31 janvier 2016

Le moment captif d'un dimanche : en cheminant

2016-01-24"Je trouverai un chemin, ou j'en ferai un" [William Cecil Burleigh]

Dans ce boisé que je traverse les soirs pour revenir chez moi, il y a un chemin. Un chemin large, précis et bien tracé. Il parcoure le boisé et offre plusieurs sorties. Il est facile à suivre. Il est réconfortant. Nos pieds le suivent sans même s'en rendre compte.

Il est charmant mais un peu long. Alors parfois, nous quittons ce chemin que nous connaissons si bien pour prendre une autre voie. Ce chemin est plus petit, plus accidenté. Parfois, nous avons l'impression de ne plus le voir. Nous le traçons alors au fur et à mesure que nous avançons. Nous improvisons son tracé. Nous l'imaginons au gré de nos pas, selon l'inspiration du moment. Il nous mène toujours au bon endroit. Mais chaque trajet est différent, rempli de surprises et de découvertes. Il n'est pas sans danger, il faut bien l'avouer. Et parfois, une racine bien cachée nous a fait tomber. Mais nous nous relevons et continuons notre chemin. Et nous arrivons à la maison.

Parfois, nous prenons le chemin facile et parfois le chemin plus exigeant. Le plus facile n'étant pas nécessairement le moins exigeant. Mais peu importe le chemin, nous traversons le boisé.

"À chaque chemin ses embûches, chaque humain un jour trébuche" [Daniel Desbiens]

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17 janvier 2016

Moment captif d'un dimanche : Ainsi va la vie qui va...

2016-01-10"Que de temps perdu à gagner du temps" [Paul Morand]

Je suis dans un vaste coma blanc. J'ai de la difficulté à aligner deux mots pour qu'ils fassent du sens. Ces quelques mots que vous lisez ont pris des mois à quitter ma tête pour venir sur cette page. Je tourne en rond. Je perds mon temps à faire un millier de choses qui sont toutes importantes ou intéressantes mais qui ne sont pas écrire.

Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, mais c'est la plus longue. Depuis cet automne, je navigue dans un vide d'écriture. Je ne sais plus quoi dire. Je ne trouve pas le courage de dire les choses que j'aimerais dire. Ce ne sont pas les idées qui manquent. Je termine un livre et je me dis "voici ce que je veux en dire", mais si les mots viennent dans mon esprit, je ne suis pas capable de les mettre sur papier. Je regarde des photos et je me dis "voici ce qu'elles m'inspirent", mais quand j'ouvre l'ordinateur, je fais tout sauf écrire ces inspirations.

Bien sûr, il y a eu tant de choses qui ont occupé mon temps : les vacances en septembre, le retour au travail, les millions d'activités à organiser à la bibliothèque, le Temps des fêtes remplis de la visite de mon père... Tous les soirs quand je reviens du travail, je ne vois pas le temps filer. J'arrive tard à la maison, je m'entraîne un peu, nous faisons le repas, nous mangeons, rangeons, je prends ma douche... et le peu de temps qu'il me reste, je ne trouve pas la force d'écrire. Je ne trouve plus la force d'écrire. Et le samedi et dimanche... j'essaie. Toujours quelque chose à faire, le ménage, les courses, les projets, les activités, ... Même les moments où je dis "bon, aujoud'hui, j'écris"... je finis par tourner en rond sur mon ordinateur.

La vie va et elle va trop vite. Le temps passe et ne reviens pas. Et je perds mon temps à vouloir le retenir, le rattraper. Je dois être plus forte que lui et l'ignorer. J'ose espérer que les mots reviendront tranquillement. Ne viens-je pas juste d'en attraper quelques uns ?

"Je passe tout mon temps à comprendre le temps" [Alain Bosquet]

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03 janvier 2016

Le moment captif d'un dimanche : givrée !

2015-12-08"Ma vitre est un jardin de givre." [Emile Nelligan]

Si on ne regarde jamais par la fenêtre, on ne verra jamais passer l'inspiration. Un oiseau qui s'envole, un flocon qui virevolte, un ciel bleu, un ciel gris, un dessin sur la vitre.

On a perdu l'art de regarder longuement par la fenêtre. On ne regarde plus par la fenêtre que rapidement. Un simple coup d'oeil pour voir le temps qu'il fait. Un regard rapide quand on entend un bruit inconnu. Une oeillade distraite pour constater le passage des éboueurs. On ne passe jamais plus que quelques secondes à la fenêtre.

Car on accuse les gens qui regardent trop longuement par la fenêtre de paresse, de perdre leur temps, de ne rien faire. On accuse même certains d'écorniflage et de curiosité malsaine. On leur demande tout de suite ce qu'ils regardent. Et si la réponse est "rien de particulier", alors on se questionne. Pourquoi regarde-t-elle par la fenêtre ? Elle perd son temps. Que fait-il tout le temps à la fenêtre ? Il cherche à espionner les gens. Mais peut-être qu'elle contemple simplement le temps qui passe lentement. Peut-être observe-t-il les gens qui vivent. Et cette contemplation lui inspire un poème dans son coeur. Cette observation lui murmure une chanson à l'oreille. Ou tout simplement ces moments perdus à la fenêtre amènent un soupir doux à leur vie qui passe trop rapidement.

"Écris tout ce qui te passe par la fenêtre." [Lise Deharme]

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22 novembre 2015

Le moment captif d'un dimanche : naissance

2015-03-05"Dans un voyage, le plus long est de franchir le seuil." [Proverbe romain]

J'entends un grincement. La porte s'ouvre doucement. Je vois la lumière. Dois-je avancer ? Dois-je attendre ? Il fait noir autour de moi. Je n'ose pas bouger. L'obscurité qui m'entoure est réconfortante. Elle semble me protéger contre le monde trop lumineux qui semble exister de l'autre côté.

Si je passe cette grille, si je franchis cette porte, je devrai affronter l'inconnu. Je devrai accepter cette lumière qui me semble aveuglante.

Mais je sais que je franchirai ce seuil. Je suis trop curieuse. Je veux voir ce qu'il y a de l'autre côté. J'ai peur de la lumière mais je suis attirée par elle. Il suffit de ne pas se laisser brûler les ailes. Il faut avoir le courage de se lancer tout en ayant calculé sa chute. Et il faut aussi accepter les imprévus.

Je pose ma main sur la poignée et j'ouvre un peu plus grand la porte. Je sais que je peux me baigner dans la lumière parce que je sais que je peux revenir à l'intérieur.

"On ne pourrait apprécier la lumière, si nous ne connaissions pas les ténèbres." [Mick Deev]

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08 novembre 2015

Le moment captif d'un dimanche : approfondir mon miroitement

2015-11-04« Les miroirs réfléchissent trop. Ils renversent prétentieusement les images et se croient profonds.  » [Jean Cocteau]

Hier, j'ai cru me reconnaître dans mon miroir. Mais je n'en suis pas certaine. Je me demande parfois qui est cette fille dans la glace. Que me veut-elle ? J'ai l'impression qu'elle en sait plus que moi. Elle semble savoir ce qu'elle veut. Elle semble connaître tous les secrets de l'univers.

Elle en sait trop. Elle réfléchit trop. Et elle me force à réfléchir. Parfois, j'aimerais pouvoir faire le vide. Ne penser à rien. Simplement vivre sans m'inquiéter.

Je veux juste voir mon image se refléter à l'infini sans me sentir obliger de chercher les illusions dans ce mirage.

Mes doutes se multiplient.Mes erreurs s'amplifient.Mes interrogations s'intensifient. Et je ne sais plus qui croire. Mes yeux qui se ferment ou le miroir qui s'ouvre sur des possibilités improbables.

Oui, je ne connais pas la fille qui me regarde dans ce miroir, mais je sens que je vais la laisser me dire mes quatre vérités.

« Un miroir est une surface polie, faite pour réfléchir, mais parfois bien impolie quand elle vous fait réfléchir.  » [Gérard de Rohan Chabot]

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25 octobre 2015

Le moment captif d'un dimanche : imperceptible

2015-10-12"Si l'oeil pouvait voir les démons qui peuplent l'univers, l'existence serait impossible." [Le Talmud]

Je ne crois plus aux fantômes, dit celle qui a passé un nombre incalculable de nuits la tête sous les couvertures. Je ne crois plus aux fantômes, dit celle qui laisse encore parfois une petite lumière dans le corridor pour qu'il ne fasse pas trop noir si elle doit se lever pendant la nuit.

Mais elle y a déjà cru. Intensément. Et pourtant, elle souhaitait désespérément ne pas y croire. Parce que les fantômes la terrorrisaient. Les ombres furtives dans la nuit de sa chambre la terrifiaient. 

Oh, pendant le jour, c'était bien plaisant d'y croire. Ses amies et elle se racontaient un tas d'histoires les plus horrifiantes les unes que les autres. C'était passionnant. Elles frissonnaient de peur en riant. C'était terriblement excitant.

Mais lorsque la nuit tombait et qu'il fallait se coucher, seule, dans un grand lit entouré de noirceur, elle ne trouvait plus cela excitant du tout. Elle fermait les yeux très fort et se répétait inlassablement que les fantômes cela n'existaient pas. Combien de nuits blanches a-t-elle passées dans le noir ?

Je ne crois plus aux fantômes, dit-elle en regardant attentivement la photo sur son écran.

"Si tout est illusion, nos illusions sont illusoires." [Alain Pontaut]

* Si vous cliquez sur la photo, vous la verrez en plus grand. Voyez-vous le fantôme que j'ai cru voir ? ;-)

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20 septembre 2015

Le moment captif d'un dimanche : terreur matinale

DSC_2804"Tristesse du réveil. Il s'agit de redescendre, de s'humilier. L'Homme retrouve sa défaite : le quotidien." [Henri Michaud]

Les matins de mon existence sont difficiles. Ils ont toujours une raison d'être incontournables.

J'aimerais être comme les matinaux. Ouvrir mes yeux avec les premières lueurs du matin, avant même que le soleil n'apparaissent dans le ciel. On me dit que le réveil du jour est unique, que tout a une couleur indescriptible. On me dit qu'on se sent renaître quand le soleil s'éveille.

Mais tout est trop lumineux. Cela sent trop le réveil. Le début de la journée. Mes yeux ne veulent jamais se résigner à accepter cette clarté. Je refuse de me lever. Je suis terrorisée par le gazouillement des oiseaux qui annnonce le début de la journée.

Tant que nos nos yeux sont fermés, tant que l'on reste dans son lit, la vie s'arrête. C'est quand on se lève qu'il faut faire face à son quotidien. Les problèmes ne peuvent nous rejoindre tant que l'on se tortille dans ses draps. On n'est jamais tenu d'affronter la vie quand on est caché dans son lit. Dans son lit, on peut rêver à des nuits sans fin peuplées de songes. Mais il faut bien se lever et vivre. On ne peut passer son temps à s'évader dans des vies imaginaires. Et une fois, la réalité du soleil acceptée, le matin m'apparaît moins inhumain.

"La vie est un rêve, c'est le réveil qui nous tue." [Virginia Woolf]

 

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13 septembre 2015

Le moment captif d'un dimanche : s'accomplir

2015-09b"Le fruit mûr tombe de lui-même, mais il ne tombe pas dans la bouche." [Proverbe]

Si je comprends bien, il faut donc cueillir la vérité et ne pas attendre qu'elle vienne à nous. Même si elle semble se révéler à tous, elle ne viendra pas à nous nécessairement. Et nous ne pourrons l'obtenir que lorsqu'elle sera prête à être connue. Non ? Je fais de l'amalgame ? Je mélange les choses ? Fort probable.

C'est que je suis aveuglée par le rouge de cette figue. Par la passion du fruit mûr. Par son abondance dans la cour de mon père. Et je cherche une signification signifiante à vous offrir. Une analogie fracassante à vous révéler.

Mais peut-être un fruit mûr n'est qu'un fruit mûr. Et il suffit d'étendre le bras pour le cueillir. Et même parfois il suffit de se pencher pour le ramasser. Et le savourer. Tout simplement. 

"Les vérités sont des fruits qui ne doivent être cueillis que bien mûrs."[Voltaire]

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30 août 2015

Le moment captif d'un dimanche : une lutte acharnée

2015_09_02"Si tu ne peux le combattre, embrasse ton ennemi." [Proverbe chinois]

Il y a des jours où on a l'impression de se battre contre des moulins à vent. On se lève péniblement, notre corps refusant de se réveiller et nos yeux semblant peser une tonne. On se prépare lentement. Rien ne semble vouloir fonctionner. Les rôties sont brûlées, le café est froid, les cheveux se rebellent avec force et les pantalons sont frippés.

On réussit à quitter la maison en catastrophe. On court jusqu'à l'arrêt d'autobus car on est vraiment à la dernière minute. On pense l'avoir raté, la sueur coule dans nos yeux. On a peur pour notre mascara. Et puis, on attend impatiemment l'autobus en retard. Il est rempli de sacs à dos d'ados nonchalants.

On arrive au travail épuisé, pas tout à fait réveillé et vaguement enragé. La journée nous paraît déjà interminable. Elle commence. On voudrait bien la prendre à deux bras et lui dire qu'on ne veut pas lutter contre elle, qu'on veut juste l'embrasser et la vivre pacifiquement. Mais elle est plus forte que nous aujourd'hui. Elle veut se battre et ne nous laissera aucun répit.

Et alors on tourne en rond, on court après le temps, on se bat contre les piles de dossiers, contre l'ordinateur, contre le monde entier,... Et on finit par voir arriver la fin de cette journée. On court se réfugier dans nos draps, on souhaite la bonne nuit à ce jour qui nous a vaincu, aujourd'hui. Demain est un autre jour !

"Ils étaient quatre qui voulaient se battre -- Contre trois qui ne voulaient pas..." [Comptine]

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16 août 2015

Le moment captif d'un dimanche : tolérer le temps

2015-07-05"Le plus grand obstacle à la vie est l'attente, qui espère demain et néglige aujourd'hui." [Sénèque]

Ils attendent patiemment. La patience est une vertu. Alors, ils attendent. Tout vient à point à ceux qui savent attendre, ne dit-on pas ? Alors, ils attendent.

Jour après jour, ils viennent sur ce quai et attendent. Parfois, un poisson récompense leur patience. Ils sont alors heureux. Puis, ils remettent leur ligne à l'eau et attendent.

Tout vient à point à qui sait attendre, ne dit-on pas ? Alors ils attendent. Mais ils ne font que ça. Ils attendent. Ils nous disent qu'ils ont besoin de tranquillité, besoin d'attendre et de prendre le temps de perdre leur temps.

Et je les envie. Je les crois. J'essaie d'attendre aussi. L'attente est une façon de vivre chaque seconde de sa vie. Doucement. Avec intensité. Mais attendre quoi ? Parfois il faut laisser le temps passer. Et parfois attendre est une folie.

Je veux attendre mais je veux pas voir la vie passée pendant que j'attends. Je veux prendre mon temps. Mais la vie est si courte et je ne veux pas en perdre une minute. Je veux respirer et profiter tranquillement des moments qui passent. Mais je ne veux pas voir le temps disparaître et s'évanouir sans que je les respire momentanément.

Je veux vivre aujourd'hui. Je veux vivre hier et j'espère vivre demain.

"On croit user le temps, c'est le temps qui nous use." [Proverbe français]

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