04 avril 2014

L'écorchée de Carrisi

ecorchéeL'écorchée / Donato Carrisi, traduit de l'italien par Anaîs Bokobza. -- [Paris] : Calmann-Lévy, c2013. --431 p. ; 23 cm. -- ISBN 978-2-7021-5388-8.

Quatrième de couverture

"Je les cherche partout. Je les cherche toujours." Sept ans après s'être mesurée au Chuchoteur, Mila Vasquez travaille aux Limbes, le département des personnes disparues. L'enquêtrice excelle dans son domaine. Peut-être parce qu'elle est incapable d'éprouver la moindre émotion. Ou peut-être parce qu'elle même porte dans sa chair la marque des ténèbres.

On a tous ressenti l'envie de s'évanouir dans la nature. De fuir le plus loin possible. De tout laisser derrière soi. Or chez certains, cette sensation ne passe pas. Elle leur colle à la peau, les obsède, les dévore et finit par les engloutir. Un jour, ils se volatilisent corps et biens. Nul ne sait pourquoi. Bientôt, tout le monde les oublie. Sauf Mila.

Et puis, soudain, ces disparus réapparaissent pour tuer. Face à eux, Mila devra échafauder une hypothèse convaincante, solide, rationnelle. Une hypothèse du mal. Mais pour les arrêter, il lui faudra à son tour basculer dans l'ombre. 

L'auteurDonai

Donato Carrisi est né en 1973 à Martina Franca en Italie. Il étudie d'abord en droit puis en criminologie et en sciences du comportement. Sa thèse portera sur un tueur en série italien, Luigi Chiatti, surnommé le "Monstre de Foligno". Puis il délaisse le droit et dès 1999, il commence à écrire des scénarios pour la télévision et le cinéma.  Son premier roman, Le Chuchoteur, a gagné de nombreux prix dont le prix Camaiore, le prix Bancarella, le prix SNCF du polar européen et le prix des lecteurs du Livre de poche et plusieurs autres. Il vit présentement à Rome.

Bibliographie

  • Il suggeritore (2009) (Le Chuchoteur, 2010)
  • Il tribunale delle anime (2011) (Le Tribunal des âmes, 2012)
  • L'ipotesi del male (2013) (L'écorchée, 2013)

Filmographie

  • Casa famiglia (série, 2001)
  • Casa famiglia 2 (série, 2003)
  • Era mio fratello (film pour la télévision, 2007)
  • Nassiryia – Per non dimenticare (film pour la télévision, 2007)
  • Squadra antimafia – Palermo oggi  (série, 2009)
  • Moana (télévision, 2009)

Site web de l'auteur en français et en italien.

Commentaires [très] personnels

J'avais eu un véritable coup de coeur pour Le Chuchoteur, le premier livre de Donato Carrisi. Ce fut vraiment une lecture incroyable pour moi. C'était le premier roman de l'auteur. Et donc, j'ai eu peur de lire son deuxième roman, Le Tribunal des âmes. Peur d'être déçue, de m'attendre à trop. Surtout que j'avais lu plusieurs commentaires négatifs de lecteurs ayant adoré comme moi, Le Chuchoteur. Je ne l'ai donc pas lu. Quand L'écorchée est arrivé sur nos tablettes à la bibliothèque, je ne voulais pas le lire, lui non plus. Mais une collègue à qui j'avais recommandé le premier livre me l'a mis entre les mains après sa lecture en disant qu'il était super. J'ai hésité, mais en voyant la couverture qui me rappelait le premier roman et en lisant sur le quatrième de couverture que Mila était de retour, je me suis laissée tenter. Et j'en suis fort heureuse car j'ai encore une fois adorée ma lecture. Et ce fut comme pour le premier, une lecture éclair... je me forçais littéralement à déposer le livre pour ne pas le terminer trop rapidement !

Nous retrouvons donc encore une fois, Mila Vasquez, cette enquêtrice, écorchée de la vie dans tous les sens du mot. Nous sommes 7 ans après les événements ayant eu lieu dans Le Chuchoteur. Au fil des pages, nous verrons comment ces événements ont changé et transformé Mila. Même si ces blessures ont également des racines dans son passé torturé. L'enquête mais surtout sa rencontre avec son partenaire dans le premier roman ont laissé des traces vivantes.

Mila travaille maintenant dans un département appelé les Limbes. Un endroit oublié où les policiers tentent d'élucider les cas de disparitions jamais résolues. Des hommes, femmes et enfants qui ont complètement disparu... sont-ils vivants ? sont-ils morts ? Personne ne le sait. Et Mila veut les retrouver. Mais voilà que des disparus réapparaissent et commettent des crimes horribles. À l'aide d'un agent spécial, devenu un paria, Mila tente de résoudre ces nouveaux - et anciens - crimes.

Mila demeure un personnage torturé mais attachant. Elle semble si fragile tout étant - semble-t-il - sans peur. Elle se lance dans l'enquête comme dans toutes ses enquêtes, sans aucune limite. L'intrigue est très bien ficelée même si certains de ces fils sont un peu apparents. L'auteur continue à nous mener dans un univers terrifiant et complexe. Encore ici, j'ai eu l'impression de "voir" les mots que je lisais. Tout est visuel dans sa façon d'écrire. Et je ne peux que répéter ce que j'avais dit lors de commentaire pour le Le Chuchoteur... j'ai été complètement embarquée dans l'intrigue.

Et l'écriture de Carrisi est si fluide que l'on est tout simplement pris dans le courant de cette intrigue. Nous nous retrouvons encore dans un monde d'influences et de malveillance. Les gens ne sont pas ce qu'ils semblent et tous ont des secrets, particulièrement Mila. Et encore une fois, j'ai lu si vite le roman, que je n'ai absolument rien deviné et ça, ça me fait vraiment plaisir !

Et je n'ai pas vu venir les derniers mots du roman. Qui implique clairement une suite ! Hum...

Une suite ? Autres commentaires à venir !

Extraits

"Pendant sa carrière de chercheuse de personnes disparues, Mila avait appris que, aussi loin qu'on fuie, où qu'on aille, notre maison nous suit toujours. Même quand on déménage souvent, on reste toujours liés à une habitation. Comme si c'était nous qui lui appartenions, au lieu du contraire. Comme si nous étions constitués des mêmes matériaux - terre en guise de sang, bois dans les jointures, od de ciment." p.60

Sources à consulter

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01 avril 2014

En avril...

"Petit poisson deviendra grand". [Jean de La Fontaine]

2014-04-01

Je ne suis pas une très bonne joueuse de tours. Mais j'adorais la journée du 1er avril quand j'étais petite. Et pendant les mois précédant le 1er avril, je tentais de planifier des tours. J'y mettais beaucoup de temps et d'efforts, mais je n'arrivais jamais à trouver des farces à la hauteur de mes espoirs, ni à vraiment les réaliser si je les trouvais.

Et je me contentais donc de mettre du sel dans le sucrier. Ce qui a réussi 2 fois à mon grand bonheur et au malheur de ma mère. Et à quelques poissons collés dans le dos de mes parents et soeurette. Et à part soeurette, on s'entend pour dire que mes parents avaient deviné la chose le moment où j'avais appuyé un peu trop fortement dans leur dos. Mais ils ne disaient rien et j'étais heureuse du tour merveilleux que je venais de faire.

J'ai toujours aimé le Poisson d'avril ou April Fool's Day comme on dit en anglais. Mais je me suis aussi toujours demandé pourquoi on avait la permission de faire des tours en ce 1er avril.

On dit que cette tradition vient de la France. Mais les racines semblent nombreuses et un peu floues. Les premières références que j'ai trouvées font remonter la tradition à 1564. Avant cette date, l'année commençait le 1er avril. Mais même ceci semble un peu obscur... on parle en fait du 25 mars, du Jour de l'Annonciation à Marie et de pleins d'autres moments. En tout cas, on raconte que le roi de France, Charles IX, décida un jour, comme ça, mais sûrement pour de bonnes raisons, que l'année débuterait le 1er janvier, et non plus à la fin mars ou début avril. Et puis, voilà que le pape Grégoire XIII vient mettre son grain de sel en 1582.  Il y a donc alors eu une sorte de confrontation entre le calendrier Julien et le calendrier Grégorien. Mais il paraît qu'on ne peut dire avec certitude que l'année civile ait jamais débuté un 1er avril. C'est cependant ce que la légende dit, alors...

Et donc, ce 1er avril (ou 25 mars), on s'offrait des étrennes. Des cadeaux, quoi. Alors quand on changea la supposée date du début d'année, on continua quand même à s'échanger un cadeau devenu maintenant symbolique... Et puis apparemment que certaines personnes ne voulaient pas changer de calendrier -ou ignoraient tout simplement qu'on avait changer- et donc on se moqua de ces réfractaires au changement. On leur joua des tours et leurs offrit de faux cadeaux.

On peut aussi retourner un peu plus loin dans l'histoire... Dans la Rome antique, on célébrait un festival, d'origine grecque, connu sous le nom de Hilaria. Je n'irai pas dans les détails de cette fête qui sont multiples et ma foi très intéressants, disons simplement que c'était une journée de réjouissance et d'hilarité. Parfois associé à la déesse Cybèle. En tout cas, c'était une journée associée au printemps qui arrivait et on voulait souligner la joie de voir les beaux jours revenir. Une résurrection du dieu Attis en fait... mais je m'embourbe dans les légendes. Et on ne peut dire avec certitude que le Poisson d'avril a des origines gréco-romaines. Revenons donc en France.

2014-04-01bIl faut aussi souligner le fait qu'en avril, si on s'intéresse aux signes zodiaques, on sort du signe du Poisson, qui est le dernier signe de l'hiver. On se dirige donc résolument vers le printemps. Et puis, fin mars, début avril... on peut penser à la fin du Carême. Pendant le Carême, les chrétiens ne mangeaient, en principe, pas de viandes, donc on se rabattait sur le poisson. Le poisson devient donc symbole de cette période, le "Poisson d'avril", le cadeau le plus facile à offrir dans cette période sans viande. Le début avril était aussi la période où apparemment on interdisait, dans plusieurs régions, la pêche puisque c'est le début de la période de reproduction donc il est normal qu'on voulait empêcher la capture des poissons. Mais pour "faire passer la pilule" aux pêcheurs, et pour se moquer un peu d'eux aussi, on prit l'habitude de leur offrir un poisson. Et puis, d'offrir un poisson pour compenser le pêcheur on passa au poisson accroché dans le dos pour se moquer... Et si on rassemble un peu toutes ces coutumes, on en arrive à un mélange de festivités qui n'est pas sans rappeler les coutumes des carnavals. Pendant une journée, on peut se moquer impunément des autres.

On célèbre cette journée de farces et attrapes dans plusieurs pays : France, Canada, Belgique, Allemagne, Suisse, États-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Danemark, Russie, et bien d'autres. On retrouve même des versions de cette journée en Inde, en Iran, au Mexique, ... (parfois le 1er avril, parfois le 31 mars). Dans les pays anglophones, on parle plus de la journée du "Dupe d'avril" : April Fool's Day.... pas de poissons vraiment mais les origines semblent les mêmes. Les noms varient un peu d'un pays à l'autre, mais l'idée est de se moquer et de s'amuser (aux dépends des autres).

Sources à consulter :

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30 mars 2014

Le moment captif d'un dimanche : Font des flic(que), flac(que)

2014-03-30"La mer c'est dégueulasse, les poissons baisent dedans." [Renaud]

Ne sont-ils pas magnifiques, ces poissons ? J'aime beaucoup les poissons. Et tout ce qui vie dans les mers, les océans, les lacs, les rivières,... dans l'eau. J'adore aller dans les aquariums et voir tous ces différents poissons. Je les trouve fascinants. Je peux passer des heures à les observer.

Je n'ai pas d'aquarium chez moi et je ne suis pas certaine que j'aurais la patience pour vraiment m'en occuper. Car il faut beaucoup de temps, de patience et d'amour pour bien s'occuper d'un aquarium et s'assurer de son équilibre.

La mer me fascine et j'ai même pensé, il y a très longtemps, étudier en biologie marine. La diversité de la vie est incroyable. Et on ignore encore tant de choses sur cette vie. Dans les profondeurs des étangs, des rivières, des lacs, des mers, des océans... encore tant d'inconnus et de mystères.

Et c'est ce qui fait que j'ai une peur bleue de mettre un pied dans l'eau. C'est sombre, mystérieux et pleins de poissons qui gigotent et qu'on ne voit pas !

"Les poissons gigotent -- Les poissons barbotent -- Les poissons vivent dans l'eau." [Cannelle et Pruneau, Passe-Partout]

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28 mars 2014

La gifle de Christos Tsiolkas

LaGifle01La gifle / Christos Tsiolkas ; traduit de l'anglais (Australie) par Jean-Luc Piningre. -- Paris : Belfond, c2011. -- 466 p. ; 24 cm. -- ISBN 9782714446459. 

Quatrième de couverture

Provoquant, urgent, impitoyable, un roman coup de poing, une révélation dans la lignée d'un Don DeLillo ou d'un Jonatha Franzen.

Lors d'un barbecue entre amis, un adulte gifle un enfant qui n'est pas le sien.

Un incident qui va créer une onde de choc parmi les invités et provoquer une série d'événements explosifs. Mais aussi révéler, derrière les belles apparences, le racisme ordinaire, la drogue, l'alcool, la honte et une extrême solitude.

Tout à tour violent et bouleversant de tendresse, un très grand roman qui dresse, avec une formidable lucidité, le tableau d'un Occident en pleine confusion.

L'auteur

Christos Tsiolkas est né à Melbourne, en Australie, en 1965, d'une famille d'origine grecque. Il obtient un diplôme en Arts en LaGifle021987 de l'Université de Melbourne. Il écrit son premier roman, Loaded, en 1995. En 1998, le roman est adapté au cinéma sous le titre de Head On. Il a gagbé de nombreux pris, notamment pour Dead Europe et The Slap (La Gifle). Aujourd'hui, il est un auteur reconnu, il a écrit de nombreux romans, pièces de théâtre et scénarios pour la télévision et le cinéma.

Bibliographie

  • Loaded (1995)
  • Jump cuts (1996) (avec Sasah Soldatow)
  • Thug (1998) (avec Spiro Economopoulos)
  • The Jesus Man (1999)
  • Who's Afraid of the Working Class? (Théâtre) (1999) (avec Andrew Bowell, Melissa Reeves et Patricia Cornelius)
  • Elektra AD (Théâtre) (1999)
  • Viewing Blue Poles (Théâtre) (2000)
  • Satum's Return (2000)
  • The Devil's Playground (2002)
  • Fever (Théâtre) (2002) (avec Andrew Bowell, Melissa Reeves et Patricia Cornelius)
  • Dead Caucasians (Théâtre) (2002)
  • Dead Europe (2005)
  • Non Parlo di Salo (2005) (avec Spiro Economopoulos)
  • The Slap (2008)
  • Barracuda (2013)

Commentaires personnels

Le roman de Tsiolkas a paru en 2008 sous le titre original de The Slap, il fut adapté pour la télévision australienne en 2011. Le roman comme la mini-série de 8 épisodes connurent un immense succès en Australie. Le roman fut également très populaire à travers le monde et a été nommé et a remporté de nombreux prix.

Disons-le immédiatement, j'ai bien aimé le roman, mais il ne m'a pas emballé. Malgré cela, je le recommande chaudement car je suis certaine qu'il devrait beaucoup plaire. Ceci dit, j'aimerais beaucoup, mais vraiment beaucoup voir la mini-série qui fut réalisée car je vois sans difficulté cette adaptation. Même que je suis certaine que la mini-série me plairait encore plus que le roman.

La prémisse est simple. Lors d'un barbecue entre amis, familles et voisins, un enfant de 3-4 ans, Hugo, complètement insupportable et capricieux se montre aggressif et menace un autre enfant. Devant l'absence de réaction des parents du gamin et des autres adultes, le père de l'enfant menacé va gifler Hugo. Et c'est cette gifle qui va complètement bouleverser les vies des différents personnages. Les parents du gamin fautif - car il faut souligner que Hugo est mal élevé, difficile, criard, gâté et vraiment, mais vraiment insupportable, mais est-ce la faute du gamin ou des parents ? - vont porter plainte contre Harry, le père ayant giflé leur fils, pour coups et blessures.

La gifle de Tsiolkas est un roman choral. C'est-à-dire que nous allons avoir à tour de rôle le point de vue de différents narrateurs, et donc des différents personnages. Nous commencerons par la perspective de Hector, l'hôte du barbecue et qui nous racontera l'incident. Puis, chaque chapitre, nous propose le commentaire d'un autre personnage et la suite des événements. Ce qui permet d'avoir différentes voix, et surtout différentes visions de la gifle et de ses conséquences et répercussions.

Voilà. Je ne suis pas hyper fan des romans choraux. Et certains personnages m'ont agacée au plus haut point. La plupart des protagonistes sont franchement désagréables. Et donc l'auteur a réussi à provoquer en moi de fortes réactions émotives. Il faut dire que la prémisse, la fameuse gifle, vient nous chercher. On est rarement neutre face à un tel geste. Voyons voir... voici un exemple des sentiments que j'ai vécu au long du roman... L'enfant était incroyablement insupportable, gâté, mal élevé et se montrait une menace pour un autre. Les parents ne faisant rien, je serais aussi intervenue pour protéger mon enfant. Aurais-je donné une gifle ? Peut-être pas, mais l'émotion peut intervenir. Le fait que les parents du giflé poursuivent le gifleur m'a énervée au plus haut point, car je sais que cela arrive trop souvent. Les gens n'ont rien de mieux à faire que poursuivre les autres pour des insignifiances. Les réactions des autres personnages face au geste et à la poursuite m'ont aussi énervée. Et surtout, le plus difficile, le gifleur s'avère un "trou d'cul" fini (désolée, mais c'est exactement ce qui m'est venu à l'esprit). Mais les autres personnages ne sont pas bien plus sympathiques. Ce qui ne fait pas un mauvais roman. Car ces personnages, je m'en souviens.

Mais au-delà de la gifle, le roman nous présente surtout des vies et une société australienne. L'auteur critique les défauts du pays dans lequel il vit et qui finalement est le sien. Mais ces défauts sont dans toutes les sociétés : racisme, sexisme, homophobie, misogynie... C'est une vision très froide. Et ma foi, assez pessimiste. Je le répète, presque tous les personnages sont antipathiques et sont présentés sur leur pire jour. Les tensions et les préjugés sont omniprésents. Les apparences se fissurent et face à la gifle et la poursuite, les personnages se positionnent, se déchirent et se dévoilent. Il paraît que le livre et surtout la série a soulevé nombres de débats en Australie.

Mais il demeure que pour moi, un roman purement choral me semble toujours long... Surtout quand la trame narrative se poursuit d'un narrateur à l'autre. C'est difficile à expliquer, mais ça m'achale. Ceci dit, je le répète, j'ai tout de même bien aimé le roman. Je sais, c'est paradoxal. Sur le coup, tout m'a énervé et ma lecture m'a paru s'éterniser. Mais en rétrospective, je le recommande !

Extrait

« Voilà, ce qu’étaient finalement l’amour, son allure son essence une fois disparus la luxure, l’extase, le danger, l’aventure. Il reposait avant tout sur la négociation, sur deux individus qui acceptent les réalités sales, banales et domestiques d’une vie partagée. Cet amour-là assurait une forme de bonheur familier. Toute alternative était probablement impossible, inaccessible et il valait mieux renoncer à l’inconnu. »

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23 mars 2014

Le moment captif d'un dimanche : itinéraire

2014-03-09"La mémoire, c'est comme une valise. On met toujours dedans des choses qui ne servent à rien." [Walter Prévost]

Des objets trouvés et rassemblés. Une valise inconnue dans une vente de garage sur le terrain d'une église anglicane à quelques coins de rues. Un ourson d'une jolie boutique d'un petit village alsacien. Un livre d'un antiquaire du Vermont. Une chaise, qui a une jumelle dans une autre pièce, d'un antiquaire des Cantons de l'Est.

La valise renferme des souvenirs qui me sont inconnus. Elle garde ses secrets. Et m'oblige à imaginer des voyages mystérieux. Qu'a-t-on mis dans cette petite valise bleue. Elle me rappelle de vieilles valises qu'utilisaient mes parents. C'était bien avant les valises à roulettes. Une époque où il fallait tenir sa valise dans sa main. Ou à deux mains quand elle était trop lourde. On n'y mettait que les choses essentielles. Est-ce que j'oublie quelque chose ? Ai-je tout mis mes souvenirs dans ma valise ?

Je m'assois sur la chaise. Elle est vieille. Va-t-elle supporter mon poids ? C'est que je suis pleine de souvenirs. Ma mémoire n'en peut plus. Elle me dit d'oublier certaines choses. Je lui offre de ne rien oublier mais de mettre mes souvenirs de voyages dans la petite valise. Ils seront bien au chaud. Ils s'y sentiront chez eux. Et ils seront protégés par petite dame ourson. Elle est féroce, la dame. Elle gardera les souvenirs de mes voyages. Elle sera vigilante. Sa seule distraction sera la lecture de cet énorme livre. Une page à la fois. Pour qu'elle voyage un peu elle aussi. Ne dit-on pas que sur une chaise avec un bon livre, on peut faire mille voyages ?

"À quoi bon bouger, quand on peut voyager si magnifiquement dans une chaise ?" [Joris Karl Huysmans]

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16 mars 2014

Le moment captif d'un dimanche : hors saison

2014-09-13«Now when you pick a pawpaw -- Or a prickly pear -- And you prick a raw paw -- Next time beware -- Don't pick the prickly pear by the paw -- When you pick a pear -- Try to use the claw» [Jungle Book]

À l’épicerie, on en trouve ici presque toute l’année. Mais je sais bien que la récole, normalement, se fait de septembre à décembre. Du moins en Espagne. Ailleurs, je ne sais pas, il faudrait que je fasse quelques recherches.

Mais quand je les passe dans leur étalage de mon épicerie, je ne peux que sourire. C’est que je me souviens. Je me souviens la première fois que j'ai vu ces fruits rougeâtres. En fait, je n'en croyais pas mes yeux. Déjà, qu'il y ait des cactus à Barcelone m'émerveillait, mais qu'en plus, ceux-ci produisaient ces boules rouges que je n'avais vu que dans les épiceries, alors là, ça m'a complètement époustouflée ! Il y a des fruits ou des légumes comme ça, qu'on a toujours vu que sur un étalage de commerçant. Je me souviens encore de la première fois que j'ai vu des oranges, des citrons ou des poires dans un arbre. Quelle surprise !

Mais ces fruits de cactus m'apparaissent encore plus étranges qu'une orange ou un citron. Ces bizarres de fruits rouges tout pleins de points noirs - qui bien sûr se trouvent à l'endroit où on a enlevé les épines. Et puis, c'est aussi dans ces moments-là qu'on s'aperçoit de toute l'étendue de notre ignorance. Et du peu de curiosité qu'on a parfois ! Car bien que je voyais dans les épiceries ces fruits à points noirs - je le répète car c'est ce que je voyais - je ne me suis jamais questionnée sur leur provenance. Alors de découvrir qu'ils poussaient sur des cactus, qu'ils avaient des épines (et non seulement des points noirs), et qu'il y en avait un peu partout en Espagne, et bien disons que ça m'a un peu traumatisée ! Et puis, disons aussi que le fait qu'il y en avait partout, poussant à l'état sauvage, sur le bord des autoroutes même, alors qu'à l'épicerie ils les vendaient un prix de fou, alors ça, ça m'a fait bien rire.

Je ne me souvenais pas du nom qu'on leur donnaient dans les épiceries, alors j'ai cherché un peu. J'ai rapidement trouvé le nom de "figue de barbarie". J'ai trouvé cela sympathique et cela a bien éveillé quelques vagues souvenirs. J'ai trouvé aussi le nom de "poires de cactus". Et je me suis sentie un peu triste pour ce pauvre opontia dont les fruits n'avaient pas un nom bien à lui, figue de barbarie, poire de cactus, pfff. Et puis, c'est alors que ça m'a rappelé une chanson d'un vieux film de Walt Disney et un gros ours dansant et expliquant en chantant comment cueillir des poires piquantes sans se piquer ! Je sais pas pourquoi mais ça m'a fait bien rire de m'apercevoir que, finalement, je connaissais ces fruits piquants depuis mon enfance !

« Dans leurs sourires, il y a des cactus -- Dans leurs ventres, il y a des cactus -- Dans leurs bonjours, il y a des cactus -- Dans leurs cactus, il y a des cactus » [Dutronc et Lanzmann]

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03 mars 2014

Dans la nature... l'Ecomuseum

001Je l'ai déjà dit, parfois, on connait plus les autres pays que son propre pays. Et on visite de fond en comble les villes situées "ailleurs". Parce qu'on croit connaître sa ville de fond en comble. Mais on ne connait habituellement pas vraiment sa ville. Je pensais connaître Montréal avant de partir pour Barcelone. Mais je ne la connaissais pratiquement pas. Je ne connaissais que quelques coins. Et surtout, avant de partir, j'avais l'impression qu'il n'y avait rien à connaître.

Quand nous sommes revenus, je l'ai déjà dit, nous avons acheté des guides touristiques sur le Canada, le Québec et Montréal. 003Et là, j'ai réalisé qu'il y avait un million d'endroits de ma ville que je ne connaissais pas. La plupart des endroits que nous visitons, nous avons découvert grâce aux guides, mais aussi grâce aux blogues d'immigrants au Québec. Et oui, ce sont les autres qui nous ont pointés vers les endroits magnifiques de la ville où je suis née.

J'aime les animaux et je recherche les endroits où je peux les voir. J'aime évidemment les endroits où, même si ce sont des endroits "fabriqués", les animaux sont bien traités. J'ai visité un tas de parcs animaliers un peu partout, récemment j'ai parlé un peu du Parc Oméga. Mais tous ces endroits sont à l'extérieur de ma ville. Évidemment. Il faut de l'espace pour faire un parc animalier, non ? Il y a bien le Biodôme, mais c'est un espace intérieur. Et j'ai quelques souvenirs du zoo Le Jardin des Merveilles qu'il y avait au Parc Lafontaine, mais c'était un zoo urbain et il fut démantelé en 1989, je crois (tiens, il faudrait que je fasse quelques recherches sur ça...).

002Et donc quand j'ai lu sur un blogue qu'il y avait un parc animalier sur l'Île de Montréal, je ne le croyais pas. Et puis, je me suis rappelée que si je ne connaissais pratiquement pas Montréal, je connaissais encore moins l'Île. Après tout, avant d'emménager à Pointe-Claire, j'avais l'impression que c'était tellement loin... Non, je ne connaissais pas ma ville, ni mon Île. Et l'Île de Montréal est grande. Si grande, que j'ai appris récemment qu'il y avait des chevreuils dans l'est de l'Île dans le parc-nature de Pointe-aux-prairies. J'ai même eu la chance d'en voir à quelques occasions.

Quelques recherches plus tard, j'avais la localisation de l'Ecomuseum et quelle surprise, ce n'était pas très loin de chez moi. Mais j'avais tant de questions. Comment ne pouvais-je pas savoir qu'il y avait un parc animalier sur l'Île de Montréal ? Sûrement qu'il n'existe que depuis quelques années ! Sinon, je l'aurais connu ! Et non... il existe depuis plusieurs années. Mais comme je pensais connaître mes environs, comme l'ouest de l'île m'apparaissait être à des milliers de kilomètres... et surtout comme je ne lisais rien sur ma ville... j'ignorais complètement l'existence de l'Ecomuseum et toute son histoire. J'ai dû remédier à la situation immédiatement ! Et j'ai visité le parc plusieurs fois, en été et en hiver !

Quelques informations pratiques...004

Le parc animalier Ecomuseum est situé dans l'ouest de l'Île de Montréal à Sainte-Anne-de-Bellevue. Il est ouvert 364 jours par année de 9 h 00 à 17 h 00. Il ne ferme que le 25 décembre. On peut donc visiter le parc et voir les animaux en toute saison, il y a donc parfois des animaux en hibernation et qu'on ne verra pas pendant l'hiver mais d'autres seront plus actifs selon la saison. Par exemple, lorsque j'y suis allée en hiver, je n'avais pas pu voir les ours, mais le renard arctique était en pleine forme. Alors qu'en plein mois de juillet, le pauvre renard arctique était caché sous des buissons et semblait avoir bien chaud. C'est donc une nouvelle visite à chaque fois.

005En 1981, le Dr. John Bider fonde la Société d'histoire naturelle de la vallée du Saint-Laurent qui a pour mission principale d'éduquer les enfants sur l'environnement. Il choisit un terrain dans la pointe ouest de l'île de Montréal pour y installer un zoo extérieur. Le Dr. Bider veut restaurer ce terrain qui avait déjà été un milieu humide mais était depuis longtemps utilisé comme une décharge, particulièrement dans les années '60 lorsque l'autoroute 40 fut contruite dans l'ouest. En 1988, le zoo Ecomuseum ouvre ses portes. Le parc est bien modeste à ses début mais le docteur est déterminé et grâce à son travail et à celui du comité fondateur, du personnel et des bénévoles, il réussit à créer un lieu unique - organisme sans but lucratif - dédié à l'éducation, la recherche et à la protection de l'environnement.

Le parc n'a jamais cessé de grandir et d'évoluer. En plus d'être ouvert au public, il propose nombres d'activités éducatives pour les écoles et les enfants. Certains locaux sont aussi réservés à la recherche et aux soins animaliers. Notons que c'est en 1996 que l'Ecomuseum commence à ouvrir l'hiver, pour offrir 364 jours au public.

006Le parc, aménagé sur 11,3 hectares, propose un parcours extérieur et quelques installations intérieures. Il nous présente plus de 115 espèces d'animaux vivants, tous provenant de la vallée du Saint-Laurent : aigles, hiboux, corneilles, canards, renards, loups, coyotes, ours noirs, loutres, caribous, porc-épic, grenouilles, et bien d'autres. Dans la zone intérieure, "Du jour à la nuit", on peut voir des couleuvres, tortues, poissons, etc.

2013 a été une triste année pour l'Ecomuseum puisqu'il a perdu ses trois ours. Homer, le mâle a dû être euthanasié en octobre et les deux femelles, Suzie et Marge, en décembre. Les ours emblèmes du parc étaient très âgés et étaient malades. Ce fut très difficile pour les employés et les visiteurs du parc.

Quelques liens à consulter...

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25 février 2014

Colère et résignation

La semaine dernière j'avais un rendez-vous chez un dermatologue. La semaine dernière je n'ai pas vu ladite dermatologue. Cette semaine, je vous propose mes réflexions plus que personnelles et une tranche un peu trop personnelle de ma vie. Mais je suis trop découragée et en même temps en colère. Et je crois que PisTout est un peu tanné de m'entendre chialer alors je vais profiter de cette plateforme pour me confier et me défouler. Vous avez la permission de ne pas lire le reste, je comprends parfaitement ! ;-)

Il y a plusieurs mois, j'ai découvert une tache brunâtre sur mon bras (près de l'aisselle). C'était de la grandeur d'un 0,25$. Pas de démangeaison, pas de croûte, tout lisse et pas très grande. J'étais très, très, très - ai-je assez insisté sur le "très"? - stressée alors je me suis dit que c'était relié. Cela m'était déjà arrivé de faire des "plaques" lors de grands stress. J'ai donc un peu oublié sa présence. Je regardais de temps en temps, mais rien ne changeait.

DSC_0297J'avais d'autres chats à fouetter. Et puis, soudainement... cela a doublé de grandeur. Je m'en suis aperçue par hasard car ce n'était pas évident. Je me suis dis qu'il fallait faire quelque chose. J'ai été à la pharmacie, fais une petite consultation et reparti avec quelques conseils et crèmes. Et avec la résolution d'aller chez le dermatologue.

J'imagine que malgré le fait que je suis au courant de la situation ici et que j'avais eu beaucoup de difficulté à avoir un nouveau gynécologue, j'étais encore sous l'illusion que ce ne serait pas si difficile que ça de trouver un dermatologue. Je veux dire, je ne cherche pas un médecin de famille, je veux voir un "spécialiste". J'ai mis les crèmes et j'ai commencé à chercher un dermatologue. Et là, j'ai frappé mon premier mur. Mais pas trop fort, car je n'étais pas très énervée encore et je ne faisais que commencer à chercher. Je me suis vite aperçue que les dermatologues oeuvrant dans l'aspect médical de la chose, et bien, ce n'est pas courant ! Des dermatologues qui font de la dermatologie plastique ou esthétique, ça il y en a des tonnes. Si j'ai besoin de botox, pas de problèmes, mais faire analyser ma tache... ouf pas facile. Faire une recherche sur internet avec dermatologue ou dermatologie... il y a peu de clinique publique non esthétique. Les quelques numéros que j'ai trouvés, j'ai appelé. Je me suis fais dire aussitôt qu'il me fallait un billet de mon médecin de famille. N'ayant pas ledit médecin... ça partait mal. Cela impliquait donc que je devais aller à la clinique sans rendez-vous pour avoir ce billet.

En passant, j'ai su de source sûre - c'est à dire un médecin - que cette histoire d'avoir un billet de médecin généraliste pour voir un spécialiste c'est dans 90% des cas de la foutaise. De la magouille. Parce que si on pouvait aller voir un spécialiste (qui gagne une tonne d'argent) sans passer par un généraliste (qui en gagne un peu moins), cela voudrait dire qu'on n'irait pas voir ce généraliste. Donc une visite payante de moins (avec la carte d'assurance-maladie, on s'entend) pour le généraliste. Il y a donc comme une entente... Sans commentaire.

Alors, comme je ne voyais pas d'urgence... j'ai reporté (ma faute, ma très grande faute), le fameux rendez-vous à la clinique, si déprimante, sans rendez-vous. Je n'avais juste pas le temps ni l'envie de perdre des heures et des heures (sans exagération aucune) à la clinique sans rendez-vous. Donc j'ai un peu laissé les mois passés.

Et puis dans le Temps des Fêtes, j'ai remarqué que la tache n'était plus ronde mais commençait à être plus un ovale pas très régulier. Et ça, je sais que ce n'est pas bon. Alors, je me dis "en janvier, je vais à la clinique et je prends rendez-vous chez un dermatologue". Vous noterez ici, ma très grande stupidité... oui, car y avoir pensé avant, et comme on dit "avoir su ce que je sais maintenant"... j'aurais pris un rendez-vous chez un dermatologue avant d'avoir mon billet de médecin - en mentant tout simplement. Mais bon... je continue...

Mais janvier arrive, les jours passent trop vite et je ne vais pas à la clinique sans rendez-vous. Demain, je me dis. Procrastination, oui mes amis. Et puis, un matin... je me lève et je m'habille. Et là... oh my, wtf... la tache est comme le triple de ce qu'elle était et un des côtés est comme rougeâtre... et un peu bosselé (rien qui pique, pas de croûte, rien de "suintant", juste plus gros et un peu rouge). J'ai senti mon coeur battre un peu plus vite. Bon j'appelle aujourd'hui. J'arrive dans la salle de bain... et là panique totale... j'ai des taches sur la joue droite ! Panique complète. Crise d'hystérie et visite à une clinique sans rendez-vous immédiatement. Une clinique un peu plus loin mais moins déprimante que celle près de chez moi. Pendant l'attente - pas longue, juste 2 heures - j'ai eu le temps de réaliser que les taches sur mon visages étaient sûrement dues aux crèmes échantillons que j'avais reçues dans un grand magasin deux jours plus tôt. J'ai la peau sensible et il y avait sûrement trop de parfum dans les crèmes. Mais la tache sur mon bras avait encore changée et donc je voulais le fameux billet.

Le médecin est d'accord avec moi pour mon visage, n'est pas du tout inquiet pour mon bras, me prescrit une crème et me donne le fameux billet. Je repars moins inquiète et forte de mon billet. Et là, je recommence ma recherche de dermatologue non esthétique. Calvaire. C'est pas facile. Et le médecin qui m'avait été recommandé à la clinique ne prend plus de nouveaux patients. Comme les 10 autres que j'ai appelés. Je commence à être un peu découragé, lorsque oh miracle ! une dermatologue près de chez moi, me donne un rendez-vous 3 semaines plus tard. Je suis si surprise que j'ai dû redemander au moins 3 fois, si c'était une clinique privée.

Et donc, la semaine dernière, je vais au fameux rendez-vous. Mais je n'ai jamais pu voir la dermatologue qui avait overbooké ses rendez-vous - c'est selon les critiques, très commun pour elle. Parfois, elle ne vient même pas à ses rendez-vous. Qu'un médecin puisse agir ainsi avec ses patients me dépasse. Je retourne chez moi. Le lendemain, j'ai commencé ma recherche pour un autre dermatolgue. Je vous avoue que j'ai pleuré. Ce fut un long, très long calvaire. J'ai commencé par chercher des dermatologues "médicaux", mais je ne trouvais que des cliniques privées. Mais... les cliniques privées ne font en général que de la dermatologie esthétique. Parce que bien sûr c'est plus payant d'enlever les rides que d'aider les gens avec des problèmes médicaux, le psoriasis, l'acnée et les cancers de peau... ça ne rapporte pas. J'ai fini par trouver quelques cliniques privées, j'ai noté les prix - très élevés - les délais - tout de même très longs - et je les garde dans ma manche.

Et puis, je continue ma recherche. Après ma mauvaise expérience, les médecins que je trouvais, j'allais voir les commentaires sur les sites d'évaluation des médecins. Et là, les larmes sont revenues. Je ne comprends pas. Pourquoi les commentaires sont-ils toujours "médecin très froid", "pas intéressé", "ne m'a jamais regardé", "n'écoute pas quand on lui parle", "m'a prescrit un traitement au laser coûteux", "m'a à peine regardé, m'a dit que je n'avais rien et j'avais un cancer", "cela a pris 1 an pour avoir un rendez-vous, j'ai attendu 3 heures, et la consultation a pris 5 minutes"... Je ne comprends pas. Pourquoi devenir médecin quand on se fout des gens et de leurs problèmes ?

Les seuls médecins avec des bons commentaires, je n'ai soit, jamais réussi à les rejoindre, soit, ils ne prennent plus de patients. J'en suis venu à appeler ceux avec les moins pires commentaires... délais d'attente entre 8 et 12 mois et ce, quand il y avait une réponse ou qu'ils prenaient de nouveaux patients. Après 4 heures de recherches et d'appels, j'ai fini par avoir un rendez-vous pour la fin du mois d'avril. D'ici là, je vais continuer à chercher. Et si jamais ma tache change trop, j'irai tout simplement au privé.

Je pourrais continuer encore et encore à écrire mais je sais qu'il y a des situations bien pire que la mienne. Alors, je vais respirer par le nez et essayer de refouler cette aversion pour les médecins... et surtout pour ces spécialistes qui trouvent plus important d'effacer des rides que de diagnostiquer et prévenir des cancers, d'enlever des tattoos que de guérir des psoriasis et autres maladies de la peau...

Merci pour m'avoir laissée ventiler un peu et désolée pour ce long texte !

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23 février 2014

Le moment captif d'un dimanche : rayonnement

2014-02-26"Quelle flamme pourrait égaler le rayon de soleil d'un jour d'hiver." [Henry David Thoreau]

Il fait froid. C'est un hiver froid. Très froid. On a bien eu de la neige à Montréal, mais pas tant que cela. Il neige toujours autour de l'île mais jamais beaucoup sur celle-ci. Ce qui fait le bonheur de la plupart des gens que je connais mais qui me rend un peu triste. J'aime la neige.

J'aime aussi le froid. Mais un peu moins, je l'avoue. Et surtout lorsqu'il persiste. Mais je l'aime bien aussi. Le froid mordant, vivifiant... celui qui donne un nez et des joues rouges, celui qui me secoue le matin et me dit "allez réveille-toi, la journée va être magnifique!"

Car quand il fait froid, le ciel est habituellement si bleu. Le soleil est envahissant. Il est partout. Il s'empare de chaque coin du ciel. Et se répand partout. Il glisse sur la neige et nous oblige à fermer les yeux. Il est absolument éblouissant et résolument aveuglant.

Il fait froid. On dit qu'il fait -14ºC mais avec le facteur vent, on frise les -22ºC. Et pourtant, le soleil est si brillant qu'il s'amuse à faire fondre la neige sur mon toit. Elle vacille et se laisse tomber goutte à goutte. Mais il fait si froid. Elle n'a d'autres choix que de se transformer en longs glaçons scintillants. Le soleil joue avec le froid. Il illumine ma maison, la chauffe et la transforme en château de glace.

"La maison tournée vers le soleil est chauffée la premiere." [Proverbe chinois]

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21 février 2014

Quelques livres de Camilla Läckberg - Derniers commentaires

Läckberg005 - CopieCommentaires encore plus personnels

Cette auteure, comme je l'ai déjà mentionné, m'a été chaudement recommandée. C'est toujours délicat les recommandations aussi personnelles. C'est une collègue et on parle souvent littérature et lecture. Nous avons des goûts similaires et avons souvent les mêmes critiques à formuler. Donc, je suis entrée dans mes lectures pleine d'espoirs et de promesses.

Et même si dans l'ensemble, j'ai bien aimé les romans, disons que ce ne fut malheureusement pas le même coup de coeur que pour ma collègue. Mon intérêt premier pour les livres était de lire des romans policiers. Le premier roman est assez bien construit. Et j'ai bien aimé suivre les personnages principaux dans l'enquête, spécialement Erica. Mais en reprenant le roman, je réalise que certains éléments qui m'apparaissent faibles dans les deux romans suivants - du point de vue, intrigue policière - sont déjà présent dans La princesse des glaces. Il y a beaucoup trop de coïncidences et de hasards.

Et beaucoup trop de personnages secondaires. Ceux liés aux deux personnages principaux, Erica et Patrick, que ce soit d'un point de vue familial ou professionnel sont très intéressants. Mais justement, ils prennent beaucoup trop de place. Ils sont trop présents, on les connait trop finalement. Ceci fonctionnerait très bien dans une série de télévision car au fil des épisodes et des saisons, on en viendrait à les connaître de plus en plus et à les aimer ou les détester. Mais ici, ils prennent presque le dessus sur l'enquête. Dans le premier roman, ce n'est pas si évident, mais cela le devient dans les deux suivants.

On sent que l'auteure est attachée à ses personnages. Elle les décrit avec soin et avec beaucoup de détails. Mais, ce n'est pas ce que je recherche en premier lieu quand je lis un roman policier. Je veux une intrigue solide. Et j'ai eu l'impression de perdre petit à petit cet aspect dans les romans. Et il y a trop de personnages secondaires dans les fameuses intrigues. On se perd dans la vie de tous ces gens qui n'ont parfois que très peu à faire dans l'intrigue. Encore une fois, ce n'est pas l'écriture de Läckberg, elle travaille beaucoup sur ses personnages. Mais à un point tel qu'on oublie qu'ils sont de près ou de loin liés à une enquête. Dans Le tailleur de pierre, j'en suis même venue à attendre les passages dans le passé pour connaître le développement de ces personnages qui n'ont finalement qu'un mince lien avec l'intrigue (oui, ils sont liés au présent, mais tous ces passages n'étaient pas obligatoires).

J'ai trouvé que l'auteure perdait vraiment le fil de ses intrigues. Et à force de personnages et de détails, elle avait de la difficulté à cerner les morceaux qui permettraient de résoudre l'intrigue. Particulièrement dans le troisième roman où on a l'impression que tout se résout trop vite, et que c'est presque un accident si on trouve le coupable. C'est pratiquement secondaire. Je crois que l'auteur a beaucoup de talent - et le premier roman en est la preuve - mais elle se laisse emporter par ses personnages.

J'ai adoré l'omniprésence de la ville et les saisons dans les romans. On a véritablement l'impression de connaître Fjällbacka et de vivre l'été, l'hiver, la chaleur et le froid.

Mais revenons aux personnages. Dans le premier roman, j'ai bien aimé Erica. Une auteure prise avec le décès de ses parents, la relation abusive de sa soeur, ses sentiments face à sa ville natale, la découverte du cadavre de son amie d'enfance, sa relation naissante avec Patrick. Je l'aimais bien. Un peu naïve parfois mais attachante. En ouvrant le deuxième roman, j'avais hâte de la retrouver. Mais l'auteure a décidé de mettre l'emphase sur Patrick et son travail (et ses collègues). Et là j'ai décroché. Tout d'abord, de relation naissante on passe à une Erica enceinte jusqu'au cou qui n'est plus qu'une femme enceinte - on oublie l'écrivaine indépendante, curieuse et un peu fonceuse. Elle a chaud, elle se plaint car Patrick n'est pas là - et ce dernier est aussi bien différent du premier livre - et elle n'apporte pratiquement rien à l'intrigue. Elle est la conjointe du policier que l'on retrouve pendant quelques minutes quand le personnage principal passe par chez lui. Dans le troisième roman, elle reprend un peu plus de place. Mais parce qu'elle a finalement accouché et qu'elle est amie avec la mère de l'enfant assassiné. Je dois avouer que je suis très déçue par l'évolution d'Erica. Alors que l'auteure met beaucoup de soin à l'écriture des autres personnages, on dirait qu'elle ne veut plus rien savoir d'Erica (je ne dis pas que c'est ce qu'elle fait, c'est simplement l'impression que j'ai à la lecture des romans). Je trouve aussi étonnant certains comportements et certaines répliques... parfois très vieux jeux et conservateurs. Est-ce la société suédoise ou l'auteure... je ne sais pas. Mais, comme je l'ai déjà dit, j'ai trouvé très intéressant le fait qu'elle soit dépassée par la maternité et qu'elle ne ressente pas l'amour qu'elle pensait ressentir pour sa fille. C'est quelque chose qui arrive plus souvent qu'on ne le croit et on en parle peu.

Et finalement (ouf c'est long, je sais) ... l'auteure a commis un crime impardonnable pour la lectrice que je suis. Je réalise que pour beaucoup de gens, c'est un geste banal et que même ils vont apprécier et cela va les inciter à poursuivre avec la lecture du quatrième roman et qu'ils vont avoir hâte qu'il soit publié. Mais pour moi, c'est le pire "tue-la-lecture" possible. Déjà que le fait que les personnages soient si importants et surtout de plus en plus importants d'un livre à l'autre me dérange un peu beaucoup. Ceux qui me connaissent, savent que je ne suis pas particulièrement fan des séries. J'en lis rarement, et j'ai même choisi de ne pas lire un livre qui me tentait parce que je savais qu'il y avait une suite. La seule trilogie que j'ai adorée est Lord of the Rings, et encore je n'ai pas apprécié les "annexes". J'ai parfois aimé d'autres séries, mais je les ai rarement toutes lues en entier. Et en général, je trouve que l'auteur aurait dû arrêter l'écriture après le premier, à la limite le deuxième tome. (Cela inclut des séries très connues et populaires que je laisserai sans titre;-) ). Les seules séries que je lis sont habituellement les séries policières parce que cela n'implique habituellement que le fait que c'est le même enquêteur qui revient de livre en livre. Il y a bien quelques détails sur sa vie et certains personnages reviennent aussi, mais généralement, on n'a pas besoin de lire le livre précédent pour lire le roman actuel et on n'a pas besoin de lire le suivant. J'aime bien donc, les romans de Kathy Reichs par exemple.

Alors voilà. À la fin du roman Le tailleur de pierre, on nous laisse sur ce qu'on appelle un "cliffhanger". Cela ne concerne pas l'intrigue mais les principaux personnages. Quelque chose d'important pour eux. Et ça, cela m'a mis en colère. J'ai fermé le livre enragé et la série se termine ici pour moi. Je ne lirai pas les autres. Je me fous de savoir comment cela tournera pour Erica et Patrick et comment ils vivront avec le téléphone et la nouvelle qu'ils viennent de recevoir. La lecture est pour moi un choix et un plaisir. Je n'aime pas qu'un auteur me "force" à lire son prochain livre. Alors voilà...

Voir aussi:

 

Extraits

"La maison était abandonné et vide. Le froid pénétrait le moindre recoin. Une fine pellicule de glace s'était formée dans la baignoire. La peau de la femme avait commencé à prendre une teinte légèrement bleutée. C'est vrai, elle ressemblait à une princesse, là dans la baignoire. Une princesse des glaces." (p.9 - La princesse des glaces)

"Assis en tailleur sur le sol en ciment, il parcourait méthodiquement les cartons de dossiers l'un après l'autre. Desdécennies de destins humains passaient par ses mains et il était peu à peu frappé par le nombre de gens et de familles qui revenaient sans cesse dans les registres de la police. En voyant le même nom de famille surgir pour la énième fois, il se dit que les actes criminels semblaient parfois se transmettre  des parents aux enfants et même aux petits-enfants." (p. 28 - Le prédicateur)

"Parfois, c'était comme si elle était hors du monde réel, enfermée dans une toute petite bulle qui n'arrêtait pas de rétrécir. Elle était devenue tellement petite qu'Erica avait l'impression de pouvoir toucher les parois intérieures si elle tendait la main. Maja dormait sur son sein. Elle avait essayé de la coucher pour qu'elle s'endorme toute seule mais, comme chaque fois, elle s'était réveillée au bout de quelques minutes, en protestant bruyamment contre l'énorme culot de vouloir poser sa petite personne dans un lit de bébé." (p. 314 - Le tailleur de pierre)

Posté par Laila_Seshat à 06:33 - Commentaires [2] - Permalien [#]
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