés mais vivant dans une maison habitée par les secrets, les jumeaux Alice et Adam se retrouvent chaque soir enfermés dans leur chambre, tandis que des bruits de plus en plus perturbants proviennent de celle de leurs parents. Un jour, ils décident de chercher à comprendre la vraie nature de ceux qui les élèvent. Leur découverte aura de quoi les épouvanter…

L’auteur

Scott Spencer est né à Washington aux États-Unis en 1945. Il grandit à Chicago. Après des études à l'University of Illinois et à la Chicago's Roosevelt University, il obtient son BA en Anglais de l'University of Wisconsin.  Il a enseigné dans divers collèges et universités aux États-Unis et a publié plusieurs articles dans diverses publications : The New York Times, Harpers Magazine, GQ, etc.

Il publie son premier roman, Last night at the Brain Thieves Ball, en 1975. En 1979, son roman Endless Love connait un très grand succès et est vendu à plus de deux millions d'exemplaires à travers le monde. Deux de ses romans ont été adaptés au cinéma (Waking the Dead et Men in Black).

Ces deux derniers romans - qui sont considérés comme des romans d'horreur - ont été publiés sous le pseudonyme de Chase Novak.

Bibliographie partielleconception

  • Last Night at the Brain Thieves Ball (1975)
  • Preservation Hall (1976)
  • Endless Love (1979)
  • Waking the Dead (1986)
  • Secret Anniversaries (1990)
  • Father Hood (scénario) (1993)
  • Men In Black (1995)
  • Rich Man's Table (1998)
  • A Ship Made of Paper (2003)
  • Willing (2008)
  • Man in the Woods (2010)
  • Breed (sous le peudonyme de Chase Novak) (Conception) (2012)
  • Brood (sous le peudonyme de Chase Novak) (2014)

La page Facebook de Chase Novak ; la page Facebook de Scott Spencer ;

Mes commentaires…

Depuis quelques années, j'ai beaucoup de difficulté à trouver un "roman d'horreur" que j'aime. C'est que j'en ai beaucoup lu. C'est même un de mes crimes littéraires. Depuis que je travaille en bibliothèque, j'ai recommencé à lire des romans fantastiques, dans l'espoir de retrouver le plaisir des frissions. J'ai peu de succès, je dois l'avouer. Dernièrement, j'ai bien aimé Nous avons tous peur de B.R. Bruss. Cette année, j'ai décidé d'essayer de lire d'autres romans du genre. À commencer par Conception de Chase Novak.

Et alors ? Disons que je n'ai pas détesté. J'ai bien aimé certains aspects et trouvé vraiment longs, plusieurs passages. Mais côté "horreur" et même "suspense", on repassera. Il y a bien un aspect "fantastique", qui flirte légèrement avec la science-fiction. Mais c'est tout. La lecture ne fut pas désagréable mais sans plus. Donc, pas encore un coup de coeur "horreur/fantastique". Et malheureusement pas de frissons.

Mais revenons au roman. Les Twisden ont tout pour être heureux sauf un enfant. Ils désirent ardemment avoir des enfants mais en semblent incapables. Tous les tests et traitements s'avèrent inutiles et ils sont désespérés. Mais des amis qui avaient le même problème leur parlent d'un nouveau traitement expérimental. Ils partent donc pour la Slovénie rencontrer un mystérieux médecin pour suivre ce traitement qui fonctionnera miraculeusement. Et ils ont finalement tout pour être heureux.

Le roman saute ensuite dix plus tard. Et les jumeaux qui ont été conçu grace au traitement reçu en Slovénie vivent une vie bien étrange. Ils sont solitaires, ne parlent à personne et chaque nuit, leurs parents les enferment à clef dans leur chambre. Leurs parents sont également bien étranges. La nuit, d'étranges sons proviennent de leur chambre et le couple, jadis riche et élégant, n'est plus que l'ombre de lui-même. On comprend très rapidement que si les parents enferment leurs enfants la nuit, c'est pour les protéger. Le traitement a eu sur le couple quelques effets secondaires assez terrfiants.

Les enfants se sentent menacés et décident de s'enfuir. Au cours de leur fuite, ils recevront de l'aide d'un de leurs professeurs et rencontreront d'autres enfants qui leur ressemblent : eux aussi sont le résultat des traitements sur leurs parents. Car si tous les parents se transforment petit à petit en monstres (sanguinaires et cannibales) à cause du traitement, les enfants nés à la suite de ce traitement sont également victimes des effets secondaires. Ces enfants tentent de survivre, de se comprendre et surtout d'échapper à leurs parents.

Alors voilà, l'histoire est remplie de potentiel : traitements expérimentaux, parents monstrueux, cannibalisme, enfants férals. Il y a de très bons moments. Et j'ai aimé tout le questionnement sur jusqu'où les gens sont prêts à aller pour avoir des enfants, et les conséquences désastreuses qui peut survenir quand on dépasse certaines limites. Mais j'ai eu l'impression que l'histoire allait dans tous les sens, sans jamais atteindre sa finalité. L'auteur introduit de nombreux personnages et cette surabondance nous éloigne des 4 principaux. Je n'ai pas eu l'impression de les connaître. Et ce saut de 10 ans était une erreur, selon moi. Il aurait été intéressant de voir les débuts de la transformation des parents, de voir les premiers moments des enfants. Et puis, ensuite, il aurait intéressant d'explorer comment les enfants vivent leurs propres transformations. Mais le livre s'égare dans une multitudes de voix et de personnages. Et le tout est incroyablement dilué et on perd toute trace de tension ou d'horreur. 

Donc, malgré quelques bons passages - car l'auteur écrit très bien - ce fut une lecture un peu décevante. Il parait que le roman sera adapté au cinéma. Bizarrement, j'ai l'impression que l'histoire sera mieux transposée en image.

Les mots de l’auteur

« Pourquoi devons-nous être enfermés la nuit ? – Encore ça ? demande sa mère. – On ne veut plus être enfermés. – Ce n’est pas pour toujours. – Je ne comprends pas. – Moi non plus, intervient Alice. – C’est pour qu’on ne vous mange pas », dit Leslie en ébouriffant les cheveux d’Adam.

Elle le dit  en plaisantant, mais cela résonne comme la chose la plus vraie qu’elle leur ait jamais dire. » p. 129

« Alice et Adam se languissent de  leur foyer, avec l’impuissance innocente des enfants. Comme  tous les jeunes mammifères, ils sont génétiquement programmés pour faire confiance à leurs parents et croire que ceux qui leur ont donné la vie sont leur refuge dans un monde sans pitié. Dans leur cerveau, dans leur liquide céphalo-rachidien, dans leur mécanique la plus élémentaire, la plus primitive, il est écrit qu’il doivent croire que leur mère et leur père sont là pour les protéger, et ils s’accrochent à cet  instinct quelle que soit l’irréfutabilité de la preuve du contraire – et même ainsi, même après qu’ils ont renoncé à cette illusion et qu’ils se sont enfuis pour sauver leur peau, le doute suit comme une ombre le moindre de leurs mouvements, parce qu’ils réagissent à une réalité qui est par essence inconcevable, à une vérité qu’ils perçoivent continuellement comme un mensonge fabriqué de toutes pièces par leurs propres échecs ou par les dysfonctionnements de leurs esprits fiévreux. » p.328

Pour en savoir un peu plus…

  • La page Wikipedia en anglais de Scott Spencer
  • Biographie de l'auteur sur Openroadmedia.com
  • Article dans le New York Times
  • Article dans Libération
  • Avis sur Babelio
  • L'avis de Chantal Yvenou sur le blogue Page après page
  • L'avis de Sabrina sur le blogue Les lectures d'Aydora
  • L'avis de Jenni sur le blogue Vie de geek
  • L'avis de sevandthekidz sur le blogue Blablabla mia
  • L'avis d'Audrey sur le blogue Les lectures d'Audrey
  • L'avis de Le Berty sur le blogue Le Bertyblog
  • L'avis de Colette du Net sur le blogue Niftyfifty and the City

 

02 octobre 2016

Le moment captif d'un dimanche : mon canevas osseux

2016-10-31"Qui apprendra aux squelettes déguisés que nous sommes, à respecter la vie, toutes les vies ?" [France Lefebvre]

Je suis un tas d'os. Un tableau osseux qui bouge miraculeusement. Je danse délicatement, je fais attention. J'ai peur de tomber, peur de briser mes os. Si je m'oublie, je vais casser mon pied, mon bras, ma jambe, mon dos. Alors, je me pose sur le sol et je ne bouge plus.

Je m'enveloppe. Et je me déguise. Je fais semblant d'être quelque chose d'autre. Et je me moque de tout. Je me sens protéger et je fais semblant de ne plus avoir peur. Je me sens forte, emmitouflée dans mon camouflage de chair et de peau. Un déguisement parfait. Soudainement, je me sens invincible et omnipotente. Je décide de tout. Et tous doivent m'écouter. Je suis un pantin vivant qui contrôle tout.

Mais je ne contrôle rien et je dois m'oublier. On m'attaque, je m'écroule. Je brise, je brûle. Alors je laisse ma peau tomber. Je me démolis, je me défigure. Je regarde ma vie. La vie qui m'entoure. Toutes nos vies. Et je m'expose. Je laisse mes apparences, je déchire mes simulacres. Je ne suis qu'un tas d'os. Et je suis invincible.

"Vous n'avez pas les os en verre, vous pouvez vous cogner à la vie" [Jean-Pierre Jeunet]

Posté par Laila_Seshat à 19:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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