25 septembre 2007

Quelques mots...

"J’ai pris un cours de lecture rapide et j'ai pu lire "Guerre et Paix" en vingt minutes. Ca parle de la Russie."

Woody Allen

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24 septembre 2007

Parmi les vagues

Tout l’été, j’ai entendu mon père me demander quand je viendrais le voir. Évidemment, mis à part les faits, que je n’ai pas d’auto, qu’il habite à une heure de train, que je travaille toute la semaine, que mon copain est malade et que nous avons eu tout l’été, des visites de la famille et de quelques amis… il y a aussi le fait que je n’apprécie pas particulièrement sa nouvelle relation amoureuse – pas plus la relation que l’objet de sa relation – qui ont contribué à faire que je n’ai pas rendu visite bien souvent à mon père ces derniers mois.

VaguesIl ne cessait de me dire… « Vous pouvez venir ici, à la plage, passer la fin de semaine… ». Car, il faut souligner que lorsque ce nouvel appartement fut acheté, il le fut principalement parce qu’il était situé à 20 minutes de marche de la plage. Mon père étant un fou de la plage et de la baignade. Mes plus beaux souvenirs d’enfance étant les journées à la plage – en Espagne, à Old Orchard, à Carillon, à Plattsburg, au lac Massawippi… Il a toujours adoré se baigner et la mer Méditerranée a toujours eu une place importante dans son cœur !!! Les années dernières – nos premières années en Espagne – il se rendit souvent à la plage. Avec ma sœur, avec moi et mon copain, avec son neveu, avec sa famille, avec ses amis. Il adore la plage.

Et puis, il a rencontré cette femme. Il habite maintenant avec elle dans cet appartement choisi avant que l’on apprenne l’existence de celle-ci et choisi principalement pour sa localisation – ainsi que son prix. Parfait logis pour une personne habitant seule et aimant la plage. Mais voilà qu’il n’est plus seul.

Alors qu’il me demandait, pour la centième fois, quand je viendrais le visiter en insistant que je pourrais aller à la plage en même temps, je lui demandai combien de fois il était, lui, aller à la plage cet été. Et lui, de me répondre, qu’il n’était pas encore allé à la plage. Mais pourquoi, je lui demande, très, très, très surprise. Et mon père de me répondre : « oh, tu sais, je n’aime pas ça tant que ça aller à la plage ». Hein, pardon ??? Depuis quand ??? Que je réussis à demander. « Je n’ai jamais aimé ça », fut sa réponse. Je n’en revenais juste pas. Mon père qui non seulement me dit qu’il n’aime pas aller à la plage, mais qui me dit qu’il n’a jamais aimé aller se baigner. C’est très bizarre, complètement incroyable.

Et puis, un matin que je devais aller à Calafel – sa fameuse petite ville à une heure de Barcelone – pour des raisons administratives, je vais prendre un café rapide avec lui et sa petoune (mon nom non affectueux, pour sa copine - vous m’excuserez son emploi récurrent dans de futurs textes, mais c’est le seul nom que j’ai trouvé qui était potentiellement acceptable). Alors que je suis seule avec la petoune en question, elle m’apprend qu’elle n’aime pas du tout aller à la plage… elle n’a jamais aimé et de plus, ne supporte pas le soleil. Et donc, je comprends…

Mais tout de même incroyable qu’à la veille de ses 70 ans, un homme décide qu’il n’a jamais aimé quelque chose parce que sa petoune n’aime pas ça. Enfin… c’est son choix. Mais il n’était pas dit que je ferais pas quelque chose… c’est aussi mon choix. Et donc, un certain dimanche, mon ami et moi, nous partons pour Calafel. La veille, j’avais téléphoné mon père, lui disant que nous venions le lendemain et que nous allions à la plage. Que je savais qu’elle n’aimait pas la plage mais qu’elle n’était pas obligée de venir, juste lui… nous reviendrions plus tard pour la voir… Il n’a donc pas eu le choix.

Le matin, nous arrivons, après un bonjour rapide, nous partons tous les trois pour la plage. On s’installe dans un coin tranquille. Il fait soleil, il vente légèrement et il y a de belles grosses vagues. Mon copain et moi, on va dans l’eau. Elle est légèrement froide en entrant mais devient rapidement un beau 25º C. Il fait à peu près la même température dans l’eau que sur la plage. Les vagues sont très belles, avec quelques une très grosses de temps en temps. Il n’y a pas de méduses et l’eau est claire.

Après quelques instants, mon copain retourne sur la plage. Mon père s’avance vers l’eau. Même sans mes lunettes et même si je suis loin de lui, je peux voir la joie sur son visage. Il s’approche tranquillement. Quelques vagues viennent lui frapper les cuisses. Elles sont encore froides… il recule en éclatant de rire… « c’est glacé » qu’il me dit avec un gros sourire. Il avance à nouveau, en riant « brrr, brrr » qu’il fait. Il décide de se lancer. Il émerge à côté de moi, en riant. Ses yeux sont scintillants. On commence à parler tout en sautant dans les vagues. L’eau n’est plus froide. Il se retourne et est renversé par une grosse vague qu’il n’a pas vu venir. Il éclate à nouveau de rire. J’ai presque envie de pleurer tellement il semble heureux.

Je retourne sur la plage. Il reste dans l’eau. Seul. À courir après les vagues, à me faire des signes de la main. Il fait la planche. Et éclate de rire à chaque vague un peu plus forte. Il revient sur la plage et se jette sur la serviette. « Il y a de belles vagues », me dit-il toujours aussi souriant. Je lui mentionne qu’il peut revenir se baigner, seul. Il habite tout à côté… il n’a pas besoin de rester longtemps… « Juste venir faire une petite saucette ». « Je vais revenir, c’est certain » me dit-il les yeux toujours aussi brillants.

La semaine dernière, je lui ai demandé s’il était retourné à la plage. « Trois fois » me répond-il avec un splendide sourire. « Et tout seul, comme un grand ». J’ai dû retenir mes larmes.

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23 septembre 2007

The Outsiders (1983) - Commentaires personnels

Cinéma : The Outsiders  (1983)

Commentaires personnels: (attention spoilers)

Genre : Drame

J’ai déjà beaucoup parlé du livre et du film. Je ne sais pas si je peux commenter encore beaucoup, même si j'aiOutisdersComm l'impression ne pas avoir pu véritablement rendre la beauté des deux oeuvres.

Les images du film de Coppola m’apparaissent si belles. J’ai beaucoup lu de critiques sur les images, les couleurs, les effets spéciaux. Mais j’ai lu une remarque – dans une critique dont j’ai oublié la provenance – qui a résumé mes impressions et qui a réussi à mette en mots ce que je ressentais. Les images, les couleurs, les effets utilisés semblent vieux mais rappellent quelque chose… en fait, on a l’impression de visionner un film « coloré », surtout lors des couchers ou levers de soleil. Comme si on avait mis plus de couleurs sur les images. En fait, cela évoque beaucoup le film « Gone with the Wind » et quand on se souvient de l’importance du livre dans l’histoire, on a peu de difficulté à faire des liens.

Il est vrai que le jeu des acteurs semble parfois « difficile » et on aurait aimé sentir les personnages plus près les uns des autres. Mais dans l’ensemble, je crois que le film est non seulement très près du livre mais qu’il rend très bien les émotions qu’on peut ressentir en lisant le roman. Adapter un roman signifie qu'on devra couper des scènes, faire des choix, "adapter"... l'important est de rendre l'essence de l'histoire, rendre les thèmes... et je croix que Coppola a su le faire.

Pour moi, il demeure un film très vrai, très vif et chargé d’émotions. On sent que les acteurs – bien que manquant parfois d’expériences – ont offert ce qu’ils ressentaient des personnages. Coppola a même gardé certaines scènes spontanées qui ne faisaient pas parties du scénario (par exemple, lorsque Dallas tombe en bas de sa chaise au cinéparc, on peut même voir Thomas Howell (Ponyboy) regarder la caméra en riant).

Je n'ai pas encore vu la nouvelle version de Coppola. Les scènes ajoutées semblent convenir... je verrai quand j'aurai acheté le DVD. J'ai cependant lu que la musique avait été changée... ce que je crois être une erreur, mais bon... c'est à voir et à entendre.

The Outsider est une histoire sur l’adolescence, écrit par une adolescente et interprétée par des adolescents. Il rejoint les adolescents de toutes les époques. Mais aussi les adultes qui se souviennent encore de cette époque souvent difficile de leur vie... 

Et aujourd’hui, quand je regarde le film, je ressens encore une certaine émotion – un souvenir du premier moment où j’ai visionné le film mais aussi une larme pour cette innocence qui est partie en vieillissant mais que je sais avoir encore un peu au fond de moi… Enfin, j’espère…

Premier article: The Outsiders (1983)

Commentaires sur le roman...

- Sur l'auteur

- sur l'oeuvre: ici, ici et ici

- sur le poème de Robert Frost

- sur le film

- réflexion personnelle (introduction)

Sources :

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22 septembre 2007

The Outsiders (1983)

Cinéma : The Outsiders  (1983)outsiders_ver2

Fiche technique :

Langue : Anglais (VO)
Année : 1983
Durée
: 91 min.
Pays
: États-Unis

Directeur : Francis Ford Coppola
Producteurs : Kim Aubry, Gian-Carlo Coppola
Scénario : S.E. Hinton (roman) ; Kathleen Knutsen Rowell
Cinématographie
: Stephen H. Burum
Musique originale
: Carmine Coppola

Distribution: Matt Dillon (Dallas 'Dally' Winston) ; Ralph Macchio (Johnny Cade) ; C. Thomas Howell (Ponyboy Curtis) ; Patrick Swayze (Darrel 'Darry' Curtis) ; Rob Lowe (Sodapop Curtis) ; Emilio Estevez ( Keith 'Two-Bit' Mathews) ; Tom Cruise (Steve Randle) ; Diane Lane (Sherri 'Cherry' Valance)

Synopsis : (attention spoilers)

Ponyboy, jeune garçon de 14 ans, raconte les événements des dernières semaines qui ont changé sa vie.

Ponyboy est un jeune adolescent qui vit avec ses deux frères – leurs parents sont morts peu de temps auparavant dans un accident d’automobile – dans le quartier pauvre de la ville. Lui et ses amis n’ont pas d’argent et sont appelés des « greasers ». Ils sont constamment en conflit avec les jeunes qui habitent le côté fortuné de la ville et qui s’appellent les « socs ».

Une nuit, Ponyboy et son meilleur ami Johnny sont attaqués par des Socs qui se vengent du fait que plus tôt dans la soirée, leurs petites amies ont passé la soirée avec ceux-ci. Pendant la confrontation, Johnny tue Bob, un des Socs pour défendre Ponyboy. Ils s’enfuient ayant peur de se faire arrêter.

Alors qu’ils sont en fugue, ils sauveront des flammes de jeunes enfants – avec l’aide d’un de leurs amis, Dallas. Malheureusement, Johnny et Dallas sont blessés dans l’incendie. Alors que les blessures de Dallas sont superficielles, celles de Johnny sont très graves.

Ponyboy retourne chez lui et se prépare pour une bataille entre les Greasers et les Socs – en raison des événements précédents. Les Greasers gagnent la bataille, mais alors que Dallas et Ponyboy annoncent leur victoire à Johnny, celui-ci meurt devant ses amis. Dallas ne peut supporter la mort de son ami et perd le contrôle. Il sera tuer par des policiers qui croient qu’il a une arme chargée alors que celle-ci n’a aucune balle.

Ponyboy a de la difficulté à vivre avec la mort de ses deux amis. Il décide d’écrire les événements des dernières semaines et de parler de sa vie et de celles de ses frères et amis en tant que Greasers. Les derniers mots du film sont les mêmes qui sont prononcés lors de la première scène et sont les premiers mots du texte que Ponyboy rédige pour son professeur.

À propos : (attention spoilers)

outsiders21Le roman de S.E. Hinton fut adapté pour le cinéma et dirigé par Francis Ford Coppola. Ce n’était cependant pas une idée de Coppola. Mais un groupe d’élèves et une bibliothécaire – qui adoraient le livre - écrivirent personnellement à Coppola lui demandant de réaliser un film avec le roman « The Outsiders ». Le réalisateur lut le roman et fut touché par l’histoire. Il décida d’adapter le roman pour le cinéma et non seulement il dirigea « The Outsiders » mais il adapta et dirigea « Rumble Fish », un autre roman de S.E. Hinton.

L’auteur participa activement à l’adaptation de son roman au cinéma. Elle participa à la réalisation, aida à localiser et choisir les lieux du tournage et eut même un caméo dans le film : elle interprète l’infirmière dans la chambre d’hôpital de Dallas.

Il y a quelques différences entre le film et le roman. Mais le film est très fidèle au roman. Dans une version qui fut éditée en DVD, il y a quelques années, 22 minutes furent ajoutées au film et cette nouvelle version est encore plus proche du roman. Les scènes ajoutées avaient été coupées de la première version car elles ralentissaient l’histoire. Elles permettent cependant de mieux comprendre les Greasers et explorent plus la relation entre les trois frères. Ces scènes font parties du roman et sont importantes pour la trame de l’histoire.

Il y a cependant quelques différences entre les deux œuvres : couleurs de cheveux, quelques dialogues, et la localisation des quartiers – dans le roman, les deux quartiers sont situés à l’Est et à l’Ouest de la ville, dans le film, ils sont au Nord et au Sud. Mais selon l’auteur, Coppola a repris son idée originale qu’elle avait changée dans le roman. On ne parle pas beaucoup dans le film de la relation de Sodapop avec sa petite amie, et on ne mentionne pas le fait qu’elle soit tombée enceinte de lui. 

Les acteurs qui interprètent les personnages principaux du film, ont pour la plupart continuer une carrière dans le cinéma et sont aujourd’hui connus : Matt Dillon, Tom Cruise, Rob Lowe, Ralph Macchio, Diane Lane, Emilio Estevez, etc.

Quelques critiques du film sont très négatives. Plusieurs disent que Coppola a complètement passé à côté de l’essence du roman. D’autres disent que l’image est aujourd’hui vieille et désuète. Les couleurs sont souvent très fortes et ressemblent à des images de vieux films. Les effets spéciaux sont « faibles » si on les compare à ce qui se faisait déjà à l’époque. On critique aussi beaucoup le jeu des acteurs qui étaient à l’époque de jeunes inconnus, sans expériences. On dit qu’il y a peu de chimie entre les personnages.

Une série télévisée fut également produite en 1990. La série, basée sur les personnages du roman, fut diffusée par Fox network. Encore une fois, S.E. Hinton fut impliquée dans l’écriture et la réalisation. Malheureusement, la série fut annulée après une saison.

Commentaires personnels à suivre

Commentaires sur le roman...

- Sur l'auteur

- sur l'oeuvre: ici, ici et ici

- sur le poème de Robert Frost

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- réflexion personnelle (introduction)

Sources :

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21 septembre 2007

Nothing Gold Can Stay

"Nature's first green is gold,Nothing_gold_can_stay
Her hardest hue to hold.
Her early leaf's a flower;
But only so an hour.
Then leaf subsides to leaf.
So Eden sank to grief,
So dawn goes down to day.
Nothing gold can stay
.
"

Robert Frost

Beaucoup fut dit sur ce poème de Robert Frost. Ce poète américain a écrit plusieurs poèmes et pièces de théâtre. Né en 1874 et mort en 1963, ses oeuvres se penchent surtout sur la vie rurale de la Nouvelle Angleterre tout en cherchant toujours à souligner des thèmes sociaux et même philosophiques...

Plusieurs ont analysé ce poème - et l'oeuvre de Robert Frost - en détail... je mets quelques liens en référence plus bas...

Je n'ai lu Frost qu'après avoir entendu son poème dans le film The Outsiders... je ne lisais pas beaucoup de poèmes en anglais à l'époque. Mais je me rappelle de ces vers et surtout du moment où ils furent récités dans le film... les visages des personnages... Et ensuite, j'ai lu et relu le livre et lu et relu le poème dans le roman... puis le poème dans un recueil de poèmes...

La signification des vers est évidente dans le roman - et le film... et m'est toujours apparue importante. Rien n'est éternel, tout change, tout meurt, rien ne reste innocent et jeune... mais l'important est de d'essayer de garder cette parcelle d'innoncence, d'émerveillement, de beauté... "stay gold"... ;)

Voir aussi: The Road Not taken (poème)

À consulter:

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20 septembre 2007

The Outsiders - III. Commentaires personnels

The Outsiders / S.E. Hinton. – [New   York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4

out0025Commentaires personnels :

Livre très court. À peine 156 pages dans mon édition de poche. Il se lit très vite. Quelques heures à peine. Et pourtant il contient énormément d’émotions. C’est un livre sur l’adolescence écrit par une adolescente. Elle écrit de toute évidence ce qu’elle connaît, ce qu’elle voit. Elle a voulu dire tout haut ce qu’elle ressentait face aux différences, injustices et préjugés qu’elle voyait tous les jours dans son école et dans sa ville. Elle voulait aussi parler des différents problèmes et des réalités des adolescents de son âge : le suicide, la cigarette, l’alcool, le besoin d’appartenance à un groupe, la grossesse chez les adolescentes, la mort, l’école, l’abandon scolaire, etc. Mais jamais on sent qu’on fait la morale. L’auteur ne fait que parler de ces sujets qui font partie de la réalité des jeunes de son époque – mais aussi des jeunes d’aujourd’hui. Car même si certains sujets sont traités selon la vision de l’époque – 1966 – ils rejoignent encore la réalité d’aujourd’hui.

La narration m’a tout de suite rejointe. J’ai immédiatement ressenti de la sympathie pour le narrateur, Ponyboy et j’ai vu sa famille, ses amis, son quartier, les greasers et les socs à travers ses yeux. Ponyboy est particulièrement sensible, peut-être un peu trop. Il semble un peu déplacé au milieu de tous ces gens qui semblent beaucoup plus vrais et réalistes que lui. Mais c’est ce qui au final le rend si attachant. Il semble un peu irréel et naïf. Et c’est un peu le thème du roman… la perte de la naïveté du narrateur… son passage de l’enfance à l’adolescence ou même à l’âge adulte. Ponyboy compare souvent les gens à des personnages de films, voulant ainsi rester dans l’imaginaire. Cependant certains de ces amis sont « trop » vrais et le ramène à la dure réalité. 

C’est un milieu essentiellement masculin et de jeunes. Il y a peu de filles, sauf Cherry. Ce qui n’empêche pas de s’identifier aux personnages. Et, il n’y a pratiquement aucune figure adulte. Le roman met en avant plan l’adolescence, sans vouloir l’expliquer à travers des yeux d’adultes – et l’auteur étant elle-même adolescente permet d’y croire totalement – et sans vouloir que les adultes protègent ou sauvent les jeunes.

Les différences sociales et la séparation entre les riches et les pauvres sont centrales dans le livre, mais je n’ai pas senti que c’était l’unique préoccupation du narrateur. Sa vie familiale et ses relations avec ses deux frères sont également très importantes.

Un aspect important du roman est l’art, principalement, le cinéma et la littérature, ainsi que de façon moins présente la musique. On mentionne souvent des films ou des acteurs. Les adolescents s’identifient à eux. La musique partage souvent les deux bandes, les Socs et les Greasers n’écoutent pas les mêmes musiques. Mais c,est surtout la présence de références littéraires qui nous aide à comprendre le roman ainsi que les relations entre les personnages. Ponyboy est celui qui amène la littérature dans le roman : il parle de livres avec Cherry, il fait la lecture à Johnny lorsqu’ils sont en fugue, il mentionne plusieurs œuvres dans sa narration alors qu’il raconte les événements qui ont marqué quelques semaines de sa vie et lorsqu’il décrit sa vie, sa famille et son quartier. Le poème de Robert Frost « Nothing gold can stay » qu’il récite un matin à Johnny définit le roman. Il souligne cette perte d’innocence et surtout le caractère irréel et spécial de Ponyboy.

Finalement, lorsque à la fin du roman, on comprend que Ponyboy s’apprête à rédiger un travail pour l’école qui commence exactement comme les premiers mots du livre et qu’il va raconter les événements qui viennent de se passer, la boucle est bouclée. C’est la littérature qui permet à Ponyboy de s’exprimer comme il aimerait pouvoir s’exprimer. Dire ce qu’il voudrait pouvoir dire à ses frères, à ses amis, à son professeur mais qu’il se sent incapable de dire.

L’histoire et les personnages m’ont beaucoup touchée. Le roman est loin d’être un chef d’œuvre de rédaction mais il demeure à mes yeux un chef d’œuvre d’émotions.

Extraits :

“Hey,” I said suddenly, “can you see the sunset real good from the West Side?” She blinked, startled, then smiled. “Real good”. “You can see it good from the East Side, too”, I said quietly. “Thanks, Ponyboy.” She smiled through her tears. “You dig okay”.” p. 114.

- Commentaires sur l’oeuvre : ici et ici

- Sur l'auteur

- sur le poème de Robert Frost

- sur le film

- réflexion personnelle (introduction)

Sources:

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19 septembre 2007

The Outsiders - II. Le Roman

The Outsiders / S.E. Hinton. – [New York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4

L’œuvre :

Premier roman de S.E. Hinton publié en 1967 alors qu’elle à peine 17 ans. Le livre fut rapidement un best-seller.

Le roman décrit une réalité que la jeune adolescente vit à tous les jours. Se situant en 1965-66, The Outsiders raconte l’histoireOutsiders de jeunes adolescents d’une petite ville. Mais il raconte surtout les tensions entre les deux classes sociales de la ville : les riches et les pauvres. Parmi les autres sujets abordés dans le roman, nous pouvons voir les relations familiales, principalement entre frères, les liens de l’amitié, et les difficultés du passage de l’adolescence à l’âge adulte.   

L’histoire est racontée par le personnage principal qui a 14 ans. Il raconte dans ses mots, sa vie et son quotidien, ainsi que celle des jeunes de son quartier. Mais il raconte surtout les événements qui ont marqué sa vie : la mort de ses deux amis. Nous voyons ces événements et l’époque à travers les yeux du narrateur.

La différence entre les deux groupes de jeunes est marquée profondément, d’une part par l’argent et d'autre part, par leurs comportements et goûts (vestimentaires, musicaux, etc.). Alors qu’au début du roman, on voit surtout les Socs (les jeunes riches) comme des jeunes insouciants et égoïstes qui n’ont d’autres passe-temps que de battre les Greasers sans aucune raison, boire et faire la fête, petit à petit cette image se transforme. À travers certains personnages, le narrateur réalise que la vie est aussi difficile du côté des riches que du côté des pauvres. Et il réalise aussi qu’ils peuvent avoir des similarités, des goûts communs… et qu’il est possible de lier des amitiés malgré leurs différences de milieu.

Les Greasers sont présentés comme des jeunes issus pour la plupart de familles disfonctionnelles. Ce sont souvent de jeunes délinquants mais les liens qu’ils ont entre eux sont forts. On voit les jeunes Greasers et surtout un certain groupe, encore une fois à travers les yeux du narrateur qui est lui-même un Greaser.

On sent réellement la détresse du garçon, partagé entre les liens et la fidélité avec ses amis et sa volonté de dépasser sa réalité. Il se rebelle, contre les injustices et les préjugés sociaux, contre les classes sociales et les conflits à son école et dans sa ville, contre sa famille, contre tout. Le livre aborde donc également le thème de l’adolescence, ses difficultés, ses réalisations. Il aborde aussi les relations entre les trois frères. La difficulté de vivre ensemble, de s’écouter et de s’aimer malgré les soucis quotidiens.

Le livre rejoint tout d’abord les jeunes de cette époque. Il traite finalement – chose plus rare à l’époque – des différences entre les différents groupes sociaux dans une école. Et il traite des difficultés de l’adolescence. Mais il continue à rejoindre les jeunes – et moins jeunes – encore aujourd’hui.

Le roman présente en grande majorité des personnages masculins. Il y a peu de personnages féminins. On souligne beaucoup les liens forts et les amitiés masculines. Le seul personnage féminin important du roman – Cherry – tente de se rapprocher mais demeure tout de même la cause des problèmes racontés. C’est un peu à cause d’elle que Bob –son copain- est tué par Johnny. Elle tente ensuite d’aider les Greasers, mais pour ce faire agit un peu en traite pour son « groupe », les Socs. Son personnage représente les difficultés des relations entre homme/femme.

On souligne beaucoup dans le roman, l’honneur et la fidélité dans les relations amicales des jeunes – des deux bandes. Les personnages se sentent obligés de se battre pour sauver leur honneur. Il est de leur devoir de venger les torts qui leurs ont été causés. Encore une fois, des deux côtés, et ce même, si ils n’ont pas toujours envie de le faire ou qu’ils sentent que c’est inutile ou un peu ridicules. L’honneur et le devoir envers ses amis sont très importants. On sent que l’auteur veut surtout souligner que ces caractéristiques sont très importantes chez ces jeunes, les Greasers, pourtant considérés comme des délinquants et criminels. Elle cherche ici à les rendre plus sympathiques, humains et surtout souligner que malgré le fait que ces jeunes sont souvent durs, ils peuvent aussi être sensibles et vulnérables.

Mais elle veut aussi montrer que, peu importent les différences sociales, tous les jeunes de son roman sont vulnérables. Que c’est une réaction humaine de se rassembler et s’affronter mais qu’il faut voir au-delà des apparences et de préjugés.

Malgré son extrême popularité, le livre fut souvent critiqué, voire même censuré et retiré de bibliothèques dans certains états américains. Les raisons invoquées étant la violence, le langage et l’alcool.

D’autres critiques du roman est le style très simple, voire simpliste de la narration. L’histoire est racontée par un garçon de 14 ans, provenant d’un milieu populaire. Le langage utilisé est celui de cette époque et de ces jeunes. Évidemment, l’auteur elle-même avait 15 ans lorsqu’elle commença à écrire son roman. On sent nettement une relation proche entre l’auteur et le narrateur.

Le roman de démarque par son caractère réaliste et par son approche différente –surtout pour l’époque. Un roman destiné aux adolescents mais qui est dur, réaliste et chargé d’émotions.

Commentaires personnels à suivre.

- Commentaires sur l’oeuvre

- Sur l'auteur

- sur le poème de Robert Frost

- sur le film

- réflexion personnelle (introduction)

Extraits :

“You want to know something, Ponyboy? I’m scared stiff. I used to talk about killing myself…” He drew a quivering breath. “I don’t want to die now. It ain’t long enough. Sixteen years aint’ long enough. I wouldn’t mind it so much if there wasn’t so much stuff I ain’t done yet and no many things I ain’t seen. It’s not fait. You know what ? That time we were in Windrixville was the only time I’ve been away from our neighbourhood.” p.107

Sources:

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18 septembre 2007

The Outsiders - I. Le Roman

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The Outsiders / S.E. Hinton. – [New York]: Laurel-Leaf Books, 1982. – 156 p. ; 17 cm. – ISBN 0-440-96769-4  

Quatrième de couverture :

Ponyboy is sixteen, tough and confused, yet sensitive beneath his bold front. Since his parents’ deaths, his loyalties have been to his brothers and his gang, the rough, swinging, long-jaured boys from the wrong side of the tracks. When his best friend kills a member of a rival gang, a nightmare of violence begins and swiftly envelops Ponyboy in a turbulent chain of events.

Résumé (attention résumé complet avec spoilers) :

Ponyboy Curtis est un jeune adolescent de 14 ans vivant avec ses deux frères : Darrel 'Darry' Curtis, son frère aîné de 20 ans qui a dû laisser ses études pour s’occuper de ses frères à la mort de leur parents et Sodapop Curtis qui a 17 ans et qui a également laissé l’école. Les trois frères vivent ensemble dans le quartier pauvre d’une ville d’Oklahoma dans les années ’60. La ville est symboliquement partagée en deux groupes, les « greasers » - nommés ainsi parce qu’ils ont les cheveux longs et gominés – qui habitent le côté est de la ville, quartier pauvre et les « socs » signifiant « socials », qui sont les jeunes habitant le côté ouest de la ville et qui sont la classe riche de la ville. Les tensions sont constantes entre les deux groupes.

L’histoire, racontée par Ponyboy, commence alors que celui-ci, en rentrant seul du cinéma, se fait attaquer par un groupe de Socs. Il est sauvé par ses amis, tous des greasers. Le lendemain, Ponyboy va au cinéparc avec son meilleur ami Johnny et un autre greaser Dallas. Ils y rencontreront deux jeunes filles Socs, Cherry et Marcia. Après que Johnny empêche Dallas de flirter avec Cherry, Ponyboy et Johnny vont s’asseoir avec les deux jeunes filles. En marchant plus tard avec elles, les copains des filles, des Socs, arrivent complètement saouls et prêts à se battre. Pour éviter une bataille, Cherry et Marcia partent avec eux.

Ponyboy retourne chez lui, mais parce qu’il est en retard, il se chicane avec son frère Darry, qui le frappe. Ponyboy se sauve alors dans la nuit. Il retrouve Johnny qui dormait dans un champ vacant. Les deux garçons vont marcher dans un parc pour se calmer. C’est alors qu’un groupe de Socs – dont les deux copains des jeunes filles – les attaquent. Alors que les Socs sont en train de noyer Ponyboy dans la fontaine du parc, Johnny essaie de le sauver et poignarde Bob – le copain de Cherry. Bob meurt et Johnny et Ponyboy s’enfuient ne sachant que faire. Ils vont trouver Dallas qui les aidera à s’enfuir et à se cacher à la campagne dans une vielle église abandonnée. Ils y resteront quelques jours… à jouer aux cartes et à discuter. Ponyboy lit à voix haute « Gone with the wind » pour passer le temps. Après quelques jours, Dallas vient les trouver pour leur donner un peu des nouvelles. Les tensions entre les deux clans sont au plus haut niveau et une grande bataille est prévue. Cherry, qui se sent responsable de la mort de Bob, aide les greasers et se dit prête à témoigner en faveur des deux garçons.

Johnny décide de se rendre aux autorités, ce qui choque complètement Dallas. Il accepte néanmoins de les ramener. Sur le chemin du retour, ils retournent à la vieille église pour la trouver en feu. Un groupe de jeunes enfants avec des professeurs en excursion sont sur les lieux. Plusieurs enfants sont encore pris à l’intérieur. Ponyboy se précipite dans l’église pour sauver les enfants. Johnny le suit. Dallas essaie de les faire revenir mais finit par les rejoindre. Ensemble, ils réussissent à sauver les enfants, mais comme à la dernière minute alors que Dallas fait sortir Ponyboy, le toit s’effondre sur Johnny et Dally. Ils sont menés à l’hôpital. Ponyboy n’a que des blessures légères et retrouvent ses frères. Dallas n’a également subi que quelques blessures mais doit resté à l’hôpital. Mais Johnny est gravement blessé, son dos brisé et se trouve en soin intensif.

De retour à la maison, Ponyboy se réconcilie avec ses frères, mais doit vivre avec la situation : bien que les journaux les proclament « héros » pour avoir sauver les enfants, il pourrait être envoyé en centre et Johnny pourrait être accusé du meurtre involontaire de Bob. De plus, la confrontation entre les Socs et les Greasers approche. Il rend visite à ses deux amis à l’hôpital et est dévasté par l’état de Johnny. Il rencontre également Cherry qui leur donne des renseignements sur la prochaine bataille. Ainsi que Randy, l’ami de Bob, qui décide de ne pas rester pour la bataille, las de toutes ces confrontations.

La tension s’accumule chez les Curtis avant la bataille. La confrontation a finalement lieu. Les greasers gagnent « cette » bataille, et Dallas – qui a réussit à sortir de l’hôpital – amène Ponyboy voir Johnny pour lui annoncer leur victoire. Malheureusement, cette nouvelle ne fait pas plaisir au garçon et à bout de force, il meurt devant ses deux amis en disant à Ponyboy de « rester en or » (phrase d’un poème que Ponyboy lui avait récité lors de leur fugue).

Ponyboy retourne à la maison en larme. Dallas, quant à lui, perd le contrôle et s’enfuit, désespéré. Il entre dans un magasin et avec un pistolet – sans balles – menace le propriétaire et le vole. Il appelle ses amis pour qu’ils viennent le chercher. Ils courent le rejoindre mais la police arrive également. Croyant que le pistolet de Dallas est chargé, ils font feu sur lui, devant ses amis. Il meurt.

Pendant plusieurs jours, Ponyboy délirera, incapable de vivre avec les événements des dernières semaines. Il devra ensuite tenter de vivre avec la mort de ses amis. Il devra également aller en cours. Cherry et Randy témoignant en sa faveur, il sera acquitté de toutes responsabilités dans la mort de Bob et pourra rester avec ses frères. Mais il a de la difficulté à s’adapter, n’écoute plus à l’école et est continuellement en conflit avec Darry. Il commencera à reprendre sa vie en main après que Sodapop avoue à ses frères qu’il n’en peut plus. Un jour, son professeur demande à ses élèves d’écrire une histoire pour le cours d’anglais. Il ne sait quoi écrire. C’est alors qu’il trouve dans une copie du roman « Gone with the wind » que Johnny lui a laissé, une lettre de ce dernier qu’il a écrit juste avant sa mort. Ponyboy décide alors d’écrire pour son devoir, l’histoire de ses amis et des derniers mois. Son travail est en fait le roman que l’on vient de lire.

Extraits :

“ “It ain’t fair that we have all the rough breaks!” I didn’t know exactly what I meant, but I was thinking about Johnny’s father being a drunk and his mother a selfish slob, and Two-Bit’s mother being a barmaid to support him and his kid sister after their father ran out on them, and Dally –wild, cunning Dally – tirning into a hoodlum because he’d die if he didn’t, and Steve – his hatred for his father coming out in his soft, bitter voice and the violence of his temper. Sodapop…. a dropout so he could get a job and keep me in school, and Darry, getting old before his time trying to run a family and hang on to two jobs and never having any fun – while the Socs had so much spare time and money that they jumped us and each others for kicks, had beer blasts and river-bottom parties because they didn’t know what else to do.” p.40

Commentaires sur l’oeuvre et commentaires personnels à suivre.

- Sur l'auteur

- sur le poème de Robert Frost

- sur le film

- réflexion personnelle (introduction)

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16 septembre 2007

Les archives de Pauline: Croûtes de pain secrètes

Il m’arrive de faire des sandwichs. Et des rôties. Cela est parfois ardu de trouver du pain tranché qui remplisse tous les critères nécessaires à un bon sandwich ou à des « toasts » bien rôties, mais on arrive à trouver du pain potable. Quand je mange mon sandwich, il m’arrive de laisser des morceaux de la croûte du pain. Quelques miettes seulement, mais il est rare que je vais manger toutes les croûtes. Ce n’est pas que je n’aime pas les croûtes, même si elles sont souvent très sèches. Et je pourrais facilement acheter du pain tranché sans croûte. Très facile à trouver dans les épiceries de Barcelone. Je préfère mon pain tranché avec une croûte car cela m’offre le choix de les manger ou d’en laisser des morceaux.

CroutePainOn ne m’a jamais obligé à manger mes croûtes de pain, ou même à finir mon assiette. Si je n’avais plus faim ou si je n’aimais pas ce qu’il y avait dans mon assiette, ma mère me disait tout simplement de laisser ma nourriture dans mon plat. Et si je ne voulais pas manger mes croûtes, elle me disait d’abord de terminer mon sandwich, mais elle ne m’obligeait pas à manger ces bouts de pain que je laissais dans mon assiette. Et j’avais tout de même droit à un dessert, même s’il restait des croûtes de pain de mon sandwich.

Mes croûtes de pain étaient connues de ma mère, ses croûtes de pain avaient été secrètes. Il n’y avait pas beaucoup de pain quand elle était petite. Il y avait toujours de la nourriture sur la table et ils n’avaient jamais manqué de pain, de viande, ou de légumes. Mais il n’y avait pas non plus de surplus. Et il ne fallait pas gaspiller. C’est bien normal. Une grande famille, un père qui travaillait dur pour peu de sous. Ce qu’il y avait dans l’assiette, il fallait le manger. Même quand on n’aimait pas ça. C’était un péché que de laisser de la nourriture dans son assiette. Et surtout du gaspillage.

Mais quand on est une petite fille, même si on sait tout cela et qu’on le comprend en bonne petite fille sage… quand on n’aime pas ce qu’il y a devant nous, on n’a tout simplement pas envie de le manger. Surtout si on veut du dessert. Et donc, que faire ? Se forcer à tout manger ? Même quand on a plus faim ou surtout, même quand on déteste ça ? Laisser dans son assiette et subir les reproches de sa mère et de son père ? Ou tout simplement cacher les morceaux de nourriture non mangés et non désirés sous la table, sur le pratique rebord intérieur qui semble conçu tout exprès pour cette fonction.

Et donc, morceaux de viande, légumes et croûtes de pain se retrouvèrent rapidement sous la table bien cachés. Ils furent parfois oubliés et ensuite retrouvés dans un état peu appétissants… Et la petite fille se sentit parfois bien coupable de gaspiller ainsi de la nourriture. Elle s’en confessa, se sentit mieux et recommença lorsqu’elle ne se sentait le courage de manger ce qu’elle avait dans son assiette.

Et elle se promit que si elle avait un jour des enfants, elle ne les obligerait pas à finir leur assiette et elle permettrait les croûtes de pain non mangées. Et chaque fois que je mange un sandwich, j’exerce mon droit de laisser quelques croûtes de pain dans mon assiette, même quand j’aurais pu les manger…

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15 septembre 2007

Quelques mots...

"Un mot vaut mille images"

Jacques Poulin (Volkswagen Blues, p.169).

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