21 mars 2009

Poèmes choisis de Saint-Denys-Garneau - Suite

Poèmes choisis : précédés d'une chronologie, d'une bibliographie et de jugement citiques / Saint-Denys-Garneau. -- Montréal : Fides, Bibliothèque Canadienne-Française, 1970. -- 141 p. ; 17 cm. -- ISBN 0-7755-0369-XSDG1

Le recueil

Ce recueil fut publié en 1970. On y retrouve plusieurs poèmes du seul recueil publié par Hector de Saint-Denys Garneau: Regards et Jeux dans l'Espace. Saint-Denys Garneau publia son recueil en 1937 mais retira de la vente, presque immédiatement, toutes les copies de son oeuvre.

Après sa mort en 1943, on publia de nombreux recueils de son oeuvre. Dès 1949, Fides publie Poésies complètes, incluant des pièces retrouvées en plus des poèmes de Regards et Jeux dans l'Espace. Depuis de nombreux recueils de ses poèmes sont parus: des recueils complets, des morceaux choisis, des textes commentés,... On publie aussi de nombreuses études sur son oeuvres poétiques et sur sa peinture. On commenta également ses rares textes non poétiques, ses lettres ainsi que son journal, qui furent également publiés après sa mort. Sa poésie fut traduite en anglais et en espagnol.

Le recueil "Poèmes choisis" publié par Fides en 1970 comporte deux sections: Regards et Jeux dans l'Espace avec 17 poèmes des 28 poèmes de ce recueil ; Les Solitudes avec 35 poèmes. L'ouvrage propose également une brève chronologie, une bibliographie ainsi que quelques critiques.

Commentaires personnels

Lire les poèmes de Saint-Denys Garneau s'est suivre son cheminement intérieur. C'est vivre avec lui ses moments plus doux, plus joyeux pour marcher petit à petit un chemin plus sombre et finalement voir les effets de la maladie qui l'affaiblit.

On sent d'abord nettement dans ce recueil, le côté plus léger, plus enjoué de sa poésie. Il nous parle de jeux, d'enfants, de danses, de rivières, de fraîcheur, de soleil, de lumière, de musique, d'arbres (Le Jeu, Spectacle de la danse, Rivière de mes yeux, Flûte, Les ormes, Saules, etc.)... "Ô mes yeux ce matin grands comme des rivières  Ô l'onde de mes yeux prêts à tout reflèter  Et cette fraîcheur sous mes paupières   Extraordinaire..." "Cette voix verte presque marine  Et soupiré un son tout frais  Par une flûte.". Les premiers poèmes de Regards et Jeux dans l'Espace semblent vouloir une certaine action, un certain mouvement. Par le jeu, et par son regard sur ce qui l'entoure, il essaie de reconstruire un monde plus libre, accueillant. Mais son propos est parfois déjà inquiet... "Et pourtant dans son oeil gauche quand le droit rit  Une gravité de l'autre onde s'attache à la feuille d'un arbre...".

Puis nous avons un poème qui amène tranquillement l'ombre (Paysage en deux couleurs sur fond de ciel). Dans ce poème, le premier vers nous souligne "La vie la mort sur deux collines"... la vie et la mort, le soleil et l'ombre. Le poème suivant, Maison fermée, aborde nettement la solitude, la désolation. Dans le poème Accompagnement, Saint-Denys Garneau réalise pleinement la perte de son être, il étale sa solitude, son malaise profond et surtout il avoue son échec... échec de se réaliser pleinement dans sa vie, dans la société et dans la poésie "Ma solitude au bord de la nuit   N'a pas été bonne..." "Elle est venue pour nous ravir et pour nous lâcher. Dans le cercle de notre lâcheté  Elle est venue pour nous voler...".

Les poèmes qui suivent et qui font partie de Solitudes (publiés après sa mort) parlent tous (ou presque) de mort, de solitude sans issue, de nuit, de douleurs, de tristesse. Le poète crie maintenant sa douleur, sa détresse "... Sans plus de refuge au sein de soi  Contre le mortel frisson des vents..." Le poète nous livre sa fragilité, son désarroi, son angoisse, son impuissance, son incompréhension face à ses maux physiques et psychologiques  "Je marche à côté d'une joie  D'une joie qui n'est pas à moi  D'une joie à moi que je ne puis pas prendre...". Saint-Denys Garneau utilise ses poèmes pour exprimer ses angoisses et sa solitude ainsi que pour exorciser sa maladie. Une quête personnelle, spirituelle, existentielle... mais qu'il considèra comme un échec et voudra en effacer toute trace.

Son style est proche de la narration. Ses vers racontent, décrivent, expliquent sa pensée. On peut avoir l'impression qu'au-delà  de sa recherche intérieure, il s'adresse tout de même à nous. Ou alors, il se parle à lui-même, essayant de se faire comprendre ce regard qu'il porte sur lui et sur le monde. Ses vers se sont libérés des contraintes de la poésie classique - on dit qu'il ouvre la poésie québécoise à la modernité - et donc par sa poésie tentait de se libérer lui-même des contraintes de la société de l'époque.

Une pensée et une image sur le blog de Lali. Un poème sur Chatperlipopette,

Voir le premier article : Poèmes choisis de Saint-Denys-Garneau

Voir aussi: Cage d'oiseau (poème)

Quelques extraits:

"À part vingt-cinq fleurs qui ont brûlé pendant le jour le jardin est beau    À part vigt-cinq fleurs qui sont fanées et nous partons faire une promenade parfaite comme s'il ne manquait rien    Mais nous sentons bien  Malgré la fraîcheur du soir qui se dévoile et la parfaite légère cadence de nos pas    En nous se glisser le poids des fleurs mortes  Se glisser en nous    Vingt-cinq fleurs tombées dans un coin du jardin    Font chavirer en nous tout le jardin    Se rouler tout le jardin " (Extrait de "Ce qui était perdu") p. 81

Sources

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18 mars 2009

Poèmes choisis de Saint-Denys-Garneau

SDG1Poèmes choisis : précédés d'une chronologie, d'une bibliographie et de jugement citiques / Saint-Denys-Garneau. -- Montréal : Fides, Bibliothèque Canadienne-Française, 1970. -- 141 p. ; 17 cm. -- ISBN 0-7755-0369-X

L'auteur

Hector de Saint-Denys Garneau est né en 1912 à Montréal. Son père, Paul Garneau, est comptable. Son grand-père, Alfred Garneau, est poète ainsi que son arrière-grand-père, François Xavier Garneau. Sa mère, Hermine Prévost, est la descendante du général baron Juchereau de Saint-Denys. Il est le cousin, de l'auteur québécoise Anne Hébert. Il passe son enfance au manoir ancestral à Sainte-Catherine-de-Fossanbault. En 1920, le jeune Hector peint ses premières toiles.

SDG2

Il fera ses études classiques en philosophie et en belles lettres dans diverses écoles à Québec et à Montréal. Il fréquenta entre autres, le collège Bon-Pasteur à Québec, le Collège Jean-de-Brébeuf à Montréal et l'École des Beaux-Arts, également à Montréal. Il gagne quelques concours littéraires grâce à ses poèmes.

En 1928, on lui diagnostique une lésion au coeur -suite d'une fièvre rhumatismale. Il devra mettre un terme final à ses études, en 1934, à cause de son état de santé. Il retourne alors vivre avec ses parents au manoir.

Il continue cependant à peindre et à écrire. Il communique régulièrement avec ses amis et participe à diverses expositions. Il participe également à la fondation d'une revue artistique, La Relève. Il y publie de nombreux textes. Il publie également dans Les Idées, Le Canada et L'Action Nationale. Il entreprend aussi la rédaction d'un journal, de contes, récits et de poèmes.

Son état de santé le mène à un état de plus en plus dépressif et son entourage note son état dès 1935. En 1937, ses amis l'encouragent à publier ses poèmes. Ses parents financeront la publication de son recueil Regards et Jeux dans l'Espace. L'accueil de l'ouvrage par la critique et le public est mitigé et peu après la publication du recueil, Saint-Denys Garneau le retire du marché.

Dépressif et déçu, il part pour la France avec un ami, mais revient rapidement. Il devient de plus en plus solitaire et évite toute fréquentation. Il ne publie plus aucun texte mais poursuit l'écriture. Le 24 octobre 1943, Hector de Saint-Denys Garneau décède des suites d'un malaise cardiaque alors qu'il est parti en canot sur la rivière Saint-Jacques. Il a 31 ans. Après sa mort, on publiera son journal, des lettres et des poèmes inédits.

Commentaires personnels à suivre...

Voir aussi: Cage d'oiseau (poème)

Quelques extraits:

"Et jusqu'au sommeil perdu dont erre l'ombre autour de nous sans nous prendre     Estompe tout, ne laissant que ce point en moi lourd lourd lourd    Qui attend le réveil au matin pour se mettre tout à fait debout    Au milieu de moi détruit, desarçonné, désemparé, agonisant", p. 119

Sources

 

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15 mars 2009

Le moment captif d'un dimanche - Un soupir printanier

La fantaisie est un perpétuel printemps.   [Johann Friedrich von Schiller]A7

Petit village de la vallée de l'Ubaye couvert d'une fine trace de neige qui disparaît tranquillement et commence à permettre à la nature de renaître timidement.

Il fait encore froid dehors. Un froid délicat qui semble savoir qu'il quittera bientôt ses montagnes. Mais il lui reste encore quelques semaines. Et il s'amuse à geler le nez, les mains, les oreilles des promeneurs.

Dans la cuisine, le soleil réchauffe ce vase endimanché d'une branche fleurie. Branche dérobée lors d'une promenade sur un sentier de la Vallée. Les fleurs peinaient à trouver le soleil au milieu de la douce neige et du froid qui s'éternisent. Mais elles étaient prêtes à se battre pour annoncer le printemps qui arrivera dans quelques jours.

Aussi blanches que la neige qui enveloppait encore le sol, on aurait pu ne pas les voir. Mais le vent les agita et elles crièrent leur vie. Une main ne put s'empêcher de voler une branche remplie de cette vie printanière pour la poser dans sa maison. Sur la table, le printemps commence déjà.

Les fleurs du printemps sont les rêves de l'hiver racontés, le matin, à la table des anges.   [Khalil Gibran]

 

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12 mars 2009

Et pourtant, je le sais...

Oui, je le sais... mais je le fais encore trop souvent ! Habituellement, quand je lis un roman, si je peux, je lis la version originale, dans sa langue d'écriture. Évidemment, cela se limite au français, à l'anglais et à l'espagnol. Mais tout de même, si je lis un roman américain, je vais lire le livre en anglais... un roman québécois, en français et un un roman mexicain, en espagnol ! Mais il arrive trop souvent que je lise un roman anglais ou un roman espagnol dans sa traduction française.

Il arrive que je ne regarde tout simplement pas le nom de l'auteur... et j'ai donc lu La Sombra del Viento de Carlos Ruiz Zafón dans sa traduction anglaise "Shadow of the Wind"... J'aimais le titre et j'ai acheté sans même lire le quatrième de couverture et sans me rendre compte que c'était un roman espagnol. Il arrive parfois que j'achète des livres usagés et que je prenne la version française parce que la librarie n'a que des livres en français... donc j'achète en français... Bon, évidemment, je n'ai jamais acheté un roman écrit en français dans sa traduction anglaise... tout de même !

Mais comme je lis l'anglais et l'espagnol, j'essaie de toujours prendre la version originale... car comme le dis si bien Keltia dans son excellent billet "Les tue-la-lecture"... les traductions, c'est-à-dire les mauvaises traductions, sont souvent des irritants qui me tuent littéralement le roman !

Je lis présentement le Dahlia Noir de James Ellroy. Que j'ai acheté en français dans une librairie de livres usagers. Grave Sacrificeerreur !!! Et pourtant, je connaissais et l'auteur et le roman avant de l'acheter. Je savais que le roman était écrit en anglais, qu'il se basait sur un événement réel et qu'il se déroulait en Californie... Pourtant, j'avais envie de le lire, il était là sous mes yeux et je l'ai acheté... "Tue-la-lecture" a-t-elle dit ? Oh que oui !!!!

Est-ce qu'on s'entend pour dire que le langage familier aux États-Unis à la fin des années 40 ne comporte pas de "des Mexicains en costards nanars de zazous" dans son vocabulaire ? D'abord, en tant que québécoise (qui a cependant lu et regardé beaucoup d'oeuvres françaises), j'ai de la difficulté à replacer certaines des expressions utilisées, mais en plus, ce qui m'énerve c'est l'application d'idées typiquement françaises à un contexte américain. La mode "zazou" est un courant de mode de la FRANCE dans les années 40 - des jeunes qui s'habillaient avec des vêtements anglais ou américains... Donc, on me dit ici que les Mexicains s'habillaient comme des Français qui s'habillaient comme des anglais ou américains !!! Non mais !!!

Je comprends qu'on tente d'expliquer et d'adapter... mais ne peut-on pas simplement renvoyer à une note et laisser le texte original ? C'est comme quand on présente des élèves et des étudiants américains et qu'on parle de CE1 ou de Bac, ou je ne sais trop quoi, qui, premièrement, ne veut rien dire pour moi, et qui ensuite ne s'applique pas aux Etats-Unis... Ça m'irrite tellement...

Et ça veut dire quoi exactement : "acheter les flics avec des billets de vingt sacs"? Pfiff ! Et pourquoi avoir changer le panneau original Hollywoodland parTerres d'Hollywood en spécifiant que la scène se passe quand le R se fait enlever... Encore une fois une note en bas de page aurait suffit !

Enfin, les exemples sont nombreux et irritants ! Et je regrette amèrement de n'avoir pas acheté le roman en anglais... Cela aurait été sûrement plus réaliste et agréable à lire !!! Au début, cela a presque gâché complètement ma lecture... mais heureusement, j'ai réussi à passer par-dessus et a apprécié le roman... j'en reparlerai d'ailleurs bientôt !!! ;) Ceci n'était qu'un petit - pas mal long - billet pour me défouler un peu !!! Bien que je sache parfaitement que c'est entièrement de ma faute !!!

Lire la critique du roman sur ce blog, ici et ici.

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10 mars 2009

La secte des égoïstes de Schmitt - Suite

La secte des égoïstes / Éric-Emmanuel Schmitt. -- [Paris] : Albin Michel, 2007. -- 124 p. ; 18 cm. -- ISBN ego1978-2-253-14050-4. -- (Coll. Livre de poche; 14050)

Résumé

Un chercheur travaille à la bibliothèque Nationale. Il est fatigué et décide de prendre une pause de son long travail de recherche. Il décide en fait de lire n'importe quoi pour se changer les idées. Il choisit au hasard une fiche et demande le livre. Dans un Dictionnaire patriotique inconnu du chercheur et publié en 1798, il lit, encore au hasard, l'article sur l'égoïsme. C'est ainsi qu'il découvre Gaspard Languenhaert, fondateur d'une étrange Secte des Égoïstes et qui publia un ouvrage intitulé Essai d'une métaphysique nouvelle. Languenhaert soutien la thèse fantaisiste et égoïste que seul lui existe et que le monde n'est que son propre fantasme. Fasciné par Languenhaert et ses idées - qu'il partage - le chercheur laisse de côté ses propres travaux et entreprend de découvrir tout ce qu'il peut sur ce philosophe méconnu du 18e siècle. Ses recherches sont cependant difficiles et un mystère semble entouré Languenhaert et sa supposée Secte.

Commentaires personnels

La secte des égoïstes est publié en 1994; Eric-Emmanuel Schmitt laisse alors temporairement de côté l'univers du théâtre pour écrire son premier roman. Roman qui se veut une analyse pastiche des théories philisophiques des derniers siècles, Schmitt nous livre ici sa version des idées en vogues au 18e siècle. D'ailleurs, qui n'a pas déjà réfléchi à la réalité du monde... qui ne s'est pas déjà questionné sur le monde qu'il perçoit ? Le monde tel qu'on le perçoit est-il le même que pour les autres ? N'est-il pas uniquement une création de notre imaginaire ? Ou alors une simple projection de notre pensée ? Plusieurs ont eu ses pensées... certains ont écrits des thèses, des analyses, des textes philosophiques... sur le sujet. Schmitt nous a offert ce court roman.

Le roman nous permet de suivre les recherches du narrateur qui devient complètement obsédé avec ce philosophe inconnu, ses théories égoïstes et sa Secte mystérieuse. Il tente de trouver de l'information mais sa recherche est difficile. On semble avoir oublié - voire effacé - toute trace de ce Languenhaert. Mais chaque fois qu'il croit être devant une impasse, on lui donne mystérieusement une nouvelle piste. Petit à petit, au cours de ses recherches, il apprend qui était cet homme et comprend comment lui-même rejoint les pensées et théories du philosophe. Nous suivons pas à pas le narrateur et on lit ses pensées et ses doutes.

Le roman de Schmitt n'utilise pas une idée neuve. On a déjà utilisé le thème dans nombres d'ouvrages - scientifiques, philosophiques et de fiction. On peut certainement même dire qu'on y a tous sûrement déjà réfléchi !!! Le style de Schmitt est cependant très efficace et on suit le chercheur avec un certain intérêt. La lecture est rapide et intéressante. Cependant, je ne peux dire que j'ai véritablement aimé le roman. Ce qui m'a profondément attristé. J'aime beaucoup cet auteur. Et j'ai beaucoup aimé toutes les oeuvres que j'ai pu lire de Schmitt. Son premier roman m'a cependant déçu. (Et je suis bien heureuse que ce ne fut pas ma première lecture de l'auteur!)

L'idée me semblait intéressante - même si sur-utilisée - et je me disais que l'auteur la transformerait, se l'approprierait dans son style que j'aime tant, dans son écriture si percutante... Mais il ne la transforme aucunement. Et même si l'intrigue m'a intéressée et que j'ai suivi les recherches pour en apprendre plus sur le philosophe... les indices apparaissaient de façon improbable et prévisible. Je m'attendais à moins de lieux communs de la part de Schmitt. La fin surtout m'a semblé convenue et très très prévisible.

Je n'ai pas retrouvé le charme et la plume qui m'emballent habituellement à la lecture des oeuvres de cet auteur. Ce qui ne veut pas dire que le roman est inintéressant... c'est plutôt une question de déception personnelle. J'ai cependant beaucoup aimé sa description du chercheur, de la quête, des doutes et de la lassitude qui peuvent l'assaillir. Et j'ai bien aimé les doutes qui envahissent même le philosophe sur sa propre théorie égoïste, les scènes dans les salons du 18e siècle ainsi que le parallèle avec le prophète incompris. Enfin, ce n'est que ma perception de l'oeuvre et qui dit que raison ne rime pas avec folie, cela rime bien avec incompréhension ;) Et j'imagine probablement que je n'ai pas aimé ce petit roman tout philosophique !!!

L'avis de Nanne, Aelys, Benjamin et Owen.

Voir aussi le premier article: La secte des égoïstes de Schmitt.

Citations

"Ainsi un homme, un jour, dans l'histoire du monde, avait théorisé ce que j'éprouvais si souvent, ce sentiment qui m'avait gagné tout à l'heure... l'impression nauséeuse que les autres et les choses n'existaient pas... l'idée d'être la seule conscience vivante, perdue au milieu d'un univers de songes... ce doute, ce doute moite, cotonneux, envahissant, qui vide le réel de sa réalité..." p. 12

Sources


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09 mars 2009

J'ai perdu une chanson...

...ou l'art de me "scrapper" une chanson ! Je sais ce n'est point élégant comme formulation -ce pourquoi j'ai mis un plus joli titre - mais c'est ce que j'ai ressenti samedi dernier. Vous savez quand on aime une chanson... beaucoup... et que Portesoudainement quelqu'un nous fait remarquer une idiotie en rapport avec la chanson et qu'on ne peut ensuite que penser à cela ! Et tout le charme de la chanson s'enfuit irrémédiablement, à moins d'un très grand effort pour oublier l'idiotie... soupir...

Et bien, samedi, j'ai perdu une de mes chansons préférées, et j'ai comme l'impression que ça va prendre un temps avant que je la retrouve. Nous étions dans la voiture, mon PisTout, moi et un ami. Nous roulions joyeusement vers Sitges, histoire de voir la mer, le soleil, prendre un verre sur la promenade et flâner dans les petites rues. Alors que nous roulions dans les petites routes près de la côte en direction de notre destination finale, nous discutions tout en écoutant un vieux CD... une compilation de diverses "vieilles" chansons parmi mes préférées. La chanson "I Wanna Be Adore" de Stone Roses commence. Et j'aime beaucoup, beaucoup, beaucoup cette pièce. Et de mon ami - qui aime aussi la chanson - de s'exclamer en riant : "ah cool, ça fait longtemps que je n'ai pas entendu "je veux être une porte"!". Et paf... voilà ma chanson est perdue... je n'avais jamais réalisé ce jeu de mots ! Mais là, pendant toute la chanson, je ne pouvais que voir et entendre le jeu de mots... sans arrêt... snif, snif. Et je sais que ça va me prendre du temps avant d'en revenir !

Elle devra rejoindre ma liste de chansons perdues... perdues à cause de mauvais jeux de mots, à cause d'une mauvaise interprétation du texte, à cause du véritable sujet ou intentions de l'auteur, ou même à cause de l'artiste lui-même... soupirs... Parfois, j'arrive à les retrouver un jour, mais parfois, elles sont perdues à jamais ! Et j'avoue que cela me rend triste. Les chansons que j'aime m'accompagnent et font partie de moments de ma vie... les perdre c'est un peu comme perdre une petite partie de moi... j'exagère peut-être un peu, mais à peine !

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08 mars 2009

Le moment captif d'un dimanche - Le moulin dort

A8Il y a des jours précis. On sait exactement où on veut aller. On ne sait pas trop pourquoi on veut aller à cet endroit précis. À part le fait, qu'il est tout près de l'endroit où on se trouve présentement.

Une petite ville agréable. Une auberge accueillante. Un livre nous guidant. Et puis, cette page me disant que tout près, il avait ce moulin. Comment ne pas y aller ? Car enfin. Il est tout de même nommé Moulin de Daudet, même si son vrai nom est Moulin Ribet ou encore Moulin Saint-Pierre. Il est vieux. Mais quand même jeune. On l'a construit en 1814, et il a alors travaillé avec ardeur pendant une centaine d'années. Il n'était pas seul. D'autres moulins existent près de Fontvieille. Et ils travaillaient tous ensemble pour les habitants de la région. Il n'était pas le premier moulin de la région. Mais il fut le premier à faire taire ses ailes. Il arrêta de tourner en 1915. Il cessa alors de vivre. On ne lui donna plus de blé. Il ne travailla plus la farine. Il ne travailla plus.

On ne peut affirmer avec certitude qu'Alphonse Daudet a vraiment habité le moulin comme on dit parfois, pour s'y recueillir, pour y écrire. On dit même qu'il n'y a jamais mis les pieds. Mais il l'a vu. Il l'a regardé. Et il a habité la région, il a écouté les habitants, il a écrit... Ses Lettres de mon moulin sont célèbres. Tout près, il y a même un musée au nom de l'auteur. Et on visite alors le moulin en pensant à Daudet. J'ai fait de même. Je me suis rappelé les contes de l'auteur.

Il faisait un soleil étourdissant. Et il faisait très chaud. Il fallait monter. Parmi les herbes folles. Les fleurs ensauvagées qui nous chatouillaient les jambes. Il était là. Silencieux. Calme. Il ne bougeait pas. Il ne parlait pas. Une brise parcourait ses ailes sans même les faire frémir. Il  me dit que les lettres de Daudet avaient encore beaucoup à me dire. Je fermai les eux et j'écoutai. Et petit à petit le vent se leva et, sans même un seul mouvement, les ailes du moulin se mirent à tourner.

Il faut faire tourner le moulin lorsque le vent souffle.  [Proverbe français]

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05 mars 2009

La secte des égoïstes de Schmitt

ego1La secte des égoïstes / Éric-Emmanuel Schmitt. -- [Paris] : Albin Michel, 2007. -- 124 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-253-14050-4. -- (Coll. Livre de poche; 14050)

Quatrième de couverture

Et si la vie n'était qu'un songe ? et si les nuages, les oiseaux, la terre et les autres hommes n'étaient que visions de notre esprit ?  A Paris, dans une salle du sous-sol de la Bibliothèque nationale, un chercheur découvre par hasard l'existence d'un excentrique, Gaspard Languenhaert, qui soutint cette philosophie « égoïste » dans les salons du xviiie siècle. Intrigué, il abandonne ses travaux et part à la recherche de ce penseur singulier. Mystérieusement, toutes les pistes tournent court. Conspiration ? Malédiction ? Sur les traces de Languenhaert et de ses disciples, de Paris à Amsterdam, c'est peut-être et surtout au fond de lui-même que notre chercheur enquête, emportant avec lui le lecteur dans des vertiges hallucinants.

L'auteur

Éric-Emmanuel Schmitt est né à Sainte-Foy-lès-Lyon en France le 28 mars 1960. Son père et sa mère sont tout deux professeurs d’éducation physique. Il est, de ses propres aveux, un adolescent rebelle et même un peu violent. Il se découvre cependant une passion pour le théâtre et commence à écrire vers cette époque.

Il passe ses classes préparatoires littéraires au Lycée du Parc puis entre à l'École normale supérieure. Il termine son diplôme en philosophie en 1985. Il enseigne pendant quelques mois à Saint-Cyr alors qu'il fait son service militaire. Il enseignera ensuite quelques années à Cherbourg puis à l'Université de Chambéry.

Il continue d'écrire - il parle parfois de voyages mythiques qui ont orienté son écriture - et il publie dans les années 1990, des ego2pièces de théâtre qui connaissent beaucoup de succès, sont joué à travers le monde et remportent de nombreux prix. Il écrira ensuite plusieurs romans et il touchera même au monde de l'opéra.

Depuis 2002, il vit à Bruxelles et a obtenu sa naturalisation belge en 2008. Il a donc aujourd'hui une double nationalité.

Bibliographie (partielle)

  • La nuit de Valognes (1991)
  • Le visiteur (1993)
  • La secte des égoïstes (1994)
  • Golden Joe (1995)
  • Variations énigmatiques (1996)
  • L'École du diable (1996)
  • Diderot ou la philosophie de la séduction (1997)
  • Le libertin (1997)
  • Milarepa (1997) (Le Cycle de l'Invisible)
  • Frederick ou le boulevard du crime (1998)
  • Le Bâillon (1999)
  • Hôtel des deux mondes (1999)
  • L'Evangile selon Pilate (2000)
  • Mille et un jours (2000)
  • La part de l'autre (2001)
  • Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2001) (Le Cycle de l'Invisible)
  • Oscar et la dame rose (2002) (Le Cycle de l'Invisible)
  • Lorsque j'étais une œuvre d'art (2002)
  • Guignol aux pieds des Alpes (2002)
  • Petits crimes conjugaux (2003)
  • L'Enfant de Noé (2004) (Le Cycle de l'Invisible)
  • Mes Evangiles - La Nuit des oliviers (2004)
  • Mes Evangiles - L'Evangile selon Pilate (2004)
  • Ma vie avec Mozart (2005)
  • Odette Toulemonde       et autres histoires (2006)
  • La Rêveuse d'Ostende (2007)
  • Ulysse from Bagdad (2008)
  • La Tectonique des sentiments (2008)
  • Le Bossu (2008)

Résumé et commentaires personnels à suivre...

Citations

"Paris m'était devenu insupportable: tout y clamait ma débâcle. La Bibliothèque nationale n'était plus qu'un grand corps vide, où chaque rayonnage me narguait de son silence, et mon appartement devenait la poubelle de mes jours." p. 53

Sources

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04 mars 2009

Quelques mots...

"Le vrai est trop simple, il faut y arriver toujours par le compliqué."

George Sand

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01 mars 2009

Le moment captif d'un dimanche - Le garde oublié

A6Les secrets ne sont bien cachés que s'ils ont un seul gardien.   [Abu Shakour]


Le voyez-vous, parmi les branchailles et les feuilles ? Les couleurs de son habillement se mélangeant avec les couleurs tapissant le sol, on peut ne pas le remarquer.


Et pourtant il est là. Il garde le jardin. Comme ses ancêtres depuis des millénaires. Il se rappelle ses ancêtres. Les faunes, les sylvains qui gardaient fièrement les territoires des Grecs et des Romains qui leur en faisaient humblement la demande. On leur élevait des autels et ils protégeaient le sol et veillaient à la santé du jardin. Ils étaient les gardiens de la terre et de ses secrets. On les honorait, on les remerciait, on avait besoin de leur protection.


Il se rappelle ses ancêtres germaniques, scandinaves, turques... puis leur longue migrations dans les jardins anglais et français... Son histoire est ancienne et noble et il est fier de ses racines !


Mais aujourd'hui, il se sent triste. Il continue de garder mais on l'a oublié. On ne le voit pas vraiment. On oublie de le remercier pour son travail. On rit parfois de lui, on l'enlève même parfois croyant qu'il n'a pas de raison d'être dans ces jardins. Et pourtant, il sourit et continue de garder.


Il sait qu'il doit protéger le sol. Il est responsable de la vie et des secrets de son jardin et il ne faillira pas à sa tâche. Il sait qu'il détient le secret de la vie, le secret de l'imaginaire... Et il garde les secrets, il garde le sol, et il garde sa tristesse pour lui. Il sait qu'il existe des gens qui honorent encore leurs protecteurs. Et peut-être qu'un jour, on pensera à lui faire un sourire et à le remercier... Peut-être.


Chacun de nous n'est-il pas le gardien vigilant de sa propre tristesse ?  [Andrée Maillet]


Note: Si les nains de jardins intéressent ;) : une étude et une passion. Ainsi que des kidnappeurs.

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