23 août 2009

Le moment captif d'un dimanche : chat perché

chat1"Il suffit de croiser son regard avec celui d'un chat pour mesurer la profondeur des énigmes que chaque paillettes de ses yeux pose aux braves humains que nous sommes" [Jacques Laurent]

Les chats sont partout. Dans nos maisons. Au détour d'une rue ou d'une ruelle. Sous les voitures, près des poubelles. Et dans les arbres.

Ils nous observent. Ils nous analysent. Ils savent tout de nous. Ils savent attirer nos caresses et ils savent les rejeter. Ils nous imaginent et nous définissent chaque fois que leur regard tombe sur nous.

Parfois, j'ai l'impression qu'ils ne font que nous tolérer. Et profiter de nous. Ils nous contemplent tranquillement, les yeux lumineux et rient même parfois de nous.

Ils nous accusent, jugent et condamnent. Puis ils nous pardonnent nos faiblesses et fautes et viennent ronronner sur nos genoux. Ils sont gardiens des lois humaines mais eux-mêmes ne les suivent pas.

Ils sont libres et capricieux. Méfiants, menteurs et mythomanes. Doux mais cruels, les chats veillent constamment sur nos vies. Mais ils n'hésitent à nous abandonner, nous ignorer et nous oublier. Ils possèdent les lieux et les gens.

Les chats n'existent pas vraiment, ce ne sont que des rêves qui nous imaginent chaque jour.

"Chaque fois qu'on observe un animal, on a l'impression qu'il y a là un être humain en train de se foutre de nous" [Elias Canetti]

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09 août 2009

Le moment captif d'un dimanche : refuge

"Les rivières sont des chemins qui marchent, et qui portent où l'on veut aller" [Blaise Pascal]DSC_6132_copy

La mer est étourdissante. Bruyante. Et en août, il y a toujours une multitude de gens bruyants et heureux qui viennent ajouter au bruit assourdissant des vagues sur la plage.

J'ai besoin de douceur. Du calme chuchotement de cette rivière que nous aimons retrouver surtout dans la chaleur brutale des jours d'été espagnols. Découverte au détour d'un voyage imprévu dans les Pyrénnés catalanes, nos pas nous ramènent régulièrement à cette jolie rivière. Nous nous dirigeons d'abord vers le magnifique et minuscule village de Beget, non loin d'Oix et de Camprodon... Perdu dans les montagnes et bien à l'abri des regards, le charmant village a conservé une poésie toute médiévale. La rivière traverse le village et il suffit de la suivre un temps pour la retrouver sauvage dans la forêt qui entoure Beget.

Nous marchons un peu pour nous éloigner de la route et du village... Le chemin est parfois difficile. Mais la rivière nous porte à  à cette roche qui nous accueille toujours en souriant. Et le doux babillage de la rivière, les bruissements des oiseaux nous enveloppent pendant quelques heures... Nous semblons oubliés, seuls... et nous écoutons la voix unique de cette rivière perdue dans sa montagne.

"La mer a partout la même voix grondeuse, grave, solennelle. Nos rivières chantent, murmurent, babillent, et elles ont toutes un accent différent." [Alexandre Pothey]

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02 août 2009

Le moment captif d'un dimanche : angoisse et tranquillité

APlage"Il faut croire aux étoiles
Tes angoisses et tes tourments
Ne sont qu'un qu'un grain de sable
Qu'une larme dans l'océan
"
[Richard Anthony]

Croire aux étoiles est facile. Je lève la tête et je vois les étoiles. Mais les voir dans la lumière du soleil est plus difficile. Je me dis donc que le soleil est une étoile et je n'ai plus alors aucune difficulté à y croire.

Mais bizarrement, les angoisses et les tourments ne se mèlent pas au sable ou à l'eau de la mer... ils semblent se miroiter doucement sur la plage dorée et l'océan lumineux.

C'est sûrement ma mauvaise manie à contempler la mer et à méditer le sable qui font que je ne peux que ruminer sur les problèmes quotidiens et les questionnements existentiaux... L'image s'infiltre dans les pensées et ne les quitte plus. Elle les oblige à approfondir les incertitudes. Elle les contraint à affronter la réalité. Elle impose les chagrins, les peurs, soucis...

Oh... mais elle laisse tout de même un peu de place pour une tranquille évasion, et les rêveries, les désirs et les châteaux en Espagne... Tout de même !!!

"La mer touche au plus profond de l'homme. Dans la lumière du soleil, n'est-elle pas le miroir de l'âme humaine? " [Philippe Plisson]

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26 juillet 2009

Le moment captif d'un dimanche : suivre les moutons

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"Pour être un membre irréprochable parmi une communauté de moutons, il faut avant toute chose être soi-même un mouton." [Albert Einstein]

Il y a parfois de ces expressions que nous utilisons sans même y penser vraiment. Et si parfois on s'y arrête un instant, au moment où on les prononcent, par exemple, on ne prend pas toujours bien le temps de les comprendre vraiment ou alors de chercher à savoir leur fondement. Pourquoi dit-on ceci ou cela ?

"Suivre comme un mouton". On sait probablement tous ce que cela signifie... suivre les autres sans réfléchir, faire comme les autres... enfin... c'est évident. On sait que suivre comme un mouton n'est pas signe de volonté propre, voire de grande intelligence. Quand on suit comme un mouton... on est un "suiveux" ! On suit la conduite du plus grand nombre, on ne se démarque pas, et on ne se questionne pas... on suit aveuglément !

Je suppose que j'ai toujours supposé qu'un mouton suivait naturellement...et que sa nature était de suivre les autres. Est-ce que le mouton est vraiment un suiveux ? Je ne pouvais pas le dire vraiment. Mais si l'expression existait c'est qu'elle devait bien venir de quelque part... Il y avait bien sûr Rabelais et ses moutons de Panurge dans son Quart Livre... et ce Panurge de jeter un mouton à la mer pour se venger d'un négociant méchant... tous les autres moutons du troupeau suivirent ce mouton et entraînèrent également le négociant qui s'accrocha désespérément au dernier mouton... tous à la mer !

Mais de voir réellement ces moutons qui se suivaient tranquillement un à la suite de l'autre, en une belle file... et bien je dois dire que j'ai trouvé cela touchant. Bizarre non? Pourquoi touchant ? Je ne saurais trop le dire. Je les ai trouvés doux, tranquilles, paisibles. Ils ne se cassaient pas la tête avec des centaines de questions et doutes. À part peut-être le premier de la file... Pourquoi a-t-il décidé de se diriger par ce chemin ? Pourquoi a-t-il choisi d'être le premier, celui qui prend les décisions? Regrette-t-il son choix ? Se sent-il responsable des autres qui le suivent ?

"Quand les brebis vont au champ, la plus sage va devant" [Proverbe français]

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19 juillet 2009

Le moment captif d'un dimanche : Suivre la route

"L'enfant marche joyeux, sans songer au chemin ; il le croit infini, n'en voyant pas la fin" [Alfred de Musset]DSC_8028

Mais le fait-il vraiment. Je ne sais. Cette petite japonaise à Tokyo, croisée en septembre dernier, me semblait bien seule, bien chargée. Je l'ai observé discrètement pendant un moment. Elle marchait seule. Avec ses gros sacs. Elle semblait si petite.

Marchait-elle joyeusement ? Songeait-elle au chemin ? J'avais surtout le sentiment, qu'elle peinait sur sa route, à suivre cette ligne jaune. Elle semblait trouver ce chemin infini, et ne semblait pas en voir la fin. Je me trompe sûrement.

Elle savait sûrement que la ligne protègerait sa jeunesse et l'entraînerait vers des horizons lumineux. Elle était seule. Forte. Indépendante. Sans besoin d'adulte pour porter ses sacs, ou pour lui indiquer le chemin. Grande impératrice des routes.

Elle connaissait son chemin. Et savait qu'elle devait le connaître. Peu importe ce qu'il lui réserverait un jour. Cette voie était la sienne... sans fin.

"Vouloir écarter de sa route toute souffrance, signifie se soustraire à une part essentielle de la vie humaine". [Konrad Lorenz]

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12 juillet 2009

Le moment captif d'un dimanche : Douceurs

"LavandeEn mûrissant, faites comme la lavande, adoucissez-vous" [Proverbe anglais]

Il y a des moments que l'on peut emprisonner dans une image. Parfois, l'image nous semble différente que celle prise dans nos souvenirs. Les couleurs moins vives, l'atmosphère moins enveloppante. Mais parfois, la photographie réussit à saisir l'essence du moment que nous avons voulu capturer.

Les couleurs sont au rendez-vous, le mouvement semble transpercer l'immobilité. L'image semble reproduire l'impression, le moment.

J'aime cette photo. Elle me rappelle exactement le moment où au détour d'une rue, j'ai rencontré cet étalage devant cette charmante boutique. Je revois, le soleil, le sympathique vendeur, la chaleur de cette journée, les couleurs vives et excessives.

La seule chose que je ne retrouve pas... de toute évidence... c'est l'odeur... douce et explosive de cette lavande. Mais si je regarde attentivement puis que je ferme les yeux... je retouve la douceur et la chaleur de ce parfum parfois discret parfois trop violent... mais inoubliable.

"L'odeur est l'intelligence des fleurs" [Henri de Montherlant]

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05 juillet 2009

Le moment captif d'un dimanche : Là-haut sur la montagne

Vaches

"À quoi bon soulever des montagnes quand il est si simple de passer par-dessus?" [Boris Vian]

Il y a des paysages qui nous font réaliser des évidences. Des trajets dans les montagnes sont fréquents. Principalement les Pyrénnées, parfois les Alpes du Sud. Mais la montagne est toujours différente. Froide, douce. Verte, blanche. Parfois grise et noire.

La plage est écervelée. La ville est dramatique et émouvante. La campagne, lyrique et humoristique.

La montagne, elle, est changeante et immuable. Parfois inquiétante. Souvent joyeuse. Tranquille. Les hauteurs sont silencieuses.

Quand la chaleur envahie les rues de Barcelone, c'est la montagne qui chante mon nom. Et elle me mumure des secrets que je ne comprends pas toujours. Mais dont je cherche à m'envelopper.

 

 

"La montagne est déconcertante. Son paysage est plissé et secret. Les mots et les habitudes butent sur le passage des cols." [Jason Goodwin]

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21 juin 2009

Le moment captif d'un dimanche - Du soleil à venir

"Les choses de l'enfance ne meurent pas, elles se répètent comme les saisons" [Eleanor Farieon]ete

Il fait déjà chaud. C'est arrivé à l'improviste. D'un coup. Il y a quelques semaines, le temps étaient encore frais la nuit. Les journées ensoleillées, mais supportables. Agréables.

Depuis un peu plus d'une semaine, il fait déjà trop chaud. Une chaleur d'été... étouffante, suffocante. Comme toujours. On bouge au ralenti. Le moindre mouvement à l'extérieur provoque des écoulements de sueur. Les nuits sont irrespirables. Les fleurs et les plantes de mon balcon sont déjà suppliantes et attendent avec impatience les soirs et les arrosages. Les champs sont déjà jaunes. Les plages sont remplies.

Le soleil est oppressant mais exaltant. Les gens recherchent l'ombre mais sourient avec passion à ce soleil torride.

J'aime bien l'été... et ce jaune qui semble envahir tous les recoins. L'été, c'est le rire, l'enfance, les vacances, les moments de nonchalance à boire de la limonade et à lire, à parcourir les routes à la recherche de rivières sympathique qui accueillent en scintillant les picnics...

Évidemment... la vie et la routine continuent implacablent comme le soleil. Mais l'été permet toutes les folies, tous les souvenirs, toutes les paresses... Jusqu'à l'automne qui elle aussi sait séduire ! Mais on en parlera en septembre !

"L'été est une saison qui prête au comique. Pourquoi? Je n'en sais rien. Mais cela est" [Gustave Flaubert]

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14 juin 2009

Le moment captif d'un dimanche - Il est revenu

reptile

"Pour atteindre à de hautes places, ce sont deux choses: il faut être aigle ou reptile" [Honoré de Balzac]

Notre visiteur est revenu. Chaque été, il arrive. Nous ne savons pas où il passe les mois précédents. Il ne vient que l'été. Parfois, il n'est pas seul. Un plus petit que lui l'accompagne. Mais habituellement, il est seul.

Notre premier jour dans notre appartement avait été marqué par la capture d'un de ces visiteurs par notre chat. En fait, nous avions trouvé le corps et la queue sur le tapis de notre salon. Et notre chat bien fier de sa prise.

Puis, nous avons à deux ou trois reprises aperçu un autre visiteur. Mais nous ne pouvions jamais vraiment le voir très longtemps. Notre chat se lançait immanquablement à sa poursuite. Les visiteurs filaient en un éclair, mon chat à leurs trousses et aucune possibilité de photo.

Et puis, maintenant que mon chat n'est plus là pour les terroriser, les visiteurs sont revenus. En fait... le visiteur est habituellement solitaire. Mais il est parfois accompagné. Mais en fait, je ne saurais dire si c'est le même. Sur les photos, il se ressemble. Il est plus tranquille maintenant. Il arrive au début du printemps et il disparait à la fin de l'automne. Il passe parfois des journées entières au soleil. Souvent, la nuit, il se promène sur le mur de la terrasse. Quelques fois, on le retrouve derrière les bacs à fleurs, bien caché, bien immobile. Et il se laisse approcher et prendre en photo. Il fait la pose.

Personnellement, je me demande pourquoi, il revient chaque année au 8e étage de notre édifice. Que vient-il chercher dans ces hauteurs ? Il est vrai que les fleurs de mon balcon sont envahies par les insectes en tout genre mais pourquoi avoir monté si haut ? Il faudra que j'aie une conversation avec mon lézard visiteur.

"Plus on prend de la hauteur et plus on voit loin" [Proverbe chinois]

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07 juin 2009

Le moment captif d'un dimanche - Des jours et des années

Fuite2"C'est à tort que les hommes se plaignent de la fuite du temps, en l'accusant d'être trop rapide, sans voir qu'il s'écoule à la bonne vitesse" [Léonard de Vinci]

J'oublie souvent de prendre le temps de laisser passer le temps tranquillement. Tout va toujours trop vite. Et depuis quelques années, il me semble que tout va encore plus vite.

Je me souviens de l'éternité que les mois prenaient pour arriver enfin à l'été... je me souviens que je calculais que j'aurais 29 ans en l'an 2000 et que cela me semblait impossible... Impossible qu'un jour nous arriverions à l'an 2000 et impossible d'être un jour si vieille !

L'an 2000 est arrivé et mes 29 ans sont loins derrière moi... il me semble que j'étais bien jeune quand nous avons fêté le passage du millénaire !

Les semaines se terminent à une vitesse folle: les dossiers à terminer, les courses à faire, le ménage à rattraper, les choses à faire avant les vacances... qui arrivent rapidement... mais où va donc le temps ? Il me semble courir sans arrêt. Je voltige entre deux minutes et j'essaie de pourchasser les heures qui virevoltent dans mon quotidien.

Le temps passe. Il aime donner l'impression qu'il s'enfuit, qu'il ne nous laissera pas le temps de faire tout ce qu'on voudrait accomplir. Mais il ne fait que passer. Ni rapidement, ni lentement... et il se laisse attraper si on prend le temps de l'écouter. Il m'arrive parfois, pas souvent, de ralentir et même d'arrêter, et de prendre le temps de perdre mon temps. Je culpabilise presque toujours ensuite... c'est dommage. Il ne faudrait pas. On a tout à fait le droit de laisser couler les minutes et de les regarder doucement fondre. Tout à fait le droit.

"Mon passe-temps favori, c'est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps, vivre à contretemps" [Françoise Sagan]

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