05 juin 2016

Le moment captif d'un dimanche : la vérité choque...

2016-06"Ce qui me gêne, ce n'est pas mon âge, mais l'âge des gens qui ont mon âge." [Roger Ferdinand]

La vérité choque mais je ne peux la nier. Les années passent et je ne peux les retenir. C'est une sensation un peu déstabilisante et perturbante. Je me sens tomber et je ne trouve rien pour me rattraper.

Dans quelques jours, j'aurai 45 ans et la vérité... c'est que je m'en fous éperdument ! Oh, c'est bien une vérité qui est un peu troublante. En fait, c'est tout simplement étrange. Mais je n'ai jamais eu peur de l'inconnu alors je plonge !

Évidemment, il arrive que je ressente les changements de mon corps et de mon esprit avec toutes ces années qui s'accumulent. Et il arrive que je pense avec nostalgie à un âge différent de celui que j'ai à ce moment. Mais j'aime tous ces âges. Chaque année a eu ses merveilles et ses tourments. Chaque âge a été difficile et incroyable, triste et heureux.

Mais c'est étrange, je l'avoue. Et c'était égaleement étrange quand j'ai eu 10 ans et 18 ans, 25 ans, 30 ans ou encore 40 ans... et cela sera étrange à 50 ans... et imaginez à 75 ans ! Et ensuite, ouf... Mais que la vie est étrange ! Et merveilleuse !

"Les gens de mon âge me paraissent plus âgées que moi." [Maurice Chapelan]

 

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29 mai 2016

Le moment captif d'un dimanche : toujours plus haut

00g1« Onze ans, on questionne tout, les réponses n'arrivent pas à hauteur des doutes. » [Pierre Filion]

Nous avons toute la vie. Rien ne presse. Nous laissons passer les minutes. En attendant. Mais parfois alors que les moments semblent éternels, nous regardons plus loin, plus haut. Nous voulons nous envoler vers l'infini. Là-bas. Là-haut.

Tout semble trop long. Les minutes sont des éternités. Nous ne voulons plus attendre. Nous voulons vivre tout de suite. Tous les moments que vous nous interdisez. Tous les instants qui semblent nous échapper.

Vous avez tort. Vous vous trompez. Vous ne comprenez rien. Vous n'écoutez pas.

Nous regardons le ciel. Nous créerons de nouvelles étoiles. Nous inventerons de nouvelles réponses. Nous ne voulons pas d'excuses. Nous n'accepterons pas de justifications. Nous voulons de la démesure. Nous espérons l'absolu.

Mais pour l'instant, nous attendons. Nous n'avons pas le choix. Nous n'avons rien à faire. Sauf attendre. Et regarder là-bas, là-haut.

« Change de ciel, tu changeras d’étoile. » [Proverbe corse]

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15 mai 2016

Le moment captif d'un dimanche : deux

2016-05"Dans un couple, peut-être que l'important n'est pas de vouloir rendre l'autre heureux, c'est de se rendre heureux et d'offrir ce bonheur à l'autre." [Jacques Salomé]

Tu veux faire quelque chose ? Non, ça va, je me repose. Mais tu sembles t'ennuyer. Mais non, je ne m'ennuie pas. Je sommeille tout simplement. C'est toi qui baille, je te ferai remarquer. Tu es paresseux, tu ne veux jamais rien faire. C'est pas vrai, on fait toujours plein de choses. C'est toi qui ne veux jamais te reposer. Qu'est-ce que tu inventes ? On passe notre temps à se reposer. Tu cherches des bibittes. Tu réfléchis trop, tu t'embêtes toi-même. Et tu m'embêtes par la même occasion. Tu es insupportable. Tu n'en fais qu'à ta tête. Tu penses avoir toujours raison. Toi aussi, tu crois que tu as toujours raison. Et tu voudrais que je sois différent. Tu ne me laisses jamais tranquille. Tu es agaçante à la fin. Et toi, exaspérant. Tu m'énerves. Fatiguante. Paresseux. Pfff. Grrr. Soupirs. Soupirs. Il fait beau aujourd'hui, on est bien au soleil. Oui, le temps est idéal. Tu veux aller te balader un peu ? Ce serait super, mais plus tard, on peut bien encore profiter du soleil

"Le secret du bonheur en amour, ce n'est pas d'être aveugle mais de savoir fermer les yeux quand il faut" [Simone Signoret]

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08 mai 2016

Le moment captif d'un dimanche : patient amour

2016-05-09"Le véritable amour d'une mère, c'est d'aider l'enfant à couper le cordon ombilical" [Jean Gastaldi]

Il veut jouer. Et encore jouer. Mais elle est fatiguée. Elle est vidée.

Elle n'en peut plus. Elle aimerait dormir. Elle veut s'enfuir. Elle a l'impression de s'être perdue.

Un jour, il ne voudra plus jouer. Un jour, il s'en ira. Il ne voudra plus l'écouter. Et il l'ignorera.

Et elle regrettera sa fatigue passée. Elle l'aura oubliée. Elle se sentira seule et âgée. Elle regardera des images usées.

Elle attendra. Il reviendra. Ils se retrouveront. Et ils riront.

"L'amour et la patience vont obligatoirement ensemble" [André Pronovost]

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26 avril 2016

Zébrures écarlates de Michel Roberge - Commentaires personnels

MR03Zébrures écarlates : une enquête du détective archiviste Ives d'Arch / Michel Roberge. -- Québec (Québec) : Les Éditions GID, [2015]. – 705 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-89634-277-8

Quatrième de couverture

« En entrant dans l'appartement surchauffé, Ives d'Arch eut l'impression de pénétrer dans un sauna. En s'approchant de son ordinateur portable son attention fut attirée par le courriel de Llura Solés. D'abord troublé, il en prit rapidement connaissance. Il se rassit devant son ordinateur et, encore sous le choc, il relut le court message. Le dernier contact qu'il avait eu avec la Catalane, qu'il avait rencontrée dans un congrès d'archivistes en 1988 et dont il était tombé follement amoureux, remontait à 2001. Elle lui avait alors abruptement annoncé qu'elle avait fait la connaissance d'un certain Joan et qu'ils avaient l'intention de se marier. Depuis, il avait vainement tenté d'entrer en contact avec elle. Llura Solés n'avait plus donné signe de vie. Et voilà qu'elle réapparaissait dans le décor en lui envoyant ce courriel à la fois énigmatique et intrigant. »

Voilà le point de départ de la première aventure du détective archiviste québécois Ives d'Arch. Assassinats et attentat au colis piégé, faux documents et précieuses archives, somptueuses soirées et nuits voluptueuses constituent l'essence même de ce polar dont l'intrigue se déroule au Québec, en France et en Catalogne et dans laquelle évolue une panoplie de personnages hors du commun.

Lire le premier article - Zébrures écarlates de Michel Roberge - L'auteur et l'histoire

Mes commentaires

MR02

Quelle fresque historique ! Voici un roman bien construit et étoffé, rempli de détails et d’informations. Lorsqu’on termine notre lecture, nous avons vraiment l’impression d’avoir vécu cette aventure et de connaître personnellement les personnages. Et les détails historiques sont recherchés et très intéressants.

Les personnages principaux ont pris vie pendant ma lecture. Ceux-ci sont vivants dans ma mémoire et j’ai l’impression de les connaître. Mais j’aurais aussi aimé connaître un peu plus les personnages secondaires. Ils sont également importants dans l’histoire et j’ai eu l’impression d’à peine les survoler. Particulièrement les « méchants », le fameux « acheteur » du document volé et surtout  Llúria : quelles étaient leurs motivations ?, etc.

Certains passages sur la vie des personnages principaux étaient très personnels, captivants et émouvants. J’ai eu l’impression de lire un roman sur l’histoire d’amour entre Ives et Karl. Je voulais en savoir plus et j’avais l’impression de « voir » une télésérie sur leur vie – non pas un film, mais bien une série télévisuelle, pour le facteur temps… apprendre à connaître tranquillement les personnages petit à petit au fil du temps. Tout le texte est d’ailleurs très visuel. C’était très intéressant et même passionnant. Parfois, cependant, toutes ces descriptions et détails – aussi fascinants étaient-ils - me faisaient oublier l’histoire du document disparu. J’avais l’impression que l’auteur était déchiré entre l’envie de raconter la vie de ses personnages principaux – qui je crois, l’ont véritablement habité pendant l’écriture - et cette intrigue autour du document disparu. D’un côté l’enquête semble importante – des gens sont morts à cause de ce document – mais d’un autre côté, j’avais l’impression qu’elle n’était qu’un prétexte pour nous parler du couple Ives/Karl. J’ai été moi-même déchiré entre mon désir d’en savoir plus sur Ives et Karl et l’envie de connaître le destin de ce document.

Et donc, j’ai l’impression de m’être parfois un peu perdue dans tous ces détails et de ne pas avoir bien suivi l’intrigue policière. Elle m’a semblé secondaire, en quelque sorte. Même si elle était réellement palpitante. J’aurais aimé en savoir plus sur ce document, sur son parcours et j’aurais aimé avoir plus de détails sur le travail d’investigation pour le retrouver. Ce vol de document m’a passionnée dès les premières lignes mais je suis un peu restée sur ma faim.

J’avoue que j’aurais aussi aimé poursuivre l’histoire de Miquel (qui transportait le fameux document) et Adela (qui l’hébergea lors de son périple vers Paris). J’aurais voulu suivre Miquel au Québec, savoir ce qu’il avait fait du document, savoir également ce qui arrivait avec Adela, etc. Et je voulais en savoir plus sur les personnages du début, témoins du vol du document : Joaquim, Xevi, etc. Tous ces personnages étaient vraiment intéressants et m’ont captivée. J’en voulais plus.

J’ai donc eu l’impression de lire plusieurs romans en un seul. Et j’aurais par moment peut-être préféré avoir plusieurs romans, plutôt qu’un seul… Car l’auteur a un réel talent de conteur et on aime se perdre dans ses histoires. Il nous offre des personnages vivants et qu’on veut connaître. Des histoires troublantes, parfois tristes et tragiques, parfois douces et touchantes. Et j’aurais voulu les approfondir toutes.

Cette foison de détails, nous permet également de voir les lieux où se déroulent les intrigues. J’ai la chance de connaître les lieux principaux : la ville de Québec, Barcelone, Castelnou… Honnêtement, j’avais l’impression de voir parfaitement tous ces endroits et d’y être physiquement. Les descriptions sont incroyables. Et c’est un talent rare d’être capable de décrire des lieux pour qu’on s’y sente présent. L’auteur nous offre un texte très imagé. Certes, cela allonge parfois le texte et on pourrait par moment vouloir un texte plus serré. Mais j’ai adoré me perdre dans les rues de ces villes et villages.

On sent que l’auteur est passionné par son sujet, par ses personnages, par les lieux qu’il décrit et par l’histoire du Québec et de la Catalogne. Cette passion est palpable et c’est émouvant. Mais par moment, peut-être un peu étourdissant. J’aime aussi pouvoir imaginer certains détails. Cela permet de personnaliser un roman et de le faire sien. Mais on ne peut rien dire contre la passion !

L’écriture de l’auteur est précise et spécifique. On sent que l’auteur est rigoureux dans son processus d’écriture. Chaque mot est pensé et important. On sent un travail méticuleux et une recherche ordonnée et pointilleuse. On ressent définitivement l’archiviste derrière l’auteur. La lecture reste cependant toujours fluide, le texte sans fioriture, et le tout se lit aisément. C’est une lecture très plaisante.

Au final, ce roman est réellement passionnant. Mais bizarrement, il souffre un tout petit peu des talents incontestables d’écrivain et de conteur de son auteur. Personnellement, j’aurais aimé que l’auteur garde certains personnages, certains détails pour un autre roman. Mais Zébrures écarlates reste un excellent roman où il fait bon se perdre. Mais maintenant, je veux d’autres romans de l’auteur… je veux poursuivre l’aventure.

Les mots de l’auteur

« - […] Quand je me suis réveillé, je me suis rendu compte que je voyais seulement en noir et blanc. Mes parents ont cru que j’essayais de les faire marcher. Ils m’ont fait voir un spécialiste et c’et lui qui nous a expliqué que c’était un phénomène rare qui arrive, des fois, après un choc physique important.

- Je savais qu’y’a des personnes qui ont de la difficulté à voir certaines couleurs, mais pas de couleurs pantoute, ça doit être déprimant pas pour rire.

- C’est juste une question de perception, rétorqua Ives d’Arch. La couleur, c’est un artifice. Ça embellit peut-être l’aspect des choses, mais c’est l’absence de couleurs qui met en évidence leur nature profonde. » » p. 108

Pour en savoir un peu plus…

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25 avril 2016

Zébrures écarlates de Michel Roberge - L'auteur et l'histoire

MR03Zébrures écarlates : une enquête du détective archiviste Ives d’Arch / Michel Roberge. — Québec (Québec) : Les Éditions GID, [2015]. – 705 p. ; 22 cm. – ISBN 978-2-89634-277-8

Quatrième de couverture

« En entrant dans l’appartement surchauffé, Ives d’Arch eut l’impression de pénétrer dans un sauna. En s’approchant de son ordinateur portable son attention fut attirée par le courriel de Llura Solés. D’abord troublé, il en prit rapidement connaissance. Il se rassit devant son ordinateur et, encore sous le choc, il relut le court message. Le dernier contact qu’il avait eu avec la Catalane, qu’il avait rencontrée dans un congrès d’archivistes en 1988 et dont il était tombé follement amoureux, remontait à 2001. Elle lui avait alors abruptement annoncé qu’elle avait fait la connaissance d’un certain Joan et qu’ils avaient l’intention de se marier. Depuis, il avait vainement tenté d’entrer en contact avec elle. Llura Solés n’avait plus donné signe de vie. Et voilà qu’elle réapparaissait dans le décor en lui envoyant ce courriel à la fois énigmatique et intrigant. »

Voilà le point de départ de la première aventure du détective archiviste québécois Ives d’Arch. Assassinats et attentat au colis piégé, faux documents et précieuses archives, somptueuses soirées et nuits voluptueuses constituent l’essence même de ce polar dont l’intrigue se déroule au Québec, en France et en Catalogne et dans laquelle évolue une panoplie de personnages hors du commun.

L’auteur

Michel Roberge est né en 1951 à Québec. Après des études à l’Université Laval, il travaille comme archiviste au Service des archives de cette même université. Il sera ensuite analyste en gestion des documents au Ministère des Richesses naturelles du gouvernement du Québec, puis travaillera aux Archives nationales du Québec. Michel Roberge enseigna également au Certificat en gestion des documents administratifs et des archives à l’Université du Québec à Montréal.

En 1983, il publie l’ouvrage La gestion des documents administratifs, œuvre fondamentale sur le Records Management. Cet MR01ouvrage fut réédité – et mis à jour - sous différents titres et fut également traduit en catalan en 1992 puis en castillan en 2004.

En 1985, il fonde une entreprise en gestion documentaire, GESTAR. Il consacre ensuite les prochaines années au développement de son entreprise, tout en contribuant de façon active au milieu de la gestion des documents et des archives, par ses recherches, ses écrits et son enseignement. Son expertise et son œuvre professionnelle sont reconnues internationalement.

Tout en demeurant à la direction de son entreprise, il publie en 2015 son premier roman, Zébrures écarlates.

Site web de l’auteur, expert en gouvernance documentaire, site web du romancier, site des éditions Michel Roberge, page Facebook de l’auteur, profil LinkedIn.

Bibliographie partielle

  • La gestion des documents administratifs (1983)
  • La classification universelle des documents administratifs (1985)
  • La gestion dels documents administratius (1992)
  • La gestion de l’information administrative : approche globale, systémique et systématique (1992)
  • L’essentiel de la gestion documentaire (2000)
  • L’essentiel du Records Management (2004)
  • Lo esencial de la gestión documental (2004)
  • La gestion intégrée des documents (GID) en format papier et technologiques : documents administratifs, documents d’archives et documentation de référence, Québec (2009)
  • Le schéma de classification hiérarchique des documents administratifs - Conception, développement, déploiement et maintenance (2011)
  • Zébrures écarlates (roman) (2015)

L'histoire

Ives d'Arch est un archiviste de métier qui est devenu un « détective archiviste ». Il se consacre aujourd'hui à faire des recherches sur des documents perdus, sur des authentifications de documents ou d'œuvres, etc. Il vit à Québec avec son conjoint, Karl, une vie relativement tranquille. Mais un jour, il reçoit un courriel d'une ancienne collègue catalane, Llúria, avec qui il a eu autrefois une relation amoureuse. Le courriel est énigmatique et demande son aide. Ce courriel le plongera dans la recherche d'un document historique disparu qui mettra même sa vie en danger.

Parallèlement, le roman nous fait basculer dans le temps pour remonter à la disparition de ce document dans l'Espagne du début des années 50 et de son voyage vers le Québec.  

Remplis d'allers-retours dans le temps, le roman nous immerge dans l'histoire de la Catalogne et du Québec.

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24 avril 2016

Le moment captif d'un dimanche : des vieilleries

2016-03-02"Le grand public pense que les livres, comme les oeufs, gagnent à être consommés frais. C'est pour cette raison qu'il choisit toujours la nouveauté." [Johann Wolfgang von Goethe]

Chaque semaine, je vois de nouveaux livres naître. Je lis les quatrièmes de couverture de tant de livres qui sont publiés. Et j'en choisis certains qui me semblent intéressants, qui je crois vont plaire aux lecteurs de ma bibliothèque. Petit à petit, ils arrivent. Nous les accueillons, nous les décrivons, nous les recouvrons, nous les préparons pour leur exposition dans la section des nouveautés.

Finalement, ils sont placés sur nos présentoirs. En avant. Et ils seront empruntés. Les gens se dirigeront directement vers le présentoir des nouveautés. C'est merveilleux. Les livres seront empruntés. Ils seront lus. Ils vivront pendant quelques semaines.

Parce que dans quelques jours d'autres livres arriveront. Tout aussi intéressants. Et les premiers iront rejoindre les étagères de la fiction. Ils ne seront plus des nouveautés. Ils seront des romans, des livres. À lire. Mais loin du présentoir des nouveaux livres, les vedettes du moment.

Et ils se perdront. Ils deviendront invisibles. Ils verront les gens passer près d'eux sans les voir. Ils essaieront d'attirer l'attention. Pour se faire lire. Pour que la main s'étende, les prenne, les regarde et décide de les lire ou non. Mais que cette main prenne une décision. La plupart du temps, je pleure car il y a tant de livres invisibles. Ils ont été la vedette pendant quelques temps mais la minute qu'ils ne sont plus à l'avant, ils sont oubliés. Ce sont des vieilleries.

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17 avril 2016

Le moment captif d'un dimanche : potiner

0115"People say believe half of what you see, son. And none of what you hear" [Marvin Gaye]

Madeleine, Madeleine, est-ce que tu as su pour la petite Giguère ? Non, quoi ? Je ne sais pas si je devrais te le dire. C'est pas mon genre de rapporter des oui-dire. Tu peux me faire confiance, je ne le dirai à personne, tu le sais. Et bien, tu le croiras jamais mais imagine-toi donc que bla-bla-bla et bla-bla-bla. NON ! J'en reviens juste pas. Tu es certaine ? Mais oui, je suis certaine. Est-ce que j'inventerais quelque chose comme ça ? C'est pas mon genre. Ça l'a pas de bon sens. Je n'aurais jamais imaginé ça d'elle. Pauvres eux autres. J'en reviens juste pas. Garde-ça pour toi, là. Mais oui, voyons, tu me prends pour qui ? Allez à la semaine prochaine Germaine. À la semaine prochaine Madeleine.

Jacynthe, Jacynthe, tu ne devineras jamais ce que Madeleine vient de me dire !

"Your ears are like radar, for one specific sound. The latest piece of gossip that's been going round" [Kill your idols]

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13 avril 2016

Le phyto-analyste : thriller botanique de Bertrand Busson

phyto2Le phyto-analyste : thriller botanique / Bertrand Busson. — Montréal : Marchand de feuilles, c2012. – 292 p. ; 21 cm. – ISBN 978-2-923896-06-9

Quatrième de couverture

Savez-vous quelle fleur vous êtes ?

C'est la question que nous pose Germain, le phyto-analyste qui vient de perdre toutes ses plantes. Elles sont  mortes de proximité humaine. Pire, Germain semble souffrir d'une absence du myocarde : son coeur a été repiqué par un chou-fleur. Heureusement, il y a Rachel, la blonde aux yeux comme des olives à martini, pour lui faire croire que tout n'est pas pourri. Mais quel sera le diagnostic foliaire ? Quel remède les sauvera de la pourriture du monde ? L'enquête sur la mort verte est semée de bonheur shilomique, d'épiphanies sur l'amour, l'amitié, la fidélité. Le phyto-analyste, c'est l'art topiaire en son plus majestueux déploiement. Un roman pour ne pas oublier que nos mères nous ont tous donné comme limite la clôture du jardin.

L’auteurphyto1

Bertrand Busson est né à Laval au Québec en 1983. Il étudie à l'Université de Montréal et obtient un Baccalauréat en Arts. Il étudie également en création littéraire à l'UQAM. Il travaille comme rédacteur et correcteur.

Il publie son premier roman Le phyto-analyste : thriller botanique en 2012 qui recevra le Grand Prix littéraire Archambault.

Page Facebook de l'auteur.

Bibliographie

  • Le phyto-analyste : thriller botanique (2012)
  • La mandibule argentée (2014)

Mes commentaires

Quel étrange roman ! Difficile de ne pas être dérouté par le texte de Busson. Et comme beaucoup de lecteurs, je le fus aussi.

Mais commençons par l'histoire. Germain Tzaricot est un spécialiste en biologie végétale et se définit lui-même comme un analyste du comportement des plantes et expert dans la communication avec celles-ci, un "phyto-analyste", comme son père. Il vit une petite vie tranquille, entre ses plantes et le bar du quartier où il va régulièrement prendre un verre  avec la faune locale. Un jour, il découvre toutes ses plantes, mortes. Elles ont succombées à une étrange pourriture qui semble d'abord se propager dans son laboratoire puis ailleurs dans la ville. Lui-même semble atteint de cette pourriture et comble de malheur, alors qu'il commence une relation amoureuse avec la belle Rachel, son coeur se transforme en chou-fleur.

Et nous plongeons alors dans ce fameux "thriller botanique". Germain Tzaricot se lance dans une enquête remplie de rebondissements - pas toujours très vraisemblables - afin de découvrir l'origine de cette pourriture qui atteint les végétaux et ensuite les humains. L'auteur nous livre avec son texte très étrange et parfois difficile à suivre, un roman sur l'homme et la nature ; principalement sur l'impact négatif de l'humain : surconsommation, guerres, destruction de la nature, etc.

Le roman est original. Étrange. Et je dois avouer que ma lecture a été difficile au début. Et cela me désespérait. Car je voulais tellement tomber en amour immédiatement avec le roman. Je m'explique. Il faut dire que j'avais un faible pour le livre. J'avais acheté le roman pour la bibliothèque car je trouvais l'histoire originale, le titre intriguant, la couverture superbe et j'adore les coins arrondis des romans de l'éditeur Marchand de feuilles. Mais le livre n'attirait pas le regard des usagers et il n'était pas emprunté. Nous l'avons mis dans les présentoirs à l'entrée de la bibliothèque bien en vue, nous l'avons inclus dans diverses bibliographies : romans policiers québécois, romans sur les plantes, la nature, le printemps... Nous avons fait beaucoup d'effort pour le promouvoir. Mais rien à faire. Le livre n'était pas emprunté. Ça arrive. J'ai donc décidé de l'emprunter et de le lire.

Et j'ai dû m'y reprendre à 3 fois. Je commençais les premières pages et rien ne m'accrochait. J'ai posé et repris le livre. Puis reposé et repris. Finalement j'ai réussi à poursuivre ma lecture. Et j'ai beaucoup aimé, je dois le dire. Mais ce n'est pas un texte simple à lire. Ce qui, cependant, n'explique pas le fait que le livre n'est pas emprunté... Le titre ? La couverture ? Le résumé ? Ce qui me charme rebute peut-être. C'est parfois difficile à expliquer. Mais je ne l'abandonnerai pas. Maintenant que je l'ai lu, je peux essayer de le promouvoir encore un peu. Histoire que d'autres lecteurs découvrent ce faux thriller policier rempli de conspirations, de drogues meurtrières, de kidnapping, d'expériences étranges, de fortes amitiés, de sombres trahisons, et surtout de plantes.

Le texte de Busson n'est pas facile d'approche, et le style parfois un peu lourd, mais une fois apprivoisé, il est très charmant. Le roman semble parfois partir dans tous les sens et on se demande à l'occasion où l'auteur veut en venir avec ses plantes. Les rebondissements sont parfois improbables et l'histoire légèrement farfelue, mais tout a du sens même avoir un chou-fleur à la place du coeur.

Les mots de l’auteur

« Rachel semblait nerveuse, ce fut pourtant elle qui poussa les choses un peu plus loin en me sautant dans les bras. Dans les débris de mon appartement se perdit son joli nez cassé vers la gauche ; dans la terre éparpillée sur le sol s’engouffrèrent ses grands yeux verts nébuleux ; dans le courant  d’air provenant de la fenêtre brisée valsèrent ses longs cheveux blonds ; dans les coussins déchirés de mon divan se dissimulèrent les pointes de ses petits seins. » p.106

«[…] j’ai fait la découverte d,une chose terrible : le genre humain n’a plus besoin de cœur pour survivre. C’est l’évolution qui le veut ainsi, la nature a récupéré ce que nous avons semé pendant oute ces années de guerre et de terreur. Ces années de meurtres et de bombes. Ces années d’industrialisation, de consommation, de capitalisation, de destruction de ressources et des espèces. Il suffisait d’un simple ajustement dans la poitrine pour résoudre les lacunes dues à l’absence du myocarde. Vivre sans un muscle, ce n’est pas une tragédie, surtout si ce muscle, dans les circonstances mondiales actuelles, ne vous sert  plus à rien. » p.272

Pour en savoir un peu plus…

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10 avril 2016

Le moment captif d'un dimanche : diablerie

"Il est utile de penser quelquefois. Pour rester heureux, on ne doit pas trop penser." [Gustave Le Bon]

Écoute. Décider qu'on n'écoute plus. Absence de ciel, absence d'infini. Espace clos. Vide limitatif. Vide bien caché. Création d'un maximum de bêtises. Acquisition de croyance fictionnelle. Structuration d'une naïveté. Pardon artificiel. Tranquilité.

Conjugaison. Ils croient. Elle croit. Elle ne croit pas ce que vous croyez et elle déteste ce que vous croyez être. Elle se perd en prières répétitives et y voit des illuminations lyriques. Elle répéte des mots. Elle construit des autels de mots qui la protègent. Elle ne comprend pas et elle ne veut pas comprendre. Elle ne doute plus. Vraisemblablement.

"La religion commence peut-être au bord de la détresse." [Monique Corriveau]

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