391_1999"Il y a des moments où elle est là tout entière, réceptive aux allées et venues dans la chambre, aux présences autour de son lit. Il y a des moments où l'étau de la morphine se desserre et où elle voudrait se redresser, participer, être ce qu'elle a toujours été, vivante, présente, pleine de mots et d'attentions. Tu lui parles, ses doigts bougent. Tu lui caresses le front, tu lui dis qu'elle est belle. Elle fronce légèrement les sourcils et ce mouvement te fait sourire : elle pense encore que tu as de drôles d'idées.

Il y a des moments où elle s'en va, où tu la regardes s'éloigner, où tu ne sais plus comment l'atteindre. Tu as peur qu'elle n'ai plus la force de rester et tu t'accroches à sa respiration, tu scrutes son visage." p. 99

"Il y aura d'autres matins où tu lui diras que tu l'aimes et que ce sera toujours comme ça. Mais ce jour là, en prenant ton élan du plus loin de l'enfance, que tu peux la laisser s'en aller." p. 102

[Vingt-quatre mille baisers - Françoise de Luca]

Merci Madame de Luca pour ces mots qui me rappelle ma mère. Mais même si je me disais prête, on ne l'est jamais vraiment... Je ne l'étais pas. Nous ne l'étions pas. 15 ans sans toi... une éternité. Je t'aime maman.