19 mai 2007

Invasion et conquête

Près de 3  ans que je demeure dans mon appartement. Tous les printemps, les hirondelles arrivent et restent jusqu'au début de l'hiver.

hirondelle Oiseaux très inquiétants, selon moi. Présents un peu partout dans la ville, ils ont établis un de leur quartiers à côté de chez moi. Quelques nids juste au-dessus du balcon de ma voisine qui jamais ne sort sur celui-ci. Tous les matins et toutes les fins d'après-midi, les hirondelles volent dans le ciel en face de chez moi, en cercles. Les cris de ces oiseaux, très stridents, occupent de longues heures chaque jour. Très effrontées, les hirondelles n'hésitent pas à presque nous toucher dans leur vol et terrorisent littéralement mon chat.

Mais voilà... l’année dernière ce fut presque la fin de leur règne de terreur ! De grands oiseaux blancs, probablement une espèce de goélands sont venus s’installer... Il y avait toujours eu de ces oiseaux, habituellement un ou deux... Établis sur les dômes de l'arène de taureaux en face de chez moi. Quelques tours majestueux au-dessus du Monumental et puis s’en allaient.

Mais en quelques jours, plusieurs goélands sont venus rejoindre leurs compagnons et nous avons assisté tranquillement à une invasion en règle. Aussitôt que les hirondelles commençaient leur tournée matinale, un premier goéland s’élevait. Il prenait son vol et poussait des cris très précis, après quelques minutes, 5-6 de ses compagnons l’avaient rejoint et volaient dans le ciel en face et au-dessus de chez moi en poussant des cris et en repoussant toujours plus loin les hirondelles qui n’avaient pas le choix de voler plus haut ou s’éloigner tout simplement. Et ce, jusqu’à ce que les hirondelles disparaissent complètement du ciel. Alors les goélands retournaient à l’arène de taureaux tranquillement. Mais si, les hirondelles revenaient et recommencaient à voler, le cri du goéland reprend, alertant ces compagnons et chassant de nouveau celles-ci.

Les hirondelles ont tentés de sortir à des heures différentes, mais les goélands veillaient et ne les laissaient jamais voler très longtemps. Celles-ci ne semblaient pas pouvoir conserver leur territoire, même si elles essayaient. Habituellement, elles battaient rapidement en retraite.

Toute l’année, les goélands ont dominé le ciel. Mais avec le printemps, les hirondelles sont revenues. Et elles recommencent leurs rondes et leurs cris au-dessus de mon balcon. Pour le moment, les goélands les observent et ne semblent pas les chasser. Ont-ils décidé de les tolérer ? Ou vont-ils à nouveau les chasser ? Les hirondelles vont-elles finir par abandonner leur territoire ? Laisseront-elles les goélands conquérir ce bout de ciel ? Est-ce l’annonce d’une paix ? Ou simplement l’accalmie avant le prochain affrontement ?

Mon chat se cache et attend la fin de ce nouvel épisode de la guerre de ces oiseaux… Qui le terrorisera à la fin de ce combat ?

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16 mai 2007

Longue pause

Beaucoup de textes en préparation... plusieurs lectures en cours... mais ces dernières semaines furent légèrement dingues. Unepause longue préparation pour un congrès d'une semaine à Santiago de Compostella et ensuite quelques inquiétudes. Quelques inquiétudes - assez alarmantes - sur la santé de mon copain...

Et donc, je n'ai pas vraiment pu écrire et griffonner sur mes carnets... longue pause.

Les inquiétudes se sont apaisées pour le moment, encore quelques doutes et craintes... mais pour le moment, on respire.

Et puis le congrès a eu lieu...

De retour... peut-être pas à 100% car je dois avouer une petite lassitude, mais j'ouvre mes cahiers et je me sens prête à gribouiller un peu...

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24 avril 2007

Crime littéraire: lecture légèrement coupable

50Ce n'est pas un bien grand crime... quelques lectures et deux livres que je possède. Mais ces lectures et ces deux livres demeurent un secret. Je crois que je n'ai pas jamais "avoué" ces lectures et la possession de ces deux livres. Et donc, la raison de ce crime littéraire qui se résume donc essentiellement à une lecture "légèrement" coupable.

Légèrement... car tout de même... ce n'est rien de très grave... juste des lectures dont je n'aime parler, que je n'ose pas avouer, car enfin, je parle ici de... de... - aller un peu de courage - de romans Harlequin !!!

Évidemment, j'accuse immédiatement ma mère. Et même, notre voisine de cette époque. Car ma mère a seulement commencé à lire des romans Harlequin uniquement lorsque cette voisine commença à lui prêter des livres. Et puis, ma mère commença à en acheter elle aussi. Ils étaient facilement accessibles, puisqu'il y en avait au dépanneur juste à côté. Et puis, ils étaient si peu dispendieux. Ma mère les achetait au dépanneur ou à l'épicerie et la voisine, les achetait près de son travail. Et puis, une fois qu'elles avaient lu leurs achats respectifs, elles se les échangeaient. C'était assez rapide... les livres étant si courts et prévisibles.

Mais pour une raison quelconque, pendant quelques années, ma mère se lança dans la lecture de ces romans. Et aux personnes qui ne connaissent pas ce type de lecture, il existe différents types de collections aux romans Harlequin. Et pendant ma jeunesse, il y eut toujours quelques livres Harlequin, de différentes collections qui traînaient dans la maison.
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Et évidemment, la grande lectrice que je suis... hum hum... en lut quelques uns... bon... disons... plusieurs. C'est qu'ils étaient là ! Sur la table du salon, sur la table de cuisine, sur le meuble du passage, enfin, un peu partout. Et puis, on se laisse tenter et on lit. Et c'était si rapide. Quelques heures et c'était terminé.

Pour ma défense, disons que rapidement, j'ai compris le principe... c'était toujours pas mal la même histoire. Et les jeunes filles, fortes mais vulnérables me tombèrent rapidement sur les nerfs - et pour la défense de ma mère, elle abandonna elle aussi ce type de lecture... moins rapidement que moi, car enfin, sa voisine, elle, continuait à lire ces livres. Disons, qu'elle continuait par amitié.

Mais, malgré la médiocrité de ces lectures, je possède encore deux de ces livres. Et oui, deux livres furent un peu différents, m'ont intéressée pour une raison quelconque - même si la qualité de l'écriture est pauvre, l'histoire banale et beaucoup trop romantique (je n'aime pas habituellement les histoires d'amour et romantique !)  et je les ai conservés !

Ne me demandez pas les titres - ils sont tabous ! Et non, ils ne sont pas dans ma bibliothèque, ils sont bien cachés. Peut-être leur conservation a-t-elle à voir aussi avec le souvenir de ces moments... je revois ma mère lire ces livres, je la voie avec la voisine sur le balcon à les échanger... Enfin... j'en ai gardé deux, que je relis parfois rapidement et que je trouve bien ridicules, mais que je garde, honteuse et coupable...

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23 avril 2007

Un livre et une rose

En ce 23 avril, la Catalogne célèbre ! On fête le patron de la Catalogne, Saint Georges, ou plutôt Sant Jordi. C'est la journée duSanJordi livre et de la rose. Et puis, finalement, cette fête fut déclarée officiellement par l'UNESCO, la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur.

Plusieurs légendes entourent Saint Georges. Militaire romain, martyr chrétien au IVe siècle, combat avec le dragon...

Georges était originaire de Cappadoce et servait dans l'armée romaine. Il arriva un jour dans une ville nommé Sylène (en Lybie) terrorisé par un dragon. On lui donnait régulièrement une offrande - des brebis - mais on fut rapidement obligé d'offrir des sacrifices humains.  Lorsque la fille unique du roi fut désignée comme victime, Georges fut touchée de son sort - et de ses larmes - et décida de la sauver "au nom du Christ".

Il combattit le dragon avec sa lance. Il le blessa d'abord. Il dit alors à la princesse, de tenir en laisse le dragon avec sa ceinture qui se mit à la suivre. Lorsque les habitants de la ville ainsi que le roi furent témoin de ce "miracle", ils se convertirent immédiatement et se firent baptiser. Georges tua alors le dragon avec son épée. On dit que de la blessure du dragon infligée par Saint Georges, jaillit du sang et que lorsque celui-ci toucha le sol, un rosier émergea. Saint Georges cueillit une rose de l'arbuste et l'offrit à une princesse. Celle-ci, touchée par le geste, lui offrit un livre pour lui témoigner sa gratitude ainsi que son amour. Ces deux gestes incitèrent tout le peuple à se convertir au christianisme. un nouveau rosier renaît chaque année à ce même endroit.

Et on perpétua cette tradition - directement issue de la "Légende dorée" (ouvrage rédigé au XIIIe siècle qui relate entre autres les vies de saints, saintes et matyrs chrétiens) - particulièrement en Catalogne et elle devint la "fête des amoureux". Lors de cette fête, beaucoup plus populaire que la Saint Valentin, les amoureux s'échangent une rose et un livre. Traditionnellement, l'homme offre une rose à son amoureuse et la femme offre en retour, un livre. Aujourd'hui, on s'échange un livre et une rose en cette journée - peu importe son "sexe"...
 
La Sant Jordi - la Saint Georges - est également devenu un symbole de l'identité catalane. De plus, l'association entre la Sant Jordi et l'anniversaire de la mort de Cervantes - ainsi que Shakespeare, et de la Vega - tous trois auteurs célèbres et décédés un 23 avril de 1616,  fut également une raison pour célébrer le "Jour du Livre" en cette journée. On célèbre également ce 23 avril pour promouvoir le livre et la culture à travers le monde. Et donc la tradition catalane devint une fête internationale.

Depuis quelques jours et plus particulièrement aujourd'hui, en ce 23 avril, les rues de Barcelone font la fête. Les drapeaux catalans, les kiosques de livres et de fleurs envahissent les rues. Et avec ce soleil qui a réapparu depuis quelques jours... Barcelone fait la fête !

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20 avril 2007

Suburbia (1984)

Cinéma : Suburbia (1984)suburbia2

Fiche technique :

Langue : Anglais (VOA)
Année : 1984
Durée
: 94 min.
Pays
: EU

Directeur : Penelope Spheeris
Producteurs : Bert Dragin, Roger Corman
Scénario : Penelope Spheeris
Cinématographie
: Timothy Suhrstedt
Musique originale
: Alex Gibson 

Distribution: Chris Pedersen (Jack Diddley); Bill Coyne (Evan Johnson); Jennifer Clay (Sheila); Timothy Eric O'Brien (Skinner); Wade Walston (Joe Schmo); Mike B. the Flea (Razzle)

Synopsis : (attention spoilers)

Les T.R (The Rejected) sont une bande jeunes – la plupart faisant partie du mouvement punk - ayant quittés leur famille pour diverses raisons et qui vivent dans une maison abandonnée dans un quartier désaffecté de Los Angeles.

Le film nous présente une tranche de vie de ces jeunes de la rue en se penchant sur quelques personnages en particulier. Nous pouvons suivre Sheila, Joe, Jack, Evan, Razzle, Skinner, … dans leur vie quotidienne. La plupart ont quitté un milieu familial inadéquat – parents alcooliques, abuseurs, etc. – pour se réfugier dans cette « nouvelle famille » qui les acceptera pour ce qu’ils sont vraiment. Malheureusement, certains habitants de quartiers environnants ne voient d’un bon œil, les résidents « illégaux » de ces maisons abandonnées.

À propos : (attention spoilers)

Écrit et dirigé par Penelope Spheeris, le film Suburbia – aussi connu sous les noms de « Rebel Streets » et « The Wild Side », est considéré comme un des films piliers du cinéma punk des années ’80. Penelope Spheeris avait auparavant dirigé un documentaire « punk rock » intitulé « The Decline of Western Civilization ». Pour le film Suburbia, Spheeris s’associe à Roger Corman, reconnu pour ses films à petits budget, voire de série B.

La réalisatrice ne choisit pas de vrais acteurs pour représenter les jeunes punks, seuls Chris Pederson (Jack) et Bill Coyne (Evan) sont des acteurs professionnels; ainsi que Mike B. the Flea qui en plus d’être apparu dans d’autres films, est le basiste fondateur du groupe The Red Hot Chili Peppers. Tous les autres jeunes du film ont été recrutés parmi de vrais jeunes de la rue – environ 14 personnes. La réalisatrice aurait d’ailleurs déclaré qu’elle savait qu’elle ne pouvait pas changer des acteurs en punks, mais qu’elle pouvait changer des punks en acteurs. Le quartier abandonné utilisé pendant 5 semaines – pendant l’hiver de 1982-1983 - pour le tournage était réellement un endroit désaffecté qui devait être détruit pour laisser place à une autoroute.

Le film est encadré par une scène initiale et finale qui met en scène la mort brutale d’une enfant. Ces scènes veulent mettre en évidence la violence fortuite, aléatoire et surtout incohérente de notre société. Elles veulent également mettre en scène la destruction de l’enfance et de la jeunesse par la société. Les jeunes punks du film se révoltent contre l’intolérance de la société, contre la volonté de détruite toute forme d’individualisme et d’originalité. Ces jeunes se révoltent contre la société qui est directement responsable de leur rage et révolte. On souligne avec force comment des jeunes en crise d’identité, troublés et sans direction sont traités et considérés par la société qui est en partie responsable de leurs problèmes.

La réalisatrice, en plus de ces scènes piliers qui encadrent le film (scène du début et de la fin), utilise plusieurs métaphores pour mettre en évidence ce rôle négatif de la société : les chiens sauvages, la scène de « dénuement » d’une fille lors d’un concert, la coupe de cheveux ou la brûlure du signe TR, etc., …

Commentaires personnels: (attention spoilers)

Genre : Drame

Suburbia se veut une représentation quasi documentaire de la vie de jeunes punks de la rue au début des années 1980. On nous présente d’abord quelques personnages et surtout les raisons qui ont fait qu’ils ont quitté leur vie familiale.

suburbiaIl y a Evans qui ne peut plus vivre avec sa mère alcoolique, Sheila qui fuit un père qui abuse d’elle, Joe qui est incapable de comprendre la relation homosexuelle de son père, Jack qui ne peut accepter le remariage de sa mère avec un policier de race noire, et ainsi de suite. Ces jeunes quittent leur milieu familial pour se retrouver dans une maison abandonnée et dans une nouvelle « famille ». Ils passent la journée à écouter la télévision, à chercher de la nourriture dans les garages de maisons de banlieues et à écouter des concerts de musique punk.

Mais les gens des quartiers avoisinants ne voient pas d’un bon œil ces jeunes squatters. Ils les considèrent comme une menace réelle à leur environnement. Et lorsque une des filles –Sheila- se suicide, ne pouvant supporter les abus qu’elle a subis de son père. Les autres squatters anéantis par cette mort, ne sachant que faire du corps de leur amie, vont porter Sheila chez ses parents. Voulant assister aux funérailles, ils s’installent silencieusement dans les derniers bancs de l’église. Les parents de Sheila ne peuvent accepter qu’ils soient présents et leur demandent de quitter. Comme ils refusent de quitter, une bataille s’ensuit, les jeunes accusant le père d’avoir abuser de Sheila et les parents accusant les jeunes d’avoir contribué à la mort de leur fille.

Les gens du quartier – sous le couvert de « Citizens against Crime - veulent chasser les jeunes de leur refuge et décident de prendre tous les moyens nécessaires à cette fin. Les jeunes sont avertis par un policier – le beau-père de Jack – mais ils décident de se battre pour cette maison qui est leur chez-soi. Ils se battent pour leur liberté d’être eux-mêmes, mais le film se clôt sur la mort du petit frère d’un des jeunes. Il est frappé par l’auto d’un des citoyens – par accident.

Même si le jeu des acteurs – ou plutôt des jeunes qui on le rappelle ne sont pas des acteurs professionnels – est souvent critiqué, il demeure selon moi, plus qu’adéquat. On sent un jeu naturel, surtout dans les scènes de vie quotidienne. Les dialogues semblent parfois forcés mais restent crédibles.

Le film est une peinture assez crédible de la réalité de squatters punks vivants dans ce début des années ’80 aux Etats-Unis. Les scènes de concerts par des groupes punks connus contribuent à donner un air de reportage au film de Spheeris.

Ce qui me semble particulièrement intéressant est cette peinture de la vie des jeunes punks qui sont eux-mêmes à la fois, pleins de tristesse, de désespoir mais également pleins de rage de vivre… et de rage tout simplement… contre eux-mêmes et contre la société. Ils ne sont pas parfaits, ils commettent certains crimes mais ne sont pas non plus des « monstres » et sont donc également des victimes. On les accuse de tous les crimes alors qu’ils ne cherchent qu’à vivre librement loin de leur ancienne vie…

Le scénario est intéressant mais semble plus touchant et crédible lorsqu’on s’éloigne de l’histoire dramatique et qu’on se concentre sur les instants « quotidiens ». L’histoire entourant la mort de Sheila et le drame qui s’ensuit est tout de même crédible même s’il tend à souligner le caractère « non-professionnel » du jeu des acteurs et du scénario.

Ce film ne se démarque de toute évidence pas par ses qualités cinématographiques ou par son scénario, mais il présente une réalité certaine et cherche à mettre en évidence le déclin de la société moderne – de cette fin du XXe siècle. Il est également un film culte du mouvement punk. Et malgré l’aspect clairement dramatique, voire tragique, du film, on garde un aspect léger et même comique dans plusieurs scènes.

Malgré les défauts et manques du film, il demeure un film important du mouvement punk.

Sources :

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16 avril 2007

Les archives de Pauline: Beurre de pinottes et un peu de café

Quand je suis arrivée à Barcelone, il y a quelques petites choses qui m'ont manqué... des petites choses que je ne pouvais trouver à Barcelone. Bizarrement, ce fut principalement des aliments... sirop d'érable, cassonade, poutine, yogourt à la vanille... et beurre d'arachides.  Certains de ces aliments sont heureusement arrivés avec les boîtes et nos visiteurs nous ont souvent amené ces petites choses que nous ne trouvons pas ici... ou alors que nous trouvons mais qui n'est pas tout à fait la même chose.

ponotte1Ce qui est le cas du beurre d'arachides. Nous avons trouvé une épicerie asiatique qui vend du beurre d'arachides, mais ce n'est pas mon "beurre de pinottes".

Mon beurre d'arachides est un pot de "beurre de pinottes" crémeux avec deux petits oursons sur le devant ! C'est le seul qui est vraiment acceptable à mon goût... et à mon souvenir !

Cette étiquette verte avec les deux oursons - un à boucle verte et un à boucle rouge - est synonyme d'un goût d'arachides que j'adore mais également de souvenirs de ma mère.

Tous les matins, son déjeuner se composait de tranches de pain grillé avec du beurre d'arachides et un café. Deux toasts avec du beurre de pinottes et un café. Tous les matins... toute sa vie... Il y a toujours eu un pot de beurre de pinottes crémeux avec deux oursonsponotte dans notre garde-manger.

Ce déjeuner quotidien fut rapidement le mien aussi. Bien sûr parfois des céréales, parfois de la confiture sur les rôties, mais d'aussi loin que je me souvienne, j'ai voulu manger mes deux toasts avec ma mère. Elle nous faisait d'abord nos toasts, pendant que l'eau chauffait sur le rond. Elle beurrait les tranches de pain rôti et préparait deux tasses de café. Une vraie tasse de café bien forte avec un peu de lait et de sucre et une tasse d'eau chaude avec quelques grains de café, beaucoup de lait et un peu de sucre. Son café avait une couleur d'un brun foncé et le mien une couleur à peine brune... disons beige clair... mais je buvais mon café avec fierté avec ma mère. Et je mangeais mes deux toasts au beurre de pinottes. Évidemment, il fallait tremper des bouts de pain dans le café... mais pas trop longtemps pour ne pas trop mouiller le pain. Sa technique était impeccable. La mienne un peu moins. Et parfois, il y avait de petits bouts de pain ou de beurre de pinottes qui flottaient dans mon café ou qui tombaient dans le fond.

Je ne mange pas toujours deux toasts au beurre de pinottes avec un café pour déjeuner. Mais il doit toujours y avoir un pot de beurre d'arachides crémeux avec deux oursons... et pas un autre... dans mon garde-manger.

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15 avril 2007

Une vue monumentale

De mes fenêtres, on voit un château, évidemment, mais il y a aussi une place monumentale. Et en ce dimanche d’avril, il y a une foule à ses portes. Je suis cependant perplexe face à cette place.Monumental3

Je me souviens m’être déplacée lors de précédents voyages à Barcelone, pour voir et prendre en photos cet endroit. Tout comme les nombreux touristes que je croise quand je sors de chez moi et qui prennent en photo ce symbole espagnol. Et j’avoue que c’est une vue magnifique de mes fenêtres et que j’aime bien contempler les dômes blancs et bleus – malgré le fait qu’ils soient plus que sales et que j’ai souvent envie de me porter volontaire pour les laver ! Et c’est également un point stratégique pour les goélands qui surveillent les hirondelles pour les chasser chaque printemps.

Je n’ai jamais mis les pieds à l’intérieur cependant… même pas pour visiter le musée. C’est que je suis complètement contre les corridas. Et quand à partir d’avril, tous les dimanches jusqu’en septembre, je vois les drapeaux s’élever, la boutique installée ses tables dans l’entrée, les portes et les guichets s’ouvrir, les gens arriver peu à peu et s’assembler devant l’entrée principale, et finalement quand je les vois entrer dans l’enceinte, que la musique commence – habituellement de vigoureux pasadobles – et que s’élevent les « olés », je sais qu’un animal est mis à mort.

Monumental4La Plaza Monumental de Barcelone fut inaugurée en 1914 et eut d’abord pour nom « El Sport » qui fut rapidement remplacé – en 1916 – pour « la Plaza Monumental ». Située à l’intersection de la Gran Vía et de la rue Marina, dans le quartier Eixample, la nouvelle arène possède une architecture de style mudéjar et byzantin, est construite en brique et elle peut accueillir environ 19 582 personnes. Elle acquis tout de suite un grand prestige et ce, malgré le fait qu’à ce moment Barcelone avait d’autres arènes. Il y avait dans le quartier de la Barceloneta (un des plus vieux quartier de Barcelone et anciennement un quartier de pécheurs –puisqu’il se trouve près de la mer)  la Plaza de El Torin, qui fut construite en 1834 – et qui a aujourd’hui disparu. Et en 1900, la Plaza de las Arenas fut inaugurée à la Plaza de España. Cette arène est toujours debout mais n’accueille plus de corridas depuis 1977 et cela fait de nombreuses années qu’elle est laissée à l’abandon – elle est maintenant en voie d’être transformée en centre commercial, tout en gardant la structure originale.

Aujourd’hui, la Monumental est donc l’unique arène de Barcelone. En plus des corridas, elle propose le Museo Taurino de Barcelona et elle accueille aussi des concerts et des cirques. Mon cousin me raconte d’ailleurs souvent lorsqu’il y a vu les Beatles en 1965.

C’est un événement culturel –et sportif -, et chaque semaine des « aficionados » viennent voir les matadorsMonumental_2 pratiqués ce qu’ils considèrent un art. C’est un des rares endroits de Catalogne où il y a encore des corridas. La Catalogne ne voit pas bien la tauromachie et est un des endroits d’Espagne où on a commencé à interdire cette tradition espagnole qui remonte au début du XIe siècle. D’ailleurs, il a eu beaucoup de discussions dernièrement et l’avenir des corridas à la Monumental est incertain. Certains disent que 2007 est la dernière saison.

J’ai lu… et j’ai appris plusieurs choses sur la corrida. Ces origines multiples incertaines – avant le XIe siècle; son histoire en Espagne mais aussi dans d'autres pays; ces liens mythiques avec les premiers chasseurs et la course antique de la bête et l’homme; la symbolique de cette mise à mort de l’animal et ses liens avec les sacrifices d’animaux dans les cultures primitives; les étapes des jeux taurins; la signification des mouvements, des gestes, des objets, etc. Oui, j’ai lu et c’est bien intéressant. Et c’est une tradition qui fait partie de ma culture.

Mais je ne peux me résoudre à accepter que tous les dimanches, pour les prochains mois, des animaux seront tués en spectacle devant une foule enthousiaste – qui pour la plupart ne connaissent rien à la tauromachie. Et bien que j'aime bien contempler la Monumental, elle m'attriste tout de même... 

Quelques sources :

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12 avril 2007

Les archives de Pauline: Fait ton lit

Tous les matins, je me réveille et c'est la même histoire. Je reste cachée dans les couvertes, essayant de reporter le plus possible le moment du lever. Finalement, l'inévitable arrive et je me lève. Je cherche d'abord des bas car je n'aime pas marcher nu pied. Je m'habille ensuite mais avant même de me peigner ou faire quoi que ce soit d'autres, je fais mon lit.

C'est inévitable et obligatoire, je fais mon lit tous les matins. Je ne peux continuer ma journée sans faire mon lit. Tant que monLit lit n'est pas fait je me sens inconfortable. Ça m'obsède, j'y pense sans arrêt. Il faut que je fasse mon lit pour que ma journée puisse commencer. Et si pour une raison quelconque, je ne fais pas mon lit, cela me trottera dans la tête toute la journée.

C'est ainsi depuis plusieurs années, je dirais une bonne dizaine d'années. Et c'est encore plus important - et obsédant - depuis que je travaille de la maison. Je ne peux décemment passer la journée avec un lit défait.

Mais ce ne fut pas toujours ainsi. Loin de là. Je détestais faire mon lit. En fait, je ne le faisais jamais. Toute mon enfance et toute mon adolescente, je me suis battue avec ma mère sur le thème de mon lit.

Même début d'histoire... je me réveille et je reste cachée dans les couvertes, toujours dans l'optique de reporter le plus tard possible le moment de quitter mon lit. Et puis c'est le lever officiel. D'abord les bas et ensuite les autres vêtements. Mais ensuite l'histoire diffère. Ensuite, c'était le déjeuner, la coiffure, et le départ. Le lit, lui restait défait. Évidemment, régulièrement, j'entendait la voix de ma mère: "as-tu fait ton lit ?" et évidemment, je répondais non. Et je partais pour l'école. Quand je revenais, le lit était fait. Ma mère l'ayant fait après mon départ.

Mais la fin de semaine c'était un peu plus difficile. Je me levais et traînais en pyjama une bonne partie de la matinée. Et régulièrement, j'entendais ma mère me demander : "as-tu fais ton lit ?". Et quand elle passait devant ma fenêtre, elle disait et redisait "Fait ton lit?". Et chaque fois, qu'elle me disait de faire mon lit, je répliquais que ça ne me tentait pas. Et elle de répéter de faire mon lit, que ce n'était pas propre et ordonné, qu'elle ne pouvait supporter de voir ma chambre à l'envers avec mon lit défait. Et moi de rétorquer qu'elle n'avait qu'à fermer la porte de ma chambre. Et cela continuait des heures et des heures. Parfois je finissais par faire mon lit mais avec les années qui s'accumulaient sur mon adolescence, plus souvent qu'autrement, le lit restait défait. Si je partais, ma mère incapable de savoir le lit défait, même avec la porte fermée, ne pouvait résister et allait dans ma chambre faire mon lit. C'était plus fort qu'elle. Et je ne comprenais pas. Et je ne pouvais supporter cette phrase "fais ton lit !" C'était plus fort que moi... plus elle me disait de faire mon lit, moins je voulais le faire. C'était une question de principe... je ne voyais pas l'utilité de faire mon lit et je n'avais pas envie de le faire. La guerre du lit dura des années entre ma mère et moi.

Dans mon premier appartement, j'ai passé les premières années, le lit plus souvent défait que fait. Et personne pour me dire de faire mon lit. Mais bizarrement, petit à petit, j'ai commencé à faire mon lit. Quelques fois par semaine pour commencer. Et puis tous les matins. Et aujourd'hui c'est plus fort que moi. Il faut que je fasse mon lit. Je suis totalement incapable de savoir mon lit défait, même la porte fermée.

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10 avril 2007

Savoir accepter

On accepte parfois de vivre une vie
parce qu'on sait que c'est celle
qu'on s'attend qu'on vive

On sait aussi que ces moments
sont obligatoires à l'acceptation
de nos décisions

Le peu que je sais
me permet de voir
que les sentiments
et les émotions
ne doivent pas exister

Chaque jour doit connaître
sa ligne de conduite et accepter
de ne pas laisser paraître
une vulnérabilité possible

Les faiblesses résistent
aux croyances et conspirent
entre elles

Adopter des discours mensongers
est permis puisqu'ils permettent
d'avaler le savoir des autres

Ou si peu


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08 avril 2007

Index des films présentés

Liste alphabétique:

 


Index par genre:


Action:

Comédie:

Comédie musicale:

Drame:

Famille:

Fantastique (horreur):

 


Index par date:

1940

1980

1990

2000

2010

 


Index par pays:

Cinéma américain: 

Cinéma anglais:

Cinéma canadien:

Cinéma québécois:

 


Premier compilation : 7 avril 2007
Dernière mise à jour: 21 avril 2016

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