25 octobre 2015

Le moment captif d'un dimanche : imperceptible

2015-10-12"Si l'oeil pouvait voir les démons qui peuplent l'univers, l'existence serait impossible." [Le Talmud]

Je ne crois plus aux fantômes, dit celle qui a passé un nombre incalculable de nuits la tête sous les couvertures. Je ne crois plus aux fantômes, dit celle qui laisse encore parfois une petite lumière dans le corridor pour qu'il ne fasse pas trop noir si elle doit se lever pendant la nuit.

Mais elle y a déjà cru. Intensément. Et pourtant, elle souhaitait désespérément ne pas y croire. Parce que les fantômes la terrorrisaient. Les ombres furtives dans la nuit de sa chambre la terrifiaient. 

Oh, pendant le jour, c'était bien plaisant d'y croire. Ses amies et elle se racontaient un tas d'histoires les plus horrifiantes les unes que les autres. C'était passionnant. Elles frissonnaient de peur en riant. C'était terriblement excitant.

Mais lorsque la nuit tombait et qu'il fallait se coucher, seule, dans un grand lit entouré de noirceur, elle ne trouvait plus cela excitant du tout. Elle fermait les yeux très fort et se répétait inlassablement que les fantômes cela n'existaient pas. Combien de nuits blanches a-t-elle passées dans le noir ?

Je ne crois plus aux fantômes, dit-elle en regardant attentivement la photo sur son écran.

"Si tout est illusion, nos illusions sont illusoires." [Alain Pontaut]

* Si vous cliquez sur la photo, vous la verrez en plus grand. Voyez-vous le fantôme que j'ai cru voir ? ;-)

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20 septembre 2015

Le moment captif d'un dimanche : terreur matinale

DSC_2804"Tristesse du réveil. Il s'agit de redescendre, de s'humilier. L'Homme retrouve sa défaite : le quotidien." [Henri Michaud]

Les matins de mon existence sont difficiles. Ils ont toujours une raison d'être incontournables.

J'aimerais être comme les matinaux. Ouvrir mes yeux avec les premières lueurs du matin, avant même que le soleil n'apparaissent dans le ciel. On me dit que le réveil du jour est unique, que tout a une couleur indescriptible. On me dit qu'on se sent renaître quand le soleil s'éveille.

Mais tout est trop lumineux. Cela sent trop le réveil. Le début de la journée. Mes yeux ne veulent jamais se résigner à accepter cette clarté. Je refuse de me lever. Je suis terrorisée par le gazouillement des oiseaux qui annnonce le début de la journée.

Tant que nos nos yeux sont fermés, tant que l'on reste dans son lit, la vie s'arrête. C'est quand on se lève qu'il faut faire face à son quotidien. Les problèmes ne peuvent nous rejoindre tant que l'on se tortille dans ses draps. On n'est jamais tenu d'affronter la vie quand on est caché dans son lit. Dans son lit, on peut rêver à des nuits sans fin peuplées de songes. Mais il faut bien se lever et vivre. On ne peut passer son temps à s'évader dans des vies imaginaires. Et une fois, la réalité du soleil acceptée, le matin m'apparaît moins inhumain.

"La vie est un rêve, c'est le réveil qui nous tue." [Virginia Woolf]

 

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13 septembre 2015

Le moment captif d'un dimanche : s'accomplir

2015-09b"Le fruit mûr tombe de lui-même, mais il ne tombe pas dans la bouche." [Proverbe]

Si je comprends bien, il faut donc cueillir la vérité et ne pas attendre qu'elle vienne à nous. Même si elle semble se révéler à tous, elle ne viendra pas à nous nécessairement. Et nous ne pourrons l'obtenir que lorsqu'elle sera prête à être connue. Non ? Je fais de l'amalgame ? Je mélange les choses ? Fort probable.

C'est que je suis aveuglée par le rouge de cette figue. Par la passion du fruit mûr. Par son abondance dans la cour de mon père. Et je cherche une signification signifiante à vous offrir. Une analogie fracassante à vous révéler.

Mais peut-être un fruit mûr n'est qu'un fruit mûr. Et il suffit d'étendre le bras pour le cueillir. Et même parfois il suffit de se pencher pour le ramasser. Et le savourer. Tout simplement. 

"Les vérités sont des fruits qui ne doivent être cueillis que bien mûrs."[Voltaire]

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30 août 2015

Le moment captif d'un dimanche : une lutte acharnée

2015_09_02"Si tu ne peux le combattre, embrasse ton ennemi." [Proverbe chinois]

Il y a des jours où on a l'impression de se battre contre des moulins à vent. On se lève péniblement, notre corps refusant de se réveiller et nos yeux semblant peser une tonne. On se prépare lentement. Rien ne semble vouloir fonctionner. Les rôties sont brûlées, le café est froid, les cheveux se rebellent avec force et les pantalons sont frippés.

On réussit à quitter la maison en catastrophe. On court jusqu'à l'arrêt d'autobus car on est vraiment à la dernière minute. On pense l'avoir raté, la sueur coule dans nos yeux. On a peur pour notre mascara. Et puis, on attend impatiemment l'autobus en retard. Il est rempli de sacs à dos d'ados nonchalants.

On arrive au travail épuisé, pas tout à fait réveillé et vaguement enragé. La journée nous paraît déjà interminable. Elle commence. On voudrait bien la prendre à deux bras et lui dire qu'on ne veut pas lutter contre elle, qu'on veut juste l'embrasser et la vivre pacifiquement. Mais elle est plus forte que nous aujourd'hui. Elle veut se battre et ne nous laissera aucun répit.

Et alors on tourne en rond, on court après le temps, on se bat contre les piles de dossiers, contre l'ordinateur, contre le monde entier,... Et on finit par voir arriver la fin de cette journée. On court se réfugier dans nos draps, on souhaite la bonne nuit à ce jour qui nous a vaincu, aujourd'hui. Demain est un autre jour !

"Ils étaient quatre qui voulaient se battre -- Contre trois qui ne voulaient pas..." [Comptine]

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16 août 2015

Le moment captif d'un dimanche : tolérer le temps

2015-07-05"Le plus grand obstacle à la vie est l'attente, qui espère demain et néglige aujourd'hui." [Sénèque]

Ils attendent patiemment. La patience est une vertu. Alors, ils attendent. Tout vient à point à ceux qui savent attendre, ne dit-on pas ? Alors, ils attendent.

Jour après jour, ils viennent sur ce quai et attendent. Parfois, un poisson récompense leur patience. Ils sont alors heureux. Puis, ils remettent leur ligne à l'eau et attendent.

Tout vient à point à qui sait attendre, ne dit-on pas ? Alors ils attendent. Mais ils ne font que ça. Ils attendent. Ils nous disent qu'ils ont besoin de tranquillité, besoin d'attendre et de prendre le temps de perdre leur temps.

Et je les envie. Je les crois. J'essaie d'attendre aussi. L'attente est une façon de vivre chaque seconde de sa vie. Doucement. Avec intensité. Mais attendre quoi ? Parfois il faut laisser le temps passer. Et parfois attendre est une folie.

Je veux attendre mais je veux pas voir la vie passée pendant que j'attends. Je veux prendre mon temps. Mais la vie est si courte et je ne veux pas en perdre une minute. Je veux respirer et profiter tranquillement des moments qui passent. Mais je ne veux pas voir le temps disparaître et s'évanouir sans que je les respire momentanément.

Je veux vivre aujourd'hui. Je veux vivre hier et j'espère vivre demain.

"On croit user le temps, c'est le temps qui nous use." [Proverbe français]

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06 août 2015

La corde de Stefan Aus Dem Siepen

corde2La corde / Stefan Aus Dem Siepen ; traduit de l’allemand par Jean-Marie Argelès. – [Paris] : Éd. Écriture, 2014. – 153 p.;  23 cm. – ISBN 978-2-35905-142-1

Quatrième de couverture

Les habitants d’un village situé à l’orée d’une immense forêt mènent une vie simple, rythmée par les saisons. Un jour, l’un d’eux découvre dans un champ une corde qui s’enfonce dans les bois. Comment est-elle apparue ? Où mène-t-elle ? Délaissant leurs familles, les hommes décident de la suivre. D’abord accueillante, la forêt devient peu à peu menaçante, hostile. Les villageois s’obstinent pourtant, quitte à manquer le début de la récolte et à courir au-devant du danger… Comment l’irruption de l’inattendu au sein d’une société bien réglée parvient-elle à en perturber l’équilibre ? Récit d’une quête absurde, ce conte baigné de romantisme sombre offre une réflexion sur les passions humaines.

L’auteur

Stefan Aus Dem Siepen est né en 1964 à Essen en Allemagne. Il étudia à Munich en Droit. Il rejoint le corps diplomatique allemand et sera posté à Bonn, au Luxembourg, à Shanghai et à Moscou.  Il s’établit ensuite à Berlin et travaille au ministère des Affaires étrangères. Il publie son premier roman, Luftschiff, en 2006.

corde1Bibliographie

  • Luftschiff (2006)
  • Die Entzifferung der Schmetterlinge (2008)
  • Das Seil (La corde) 2012
  • Der Riese (2014)

Mes commentaires… (je dis presque tout sur la fin, vous êtes avertis !)

Un village tranquille, sans histoire, anonyme, isolé et sans lieu défini. Nous sommes aujourd’hui ou hier. Cela se passe au siècle dernier ou alors celui d’avant ou encore dans un futur rapproché. On ne le sait pas vraiment. Comme beaucoup de conte, l’histoire racontée par l’auteur n’a pas de lieu précis, pas d’époque définie.

Conte, parabole, réflexion philosophique, délire littéraire… le roman de Stefan Aus Dem Siepen a été décrit de nombreuses façons. L’auteur avoue lui-même s’être inspiré d’un rêve qu’il a fait. Ce rêve étrange d’une corde mystérieuse dont il ne voyait pas la fin lui a semblé une bonne prémisse pour un roman et lui a paru une belle parabole sur les obsessions qui nous habitent.  Il dit s’être ensuite inspiré des contes de Grimm pour écrire son histoire. Et on ressent très bien les aspects sombre et menaçant de la majorité des contes et fables.

Un villageois découvre un jour, une corde en bordure du village. Un bout à ses pieds, elle s’enfonce dans la forêt noire. Objet anodin dans un lieu incongru, la corde attire la curiosité de tout le village. On découvre bientôt que l’autre bout semble se perdre bien loin dans la forêt. Les villageois s’interrogent tous sur la provenance de la corde et le fait qu’elle soit apparue soudainement : qui l’a mise à cet endroit ? pourquoi ? jusqu’où va-t-elle ? Beaucoup de questions sans réponse. Quelques hommes décident de la suivre pour trouver l’autre extrémité. Mais une première expédition revient bredouille et dans le drame.

La curiosité se transforme en obsession et tous les hommes du village (sauf un qui reste pour garder) partent pour résoudre cette énigme. Mais ce qui devait être une expédition d’une journée se transforme en une quête qui n’aura pas de fin.

Car il n’y aura pas de fin. Et cela, je m’en doutais depuis le début. Parce que comment pourrait-il y avoir une fin ? Enfin, je le savais ou plutôt je l’espérais. Car j’aurais été très déçu par toute fin qu’aurait pu proposer l’auteur. Cela n’aurait pu être que décevant. Soit l’explication aurait été banale, normale et décevante ; soit l’explication aurait relevé du domaine du fantastique et, selon moi, il y aurait eu peu de chance pour qu’on y croie. Donc, nous ne saurons jamais pourquoi la corde a été mise là, ni où elle se termine.

La corde ne se termine probablement pas. Et les villageois n’auront jamais de réponses à leurs questions. Et ne reviendront de toute façon probablement jamais à leur village. Qui sera abandonné comme celui qu’ils ont croisé à un moment.

Bien sûr qu’en quelque part, j’aurais voulu savoir. Mais il est nettement préférable de ne pas le savoir. Et donc nos propres questions n’auront, elles aussi, aucune réponse. On ne peut que suivre cette quête vers l’inconnu amorcée par une curiosité irrépressible. On ne peut que lire sur ce désir incontrôlable de toujours vouloir plus ; sur le danger de rester sédentaire et le danger de vouloir tout changer.

Le récit de l’auteur nous permet de suivre d’un côté, l’expédition  qui part à la recherche de réponses et d’un autre la longue attente de ceux qui sont restés au village. Les deux groupes s’enfoncent dans la noirceur et l’isolement. Ils sont tous poussés à l’extérieur de leur quotidien, de leurs habitudes, de leur confort dans l’inconnu.

On peut analyser le texte de l’auteur de nombreuses façons et les symboles semblent multiples : le village, la corde, les personnages, la forêt, etc. Le texte soulève beaucoup de question, tout comme la corde, et nous oblige à nous questionner sur la nature humaine.  Tout semble avoir une signification. Allégorie philosophique, psychologique, sociale, morale… On y a même vu une métaphore idéologique,  historique et politique. C’est le propre des contes.

Les mots de l’auteur

« Ce petit geste le rendit plus heureux encore, car toujours il fallait qu’il fasse quelque chose, si peu que ce fût, toujours il lui fallait œuvrer à son propre bonheur afin de pouvoir en profiter pleinement ; s’il s’était contenté de contempler le visage endormi, une inquiétude se serait aussitôt éveillée en lui – une peur sournoise, inexplicable, qui surgissait sans cesse, parfois dans les moments de plus grand bonheur, la crainte que la vie douce et paisible qu’il menait avec les siens pût ne pas durer. » p. 13

«La corde arrachait maintenant les paysans à tout cela, éveillant en eux un désir demeuré jusqu’ici caché dans les régions les plus inaccessibles de leur âme : échapper, ne serait-ce qu’une fois, à leur petit univers, couper, dans un moment de joyeuse et folle insouciance, les mille fils qui les enchaînaient à leur chez-eux. » p.62

Pour en savoir un peu plus…

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02 août 2015

Le moment captif d'un dimanche : s'envoler

2015-08-16"Tout le monde peut rester jeune, à condition de s'y entraîner de bonne heure". [Paul Fort]

Je suis vieille. Je ne suis plus capable de me déplacer comme avant. C'est très frustrant. Et certains jours, je rouspète toute seule comme une mémère. Ce n'est pas facile d'accepter que je peux plus me lever et aller.

C'est que j'étais très indépendante. Personne pour me dire "fais ceci" "ne fais pas cela" et surtout personne pour me dire "attends, je vais le faire pour toi". C'est le "je vais le faire pour toi" qui m'énerve. Mais je suis vieille. Et je dois accepter ce corps usé.

Et pourtant, je me sens si jeune dans ma tête. J'ai l'impression que je pourrais m'envoler comme ces oiseaux. Que je pourrais courir sur la place, manger dix glaces et puis danser toute la nuit. Ça sert à quoi de vivre si longtemps si on ne peut plus gambader comme avant.

Mais je suis vieille. Et je veux vivre longtemps. Alors, je mange ma glace et je regarde courir les enfants. Je suis peut-être vieille mais moi je sais que je suis toujours la même.

"Vieillir est encore le seul moyen qu'on ait trouvé de vivre longtemps." [Charles-Augustin Sainte-Beuve]

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26 juillet 2015

Le moment captif d'un dimanche : simplicité

2015-05-03"Si les pissenlits étaient difficiles à cultiver, ils seraient les bienvenus sur toutes les pelouses." [Andrew V. Mason]

Je vois mon voisin se courber chaque printemps pour arracher ses pissenlits. Je fais de même. Et je le vois tout l'été se battre contre les mauvaises herbes, contre les insectes ravageurs. Je fais de même.

Et pourtant, c'est si beau une fleur. Fut-elle un pissenlit. Les champs de pissenlits près de chez moi sont comme un tapis d'or chaque printemps. Mais tout le monde déteste les pissenlits. Moi de même.

Oui, ils me donnent des allergies. Oui, ils sont envahissants. Oui, ils deviennent blancs.

Mais ils sont si simples. Si humbles. Si lumineux. Si invincibles. Si indestructibles. Si rayonnants. Si vivants.

Et cette simplicité ne fut pas facile à atteindre. Cette immortabilité fut un combat difficile. On pourrait croire que le pissenlit est une mauvaise herbe. Une fleur trop simple pour être belle. On ne s'arrête plus pour la regarder. Pour observer toute sa beauté. On se penche et on l'arrache. On l'asperge de poison dans l'espoir de ne plus la revoir.

Et pourtant, elle respire, elle vit, elle rayonne. Elle travaille fort pour ne jamais disparaître. Et lorsque nous, nous ne serons plus que poussière ; elle, elle brillera toujours. Celle que nous avons trouvé trop simple pour l'aimer, envahira notre tombe.

 "Avoir une vie facile est un but difficile à atteindre." [William Cowper]

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12 juillet 2015

Le moment captif d'un dimanche : débordement

2015-09"La dernière goutte est celle qui fait déborder le vase" [Proverbe français]

Elle se penche sur le bord de la fontaine. Elle ferme les yeux et écoute attentivement. Qu'est-ce qu'elle entend ? Des drip-drops, des flocs, des plocs ? Je ne sais pas dans quelle langue elle écoute les gouttes qui tombent une à une. Mais elle semble les comprendre.

Elle soupire. Elle se laisse submerger par le bruit de toutes ces gouttes qui la dégoûtent par leur intensité à se laisser tomber sans répit et sans retenu. Elles ne semblent pas se lasser de dégoutter. Elles s'écoulent et rien ne pourrait les retenir. Elles n'essaient même pas, se dit-elle en espérant voir au moins une goutte éviter l'égouttement. Une goutte se battre pour rester dans le vase. Mais une autre goutte vient de s'ajouter au récipient et précipite sa voisine dans le néant. Et la scène se répète à l'infini. Une goutte fait déborder le vase. Et elle n'y peut rien.

"Le fleuve le plus abondant ne peut ajouter une goutte d'eau à un vase déjà plein." [Léon Tolstoï]

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05 juillet 2015

Le moment captif d'un dimanche : substance

2015-07-26"Aujourd'hui rien d'extraordinaire, rien que le train-train du merveilleux..." [François Coupry]

Je suis moi. Je ne suis pas très banal, mais je suis moi. On me regarde toujours un peu bizarrement. Comme si on ne croyait pas que j'existe vraiment. Mais je suis là. Et je suis moi.

J'ai toujours été ainsi. Entre le bizarre et l'improbable. Moi, je dis que je suis entre l'extraordinaire et le merveilleux. Une espèce unique et dont je suis l'unique représentant.

Parfois, il y a des jours où je trouve difficile d'être si extravagant. Ce sont des moments où je me sens las, seul, incompris. C'est passager. Car je suis peut-être impossible mais je suis moi.

Je suis étrange mais je suis comme tout le monde finalement. Si vous me regardez bien, si vous prenez le temps de m'écouter, vous verrez, nous nous ressemblons. Nous n'avons peut-être pas les mêmes ailes ou les mêmes cornes mais nous avons la même étincelle dans les yeux.

"Today you are you! That is truer than true! There is no one alive who is you-er than you!" [Dr. Seuss]

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