05 mars 2008

Dois-je abandonner ou continuer ?

J'aime bien les romans policiers. J'aime me perdre dans une intrigue, j'aime parcourir les pages rapidement ne pouvant m'arrêter de lire. J'aime qu'en plein milieu de la journée, je me demande soudain qu'est-ce qui va arriver ensuite et ronger mon frein en attendant le moment où je pourrai reprendre mon livre et lire, lire, lire. Ce sont des moments qui me permettent de décrocher, relaxer et me perdre dans les mots. Beaucoup d'autres types de livres me permettent de me perdre dans leurs mots, mais pas de la même façon que le roman policier...

Et donc régulièrement, parfois à des moments bien choisis, je m'engloutis dans la lecture d'une intrigue. Parmis les romansPat policiers que je choisis, il y a parfois certains auteurs qui reviennent dans mes choix, Kathy Reichs, Minette Walters, Agatha Christie, Patricia Cornwell, et autres... Quand ces auteurs sont contemporains, je me procure toujours leur dernier ouvrage. Et donc, quand j'ai découvert Patricia Cornwell avec Postmortem, je me suis empressée d'acheter les autres romans qu'elle avait publié ensuite. J'ai lu les suivants rapidement avec empressement et heureuse de mes lectures. Comme plusieurs auteurs, un personnage se distingue de ses romans, Kay Scarpetta, et j'aimais particulièrement les romans mettant en vedette ce personnage. Kathy Reichs a aussi son personnage principal Tempe Brennan. D'un roman au suivant, le personnage revient ainsi que les personnages secondaires. Certaines relations évoluent, certaines informations s'ajoutent. On apprend à mieux connaître le personnage.

Mais les derniers romans de Patricia Cornwell m'ont semblé moins prenants. Et puis, le personnage central et les personnages secondaires me semblent prendre trop de place. Alors qu'habituellement dans ce genre de série, même si le personnage central récurrent est important, c'est néanmoins l'intrigue qui est importante. On peut lire le 3e ou 5e roman utilisant ce personnage et très bien suivre l'histoire. Mais petit à petit, il me semble que ce n'est plus le cas avec les romans de Cornwell et Scarpetta. Certains vont apprécier ces développement de personnages, mais je ne suis pas certaine...

Toujours est-il que malgré un refroidissement, j'achète toujours les romans de Patricia Cornwell. Dernièrement, j'ai acheté Predator. Je me le réservais pour un moment "spécial". Donc, quand j'ai commencé la lecture, je me suis bien installée prête à disparaître dans ce nouveau roman policier de Cornwell. Quelques dizaines de pages plus tard. Je décide de faire autre chose. Chaque soir, je reprends mon livre. Cela fait plusieurs jours - bon quelques semaines - que j'ai commencé Predator, et je n'ai que le quart de lu... sur quelques 400 pages. J'aurais dû terminer depuis longtemps. Je n'arrive pas à accrocher mais je n'arrive pas à le mettre de côté. J'ai véritablement de la difficulté avec les personnages. Trop d'informations, trop de références à des événements  qui ont eu lieu dans d'autres romans. Impliquant qu'il faut avoir lu les livres précédants pour bien comprendre. Si je voulais lire une série, je lirais une série... pas besoin de lire tous les livres d'Agatha Christie pour lire un roman avec Hercule Poirot.

Et où est la cuisine de Scarpetta ? Pas encore une trace... Et trop de Lucy... on s'en fout de Lucy... et c'est quoi ces états d'âme de Marino ? et c'est quoi l'intrigue au juste ? de petites pistes... ça tarde à se dessiner un peu, trop de "méchants"... et quand parlera-t-on un peu de médecine légiste ?  Bon... enfin... je ne suis pas prête à abandonner encore.  Retournons aux pages du livres...

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03 mars 2008

Encore du vent

vent1Non mais... faut-il qu'il vente toujours autant au mois de mars ?J'aime le vent. J'ai toujours aimé le vent. Mais évidemment, je ne suis pas naïve... le vent peut faire de graves et horribles dommages. Et de petits dommages... sur ma terrasse... mais cette année, j'ai prévu le coup... rien encore dans mes bacs à fleurs. Aucune tige ne peut plier et mourir. Mais le laurier et l'oranger plient dangereusement et je ne sais que faire. Les cactus tiennent le coup, enfin s'ils peuvent survivre aux chaises qui leur tombent dessus... Je m'ennuie des fleurs de cerisiers et des mimosas photographiés, il y a quelques semaines...

Le vent s'infiltre dans les cadres de portes et fenêtres... il fait froid dans l'appartement... Des bruits effrayants se font entendre sur la terrasse au-dessus de mon appartement. Il y a eu une grosse tempête il y a quelques jours... une certaine Emma, mais qui n'a pas touché l'Espagne... peut-être des "restants"... mais séquelles ou non, en mars, il vente toujours beaucoup à Barcelone.

Quand j'étais petite, le vent me réconfortait. Surtout la nuit. J'étais une enfant craintive et peureuse... de la nuit. Le moindre craquement, la moindre ombre - que je voyais trop souvent - me faisaient peur. Et donc, quand le vent soufflait fort, provoquant d'innombrables bruits, cela me tranquilisait. Ce bruit étrange ? Sûrement le vent.

Et j'ai toujours aimé voir le vent... les branches ondulées, les feuilles, les fleurs, les papiers se promener sur les sols.

Mais... encore une fois, je le répète... trop fort, trop bruyant... chuuuttt...

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29 février 2008

Quelques mots...

L'imagination est plus importante que le savoir.  

[Albert Einstein]

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27 février 2008

Le Libraire

Critique de lecture

Le Libraire /  Régis De Sá Moreira. – [Paris] : Éd. Au diable vauvert, 2006. – 189 p. ; 18 cm. – Coll. Livre deLe_Libr poche : 30619. – ISBN 2-253-11371-9

Quatrième de couverture :

- Vous l'avez lu ?
- Oui, dit le libraire.
- Moi aussi, répondit le jeune homme.

Le libraire lui sourit. Le jeune homme prit confiance :

- Mais je l'ai offert à quelqu'un... à qui je n'aurais pas dû l'offrir.
- C'est difficile d'être sûr de ces choses-là, répondit le libraire.
- Oui, dit le jeune homme.
- Ne désespérez pas, dit encore le libraire. Certains livres sont à retardement...

L’auteur :

Régis de Sá Moreira est né en 1973. Son père est brésilien et sa mère est originaire de France. Il publia son premier roman, Pas de temps à perdre, en 2000. Ce premier roman fut vendu reçut le prix Le Livre élu (Prix des jeunes lecteurs des Hauts-de-Seine) et se vendit à plus de 3700 exemplaires.

Bibliographie :

  • Pas de temps à perdre (2000)
  • Zéro tués (2002)
  • Le Libraire (2004)

Commentaires :

Il arrive qu’une critique détaillée ne me semble pas nécessaire. Ou alors, disons tout simplement que je n’ai pas envie de décortiquer le texte. Le Libraire raconte l’histoire d’un homme, un libraire, qui vit dans sa librairie. Il y reste jour et nuit, au cas où un client viendrait… il ne voudrait pas qu’il se bute à une porte fermée. Le libraire est un homme solitaire, parfois heureux, parfois triste, mais surtout passionné par ses livres. Il a une famille qu’il ne voit jamais mais à qui il envoie des pages de livres. Il avait des amis, mais il n’en a plus. Et il y a les clients, parfois réels, parfois imaginaires. Parfois, il aide ses clients, parfois, il les fuit et même se cache. Parfois, il leur donne de fausses informations, et parfois il refuse de leur répondre. Mais il y a certains clients auxquels il consacre son temps, avec plaisir. Il sélectionne les gens avec qui il va partager sa librairie. Il boit des tisanes après avoir servi un client ou se cache derrière son bureau quand il ne veut pas voir un client.

Le roman est court, l’écriture poétique, onirique… assez singulière. L’auteur joue avec les mots, les sons, les répétitions, la musicalité des phrases. Des petites scènes, des instants, des rencontres… Ce roman est plutôt un conte ou encore une fable – même si ce n’est pas la même chose… On sent que certains passages ne sont qu’un exercice de poésie, de style… qu’un jeu avec les sons et les mots. Peu de descriptions, beaucoup de non-dits, il faut parfois remplir les blancs… on s’imagine alors ce que l’auteur voulait dire ou encore ce qu’on aimerait qu’il ait dit. On peut noter ici et là certaines allusions, certaines allégories sur la mort, Dieu, l’amour, la vieillesse, la solitude, la littérature… le questionnement que nous avons tous sur la vie…

Les livres ont une place centrale dans le roman et dans la vie du libraire. La librairie est un reflet des lectures du libraire et des conseils qu’il fait à ses clients. Il est le passage entre le livre et la lecture. Il semble que l’auteur ait rassemblé dans son livre ses expériences de librairie, de lecteurs… de bouquineurs. Roman sans véritable histoire, il est surtout composé de moments, de livres… et de soupirs.

C’est une librairie impossible qu’on voudrait pouvoir trouver un jour, au détour d’un coin de rue. Entrer dans cette librairie remplie de livres sans classement. Errer dans les rayons à la recherche du livre qui nous bouleversera, et peut-être échanger quelque mots sans sens et irrationnels avec un libraire étrange.

Certains peuvent se lasser du style de l’auteur… mais le roman est si court que je vois mal comment on peut se fatiguer des répétitions et étrangetés du libraire.

J’ai lu le livre rapidement… et voyant les pages défilées, j’ai voulu ralentir pour ne pas finir trop rapidement… mais les poudoupoudoupoudou demandent une lecture rapide et rythmée. Et j’ai voulu le relire… facile, il est si court… et j’ai encore aimé. Et il m’a ensuite rappelé d’autres lectures… et des visites à des librairies…

J’ai beaucoup aimé le libraire – Le Libraire – même si lorsque j’ai refermé le livre, j’étais mélancolique et triste.

L’avis de Lilly

Citations :

« En redescendant son escalier, une tasse de tisane à la main, le libraire aperçut la question.
Elle venait de se faufiler sous la porte sans déclencher le poudoupoudoupoudou et elle cherchait le libraire dans la librairie. La question entrait de temps en temps et toujours sans prévenir. »
p. 63

« Et sa préférée parmi toutes : « Il y a beaucoup de choses intéressantes à apprendre sur les icebergs. » Il y avait quelque chose dans cette phrase. Un pouvoir magique qui marchait à tous les coups. Le libraire avait d’abord pensé qu’il était le seul à y être sensible, qu’elle réveillait peut-être en lui un rapport particlulier qu’il entretenait avec les icebergs, mais il l’avait essayée dans plusieurs situations et il avait découvert que les clients aussi y réagissaient, même si les réactions étaient chaque fois différentes, ainsi qu’étaient différents les clients. » p. 94

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25 février 2008

La cité du Soleil: 2. L'oeuvre

La cité du soleil / Tommaso Campanella ; trad. de l'italien par Arnaud Tripet ; notes et postface de Jérôme Vérain. -Campanella Paris : Éd. Mille et une nuits, 2000. - 92 p. ; 15 cm. - (La petite collection, 261). ISBN 2-84205-450-4

Titre orginal : La città del Sole

L’œuvre :

Pour mieux comprendre l’œuvre de Campanella il faut connaître la vie remplie de souffrances et d'injustices qu'a subies l'auteur. Ce besoin de justice sociale se retrouve dans l’œuvre utopique La Cité du Soleil.

Città del Sole fut écrit en italien en 1602 dans une Naples Espagnole en pleine Contre‑réforme, alors que Campanella est en prison. Cette version ne sera publiée qu’au XXe siècle. Une deuxième version du texte fut rédigée en latin sous le titre Civitas solis en 1613 et est éditée en Allemagne en 1623. Le texte rencontra un large public mais fut immédiatement saisi sur ordre de l'Inquisition. La Cité du Soleil est une description d'une société politique, d'une république philosophique idéal. Une société, une organisation communiste que l'auteur croyait pouvoir réaliser. L'auteur ne cache pas ses influences de La République de Platon et d'Utopie de Thomas More, mais il apporte à son utopie ses propres théories.

Le texte fut d’abord rédigé en un italien vulgaire, vivant et populaire, dans lequel on retrouve de nombreux termes dialectaux. Malgré une apparence de simplicité, le style est étudié et élaboré pour donner une impression de spontanéité. Ce qui sert à donner une crédibilité au texte, un sentiment d'immédiat. Le récit est bref et décrit des choses concrètes et quotidiennes de la vie des gens de la Cité. Il se présente sous forme de dialogues entre un Hospitalier et un marin génois. On remarque deux parties sous-entendues: dans la première un marin génois raconte sa visite à la Cité du Soleil, ville inconnue et merveilleuse à un hospitalier - qui n'a pour rôle que d'écouter et poser les bonnes questions aux endroits appropriés -; la deuxième partie reprend un après l'autre tous les concepts théoriques mentionnés auparavant.

Le narrateur fait une description détaillée des mœurs, des habitudes de vie d'un peuple vivant selon un ordre social nouveau.

Il donne pour origine à ce peuple, l'Inde dont il aurait fui la tyrannie. Il leur attribue une langue particulière et, grâce à leur façon de vivre, une espérance de vie de deux cent ans. C'est une société parfaite qui détient sa puissance dans l'importance qu'elle accorde à la connaissance ; les enfants sont d’ailleurs éduqués dès leur plus tendre enfance. Elle se caractérise également par son système communautaire. On note une absence totale de propriété individuelle - chaque citoyen doit changer tous les six mois de domiciles - pour le profit de la communauté. Tout est décrit en détail: la vie quotidienne (l'habillement, le travail, les loisirs, la nourriture, etc.), l'apparence physique des citoyens, la vie sexuelle (l'accouplement, la famille), la vie religieuse, la vie guerrièr

Le texte commence par une description géographique de la cité. Celle-ci est située dans une plaine de Taprobane (près de Sumatra). C'est une ville inconnue et unique. Elle est située sur une île inconnue. Elle est circulaire, composée de sept murailles concentriques se rapprochant d'un temple rond situé au milieu sur une colline et qui est le cœur de la cité. Ce temple possède une coupole représentant le ciel ainsi qu’un autel avec deux cartes du monde. Tout y est grandiose, énorme et somptueux. Les sept murailles, portant le nom des sept planètes, servent à protéger la ville contre les attaques et sont aussi destinées à enseigner toute la connaissance des Solariens. Gravé et dessiné sur les murs, on retrouve tout le savoir: figures mathématiques, arbres, plantes, animaux, métiers, machines, lois, arts, alphabet etc. C'est une connaissance universelle de tout et même de ce que nous ne connaissons pas encore. Ils sont plus savants que n'importe quels autres peuples. Sur les murs, on retrouve également les noms d'hommes qui se sont distingués par leur valeur. On remarque des Solariens mais également Moïse, Osiris, Pythagore, Mahomet et Jésus.

Si les Solariens se distinguent par leur besoin de connaissance, ils se caractérisent également par leur désir de s'instruire sur tous les autres peuples.

Le narrateur s'attardera longuement au régime politique de la Cité dirigé par un chef suprême détenant le pouvoir temporel et spirituel, Hoh ou Métaphysicien, celui-ci a le plus haut niveau de connaissance. Il est assisté par trois gouvernements: Puissance, Sagesse et Amour. Amour (Mor) s'occupe de la génération de la vie sexuelle et de l'épuration de la race ; Puissance (Pon), de l'armée, la guerre et la défense. Quant à Sagesse (Sin), il détient le pouvoir sur l'art, les métiers et la science. Ce dernier est assisté de fonctionnaires: Médecin, Mathématicien, etc. La société est également dirigée par des magistrats qui représentent les vertus: Magnanimité, Courage, Chasteté, Justice, Activité,  etc.

On remarque cette particularité des noms des Solariens qui s'étend au peuple: Beau, Cordial, Bonne... Les noms signifiant un trait de personnalité.

Le narrateur décrira ensuite en détail tout ce qui entoure la vie des Solariens: la monnaie qu'ils utilisent dans leurs échanges commerciaux avec d'autres peuples; comment ils accueillent les visiteurs, leur système judiciaire, leurs croyances religieuses et leurs rites. C'est un peuple idéal, qui ne connaît pas le crime, la maladie, la vanité, la jalousie. Tout est exécuté en fonction du bien de l'état.

La fin du texte deviendra par la suite un peu confuse et prétexte à l'exposition de diverses théories de Campanella. On y retrouve un amalgame de thèse sur l'origine de l'univers, la philosophie, l'immortalité de l'âme, la trinité... Il fait ensuite une apologie de la chrétienté, une énumération d'inventions. Il jette ensuite, pèle‑mêle sa théorie sur la vertu des nombres, le rôle de la femme. Il fait quelques prédictions - notamment sur la christianisation du Nouveau Monde.

Campanella, dans sa cité utopique voulait une société juste. Il avait vécu toute sa vie dans l'injustice et l'incompréhension de sa société face à son désir de connaissance. Il créa donc une ville où il pourrait vivre libre de savoir et de penser comme il voulait.

La Cité du Soleil est une République universel inspirée de l'église catholique. C'est une société qui vit en communauté totale de biens et de femmes. Il élimine dans sa Cité toute forme de propriété. Tous ont le même habillement etc. Les fonctions et les services sont distribués de façon égale entre tous. Tout est en commun, aucune propriété individuelle: magasin d'état, réfectoire où chacun à la même portion de nourriture. Les magistrats sont cependant responsables de la juste répartition des biens. La répartition est faite selon les mérites de chacun. Personne ne doit manquer de ce dont il a besoin.

Les qualités principales de tout bon citoyen de la Cité sont le dévouement, la solidarité et la fraternité. Il n'y a donc aucune convoitise, jalousie, envie entre les Solariens. Autre caractéristique des Solariens : l'importance qu'ils accordent à la connaissance. La journée de travail est de quatre heures pour permettre aux citoyens d'étudier, discuter, lire... C'est une connaissance de tout qu'ils préconisent. Celui qui connaît le plus de métier est valorisé. L'activité physique est également important

Campanella laisse entrevoir dans son texte son intérêt pour l'astrologie, la science et Dieu. Tout est réglé par les astres; la science est mise de l'avant; la religion est essentiellement catholique. La science et la religion ne sont pas toujours clairement distinguées l’une de l’autre.

Dans sa cité nouvelle, Campanella reforme une religion catholique ou le Soleil est adoré comme représentant Dieu. C'est une religion monothéisme où sont présent Jésus, le Christ, la Trinité, mais où est également présent le sacrifice humain volontaire mais non mortel. La ville est dirigée par des magistrats qui font office de prêtres. C'est un catholicisme nouveau.

Campanella décrit aussi avec beaucoup de détails une société où la famille est abolie, où les relations sexuelles sont réglées et où il y a une certaine licence surprenante. L'amour n'est pas tout à fait proscrit, le couple ne peut cependant s'unir, sauf si la femme est stérile ou déjà enceinte. La femme est ici encore valorisée selon sa capacité à continuer la génération. Il existe encore dans la société idéale des différences entre les deux sexes. Il y a séparation des tâches, de certaine activité. Les hommes travaillent le bois, les femmes tissent!

Ce peuple paisible accorde cependant beaucoup d'importance à la force guerrière. Isolés sur une île, ils n’en sont cependant pas les seuls occupants. Un peuple si heureux et parfait suscite nécessairement des jalousies parmi les autres contrées. Ils doivent être bien formés et capables de se défendre. Les Solariens n'ont aucune défaite et ont conquis de nombreuses contrées. Élément particulier du texte du moine dominicain est cette domination extérieure des Solariens. Ils ont répandu leur société idéale, leurs lois à d'autres peuples. C'est cependant un peuple bon pour ces ennemis:

"... la guerre n'a pas pour but de les exterminer,
mais bien de les rendre meilleurs." (p.81) 

Ils s'instruisent de leurs mœurs, leur gouvernement, leurs lois, leur histoire, ils observent le bon et le mauvais. Car les Solariens sont toujours ouvert au perfectionnement. Il faut souligner que la guerre avec les peuples qui les attaquent est en un sens nécessaire à la Cité. La menace qu’elle constitue permet la cohésion de la société.

Ce peuple de La Cité du Soleil, est presque parfait. Il existe cependant des lois – même s’il y en a très peu - et une justice pour les quelques crimes présents. Il n’y a cependant pas de besoin pour une prison. La justice et la solidarité sont telles que le suicide est souvent commis pour sauvegarder l'intégrité de la Cité.

Ce texte de Campanella se trouve à la croisée de la pensée du Moyen-Âge qui attendait une Jérusalem céleste et théocentrique et de la pensée de la Renaissance. A la renaissance on trouve un mélange de Christianisme venant de Platon et de superstition astrologique. La Cité du Soleil renferme ces deux types de pensée. Elle est une utopie typique: c'est une incarnation de l'idéal traduit par une cité et où régit une religion universelle mené par la raison.

La Cité de Campanella est idéale, exempte d'injustice, de jalousie, d'avarice, de propriété, de maladie, de difformité, d'imperfection. Une société exemplaire où le savoir et la communauté sont mises en première place. Bien des siècles plus tard, des socialistes tels que Bernard Russel reprendront certaines théories de La Cité du Soleil de Campanella. C'est un texte du XVIIe siècle, mais qui véhicule des idéaux communistes intemporels.

Texte utopique par excellence mais qui possède ses particularités. Texte, où se mélangent théorie philosophique, prédiction et inventions qui se sont réalisées dans le futur. Utopies réalisées. Campanella a imaginé une société parfaite qui a fait rêver plusieurs idéalistes, pour sa part il était certain d'en voir la réalisation dans un futur proche.

Sources à consulter :

Voir le premier article: La Cité du Soleil: 1. L'auteur

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24 février 2008

La cité du Soleil: 1. L'auteur

La cité du soleil / Tommaso Campanella ; trad. de l'italien par Arnaud Tripet ; notes et postface de Jérôme Vérain. - Paris : Éd. Mille et une nuits, 2000. - 92 p. ; 15 cm. - (La petite collection, 261). ISBN 2-84205-450-4

Titre orginal : La città del Sole

Bien que le terme d'utopie vient de Thomas Morus qui écrivit en 1518 son texte Utopia, sive de optimo republica statu, la notion quant à elle existait depuis déjà plusieurs siècles. Depuis toujours, écrivains et philosophes décrivent des pays et des villes imaginaires ayant des systèmes gouvernementaux idéaux et qui diffèrent de ceux connus dans le monde réel. Si les noms de Platon, Moore, Bacon viennent facilement à l'esprit lorsque l'on parle d'utopie, on oublie souvent celui de Campanella. Il est pourtant un célèbre auteur de la Renaissance. La Cité du Soleil est en fait une utopie remarquable.

L’auteur :

campanella_MDTommaso Campanella (Giovanni Domenico Campanella) est né à Stilo en Calabre, le 5 septembre 1568 dans une famille pauvre. Dès son enfance, il fut considéré comme un enfant prodige, ayant une passion pour les arts et les sciences. À l'âge de 14-15 ans il entre au couvent des Dominicains à Cosenza en Calabre –c’est à ce moment qu’il prend le nom de Tommaso. Sa volonté d'apprendre et de tout savoir ne le quitte pas: il s'intéresse à la médecine, à l'astronomie, la théologie, la magie. Il mélange volontiers la science et la superstition.

Il se lasse cependant très vite de l'enseignement traditionnel pour se diriger vers une pensée philosophique libre. Il lit le philosophe Telesio qui dirige sa pensé contre Aristote et vers une nouvelle conception des sciences et de la réalité basée sur l'observation. Il écrivit alors son premier ouvrage Philosophia sensibus demonstrata qui se veut une critique d’Aristote ainsi qu’une défense de Telesio et de la philosophie démontrée par une observation de la nature et non plus apprise abstraitement dans les livres. À Naples, en 1589, il rencontra Giambatissta della Porta qui l’introduira à l’astrologie et la magie. Petit à petit, Campanella s’éloigne de la pensée dominicaine.

Son texte, Philosophia sensibus demonstrata, ne passera cependant pas inaperçu et en 1591 il est emprisonné et accusé d'être inspiré par un démon. Il fut cependant acquitté l'année suivante, sous condition de regagner la Calabre qu'il avait quittée en 1589. Il s'y refuse et part à travers le pays. Il sera alors victime de plusieurs accusations. Il parcourt diverses villes, écrit, ne cesse jamais de défendre ses théories philosophiques et de se battre contre les idées reçues et les préjugés. Après dix ans d'absence, il est de nouveau arrêté et retourne cette fois-ci dans son pays.

C'est alors que survient le drame capital de sa vie. Loin de se renfermer dans le silence, il organise une conjuration pour arracher la Calabre au joug de l'Espagne. Ce sont une révolte politique et une refonte sociale totale qu'il désire voir se réaliser. Son projet de liberté et de république communautaire réussi à gagner de nombreux adhérents. Il sera quand même trahi et capturé en 1599. Il est accusé de conjuration, de lèse-majesté et d'hérésie. Après de longues et atroces tortures, il est reconnu fou, ce qui le sauve de la peine de mort. Il restera en prison pendant 27 ans.

Pendant ces années de détention, il écrit plusieurs ouvrages philosophiques et utopiques que des amis réussissent à faire publier à l'extérieur. Malgré son emprisonnement, il est célèbre à travers l'Europe et ses idées des philosophies naturelles et d’astrologie sont connus de tous.

En 1626, il est libéré provisoirement. A peine un mois plus tard il est de nouveau jugé pour les mêmes raisons, mais cette fois devant un tribunal ecclésiastique. Il est définitivement libéré deux ans plus tard grâce à l'intervention du Pape Urbain VIII. Il a maintenant soixante ans, mais il refuse de se calmer et de se reposer. Enfin libre, il continue à écrire de nombreuses œuvres qui pour la plupart se perdront définitivement. Il continu à militer dans divers projets politiques et philosophiques. Il suscite de nombreuses jalousies, surtout de la part des Jésuites. Il devra fuir en France, où finalement il pourrait jouir d'une liberté sans problèmes. Il devient plus tôt, à l'âge de soixante-dix ans, le conseiller de Richelieu.

Toute sa vie, il continue à se défendre contre ses ennemis. Il se bat contre les censeurs, défend ses thèses et ses idées politiques et religieuses, cherche à réformer les sciences – en suivant à la fois la Nature et les Écritures Saintes ainsi que les nouvelles découvertes géographiques et astronomiques. Il meurt en 1639, soit à l'âge de soixante et onze ans, à St Honoré à Paris en France. Il n'aura jamais cessé d'espérer une paix entre les peuples et une justice sociale.

Il écrivit de nombreux ouvrages poétiques d'une grande beauté – la plupart alors qu’il est captif - des œuvres philosophiques et même une tragédie sur la mort de Marie Stuart. Son œuvre philosophique – parfois considérée comme révolutionnaire - se caractérise par sa critique d'Aristote et par son parti pris pour une méthode naturelle et expérimental. Plusieurs écrits sont aujourd’hui introuvables ou incomplets. Parmi les ouvrages connus, on retrouve: La Monarchie d'Espagne, Athéisme Vaincu, Monarchie du Christ, Astronomie, Métaphysique, Antivénitiens, Le Sens des choses, Aphorismes politiques et bien sûr La Cité du Soleil.

Sources à consulter :

Comentaire sur l'oeuvre à suivre

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22 février 2008

Jalousie

J'ai un ordinateur portable nommé Fujitsuuuu. Ce gentil ordinateur fut acheté à Montréal juste avant mon départ pour Barcelone. Né en décembre 2003, il traversa l'océan pour m'accompagner dans ma vie barcelonnaise. Quelques petits accrochages au début mais avouons que c'était plus la faute de l'électricité fluctuante de l'appartement...

Et donc pendant 4 ans, mon Fujit m'accompagna dans mon travail et dans mes loisirs. Il voyagea beaucoup... et tous les matinsClavier il était au rendez-vous. L'été, il surchauffait un peu... s'arrêtant abrutement en plein milieu d'une réunion en-ligne. Et les lettres sur le clavier avaient presque toutes disparues... Il était très lourd à porter. Et puis, évidemment, la connexion n'était pas la bonne et je devais le brancher sur un transformateur... Et récemment, les clients chez lesquels je l'amenais semblait le trouver bien vieux. Et puis, je sentais qu'il se faisait vieux. Oh... encore en forme mais il semblait toujours soufflé si fort.

Et donc, il y a quelques semaines, j'ai décidé qu'il était temps de trouver un nouveau compagnon informatique. Et Samsuuuung entra chez moi. Nouvel ordinateur bien espagnol... Mais le temps manquant pour plein de bonnes raisons, le transfert des données et l'installation des programmes ne se firent pas immédiatement... petit à petit... Et donc, je travaillais tranquillement sur mon bon vieux Fujit en attendant de terminer de la préparation de Samy. Mais je crois que Fujit sentait bien qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. Et il planta un soir sans raison. Il revient immédiatement, mais je crois qu'il devint de plus en plus jaloux.

Et puis, lundi... il se fâcha... et pouf... il s'arrêta. Et ne voulut plus revenir... Pendant un très long temps, il ne voulut plus me voir. Me laissant sans données, sans presque aucun programme... panique et gricements de dents... Et puis, Fujjit se sentit peut-être un peu coupable et décida de revenir à la vie. Il me laissa le temps de faire transferts et installations.

Il dort présentement, se reposant. Il servira à nouveau après une convalescence de quelques temps. Et Samy et bien il est maintenant fin prêt pour m'accompagner à chaque jour. Et je respire à nouveau !!! Bien que le clavier espagnol soit un peu un casse-tête, mon monde informatique fonctionne à nouveau !!!


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16 février 2008

Les archives de Pauline: Faire des boudins

Vous avez peut-être remarqué dans un texte précédent des « Archives de Pauline », les photos d’une petite Pauline. Sur ces photographies, elle porte fièrement de magnifiques cheveux frisés… en boudins. Elle était très Boudinsfière de ses boucles longues en spirale. Mais elle n’aimait pas du tout se faire faire ses boucles. C’était un long processus qui débutait le soir alors qu’elle commençait par se laver les cheveux. Ensuite quand les cheveux étaient encore humides, mais bien peignés, d’abord par elle, puis par sa mère qui avait une main un peu plus vigoureuse, les boudins pouvaient être commencés. Sa mère prenait des linges qui avaient été préalablement déchirés en bandelettes de quelques centimètres de large. Les bandelettes devaient être assez longues pour pouvoir y enrouler les mèches de cheveux.

Chaque mèche humique était ensuite fortement tirée, lissée et enroulée sur une bandelette de linge qui était ensuite nouée. Sa mère travaillait vigoureusement à cette tâche fastidieuse. Une mèche après l’autre… un long travail ennuyeux, légèrement douloureux et qui était marqué par la petite baboune de la petite Pauline. Pendant que sa mère enroulait ses mèches, Pauline faisait son propre boudin. Mais discrètement. Car il ne fallait pas que sa mère la voit bouder. Ça ne se faisait pas…

Une fois chaque mèche enroulée sur sa bandelette et bien nouée, il fallait ensuite passer toute la nuit pour que les cheveux soient bien secs et par le fait même bien frisés. Et il fallait donc tenter de dormir, le corps bien droit, le cou bien raide,  avec toutes ses bandelettes sur la tête, en prenant bien soin qu’elles ne se dénouent pas. Pour que le lendemain, quand chaque bandelette était dénouée et enlevée, la mèche ait une belle forme de spirale bien longue… un beau boudin… Et la chevelure était maintenant toute bouclée ! Et la petite Pauline était bien contente d’avoir souffert pendant toute une soirée et toute une nuit ! Et son attitude maussade et obstinée de la vieille s’envolait. Jusqu’à la prochaine séance de coiffure où faire du boudin était toujours associé à la confection des boudins !

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14 février 2008

Quelques mots...

"On ne s'aime jamais comme dans les histoires, tout nus et pour toujours. S'aimer, c'est lutter constamment contre des milliers de forces cachées qui viennent de vous ou du monde"

[Jean Anouilh]

"Le véritable amour c'est quand un silence n'est plus gênant."

[Jean-Jacques Goldman]


"L'amitié, comme l'amour, demande beaucoup d'efforts, d'attention, de constance, elle exige surtout de savoir offrir ce que l'on a de plus cher dans la vie : du temps ! "

[Catherine Deneuve]

  
Amour
" We're so wonderfully wonderfully wonderfully
Wonderfully pretty!
Oh you know that I'd do anything for you...
We should have each other to tea huh?
We should have each other with cream
Then curl up by the fire
And sleep for awhile
It's the grooviest thing
It's the perfect dream"

[Love Cats - The Cure]

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11 février 2008

Des détails sans importance

Et bien voilà, cela devait arriver un jour... je suis taguée !!! Et par Lily ;-)

Voici ce qu’on demande :

- Mentionner la personne qui nous a taguée
- Mettre le règlement sur son carnet
- Révéler six choses sans importance sur soi
- Taguer six autres personnes en mettant leur lien
- Prévenir ces personnes sur leur carnet

Des choses sans importance ? Voyons voir...

Chocolat1 1. Je ne peux plus manger de chocolat, mais cela m'indiffère complètement. Ce qui surprend toujours les gens. Quand on m'offre du chocolat (avec un gros sourire) et que je refuse, on insiste toujours. Je dois alors dire que le chocolat me donne de violentes migraines (du genre à devoir être coucher dans le noir complet et à vomir sans arrêt), on prend invariablement un air attristé... et on ne me croit jamais quand je dis que cela ne me dérange pas. Cela fait environ une dizaine d'année que j'ai développé cette intolérance au chocolat. Mais je n'ai jamais été folle du chocolat et je n'en mangeais que très très rarement. Quand on me demandait: un morceau de gâteau au chocolat ou à la vanille?  j'ai toujours répondu - même enfant - "à la vanille" !!

2. J’ai presque tous les films animés de Walt Disney et en version originale. De Snow White and the Seven Dwarfs àDusney Treasure Planet, en passant par Fantasia, The Aristocats, Aladdin et Mulan. Et je peux vous chanter à peu près toutes les chansons ! Et je peux vous réciter les dialogues de bons nombres de ces films... en particulier Aladdin, The Lion King et Pinocchio.   

Nuit

3. Je me réveille au moins 3-4 fois par nuit. J’ai le sommeil hyper léger et le moindre petit bruit va me réveiller… mais uniquement la nuit. Je me peux m’endormir partout et dormir profondément… dans les autobus, devant la télévision, dans l’auto, avec un bruit de fond de trafic et de construction, etc… mais pas la nuit dans le silence. Alors le moindre petit bruit va me réveiller : un craquement, la respiration de quelqu’un, mon chat qui mangeait, …Genoux

4. Mes genoux craquent. Beaucoup. Et fort !  Depuis toujours. C'était même une "inside" quand j'étais professeur. D'ailleurs mes étudiants, lors de la soirée des finissants, avaient fait une liste des caractéristiques de chacun de leur professeur... et une des miennes: "on sait toujours où  elle se trouve dans la classe pendant les examens car on entend ses genoux craqués quand elle approche de nous" ! Et le bruit peut être si fort que quand je me tourne la nuit, le bruit me réveille.

Bidet5. J’ai récupéré le bidet de ma salle de bain que je n’utilisais pas pour y mettre des plantes bambous, des chandelles et des roches. Cela ajoute une belle petite touche verte à ma salle de bain.

6. Je collectionne les bibelots de chats. Mais pas n’importe quel. Il faut que vraiment le bibelot m’interpelle
Chats5 quand je le vois. Partout où je vais, dans tous les magasins, dans les ventes de garages, les brocantes… je cherche toujours le chat… Et je collectionne les photos de chats lors de mes voyages. Quand on regarde mes photos de voyages, il y a toujours quelques photos de chats croisés au détour d’une rue, couchés sur un perron, à une fenêtre, dans une cour, se promenant sur le trottoir… Un voyage n’est pas complet tant que je n’ai pas croisé un chat !

Et voilà… et je ne tague personne… ;-) une autre fois peut-être !

Posté par Laila_Seshat à 15:39 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
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