23 avril 2017

Un jour, une rose et un livre

2017-04-23

Combattre un dragon, offrir un livre, tendre une rose. Apprivoiser le dragon, cultiver les mots, cueillir les roses.

« Cervantès et Shakespeare ne se sont jamais rencontrés, mais ils sont tous deux morts, le 23 avril 1616. Pour cette raison, on a décrété que le 23 avril serait la Journée mondiale du livre. On oubliait que l’Espagne du début du XVIIe siècle avait déjà adopté le calendrier grégorien alors que l’Angleterre utilisait toujours le calendrier julien. Les plus grands écrivains à avoir jamais vu le jour sont donc bien morts à la même date, mais à dix jours d’intervalle. On pourrait appeler cela un problème de traduction. » p.120  Au péril de la mer Dominique Fortier

 

 


20 avril 2017

King Dave (2016)

KingDave1À l'affiche ce soir : King Dave  (2016)

Fiche technique

Langue: Français (VO)
Année: 2016
Durée: 1h 40 min.
Pays: Canada (Québec)
Réalisateur: Podz (Daniel Grou)
Producteurs: Nicole Robert, Jaime Tobon

Studio : Go Films

Distributeurs : Les Films Séville
Scénario : Alexandre Goyette
Cinématographie: Jérôme Sabourin
Musique originale: Milk and Bone

Distribution: Alexandre Goyette (Dave); Mylène St-Sauveur (Isabelle) ; Moe Jeudy-Lamour (Ali); Karelle Tremblay (Nathali)

Synopsis (attention spoilers)

Dave est un jeune homme rebelle, qui joue au petit dur, se croit cool, mais est très influençable. Un soir, dans un bar, sa vie dérape. Lorsqu'il voit sa copine danser et flirter avec un autre gars un peu trop entreprenant, il s'élance, jaloux, sur la piste de danse pour défier le gars. Sa copine quitte fâchée, mais Dave veut donner une leçon à l'autre. Mais c'est plutôt lui qui se fait battre violemmentKingDave2 et retourne chez lui, complètement humilié.

Dave ne peut laisser les choses ainsi et il décide de se venger. Mais rien ne va aller comme il le veut et il se retrouve dans un engrenage de violence dont il ne sait comment s'échapper et qui le mènera vers l'irréparable.

À propos

Genre: Drame

Le film King Dave est l'adaptation au grand écran d'une pièce de théâtre écrite et jouée par Alexandre Goyette il y a plus de 10 ans. La pièce de théâtre fut jouée partout au Québec remporta un très grand succès. En 2005, la pièce reçue le prix "texte original" et Alexandre Goyette reçu le prix "interprétation masculine" lors de la soirée des Masques.

Goyette a écrit ce texte lorsqu'il avait environ 25 ans, mais s'est inspiré de son adolescence et des jeunes qui l'entouraient. Il voulait raconter la violence urbaine des gangs de rue dont il a été témoin. Le texte ne raconte pas sa vie mais ce qu'il aurait pu vivre.

La pièce est très dynamique, vivante et beaucoup la qualifiait de cinématographique. L'acteur porte le texte entièrement, joue tous les personnages et s'adresse au public directement.

C'est le réalisateur Podz qui a approché Alexandre Goyette pour adapter la pièce au cinéma. Ils ont travaillé ensemble sur le projet pendant sept ans avant qu'il ne voit finalement le jour en 2016. Le réalisateur voulait absolument conserver la théâtralité et le rythme du texte de Goyette. Il a donc décidé de filmer en un seul plan-séquence le texte de Goyette.

KingDave3Le film est donc un seul plan-séquence de 91 minutes. Pendant ces 91 minutes, la caméra suit Dave qui s'adresse directement au spectateur, comme dans la pièce de théâtre. Le film est tourné sur un trajet de 9 kilomètres, dans plus de 20 lieux différents. L'équipe technique devait suivre continuellement les acteurs, et il est difficile d'imaginer l'ampleur et la complexité du travail qu'exigeait cet unique plan-séquence. Décors construits dans une cour pour permettre au personnage de passer d'une maison à un appartement, des caméras qui suivent un autobus, des plateformes mobiles, des changements de costumes imperceptibles, etc. Ce plan-séquence unique était également un défi pour les acteurs, en particulier pour Alexandre Goyette qui est présent du début à la fin. Mais qui cependant avait son expérience théâtrale du texte qu'il a écrit. Le film a été tourné 5 fois en 5 jours. Ce fut la cinquième prise qui fut retenue.

Le film a beaucoup fait parlé de lui avant et à sa sortie. Les critiques furent majoritairement élogieuses. Il fut le film d'ouverture et en compétition officielle au Festival de Films Fantasia de Montréal en 2016. Il fut également présenté dans plusieurs autres festivals dont le Warshaw Film Festival en Pologne, le Festival Les Percéides à Percé, le Vancouver Internation Film Festival et le Atlantic Film Festival à Halifax.

Il y eut cependant quelques critiques négatives et le succès au box office ne fut à la hauteur des espoirs de Podz et Goyette. 

Pour moi King Dave, c’est…

Si vous êtes québécois, il est difficile de ne pas avoir entendu parler de King Dave. Et il était difficile de ne pas connaître les coulisses du tournage. On a en effet beaucoup parlé de ce fameux plan-séquence et des prouesses techniques qu'il a exigé. On savait donc à quoi s'attendre. On savait peu de l'histoire, par KingDave4contre. Peut-être parce qu'on en avait parlée lors des représentations théâtrales, il y a plusieurs années. Comme je n'étais pas au Québec en 2005, je ne savais rien de l'histoire, ni de l'auteur ou du contexte d'écriture.

C'est donc en ne connaissant que la démarche cinématographique que je me suis assise dans la salle de cinéma. Et bien que je suis sortie complètement enchantée par le film, je dois admettre que j'ai été légèrement déroutée par le texte et l'acteur principal. Ce n'est que lorsque j'ai su que l'acteur était l'auteur du texte et le contexte d'écriture que j'ai pu vraiment apprécier le film.

Et je comprends que le film ait pu paraître étrange à certains. Car nous suivons dans le film un jeune homme au langage de rue très actuel qui côtoit des gens qui sont visiblement plus jeunes que lui et qui vit des situations qui semblent légèrement décalés par rapport à son âge. Car l'acteur a maintenant environ 40 ans. Et cela m'a semblé vraiment étrange au début. Ensuite, j'ai été emportée par le film, et l'ai regardé en retenant mon souffle, tellement j'ai été prise par le rythme effrené, par le texte vertigineux et par le jeu de Goyette. J'ai oublié le décalage entre le personnage et l'acteur.

Mais, j'ai vraiment aimé lire par la suite sur le film et comprendre le contexte d'écriture. Disons que cela aide à remettre en perspective les mots et les actes. L'auteur/acteur voulait transmettre son expérience de jeunesse dans un quartier dur. Il voulait partager ses souvenirs des crimes dont il a été témoin, de la violence urbaine qu'il a vu se propager autour de lui. Il avait 25 ans quand il a écrit son texte. Son personnage est plus jeune. Il a un âge un peu indéfini. Il a joué son texte au théâtre, pendant plusieurs années. Il en a 40 ans quand il le joue au cinéma. Je crois que le décalage dans l'âge du personnage et l'acteur doit être moins évident au théâtre. Au cinéma, il dérange un peu. Mais si on le voit comme une analyse d'un épisode de sa vie par le personnage, cela me semble plus normal. C'est comme si on entrait dans la tête de Dave et qu'il nous racontait ce moment tragique de sa vie. Je regrette donc qu'on ait pas plus parler de l'histoire dans les médias. Car savoir l'origine des mots permet de comprendre certaines choses.

Le film est vraiment l'histoire d'un jeune homme qui dérape et prend toutes les mauvaises décision. Il est vulnérable, sensible et cherche à s'intégrer. Il veut faire partie d'un groupe, être respecté par eux. Mais il ne sait pas s'y prendre. Et on le suit dans cette dérive. On le suit dans les ruelles, son appartement, les parcs obscurs... Montréal vit sous nos yeux. Des endroits de Montréal peu connus, mais qui résonnaient en moi... Montréal-Nord, Rivières-des-Prairies,... Je connais.

Dave peut sembler maladroit, un brin "épais". Mais je me suis attachée au personnage. Il veut tellement être quelqu'un d'autre, un dur qui se fait respecter mais il fait tellement d'erreurs... les événements se succèdent et il n'a plus aucun contrôle sur ce qui lui arrive. Il est à la recherche de lui-même, mais il ne le sait pas. Un jeune adulte qui ne s'assume pas, qui ne veut pas quitter le monde qu'il admire mais qui cause sa perte. Il y avait tellement d'émotions dans le texte et dans le jeu de Goyette. On ne peut s'empêcher de vouloir secouer Dave et essayer de le sauver de lui-même. Goyette dit avoir écrit son texte en un seul jet... le texte est dit en seul souffle... et on le regarde sans respirer. On en sort un peu sonné et essouflé.

Évidemment, notre essouflement est également le résultat du fameux plan-séquence. On se dit qu'on ne peut cligner des yeux sinon on va perdre quelque chose. C'est terriblement bien réalisé, une caméra à la fois fluide et rythmée. Bien sûr au début, on y pense, on se demande comment a été fait telle transition mais bien vite j'ai oublié tout pour ne suivre que l'histoire.

Sources à consulter

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16 avril 2017

Le moment captif d'un dimanche : amour et cruauté

2017-07"Le caractère le plus profond du mythe, c'est le pouvoir qu'il prend sur nous, généralement à notre insu." [Denis de Rougemont]

Au début, il y a une activation irraisonnée de croyances émotionnelles. Puis vient la construction des autels. Abandon de liberté pour un pardon artificiel. Droit à la sérénité. Sans questionnement. Douce quiétude.

Besoin de détresse. Croyances épidémiques. Toutes différentes. Idoles cycliques, incroyablement similaires.

Beauté des mots et poésie des gestes. La plupart du temps. Volonté de bons sentiments : amour, compassion, ouverture, entraide... Pour un temps.

Inflexibilité des pensées et rigidité des actes. Trop souvent. Interdiction de la différence. Privation, condamnation, intolérance. Généralement.

Les yeux fermés. Un chant, une prière, un poème, un cri, un espoir pour une mythologie universelle.

"Secte, religion ; foi, superstition, juste un problème de définition." [Antonio Navalhas]

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14 avril 2017

Trois fois la bête de Zhanie Roy

3aTrois fois la bête / Zhanie Roy. — Montréal : À l’étage, [2015]. – 215 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-924568-06-4

Quatrième de couverture

Été 1935, dans un village du Québec. Une bête rôde.

En pleine canicule, des enfants sont retrouvés morts, éventrés près de la rivière. Le cimetière de la paroisse, plein à craquer, ne peut plus accueillir de dépouilles. Le curé souhaite établir un nouveau cimetière sur une terre inondable, mais tous ne sont pas du même avis...

Les querelles se multiplient et la panique s'installe au village. Et si le loup n'était pas responsable de ces disparitions...

Trois fois la bête se situe entre la comptine et le refrain des morts. C'est une fable intrigante qui, sous ses relents d'horreur, évoque l'amour et la solidarité.

L’auteur

Zhanie Roy est né en 1977 à Repentigny au Québec. Elle fait des études en cinéma et en théâtre. Elle habite à Montréal.3b

Bibliographie

  • Trois fois la bête (2015)

(Note : La biographie de l'auteur sur la quatrième de couverture mentionne que ce roman est le deuxième de l'auteur. Malheureusement, je n'ai pas réussi à trouver le titre du premier roman de l'auteur. Si vous le connaissez, n'hésitez pas à me le dire.)

Profil Facebook de l'auteur

Mes commentaires

L'histoire se déroule pendant l'été de 1935 dans un petit village du Québec. Des enfants sont sauvagement assassinés. Les villageois ont peur, ils suspectent un animal, une bête, mais plusieurs ont des doutes. Et d'autres tentent de profiter de la situation, comme par exemple, le curé qui cherche à laisser sa trace dans la communauté et veut construire un nouveau cimetière pour ces pauvres enfants morts. Les villageois se chicanent sur ce futur cimetière, certains se rebellent férocement contre celui-ci avec en tête, l'enfant prodigue revenu au village après un séjour aux États-Unis. Et puis, petit à petit la panique s'empare du village alors que les morts horribles des enfants demeurent inexpliqués.

Le livre de Zhanie Roy est beaucoup plus qu'un roman policier. En fait, même si je voulais savoir qui avait tué ces pauvres enfants, c'est plutôt les côtés historique, sociologique et psychologique qui m'ont fascinée. C'est bizarre, car cette lecture a suivi la lecture de Le huitième livre de Vésale de Jordi Llobregat. Et pour les deux romans, ce sont vraiment la psychologie des personnages et l'aspect historique de l'époque qui m'ont paru le plus intéressant.

Mais j'avoue que contrairement au roman de Jordi Lllobregat, j'ai non seulement aimé la conclusion, mais elle m'a prise un peu par surprise (même si j'avais un peu deviné... ça fait du sens ?). Et même si elle était aussi un peu incroyable.

J'ai beaucoup aimé le roman de Roy. Elle a su reproduire la vie de l'époque, les peurs et les superstitions, la vie quotidienne, les espoirs et les souffrances. Les personnages sont très vivants et terriblement humains. Si je peux le dire ainsi. Il y a bien sûr une atmosphère très noire, mais la vie m'a paru vouloir éclore un peu partout. Et puis, nous sentons une transformation en devenir d'une société traditionnelle.

J'ai beaucoup aimé l'écriture de Zhanie Roy et j'aimerais bien lire ce mytérieux premier roman !

Les mots de l’auteur

« Le ventre tendu par l'enfant qu'elle porte alourdit la femme, ralentit son rythme naturel. Il fait une chaleur torride dans cette petite pièce annexée à la maison. Des perles de sueur gouttent sur son front et s'emmêlent à sa tignasse noire. De longues mèches folles s'échappent du lourd chignon de la paysanne noué bas sur son cou fort et solide. Rose-Délina pétrit on pain. Il en faut beaucoup pour nourrir son clan. Et elle masse la boule de pâte blanche, enfonçant ses mains rugueuses dans la matière élastique. [...] La femme pétrit avec vigueur. De toutes les tâches ménagères, celle-ci demeure sa préférée. L'effort et la répétition du geste qui v=berce son corps de l'avant à l'arrière font en sorte qu'elle perd la notion du temps » p. 23

« Le loup avance ventre à terre. Son coeur bat la chamade. Ses pas sont empêchés par le foin sec qui n'a pas été coupé. Il voit une lumière qui vacille sur l'horizon, à la heuteur des herbes. Partout, ses narines découvrent l'odeur des hommes qui l'encerclent. Ce soir, le sang coulera. S'il ne veut pas que ce soit le sien, il lui faudra se battre. Il jette la tête en arriêre et hurle à la lune qu'il saura se défendre. » p. 183

Pour en savoir un peu plus…

11 avril 2017

Dolmen de la Vinya del Rei

Mon dernier article sur le Dolmen de les Fades m'a rendue terriblement nostalgique de tous ces dolmens et menhirs que nous avons eu la chance de voir. Alors, je ne peux résister de parler d'autres rencontres particulièrement incroyables. Et je pense tout d'abord au Dolmen de la Vinya del Rei.

Quelques temps avant de quitter l'Espagne pour revenir au Québec, j'ai trouvé une merveilleuse carte à grande échelle de l'Alt Empordà indiquant les différents sites mégalithiques à découvrir. Ce n'est vraiment pas loin de Barcelone, juste un peu plus haut que Girona. Il faut donc y aller. Nous sommes partis par un bel après-midi d'un samedi d'avril.

DSC_4771Les indications sont claires. Le chemin semble facile à suivre. Et au début tout va très bien. Nous connaissons quand même bien la région. Nous sommes déjà allés au Monastère de Sant Pere de Rodes et avons visité de nombreux petits villages du coin. On arrive donc rapidement au village de Vilajuïga et prenons le chemin indiqué pour se rendre au dolmen. C'est une petite route de campagne mais on a l'habitude. Sur la carte, il est indiqué que le chemin deviendra en terre. C'est un chemin qui mène au dolmen de la Vinya del Rei mais aussi à quatre autres dolmens.

Nous arrivons à un endroit où la route devient un peu plus petite. Il y a un espace pour les autos et une voiture y est stationnée. Nous nous arrêtons. On indique bien le chemin vers le dolmen par le chemin de terre qui suit une petite rivière. Le chemin est de terre, comme prévu, mais assez large. Nous décidons donc de continuer la route en voiture. Tout va vien. C'est un peu cahoteux, mais on a aussi l'habitude.

Mais soudainement, le chemin rétrécit dramatiquement. Une seconde il était assez large pour deux voitures et l'autre, il est à peine la largeur de la voiture. Et la terre se transforme en roches. On arrête. Le changement fut vraiment brutal. La route est tellement étroite que nos roues sont carrément sur le bord de la rivière. Il n'y a qu'un fil d'eau dans le fond mais le lit est profond. Bon, on se dit que le chemin redeviendra normal bientôt. On continue très tranquillement. Mais alors là, très tranquillement.

Pour se rendre compte que rien ne change. La route est minuscule, faite de roches qui bousculent la voiture et nous entendons des bruits inquiétants. Nous ne savonsDSC_4780 plus quoi faire. Nous ne pouvons pas faire demi-tour ; reculer nous angoisse. Nous essayons tous les deux de rester calme. Mais nous commençons à nous douter que nous avons été insouciants et que nous aurions dû laisser la voiture au début du chemin.

Car ce n'est pas un chemin... c'est un sentier pédestre. De toute évidence. Mais on ne peut rien faire. J'essaie de rester calme pour PisTout qui conduit. Et il essaie de rester calme pour moi. Mais nous sommes tous les deux complètement paniqués. Et puis, un miracle. Il y a un espace droit devant nous. Assez grand pour se retourner. Nous faisons notre virage pour mettre la voiture en sens inverse et nous arrêtons la voiture. Nous sortons. Et là, j'ai littéralement eu une crise de panique. Je me suis penchée en deux, la tête entre les mains. Et j'ai hyperventilé pendant plusieurs minutes. PisTout me dit qu'il a marché rapidement entre la rivière et la voiture, sans arrêt, à répétition. Je ne sais pas, j'étais complètement terrorisée et je ne le voyais pas. Puis nous nous enlaçons. Nous ne pouvons croire à notre chance. Nous avons pu nous retourner. Nous pourrons rebrousser chemin. Ce sera difficile, mais nous l'avons fait dans un sens, nous pourrons le faire dans l'autre.

Et puis, nous nous regardons. Est-ce que nous continuons à pied ? On va le voir ce foutu dolmen ? Et bien oui, merde. Après tout ça, nous allons continuer notre chemin. Et nous suivons les indications et marchons encore et encore. Et puis le voilà ! Et heureusement, il est superbe - oui, car si cela n'avait été que quelques pierres à peine identifiables, comme c'est souvent le cas, je crois que nous aurions été très déçus et peut-être légèrement furieux. Mais il est là, incroyablement captivant et surnaturel.

Mais nous devons partir. Nous oublions les autres dolmens, nous les verrons une autre fois. Nous devons retourner à la voiture et rebrousser chemin. Ce que nous fîmes. Incroyablement, doucement et lentement. Avec moi, marchant devant la voiture, enlevant les grosses pierres et dirigeant PisTout qui conduisait avec précaution. Ce n'est qu'une fois retournés à notre point de départ que nous avons vu le panneau indiquant que nous étions dans le "Barranc de les Comes de l'Infern". L'enfer ? Oui, mais nous avons aussi vu l'éternité !

Caractéristiques

  • Nom: Vinya del ReiDSC_4797
  • Situation: Vilajuïga, comarque de l’Alt Empordà, province de Gérone, Communauté autonome de Catalogne, Espagne. Suivre la route en direction du Monastère de St. Pere de Rodes.
  • Coordonnées : Latitude nord: 42º 19´ 50" Longitude est: 3º 7´ 30"
  • Altitude : 150 mètres
  • Axe : Sud-ouest
  • Fonction: Tombe mégalithique
  • Type: Dolmen
  • Matériau : Gneiss (roche métamorphique contenant du quartz, du mica, des fledpaths plagioclases et parfois du fledspath alcalin. Wikipedia)
  • Âge: environ 5200 av. J.-C.  
  • Découverte : 1934 par Isidre Macau. Le site aurait été connu depuis le XIXe siècle.

Description

Tombeau corridor formé d’une double cavité de forme trapézoïdale :

  • Cavité intérieure forme une large chambre ayant 2.20 m. de largeur par 2.80 m. de longueur et une hauteur maximale est de 1.65 m.
  • L’antichambre a 1.30 de largeur et une hauteur de 0.80 m.
  • Cinq grandes dalles verticales composent la chambre recouverte par avec une simple dalle de 4.15 m. de longueur par 2.95 m. de largeur et ayant entre 0.15 m. et 0.30 m. d’épaisseur.
  • À noter qu’une dalle plus petite que les autres est posée à l’entrée de façon perpendiculaire à la paroi septentrionale de la chambre. La forme de cette dalle semble artificielle et laisse supposer la tombe aurait pu avoir une entrée de type fenêtre.

Des fouilles archéologiques ont été réalisées en 1940 par J. Garriga. Différenta artefacts furent retrouvés à ce moment : une pointe de flèche en silex, des fragments de vases et deux plaquettes d'ardoise verdâtre. En 1942, d’autres fouilles ont permis de retrouver des ossements dans la chambre. Tous les vestiges sont conservés au Musée d'Archéologie de Barcelone.

Ce dolmen est le plus imposant de la région.

Pour en savoir plus

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05 avril 2017

Le huitième livre de Vésale de Jordi Llobregat

8Le huitième livre de Vésale / Jordi Llobregat ; traduit de l'espagnol par Vanessa Capieu. — Paris: Cherche Midi, c2015. – 619 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-7491-4508-2. – (Coll. Thrillers). – Titre original : EL secreto de Vasalio.

Quatrième de couverture

Barcelone, 1888. Quelques jours avant l’ouverture de l’Exposition Universelle, Daniel Amat, un jeune professeur d’Oxford, est de retour dans sa ville natale pour assister aux funérailles de son père. Il y apprend que ce dernier, médecin dans les quartiers pauvres de la ville, enquêtait sur les meurtres mystérieux de jeunes ouvrières. Leurs blessures rappelant étrangement un ancien fléau ayant sévi il y a bien longtemps, la ville est la proie de toutes les superstitions.
À l’aide d’un journaliste et d’un étudiant en médecine, Daniel reprend les investigations et découvre bientôt que les crimes sont liés à un mystérieux manuscrit, œuvre d’un anatomiste du XVIe siècle, Vésale. C’est dans les galeries de tunnels souterrains qui courent sous la ville que Daniel mettra à jour l’incroyable secret qui hante Barcelone.
 
Avec cette œuvre monumentale saluée par une critique unanime, véritable labyrinthe de mystères et d’énigmes, Jordi Llobregat signe un thriller historique qui fera date. Au-delà de personnages aux ambiguïtés multiples, et d’une construction diabolique, il nous fait véritablement ressentir l’âme d’une ville, Barcelone avant l’apparition de l’électricité, plus fascinante, sombre et baroque que jamais. Magistral !

L’auteur

Jordi Llobregat est né à Valence, en Espagne en 1971. Il commence à écrire alors qu'il a à peine 12 ans. Il a fait des études8a en commerce à l'Université de Valence et a complété sa formation à l' ESIC - Business & Marketing School, également à Valence. Il fait partie du groupe littéraire El cuaderno rojo.

En 2015, il publie son premier roman, El secreto de Vesalio. Aujourd'hui, il combine sa vie littéraire avec son travail comme dirigeant d'une entreprise qui oeuvre dans le développement communautaire dans les villes. Il est aussi le co-fondateur et directeur du festival de littérature noire de la ville de Valence, Valencia Negra.

Bibliographie

  • El secreto de Vesalio (2015)

Mes commentaires

Est-ce qu'il y a juste moi qui trouve cette couverture magnifique ? Même la cicatrice me semble envoûtante. Et oui, je n'ai emprunté ce roman qu'à cause de sa couverture. Puis, le fait que cela se passait à Barcelone m'a entièrement convaincue. Je suis devenue tellement superficielle comme lectrice !!!

Quel roman ! Plus de 600 pages qui m'ont captivée. Avec une fin un peu tirée par les cheveux mais qui ne gâchent pas tout le reste. L'auteur nous offre un voyage incroyable dans le temps. On a vraiment l'impression de marcher dans les rues de Barcelone à la fin du XIXe siècle. La ville semble vivante et terriblement sombre. Autant hier qu'aujourd'hui, Barcelone a un côté obscur. L'intrigue policière est intéressante mais se retrouve souvent en second plan... Les personnages - même secondaires -, l'époque et la ville sont définitivement au premier plan.

À quelques jours de l'Exposition universelle de 1888, les corps mutilés de jeunes filles sont retrouvés dans les égoûts de Barcelone. Les autorités semblent indifférentes, les barcelonais ont peur et des rumeurs courent que le coupable est le Gos Negre, un chien noir démoniaque, gardien des portes de l'Enfer.

Daniel Amat, jeune professeur à Oxford à l'avenir qui s'annonce brillant doit revenir d'urgence à Barcelone, à l'annonce de la mort de son père, brillant médecin, avec qui il n'avait plus aucun contact. Il découvre à son arrivée que son père soignait maintenant les habitants des quartiers pauvres et enquêtait secrètement sur les meurtres des jeunes filles. Il espère repartir rapidement pour l'Angleterre, mais plusieurs événements et rencontres l'obligent à rester. Il rencontre notamment un journaliste et un jeune étudiant en médecine, assistant de son père. Ensemble, ils vont enquêter sur le meurtre de son père et sur les meurtres horribles qui marquent toujours la ville.

Ça, c'est le côté roman policier. Qui est vraiment intéressant, mais qui est rapidement devenu secondaire à mes yeux. Car en parallèle, le roman nous dresse un portrait historique fascinant de Barcelone et de l'époque : l'Exposition universelle, la naissance de l'électricité, les différents quartiers, la vie universitaire, le monde du journalisme, etc. Et de tous les sujets et intrigues du roman, c'est définitivement le portrait de la médecine en 1888 qui m'a complètement hypnotisée. C'était vraiment intéressant. Retourner dans la réalité de cette époque, être confronté aux connaissances et aux croyances de ce temps.

Ça, c'est le côté roman historique. Qui fut vraiment ce qui m'a le plus ravi dans le livre, mais qui ne doit pas faire oublier l'importance des personnages. Et ça, c'est le côté roman psychologique du livre. Les personnages sont incroyablement bien écrits. L'auteur nous propose des personnages vivants, forts et colorés. Leur passé, leurs émotions, leurs interactions... nous les découvrons petit à petit et c'est passionnant.

Oh, j'oubliais presque le fameux huitième livre de Vésale, un célèbre anatomiste du XVIe siècle. Et bien, vous savez, j'adore les manuscrits. Et les manuscrits cachés et mystérieux encore plus. Vésale a bien écrit sur l'anatomie un ouvrage en sept livres De humani corporis fabrica libri septem (appelé La Fabrica). Ce huitième livre est bien entendu fictif et ma foi très bien caché dans le roman de Llobregat. Il apporte aussi le côté roman légèrement fantastique.

Malgré ses 600 pages, le livre se lit rapidement et le rythme est très rapide. Petit à petit le suspense s'installe. Et on ne peut s'empêcher de poursuivre sa lecture. Le roman est très bien construit. On se questionne, le suspense augmente et les revirements sont inattendus (jusqu'à la fin, car, comme je l'ai dit, la fin m'a un peu déçue). Cela faisait longtemps que mes nuits n'ont pas été aussi courtes... cela m'apprendra à lire avant de me coucher !

Les mots de l’auteur

« Elle ne ratait rien non plus du marché trépidant de la Boquería, avec ses boutiques bondées et ses cafés bruyants, pleins de lumière. Elle s’imprégnait des odeurs, des couleurs et du mouvement incessant des gens. […] Barcelone était, à ses yeux, un monde fascinant à découvrir.

Cette fois, pourtant, elle n’avait guère envie de flâner. La nuit était tombée et la pluie menaçait. Les commerces et les kiosques avaient baissé le rideau et seuls quelques rares cafés étaient encore éclairés. Elle serra son châle sur ses épaules. Il faisait vraiment un froid glacial.» p. 126

Pour en savoir un peu plus…

02 avril 2017

Le moment captif d'un dimanche : fashion lady

2093"Ce qui a d'enivrant dans le mauvais goût, c'est le plaisir aristocratique de déplaire" [Charles Baudelaire]

"Vous êtes d'un chic, ma chère" que je dis en passant. J'ai dit ça avec un sourire en coin. Je crois bien qu'elle l'a vu. Mais elle ne semble pas se soucier ni de mon commentaire, ni de mon sourire. Elle ne se soucie pas de moi, tout simplement.

Elle sait qu'elle a du style, elle sait qu'elle a du goût et n'a rien à faire de mes bêtises. Mes ennuyeuses paroles sont reçues et tombent immédiatement dans l'oubli.

Elle affiche sa folie comme je trimbale ma conformité. J'essaie péniblement de sauver mes apparences articifielles. Elle balance à tout vent sa fantaisie réelle.  Elle passe la tête haute. Je suis jalouse.

"Le mauvais goût fait passer le temps plus vite" [Andy Warhol]

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