10 juillet 2007

Quelques voyages et un peu d'Histoire

Articles publiés sous la catégorie : Quelques voyages et un peu d'Histoire

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  • Dolmen de la Creu de Falibe - publié le 26 juin 2017

 

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Bibliothèques du monde

Premier compilation : 10 juillet 2007
Dernière mise à jour: 6 janvier 2018

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09 juillet 2007

Quand les vacances terminent

Il est temps de reprendre le quotidien. Après les semaines d'inquiétudes et de nuits blanches à se tourmenter sur la santé de mon conjoint, sans oublier le boulot qui gruge les dernières énergies, finalement, ce furent les deux semaines de vacances tantVacances attendues.

Bien sûr, même si le pire est évitée, nous ne savons toujours pas ce qui cause tous ces malaises à mon ami, mais au moins nous pouvions commencer ces vacances avec l'esprit un peu plus tranquille.

Deux semaines. Deux petites semaines. Ces vacances coïncidaient avec la visite de ma belle-soeur et de mon filleul de 10 ans. Deux semaines pour les voir, les faire visiter Barcelone et les environs, la plage, Port Aventura et ensuite les amener 5 jours dans le sud de la France - histoire de voir des châteaux, la passion de mon neveu !

Deux semaines à courir à droite et à gauche, a se coucher tard et se lever encore plus tôt que d'habitude... à parler, parler, rire, et marcher, marcher...

Hier ils ont repris l'avion pour Montréal... nous avions le coeur gros, mais le corps complètement épuisé. Nous sommes allés nous coucher sur la plage... notre troisième journée de plage en deux semaines. Et nous nous sommes endormis. Complètement vidés de notre énergie.

Et aujourd'hui c'est le retour au travail. Alors que nous aurions bien besoin de vacances pour se remettre de nos vacances. Une semaine de fou en perspective... pleins de choses à faire pour le travail... encore des rendez-vous chez d'autres spécialistes pour mon conjoint... du ménage et du rangement...

Mais une chose est certaine... j'ai besoin de reprendre mes activités personnelles. Écrire, lire, et autres babioles... Donc... voilà!

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04 juillet 2007

Cultures, Légendes et Traditions

Articles publiés sous la catégorie : Cultures, Légendes et Traditions


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Premier compilation : 4 juillet 2007
Dernière mise à jour: 26 juin 2017

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18 juin 2007

Des pellicules de matières grises

Des semaines que nous attendons ces résultats. Les problèmes de santé de mon conjoint ne cessant pas, mais étant de plus en plus étranges et surtout mouvants... il y a un certain temps, son docteur l'a envoyé chez le neurologue qui a demandé une résonance magnétique de la tête... évidemment, les déductions, les soupçons, les doutes, les maudites recherches sur Internet - "arrête de chercher sur Internet... tout ce que ça fait, c'est allongé la liste des possibles maladies et problèmes"... mais évidemment, il ne pouvait s'en empêcher... et on se demande à lire tout ça comment on peut n'avoir aucun problème- les semaines précédants et suivants la résonance furent assez pénibles. Des jours s'encourageant, d'autres jours imaginant le pire. Et les douleurs et symptômes continuant et augmentant...

cerveaurEt puis, aujourd,hui... finalement, nous allions chercher les résultats de la résonance... Tout d'abord, nous avions su par d'autres que nous devions aller chercher les résultats nous-mêmes. Ici, la plupart du temps, il faut aller chercher ses radiographies, ses résultats, etc. et les amener au médecin. Je suppose que cela coupe dans la messagerie et le transport, mais c'est assez déroutant. De plus, nous gardons ces radiographies... mon père a de belles radiographies de son estomacs dans son tiroir de bureau...

Mais là... premier choc... on nous remet une grande enveloppe scellée et on nous dit "byebye". Et donc dans nos mains, l'enveloppe qui contient des jours et des jours de questionnement, de peurs et d'angoisse. On se dit que s'il y avait eu quelque chose d'urgent, ils nous auraient appelés...

On se dirige vers le métro et on s'en va chez le neurologue. Qui nous avait simplement dit : "quand vous aurez les résultats, vous viendrez, pas besoin de prendre de rendez-vous". On arrive, on nous dirige vers la porte 4. Et on attend, l'enveloppe sur nos genoux. Après un certain temps, je retourne à la réception et oh désolé, on avait oublié que le neurologue n'était pas là cette semaine. Revenez la semaine prochaine !

Et on fait quoi en attendant !!! On garde tranquillement l'enveloppe sur le bureau en attendant la semaine prochaine ! C'est incroyable ! On nous conseille de peut-être aller voir le médecin qui nous a envoyés chez le neurologue. Il pourra peut-être nous donner les résultats...

Et on repart... silencieusement... et on se rend jusqu'à la clinique... pleins de doute... un rendez-vous pour demain seulement. Et donc, on retourne à la maison... avec l'enveloppe.

Et alors, mon conjoint décide qu'il n'en peut plus... il veut ouvrir l'enveloppe... je ne veux pas... ce sera peut-être pire, on ne saura interpréter les résultats. Mais il est à bout... je le comprends.

Il ouvre l'enveloppe remplie de radiographie de son cerveau et... d'une feuille... on lit la feuille... conclusion: tout est beau !!! Il n'a rien au cerveau, pas de tumeur, rien... le soulagement est intense...

Je suppose que s'il avait eu quelque chose de grave, ils auraient appelé, ils nous auraient donné les résultats plus rapidement... je suppose qu'ils ne laissent partir les gens avec l'enveloppe que s'il n'y a rien de grave... enfin, je suppose...

Évidemment, nous irons demain au rendez-vous, cela va de soi... il faut qu'on nous donne les résultats et qu'on nous explique plus en détails et aussi, il faut faire d'autres tests, les douleurs et malaises étant toujours là... mais un gros poids est levé...

Mais j'avoue que je ne comprends pas trop cette façon de faire... le trajet en métro avec l'enveloppe fut vraiment une expérience très... difficile...

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17 juin 2007

Les archives de Pauline: Quelques années et une fête des pères

Aujourd'hui, nous célébrons la Fête des Pères... "québécoise" car la Fête des Pères "espagnole" est passée depuis quelques mois déjà. Même si je souhaite une joyeuse fête des pères à mon père au mois de mars, pour moi, la véritable fête est au mois de juin. Surtout maintenant. Que nous sommes ici, en Catalogne. Et depuis qu'il a une nouvelle femme dans sa vie. Une espagnole.

Mais cette année, cette fête des pères québécoise est ce dimanche... ce 17 juin... cette même journée, il y a 5 ans, elle nous a quittés… Ma mère est partie un 17 juin, il y a 5 ans… 9 jours après mon anniversaire et 4 jours avant son 32e anniversaire de mariage.

Quelques heures après que ma sœur et moi lui avons chanté ces chansons qu’elle nous chantait enfants… après que nous l’avons laissée dans son lit d’hôpital en lui disant que nous reviendrions le lendemain… alors qu’elle allait mieux et qu’on allait la transférer des soins intensifs à une chambre ordinaire… elle a fermé les yeux pour ne plus les rouvrir. Mon père nous a appelé, mais il était trop tard. Elle était partie.

Il y a 5 ans… il me semble que cela fait des années, des décennies, il me semble que c’était hier. Parfois, un petit bout de moiMontagea1 se rebelle et crie que je refuse cet état des choses…

Chaque année est difficile… et le 17 juin n’est pas une belle journée. Pas de grands discours, mais on se rappelle silencieusement… le lendemain on s’appelle et on se dit doucement… « c’était hier »… « oui »… et on se comprend.

Mais aujourd’hui… ce 17 juin… alors que cela fait 5 ans… c’est également la fête des pères. Mon père qui a aimé ma mère, qui s’est occupé d’elle durant toutes ces années de maladie… qui a tant pleuré…

Aujourd’hui, mon père a une nouvelle femme dans sa vie. Depuis presque un an. Et je n’ai pu l’appeler aujourd’hui… je l’ai appelé hier pour lui souhaiter une bonne fête des pères… lui disant que comme je ne savais pas si je serai là le dimanche, je voulais lui souhaiter tout de suite et que j’avais un petit quelque chose pour lui quand je le verrais…

Difficile pour moi d’admettre cette relation et encore plus difficile de souhaiter une belle fête des pères en cette même journée… enfin… pleins de sentiments contradictoires dont je réalise que certains sont enfantins, mais c’est ainsi… et puis mon père est un peu… «insouciant », du genre à oublier mon anniversaire, du genre à m’annoncer des choses sans penser que cela peut faire de la peine… parce qu’il ne « pense pas »… enfin…

Il m’a tout de même surpris. Il vient de m’appeler pour me demander si je savais quel jour nous étions… bien sûr que je le sais… « cela fait 5 ans que maman est partie »… et donc bien sûr qu’il s’en souvient… peu importe sa nouvelle vie…

Mais bon… je ne pouvais pas lui souhaiter une bonne fête des pères en cette journée. C’est tout.

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15 juin 2007

Le Survenant (Lecture obligatoire)

survenant44C'est la première chose qui vient à l'esprit de bien des gens... et je m'inclus dans ces gens. Depuis quelques années certaines personnes pourraient peut-être penser au film. La version de 1995, évidemment, pas la version de 1957.

J’ai dû lire trois fois le Survenant. Et je l’ai lu 5 fois en tout. Donc, trois lectures obligatoires et deux lectures pour le plaisir.

Et je dois avouer que ma première lecture… hum hum… mes deux premières lectures du roman de Guèvremont furent ardues. 

Secondaire 4, 15 ans, première lecture du Survenant. Roman de la terre écrit avec un langage disons-le légèrement archaïque à mes oreilles. Malgré le fait que j’adorais lire, je dois avouer que la lecture « obligatoire » du roman fut difficile. Je l’ai lu rapidement, en biais et je n’ai absolument rien apprécié, ni compris. Je n’ai retenu que le langage de mes « aïeux » et quelques souvenirs de ma grand-mère : les « veillées », les « contes » et autres coutumes. Mais je n’ai pas réellement lu le roman.

Première année de Cégep, 17 ans et des poussières… autre lecture obligatoire du Survenant. J’étais alors dans le programme de Lettres, mais le cours qui obligeait la lecture du livre était un cours obligatoire pour tous, le cours de français intitulé : Littérature québécoise. Le roman étant un incontournable, il fait partie de la plupart des cursus des cours de littérature québécoise. Encore aujourd’hui… même si certains professeurs sortent des sentiers battus.

Toujours est-il que cette seconde lecture fut à peine plus intéressante. Disons tout de même que je l’ai lu complètement et non en biais, et que je l’ai trouvé légèrement plus intéressant. Quelques personnages m’apparurent plus intrigants et intéressants, mais sans plus.

Et puis ce fut l’analyse en classe. La discussion de groupe. Et puis certaines choses s’éclaircirent, quelques passages se distinguèrent. Et je l’ai relu. Pour moi… pour le comprendre mieux. Et cette troisième lecture non-obligatoire fut agréable. J’ai commencé à lire le livre d’une façon différente. À lire l’histoire, à voir les symboles, à comprendre la poésie des mots utilisés.

Première année d’Études françaises à l’Université de Montréal, 19 ans, ce fameux cours d’une année où il y a 80 livres à lire –sans compter les livres des autres cours-. Dans cette liste de 80 livres, certains étaient obligatoires et communs à tous, d’autres libres. Parmi les livres obligatoires… Le Survenant. Mais cette fois j’étais contente. J’ai donc relu le livre. Et en plus cette fois, j’avais eu des cours d’histoire de mon coin de pays… et j’avais une meilleure idée de contexte social, historique, culturel…

Cette lecture fut particulièrement incroyable… non seulement, je lisais le livre en comprenant finalement l’époque, les symboles, les thèmes… mais maintenant, je pouvais me perdre dans l’histoire… essayer de comprendre le Survenant, ayant de la compassion pour le père Didace et également pour son fils et sa femme… sourire devant les gestes et pensées d’Angélina et le Survenant…

Et puis, il y a quelques mois, j’ai relu le livre… encore une fois, pour moi… bien sûr le nouveau film – pas mauvaise adaptation, il faut le dire – m’a donné envie de relire les mots.

Et je le dis et je le répète c’est un chef d’œuvre… un point marquant dans l’histoire littéraire du Québec mais aussi une histoire touchante, un cri pour la liberté… même si une partie de moi aurait bien voulu que le Survenant reste avec sa « belle brune »…

Et cette lecture obligatoire devient obligatoire car on se doit de lire ce livre… pour son histoire, pour son importante littéraire, pour sa représentation d’une époque de l’histoire québécoise… parce que telle une étoile, le Survenant passe dans notre vie pour ressortir sans avis mais en ayant complètement changé notre perception…

Mais bon… je comprends la difficulté de lire le livre… ma cousine de 16 ans ne l’a pas trouvé bien intéressant… peut-être plus tard…

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13 juin 2007

Toujours en pause...

Quand les jours passentpo_me
j'angoisse de ne pas pouvoir
les retenir

Tant de choses à écrire
mais sans pouvoir vraiment
dire

Et ces inquiétudes qui
s'allongent qui font
minent de vouloir
s'incruster

Des incertitudes
à perte de vue
et cette envie
de ne dormir que pour
vivre dans les couvertures

Puis on se dit
que si on découvrait
notre biographie
on oublierait
qu'il reste
à vivre
un peu

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29 mai 2007

Le Survenant (Suite 2)

Le Survenant / Germaine Guèvremont; chronologie, bibliographie et jugements critiques d’Aurélien Boivin. – Montréal : Fides ; Bibliothèque québécoise, 1986. – 233 p. ; 17 cm. – ISBN 2-7621-0839-X

Commentaires personnels :

L’histoire du roman de Germaine Guèvremont peut sembler simple, voire banale. Un homme – un itinérant – cogne à la porte d’une maison à la campagne pour demander un repas. Le père de la famille, non seulement l’invite à les joindre à leur table, mais lui offre le logis en échange de son travail. Cet homme qui survient à l’improviste dans cette famille, va former des liens avec celle-ci et avec les habitants du village. Il transformera leur vie. Puis il part comme il était venu, à l’improviste.

Le roman s’inscrit également dans ce qui est convenu d’appeler « roman de la terre », bien qu’il soit un des derniers représentants du genre. Il présente en effet, les principaux aspects que l’on peut retrouver dans ce genre de roman : la vie rurale ainsi que les traditions, les valeurs et les habitudes des gens vivant de la terre àSurvenant1 cette époque. On nous présente les différentes tâches rurales quotidiennes et annuelles, puisque nous passons une année entière, un cycle complet, sur la ferme des Beauchemin avec le Survenant. Le roman s’inscrit donc parfaitement dans le genre « terroir » par sa peinture de la vie, « de l’âme » paysanne.

On nous présente également l’opposition entre la vie rurale, sédentaire et traditionnelle et la vie nomade, libre, sans attaches et souvent représentée comme n’ayant pas de morale. La « bonne » vie et la « mauvaise » vie. On oppose aussi les gens vivant à la campagne et dans les villages avec les gens sans attaches, les coureurs des bois, mais aussi les gens vivant à la ville.

Les personnages représentent en général assez bien ces archétypes. Les habitants du Chenal-du-Moine sont sédentaires, ancrés dans la tradition et respectueux des valeurs familiales et religieuses. Ils sont attachés à la vie rurale, simple et fruste. Ils préconisent avant trois valeurs qui sont pour eux fondamentales et qui devraient être universelles : la famille, la religion et la terre.  

Le Survenant, quant à lui, représente l’opposé. Un personnage libre, sans attache, sans famille, sans passé, incertain du futur. Il est fort, bagarreur, aime « bien » vivre, boire et fêter. Il représente la vie errante, l’aventure, les terres et la vie inconnues. Il représente également un ancien style de vie qui rappelle aux habitants sédentaires du village, la vie de leurs ancêtres qui sont venus de loin pour coloniser les terres du Québec.

Mais l’auteur va au-delà de ces archétypes. Elle donne plusieurs dimensions à ses personnages et c’est ce qui fait démarquer son roman du style en général et de d’autres romans du genre.

Les membres de la famille Beauchemin présentent plusieurs aspects contradictoires. Le père Didace sympathise immédiatement avec le Survenant et le considère comme un fils adoptif – en remplacement de son propre fils qui le déçoit. Le Survenant permettra au père de réaliser certains rêves, ainsi que de voir une figure de fils qui lui manque. Il lui procure également l’occasion de finalement fuir – symboliquement et ensuite physiquement - un peu cette famille qui le déçoit ainsi que sa vie qu’il considère terne (alors qu’avant il l’a considérait comme naturelle et remplie de valeurs traditionnelles et importantes). Sa famille est en crise et il le sait.

Le fils Beauchemin et sa femme ne voient pas du même œil la présence du Survenant dans leur maison. Ils sont jaloux, se sentent menacés par cette présence. Mais cette présence les pousse également à exprimer leur véritable nature, leurs désirs et espoirs.

Bien que plusieurs des habitants et voisins sont réticents à la présence du Survenant, ils l’acceptent tout de même pour un temps. Ils viennent le voir, écoutent ses histoires, boivent avec lui, … Le Survenant, bien qu’il amène une rupture dans leur vie traditionnelle, apporte également une pause dans leur vie routinière, tranquille, sûre, mais également lente, répétitive et ennuyante. Cette rupture est à la fois mal vue et souhaitée.

Le Survenant, bien qu’ayant tous les traits typiques du personnage du coureur des bois, du « grand-dieu-des-routes ». Mais il est également un sage qui apporte souvent les bons mots aux bons moments. Malgré ses extérieurs rudes et frustres, il sait se montrer doux et tendre. Il a une personnalité magnétique qui semble attirer les gens à lui, même s’il bouleverse la vie de ceux qu’il croise.

On peut facilement voir dans ce personnage qui arrive, transforme la vie des gens qu’il rencontre, et quitte ensuite sans bruit, une figure de sauveur, presque messianique. Il passe rapidement, le temps d’un cycle annuel, telle une étoile qui guide le chemin. Et son passage va changer la vie de la famille Beauchemin, de l’infirme Angélina et des habitants du village. Il les confronte à eux-mêmes, à leur vie, au choix qu’ils ont fait et aux choix qu’ils doivent faire. Après son départ, les gens ne seront plus les mêmes. Le père Didace prévoit un nouveau mariage, Alphonsine attend finalement un enfant, tous des symboles de renouveau, de recommencement. De plus, certains personnages, comme Amable et Angélina sont plus sûr d’eux-mêmes.

Ce qui rend le roman intéressant et le démarque des autres romans de la terre sont principalement ses personnages uniques ainsi que l’écriture simple mais poétique. On se sent vivre aux côtés des habitants du Chenal-du-Moine, on apprend à les connaître et à les comprendre. Et on veut suivre le Survenant.

Le Survenant est devenu une figure mythique – non seulement dans le roman – mais dans la littérature québécoise. Et ce surtout par cette nouvelle fin que l’auteur a livré quelques mois avant la fin de sa vie. Le personnage demeure maintenant un mystère. Contrairement à la première version du roman, le personnage quitte les Beauchemin et le Chenal-du-Moine sans qu’on ne sache rien de lui que ce qu’il a nous a laissé entrevoir lors de son passage. Son importance demeure d’avoir transformé les vies de ceux qu’il a croisé…

- Commentaires sur l'auteur
- Le Survenant (suite 1) - Résumé et oeuvre
- Le Survenant (Lecture obligatoire) – Réflexion personnelle

Extraits :

« Angélina approchait. Venant l’aperçut.

- Aïe, la Noire ! Veux-tu me servir pour l’amour de la vie ? Je me meurs de faim.

Ce premier tutoiement la remua toute. La voix un peu tremblante, elle dit :

- Si vous voulez ôter votre étoile de sur la table, je vous apporte une assiette enfaîtée.

- Mon étoile ?

- Oui, votre grande main en étoile… 

Il vit sa main dont les doigts écartés étoilaient en effet la nappe. Il éclata de rire. Mais quand il se retourna pour regarder l’infirme, celle-ci avait disparu parmi les femmes autour du poêle. »

Sources :

http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurG/guevre_g/surve_gg.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Survenant_(roman)
http://www.germaineguevremont.ca/
http://www.geocities.com/comunitatea_romina/gheorghemircea_survenant.htm
http://www.fabula.org/actualites/article17040.php
http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/816.html
http://jydupuis.apinc.org/dotclear/index.php/2005/05/28/78-le-survenant-de-germaine-guevremont


 


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28 mai 2007

Le Survenant (Suite 1)

Le Survenant / Germaine Guèvremont; chronologie, bibliographie et jugements critiques d’Aurélien Boivin. – Montréal : Fides ; Bibliothèque québécoise, 1986. – 233 p. ; 17 cm. – ISBN 2-7621-0839-X

survenantRésumé :
Un soir d’automne, pendant le repas, un inconnu frappe à la porte de la famille Beauchemin vivant dans un village québécois nommé Chenal du Moine, tout près de la ville de Sorel. L’inconnu demande à manger et le père de famille Didace Beauchemin, l’invite à joindre sa famille à table. L’étranger, dont on ne connaîtra jamais le nom et que l’on appelle tout simplement, « le Survenant » ou encore « Venant » s’installe donc chez les Beauchemin pour y travailler dans les champs et sur la ferme. La famille, composée du père d’une cinquantaine d’année, veuf, de son fils Amable et de sa bru Alphonsine, accueille cet homme d’environ 30 ans, dans leur logis.

Le Survenant est un homme fort, travaillant, adroit et solide, mais aussi insouciant, beau parleur et légèrement bagarreur et buveur. L’étranger plait immédiatement à Didace mais son fils et sa femme le voit comme un intrus dans leur famille. Il prend peu à peu part à la vie de la famille Beauchemin mais également des voisins et les gens du village. Il se liera particulièrement avec Angélina Desmarais, une « vieille fille » malgré son âge, à cause d’une légère infirmité, qui habite avec son père.

L’étranger, qu’on considère et appelle parfois « Grand-Dieu-des-Routes » transformera la vie des habitants du Chenal du Moine, en particulier la vie des Beauchemin et d’Angelina, qui s’épanouira enfin. Il devient rapidement une personne importante dans la vie de Didace et Angelina. Mais il cause aussi bien des jalousies et commérages. Il représente à la fois la liberté des grands chemins mais également une menace à la vie sédentaire des gens du village.

Le Survenant travaillera pour les Beauchemin pendant une année entière. Il participera à la vie des Beauchemin mais également à celles des gens du village. Participant aux soirées, contant des histoires de ces jours sur la route, buvant avec les hommes, « flirtant » avec les femmes. Le Survenant semble s’adapter petit à petit à la vie sédentaire. Mais bientôt il doit choisir, rester avec le père Didace qui le traite comme son fils adoptif et avec Angélina qui est amoureuse de lui, ou bien répondre à son besoin de liberté et reprendre la route.

Il quittera le Chenal du Moine un autre soir d’automne, à l’improviste, sans avertir, sans dire adieu. Son départ laisse certains tristes, d’autres contents, mais personne indifférent. Il a transformé les gens qu’il a rencontrés.

L’œuvre :

L’édition lue et étudiée dans ce billet est celle de 1968. L’auteur qui avait d’abord publié « Le Survenant » en 1945 avait remis, en 1968, quelques mois avant sa mort, à son éditeur une copie de l’édition de 1966 avec des corrections.

Germaine Guèvremont avait apporté quelques corrections mineures à son texte, principalement de nature linguistique ou stylistique. La trame reste la même, aucun ajout ou retrait de passages. La principale correction est une modification du dénouement. Dans le roman paru en 1945, la fin dévoile un peu l’identité du Survenant et nous donne des éléments de sa vie ancienne. L’auteur décide de changer sa fin et de laisser l’identité du Survenant, un mystère. Le Survenant demeure ainsi un mystère, un personnage mythique.

Ce changement ajoute à l’aspect légendaire, presque irréel du passage du Survenant dans la vie des habitants du Chenal le Moine. Le personnage devient plus grand que nature. C’est un changement d’importance et qui a beaucoup apporté, selon nombres de critiques, à l’œuvre de Guèvremont.

« Le Survenant »  est un pilier de ce qu’on appelle le « roman de la terre » canadien-français. Il marque cependant la fin d’un genre qui est né au 19e siècle. Le roman de la terre « québécois » exalte les bienfaits de la terre par laquelle passe le salut de l’âme. Plusieurs de ces romans, « diabolisent » le coureur des bois, le nomade et les villes. Le roman de Guèvremont reprend les mêmes thèmes, mais les différences sont moins claires. On met encore une fois en évidence l’opposition entre la vie sédentaire et la vie nomade. Mais on voit moins clairement l’opposition bien/mal entre ces deux types de vies. Le roman ne prend pas clairement position et se fait beaucoup moins moralisateur que la plupart des romans de ce genre. Il présente encore un portrait de la vie rurale mais les personnages sont plus complexes et conflictuels.

Le roman québécois changera après la guerre et le roman de la terre s’éteint peu à peu. « Le Survenant » est souvent considéré comme le dernier roman du genre. La guerre, l’industrialisation, la ville, puis la révolution tranquille va transformer les thématiques des romans québécois. Avec la vie en campagne qui décline, les valeurs religieuses et culturelles du genre disparaissent de la littérature de l’époque.

Autant dans le roman, il y a un « avant » et un « après » le Survenant pour les autres personnages, autant il y a un « avant » et un « après » Le Survenant dans le paysage de la littérature québécoise.

Le succès du roman fut immédiat. Les critiques de l’époque sont élogieuses pour ce roman de la terre, écrit par une femme de surcroît. L’histoire est simple et n’est pas en soit original. Mais l’écriture simple et poétique de l’auteur, les descriptions ainsi que la finesse de la psychologie des personnages contribuent à en faire un grand roman.

Roman de la terre, roman régionaliste, «Le Survenant » est surtout un roman de liberté. Adapté à la radio et à la télévision, le roman fut à nouveau adapté pour le cinéma en 2005.

Sources
:

http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurG/guevre_g/surve_gg.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Survenant_(roman)
http://www.germaineguevremont.ca/
http://www.geocities.com/comunitatea_romina/gheorghemircea_survenant.htm
http://www.fabula.org/actualites/article17040.php
http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/816.html
http://www.thecanadianencyclopedia.com/index.cfm?PgNm=TCE&Params=F1ARTF0005839

** Commentaires et réflexions personnelles à suivre...

 

- Commentaires sur l'auteur 
- Le Survenant (suite 2) - Commentaires personnels
- Le Survenant (Lecture obligatoire) – Réflexion personnelle

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21 mai 2007

Le Survenant

Le Survenant / Germaine Guèvremont; chronologie, bibliographie et jugements critiques d’Aurélien Boivin. – Montréal : Fides ; Bibliothèque québécoise, 1986. – 233 p. ; 17 cm. – ISBN 2-7621-0839-X


Quatrième de couverture : 

- Vous autres, vous savez pas ce que c’est d’aimer à voir du pays, de se lever avec le jour, un beau matin, pour filer fin seul, le pas léger, le cœur allège, tout son avoir sur le dos. Non! Vous aimez mieux piétonner toujours à la même place, pliés en deux sur vos terres de petite grandeur, plates et cordées comme des mouchoirs de poche.

L'auteur :

Germaine Grignon est née à Saint-Jérôme (au Québec) en 1893. Son père qui était avocat et sa mère qui s’adonnait à la peinture étaient tout deux des rêveurs et aimaient la littérature. Sa mère était une parente du fameux curé Labelle qui est renommé pour son implication dans le développement de la colonisation du pays.Germaine Germaine Grignon est également la cousine de l’auteur Claude-Henri Grignon qui a écrit entre autre le très connu roman : « Un homme et son péché ».

On lui fit faire des études chez les sœurs de Sainte-Croix à Sainte-Scholastique, ville de son enfance, puis chez les sœurs de Sainte-Anne à Saint-Jérôme et à Lachine. Son éducation fut complétée par des cours de piano et d’anglais à Toronto.

Elle occupa un poste au palais de justice de Saint-Scholastique puis à Sorel, pendant quelques années. Lors d’un voyage à Ottawa, elle rencontra Hyacinthe Guèvremont et ils se marièrent en 1916. Le couple vivra d’abord à Ottawa. Quatre ans plus tard, ils s’installent à Sorel qui est la ville natale de son mari. Ils auront cinq enfants.

En 1926, après la mort d’une de ses filles à l’âge de trois ans, Germaine Guèvremont décide d’écrire et devint tout d’abord journaliste pour le journal montréalais The Gazette. Elle écrira également pour le Courrier de Sorel. Lorsqu’elle s’installe à Montréal en 1935, elle interrompt brièvement sa carrière journalistique pour la reprendre en 1938, alors qu’elle écrit pour la revue Paysanna divers articles sur la culture. Elle y publie également des contes et des romans feuilletons.

Elle collaborera à la rédaction de la série des « Belles histoires des Pays d’en haut » avec son cousin Claude-Henri Grignon. Elle écrira également, en 1939, une pièce de théâtre « Une grosse nouvelle » ainsi qu’un roman-feuilleton intitulé « Tu sera journaliste » et qui est à caractère autobiographique. Dans beaucoup de ses œuvres et notamment dans ses contes, on peut retrouver comme sujets principaux la vie au Chenal du Moine ainsi que la famille Beauchemin.

À partir de 1940 jusqu’en 1942, elle écrit pour la revue L’Oeil, un billet mensuel. Elle utilise alors un pseudonyme « La femme du postillon ». C’est en 1942 qu’elle publiera un recueil de ses meilleurs contes intitulé « En pleine terre ».

Elle publie son œuvre principale et la plus célèbre « Le Survenant » en 1945. Ce roman qu’elle prend deux ans à écrire reprend l’univers de ses contes et elle y introduit de nouveaux éléments dont les célèbres personnages du Survenant et d’Angélina. Le livre est immédiatement reconnu comme une œuvre importante de la littérature canadienne-française (« québécoise »). Il recevra d’ailleurs les prix Duvernay (prix de la Société Jean-Baptiste) en 1945 et David en 1946. Il recevra également le prix Sully-Olivier de Serres en 1946 en France (prix de l’Académie francaise).

Ce succès est immédiatement suivi de la publication en 1947, d’un autre roman, qu’elle intitule « Marie-Didace ». Ce dernier qui est une suite du Survenant connaît également un vif succès. La même année elle reçoit la médaille de l’Académie canadienne-française qui est lui est décernée pour l’ensemble de son œuvre. Elle avait prévu une suite à ses deux romans. Ce roman, qui devait s’intituler « Le plomb dans l’aile »  restera une ébauche.

Elle sera élue membre, en 1949, à cette même Académie – aujourd’hui nommée l’Académie des lettres du Québec. Les deux romans seront traduits et publiés à New York et Londres en 1950. La traduction du Survenant, intitulé « The Outlander » obtiendra le prix du Gouverneur Général au Canada.

Germaine Guèvremont  adaptera ensuite ces œuvres, tout d’abord pour la radio sous le titre « Chenal du Moine » (radioroman) et ensuite pour la télévision (téléroman). Ces deux œuvres seront diffusées avec succès jusqu’au début des années 60.

La Société royale du Canada l’invitera à devenir membre en 1961. L’année qui suivit elle participe au Nouveau Journal. Elle recevra aussi de l’Université Laval à Québec et de l’Université d’Ottawa des doctorats « honoris causa ». Elle publie dans le journal Le Devoir et le magazine Châtelaine, certains passages d’un recueil de souvenirs qu’elle est en train de rédiger et qui doit s’intitulée « Le Premier Miel ». Ce recueil demeurera inachevé puisqu’elle décède en 1968 à Terrebonne au Québec.

Bibliographie :

Tu seras journaliste (1939) – Roman sous forme d’un feuilleton
En pleine terre. Paysanneries. Trois contes (1942) - Contes
Le Survenant (1945) – Roman
Marie-Didace (1947) – Roman

 Sources :

http://felix.cyberscol.qc.ca/LQ/auteurG/guevre_g/surve_gg.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Survenant_(roman)
http://www.germaineguevremont.ca/
http://www.geocities.com/comunitatea_romina/gheorghemircea_survenant.htm
http://www.fabula.org/actualites/article17040.php
http://bilan.usherbrooke.ca/bilan/pages/evenements/816.html
http://jydupuis.apinc.org/dotclear/index.php/2005/05/28/78-le-survenant-de-germaine-guevremont


Commentaires à suivre...

 

- Le Survenant (suite 1) - Résumé et oeuvre
- Le Survenant (suite 2) - Commentaires personnels
- Le Survenant (Lecture obligatoire) – Réflexion personnelle

 

Posté par Laila_Seshat à 22:08 - Commentaires [3] - Permalien [#]
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