29 mars 2016

Crime littéraire : achats compulsifs

DSC_5945Hier à la bibliothèque, nous avons reçu une boîte pleine de livres en don. En effet, les gens semblent incapables de jeter leurs livres. Ils viennent les porter à la bibliothèque. Peu importe leur état : livres vieux, jaunis, puants et souffrant de moisissures avancées... ils sont incapables de les mettre au recyclage ou à la poubelle. Non, on croit que la bibliothèque municipale va profiter de ces dons inestimables de livres publiés dans les années '60, '70 ou '80. Qui ne voudrait pas d'un Danielle Steel des années '80. Désolée, mais même s'il est en bon état, il y a de bonnes chances que nous avons élagué (comprendre retirer de notre collection) notre copie il y a déjà de nombreuses années.

Bon, ce que je veux dire, c'est que nous recevons toutes les semaines, des caisses et des caisses de dons. Et pour la forme... ce ne sont pas toutes les bibliothèques publiques qui acceptent les dons... car c'est un travail immense pour pratiquement aucun résultat.

Mais je ne voudrais pas être totalement négative, hein, et il arrive que certains documents soient en bon état et relativement récents. Nous allons donc vérifier si nous avons le livre (ou cd, ou DVD, ou... bon vous comprenez le principe). Et alors plusieurs options s'offrent à nous... Si nous n'avons pas le livre, nous décidons si nous le gardons ou non pour notre collection... Et si nous avons le livre ? Si le don est en meilleur état que notre copie, nous la remplaçons par le don. Mais dans tous les cas, si nous ne conservons pas le don pour notre collection et s'il est en bon état, il sera conservé pour la vente de livres.

Deux fois par année, nous avons une vente de livres usagés (lire ici, les livres que nous avons retirés de nos collections et livres que nous avons reçus en don et que nous n'avons pas conservés pour la bibliothèque pour diverses raisons mais qui étaient en assez bon état pour leur donner une autre chance). Tant de livres mis en vente à des prix ridiculement bas... car même si, il faut le dire, un but des ventes est d'aider la bibliothèque dans ses activités, le but premier de la vente - car à 0.25, 0.50$ et 1.00$, on ne fait jamais des ventes phénoménales - est de donner une deuxième vie à ces livres - car personne n'aime jeter un livre... Bon, est-ce que j'en viens à mon crime littéraire, vous vous demandez ?

Oui, alors voilà... mon crime est que je suis une acheteuse compulsive lors de ces ventes de livres ! Je ne peux m'empêcher d'acheter ces livres que je vois atterir sur les rayonnages de notre magasin consacrés à nos ventes de livres. Et le pire, c'est que je les achète avant même ces fameuses ventes de livres. Aussitôt que ces livres abandonnés ou élagués rejoignent le magasin, nous sommes quelques employés à hanter les rayonnages. Nous entendons l'appel de ces livres à la recherche d'un nouvel endroit où vivre. Et j'achète, j'achète, j'achète... j'ai des piles infinies de livres achetés à la bibliothèque qui viennent rejoindre mes piles de livres qui attendent d'être lus. Car le problème c'est que je passe mon temps à emprunter et lire les livres que j'ajoute à la collection de la bibliothèque. Donc, ces livres que j'achète, je n'ai pas le temps de les lire. Il y a définitivement trop de livres à lire. J'essaie de résister. J'essaie de ne pas acheter. Mais ils sont là... ils m'appellent, m'intriguent avec leur quatrième de couverture et je ne peux m'empêcher de les acheter. Et j'achète, j'achète, j'achète...

Et je me sens coupable de lire les livres que j'emprunte avant ceux que j'achète. Heureusement ces derniers ne semblent pas rancuniers et attendent patiemment que je les lise. Après avoir été abandonné une fois, ils ont bien le temps d'être lu à nouveau. Ils ne semblent pas m'en vouloir de mon crime d'acheteuse compulsive...

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18 mars 2015

Crime littéraire : amalgame

PluieArbres

Je reviendrai avec la vie privée des arbres sous la pluie...

Ça fait du sens ? Pas vraiment. Mais c'est ainsi que j'ai rêvé pendant des jours aux deux livres que je lisais en même temps. Car il m'arrive de lire plusieurs livres à la fois. Habituellement deux, mais parfois trois ou quatre.

Généralement, j'ai un livre au salon et un dans ma chambre. Parfois c'est un livre dans ma sacoche et un dans le salon. Souvent c'est un roman et un documentaire. Mais il arrive que ce sont tous des romans.

Et j'arrive à suivre, vous demandez ? Oui, ordinairement je fais nettement la distinction entre tous ces livres, même si ce sont plusieurs romans. Les seules fois où il m'arrive de m'embrouiller c'est lorsque le texte ne m'accroche pas. Vous savez quand on lit une dizaine de pages le soir et que le lendemain, on ne se souvient de rien. Mais en général,  je peux très bien passer d'un livre à l'autre sans me perdre ou me tromper d'histoire.

Je me sens cependant parfois un peu coupable de ne pas consacrer toute mon attention à un seul livre. J'ai un peu l'impression d'être infidèle au livre que je dépose sur la table du salon pour aller en ouvrir un autre livre dans mon lit. Il me semble alors que si le livre pouvait parler, il me dirait de le finir au complet avant de l'abandonner et d'en lire un autre que lui. Il me demanderait de ne pas partager mon attention entre lui et un autre. Est-ce qu'il ne mérite pas qu'on lise toutes ses pages sans s'interrompre ? Je lui répond alors que je ne l'oublie pas, que je reviendrai à lui et que ce sera comme si je ne l'avais jamais déposé. Et je lui promets de n'aimer que lui quand je lirai ses lignes et de ne pas penser aux autres.

Car d'habitude je suis capable de faire la différence entre les textes que je lis simultanément. Mais étrangement, cette fois, les mots se sont embrouillés. Dans ma tête, la pluie et les arbres se sont mélangés. Tout est devenu flou dans ma mémoire. Des mères absentes, des pères qui tentent de rassurer les enfants, des histoires qu'on invente pour tromper une attente sans fin... Une mère revient, mais laquelle ? Je ne sais plus. Douceur, lenteur, poésie, les deux textes se sont emmêlés pour ne former qu'une longue histoire d'amour.

Cela aurait dû m'énerver - surtout que je n'aime pas les histoires d'amour - mais je me suis sentie complètement enveloppée par les paroles des deux auteurs. Les mots se sont entrelacés dans ma tête, mais lorsque j'ai refermé les deux livres, les deux histoires se sont enfin séparées et ont maintenant leur propre vie dans mes souvenirs.

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05 mars 2013

Un crime littéraire : sans coeur

L'amour, toujours l'amour. Je me souviens de livres qui ont conquis mon coeur. De livres que j'ai aimés passionnément. De livres qui m'ont renversée. De coups de foudre fulgurants et irrésistibles. Et des livres qui ont charmé mon coeur au fil des pages. Petit à petit, mais pour toujours. J'ai aussi connu des livres qui ont volé mon coeur et qui ne me l'ont jamais rendu. Ils ont gardé une parcelle de ma vie et mon coeur tremble quand je me rappelle ma lecture et leurs mots.

Mais aujourd'hui, j'ai l'impression de ne plus avoir de coeur. Je lis un livre et j'aime ou je n'aime pas. Mais c'est tout. Elle me semble si loin, la dernière fois où j'ai fermé un livre, lu sa dernière page et soupiré d'amour fou. Je ferme le livre et je me dis que c'était bien, très bien, bon, très bon... Est-ce que CCCLj'ai aimé le livre ? Sûrement. Est-ce que j'ai adoré ? Parfois. Vais-je en garder un souvenir impérissable ? Est-ce que je l'ai aimé d'amour fou ? Probablement pas.

Mais est-ce que je peux encore m'enflammer pour une lecture ? Peut-être que non. Est-ce que d'avoir si lu, j'ai perdu la capacité de m'émerveiller  ?

Est-ce qu'un livre peut encore me transporter, me transformer ? Je ne sais plus. Et je suis triste. Je m'ennuie du temps où je m'installais confortablement dans un fauteil et me perdais toute entière dans un livre, oubliant les heures qui s'écoulaient trop rapidement. Je me souviens avec nostalgie du temps où je combattais la fatigue pour poursuivre ma lecture, les yeux lourds et picotant. Mais est-ce si important ? Est-ce nécessaire de vivre la passion littéraire ? Je ne sais plus.

Mais ne plus vivre follement une lecture n'est pas un crime. À peine un petit délit de coeur. Là où se trouve mon crime littéraire est dans mes mensonges honteux, dans les faux coups de coeur que je place sur notre table "coups de coeur du personnel" à la bibliothèque. Oh, j'ai bien choisi mes premiers livres dans mes amours d'antan. Mes vieux amants ont eu leur place sur la table. Mes amours sincères n'étant évidemment pas tous présents dans nos collections, j'ai rapidement présenté tous mes coups de coeur. Et maintenant... et bien, mes livres sur la table ne sont pas vraiment un coup de coeur... à peine un pincement. Ce sont des livres que j'ai bien aimé, oui. Des livres que j'ai aimé d'amour fou, non. Des livres que je recommande aux autres, oui. Des livres qui ont volé mon coeur, non. Des livres que j'ai lu avec plaisir, oui. Des livres qui m'ont tenue réveillé toute la nuit car je ne pouvais poser le livre avant de le terminer, non. Des livres qui m'ont distrait agréablement, oui. Des livres qui m'ont trotté dans la tête des heures et des jours après les avoir refermés sur la dernière pas, non. Et donc, je suis coupable de mentir et de m'inventer des lectures amoureuses.

Mais où sont donc passés mes coups de coeur ?

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07 juin 2012

Crime littéraire: superficialité

Je marche tranquillement dans les rangées de la librairie, de la bibliothèque... ou m[eme... de la vente de garage. Qu'est-ce qui attire mon regard ? Une image bien sûr. CouvertureMais parfois il n'y a pas d'image. Alors c'est le titre. Et oui. Je suis très souvent bien superficielle. La couverture ou le titre sont parfois l'unique raison pourquoi, je prends un livre dans mes mains.

Donc, je prends le livre. Je regarde la couverture. L'image est importante. Évidemment. J'ai déjà reposé un livre qui avait une couverture que je trouvais horrible. J'ai déjà hésité à acheter un livre que je voulais intensément parce que je n'aimais tout simplement pas la couverture. Ou encore, parce que le livre ayant été adapté au cinéma, ne se trouvait plus qu'avec l'affiche du film en couverture... ÇA... je ne suis pas capable... vraiment. Comme si le roman n'existait plus que parce qu'il avait été adapté au cinéma ! Pfff.

Mais si l'image ne me fait pas reposer le livre ou s'il n'y a tout simplement pas d'image... alors c'est le titre. Mais je dois avouer que le titre est aussi parfois le premier contact. Mais oui... quand le livre est bien posé sur une tablette, on ne voit que la tranche. Alors, le titre est le premier contact. Et encore une fois, ce premier regard est important. Bien sûr, j'ai souvent lu des livres dont je détestais les titres - particulièrement des traductions - parce que je savais que je voulais le lire... à cause d'une critique, de l'avis d'un ami. Ou parce que je me suis forcée à tourner le livre, malgré son image, malgré son titre affreux, pour lire le quatrième de couverture. Mais, il ne faut se le cacher... la couverture et le titre sont pour beaucoup de lecteurs, PRIMORDIAL... (alors auteurs... si vous ne pouvez pas contrôler la couverture, tentez, du moins (car, je sais que parfois c'est impossible, car le travail éditorial et publicitaire s'infiltre partout) de trouvez un "bon" titre !)

Mais j'avoue avoir reposé des livres sans même lire le quatrièeme de couverture, simplement parce le titre m'apparaissait insignifiant, inintéressant ou stupide. Ou que la couverture était - à mes yeux - horrible.

Mais si mon regard accepte la couverture, si mon esprit concède le titre... alors la prochaine étape est évidemment le quatrième de couverture. Alors là, c'est encore plus compliqué et difficile. Parfois, il n'y en a pas... ou alors qu'une ligne ou deux... Désolée, mais moi, il me faut un résumé. Même si je connais et aime l'auteur... un titre n'est pas suffisant. Parfois, ce sont des critiques que l'on retrouve à l'arrière, et ça je ne suis pas capable s'il n'y a pas au moins un petit résumé. Et puis, ça m'achale... je veux un résumé, pas des fleurs lancés par les autres ou un pitch de marketing.

Mais il n'est pas facile de rédiger un quatrième de couverture. Oh non. Et j'ai bien souvent été trompée par un quatrième de couverture alléchant... on lit le résumé, on se dit que le roman semble très très intéressant et on pleure de dépit. Ou le roman n'est pas aussi bon que le résumé le laissait entendre... et donc on s'est laissé avoir par un pitch d'éditeur (et ça, à la limite, je peux accepter). Ou alors, le résumé ne correspond pas du tout, mais alors là, pas du tout, au contenu du roman. On pense lire un roman d'horreur et on se retrouve avec une histoire d'amour... on pense avoir choisi un thriller et on a un roman psychologique... C'est carrément enrageant...

Mais le pire crime demeure à mes yeux, les quatrièmes de couverture en disant trop peu. Comme si on avait voulu garder le secret, ne pas trop en dire... sauf que combien de livres ne seront pas lus parce le résumé ne "résume" pas bien le roman ?!?! Et je le vois tous les jours. Des romans que j'achète parce que j'ai lu des critiques, j'ai vu un résumé sur mon outil de sélection (résumé qui est souvent très différent du quatrième de couverture)... et je me dis "Wow, quel roman intéressant!!!" Et puis, il arrive, et le quatrième de couverture ne dit rien... quelques mots, quelques phrases... et alors les gens qui prennent le roman - pourtant en section Nouveautés (et on s'entend que c'est "la" section hot que la plupart des usagers ne dépasse pas !!!) - le reposent immédiatement. Rien ne les a accrochés. L'image, la couverture, le titre... c'est bien beau... mais s'il n'y a pas un "BON" résumé du roman, les gens ne le prennent pas. Et je fais partie de la "gang" !

Et alors, j'essaie de remédier à mon crime de superficialité... en essayant d'atténuer la superficialité des autres... Je fais des affiches "accrocheuses" de ces romans que je sais être excellents, et dont je suis certaine qu'ils vont plaire à beaucoup de mes usagers. J'en parle dans nos bulletins, je les mets dans nos bibliographies thématiques, je les mets sur notre table "Coups de coeur des employés"... Mais ça m'enrage, je vous jure... c'est quoi l'idée des éditeurs de ne mettre aucun quatrième de couverture ou alors que quelques lignes... ou pire, un résumé qui en dit trop ou pas assez... ou encore qui ne rejoint pas du tout le contenu réel de l'histoire...

Il y a des romans qui dorment sur nos étagères. Ce sont d'excellents romans. Mais certains ont une couverture si horrible que cela me gène de les mettre dans mes coups de coeur, même s'ils sont excellents. Certains ont un titre si insignifiant que c'est honteux de les publiciser. Certains ne sortent qu'une fois que je les ai annoncés dans notre bulletin, en faisant moi-même un résumé...

Alors... oui, c'est un crime, cette superficialité... mais il y a tant de livres à lire qu'il faut bien se baser sur quelque chose, non ?

 

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11 août 2011

Quand je lis pour le plaisir de ne pas aimer. Est-ce un crime littéraire ?

J'ai pleins de crimes littéraires à raconter. J'ai déjà avoué des lectures coupables, des auteurs que je ne lirai jamais, des mutilations, des livres perdus dans la foule, ... enfin un tas de choses criminelles. Mais... j'hésite... suis-je encore coupable DSC_2841_copyd'un crime litéraire ? Voyons voir et analysons le tout...

J'ai déjà aussi avoué un petit crime télévisuel : le fait de regarder une série pour le plaisir de la détester et de passer son temps à la critiquer... oui, je fais ça à l'occasion ! C'est enfantin, je l'avoue, mais j'adore "bitcher" sur des personnages que je déteste ou sur des histoires que je trouve ridicules. Mais à venir jusqu'à maintenant, cela ne m'était arrivée qu'avec des séries télés...

Car habituellement, quand je n'aime pas un livre ou que je le trouve ennuyant ou ridicule, soit je me sens obligée de le lire jusqu'à la fin ou soit je le laisse de côté. Le lire jusqu'à la fin car j'ai vraiment beaucoup de difficulté à abandonner une lecture. Je me sens coupable de ne pas lire jusqu'à la fin un livre que j'ai commencé. Mais habituellement, je finis de peine et misère la lecture. C'est carrément une corvée. Mais parfois, je laisse simplement le livre de côté. J'arrête la lecture... car bon... mes moments de lecture ne sont plus aussi nombreux qu'avant et ils sont sont donc précieux... j'hésite de plus en plus à les perdre dans des lectures qui ne me plaisent pas...

Et pourtant... voilà... ce pauvre livre. Que je lis parce qu'il est complètement ridicule ! J'ai rarement autant ri en lisant un livre ; le problème étant que le livre n'est pas supposé être drôle. J'ai bien pensé arrêter ma lecture mais j'en suis incapable... et je n'arrête pas de souligner et marquer les pages... qui me font rire et rire... et pleurer de misère.

C'est triste et triste comme lecture mais je suis incapable de mettre le livre de côté... Je ne sais qu'en penser. Il me reste à peine une centaine de pages, et je sais que c'est un des pires livres que j'ai lu depuis plusieurs années.

Mais le plus décevant c'est que je l'ai choisi avec soin. Le quatrième de couverture avait tout pour me séduire:

"Qui a torturé puis assassiné Margaret Penfied, une respectable bibliothécaire américaine ? Et pour quel mobile ? Parce qu'elle avait identifié la plante qui promet l'immortalité décrite par Hildegarde de Bingen au XIIe siécle ?"

Bibliothèque, bibliothécaire, crime, mystère, jardin, plante, Hildegarde, moyen-âge... Tout pour me plaire... Évidemment dans le reste du quatrième de couverture, il y avait quelques indices "Laurette décide de jouer les Miss Marple" "Accompagnée du séduisant Lucas du Prat, savant botaniste de la police scientifique [...] Laurette pourra-t-elle déjouer ce qui ressemble de plus en plus à un complot féministe international aux desseins bien mystérieux?" Mais je n'ai pas tiqué... j'étais perdue dans "bibliothécaire" "jardins", "meurtre"... Mais honnêtement, rien que ces phrases auraient dû me mettre la puce à l'oreille.

Mais l'écriture est si horrible... les clichés se multiplient... tout ça est hilarant, mais véritablement triste aussi. Et je ne peux m'empêcher de poursuivre ma lecture... c'est littéralement du voyeurisme. J'hésite même à en faire un véritable billet. Le plus désolant est vraiment le côté "bibliothèque" et pourtant l'auteure est "maître de conférences en histoire et sciences de l'information à la Sorbonne"... comme on nous annonce. Mais ici aussi, les clichés se multiplient et on se demande vraiment dans quel siècle l'auteure a fait ses études !!!

Donc... je termine ma lecture, honteusement, rien que pour voir si cela peut s'empirer... Je sais, je sais... cela ne se fait pas !!! :P

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15 février 2011

Crime littéraire : ces autres que je ne lis pas non plus

Et un autre crime littéraire. C'est toujours un peu gênant d'en parler. On n'ose pas trop. J'ai déjà osé parler de ce crime qui peut avoir multiples facettes. Vous savez, ces livres que je ne lis pas. Il y a plusieurs raisons à cette non-lecture.

- Il y a ceuxLivress qui se sont égarés sur les tablettes de mes bibliothèques. De pauvres livres faisant partis de ma liste à lire, mais qui se sont trouvés placés sur les étagères et que j'oublie tout simplement de lire.

- Il y a ceux que je ne voulais pas. Des livres qui atterrissent chez moi sans mon invitation. Je ne peux les laisser partir, mais je ne les lis pas.

- Il y a ceux que je ne lirai jamais pour des raisons complètement irrationnelles mais qui me semble très logiques dans mon incohérence littéraire personnelle.

Et finalement, il y a ces pauvres livres... ceux que je lirai pas - enfin qu'il me coûte de lire. Disons le carrément : dont j'ai peur d'ouvrir la couverture. Pourquoi? Tout simplement parce que j'ai vu les images avant de lire les mots.

Je regarde un film... et j'adore. Il m'emballe, il me séduit, il m'émeut, il me fait rire, il me fait pleurer. Parfois, je ne savais pas que c'était l'adaptation d'un roman, parfois je le savais. Et donc, je vois le film et il s'empare de moi.

Et puis... je croise le livre. Il arrive que je savais qu'il existait et je me rappelle soudainement de son existence. Ou alors, je me promène sur la toile et je lis un article à son sujet. Et je découvre alors son existence. Ou je le rencontre au détour d'une librarie... Enfin, peu importe le comment, je me cogne sur le livre.

Et je ne sais plus que faire. J'hésite. Et souvent. Très souvent. En fait la plupart du temps. Je suis incapable de lire ce livre. Comment lire "Do Androids Dream of Electric Sheep?" quand Blade Runner a si complètement bouleversé mon univers cinématographique... Puis-je lire le roman de Irvine Welsh maintenant que j'ai vu Trainspotting au cinéma ? Comment puis-je croiser les personnages de Big Fish maintenant que je les connais par l'imagination de Tim Burton ?

Je suis très ouverte aux adaptations cinématographiques de romans et pièces de théâtre. Je n'ai habituellement pas de problème de voir l'adaptation au cinéma d'un roman que j'ai lu et aimé. Oh, il m'arrive parfois d'appréhender la mise en images d'un roman. Et il m'arrive de rouspéter sur les choix faits par le réalisateur. Oui, je suis parfois déçues de voir en images les oeuvres que j'ai aimées, mais en général, je suis très très ouverte aux adaptations. Mais il m'est beaucoup plus difficile de vivre le contraire. Je sais, c'est anormal. Habituellement, il coûte aux gens de voir l'adaptation cinématographique d'un livre qu'ils ont aimé. Mais moi, c'est le contraire. Il m'est très difficile de lire un livre que j'ai d'abord connu au cinéma. Je sais que sa vie première est en mots, mais pour moi, c'est maintenant une série d'images.

Et j'ai une pile de livres que je ne lis pas... et j'ai une liste de livres que je n'achète pas ou n'emprunte pas. Peur de lire le roman... et de ne pas retrouver la magie des images qui m'ont capturée. Peur de découvrir que le film n'arrive pas à la hauteur des lignes écrites par le romancier et de perdre ainsi l'enchantement qui m'avait envahie lors du visionnement dudit film. Peur de lire le livre et de ne voir que les images. Peur d'être déçu par le livre. Peur de voir trop de différences. Peur...

Il m'arrive de lire le livre tout de même. Parfois avec un dénouement heureux... parfois avec tristesse. J'ai lu The Outsiders après avoir vu le film et ce fut une expérience merveilleuse. Mais The Witches of Eastwick a perdu de son charme après que j'ai lu le livre et découvert que tout avait été changé.

Mais il y a des titres que je n'ose, et que je crois ne jamais pouvoir oser, lire... Et dans ma PAL resteront Naked Lunch, Less than Zero, Jean de Florette, La Planète des singes,....

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04 janvier 2010

Un crime littéraire - Procrastination donnée

BDJ'ai déjà parlé de mon grand désordre classifié qui me désespère mais semble être là pour durer ! Je disais dans cet aveu d'un si petit crime littéraire que j'avais toujours tenté d'ordonner mes livres. Mais que lorsque j'avais fait mes études en bibliothéconomie, ce besoin avait pris des proportions deweyènes (ou deweyennes?). Oui, car j'ai toujours préféré Dewey à LC... ou a d'autres codes de classification. J'ai un petit faible pour le Dewey si imparfait !

Et bien mes études bibliothéconomiques me firent commettre un autre petit crime littéraire ! Oh, il est tout petit et discret... mais il me nargue chaque fois que j'ouvre un certain dossier de mes archives personnelles informatiques...

Avec l'arrivée de certains logiciels, nous nous sommes plus ou moins tous mis à créer des documents personnels: des textes, des feuilles de calculs, des présentations animées, pour ne nommer que ceux-ci ! Utiles et essentiels aux études et au travail... et bien pratiques personnellement. Et bien sûr, il y avait ce logiciel permettant de faire des bases de données. J'ai même travaillé professionnellement avec une base de données créée pour traiter les archives qui fut développée avec ce logiciel tout simple.

Donc, dans mon désir de tout organiser mes livres, mais devant mon incapacité à les ordonner physiquement, je me suis dit que je pouvais me créer ma base de données de livres ! Mon propre catalogue de bibliothèque... avec mes champs personnels... un catalogue bien cataloguer avec les règles de catalogage ! Super ! Merveilleux !

Et hop, on se lance dans la création d'une super base de données de tous mes livres. Choix des champs, création des pages, liens entre les champs et les pages... tout un travail qui m'a occupé pendant des heures ! Une base pour les descriptions de livres, une base pour les auteurs, une base pour les genres... Beaucoup de travail. Puis finalement, je commence l'entrée de données. Va chercher une pile de livres, saisit les informations sur le livre, détermine le sujet, entre l'information sur l'auteur, cherche des informations complémentaires... c'est très complet ! Je suis satisfaite ! Mais c'est très long... très très très très long...

Les premiers jours... les premiers mois, je suis très zélée ! Je taponne sur mon clavier avec entrain. Une pile de livres, puis une autre... puis une autre... je sens que j'avance. Puis, le temps passe... je suis fatiguée le soir après le travail... je passe quelques semaines sans entrer de données. Ce n'est pas trop grave, je me dis, l'été arrive et j'aurai amplement le temps de continuer. C'est que j'en ai des livres... des rangées et des rangées. Mais l'été passe rapidement entre voyages, lectures, visites... et je n'entre qu'une toute petite pile de livres.

C'est l'automne... le temps de reprendre le travail que je me dis ! J'entre plusieurs livres dans la base de données. Je peux à présent faire de nombreux liens entre les bases et je produis des listes et des rapports ! C'est sensationnel ! Je suis toute énervée. Et bien contente de mes descriptions catalographiques. Mais pour que ce soit complet, il faut que j'entre les livres... Il en manque encore beaucoup. Heureusement, j'entre immédiatement tout nouveau livre. Enfin... au début. Puis, je me dis, je vais les entrer après les avoir lu, car j'ajoute maintenant mon appréciation de lecture. Donc, évidemment, il faudra que je retourne dans la note si j'entre le livre avant de l'avoir lu ! Mais bien sûr, je finis parfois la lecture ailleurs que chez moi, ou alors très tard dans mon lit... je remets donc la description dans ma base de données à plus tard...

Et puis, le plus tard, prend du retard. Les livres à décrire s'accumulent, sans compter ceux qui ne sont pas encore entrés... Et puis, tous ces livres me découragent un peu. J'ai envie de le faire, mais je remets au lendemain, puis au lendemain, puis au surlendemain... je procrastine ainsi depuis des années ! Oui, oui, des années ! Ma base n'est toujours pas terminée... et maintenant elle date. Toute cette procrastination l'a vieillie... elle prend de l'âge et le porte mal... je voudrais aujourd'hui la refaire complètement !

Parfois, je me lève pleine de bonne volonté ! Mais quand je vois tous ces livres... je capitule... et j'en prend finalement un pour le lire et je me jure de le décrire un autre jour...

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21 novembre 2009

Un crime littéraire - Désorde classifié

Je ne crois pas que c'est vraiment un crime. Mais je me sens tout de même coupable. C'est inévitable. "C'est dans ma nature" comme dirait une certaine fable. Je suis comme ça... complètement conflictuelle et souvent culpabilisée par des choses sans importance. En apparence ! Je mélange les traits contradictoires et je m'assume. Même si je tente parfois de changer les choses. Mais cela ne m'empêche pas de me sentir aussi coupable. Car même si j'aime l'ordre, je suis parfois complètement désordonnée...

J'ai longtemps voulu "faire" plusieurs choses. J'ai finalement fait certains choix et même si parfois je rêve de ce que j'aurais pu Bil2faire, je suis complètement satisfaite avec mes choix. Je suis bibliothécaire. Je suis archiviste. (Et bien sûr, je suis toutes les appellations qui existent: spécialiste de l'information, professionnelle de la gestion des documents, et ba be bi bo bu.)

Plusieurs raisons existent expliquant mon choix d'études et de professions. J'en parlerai peut-être un jour. Mais je dois avouer que deux raisons se placent tout en haut: j'aime les mots et l'information (sous toutes ces formes, formats et supports) et j'aime les organiser pour les rendre disponibles... Des bibliothèques, des archives, des bureaux remplis de documents... mes lieux de travail. Que j'organise et gère.

Donc, ce fut normal pour moi d'essayer de donner un ordre à mes livres (et à mes archives, mais ça c'est malheureusement un autre crime). Avant même d'avoir étudié en bibliothéconomie, j'avais tenté de donner un ordre à mes livres... par sujet, par pays, par ordre alphabétique, par grandeur... ce fut toujours un désastre total. Les genres difficiles à parfois se distinguer. Les auteurs se plaçant facilement, mais ma fibre esthétique se rebellant contre les livres de différentes grandeurs se plaçant un après l'autre dans un désordre dimensionnel. Et l'ordre alphabétique prit donc rapidement un tour personnel: l'alphabet est contrebalancé par le nombre de centimètres d'un livre.

Quand Dewey, LC et autres codes et cadres de classification croisèrent mon chemin, je crus être sauvée ! Mais c'était sans compter avec ces méchants centimètres et ma volonté de partager certains lieux et à rassembler certains genres ! Et il ne faut pas oublier l'espace. Ce cruel manque d'espace... des livres partout... dans toutes les pièces, parfois même cachés derrière d'autres livres - et ne respectant donc pas l'ordre du moment - d'autres perdus dans des boîtes... Et je passe rapidement sur l'esthétisme: les couleurs, l'espace, le besoin de respirer de certains livres... et l'envahissement par les objets qui exigent leur place dans les bibliothèques. Tout ce monde se chamaillent dans une joyeuse composition cacophonique.

Je vis aujourd'hui un peu dans un désordre ordonné que je réorganise périodiquement selon un nouvel ordre que je trouve plus adéquat, mais qui n'est, je le sais trop bien, que temporaire. Et je rêve du moment où l'ordre parfait me fera un clin d'oeil. Qu'il se révélera miraculeusement à moi. Parfois, je passe devant mes bibliothèques, éparpillées partout dans mon logis, et je me dis que mes livres ne sont peut-être pas heureux de leur présente localisation et aimeraient probablement côtoyer un autre livre; un copain qui le comprendrait sûrement mieux ! Cela me semble un bordel injustifiable. Et cela exaspère la bibliothécaire en moi. Cela horripile la passionnée d'organisation que je suis.

Je culpabilise. Encore. Et j'essaie alors de réfléchir à un nouveau type de classement... Qui sera la solution magique à mon anarchique désordre littéraire.

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10 avril 2009

Crime littéraire : Ajouter des mots

Vous savez parfois, on ne sent pas coupable, même si on est accusé d'un crime littéraire. On a beau savoir que ça ne se fait Raturepas, qu'il ne faudrait vraiment pas le faire... mais on le fait et on ne sent pas le moindrement coupable !

En fait... c'est même un besoin pour moi... c'est comme une union avec les mots, un peu comme si le livre permettait une discussion...

Il y a évidemment des livres "sacrés" qui vont demeurer vierges de toute conjugaison. Ce sont les livres anciens, les rares, les précieux... Alors je vais m'abstenir de les tatouer, de les marquer... Mais à regret...

Car sinon... mes livres... ils savent que s'ils sont chez moi, ils vont s'illustrer de mes traces. Car je gribouille dans mes livres. Parfois peu... à peine une date ou mon nom au début du livre. Mais parfois les stigmates sont considérables ! Des notes et des réflexions sont peinturlurées dans les marges... parfois des phrases sont soulignées... si le crayon manque, alors des coins en bas de pages sont pliés pour indiquer que cette page en particulier renferme un passage significatif - positif ou négatif, peu importe... il est significatif pour moi. J'avoue que c'est presque de la mutilation. Mes livres présentent de nombreuses cicatrices de lecture. Des mots sont ajoutés, des points d'exclamation ou d'interrogation, des remarques, des explications, des ironisations...

Et je sais que pour beaucoup de lecteurs, c'est un crime impardonnable. J'en suis confuse, mais je ne saurais m'arrêter. Et en plus, j'encourage la mauvaise action. Quand j'achète un livre usagé et que je découvre en cours de lecture, quelques mots disséminés au travers des pages, j'ai l'impression de découvrir une autre lecture... la confession d'un autre lecteur... le partage intime d'une confidence. Évidemment... les mots ajoutés doivent rester simples, discrets, personnels et rares... Une trace sur le livre (et non pas un autre roman, tracé de marqueur jaune, tout de même !)... Parfois, on trouve même une photo, un article de journal, un ticket de métro, une facture, une feuille d'arbre... témoignages de la vie du livre qui viennent amplifier son existence...

Mes livres témoignent de mes lectures et si je les ouvre, je peux retrouver mes questionnements, mes étonnements, mes réflexions, mes doutes... et même mes émotions... Je suis coupable et j'en suis fière !

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12 février 2009

Crime littéraire : perdus dans la foule

PerdusComme beaucoup de lecteurs frénétiques et ma foi compulsifs, j'ai une quantité de livres à lire. Et qui attendent bien sagement en petites piles. En règle général, ces piles de livres à lire - qu'on appelle allégrement les PALS - se trouvent dans mes bibliothèques. Bien placées en piles verticales devant les rangées horizontales de livres lus. Il y en a aussi parfois par terre, près de mon lit. Pour la lecture du coucher. Et parfois aussi à côté du sofa.

Mes livres à lire sont donc bien visibles. Et ils attendent. Parfois, la pile diminue. Mais d'autres livres viennent souvent s'y ajouter. Rien de bien extraordinaire. Ils vivent la vie habituelle et commune de bien des piles de livres à lire à travers le monde des lecteurs déraisonnables.

Mais voilà. Il y a les autres. Il y a les oubliés, les perdus... Car il arrive que pour diverses raisons inexcusables, certains livres à lire, certains livres non lus, se retrouvent sur les tablettes de mes bibliothèques parmi les rangées horizontales de livres terminés, de livres lus... Je les ai reçus ou je les ai achetés; ils sont arrivés chez moi. Parfois, ils ont passé un certain temps dans une pile verticale, parfois non. Et ils ont été placés sur une tablette sans avoir été lu ! Sur la photo volontairement floue, on peut voir deux de ces livres jamais ouverts et perdus dans la foule des lus - ainsi qu'un jamais terminé car vraiment ennuyant et un autre jamais terminé pour aucune raison valable puisque très intéressant, mais ça c'est une autre histoire criminelle.

Pourquoi n'ont-ils pas été lus ? Aucune raison, aucune excuse... ce sont des livres voulus, qui me semblent intéressants, que je veux lire, mais que j'oublie de lire. Quand je termine un livre et que je vais me chercher une nouvelle lecture, j'oublie tout simplement ces livres perdus dans la multitude de mes bibliothèques - un peu partout dans la maison ...

Je n'ai qu'à les retirer des étagères et à les mettre à la verticale dans les piles de livres à lire - comme on se doit de faire - pour me rappeler de les lire, me dira-t-on ! Oui, je le sais. Mais c'est que si je les retire de leur rangée, celle-ci perdra sa cohésion... Il y aura des trous. Ces trous seront comblés et je ne pourrai plus les remettre ensuite. Excuse faible. Oui, je le sais.

Mais je promets que ma prochaine lecture sera un de ces livres perdus... et finalement retrouvé !

Posté par Laila_Seshat à 12:01 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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