19 mars 2017

Le moment captif d'un dimanche : perdre son temps

2017-11"Que le temps passe plus vite, quand l'ennui l'étire" [Philippe Besson]

Il y a de ces journées. On sait qu'on devrait profiter de ces heures juste à nous. Toute la semaine à courir à droite et à gauche. Toute la semaine à ne pas avoir un moment à soi. Et puis, aujourd'hui, enfin, la journée entière juste pour soi. Pas de réunions. Pas de courriels. Pas de courses. Pas d'entrainement. Pas de ménage.

On en rêve toute la semaine. On se prépare, on imagine. On planifie pleins de petites choses douces. Des petites choses juste pour soi. Des petites choses qu'on remet toujours à plus tard. On se dit que la journée sera tranquille mais formidable. On fera de chaque instant un délice. On profitera de chaque minute.

Et puis. Il y a de ces journées. On se lève. On se sent las. On a envie de rien. On commence la journée lentement. On paresse. On laisse les minutes se dérober. On se traîne d'une pièce à l'autre. On se dit qu'il faudrait bien profiter de ce temps que l'on a enfin juste pour nous. Mais on ne fait rien. On se dit qu'on a toute la journée. Mais la journée glisse entre nos doigts. Et on regarde par la fenêtre. On n'arrive pas à se décider. Tout nous ennuie. Rien ne nous dit. On laisse laisse les minutes disparaître. Et la journée est terminée. On n'a rien fait. On n'a pas profité de ces instants. On s'est ennuyé profondément. On a perdu son temps.

Posté par Laila_Seshat à 09:25 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,


05 mars 2017

Le moment captif d'un dimanche : oublier de dormir

2017-01-15"Avec les insomnies, on peut faire des bouquets noirs de grandes fleurs friables et crissantes comme le sable sous les dents." [Jean-Claude Pirotte]

Elle revient toujours cette vieille amie. Mon insomnie chérie.

Elle me quitte parfois pour quelques nuits. Elle se cache, fait semblant de m'oublier. Elle me donne tous les espoirs, mais jamais pour longtemps. Elle revient toujours celle qui sans cesse me poursuit. Mon insomnie chérie.

Elle revient blanchir mes nuits. Elle égratigne mes pensées ; les torture et les déforme. Elle les peint en noir. Elle les transforme en pantins difformes et grimaçants. Encore une fois elle est revenue cette cruelle ennemie. Mon insomnie chérie.

Elle me rejoint tranquillement chaque nuit. Elle devient une habitude. Elle est confortable. Je la connais. Je connais sa noirceur, sa fragilité, sa monstruosité. C'est une vieille connaissance. Elle reviendra toujours celle qui épuise ma vie. Mon insomnie chérie.

" Elles sont bien noires, les pensées des nuits blanches." [Edmond et Jules de Goncourt]

Posté par Laila_Seshat à 02:20 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

19 février 2017

Le moment captif d'un dimanche : réalité

2017-01« Regarder un atome le change, regarder un homme le transforme, regarder l'avenir le bouleverse. » [Gaston Berger]

Ne rien vouloir voir. Ne pas vouloir regarder l'avenir. Faire semblant de ne plus voir le passé. Vouloir l'effacer. Dire qu'on l'a oublié. Puis baisser la tête et se retourner. Se laisser envahir par les images. Des instants importants, des moments anodins. Voir des mirages, des illusions, des rêves brisés, des chutes et des mensonges, des excuses et des échecs.

Baisser à nouveau la tête. Fermer les yeux. Ne plus vouloir voir. Puis soupirer et relever la tête. Se retourner et regarder une autre fois derrière soi. Et puis voir aussi les succès, les victoires, les espoirs, les conquêtes, les idées, les efforts, les plans. Sourire. Les échecs, les succès, tous ces moments sont importants.

Et donc, on se retourne vers le futur. On est prêt à le regarder. On se sent la force de l'affronter. Et peut-être de le changer. Sourire même si on a peur. Mettre son chapeau, son manteau, prendre ses lunettes et regarder le plus loin qu'on peut. Et on avance.

« Plus vous saurez regarder loin dans le passé, plus vous verrez loin dans le futur. » [Winston Churchill]

Posté par Laila_Seshat à 09:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

05 février 2017

Le moment captif d'un dimanche : simplement s'entortiller

2017-06« Dans la nature, rien n'est parfait et tout est parfait: un arbre peut être tordu et ses branches tourmentées, il est toujours beau.» [Alice Walker]

Tu te sens tout croche. Tu te crois difforme, tu te sais différent. Chaque jour, tu aimerais être semblable aux autres. Mais tu sais que cela ne sera jamais possible.

Tu baisses la tête. Tu te courbes. Tu n'oses pas lever la tête. Pourtant, on t'a toujours dit que tu étais magnifique. Que peu importe tes imperfections, tes bosses, tes difformités, tu étais unique et exceptionnel.

Mais c'est difficile. Tu ne sais plus. Tu ne sais pas. Tu doutes. On t'a menti. On t'a sûrement menti. Parce que pourquoi on devrait te trouver beau. Tu es courbé, tu es cassé. Tu ne te sens pas à la hauteur. Tu penses être trop différent pour qu'on t'aime.

On te dit que tu es beau. Tu es unique. Tu doutes. Mais tu regardes autour de toi. Et quand tu ouvres tes yeux, tu vois finalement toutes les imperfections. Toutes ces imperfections. Et tu te sens moins seul. Tu te dis que tu aimes. Et qu'on peut bien t'aimer.

« Il n'y a point de forêt sans arbres tordus ». [Proverbe Bulgare]

Posté par Laila_Seshat à 14:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

15 janvier 2017

Le moment captif d'un dimanche : l'envolée

2017-05"La pensée a des ailes. Nul ne peut arrêter son envol." [Youssef Chahine]

Je vire, je volte, je virevolte ; je tourne, je billonne, je tourbillonne. Je m'échappe, je m'envole, et puis je m'évapore. Absence de ciel, absence d'infini. Mes mots sans sens, ni direction, dansent vaillamment.

Je connais des mots majestueux, pas nécessairement des grossièretés, mais plutôt des impressionnabilités. Des mots qui voltigent et flottent dans ma tête. Des mots compliqués, des mots simples. Des envies de crier et des envies de rire. Une histoire à raconter. Des verbes à utiliser. Des verbes pour vivre. Pour décrire mes vertiges.

Les mots s'échappent. Ils m'échappent. Ils écrivent des pensées qui n'existent plus. Leurs ailes violent le ciel. Je ne sais plus dire. Je ne sais plus écrire. Je récupère des syllabes et quelques voyelles qui vacillent. Et je recommence.

"Les mots sont des oiseaux sauvages qu'on ne rattrape jamais, une fois lâchés." [Jean Simard]

Posté par Laila_Seshat à 10:22 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,


01 janvier 2017

Le moment captif d'un dimanche : promesse

9953a"Le monde de la réalité a ses limites ; le monde de l'imagination est sans frontières." [Jean-Jacques Rousseau]

Et bien, la voici cette nouvelle année. Pleine de promesses. Et remplie d'incertitudes. Elle est inexplorée, immaculée. Elle n'est pas innocente, bien sûr. Elle vient avec un bagage riche, éclatant, précieux. Mais aussi avec un sac lourd, oppressant et même parfois embarrassant. Ces moments qu'on veut parfois oublier mais qui sont en nous et nous définissent malgré nous. Malgré tout.

Mais cette nouvelle année est réelle et prête à accueillir les rêves les plus fous. Une nouvelle page qui recevra les joies, les rires, les larmes, les réalisations, les pertes, les moments réels et imaginés de nos vies.

"Chacun recèle en lui une forêt vierge, une étendue de neige où nul oiseau n'a laissé son empreinte."  [Virginia Woolf]

 


Posté par Laila_Seshat à 15:55 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , , , , , ,

13 novembre 2016

Le moment captif d'un dimanche : s'ensommeiller

2016-11-13"L'insomnie est mauvaise conseillère ; surtout elle exagère les images. Elle transforme facilement l'inquiétude en effroi, l'effroi en épouvante." [Yves Thériault]

Je me couche. J'ai les yeux qui brûlent. Je baille. J'ai de la difficulté à les garder ouverts. Mes yeux sont pleins de sommeil. Je m'endors. Je dors.

Je me réveille. Ce n'est pas le matin. Il fait noir. La lune brille froidement. Toute la maison est endormie. J'écoute le silence. Et les craquements et bruits non identifiés.

Je me tourne. Je ferme les yeux encore une fois. Mais je ne m'endors pas. Je ne dors plus. J'ai le sommeil qui fuit. Et alors je me tourne encore. Et encore. Encore.

J'ouvre les yeux. Les ombres semblent s'agrandir. Elles bougent, se transforment. Je ferme les yeux. Je me tourne. J'essaie de penser à autre chose. Je pense à des petites choses, de petits événements. Et je ne les comprends plus. Je suis certaine d'avoir oublié quelque chose. J'angoisse. Puis, pendant un moment, je sais ce que j'ai oublié. Puis, je l'oublie. Je me tourne. J'ouvre les yeux.

Je referme les yeux. J'ai l'impression de dormillonner. Je crois bien que je dors un peu puisque j'ai l'impression de me souvenir de rêves. Des images se faufilent dans ma tête. J'ouvre les yeux. Les images sont toujours là. Je ne rêve pas. Je rêve éveillée. Mes rêves sont des réalités voilées. Je suis inquiète. Ma chambre semble peuplée de monstres. J'ai peur. Je ferme les yeux.

J'ouvre les yeux. Je les frotte. Il n'y a rien. Je ne vois rien. Je ne dors pas. Mais les images étaient pourtant remplies de poésie. Je me dis que je me rappelerai ces poèmes au matin. Je me tourne. La lune brille un peu moins. Les petits oiseaux commencent à gazouiller. Il fait encore noir. Plusieurs heures ont passé. Et le matin pointe le nez.

Je me tourne. Je sens le sommeil revenir. Je dors à nouveau. Enfin. Mais pour peu de temps. Bientôt, il faut se réveiller pour de bon. J'ouvre les yeux. Je soupire. Je me lève. Je ne me rappelle plus. Que des images effacées. Je suis fatiguée.

Et ce, chaque nuit.

"La poésie vit d'insomnie perpétuelle." [René Char]

Posté par Laila_Seshat à 08:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

30 octobre 2016

Le moment captif d'un dimanche : merveilleuse chimère

2016-10-09 ogres« Ne sommes-nous pas, comme le fond des mers, peuplés de monstres insolites ? » [Henri Bosco]

Il y a des monstres partout. Dans nos maisons et dans nos jardins. Il y en a qui se cachent dans la forêt, dans les champs, dans les grottes, sur les routes et dans les lacs. Je vois des monstres dans mon miroir, dans mes cauchemars et dans mes rêves. Il y a des monstres dans les yeux de mes amis, de ma famille, de mes collègues et dans mes yeux.

Les monstres en moi sont multiples. Ils se font parfois discrets, je ne les entends pas, je les oublie. Mais parfois ils sont assourdissant et omniprésents. Je ne peux les éviter, je ne peux les combattre. Ils font surface et m'envahissent. Ils prennent toute la place. Ils grimacent et essaient de me faire peur. Ils se réflètent dans mes gestes, mes mots, mes espoirs, mes doutes.

J'ai déjà voulu les combattre, les anéantir ; je me suis épuisée à vouloir les détruire. Mais ces monstres font parties de moi. Sans eux, je serais incomplète. Et donc je les cajole et petit à petit je les calme et les dompte. Et j'apprends à vivre avec eux, les contrôler mais les laisser aussi vivre en moi. Mes petits monstres grimaçants.

« Chacun a en lui son petit monstre à nourrir.» [Madeleine Ferron]

Posté par Laila_Seshat à 21:57 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

23 octobre 2016

Le moment captif d'un dimanche : encager son corps

2016-10-23a« On cloue les cercueils comme si on avait peur que les morts s'envolent. » [Georges Perros]

Les morts sont morts. Nous serons tous un mort, un jour. Un mort ne se lève plus. Il ne respire plus. Il n'est plus qu'un corps qui deviendra un jour un squelette puis après une éternité, il ne sera plus que poussière. Sauf, si on l'a incinéré. Alors, il est déjà poussière. Ce qui accélère le processus. Un petit coup de pouce comme on dit.

On choisit souvent, depuis toujours, d'enfermer les morts dans des coffres, sarcophages, cercueils... Une protection contre la décomposition. Il faut la ralentir, l'arrêter, l'oublier. Et une protection pour les vivants, si jamais le corps voulait retrouver sa vie et revenir les tourmenter.

Un mort est mort. Mais on ne peut le laisser en paix. Il faut d'abord le mettre en cage ou le détruire. Puis une fois le risque qu'il s'échappe de sa mort envolé, on peut l'invoquer à volonté. On lui parle, on l'harcèle de nos demandes, prières, questions, inquiétudes. On le met dans un cerceuil ou dans une  urne pour mieux l'encager. 

Et un jour, on m'emprisonnera aussi. Quand la mort m'envahira et me libérera de mon corps. Je serai aussi un mort séquestré dans un contenant quelconque. Mais je m'envolerai et viendrai chatouiller les orteils de ceux qui m'auront mis en cage. 

« Le squelette, c'est la mort : il est dans notre corps. » [Charles de Leusse]

Posté par Laila_Seshat à 12:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

16 octobre 2016

Le moment captif d'un dimanche : s'oublier

2016-10-30"La mémoire est un drôle de brouillard" [Valère Staraselki]

Parfois, il fait bon s'oublier. Se perdre dans un nuage et oublier qu'on existe. Une envie d'avancer dans la brume et disparaître lentement. Pendant un instant, on se perd et on efface toute trace de notre vie. Le passé est confus. Le présent est imprécis. Le futur est indéfini. On déserte notre corps, on désapprend nos souvenirs, on se débarrasse de nos rêves et cauchemars.

On oublie tout. Et on avance doucement dans un vide embrouillé. On sait que c'est temporaire. On ne peut être invisible bien longtemps. Mais pendant quelques instants, on s'évapore. On est insaisissable, imperceptible, volatile et indécelable. Une ombre parmi les ombres. Un reflet sur le brouillard. Une illusion impossible.

Et puis, le brouillard se dissipe. Et on se souvient de tout.

"J'adore le brouillard. Il vous cache du monde, et inversement. Vous sentez que tout a changé, que l'on ne peut plus se fier aux apparences." [Eugene O'Neill]

Posté par Laila_Seshat à 17:46 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,