20 mars 2016

Le moment captif d'un dimanche : printemps en folie

2016-03-20"Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps." [Théophile Gautier]

Les écureuils sont fous aujourd'hui. Le soleil leur donne la bougeotte. Pourtant le mercure est encore sous zéro et on annonce de la neige dans les prochains jours. Mais c'est aujourd'hui le printemps et ils le savent.

Ils batifolent sous le saule, se poursuivent et se chamaillent. Ils sont insousciants pour quelques instants. Ils célèbrent cet événement. Ils tentent d'attraper chaque rayon de soleil. Ils se roulent dans la terre qui qui semble un peu plus chaude aujourd'hui. Dans quelques jours, il y aura peut-être de la neige, mais en ce moment c'est le printemps !

"Je mêle mon souffle à la chaleur du printemps
Je m’imprègne de chaque odeur
" [Gatien LAPOINTE]

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06 mars 2016

Le moment captif d'un dimanche : dans la confusion

2016-04-21« On peut affronter la brise, mais il vaut mieux s'affaler dans la tempête » [Stephen King]

Insondable et incompréhensible. Tu marches dans la tourmente. Tu devrais te cacher mais tu veux avancer. Tu as l'impression d'affronter une immensité glaciale. Tu cherches le calme. Tu as peur. Mais tu marches.

Tu te poses tant de questions. Tu cherches les réponses mais elles t'échappent. Tu te questionnes sur tout. Et rien. Tu ne cesses jamais de te torturer avec des pourquoi, des si, des peut-être. Tu imagines des passés différents, tu essaies de modifier tes souvenirs, tu cherches des futurs possibles.

Et tu marches dans l'incertitude. Mais tu marches. Tu ne cesses de marcher. Dans la brise, dans la tempête. Tu crois que les réponses viendront dans cette marche contre tes doutes. Et tes réponses surgiront des profondeurs. Un jour.

« La mer est aussi profonde dans le calme que dans la tempête » [John Donne]

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28 février 2016

Le moment captif d'un dimanche : égratignure

2016-02-07"La parenté est comme un manteau d'épines" [Proverbe africain]

Qui a dit que c'était facile d'aimer sa famille ?

Parfois on ne l'aime pas du tout. Et c'est ok. On peut avoir de parfaitement bonnes raisons de ne pas aimer sa famille.

Mais très souvent on aime notre famille. On l'adore même et on ne pourrait s'imaginer vivre dans eux. Mais même si on l'aime, on se demande souvent pourquoi. On a parfois l'impression que c'est un travail douloureux et sans fin. Qu'il faut y travailler sans arrêt. Et que ce sont toujours les mêmes qui font les efforts. On tend la main, on écoute, on console, on conseille, on supporte et on prend dans nos bras... mais parfois on a l'impression qu'on ne reçoit en retour que des égratignures. Elle ne veut pas de notre écoute, de nos conseils. Elle supporte à peine nos bras et nos mots.

Mais on l'aime tout de même. Et on sait bien qu'elle nous aime aussi. Comme elle le peut. De sa manière à elle. 

"Prend-on la vie autrement que par les épines ?" [René Char]

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14 février 2016

Le moment captif d'un dimanche : Laissez-nous danser

2016-02-14"En amour, il n'y a pas de plus affreux désastre que la mort de l'imagination." [Georges Meredith]

 "Écoute la musique et laisse-toi aller. N'aie pas peur." "Je ne sais pas danser." "Ferme les yeux et imagine-toi des ailes, imagine-toi valser sur un nuage." "Si je m'envole, je vais tomber." "Mais non, tu ne tomberas pas." "Oui, je vais tomber." "Si tu tombes, je vais te rattraper." "Tu n'en seras pas capable." "Alors, je tomberai avec toi." "Tu dis n'importe quoi." "Alors arrête d'avoir peur et danse avec moi." "Mais je n'entends pas de musique." "Mais oui, écoute bien." "Je n'entends rien." "Ferme les yeux, écoute les étoiles qui chantent. Écoute nos rêves. Est-ce que tu entends l'histoire de nos vies ?" "Regarde, je danse. Je danse avec toi. Nous danserons ensemble sur une musique inventée que personne ne connait. Une musique pour toi et moi."

"Au deuxième temps de la valse -- On est deux, tu es dans mes bras -- Au deuxième temps de la valse -- Nous comptons tous les deux un-deux-trois" [Jacques Brel]

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07 février 2016

Le moment captif d'un dimanche : fixé

2016-03-08"Si les astres étaient immobiles, le temps et l'espace n'existeraient plus" [Maurice Maeterlinck]

La pluie a tombé et a figé les branches dans une immobilité glacée.  J'ai fermé les yeux. Je me suis alors imaginée perdue dans un univers étoilée. J'ai froid. Je glisse de branche en branche. Je tombe. Je me relève et je grelotte. Je vis.

J'entends une musique glaciale. Elle veut envelopper mon corps, envoûter mes rêves. Elle joue doucement. Ma tête est lourde, mes pensées deviennent confuses. J'ai l'impression que le temps s'arrête. Je semble flotter dans un vide éternel. J'essaie d'ouvrir les yeux. 

J'ouvre les yeux. Je bouge et je grelotte. Par la fenêtre, je vois la vie. 

                                                                   

 

 

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31 janvier 2016

Le moment captif d'un dimanche : en cheminant

2016-01-24"Je trouverai un chemin, ou j'en ferai un" [William Cecil Burleigh]

Dans ce boisé que je traverse les soirs pour revenir chez moi, il y a un chemin. Un chemin large, précis et bien tracé. Il parcoure le boisé et offre plusieurs sorties. Il est facile à suivre. Il est réconfortant. Nos pieds le suivent sans même s'en rendre compte.

Il est charmant mais un peu long. Alors parfois, nous quittons ce chemin que nous connaissons si bien pour prendre une autre voie. Ce chemin est plus petit, plus accidenté. Parfois, nous avons l'impression de ne plus le voir. Nous le traçons alors au fur et à mesure que nous avançons. Nous improvisons son tracé. Nous l'imaginons au gré de nos pas, selon l'inspiration du moment. Il nous mène toujours au bon endroit. Mais chaque trajet est différent, rempli de surprises et de découvertes. Il n'est pas sans danger, il faut bien l'avouer. Et parfois, une racine bien cachée nous a fait tomber. Mais nous nous relevons et continuons notre chemin. Et nous arrivons à la maison.

Parfois, nous prenons le chemin facile et parfois le chemin plus exigeant. Le plus facile n'étant pas nécessairement le moins exigeant. Mais peu importe le chemin, nous traversons le boisé.

"À chaque chemin ses embûches, chaque humain un jour trébuche" [Daniel Desbiens]

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17 janvier 2016

Moment captif d'un dimanche : Ainsi va la vie qui va...

2016-01-10"Que de temps perdu à gagner du temps" [Paul Morand]

Je suis dans un vaste coma blanc. J'ai de la difficulté à aligner deux mots pour qu'ils fassent du sens. Ces quelques mots que vous lisez ont pris des mois à quitter ma tête pour venir sur cette page. Je tourne en rond. Je perds mon temps à faire un millier de choses qui sont toutes importantes ou intéressantes mais qui ne sont pas écrire.

Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive, mais c'est la plus longue. Depuis cet automne, je navigue dans un vide d'écriture. Je ne sais plus quoi dire. Je ne trouve pas le courage de dire les choses que j'aimerais dire. Ce ne sont pas les idées qui manquent. Je termine un livre et je me dis "voici ce que je veux en dire", mais si les mots viennent dans mon esprit, je ne suis pas capable de les mettre sur papier. Je regarde des photos et je me dis "voici ce qu'elles m'inspirent", mais quand j'ouvre l'ordinateur, je fais tout sauf écrire ces inspirations.

Bien sûr, il y a eu tant de choses qui ont occupé mon temps : les vacances en septembre, le retour au travail, les millions d'activités à organiser à la bibliothèque, le Temps des fêtes remplis de la visite de mon père... Tous les soirs quand je reviens du travail, je ne vois pas le temps filer. J'arrive tard à la maison, je m'entraîne un peu, nous faisons le repas, nous mangeons, rangeons, je prends ma douche... et le peu de temps qu'il me reste, je ne trouve pas la force d'écrire. Je ne trouve plus la force d'écrire. Et le samedi et dimanche... j'essaie. Toujours quelque chose à faire, le ménage, les courses, les projets, les activités, ... Même les moments où je dis "bon, aujoud'hui, j'écris"... je finis par tourner en rond sur mon ordinateur.

La vie va et elle va trop vite. Le temps passe et ne reviens pas. Et je perds mon temps à vouloir le retenir, le rattraper. Je dois être plus forte que lui et l'ignorer. J'ose espérer que les mots reviendront tranquillement. Ne viens-je pas juste d'en attraper quelques uns ?

"Je passe tout mon temps à comprendre le temps" [Alain Bosquet]

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03 janvier 2016

Le moment captif d'un dimanche : givrée !

2015-12-08"Ma vitre est un jardin de givre." [Emile Nelligan]

Si on ne regarde jamais par la fenêtre, on ne verra jamais passer l'inspiration. Un oiseau qui s'envole, un flocon qui virevolte, un ciel bleu, un ciel gris, un dessin sur la vitre.

On a perdu l'art de regarder longuement par la fenêtre. On ne regarde plus par la fenêtre que rapidement. Un simple coup d'oeil pour voir le temps qu'il fait. Un regard rapide quand on entend un bruit inconnu. Une oeillade distraite pour constater le passage des éboueurs. On ne passe jamais plus que quelques secondes à la fenêtre.

Car on accuse les gens qui regardent trop longuement par la fenêtre de paresse, de perdre leur temps, de ne rien faire. On accuse même certains d'écorniflage et de curiosité malsaine. On leur demande tout de suite ce qu'ils regardent. Et si la réponse est "rien de particulier", alors on se questionne. Pourquoi regarde-t-elle par la fenêtre ? Elle perd son temps. Que fait-il tout le temps à la fenêtre ? Il cherche à espionner les gens. Mais peut-être qu'elle contemple simplement le temps qui passe lentement. Peut-être observe-t-il les gens qui vivent. Et cette contemplation lui inspire un poème dans son coeur. Cette observation lui murmure une chanson à l'oreille. Ou tout simplement ces moments perdus à la fenêtre amènent un soupir doux à leur vie qui passe trop rapidement.

"Écris tout ce qui te passe par la fenêtre." [Lise Deharme]

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22 novembre 2015

Le moment captif d'un dimanche : naissance

2015-03-05"Dans un voyage, le plus long est de franchir le seuil." [Proverbe romain]

J'entends un grincement. La porte s'ouvre doucement. Je vois la lumière. Dois-je avancer ? Dois-je attendre ? Il fait noir autour de moi. Je n'ose pas bouger. L'obscurité qui m'entoure est réconfortante. Elle semble me protéger contre le monde trop lumineux qui semble exister de l'autre côté.

Si je passe cette grille, si je franchis cette porte, je devrai affronter l'inconnu. Je devrai accepter cette lumière qui me semble aveuglante.

Mais je sais que je franchirai ce seuil. Je suis trop curieuse. Je veux voir ce qu'il y a de l'autre côté. J'ai peur de la lumière mais je suis attirée par elle. Il suffit de ne pas se laisser brûler les ailes. Il faut avoir le courage de se lancer tout en ayant calculé sa chute. Et il faut aussi accepter les imprévus.

Je pose ma main sur la poignée et j'ouvre un peu plus grand la porte. Je sais que je peux me baigner dans la lumière parce que je sais que je peux revenir à l'intérieur.

"On ne pourrait apprécier la lumière, si nous ne connaissions pas les ténèbres." [Mick Deev]

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08 novembre 2015

Le moment captif d'un dimanche : approfondir mon miroitement

2015-11-04« Les miroirs réfléchissent trop. Ils renversent prétentieusement les images et se croient profonds.  » [Jean Cocteau]

Hier, j'ai cru me reconnaître dans mon miroir. Mais je n'en suis pas certaine. Je me demande parfois qui est cette fille dans la glace. Que me veut-elle ? J'ai l'impression qu'elle en sait plus que moi. Elle semble savoir ce qu'elle veut. Elle semble connaître tous les secrets de l'univers.

Elle en sait trop. Elle réfléchit trop. Et elle me force à réfléchir. Parfois, j'aimerais pouvoir faire le vide. Ne penser à rien. Simplement vivre sans m'inquiéter.

Je veux juste voir mon image se refléter à l'infini sans me sentir obliger de chercher les illusions dans ce mirage.

Mes doutes se multiplient.Mes erreurs s'amplifient.Mes interrogations s'intensifient. Et je ne sais plus qui croire. Mes yeux qui se ferment ou le miroir qui s'ouvre sur des possibilités improbables.

Oui, je ne connais pas la fille qui me regarde dans ce miroir, mais je sens que je vais la laisser me dire mes quatre vérités.

« Un miroir est une surface polie, faite pour réfléchir, mais parfois bien impolie quand elle vous fait réfléchir.  » [Gérard de Rohan Chabot]

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