11 novembre 2009

Mangez-le si vous voulez - Suite

Mangez-le si vous voulez : roman / Jean Teulé. -- Paris : Julliard, [2009]. -- 129 p : plans ; 20 cm. -- ISBN 0Mange978-2-260-01772-1

Quatrième de couverture

Nul n'est à l'abri de l'abominable. Nous sommes tous capables du pire!

Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune Périgourdin intelligent et aimable, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin.

Il arrive à destination à quatorze heures. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l'aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé.

Pourquoi une telle horreur est-elle possible? Comment une foule paisible peut-être saisie en quelques minutes par une frénésie aussi barbare?

Jean Teulé a reconstitué avec une précision redoutable chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l'une des anecdotes les plus honteuses de l'histoire du XIXe siècle en France.

Commentaires personnels (très personnels!)

L'histoire que Teulé a choisi de raconté est vraie. Ces événements ont réellement eut lieu. L'auteur a choisi de reconstituer la journée de Monéys en détail. Son départ, ses premières rencontres, son arrivée à Hautefaye, puis la folie qui s'empare de la foule, les tortures que l'on infligera à Monéys, puis sa mise à mort. Le sort réservé à Monéys est décrit dans le menu détail. Puis, beaucoup plus rapidement, l'auteur nous présente les arrestations, une partie du procès, une reproduction du verdict et finalement l'exécution des principaux tortionnaires.

Le livre est bref, à peine 129 pages - et avec une police de caractère assez grande. On est d'un côté reconnaissant de cette brièveté, mais aussi, on peut la déplorer. L'auteur a pris un fait historique horrible du XIXe siècle. Une "anecdotde" honteuse. Et il l'a transformé en roman. Ou plutôt un récit. Car il raconte. En détail. En trop de détails, disent certaines critiques.

L'événement est difficile à croire, mais il s'est réellement passé. Et c'est toute l'horreur de l'ouvrage. On lit. Et on a de la difficulté à croire. On se dit que les gens s'ouvriront les yeux, qu'ils cesseront leurs torturent, qu'Alain de Monéys vivra... Mais on sait qu'il ne vivra pas. On se trouve alors dans la position de voyeur impuissant... de voyeur qui veut savoir... qui veut lire la suite. Les détails sont crus et cruels. On sait tout. Et même sûrement plus... car il ne faut pas oublier que Teulé "romanise" tout de même. Il raconte une histoire et en fait un roman. Certains détails sont incertains. Mais l'ensemble est certain.

Mais on continue à lire. On se dit presque on devrait cesser la lecture. Car c'est du voyeurisme sensationnaliste que l'on fait... il ne faut pas se le cacher. Évidemment, il est important de ne pas laisser certaines atrocités tombées dans l'oubli. Il faut se rappeler. Et Teulé nous rappelle. Et on se questionne... on espère... On ose espérer que nous aurions été du nombre de ceux qui ont tenté de sauver Monéys. Et on essaie de comprendre... comment des gens, des amis, ont put laisser la folie, le mouvement de foule, les entraîner dans des horreurs qu'ils purent à peine expliquer par la suite. Ils ont posé des gestes ignobles, des gestes que jamais ils ne pourraient faire... et sur le moment, tout leur semblait justifié, naturel.

Mais le roman est aussi trop court. L'après... est trop rapide. On aimerait en savoir plus sur les arrestations, le procès, les coupables, etc. On passe très vite sur ce côté. Teulé n'a pas voulu faire un documentaire de l'époque, des cirsconstances, des conséquences... il ne nous offre qu'un "film" des quelques heures qui ont permis à une foule de torturer et tuer un homme, un ami, un voisin, d'en faire un sacrifice.

Mais évidemment, il y a les vrais gens et un village... On dit que Teulé a exagéré certains moments... en particulier cette phrase qui fait le titre. On dit qu'il a repris la trame d'autres oeuvres, en particulier celle de Albin Corbin, Le village des cannibales (qu'il cite d'ailleurs à la fin de son ouvrage). Un événement de ce genre n'appartient pas à un auteur. Et l'oeuvre de Teulé ne semble pas plus tapageuse que celle d'un autre, Corbin, par exemple. Les descendants des protagonistes de ce drame, ont critiqué les deux oeuvres. Et j'avoue que les titres sont très "marketing".

J'ai lu l'oeuvre en quelques heures. Je fus émue et j'ai même versé des larmes. J'ai espéré contre tout logique que Monéys ne serait plus torturé, ne serait pas tué, ne serait pas brûlé... Mais est-ce que j'ai aimé le roman ? Je ne sais pas. Je ne peux comparer cet ouvrage avec d'autres Teulé, car c'est le premier que je lis (il y a trois autres qui m'attendent dans ma PAL). Mais j'ai trouvé le ton parfois trop léger, voire trop poétique. Et parfois trop cru. Aucun détail n'est épargné... c'est sanglant, et viscéral. Certains disent que c'est sa force. De faire sourire, d'être ironique dans un tel récit monstreux. Je ne trouve pas. Je n'ai d'ailleurs jamais souri pendant ma lecture.

Et j'aurais aimé plus de contexte historique. Les gens étaiens épuisés par une guerre, affamés, pauvres, les morts s'accumulaient... la tension était forte. Cela n'excuse rien, mais nous offre un contexte essentiel à mes yeux. Teulé ne fait qu'effleurer la situation. Qui sont les Prussiens ? De quelle guerre parle-t-on ? Surtout si nous ne sommes pas français, il peut y avoir beaucoup de trous, de questions.

Enfin. Difficile d'en parler de façon objective. J'ai apprécié ma lecture. Je recommande le roman. Mais je conseille aussi d'aller lire un peu sur le drame. La mort d'Alain de Monéys mérite que l'on aille plus loin que la simple lecture du roman de Teulé.

L'avis de Praline, La Lectrice, Madame Charlotte, Lau, Liliba, Ys, Leiloona, Catherine, Thomas, Anna Blum, Livrovore, Philippe, In Cold Blog, Midola, Mapero, ClaudiaLucia, Laure, Lauraoza et des Rats de Bibliothèque.

Voir premier article

Extraits

"Hautefaye est dans un état de prostration et de catatonie. On se croirait un lendemain de cuite. Et la bonté du paysage, au coeur, dit à chacun: "Mais qu'avez-vous donc fait, hier? Qu'est-ce qui vous a pris?" Le village frémit encore, mal étonné par lui-même: "Mais qu'est-ce qui nous a pris? C'est le désarroi et l'hébétude." p.111

Sources à consulter

 

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10 novembre 2009

Mangez-le si vous voulez

0MangeMangez-le si vous voulez : roman / Jean Teulé. -- Paris : Julliard, [2009]. -- 129 p : plans ; 20 cm. -- ISBN 978-2-260-01772-1

Quatrième de couverture

Nul n'est à l'abri de l'abominable. Nous sommes tous capables du pire!

Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune Périgourdin intelligent et aimable, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin.

Il arrive à destination à quatorze heures. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l'aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé.

Pourquoi une telle horreur est-elle possible? Comment une foule paisible peut-être saisie en quelques minutes par une frénésie aussi barbare?

Jean Teulé a reconstitué avec une précision redoutable chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l'une des anecdotes les plus honteuses de l'histoire du XIXe siècle en France.

L'auteur0aMange

Jean Teulé est né à Saint-Lo, un 26 février de 1953. Il fait des études de dessin à Paris et pendant près de 10 ans, il sera dessinateur et scénariste de bandes dessinées. Il passe ensuite dans le monde de la télévision et participe à différentes émissions telles "L'assiette anglaise" et "Nulle part ailleurs sur Canal+".

Dans les années 90, il commence à écrire des romans. Il adaptera lui-même certaines de ces oeuvres pour le cinéma. Bédéiste, romancier, journaliste, scénariste, et même acteur, Jean Teulé touche a plusieurs domaines. Il recevra de nombreux prix pour plusieurs de ces oeuvres.

Bibliographie partielle

  • Bloody Mary (scénario de Jean Vautrin) (1984) Bandes dessinées
  • Filles de nuit (1985) Bandes dessinées
  • Sita-Java (scénario de Gourio) (1986) Bandes dessinées
  • Gens de France (1988) Bandes dessinées
  • Zazou (1988) Bandes dessinées
  • Rainbow pour Rimbaud (1991) (scénario et réalisation en 1996)
  • L'Oeil de Pâques (1992)
  • Gens d'aileurs (1993) Bandes dessinées
  • Ballade pour un père oublié (1995)
  • Darling (1998)
  • Bord cadre (1999)
  • Longues Peines (2001)
  • Les Lois de la gravité (2003)
  • Ô Verlaine! (2004)
  • Je, François Villon (2006)
  • Le magasin des suicides (2007)
  • Le Montespan (2008)
  • Mangez-le si vous voulez (2009)
  • Je voudrais me suicider mais j'ai pas le temps (2009) Bandes dessinées

Résumé

Un jour de foire du mois d'août de 1870, un certain Alain de Monéys se rend à la fête du village de Hautefaye. Il arrive, rencontre amis et voisins. Le but du jeune élu du Conseil Municipal de Beaussac est d'acheter une jeune génisse, faire quelques affaires et promouvoir son projet d'assainissement des marais de sa région.

Il arrive vers 14h00. Il rencontre des connaissances et converse amicalement. Son cousin, Camille de Maillard, est aussi de la fête. Faiseur de trouble notoire, Maillard crie haut et fort ses opinions sur la guerre présentement en cours. Les gens sont épuisés par cette guerre. Les émotions sont à fleur de peau. Quand Monéys arrive sur les lieux, son cousin a déjà échauffé les esprits, puis s'est éclipsé rapidement quand il a réalisé les réactions fortes des habitants face à ses propos.

Monéys a du mal à croire les propos qu'on attribue à son cousin et s'exclame avec incrédulité. Malheureusement, on ne comprend pas son propos et on entend d'autres mots. Quelques heures plus tard, la foule, l'aura torturé et tué. Quelques personnes tenteront de le sauver, mais la foule le tuera et brûlera son corps. Jean Teulé nous fait le récit de cet horrible événement historique.

Commentaires personnels (très personnels!) à suivre

Extraits

"- Et bien, que se passe-t-il ?... - C'est votre cousin, explique un colporteur. Il a crié: "Vive la Prusse!" - Quoi? Mais non! Allons donc, j'étais auprès et ce n'est pas du tout ce que j'ai entendu. Et puis je connais assez de Maillard pour être bien sûr qu'il est impossible qu'un tel cri sorte de sa bouche: "Vive la Prusse"... Pourquoi pas "À bas la France!"? - Qu'est-ce que vous venez de dire, vous? - Quoi? - Vous avez dit !À bas la France". - Hein? Mais non! - Si, vous l'avez dit! Vous avez dit "À bas la France"." p. 30

Sources à consulter

  • http://www.ego-comme-x.com/auteur.php3?id_auteur=36
  • http://www.bibliosurf.com/Mangez-le-si-vous-voulez
  • http://www.dordogne.com/article-2701-teule-ressort-l-horreur-d-hautefaye.html
  • http://fr.wikipedia.org/wiki/Hautefaye
  • http://nebalestuncon.over-blog.com/article-17023916.html
  • http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Teul%C3%A9
  • http://www.mondalire.com/teule_jean.html
  • http://www.babelio.com/livres/Teule-Mangez-le-si-vous-voulez/122860

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08 novembre 2009

Le moment captif d'un dimanche: envahissement

"La folie est un bateau sur lequel on peut danser toutes ses nuits et qui un jour peut s'éloigner en laissant la mer se refermer 0aderrière lui" [Nadia Ghalem]

Les moments de couleur sont précieux. On oublie parfois de regarder le monde. On oublie de le contempler simplement et de se laisser toucher par les touches d'émotions. Une petite brise, une teinte, un moment brumeux ou ensoleillé.

Un après-midi à Collioure. Un vent permettant toute folie dans mes cheveux. Un quai m'appelant et exigeant un arrêt. Ralentir le pas est difficile dans une vie qui demande sans cesse de courir. Le monde est là, et on laisse la vie nous perdre dans des moments insignifiants mais envahissants et certainement importants.

Folie puis calme. Laisser la vie nous envelopper mais l'obliger à nous laisser un moment pour respirer. Une vague douce qui nous berce dans des couleurs trop vives pour les oublier. Permettre à la vie quotidienne de s'enfuir le temps d'une folie passagère.

"Un bateau est conçu pour aller sur l'eau, mais l'eau ne doit pas y entrer. De la même façon, nous sommes conçus pour vivre dans le monde, mais le monde ne doit pas nous envahir." [Sathya Sai Baba]

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04 novembre 2009

Reines et favorites

002aReines et favorites : le pouvoir des femmes / Benedetta Craveri ; traduit de l'italien par Éliane Deschamps-Pria. -- [Paris] : Gallimard, 2009. -- 484 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-07-037973-6. -- (Coll. Folio ; no 4883)

Titre original: Amanti e regine,  c2005

Quatrième de couverture

À la Renaissance, les femmes devaient se soumettre à l'autorité de l'homme - comme la noblesse devait se soumettre à celle du roi. Certaines parviendront pourant à faire de leur condition d'infériorité un atout. Fortes de leurs ambitions, de leur intelligence et de leur beauté, c'est en profitant de la faiblesse masculine qu'elles se glissent dans les rouages, sans être broyées. Si elles ne peuvent assumer le pouvoir en leur nom, leurs destinées sont parfois spectaculaires. De Diane de Poitiers à Marie-Antoinette, en passant par Catherine de Médicis, la reine Margot, Gabrielle d'Estrées, Madame de Maintenon ou la Marquise de Pompadour, Benedetta Craveri nous offre une suite de portraits, passionnants comme des romans, mêlant avec brio la petite et la grande Histoire.

L'auteur

Benedetta Craveri est une spécialiste de la civilisation française des XVIIe et XVIIIe siècle. Elle enseigne présentement la littérature française en Italie, à l'Université de la Tuscia à Viterbe et à l'Istituto Universitario Suor Orsola Benincasa à Naples.

Bibliographie partielle

  • Madame du Deffand et son monde (1987)
  • La Vie privée du Maréchal de Richelieu (1993)
  • L'âge de la conversation (2002)
  • Avis d'une mère à sa fille (2007)
  • Reines et favorites (2007)
  • Marie-Antoinette et le scandale du collier (2008)

Résumé et Commentaires personnels

L'ouvrage de Benedetta Craveri se veut une galerie des femmes qui ont marqué la monarchie et l'histoire de France. Elle nous présente une facette souvent occultée de l'histoire de la France: la place des femmes dans l'histoire de la monarchie de France.

La femme avait toujours eu une place centrale dans l'histoire et jusqu'à la fin du Moyen Âge, elle jouait un rôle central et important autant dans la société en général que dans la politique. Mais un changement important survient à la fin du Moyen Âge et au tout début de la Renaissance. Le femme est petit à petit reléguée au rôle de mère et perd tout pouvoir public et politique. La loi salique est instaurée en France et les femmes ne peuvent plus accéder au trône. Elles ne sont alors plus que l'épouse et la mère. Les reines ne sont que les femmes derrières les rois, les mères des futurs héritiers, les enjeux de d'alliances politiques.

Les femmes doivent alors trouver une nouvelle façon d'exercer leur pouvoir dans la société et monarchie française. Les reines et les favorites ont leur place dans l'histoire... elles durent parfois se battre pour établir leur pouvoir, leur position n'était jamais certaine, parfois même dangereuse, mais elles réussirent à laisser leur marque dans l'histoire.

      Table des matières

  • Le pouvoir des femmes
  • Une italienne à la cour de France
  • Diane de Poitiers
  • Catherine de Médicis
  • La Reine Margot
  • Gabrielle d'Estrées
  • Une nouvelle reine florentine
  • Marie de Médicis
  • Anne d'Autriche
  • Marie Mancini
  • Marie-Thérèse d'Autriche
  • Louise de la Vallière
  • Athénaïs de Montespan
  • L'affaire des poisons
  • Madame de Maintenon
  • Marie Leszczynska
  • Les soeurs Mailly-Nesle
  • La marquise de Pompadour
  • Madame du Barry
  • Marie-Antoinette

On ouvre le livre de Craveri. On ne doit pas s'attendre à une analyse approfondie la place des ces femmes dans l'histoire. On ne nous offre pas une étude détaillée de l'époque. Benedetta Craveri nous propose plutôt une "histoire"... elle nous raconte la vie de ces femmes qui luttaient pour avoir une place dans une société qui ne leur laissait aucune chance de s'en faire une. L'ouvrage se lit comme un roman... les chapitre sont courts, les liens entre les personnages historiques sont rapides. Malgré le fait que l'on sent le travail et la recherche historique effectués par l'auteur, on ne peut s'empêcher de lire l'ouvrage comme un roman. Totalement passionnant. Les femmes qui ont partagé leur vie avec les rois français, ont lutté pour vivre, survivre dans un monde qui leur était hostile.

Elles sont fortes et faibles à la fois. Les enjeux sont parfois terribles. Elles règnent par des moyens détournés, exercent leur pouvoir secrètement, sont parfois vénérées, souvent détestées... Elles doivent vivre sous des codes strictes et impitoyables. Elles ne sont souvent qu'une monnaie pour conclure un contrat entre deux nations. Elles utilisent les atouts que la nature leur a fournie... Et elles utilisent donc le sexe, la beauté, la luxure, mais aussi souvent leur intelligence pour parvenir à leurs buts. Et l'amour entre parfois en jeu... certaines de ces femmes ont aimé passionnément leur roi... ce qui les a souvent mené à leur perte. Les époques sont diverses, les moeurs changent d'une année à l'autre... ce qu'on tolérait un moment est critiqué à un autre.

Cette galerie de femmes est peinte avec talent. Révélant les bons et les mauvais traits de chacune de ces femmes dont on connait les noms... qui ont marqué l'histoire.

L'avis de Dominique et Praline.

Extraits

"D'après les termes de la loi salique, la naissance, fut-elle royale, ne pouvait conférer aux femmes les mêmes droits qu'aux hommes. [...] Seul le roi détenait le pouvoir, et la reine n'avait d'autre statut que celui d'épouse. Il n'en avait pas toujours été ainsi. La loi salique était une institution juridique relativement récente, inventée oar des historiens et juristes au cours des XIVe et XVe siècles pour garantir avant tout l'indépendance et l'unité territoriale du pays." p.17

"Malgré la diversité de leurs personnalités et de leurs histoires, les favorites royales semblent toutes animées des mêmes passions et des mêmes desseins. Depuis la duchesse d'Étampes, première maîtresse en titre du roi de France, jusqu'à la pauvre comtesse du Barry qui achèvera sa carrière sur l'échafaud, l'amour porté au souverain, quand amour il y a, n'est jamais dénué d'arrière-pensées : l'ambition, l'orgueil, la cupidité, le désir de domination qui l'alimentent sont d'ailleurs des armes indispensables pour surmonter les obstacles, les doutes, les amertures, les humiliations qui émaillent la route d'une favorite ; on ne peut défendre les positions acquises qu'en faisant taire sa piétié et sa conscience." p. 194

Sources à consulter

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01 novembre 2009

Le moment captif d'un dimanche: repos

"Chacun porte au fond de lui comme un petit cimetière de ceux qu'il a aimés" [Romain Rolland]cimetiere_010

Un soleil éclatant. Aujourd'hui, les allées seront pleines. Remplies de gens venus porter des fleurs. Et des fleurs, il y en a, par milliers. Partout. Sur tous les étages. Colorant chaque fenêtre de couleurs lumineuses. Des fleurs vivantes. Des fleurs en plastique.

Hier, il etait vide. Tranquille. Personne pour se rappeler. Personne pour se souvenir. Oh, on vient parfois visiter ces allées pour se rappeler l'espace d'un dimanche ces gens qui ne vivent plus. Mais, les mémoires sont défecteuses et elles laissent parfois les souvenirs s'échappent. Pour certains, cependant, les cimetières que l'on visite tous les jours se trouvent dans nos têtes. Au creux d'un soupir, on va à la rencontre des gens qui sont partis.

Les cimetières ici montent vers le ciel. Les morts sont surperposés. Reposant l'un par dessus l'autre. Comme lorsqu'ils étaient vivants et existaient un sur l'autre dans ces immeubles aux étages sans fin. On s'entoure de gens morts ou vivants. On s'écoute vivre. Et puis, on s'assure de ne pas être seul quand on meurt. Alors on empile les souvenirs. 

On ne marche pas sur la mort ici, on lève les yeux vers elle.

"Quand le mort repose, laisse reposer sa mémoire" [Ben Sira]

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31 octobre 2009

Mon premier swap: le Bloody swap

Et bien voici mon premier swap terminé.
Ce n'est pas que je n'avais jamais été intéressé avant...
Mais j'hésitais. Parfois une question de localisation.
Parfois une question de mauvais timing.
Des doutes sur le déroulement, le fonctionnement, etc.

Enfin, je n'étais pas certaine si je voulais m'embarquer
dans une telle aventure.

Mais quand Lou a proposé son Bloody Swap
je n'ai pas eu un moment d'hésitation !

Un swap d'Halloween ! Comment pouvais-je résister ?

Absolument impossible ! Après vérification, 
être à Barcelone ne m'empêchait pas de participer.

Donc, je me suis lancée dans l'aventure.
Une aventure qui me permettrait de célébrer un peu cette
fête que j'aime tant mais qui n'est pas vraiment
souligné ici en Espagne.

J'ai attendu le questionnaire avec impatience.
Envoyé le mien, attendu celui de ma swappée.
J'ai étudié et analysé. Puis acheté en espérant que cela plaise.
J'ai adoré faire mes achats et mes paquets.

Mais j'attendais aussi avec impatience MON colis !

Que voici !!!!

0Bloody1

Disons tout de suite, que j'étais bien énervée.
Mon premier colis swap et il est immense !!!

0Bloody2

Vite, vite, ouste les petites boules vertes... je vois des paquets !

0Bloody3

Et des paquets, il y en avait beaucoup, beaucoup, beaucoup... et si jolis.

On les déballe aussi rapidement !!!

0Bloody9

Que de choses ! Une carte rigolote ! Deux livres, deux DVD...
Une superbe tasse, des bulles de bain,
une chandelle magnifique et qui sent bon, je vous dis pas... 
et des biscuits, biscuits et encore.

Mais qui me gâte ainsi ??? C'est la gentille Ophelia !
Directement de Wonderland (aussi connu sous le nom d'Angleterre !)
Je suis complètement folle de mon colis !
Et je te remercie mille fois Ophelia !

Quelques close-up des items:

Donc voici Carrie/Stephen King et Je suis une légende/Richard Matheson
qu'il me tarde de lire... Et The Witches of Eastwick que j'ai lu et vu, mais que je ne possèdais pas
et que je voulais désespérément en DVD et Sweeny Todd que je n'ai pas encore vu (honte à moi !)
0Bloody6

Et puis vous voyez cette superbe chandelle ! J'ai attendu ce soir
pour l'allumer. Mais je prend déjà mon café avec ma tasse !
0Bloody4

Et voilà, les méchants biscuits. Pauvre Ophelia, elle n'avait pas
beaucoup de choix... Je suis allergique au chocolat et je suis
difficile en matière bonbons ! Mais elle a fait d'excellents choix...
J'adore absolument - comme une vraie folle, en fait - les Shortbread Fingers !!!
Et il est difficile d'en trouve ici (j'ai même tenté d'en faire... oh désastre !)
J'aime beaucoup les biscuits au gingembre.
Et je découvre les flapjacks ! C'est fou ce que c'est bon et ça me rappelle
des biscuits que j'aime beaucoup. C'est mortel comme biscuits !
Il ne m'en reste plus (exactement 3 heures après la réception du
paquet... tous disparu dans mon ventre et celui de mon PisTout !)
0Bloody5

Encore une fois merci Ophelia ! :D

Et un gros merci à Lou pour avoir organiser ce Swap bien sanglant !!!


Et bien sûr :

Joyeuse Halloween
à tout le monde !!!

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28 octobre 2009

La Fontaine de Vaucluse

Fontaine3Il y a quelques mois, nous avions décidé de prendre la route - encore une fois. Cette fois, nous allions un peu plus loin... en Provence. Nous nous sommes arrêtés à quelques endroits. Dont un lieu qui n'avait droit qu'a, à peine, quelques lignes dans notre guide. Il aurait dû en avoir beaucoup plus !

Nous avions visité quelques villages aux alentours et sur le chemin du retour, il y avait cette fontaine. Bon... je suppose que ce n'est pas vraiment une fontaine; mais c'est son nom: la Fontaine de Vaucluse. Elle se fait discrète dans les guides touristiques mais elle vaut un détour... ce fut une rencontre magnifique et inoubliable.

La Fònt de Vauclusa ou La Font de Vau-Cluso (selon la norme linguistique que l'on choisit) est tout d'abord une commune française, située en Provence. Mais la Fontaine de Vaucluse est aussi une source, une résurgence,  plutôt qu'une fontaine. On la trouve au pied d'une falaise de plus de 230 mètres. On dit que c'est la plus grosse source de France et la cinquième plus grosse au monde. Son écoulement moyen peut ateindre jusqu'à 630 millions de m3 par année ! L'eau provient de l'infiltration dans la montagne des eaux de la pluie et de la neige. Ces eaux viennent en grande partie du Mont Ventoux, du Mont de Vaucluse, du plateau d'Albion et de la Montagne de Lure. Toute cette eau pénètre la montagne et n'a qu'une seule sortie: la Fontaine de Vaucluse.

À l'origine, l'endroit s'appelait Vallis Clausa qui signifie en latin "vallée close". Et quand on arrive à la fontaine, on ne peut queFontaine1 comprendre le sens de ce nom. Après une longue marche le long d'un cours d'eau qu'on nomme la Sorgue, on arrive à une falaise qui semble la source du cours d'eau. Entourée de falaises vertigineuses, il n'y a aucune issue... la vallée est close.

Et donc, au fond de la vallée close, au pied de la falaise, de l'eau provenant d'un réseau souterrain et qui peut parfois jaillir violemment, est la source de La Sorgue. Le site est connu depuis très longtemps et on retrouve des mentions de la fontaine dès l'Antiquité alors qu'elle fait l'objet d'un culte des eaux et d'offrandes rituelles. La source est habituellement paisible en hiver et en été. L'eau est claire et transparente... d'une couleur turquoise saisissante.

Mais parfois, principalement au printemps et en automne, l'eau monte et prend une couleur rouge. Les habitants de la région y voient un mauvais présage. Lorsque l'eau prend la couleur du sang, on craint des malheurs, la peste, des épidemies, etc. La couleur de l'eau s'explique bien entendu par la présence d'argile rouge qui lorsque l'eau monte dans les réservoirs souterrains teinte la source de Vaucluse.

L'homme a toujours voulu comprendre la fontaine de Vaucluse et très tôt, on tenta de sonder les fonds de la falaise, puis les rivières souterraines. Aujourd'hui, les plongeurs ne peuvent que rarement s'aventurer sous la falaise, mais grâce à des sondes automatisées on a pu calculer en 1985, la profondeur du gouffre a 308 mètres. Mais la source de la fontaine demeure encore mystérieuse et n'a pas encore révélé tous ses secrets.

Depuis toujours, on a décrit la beauté du site. Char, Mistral, Chateaubriand, Pline l'Ancien, Scudéry, Voltaire,... Au Moyen-Âge, Fontaine2au VIe siècle, un ermite du nom de Veran se serait installé près de la Fontaine et y aurait combattu une "couloubre". Cette couleuvre monstrueuse terrorisait la région et vivait près de la Sorgue. Veran la tua et ramena la paix dans la région. Il accomplit de nombreux miracles et devint l'évêque de Cavaillon. Des moines auraient suivi l'exemple de Veran et s'installèrent dans un monastère près de la Fontaine. Pétrarque vécut aussi près de celle-ci au XIVe siècle et mentionne dans ses écrits la Fontaine et le figuier, qui plongeant ses racines dans la Fontaine, semble éternel. 

La Fontaine de Vaucluse nous offre beaucoup d'autres légendes. Une épave s'y trouve à plus de 25 mètres. Elle cacherait aussi, bien entendu, un trésor. On a longtemps cherché à la retrouver. Aujourd'hui, le site est protégé. Mais la découverte en 2001 de plusieurs pièces antiques, en bronze, argent et en or, certaines datant du 1er siècle avant J.-C. permet aux chercheurs de trésor de continuer à rêver.

Lorsqu'on arrive au pied de la falaise et que l'on voit pour la première fois, l'eau turquoise de la Fontaine, on ne peut qu'être envoûter par le charme de l'endroit. On imagine mille fées qui dansent ardemment sur la surface translucide de la Fontaine. Des secrets éternels sont chuchotés à nos oreilles. Une folie profondément paisible nous envahit et nous raconte nos désirs, nos joies et nos peines. La Fontaine nous connait et nous reconnait. Elle a toujours existé et nous rappelle notre immortalité.

Sources à consulter

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26 octobre 2009

Quelques mots...

"Je ne crois évidemment pas aux fantômes. Si vous en aviez rencontrés autant que moi, vous n'y croiriez pas non plus." [Don Marquis]

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25 octobre 2009

Le moment captif d'un dimanche: luminosité excessive

000Chandelle

"Plutôt que de maudire les ténèbres, allumons une chandelle, si petite soit-elle" [Confucious]

Enveloppée de lumière, j'entre dans des lieux sombres. La lumière sanglote figée dans une cire immaculée mais tout de même sans pitié. La lumière s'éteint.

Une aveuglante noirceur semble vouloir s'emparer de mes nuits. De mes jours. Des instants qui s'écoulent doucement. Cette noirceur est-elle le monstre que l'on imagine ? N'est-elle pas simplement la caricature de nos visions lumineuses ?

Le noir ne cessera jamais de grimacer si on ne le cajole pas un peu. Si on ne lui donne pas un peu d'affection. Donnons-lui une lueur de tendresse. Offrons-lui la possibilité de nous montrer la grandeur de sa passion et de son amour. C'est dans l'indifférence que sont possibles les terreurs sordides. Les peurs familières. Les horreurs humaines.

Une goutte de cire coule, immortelle. Éternelle. Rappelant la lumière passée. La lumière à venir. Et les ombres quotidiennes.

"Plus claire la lumière, plus sombre l'obscurité... Il est impossible d'apprécier correctement la lumière sans connaître les ténèbres." [Jean-Paul Sarte]

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21 octobre 2009

The Suspicions of Mr. Whicher

whicher1The Suspicions of Mr. Whicher, or, The Murder at Road Hill House / Kate Summerscale. -- London, Berlin, New York: Bloomsbury, [c2008]. -- 372 p., [16] p. de pl. : ill. (certaines en coul.) ; 20 cm. -- ISBN 978-0-7475-9648-6

Comprend des notes.
Comprend une bibliogr. et un index.

Quatrième de couverture

It is midnight on 30th June 1860 and all is quiet in the Kent family's elegant house in Road, Wiltshire. The next morning, however, they wake to find that their youngest son has been the victim of an unimaginably gruesome murder. Even worse, the guilty party is surely one of their number - the house was bolted from the inside. As Jack Whicher, the most celebrated detective of his day, arrives at Road to track down the killer, the murder provokes national hysteria at the thought of what might be festering behind the closed doors of respectable middle-class homes - scheming servants, rebellious children, insanity, jealousy, loneliness and loathing.

This true story has all the hallmarks of a classic gripping murder mystery. A body, a detective, a country house steeped in secrets and a whole family of suspects - it is the original Victorian whodunnit.

L'auteur

Kate Summerscale est née en 1965. Pendant sa jeunesse, elle vécut au Japon, en Angleterre et au Chili. Elle étudia à whicher2l'Université Oxford ainsi qu'à l'Université Stanford où elle obtint une maîtrise en journalisme.

Elle travailla pour le quotidien The Independent et écrivit des notices nécrologiques pour le Daily Telegraph entre 1995 et 1996. Elle fut également l'éditeur littéraire pour ce même journal. Elle a écrit des articles pour The guardian, The Daily Telegraph et The Sunday Telegraph. En 1998, elle publie The Queen of Whale Cay. Son ouvrage "The suspicions of Mr Whicher or The Murder at Road Hill House" a obtenu le Prix Samuel Johnson for Non-Finction en 2008.

Elle vit aujourd'hui à Londres. Elle continue d'écrire.

Bibliographie

  • The Queen of Whale Cay (1998)
  • The suspicions of Mr Whicher or The Murder at Road Hill House (2008)

Résumé

Le matin du 30 juin 1860 va changer la vie des membres de la famille Kent vivant à Road, dans le Wiltshire. Le plus jeune fils de la famille a disparu et sera retrouvé mort, assassiné, quelques heures plus tard. Une enquête policière commencera alors, qui boulversera la société anglaise de l'époque. Car on en vient rapidement à la conclusion que le meurtre n'a pu être commis que par quelqu'un de la maisonnée.

Jack Whicher, célèbre détective de l'époque, est appelé sur les lieux. Il tentera de résoudre le mystère, mais ses efforts seront sans succès. Le suspect qu'il tente d'amener en justice est relâché et sa carrière sera mise en péril. Des années plus tard, le meurtrier confessera finalement. Mais est-ce que la vérité fut véritablement révélée ?

Commentaires personnels

Relatant un véritable crime s'étant déroulé à la fin du 19e siècle, l'ouvrage de Kate Summerscale se situe entre le reportage, l'enquête policière et le roman. Un meurtre a lieu. Un jeune garçon de trois enfant est retrouvé assassiné sur la propriété de ses parents. Rapidement, on en vient à la conclusion que seul, une personne vivant sur les lieux, a pu tuer l'enfant. Le public est scandalisé. Un enfant est tué sauvagement par un membre de sa famille ou des personnes travaillant pour celle-ci. Donc, par quelqu'un qu'il connaissait.

C'est non seulement, un crime que l'on tente d'élucider, mais c'est une famille "respectable" qui est analysée et exposée à tous. On entre dans la sphère privée d'une bonne famille anglaise... ce qui à l'époque est difficilement concevable.

Mais plus qu'une enquête sur un crime spécifique, le livre de Summerscale se veut aussi une analyse des pratiques policières de l'époque. La façon dont les policiers mènent leurs enquêtes fut complètement bouleversée par l'arrivée des enquêteurs que l'on nomme maintenant "détectives". Le livre nous donne un portrait détaillé de la société anglaise du 19e siècle ainsi qu'un historique précis de l'évolution des enquêtes policières de l'époque ainsi que de la perception du public de celles-ci.

Le crime de Road Hill House marqua le public de l'époque et fut déterminant pour l'avenir des enquêtes et des détectives. On critiqua énormément le principal enquêteur, Jack Whicher, qui auparavent s'était démarqué par son savoir-faire et sa perspicacité. Son incapacité à faire condamner son principal suspect - faute de preuves concluantes - et le fait que le crime ne fut pas résolu par les détectives, contribua non seulement à fragiliser sa carrière, mais à remettre en question le travail des détectives.

Le principal suspect avoua finalement des années plus tard, mais les archives nous revèlent que la vérité n'était peut-être pas entièrement connue. Nous fermons donc le livre avec encore des doutes. Ce crime horrible ayant eu lieu en 1860 ne fut donc jamais tout à fait résolu.

Le livre est passionnant. Cette enquête policière historique nous tient en haleine jusqu'à la fin. On peut parfois déplorer l'abondance de détails historiques et même littéraires qui s'éloignent souvent de la résolution du crime lui-même. On perd parfois légèrement le fil de l'enquête et on aimerait à l'occasion qu'on accélère la résolution du meurtre de ce pauvre garçon. Il semble parfois un peu se perdre dans l'histoire. On parle de sa famille, de ses parents, de ses frères, soeurs, demi-frères, demi-soeurs, de sa gouvernante, des détectives qui mènent l'enquête, de l'opinion publique, des juges, de la société de l'époque, des écrivains qui se sont inspirés du crime (tels Collin, Dickens, Elliot, Conan Doyle, ...), de tout et chacun... sauf de ce pauvre petit garçon de 3 ans qui fut tué un matin du mois de juin 1860. C'est mon seul reproche.

Car l'objectif de Summerscale est clair. Elle veut non seulement nous raconter la résolution de ce crime, mais aussi nous présenter une société traditionnelle anglaise en plein changement. C'est une histoire des détectives qu'elle retrace... l'évolution des procédures policières. Et cela m'a captivé jusqu'à la dernière page.

Site consacré au livre.

L'avis de Loutarwen, Clochette, Sassenach, Amanda, Yspaddaden, Ennapapillon, Michel, ...

Extraits

"The Word 'clue' derives from 'clew', meaning a ball of thread or yarn. It had come to mean 'that which points the way' because of the Greek myth in which Theseus uses a ball of yarn, given to him by Ariadne, to find his way out of the Minotaur's labyrinth. The writers of the mid-nineteenth century still had this image in mind when they used the word." p.68

"He had been almost forgotten. For all the brillance with which he investigated the Road Hill murder, Whicher had been powerless to give the public the certainty that they craved or to deliver them from the evils that he saw. He was punished for his failure. From now on, the detective heroes of England would be found only in the realm of fiction." p.276

Sources

 

Posté par Laila_Seshat à 09:12 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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