23 mai 2010

Le moment captif d'un dimanche : des traces rouges

"Voir le monde dans un grain de sable, et le ciel dans une fleur sauvage. Tenir l'infini dans la paume de la main et l'éternité dans une heure." [William Blake]

10_05_23

Il y a des choses que l'on sait. Des choses que l'on a apprises. Au cours des années...

Par exemple, une chanson que l'on a jamais bien compris... cette chanson qui parle de gentils coquelicot mesdames et de gentils coquelicot nouveau... On me parle de jardin, de romarins, de 3 mots latins, d'hommes et de garçons qui ne valent rien, de dames dont on ne dit rien et de demoiselle dont on dit beaucoup de bien. Je n'y comprend rien mais les rimes, j'aime bien...

Et puis, on se souvient de ce symbole du mois de novembre. On se souvient des combattants et on se souvient de voir chaque année, un coquelicot sur le manteau de tant de gens.

Quelqu'un nous aurait aussi dit que 8 ans de mariage étaient soulignés par ces fleurs si rouges. On ne l'a su qu'après ses propres noces de coquelicots... Et puis, on réalise que le nom français de la fleur est une onomatopée rigolote sur le coq et sa crète rouge... bien sûr dans d'autres langues, on l'appelle différemment, mais on ne peut s'empêcher de sourire en disant son nom...

Et on fait des recherches et on apprend sur le symbolisme... et peut-être même un lien avec Perséphone et Démeter...

Mais lorsque le printemps arrive, on ne peut que se rappeler de la première fois que l'on a aperçu la première tache rouge sur le bord de la route. On ne savait pas trop quelle était cette tache rouge. Mais elle semblait se multiplier. Et puis, on l'a regardé d'un peu plus près... touché ses pétales un peu froissés, regardé ses petits grains noirs...

On ne connaissait pas cette fleur. On a pas tout de suite fait le lien avec cette tache rouge du mois de novembre. Et puis, on a cherché dans les livres et on a appris le nom de cette petite fleur qui fleurit partout dans les champs catalans en ce mois d'avril et mai...

Et notre coeur se serre à chaque fois qu'on aperçoit dans les champs, sur les bords des routes, dans les endroits les plus improbables, ces petites fleurs si rouges et si fragiles... On ne sait pas trop pourquoi, on aime cette leur avec une passion incroyable et on ne sait pas trop comment on pourrait s'en passer. Chaque fois que notre regard croise le rouge fané de ses pétales, les larmes viennent à nos yeux. On le dit pas trop, car on se sent vaguement ridicule d'avoir tant d'émotion pour une simple fleur sauvage. Mais on espère pouvoir en faire pousser dans son prochain jardin, car on serait triste de ne plus voir chaque année, ce gentil coquelicot qui nous rappelle nos rêves et nos projets.

"Sois comme la fleur, épanouis-toi librement et laisse les abeilles dévaliser ton coeur" [Râmakrishna]

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16 mai 2010

Le moment captif d'un dimanche : promenade

10_05_16"Le samedi, le temps ralenti, avant de s'arrêter tout à fait le dimanche" [Geneviève Brisac]

Le dimanche est différent. Il semble solitaire dans la semaine. Bizarrement, il semble se distancier des autres jours.

Le dimanche, on sait que le lendemain on doit retourner au travail. On a donc l'impression que cette journée est précieuse et unique. Qu'il faut en profiter et traiter la journée différemment du samedi.

On ne peut simplement faire comme si c'était un jour ordinaire. On doit ralentir. On doit regarder les minutes qui passent et savoir profiter de ce temps. Si on ne s'arrête pas de temps en temps, ces minutes passent trop vite. Le dimanche doit nous permettre de marcher tranquillement. De regarder le soleil... ou la pluie... Il faut écouter le silence... ou le tintamarre qui bruisse dans les rues ou sur le bord de la mer.

Je marche tranquillement sur la promenade. Il n'y a pas encore trop de monde. Il y en aura beaucoup trop dans quelques semaines. Les dimanches ici sont trop bruyants. Et ironiquement trop tranquilles. Je ne sais pas ce que les dimanches devraient être. Un mélange de paresse et d'activités... Je veux aimer mes dimanches. Les protéger du reste de la semaine. Mais je ne veux pas les perdre à les regarder passer sans rien faire... Je crois que je dis n'importe quoi... je divague un peu... je peux bien me le permettre... c'est dimanche après tout !

"Le dimanche, c'est un jour autre. Même le soleil est différent." [Yves Montant]

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09 mai 2010

Le moment captif d'un dimanche : absence

"Maman, c'est toi
La plus belle du monde
Aucune autre à la ronde n'est plus jolie
Tu as pour moi, avoue que c'est étrange
Le visage d'un ange du paradis
"

Maman1

Encore un autre dimanche.
Encore une autre fête des mères
pour me rappeler que tu n'es plus là.

Mais dans mes moments de tristesse,
dans mes moments d'incertitude,
dans mes moments de peur,
et dans mes moments de grande joie...

Je te dis toujours "maman" dans mon coeur.
Quand je pense à toi, je dis "maman".
Et quand je rêve, je t'appelle "maman".

Alors... où que tu sois aujourd'hui...
Je te dis "bonne fête des mères"
ma petite maman...

"Une mère ne meurt jamais car on l'appelera toujours "maman"."
[André Lévy]

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02 mai 2010

Le moment captif d'un dimanche : surveillance

"Une maman ne dort jamais tout à fait ; elle est liée au sommeil de son enfant" [Jean Gastaldi]DSC_3231

Elle surveille attentivement. C'est qu'ils sont turbulents. Enfin, pas tous. Mais mieux vaut bien les surveiller tous. Un incident est si vite arrivé.

Mais il ne faut pas trop les couver. Ils doivent apprendre les petits. La rivière est si dangereuse. Il est préférable de bien les préparer. Et les laisser sauter à l'eau de temps en temps. Il suffit de bien les surveiller. Si c'est trop difficile, il suffira de les aider un tout petit peu.

Elle les trouve beau. Il n'y en a pas un d'identique. Ils sont tous différents. On ne le remarquerait peut-être pas de si loin, mais ils sont uniques. Et chacun a son petit caractère ! Mais c'est qu'elle trouve charmant. Même si parfois, elle aimerait bien se reposer... c'est qu'ils sont turbulents !

Et ils sont parfois bien ingrats. Ils ne cherchent qu'à s'amuser et à nager. Sauf quand c'est l'heure du dîner... alors là, ils veulent manger tout de suite. Elle n'a pas une minute à elle. Elle ne se rappelle plus quand elle a vraiment dormi pour la dernière fois. Mais elle les regarde tendrement et se dit que c'est ça être maman.

"L'amour d'une maman, c'est la conviction que ses poussins sont des cygnes , ce qui est la meilleure façon de donner du moral à des enfants qui sont convaincus d'être de vilains petits canards." [Pam Brown]

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25 avril 2010

Le moment captif d'un dimanche : racines

025avril"Je crois qu'on ne peut rêver que si on a les pieds sur terre. Plus les racines sont profondes, plus les branches sont porteuses" [Juliette Binoche]

Des rêves. Des projets. Des racines qu'ont changent de terre. Mais des racines que l'on enterre tout de même.

On ne ressemble qu'à une petite graine. Tout d'abord. Puis, on grandit. Évidemment. Et nos racines s'allongent et s'entremêlent. Elles partent en toute direction mais avec force. Elles cherchent la vie qui les vivre aussi. Et elles grandissent. Elles s'enfoncent dans sérieusement et intensément dans ce sol qu'elles connaissent si bien.

Elles apprennent. Elles comprennent. Elles observent. Elles changent. Elles se transforment. Elles deviennent fortes. Et elles rêvent. Elles font des projets. Elles inventent et s'inquiètent. Elles pensent à ces jours prochains.

Et il arrive parfois qu'on transporte nos racines vers des terres inconnues. Pendant quelques temps, elles semblent dénudées et fragiles. Mais bientôt, elles reprennent force et vitalité. Et elles découvrent alors des endroits inconnus, des vies différentes. Elles regardent et apprennent. Elles grandissent encore. Et elles continues à rêver. À espérer. À bâtir. Et à réfléchir.

Elles sont prêtes, je crois. Prêtes pour un nouveau changement. Elles quitteront bientôt cette nouvelle terre. Elles retourneront à un sol connu. Elles auront beaucoup appris... elles auront beaucoup changé... et elles sont prêtes pour un recommencement, pour un renouveau dans une terre ancienne mais complètement nouvelle. Et elles rêveront toujours.

"Il faut parfois transplanter ses racines dans un terreau plus nutritif afin de voir notre plante intérieure grandir" [Daniel Desbiens]

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18 avril 2010

Le moment captif d'un dimanche : plumage

018avril"Tous admirent le paon. Alors les oiseaux disent: "Mais regardez ses pattes et écoutez sa voix" [Proverbe japonais]

C'est bien joli un paon. On arrive à une gentille auberge et on découvre dans le fond du jardin, un magnifique paon. On est tout énervé et on prend mille photos. Il est fier, l'oiseau. Il fait le beau pour sa belle qui le regarde à peine. Ses plumes sont magnifiques et franchement éblouissantes. On soupire et on laisse le couple tranquille.

Et puis, le matin arrive tranquillement. Et avec le jour se lève un cri perçant. On ouvre les yeux. On secoue la tête, on se retourne et on referme les yeux. Un autre cri. Et un autre cri. On braille dans la cour. On se lève difficilement et on ouvre la fenêtre. Et alors on le voit. Ce glorieux oiseau qui se promène fièrement sur le gazon devant notre fenêtre. Il fait la roue de sa sensationnelle queue toutes de plumes colorées. Il agite frénétiquement ses plumes devant sa belle. Et il crie.

Un cri strident et répétitif. Il n'arrête pas. Il veut sa belle et il le fait savoir. Il n'acceptera pas de refus et il criaillera toute la matinée. Il ne se reposera pas. Et nous non plus. Après plusieurs minutes, nous avons décidé qu'il était préférable de rire et de se lever. Dans l'horaire de la journée s'est ajouté un arrêt à la pharmacie pour acheter de ces petites choses appelées "bouchons"... essentielles pour le reste du séjour. Car la cour du bellâtre se poursuivra pendant les prochains jours... Nous sommes partis avant de connaître la conclusion de cette histoire de séduction. Mais avec ses belles chansons, je suis certaine qu'il a conquis le coeur de sa dulcinée.

"La fierté a rarement un juste milieu, on en a trop ou pas assez" [Comtesse de Blessington]

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11 avril 2010

Le moment captif d'un dimanche : un long cortège

"Les gens qui veulent suivre des règles m'amusent, car il n'y a dans la vie que de l'exceptionnel" [Jules Renard]11avril

Allez viens... suis-moi. Mettons-nous à la suite de cette longue file et marchons tranquillement derrière ces dames. Pourquoi ? Pour oublier un instant notre quotidien bien sûr. Pour disparaître un moment dans une marche uniforme.

Ne t'inquiète pas. La marche ne sera pas longue. Bientôt nous reprendrons d'autres chemins et nous ne suivrons plus la procession. Nous gambaderons dans l'incertitude des routes tortueuses et nous n'aurons pas peur.

Mais parfois, il est plaisant de suivre tout doucement et ne pas se questionner, l'espace de quelques minutes, sur les grandes décisions et les petits soucis. Alors, viens... suis-moi. Mets-toi derrière moi. Ou alors en avant. Ce n'est pas important. Et marchons simplement à la suite de ces dames. Soyons sages, une seconde. Demain, nous serons déraisonnable s'il le faut.

"La liberté ne consiste pas seulement à suivre sa propre volonté mais aussi parfois à la fuir" [Abe Kobo]

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04 avril 2010

Le moment captif d'un dimanche : ce lapin qu'on suit

AAprès tout ce blanc vient le vert,
Le printemps vient après l’hiver,
Et après la pluie le beau temps.

[Claude Roy]

Évidemment, on pourrait dire que ce n'est pas bien original. Et que ce n'est pas un seul moment, mais trois petits moments. Mais en ce dimanche, je sens le printemps enfin dans mon ciel et ces détails ne semblent pas m'importer.

Hier, j'ai lavé mes fenêtres. J'ai les ouvertes toutes grandes pour la première fois de l'année et j'ai senti le soleil sur mes mains qui lavaient la vitre. J'aime bien laver mes fenêtres quand il fait beau... et ensuite les voir briller. (Évidemment, j'ai toujours une petite prière pour qu'il ne pleuve pas le lendemain, comme c'est presque toujours le cas quand je lave mes fenêtres).

Mais aujourd'hui, il fait printemps et je regarde mes lapins qui se trouvent un peu partout dans la maison. Il y a bien quelques poules ici et là, mais c'est le lapin qui domine et protège son territoire. Il est même responsable des oeufs que les poules semblent ignorer.

Ils m'apparaissent un brin trop sérieux ces lapins. Il faudra que j'apprenne à ces lapins de Pâques à sourire un peu plus. Certains semblent bien occupés à surveiller les oeufs. C'est qu'il y en a partout... dans les plantes, sur les branches, dans les vases... S'ils étaient tous au même endroit, cela serait sûrement plus facile à surveiller... Mais cela serait plus triste et moins sage !

"Mettez tous vos oeufs dans le même panier - et surveiller le panier" [Mark Twain]

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28 mars 2010

Le moment captif d'un dimanche : soyons sérieux

28marsa"Dans la vie, même quand ça a l'air sérieux, ça n'est tout de même du guignol. Et on joue toujours la même pièce" [Jean Anouilh]

Tout apparaît toujours comme la fin du monde. Comme la fin de notre monde. Une poussière est aussi formidable qu'une montagne. Un mot est la destruction d'un univers. On analyse chaque instant. On trouve une seconde défectueuse. On ne sait plus ce qui est grotesque ou ordinaire.

On rit de nos faiblesses en public. Mais on les pleure en silence quand nos mains couvrent notre visage. Dans cette pièce noire où s'agitent les marionnettes de nos erreurs et nos faiblesses.

Mais rien n'est jamais finalité. Enfin. Il faut le croire. Il suffit d'y croire me dit-on. Et je veux bien y croire. Une illusion n'est que l'ébauche de ma réalité. Il suffit parfois d'un sourire et on veut bien suivre cette possibilité qui se dessine devant nous.

Un pantin me dit que peut-être tout est trop sérieux. Et quand il y des moments s'offrant à moi dont le poids des présents inévitables peuvent s'oublier, il est impérial de les saisir et de réaliser que cette illusion est libre de fatalité.

Car un spectacle s'annonce. Un spectacle connu mais chaque fois nouveau et intense. Et il suffit de le vivre en espérant que les marionnettes se rappellent de leur scénario... et continuent à faire rire notre âme.

"L'homme est une marionnette consciente qui a l'illusion de la liberté" [Félix Le Dantec]

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21 mars 2010

Le moment captif d'un dimanche : paresser

21mars

"Il faut des siècles de désoeuvrement pour pouvoir supporter l'oisiveté du dimanche" [Anne Hébert]

Il faut savoir regarder le dimanche dans les yeux. Et accepter ses conseils. Parfois, j'oublie le dimanche. Je ne l'écoute pas. Je travaille toute la semaine. Et la fin de la semaine, le week-end, comme disent certains, il faut faire tant de choses. Il faut faire le ménage. Il faut faire les courses. Il faut répondre au courrier et aux courriels. Il faut voir la famille. Il faut penser à la semaine qui vient.

Mais il faut aussi savoir s'arrêter. Oui. Ne rien faire. C'est quelque chose de presque impossible pour moi. Mais j'apprends. Petit à petit. Simplement se lever. À l'heure qui me plait. Sans culpabilité. Se préparer un café et peut-être un petit déjeûner. Lequel ? On verra.

Manger tanquillement. Refaire un peu de café. Voir les heures passées. Ne pas s'en préoccuper. Regarder par la fenêtre. Décider si on va se promener ou si on s'enfonce dans un fauteuil avec un livre. Ou encore si on se perd sur un lien après l'autre dans le monde vaste virtuel. Ou encore si on ouvre la télévision pour un film ou une série. Ou peut-être appeler un ami ou peut-être pas.

Aujourd'hui, le soleil brille. Et j'ai envie de ne rien faire. Rien faire est difficile. Disons, ne rien faire de bien important. Prendre le temps de ne rien faire. C'est important, je crois. Une petite promenade dans la ville. Sans itinéraire. Tout est fermé. Évidemment. Enfin, pas tout. Quelques boutiques ouvrent leurs portes pour les promeneurs.

Une porte ouverte. De jolies choses à regarder à l'intérieur. Je n'entre pas. Bizarrement, je préfère observer cette bicyclette rose. Elle me rappelle ces dimanches de ma jeunesse où paresser et jouer sans but particulier n'étaient pas un problème. Quand passer la journée à rouler vers nulle part, ou encore à regarder le vent jouer avec les feuilles ou les flocons, selon la saison, n'étaient pas culpabilisant... n'étaient pas considérer comme perdre son temps...

La bicyclette rose ne bouge pas. Elle reste là. Elle me dit tout simplement d'écouter le dimanche. D'écouter ce qu'il me dit. Et il me dit de réapprendre à perdre mon temps. Tout simplement. Avec plaisir. Sans me sentir coupable. Je résiste parfois. Mais certains dimanches, j'essaie d'écouter. Et je regarde la bicyclette rose et je la remercie de son conseil. Puis, je continue mon chemin. Vers nulle part.

"Le temps porte conseil : en général celui de ne rien faire" [Claude Roy]

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