11 février 2008

Des détails sans importance

Et bien voilà, cela devait arriver un jour... je suis taguée !!! Et par Lily ;-)

Voici ce qu’on demande :

- Mentionner la personne qui nous a taguée
- Mettre le règlement sur son carnet
- Révéler six choses sans importance sur soi
- Taguer six autres personnes en mettant leur lien
- Prévenir ces personnes sur leur carnet

Des choses sans importance ? Voyons voir...

Chocolat1 1. Je ne peux plus manger de chocolat, mais cela m'indiffère complètement. Ce qui surprend toujours les gens. Quand on m'offre du chocolat (avec un gros sourire) et que je refuse, on insiste toujours. Je dois alors dire que le chocolat me donne de violentes migraines (du genre à devoir être coucher dans le noir complet et à vomir sans arrêt), on prend invariablement un air attristé... et on ne me croit jamais quand je dis que cela ne me dérange pas. Cela fait environ une dizaine d'année que j'ai développé cette intolérance au chocolat. Mais je n'ai jamais été folle du chocolat et je n'en mangeais que très très rarement. Quand on me demandait: un morceau de gâteau au chocolat ou à la vanille?  j'ai toujours répondu - même enfant - "à la vanille" !!

2. J’ai presque tous les films animés de Walt Disney et en version originale. De Snow White and the Seven Dwarfs àDusney Treasure Planet, en passant par Fantasia, The Aristocats, Aladdin et Mulan. Et je peux vous chanter à peu près toutes les chansons ! Et je peux vous réciter les dialogues de bons nombres de ces films... en particulier Aladdin, The Lion King et Pinocchio.   

Nuit

3. Je me réveille au moins 3-4 fois par nuit. J’ai le sommeil hyper léger et le moindre petit bruit va me réveiller… mais uniquement la nuit. Je me peux m’endormir partout et dormir profondément… dans les autobus, devant la télévision, dans l’auto, avec un bruit de fond de trafic et de construction, etc… mais pas la nuit dans le silence. Alors le moindre petit bruit va me réveiller : un craquement, la respiration de quelqu’un, mon chat qui mangeait, …Genoux

4. Mes genoux craquent. Beaucoup. Et fort !  Depuis toujours. C'était même une "inside" quand j'étais professeur. D'ailleurs mes étudiants, lors de la soirée des finissants, avaient fait une liste des caractéristiques de chacun de leur professeur... et une des miennes: "on sait toujours où  elle se trouve dans la classe pendant les examens car on entend ses genoux craqués quand elle approche de nous" ! Et le bruit peut être si fort que quand je me tourne la nuit, le bruit me réveille.

Bidet5. J’ai récupéré le bidet de ma salle de bain que je n’utilisais pas pour y mettre des plantes bambous, des chandelles et des roches. Cela ajoute une belle petite touche verte à ma salle de bain.

6. Je collectionne les bibelots de chats. Mais pas n’importe quel. Il faut que vraiment le bibelot m’interpelle
Chats5 quand je le vois. Partout où je vais, dans tous les magasins, dans les ventes de garages, les brocantes… je cherche toujours le chat… Et je collectionne les photos de chats lors de mes voyages. Quand on regarde mes photos de voyages, il y a toujours quelques photos de chats croisés au détour d’une rue, couchés sur un perron, à une fenêtre, dans une cour, se promenant sur le trottoir… Un voyage n’est pas complet tant que je n’ai pas croisé un chat !

Et voilà… et je ne tague personne… ;-) une autre fois peut-être !

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07 février 2008

Quelques cendres sur mon front

Cela faisait des années que je n’avais pas « pensé » à cette journée. Le mercredi des cendres n’a pas traversé ma vie depuis un bon moment. Mais depuis que je vis à Barcelone, je ne peux m’empêcher de penser à cette journée. Parce que l’Espagne est encore très près de sa religion catholique. Parce que l’Espagne célèbre encore les fêtes religieuses les plus obscures. Parce que l’Espagne aime fêter tout simplement. Et le Carnaval est une fête très importante. C’est même la principale occasion de se déguiser et de fêter pendant près d’une semaine. Et on peut voir des défilés, les enfants se déguisent et reçoivent des bonbons,Cendres les grands se déguisent et sortent dans les bars, les boutiques de costumes font fortunes… jusqu’au mardi gras.

Évidemment, ce qui est étrange pour moi, qui n’ai jamais vécu auparavant de Carnaval, c’est que chaque année, celui-ci n’a jamais lieu exactement à la même période. Les Carnavals et les Mardi gras de ma connaissance ont soit eu lieu dans le passé ou dans des villes lointaines… le Mardi Gras de la Nouvelle Orléans, le Carnaval de Rio de Janeiro ou de Venise, les Carnavals médiévaux… Je n’avais aucune idée que le Carnaval ou le Mardi Gras pouvaient se célébrer aujourd’hui en Espagne. Et pourtant c’est une période très, très, très importante ici. La fin de semaine dernière, il y avait pleins d’enfants de déguiser… tout mignon…

Mais évidemment, pour l’ancienne très pratiquante, religieuse que je suis, après le mardi gras, vient le mercredi des cendres qui débute le carême… jusqu’à Pâques… enfin jusqu’à la Pâque chrétienne. Parce que pour tenir ces fameux 40 jours de carêmes, il faut d’abord s’assurer de faire un mardi gras… et se laisser aller à tous les excès – bon, surtout alimentaires et alcooliques – avant de se lancer dans ces 40 jours de jeûne et contrition…

Et cette première journée de Carême est maquée par ce mercredi… des cendres. Les cendres représentant le péché et surtout la fragilité de la vie… poussières, tu retourneras en poussières… En célébrant ce mercredi, en acceptant qu’on mette des cendres sur son front, l’homme reconnaît non seulement ses fautes et sa nature éphémère, fragile, mortelle. C’est un rappel à l’humilité que nous devons avoir… Évidemment, tout ça est très religieux et très ancré dans la foi d’un dieu – chrétien.

À l’origine, uniquement les gens qui avaient commis de graves fautes recevaient les cendres – ils devaient être publiquement recouverts de cendres. Ils devaient également revêtir un sac – afin de bien marquer leur pénitence. Et puis, la tradition fut étendue à tous les croyants… et évidemment, on en est venu à une simple marque sur le front lors de la messe du mercredi des cendres, en prononçant les versets suivants provenant de la Genèse : Memento, homo, quod pulvis es, et in pulverem reverteris – histoire de bien se souvenir qu’on est poussière et qu’on redeviendra poussière… on est rien et on redeviendra pas grand-chose… enfin… toujours l’humilité… hum… Et puis, tout cela vient de vieilles traditions juives… d’Adam qui n’est que poussière, de l’Ancien Testament et de l’utilisation des cendres comme pénitences, Samuel, Jonas, Judith, les Maccabées… et ensuite des 40 jours du Christ dans le désert… enfn… les références sont nombreuses.

En principe, les cendres viennent des rameaux bénis l’année précédente (recueillis lors du dimanche des rameaux) et réduits en cendres. Oui, je sais cela… ai-je dis que je fus un jour très très religieuse?

D’ailleurs… c’est à cela que je pensais ce mercredi quand j’ai réalisé que c’était le mercredi des cendres. Mon copain me disait que le Carnaval était terminé puisque le Mardi Gras venait d’avoir lieu et moi de répondre, « oui, je sais, c’est le mercredi des cendres aujourd’hui ». Et comme toujours, lui de s’étonner que je sache ce genre de chose… Je ne peux m’empêcher de me rappeler ces heures de cours que j’ai manqué au secondaire – alors que j’allais au Collège Reine-Marie qui possédait sa propre chapelle, son propre prêtre et bien sûr les religieuses de la Présentation de Marie… Car de Carnaval et de Mardi Gras, je n’avais jamais entendu parlé, mais le Mercredi des Cendres était très important. Toute la journée était consacrée à cet événement. L’avant-midi nous allions à la confesse… pendant les cours… une après l’autre… (l’idée étant de confesser le plus de péchés possibles afin d’avoir le plus de prières à faire à la chapelle en pénitence, afin de manque le plus de cours possible)… puis dans l’après-midi, nous manquions toute une période pour assister à la messe du Mercredi des Cendres. Moment important, car pour cette occasion, nous n’allions pas à la chapelle des étudiantes, mais nous allions dans la partie – plus grande – des religieuses…

Mais je dois avouer, que même si c’était surtout l’occasion de manquer des cours et de rigoler doucement entre nous… quand nous devions faire la file devant le prêtre et quand celui-ci nous faisait une croix de cendres sur le front, nous nous taisions toutes… C’était définitivement étrange cette cendre… un peu morbide. Cela me semblait si proche de la mort… Et pendant quelques moments, on ne pouvait s’empêcher d’être touché… sentir une certaine énergie au rituel… On ne peut dire le contraire, se faire mettre une croix de cendres est plus marquant qu’une croix d’eau – peu importe qu’elle soit supposément bénite !!!

Il y a sûrement beaucoup à étudier sur ce rituel… mais bon… je trouve simplement étrange, aujourd’hui, de me souvenir du mercredi des cendres…

Quelques sources à consulter :

 

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04 février 2008

Le Fou et le professeur

Simon2Critique de lecture

Le Fou et le professeur: une histoire de meurtre, de démence, de mots et de dictionnaire / Simon Winchester ; traduit de l'anglais par Gérard Meudal. -- [Paris]: JC Lattès, c2000. -- 316 p. ; 18 cm. --ISBN 2-253-15082-7

Quatrième de couverture :

À l'automne 1896, le Dr James Murray, prestigieux auteur de l'Oxford English Dictionary, décide de rendre visite à un certain Dr Minor, qui depuis des années lui adresse bénévolement des notices érudites d'une remarquable précision. Une surprise de taille l'attend : le Dr Minor vit à Crowthorne (Berkshire), dans un asile d'aliénés, où il a été interné à la suite d'un meurtre. Entre cet ex-chirurgien militaire américain, en proie à des pulsions sexuelles morbides, et le brillant universitaire autodidacte, va naître une étrange amitié.

Le Fou et le professeur : une histoire vraie où les obsessions d'un meurtrier dément côtoient l'élaboration du monumental dictionnaire anglais ; un récit haletant où les mots « folie », « passion » et « mort » sont explorés dans leurs plus ténébreux arrière-plans...

La société américaine de Luc Besson a acheté les droits cinématographiques du livre de Simon Winchester.

L'auteur:

Simon Winchester est un journaliste et auteur, né en Angleterre en 1944.

Il étudia la géologie au St Catherine’s College à Oxford. Il travailla tout d’abord comme géologue et ingénieur pendant quelques temps en Afrique sur des plates-formes pétrolières. Il devient ensuite journaliste et publia divers articles et essais pour plusieurs magazines et journaux tels The Guardian, Smithsonian Magazine, The Sunday Times et National Geographic. SesSimon articles traitent de sujets très diversifiés, allant de l’architecture, l’océan Pacifique, de critiques de romans, relations de voyages, … Il est également connu pour avoir été arrêté et détenu par les forces argentines pour espionnage, dans les Iles Malouines dans les années 1980.

Il a écrit de nombreux ouvrages dont les plus connus sont The Map That Changed the World (2001), A Crack in the Edge of the World:America and the Great California Earthquake of 1906 (2005) et The Surgeon of Crowthorne (1998). 

Il vécut dans de nombreuses villes, Hong Kong, London, New Delhi, New York, Belfast, entre autres. Il vit présentement, à la fois, sur une petite ferme du Massachusetts aux Etats-Unis et en Écosse sur les Western Isles. Il est membre de l’Ordre de l’Empire Britannique (OBE).

Le site de l’auteur: http://www.simonwinchester.com/

Bibliographie partielle :

  • In Holy Terror: Reporting the Ulster Troubles (1974)
  • American Heartbeat: Some Notes from a Midwestern Journey (1976)
  • Their Noble Lordships: The Hereditary Peerage Today (1981)
  • Prison DiaryArgentina (1983)
  • Stones of Empire: The Buildings of the Raj/Jan (1983)
  • Outposts: Journeys to the Surviving Relics of the British Empire (1985)
  • Korea: A Walk through the Land of Miracles (1988)
  • The Pacific Hutchinson (1991)
  • Pacific Nightmare (1992)
  • Small World (avec Martin Parr) (1995)
  • The River at the Centre of the World (1997)
  • The Surgeon of Crowthorne: A Tale of Murder, Madness and the Making of the Oxford English Dictionary (Publié aux EU sous le titre: The Professor and the Madman) (1998)
  • The Fracture Zone: A Return to the Balkans (1999)
  • America's Idea of a Good Time (avec Kate Schermerhorn) (2001)
  • The Map That Changed the World (2001)
  • Krakatoa - The Day the World Exploded: 27 August 1883 (2003)
  • The Meaning of Everything: The Story of the Oxford English Dictionary (2003)
  • A Crack in the Edge of the World: America and the Great California Earthquake of 1906 (2005)

Résumé et commentaires:

Dans son livre, Le Fou et le professeur, Simon Winchester nous raconte comment est né au XIXe siècle, le Grand Dictionnaire d’Oxford. Ce Dictionnaire est le premier ouvrage à répertorier et définir tous les mots de la langue anglaise et il est le résultat de près de 70 ans de travail. Avec ses 424 825 définitions, le Dictionnaire qui naquit en 1857, est considéré comme la référence par excellence de la langue anglaise.

Le livre nous raconte comment l’idée de ce grand dictionnaire a fait son chemin dans l’histoire de la lexicographie. Un dictionnaire comme le Oxford English Dictionnary était une nouveauté et sa naissance fut difficile. Les débuts laborieux du Dictionnaire nous sont expliqués ainsi que la méthode utilisée pour construire cette œuvre gigantesque. L’auteur nous présente également deux figures centrales et essentielles du Dictionnaire : celui qui deviendra le directeur du Dictionnaire, le professeur James Murray ainsi qu’un des principaux collaborateurs volontaires, le docteur, W.C. Minor.

On nous raconte la rencontre et l’étroite collaboration entre les deux hommes. La vie des deux hommes nous est d’abord racontée : leur enfance, leur cheminement et ce qui les a conduit au Dictionnaire. On s’attardera beaucoup sur la vie de W.C. Minor, ce collaborateur précieux mais étrange qui contribuera fortement à l’élaboration du Dictionnaire. Le docteur W.C. Minor est un américain, chirurgien retraité de l’armée qui vécut les horreurs de la Guerre de Sécession et qui s’exila à Londres où il sera arrêté et condamné pour meurtre. Il est ensuite enfermé dans un asile pour criminel pour le restant de ces jours d’où il offrira sa collaboration à la réalisation du Dictionnaire. L’équipe du Dictionnaire avait en effet demandé l’aide de volontaires pour répertorier et noter des citations pour tous les mots du Dictionnaire. Cet appel à tous avait été répondu par nombres de personnes, dont le docteur Minor. Le Professeur Murray et son équipe ignorèrent longtemps que leur plus précieux collaborateur, l’érudit et méthodique, docteur Minor, était certes un génie mais également était également un meurtrier dément. On nous raconte d’ailleurs en détail la psychose paranoïaque de Minor, ses causes probables et son évolution. L’auteur nous offre également quelques explications sur le type de folie qui aurait affecté Minor.

Cette oeuvre n’est pas un roman. Winchester nous offre ici une sorte de compte-rendu historique, le récit des événements et personnes qui ont entourées la réalisation d’une œuvre unique. Cependant, il faut noter que l’auteur s’est tout de même permis quelques effets et extrapolations. Certains événements sont nécessairement inventés ou déduits.  

L’histoire est par moment captivante mais parfois décousue. On passe souvent du coq à l’âne et on peut noter certaines répétitions. Certains passages m’ont apparus très longs et j’avais hâte qu’on en revienne à Minor et Murray. J’aurais aimé également qu’on traite un peu plus de Murray lui-même. Mais dans l’ensemble, le récit est bien mené et nous avons un compte-rendu historique, une intrigue psychologique, l’histoire d’un meurtre et le récit de l’étrange amitié de deux hommes liés par une même passion (obsession) et enfermés chacun dans leur prison (l’un dans un asile, l’autre dans le scriptorium qui est son lieu de travail)… mais surtout nous avons l’histoire de mots et de définitions. Chaque chapitre commence d’ailleurs par des définitions extraites du Dictionnaire et qui viennent illustrées la suite du récit.

Finalement, Winchester nous offre ses réflexions personnelles et les raisons qui l’ont poussé à écrire ce récit bien véridique de la naissance et la réalisation d’un ouvrage magnifique et grandiose. Et qui est marqué à jamais par la collaboration d’un génie complètement fou.

Le réalisateur Luc Besson a apparemment acheté les droits du livre pour une adaptation cinématographique. Et on parle de Mel Gibson et Robin Williams dans les deux rôles principaux. J’avoue que cela m’intrigue et je vois très bien Robin Williams dans le rôle de ce professeur qui malgré ses hallucinations et sa démence est un homme cultivé et érudit.

Sources :

Citations :

« Peu de livres [Dictionnay of the English Language / Samuel Johnson] sont aussi agréables à regarder, à toucher, à feuilleter, à lire. On peut encore en trouver des exemplaires. Ils sont terriblement lourds, davantage prévus pour le lutrin que pour la main. Ils sont reliés de beau cuir brun, le papier est épais, d’un blanc crémeux, les caractères sont fortement imprimés sur la feuille. » p. 121.

« Définir correctement un mot exige un talent très particulier. Il existe des règles. Un mot (prenons par exemple un nom) doit d’abord être défini en fonction de la catégorie à laquelle il appartient (mammifère, quadrupède par exemple) puis différencié des autres membres de sa catégorie (bovin, femelle). La définition ne doit comporter aucun mot compliqué ou susceptible d’être moins connu que le mot qu’elle cherche à expliquer. Elle doit préciser ce qu’est une chose et ce qu’elle n’est pas. […] Tous les mots employés dans la définition doivent se trouver par ailleurs dans le dictionnaire. Le lecteur ne doit jamais tomber sur un terme dont il ne pourrait trouver la signification dans le dictionnaire. Si l’auteur de la définition suit rigoureusement toutes ces règles, s’il introduit dans cette confusion un souci constant d’élégance et de concision, s’il s’applique à la tâche, alors il doit en résulter une définition correcte. » p. 201

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03 février 2008

Ma vie télévisuelle : Comment on finit par vouloir apprendre l’anglais

Je ne sais plus à quel âge on commence à apprendre l’anglais dans les écoles québécoises, mais quand j’étais jeune, nous avions nos premiers cours d’anglais en 4e année du primaire, donc environ à 9-10 ans. Si je dis « Kick the ball Sandy! » à un québécois de mon âge, il est à peu près certain qu’il me répondra « All right Tom! ». Comme dans beaucoup d’autres endroits, nos leçons d’anglais passait systématiquement par « Meet Sandy and Sue » !!! Et donc on commence très jeune à apprendre l’anglais. Ce qui ne veut pas dire que nous parlons ou comprenons l’anglais. J’ai des amis de mon âge qui peuvent difficilement faire une phrase en anglais et qui sont incapable d’écouter un film ou une émission en anglais. Même après des années et des années d’apprentissage.

Parce que finalement, c’est une question de vouloir apprendre une langue et non pas simplement de l’apprendre. J’ai répété à partir de 9 ans, mes « Meet Sandy and Sue » et en bonne petite élève, je faisais tous mes devoirs et j’avais d’excellentes notes dans mes cours d’anglais. Mais cela ne voulait pas dire que je comprenais l’anglais. Et quand j’écoutais les Flintstones à la télévision, je ne comprenais pas vraiment. Mais ce n’était pas grave, quand je ne comprenais pas quelque chose, je demandais à ma mère de traduire. Jusqu’à mes 12 ans…

HappyDays1J’avais une amie qui écoutait beaucoup la télévision en anglais. Elle était italienne et parlait couramment l’italien, le français et l’anglais. Et elle écoutait une émission qui s’appelait « Happy Days» et qui jouait à un poste anglais. Quand je jouais chez elle, il fallait obligatoirement s’arrêter pour regarder cette émission qu’elle adorait. Et bien entendu, j’écoutais avec elle. Malgré le fait que cela faisait déjà quelques années que j’apprenais l’anglais, je ne comprenais pas grand-chose et mon amie avait beaucoup moins de patience que ma mère… À mes questions, elle ne répondait pas toujours… en fait, pratiquement jamais.

Mais le problème est que, petit à petit, j’ai commencé à écouter l’émission chez moi. C’est que j’aimais la musique… j’aimais les personnages… bizarrement, j’aimais bien « Potsie » (bizarrement, car aujourd’hui, je ne vois pas trop ce que je lui trouvais, mais bon…) et je rageais de ne pas comprendre. Et ma mère n’avait pas envie d’écouter l’émission donc je me retrouvais seule devant mon incompréhension… J’avais donc maintenant ma motivation ! Et ce ne fut pas bien long… les heures de cours, les devoirs, les exposés oraux… combiner avec mon besoin d’écouter et comprendre Happy Days ont finalement eu raison de mon indifférence à l’anglais. Je devais comprendre…

Et ce ne fut pas long avant que je comprenne les épisodes d’Happy Days… L’émission fut tournée à partir de 1974, mais très tôt les épisodes furent présentés en syndication, en reprise… Et quand à 12 ans, j’écoutais Happy Days l’après-midi, c’était déjà des reprises, même s’il le programme offrait encore de nouveaux épisodes. J’ai cependant écouté les dernières saisons en « live »… L’émission a quand même duré 11 ans, ce qui est très rare en télévision.

L’émission se déroulait cependant dans les années 1950 et début ’60. Et déjà à l’époque, j’adorais cette période… j’aimais la musique que je connaissais déjà un peu grâce à ma mère et que j’ai appris à connaître encore plus grâce à l’émission. En vedette, était des adolescents, principalement, un jeune garçon un peu innocent, Richie Cunningham et ses deux meilleurs amis. Les parents et la jeune sœur de Richie étaient également souvent présents. Ainsi qu’un personnage un peu plus vieux, surnommé, The Fonz… qui est d’ailleurs devenu rapidement connu et célèbre.

Les émissions étaient souvent très stéréotypées… on nous présentait des situations qui se voulaient représenter les problèmes de jeunes des années ’50, mais qui étaient très édulcorés… et tout finissait toujours bien, souvent avec une belle leçon à apprendre… Il y avait parfois des situations de conflits entre parents et enfants, mais cela finissait toujours par une belle réconciliation. La famille des Cunningham était la famille moyenne idéale ! Les jeunes se rencontraient toujours au « dinner » du quartier de la ville de Milwaukee (Wisconsin) où la musique était toujours présente… c’était très caricatural, mais j’adorais… c’était l’époque du rock’n’roll… je savais bien que cela n’était pas vraiment la réalité, mais là n’était pas le but de l’émission ! L’émission était ce qu’on appelle une « sitcom » « comédie de situation »… l’idée était de faire rire, tout simplement.

On peut analyser la représentation qu’on offrait des années ’50 et surtout on peut retrouver les critères et barrières de la télévision des années ’70… ce qu’on pouvait et ne pouvait pas dire… Le personnage de Fonzie, le faux délinquant au blouson de cuir, populaire avec les filles, macho, mais sans jamais être un vrai rebelle, mérite en lui-même une longue analyse !

L’émission évolua beaucoup au cours de ses 11 ans… des personnages quittèrent, de nouveaux apparurent… j’ai écouté tous les épisodes jusqu’à la fin… et j’ai encore en mémoire certains moments très précis… quand Potsie chante « Happy Birthday sweet sixteen » à Joanie… quand Fonzie fait du ski nautique… quand…HappyDays2

Et tout cela en anglais !!!!

Titre original : Happy Days

Producteur : Garry Marshall
Genre: Comédie
Langue: Anglais
Couleur: Couleur
Pays d'origine: États-Unis
Durée: 30 minutes
Nombre de saisons : 11 saisons - 255 épisodes + 2 émissions spéciales
Années de diffusion : Janvier 1974 à Septembre 1984

Distribution :

Ron Howard: Richie Cunningham
Henry Winkler: Arthur "Fonzie" Fonzarelli
Tom Bosley: Howard Cunningham

Marion Ross:  Marion Cunningham
Anson Williams: Warren"Potsie" Webber
Donny Most: Ralph Malph
Erin Moran: Joanie Cunningham
Scott Baio: Charles "Chachi" Arcola
Pat Morita: Arnold (Matsuo Takahashi)
Al Molinaro: Alfred Delvecchio
Lynda Goodfriend: Lori Beth Allen Cunningham
Cathy Silvers: Jenny Piccalo
Ted McGinley: Roger Phillips

Pour en savoir plus sur l’émission, consulter ces liens :

Générique du début

Happy Days

Sunday, Monday, Happy Days,
Tuesday, Wednesday, Happy Days,
Thursday, Friday, Happy Days,
Saturday, what a day,
Rockin all week with you.

This day is ours
Won't you be mine. (Oh Happy Days)
This day is ours (Oh Happy Days)
Oh please be mine.

Hello sunshine, goodbye rain,
She's wearing my high school ring on her chain.
She's my steady, I'm her man,
I'm gonna love her all I can.
(Chorus)
Gonna cruise her round the town,
Show everybody what I've found
Rock'n'roll with all my friends
Hopin' the music never ends.

These Happy Days are yours and mine (oh Happy Days)
These Happy Days are yours and mine (oh Happy Days)
These Happy Days are yours and mine, Happy Days.
     
 

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01 février 2008

La maison assassinée (suite)

Critique de lecture

magnan1La maison assassinée / Pierre Magnan. – [Paris] : Denoël, 1991. -- 345 p. ; 18 cm. – ISBN 2-07-037659-1. – Coll. Folio ; 1659.

Résumé :

À la toute fin du XIXe siècle, une famille vivant dans une auberge d’un village de la Haute-Provence est brutalement assassinée. Le seul survivant est un bébé de trois semaines. Trois hommes étrangers de la région sont arrêtés, condamnés et exécutés pour le crime.

L’enfant est envoyé dans un couvent où il est élevé par les religieuses qui ne lui révèlent rien de son passé. Devenu un homme, il part au combat lors de la Première Guerre Mondiale. Séraphin Monge revient des champs de bataille, sans aucune blessure mais marqué par ce qu’il y a vécu. Il devient cantonnier et décide de retourner au village qui l’a vu naître, Lurs. Depuis le massacre de sa famille, 25 ans se sont écoulés et le village semblait avoir oublié l’événement, mais le retour de cette homme, fort, beau, placide et qui semble insensible, dérange les habitants superstitieux qui l’évitent.

Alors qu’il se retrouve par hasard dans la maison familiale, laissée à l’abandon, un vieil homme lui révèle l’histoire horrible qui l’a laissé un orphelin : le massacre de son père, sa mère, son grand-père et ses deux frères. Le vieil homme prend soin de lui souligner que personne n’a jamais pu expliquer pourquoi il avait été épargné dans son berceau, ainsi que le fait que lui-même n’a jamais cru à la culpabilité des trois hommes exécutés.

Séraphin devient alors obsédé par l’histoire du massacre de sa famille et par des visions de sa mère. Il entreprend d’abord de détruire morceau à morceau la maison elle-même, La Burlière. Pendant cette destruction, il commence par découvrir petit à petit les secrets de sa famille. Et puis, il pense avoir trouver le mobile du crime ainsi que le nom des véritables coupables. Il décide de venger sa famille, mais alors qu’il commence à planifier la mort des coupables, un d’entre eux est retrouvé mort, probablement assassiné.

Commentaires :

Cela faisait longtemps que ce roman était sur ma liste… l’histoire m’apparaissait intéressante et j’aimais bien le titre. Il y a quelques semaines, je me suis finalement décidée. Et je ne sais…

Le livre se présente comme un roman noir, à la fois, polar, roman psychologique, avec quelques touches fantastiques. L’écriture est définitivement efficace. Les descriptions sont très bien rendues… je dois même dire que d’un point de vue purement personnel, le texte m’a complètement charmé !!! Les mots, les descriptions m’ont captivés… alors pourquoi n’ai-je pas été captivé par l’histoire ? Difficile à expliquer.

L’histoire est très noire et difficile. La psychologie du personnage principal très bien définie – même si je l’ai trouvé un tantinet pesante. Les personnages sont très bien campés, on les sent littéralement vivre sous nos yeux et la symbolique de leur personnalité très bien démontrée. L’atmosphère du roman est très noire… l’horreur de la guerre et les stigmates laissés sur la population, très bien présentés. On comprend parfaitement également l’angoisse de Séraphin et les angoisses des habitants du village face au seul survivant d’un massacre inexpliqué.

Mais l’intrigue n’a pas réussi à me captiver. Elle semblait à la fois accessoire et centrale et je n’ai pas réussi à savoir si elle m’intéressait ou non. Les personnages secondaires m’ont apparu peu approfondis et j’aurais aimé les comprendre plus. En particulier les personnages féminins – pourtant souvent dépeints par la critique comme très forts – m’ont semblé faibles et caricaturaux…

La toile de fond est cependant habilement rendue… la région, le village, l’époque, la vie de certains personnages, … une sorte de « polar du terroir » comme on dit certains… je dirais plus… « polar de la terre »… Roman qui se veut réaliste et poétique à la fois… peut-être trop… car le mystère de la mort de la famille de Séraphin Monge prend selon moi, trop l’arrière-plan. Ce n’est pas ce qui est important dans le roman… et donc, la fin tombe un peu à plat selon moi, à cause de cela…

Et donc… chaque page tournée me donnait envie de la relire et j’ai trouvé le roman très beau et poétique… mais je n’ai pas réussi à accrocher à l’histoire. Donc, je suis un peu déçue… Ce qui fait que je me promets de le relire dans quelques temps…

L’avis de Sylvie : http://passiondeslivres.over-blog.com/article-15518993.html

Citations :

« Avait-il vraiment tout effacé ? Une brique lui pesait sur l’estomac comme s’il avait mangé quelque chose de vénéneux.  […] Il redoubla de vigilance, les yeux à l’affût, tout son subconscient tendu vers il ne savait quoi. Il passa, il repassa, dix fois aux mêmes endroits, il s’obstina de son pas lourd qui arpentait l’espace vide entre les quatre cyprès-cierges, lesquels paraissaient maintenant souffrir d’une secrète pauvreté. » p. 132

« Un emportement prodigieux quoique refréné se frayait chemin par tous les défauts de son quant-à-soi ; Séraphin reçut cette vision et cet appel en pleine figure. » p.147

« Le soir était long à se dessiner, à s’installer sur la terre. Il devait y avoir eu de gros orages sur les hautes vallées, entre l’Ubaye et la Clarée car les nuages à tête rose fusaient hors des montagnes comme un bouquet trop longtemps contenu. » p. 156

« Car l’olivier est l’arbre de la douleur. Il n’apporte la paix qu’à ceux qui le contemplent à travers Dieu. Rien qu’à le voir, d’ailleurs, on devrait s’en douter. Tordu, noueux, arqué de toute sa stature voûtée de vieillard rompu à toutes les roueries du temps […] » p. 256

Sources :

Voir le premier article: La maison assassinée

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29 janvier 2008

Sous les kleeenex !

MouchoirsOui, bon... je traîne pour pondre mon deuxième texte sur cette maison assassinée et j'ai un paquet d'autres textes en attente... Mais comme mes mains sont essentiellement occupées à tenir sirop, mouchoirs, verres d'eau et cuillères pleines de soupe poulet et nouilles, je me dois de déclarer que ces textes vont attendre...

Je reviendrai bientôt... en santé... aa... a...aaaa...aaaatccchouuuuu ! snif, snif... mon nez... aaaaaa... aaaa..aaatccchooouuu!!!!

Bon et bien c'est ça...

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25 janvier 2008

La maison assassinée

Critique de lecture

La maison assassinée / Pierre Magnan. – [Paris] : Denoël, 1991. -- 345 p. ; 18 cm. – ISBN 2-07-037659-1. – Coll. Folio ; 1659.

Quatrième de couverture :

Au début du siècle, cinq personnes sont massacrées à coup de couteau dans une auberge de Haute-Provence. Seul un bébé de trois semaines échappe miraculeusement à la mort. En 1920, un survivant croit découvrir les coupables, mais deux d'entre eux, un nouveau riche et le propriétaire d'un moulin a huile, sont assassinés à leur tour avant que Séraphin Monge ait pu accomplir sa vengeance. Insensible à l’amour des filles, obsédé par le visage de sa mère qui hante ses cauchemars, tout entier voué à la découverte d’il ne sait quel secret, le justicier Monge entreprend par ailleurs de démolir la maison maudite de fond en comble…

L’auteur :

magnan2Pierre Magnan est né le 19 septembre 1922 à Manosque du département Alpes-Haute-Provence. Il débuta ses études dans la sa ville natale jusqu’à l’âge de 12 ans. Puis à 13 ans, il travaille comme typographe dans une imprimerie de Manosque. À l’âge de 20 ans, pendant l’Occupation de la France, il sera appelé aux Chantiers de jeunesse, mais n’y restera pas longtemps.

En 1946 paraît L’Aube insolite, son premier roman acclamé par la critique mais que le public ignore. D’autres romans suivent, mais n’ont pas plus de succès auprès du public. Il continue d’écrire mais doit travailler pendant 27 ans dans une entreprise de transports frigorifiques. Alors qu’en 1976, l’entreprise de transports doit le licencier par manque de travail, il écrit un autre roman intitulé Le Sang des Atrides qui obtient enfin le succès auprès de la critique mais aussi auprès du public. Il reçoit en 1978, le prix du Quai des Orfèvres pour son œuvre.

Suivra ensuite en 1984 son œuvre la plus connue, La Maison assassinée, pour laquelle il obtient le prix RTL-Grand Public. D’autres romans suivront dont plusieurs furent primés. Quelques unes de ces œuvres furent également adaptées au cinéma dont La Maison assassinée.

Âgé aujourd’hui de 85 ans, il vit encore dans le département Alpes-Haute-Provence, dans la ville de Forcualquier. Amoureux de sa région, la plupart de ses romans s’y situent. De ses propres mots, il aime « les vins rouges de Bordeaux, les promenades, les animaux, les conversations et la contemplation de son cadre de vie »… Il a surtout écrit des romans policiers mais pas uniquement. Il se considère « l’écrivain des pauvres » et milite pour que les livres soient publiés directement en format poche pour « épargner tous les arbres sacrifiés ».  

Site de l’auteur : http://www.lemda.com.fr/

Bibliographie sommaire :

  • L'aube insolite (1946 - réédition 1998)
  • Le Sang des Atrides (1977 – réédition 2004)
  • Le Commissaire dans la truffière (1978)
  • Le Secret des Andrônes (1980)
  • Le Tombeau d'Helios (1980, réédition 2004)
  • Les Charbonniers de la mort (1982)
  • La Biasse de mon père (1983)
  • La Maison assassinée (1984)
  • Les Courriers de la mort (1986)
  • La naine (1987)
  • L'Amant du poivre d'âne (1988)
  • Le mystère de Séraphin Monge (1990
  • Pour saluer Giono (1990)
  • Les secrets de Laviolette (1992)
  • Périple d'un cachalot (manuscrit de 1940 – édité en 1951, 1986 et 1993)
  • Les Promenades de Jean Giono, (album) (1994)
  • La Folie Forcalquier (1995)
  • Les Romans de ma Provence (album) (1998)
  • Un grison d'Arcadie (1999)
  • Le parme convient à Laviolette (2000)
  • L'Occitane (2001)
  • Mon théâtre d'ombres (2002)
  • Apprenti (2003)
  • Un monstre sacré (2004)
  • L'enfant qui tuait le temps (2004)
  • Ma Provence d'heureuse rencontre : Guide secret (2005)
  • Laure du bout du monde (2006)

Citations :

« Une chevêche ululait dans un arbre. Au loin, portée par la houle d’un vent sans racines, la musique d’une viole guidant un bal mourant s’effilochait parmi les pins des collines. » p. 66

« Séraphin apporta une échelle double qu’il dressa contre la façade. Il monta sur le toit. Il décolla une tuile. Il la jeta. Elle éclata sur les dalles de la cour aux rouliers avec un bruit d’assiette cassée. Et il recommença une fois, dix fois, cent fois. À la fin de cette journée une plaie béait sur le toit de La Burlière. » p.85

Sources :

Commentaires à suivre...
 

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24 janvier 2008

Dolmen de la Chabola de la Hechicera

Lors d’un voyage en auto au Pays Basque (en Espagne) en juin 2005, nous avons visité plusieurs endroits forts beaux et intéressants. Parmi ces endroits, nous avons pu voir de nombreux sites archéologiques. Un de ces sites m’a particulièrement intéressé…

Le dolmen de « La chabola de la Hechicera » ou « Sorginetxeko Trikuharria » en basque, se trouve dans les environs de la ville de Elvillar (Bilar) non loin de la très belle petite ville Laguardia (Biasteri) – province de Alava (Araba).

DolmenBasque1Le dolmen est un des plus importants du Pays Basque, il est très grand et très bien conservé. Il est un excellent exemple de la culture mégalithique de la Rioja Alavesa. On a découvert son existence en 1935 et on procéda à sa restauration en 1974. Il est situé sur des terres en friches, près de vignes et de champs de blés. Du dolmen, on peut aussi voir le village d’Elvillar et la très belle église du XVIe siècle. On peut d’ailleurs avoir de singulières vues de l’église et du dolmen… mélanges de cultes et d’époques assez intéressants !

On situe sa construction vers 3500-3000 ans av. J-C. Le dolmen est considéré comme un monument funéraire utilisé comme un tombeau collectif – on cite un minimum de 39 corps ayant pu reposer dans le monument.

Le site fut aussi utilisé au cours des siècles comme lieu de rencontres autant païennes que religieuses. Encore aujourd’hui, lors des fêtes en l’honneur de la vierge d’août, on célèbre un « akelarre » qui signifie en fait « sabbat ». La fête se déroule dans les alentours du dolmen et inclut des représentations de sorcières.  Encore une fois, on retrouve les cultes païens qui resurgissent dans les célébrations religieuses catholiques. Évidemment, certaines associations peuvent être aussi faites avec la déesse ou lamia basque Mari. Mari vivait dans le monde souterrain, elle et son conjoint se rencontraient les vendredis – la nuit de l’akelarre – pour concevoir les tempêtes amenant habituellement la fertilité aux hommes et aux terres. Les sorcières l’honoraient dans leurs rituels.

Le nom du dolmen « La chabola de la Hechicera » signifieDolmenBasque4 « le dolmen de la cabane de la sorcière ». Et des akelarres ont donc eu lieu et ont encore lieu près du site. D’ailleurs nous avons pu trouver les traces d’un rituel ayant eu lieu aux côtés du dolmen. Poissons calcinés et clous se trouvaient parmi les cendres encore assez fraîches…

Un akelarre (maintenant dit aquelarre, en espagnol) signifie « champ de bouc » (en basque, aker = bouc, larre = champ) et indique le lieu où on célèbre des rituels. Le bouc était associé au pouvoir dans les traditions basques, ainsi qu’à la protection du bétail. On gardait, d’ailleurs, dans les maison un bouc noir (un vrai bouc ou encore une représentation de l’animal) pour assurer la protection des animaux de la ferme. Aker (bouc) ou Akerbeltz (bouc noir) se transforma en divinité souterraine. Il commandait divers êtres souterrains comme des génies et on disait qu’il pouvait aussi commander les vents et tempêtes.

Avec le christianisme, le bouc fut rapidement associé au diable ou à Satan, Et donc, comme à plusieurs autres endroits, au Pays Basque on associa le bouc à Satan et donc par extension, le « champ du bouc » au lieu où se rendait les sorcières pour célébrer le sabbat, présidé par le « bouc » - habituellement un bouc noir (Akerbeltz). Les procès de sorcellerie des XVIe et XVIIe siècles ont contribué à établir les prétendus cultes qui avaient lieu lors des akerlarres : offrandes, danses, orgies, etc.

Donc, monument funéraire, lieu de culte païen, célébrations de rites magiques, fêtes catholiques… le site dégage de toute évidence beaucoup d’énergie. Et je retiens surtout l’image de l’église catholique apparaissant à travers les pierres, et les cendres situées tout près du monument… religions et croyances se côtoyant simplement…

Description :

Nom : Dolmen de la Chabola de la Hechicera
Type : Monument mégalithique funéraire
Période : Préhistoire, Calcolithique – Contruction entre les années 3500 et 3000 av. J-C.
Situation : Pays basque – province Alava.

Mesures : La pierre plus haute mesure 3 mètres de haut, de mètre de large et 40 cm d’épaisseur.

Composition :

Le monument funéraire est composé d’une chambre polygonale formée de 9 dalles (ou pierre brute) et d’une galerie qui conserve encore 5 dalles et une pierre de couverture. La restauration a permis de remettre cette pierre de couverture à sa place – puisqu’elle était divisée en trois morceaux lors de sa découverte.

Plusieurs restes archéologiques furent trouvés pendant les excavations et correspondaient à divers moments. Les objets les plus antiques sont des microlithes, pointes de flèches de petites dimensions. Il y avait aussi des haches polies, des pièces de céramiques, des pointes de flèches de d’autres époques, divers restes métalliques ainsi que des restes humains.

À lire :

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22 janvier 2008

Et la suite...

Et maintenant ?

Et bien, depuis 4 ans, il y a eu des moments extraordinaires, difficiles et ordinaires ! La vie, quoi... Nous avons travaillé, nousLa_Suite avons été nous promener, nous sommes allés magasiner, prendre un verre, au restaurant, au cinéma, au théâtre... nous avons découvert des boutiques intéressantes, des restaurants sympathiques... nous sommes allés à la plage... nous avons visité des musées, des expositions, des monuments, des galeries... seuls ou avec de la visite... car de la visite, il y en a eu !!!

Des tantes, des oncles, une cousines, des soeurs (ou des belles-soeurs, c'est selon), un filleul, un père et une mère (ou un beau-père et une belle-mère, c'est selon), et des amis...

Et puis, nous avons aussi voyagé... beaucoup, beaucoup voyagé...

Quand nous sommes partis et arrivés, on nous a beaucoup posé la même question: "combien de temps vous partez ? / combien de temps vous restez ?"  Et nous de toujours répondre la même chose: "on ne sait pas, mais au moins 5 ans".

Pourquoi cette réponse ? Quand nous avons commencé à parler de ce déménagement et de notre idée de venir s'installer à Barcelone, nous avons toujours considéré cela comme un projet, une expérience de vie et non pas comme un déménagement définitif. Nous voulions vivre dans un autre pays, vivre de nouvelles expériences, mais jamais nous n'avons planifié cela comme une coupure définitive. Mais ce changement de vie a demandé beaucoup de planification et d'efforts... ainsi que des coûts monétaires et personnels. Donc, nous nous sommes fixés un minimum de 5 ans, ce qui nous semblait une période intéressante. Assez pour s,installer, explorer et comprendre un peu... assez pour aimer et pour détester...  assez pour s'émerveiller et pour s'ouvrir les yeux.

Et d'un autre côté, jamais nous n,avons dit que l'expérience était éternelle et à sens unique. C'est-à-dire qu'après ces 5 ans symboliques (et aussi représentatifs, mais ça nous ne le savions pas, des 5 ans de bail sur notre logement), nous resterons peut-être à Barcelone, ou alors nous explorerons une autre ville espagnole, européenne, américaine ou encore nous partirons pour le Québec !!! Car jamais, contraitement à certaines personnes que nous connaissons, nous avons dit que "nous ne retournerions jamais au Québec" ! Nous n'avons pas décidé de quitter Montréal car nous n'aimions pas la ville ou nos vies... et nous ne sommes pas partis avec l'idée d'un non-retour définitif... Je connais des gens qui ont quitté leur ville ou leur pays et qui aujourd'hui me dise "non, non, jamais je ne retournerai à ... ", "je vais tout faire, plutôt que retourner à ..." et ce, même si la meilleure chose serait de partir, de changer de pays, ou retourner à l'endroit d'origine... une sorte de fierté mal placée... plutôt être malheureux que de retourner, qu'ils se disent ! Ce n'est pas notre cas. Nous aimions/détestions notre ville avant, nous aimons/détestons notre ville maintenant... ce que j'ai compris en venant ici, c'est que "chez moi", "home" comme on dit en anglais, n'est pas une question de lieu pour moi... je suis chez moi quand j'ai mes choses avec moi, quand je suis bien et non pas à cause de la géographie...

Et donc... aujourd'hui, après 4 ans, nous commençons à nous interroger. Nous aimons Barcelone, mais il y a certaines choses qui font que nous nous questionnons... le travail, le logement, les salaires... Rester ? aller dans une autre ville ? retourner au Québec ? Pleins de possibilités à explorer.

Et en attendant... Allons faire un tour dans le Born pour un bon repas... Venga ! Barcelona no está mal !!! ;)

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21 janvier 2008

Les archives de Pauline: ses anniversaires sans elle

Si nous pouvions disposer de l'immortalité, c'est notre mère que, la première, nous rendrions immortelle.

[Philippe Gerfaut]

 

68_ans

Encore un an de plus. Et à 68 ans, tu nous aurais sûrement
encore dit que tu étais trop vieille.
Il est vrai que tu n'aimais pas la vieillesse en général et
ta vieillesse en particulier.

J'aurais aimé te surprendre avec un cadeau et sûrement des fleurs...
tu aimais beaucoup les fleurs, surtout en janvier.
C'est que tu aimais tout de même les anniversaires,
malgré tout... en cachette.

Tu attendais les appels et les cartes.
Mais sans oublier de dire qu'il n'était pas nécessaire
de souligner les années
qui s'accumulaient sur ton visage et sur ton corps.
Peut-être un peu de coquetterie dans tout cela
même si tu avais réellement peur de la vieillesse...

Si j'avais pu je t'aurais offert la santé et la jeunesse
avec mes fleurs... et seulement ensuite
je t'aurais donné l'immortalité...

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