21 août 2016

Le moment captif d'un dimanche : façonner sa vie

2016-09-18"Une seule enfance est supportable : la nôtre" [Pierre-Henri Simon]

L'enfance passe et repasse. Une fois terminée, elle ne nous quitte pourtant pas. Mais quels souvenirs de nos 8 mois, 18 mois, 2 ans, 5 ans ? Des images qui fuient. Des photos jaunies. Aucune importance donc. Mais on dit que l'enfance influence notre vie d'adulte. On dit aussi qu'on oublie tout de notre enfance. On dit tant de choses sur l'enfance.

Des souvenirs inventés. Des souvenirs racontés. Je me souviens de moments dont je n'ai pas de souvenirs. Mais ces images sont fortes, réelles et colorées. On m'a tant raconté ces instants qu'ils ont pris vie dans ma tête. Ils sont réels. Aussi réels que les moments furtifs que je crois me souvenir vraiment. Ces moments que j'ai vécu, seule, sans quelqu'un pour me raconter comment j'ai pleuré, j'ai ri, j'ai aimé ou j'ai eu peur.

Est-ce que ces moments que je me rappelle sont plus importants que ceux que j'ai oubliés ? Peut-être. Je ne sais pas. Je ne suis pas experte en enfance. J'aimerais parfois oublié certains moments et me rappeler d'autres. Je ne choisis pas. Je vie et revie. Et je rêve et cauchemarde. Mais je me souviens d'avoir vieilli. Et d'avoir oublié.

"Il y a des choses de l'enfance que seule l'enfance connaît" [Colum McCann]

Posté par Laila_Seshat à 10:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


07 août 2016

Le moment captif d'un dimanche : sur le chemin

2016-08

« La route ? Là où on va, on n’a pas besoin de route ! » [Robert Zemeckis / Retour vers le futur, Dr. Emmett Brown et Marty ]

Je vais où je veux. J’ai une idée en tête et je la suis. Avec insouciance. Mais la route penche un peu et j’ai des papillons dans l’estomac. La route est sinueuse, étroite, difficile. Un mauvais coup de volant et la voiture plonge dans le vide.

J’ai peur de m’engloutir. De sombrer dans l’inconnu. Je me redresse. Je reste sur la route. Ma route.

Je vois ma destination au loin. Mais la route s’estompe. Ma route semble s’effriter petit à petit. Il n’y a plus de route. Je suis perdue. Alors j’oublie ma route. J’oublie ma destination. Je plonge.

Et je me retrouve sur une route imaginée qui conduit à toutes les destinations. Je m’immerge de béton, de terre, de gravier. La route est magnifique, entière et suffisante. Et quand j’ai accepté le chemin, je peux le quitter et me perdre dans ma destination.

« Ce n'est pas la destination mais la route qui compte. » [Proverbe gitan ]

Posté par Laila_Seshat à 05:34 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

24 juillet 2016

Le moment captif d'un dimanche : l'envolée

2016-09-04"Rien n'est trop haut pour l'oiseau, s'il vole de ses propres ailes." [William Blake]

Qu'est-ce que je veux, qu'est-ce que je vois ? Une ligne, un mur, une falaise. Il y a des gens partout. J'étouffe. Je ne sais plus comment parler. Les mots se perdent dans ma gorge. Ça se bouscule autour de moi. Ça jacasse. Je suis étourdis. Je suis incapable de me concentrer. Je ne vois plus rien.

Et pourtant, j'avais une idée. J'avais un rêve. J'étais déterminée et motivée. Et puis, j'ai eu peur ? Peut-être. J'ai paniqué. Un peu. Le mur m'a semblé infranchissable. La falaise profonde. La ligne insurmontable. J'ai trouvé des excuses. La pression était insoutenable. C'était impossible. J'ai reculé.

Et puis, j'ai levé les yeux. Le ciel était bleu. Ce jour-là. Mais, il sera peut-être menaçant demain. Peu importe. Il m'invite subtilement. Il me dit que je n'ai qu'à me lancer. Et m'envoler. Qu'il soit bleu ou noir. Les bruits s'estompent. La falaise, le mur, la ligne. Je ne vois plus d'obstacle. Du ciel, je vois mon rêve, je vois mon idée. Et je les poursuis. J'ai un frisson. Mais je n'ai plus peur.

"L'oiseau, c'est une idée dans l'air." [Jean Rollin]

Posté par Laila_Seshat à 03:26 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

17 juillet 2016

Le moment captif d'un dimanche : clair-obscur

 2016-07-05« A quoi sert la lumière du soleil, si on a les yeux fermés. » [Proverbe arabe]

Ouvre les yeux et tu verras la lumière. Ferme les yeux et tu verras les ombres. Je ne ferme les yeux que pour mieux voir mon âme. Le soleil est trop éblouissant et je ferme la porte. Je m’assois. Je ne vois plus rien. Puis la noirceur commence à briller doucement. Elle s’intensifie. Le noir m’envahit.

Je me suis enveloppée d’obscurité. Et j’ai laissé les ténèbres m’envahir. Et je vois la lumière s’infiltrée partout. Elle cherche à m’envahir. Je suis confuse. Les ombres qui me rassurent s’estompent doucement. Je sens la lumière m’attaquer. Mais je résiste. Je veux vivre d’ombres et de lumières.

Je me lève. J’ouvre les yeux. Il fait noir mais la lumière est partout. Les rayons de soleil me bousculent. Je rebondis sur la nuit. Je vie.

« La clarté, c'est une juste répartition d'ombres et de lumière. »   [Goethe]

 

 

 

 

Posté par Laila_Seshat à 03:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

19 juin 2016

Le moment captif d'un dimanche : citadine

2016-05-03 « Je suis d’une ruelle comme on est d’un village – entre les hangars de tôle et les pissenlits – j’ai trop le souvenir de la petit cour – où il nous fut autrefois défendu de jouer à la balle – rapport aux vitres des voisins » [Sylvain Lelièvre]

Enfant, je rêvais de fleurs et d'arbres. Tous les étés, j'allais chez mes grands-parents à la campagne ; je courais dans la forêt et je m'amusais sur le bord du lac. Je jouais dans les herbes hautes et je faisais des bouquets de fleurs sauvages. J'avais tant besoin de fleurs et d'arbres que lorsque nous repartions vers la ville, j'imaginais que je ramenais avec moi toutes ces fleurs et tous ces arbres. Ils envahissaient la rue où j'habitais, ils brisaient le ciment, le béton et ils verdissaient mon trottoir, ma ruelle.

Ma mère avait une multitude de plantes - qui survivaient plus ou moins dans notre salon. Mon père avait un petit carré de terre dans le jardin communautaire. Il y passait ses samedis et ses dimanches pour ramener quelques tomates, poivrons et oignons.

Et moi, je jouais sur le béton. On jouait dans la rue, de grandes joutes de cachette. Tous les enfants de la rue y participaient et l'été, le jeu durait jusqu'à ce que le soleil soit presque couché. Nous rentrions alors à la maison, il fallait prendre le bain, se mettre en pyjama et alors nous avions encore quelques minutes. On sortait sur les balcons en pyjama et on se racontait des histoires jusqu'au coucher.

Et puis, je jouais dans la ruelle. On jouait aux élastiques, on sautait à la corde, on s'entretuait au ballon. On attendait la venue du camion de fruits et légumes, la cloche du monsieur qui aiguisait les couteaux et même parfois un vendeur de ballons et peluches. On courait même derrière le camion des éboueurs. Nous avons perdu des ballons dans la cour du voisin qui refusaient de nous les redonner. Nous avons vandalisé la porte du même voisin. Il ne l'a jamais dit à nos parents.

Puis les années ont passé. Et j'ai passé des soirées sur le balcon (avant ou arrière) à papoter avec mes amies des garçons du quartier... Il y a eu des soirées bien arrosées dans les cours voisines, des chicanes de balcons, du commérages et du linge étendu sur les cordes à linges.

Je rêvais de fleurs et d'arbre. Mais je rêve aujourd'hui de mon enfance rempli de ruelles, balcons et cordes à linge.

« J’habite au cœur des cordes à linge – où les oiseaux viennent quand même chanter – malgré l’absence d’arbres – je suis du quartier des fils électriques » [Sylvain Lelièvre]

Posté par Laila_Seshat à 04:50 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


12 juin 2016

Le moment captif d'un dimanche : libre de s'encager

2016-05"Il faut faire attention aux mots, car souvent ils peuvent devenir des cages" [Viola Spolin]

Tu t'entêtes à t'encager dans des mots qui n'ont aucune signification pour moi. Tu veux être libre de tes émotions. Tu penses vivre de liberté dans une cage dorée. Tu vois le ciel, tu touches les feuilles, tu poétises tout.

Tu passes d'une cage à l'autre et tu cries ton nom pour que tout le monde puisse l'entendre. Tu enrages qu'on t'encage dans un poème qui n'est pas le tien. Tu ne veux pas écrire sur le sable ou sur la neige. Tu ne veux pas écrire sur les pages blanches ou sur les ailes des oiseaux. Tu veux crier tes propres mots même si tu restes enfermer d'une façon ou d'une autre.

Tes mots sont les tiens. Ils sont ta prison et ta liberté. Tu t'entêtes à ne pas vouloir les changer. Ils t'isolent et te permettent milles libertés. Tu es seul et tu le sais.

"La liberté est une sensation. On peut l'atteindre, enfermé dans une cage comme un oiseau" [Camilio José Cela]

Posté par Laila_Seshat à 07:59 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

05 juin 2016

Le moment captif d'un dimanche : la vérité choque...

2016-06"Ce qui me gêne, ce n'est pas mon âge, mais l'âge des gens qui ont mon âge." [Roger Ferdinand]

La vérité choque mais je ne peux la nier. Les années passent et je ne peux les retenir. C'est une sensation un peu déstabilisante et perturbante. Je me sens tomber et je ne trouve rien pour me rattraper.

Dans quelques jours, j'aurai 45 ans et la vérité... c'est que je m'en fous éperdument ! Oh, c'est bien une vérité qui est un peu troublante. En fait, c'est tout simplement étrange. Mais je n'ai jamais eu peur de l'inconnu alors je plonge !

Évidemment, il arrive que je ressente les changements de mon corps et de mon esprit avec toutes ces années qui s'accumulent. Et il arrive que je pense avec nostalgie à un âge différent de celui que j'ai à ce moment. Mais j'aime tous ces âges. Chaque année a eu ses merveilles et ses tourments. Chaque âge a été difficile et incroyable, triste et heureux.

Mais c'est étrange, je l'avoue. Et c'était égaleement étrange quand j'ai eu 10 ans et 18 ans, 25 ans, 30 ans ou encore 40 ans... et cela sera étrange à 50 ans... et imaginez à 75 ans ! Et ensuite, ouf... Mais que la vie est étrange ! Et merveilleuse !

"Les gens de mon âge me paraissent plus âgées que moi." [Maurice Chapelan]

 

Posté par Laila_Seshat à 04:26 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,

29 mai 2016

Le moment captif d'un dimanche : toujours plus haut

00g1« Onze ans, on questionne tout, les réponses n'arrivent pas à hauteur des doutes. » [Pierre Filion]

Nous avons toute la vie. Rien ne presse. Nous laissons passer les minutes. En attendant. Mais parfois alors que les moments semblent éternels, nous regardons plus loin, plus haut. Nous voulons nous envoler vers l'infini. Là-bas. Là-haut.

Tout semble trop long. Les minutes sont des éternités. Nous ne voulons plus attendre. Nous voulons vivre tout de suite. Tous les moments que vous nous interdisez. Tous les instants qui semblent nous échapper.

Vous avez tort. Vous vous trompez. Vous ne comprenez rien. Vous n'écoutez pas.

Nous regardons le ciel. Nous créerons de nouvelles étoiles. Nous inventerons de nouvelles réponses. Nous ne voulons pas d'excuses. Nous n'accepterons pas de justifications. Nous voulons de la démesure. Nous espérons l'absolu.

Mais pour l'instant, nous attendons. Nous n'avons pas le choix. Nous n'avons rien à faire. Sauf attendre. Et regarder là-bas, là-haut.

« Change de ciel, tu changeras d’étoile. » [Proverbe corse]

Posté par Laila_Seshat à 07:31 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

15 mai 2016

Le moment captif d'un dimanche : deux

2016-05"Dans un couple, peut-être que l'important n'est pas de vouloir rendre l'autre heureux, c'est de se rendre heureux et d'offrir ce bonheur à l'autre." [Jacques Salomé]

Tu veux faire quelque chose ? Non, ça va, je me repose. Mais tu sembles t'ennuyer. Mais non, je ne m'ennuie pas. Je sommeille tout simplement. C'est toi qui baille, je te ferai remarquer. Tu es paresseux, tu ne veux jamais rien faire. C'est pas vrai, on fait toujours plein de choses. C'est toi qui ne veux jamais te reposer. Qu'est-ce que tu inventes ? On passe notre temps à se reposer. Tu cherches des bibittes. Tu réfléchis trop, tu t'embêtes toi-même. Et tu m'embêtes par la même occasion. Tu es insupportable. Tu n'en fais qu'à ta tête. Tu penses avoir toujours raison. Toi aussi, tu crois que tu as toujours raison. Et tu voudrais que je sois différent. Tu ne me laisses jamais tranquille. Tu es agaçante à la fin. Et toi, exaspérant. Tu m'énerves. Fatiguante. Paresseux. Pfff. Grrr. Soupirs. Soupirs. Il fait beau aujourd'hui, on est bien au soleil. Oui, le temps est idéal. Tu veux aller te balader un peu ? Ce serait super, mais plus tard, on peut bien encore profiter du soleil

"Le secret du bonheur en amour, ce n'est pas d'être aveugle mais de savoir fermer les yeux quand il faut" [Simone Signoret]

Posté par Laila_Seshat à 09:33 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

08 mai 2016

Le moment captif d'un dimanche : patient amour

2016-05-09"Le véritable amour d'une mère, c'est d'aider l'enfant à couper le cordon ombilical" [Jean Gastaldi]

Il veut jouer. Et encore jouer. Mais elle est fatiguée. Elle est vidée.

Elle n'en peut plus. Elle aimerait dormir. Elle veut s'enfuir. Elle a l'impression de s'être perdue.

Un jour, il ne voudra plus jouer. Un jour, il s'en ira. Il ne voudra plus l'écouter. Et il l'ignorera.

Et elle regrettera sa fatigue passée. Elle l'aura oubliée. Elle se sentira seule et âgée. Elle regardera des images usées.

Elle attendra. Il reviendra. Ils se retrouveront. Et ils riront.

"L'amour et la patience vont obligatoirement ensemble" [André Pronovost]

Posté par Laila_Seshat à 07:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,