07 avril 2007

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Premier compilation : 7 avril 2007

Dernière mise à jour: 24 février 2018

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06 avril 2007

Encore un crime littéraire: les oubliés

Péché par action et par omission. Et par manque de place.

Tout a débuté par mon premier déménagement dans mon prmier appartement.  À 21 ans, j'avais déjà une bibliothèque bien remplie  dans ma chambre chez mes parents. Et en ce mois d'août de 1992, lorsque j'ai fait mes premières boîtes pour ce déménagement vers mon premier appartement, j'ai fait de belles grandes boîtes bien pleines de livres - évidemment impossibles à soulever ! Finalement, les boîtes purent être déménagées dans mon premier chez-moi. Les livres reprirent leur place dans la bibliothèque. Mais pendant les mois qui suivirent, d'autres achats eurent lieux... et la découverte de la bouquinerie "L'Échange" n'aida pas du tout la cause du surachat de livres usagés. Mais il y avait tellement de possibilités !!! Petit à petit les livres ont commencé à déborder des étagères... et ils s'empilèrent devant les rangées de livres, le moindre recoin de tablettes ou de bureaux à commencer à accueillir des livres.

LivresdansboiteLe second déménagement, puis le troisième ont encore vu les livres rangés dans des boîtes - plus petites et "soulevables" celles-ci. Mais le troisième déménagement a aussi été l'occasion de faire une première boîte contenant des livres moins lus et plus endommagés. Première boîte qui prit le chemin du fond de garde-robe et non pas des étagères de la bibliothèque. Il n'y avait plus assez de place. Et donc, certains choix furent faits, à savoir quels livres iraient sur la tablette et quels livres iraient dans la boîte du garde-robe... boîte qui a bientôt vu une autre boîte la rejoindre.

Et évidemment, à chaque ménage du garde-robe, ce fut la redécouverte des boîtes de livres bien rangées dans le fond. Des livres que j'avais oubliés que j'avais. Mais je n'avais pas beaucoup de choix, si je voulais les conserver, il fallait les exilés dans le noir du garde-robe.

De toute évidence, dans ce troisième appartement, l'achat de livres ne cessa pas. Et donc, une troisième boîte rejoint les deux autres... un tri constant devait avoir lieu... quels livres devais-je voir quotidiennement et avoir à portée de la main ? et quels livres pouvaient être oubliés dans le fond d'une boîte ?

Le quatrième déménagement devait avoir lieu en 2004. Un déménagement de grande envergure puisqu'il devait faire traverser l'océan à mes livres. Mais pour partir de Montréal et se rendre à Barcelone, j'ai d'abord dû faire un vrai tri. C'est à dire, une sélection véritable des livres qui devaient faire le voyage et ceux qui resteraient à Montréal. Certains furent vendus, la plupart donnés. Ce fut très difficile, mais certains livres durent me quitter. La plupart me suivirent cependant. Dans des boîtes.

Mais lorsqu'elles arrivèrent dans leur nouveau logis, elles durent conserver leur cargaison de livres pendant quelques semaines, le temps qu'on commence à placer les meubles et défaire les centaines de boîtes. Malgré le fait que plusieurs livres n'avaient pas suivi, il fut rapidement clair qu'il y aurait un manque de place. En grande partie parce que même s'il y avait moins de livres qu'avant, il y avait également moins de bibliothèques ! La décision ayant été prise de ne pas déménager certaines bibliothèques en mélamine vieilles et pas très belles. Que faire ? Quelques boîtes pleines de livres restèrent donc des mois cachées derrières les portes - en effet, pas de garde-robes pour cacher les boîtes ! Les livres oubliés derrières les portes furent pour la plupart sauvés par l'achat de nouvelles bibliothèques. Mais tous ne purent pas sortir de leur cachette... manque de place amplifier par l'achat continuel de nouveaux livres.

Donc certains livres sont encore oubliés dans des boîtes. Bien qu'il n'y en ait plus derrière les portes, il y en a en dessous de mon lit et dans le débarras chez mon père. Quels sont ces livres ? Les oubliés, les mal-aimés... ceux dont je me souviens à peine des titres... loin des yeux, loin du coeur...

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04 avril 2007

Il pleut, il pleut et il pleut

"Il pleut, il pleut, bergère,
Presse tes blancs moutons,
Allons sous ma chaumière,
Bergère, vite, allons ;
J'entends sur le feuillage,
L'eau qui tombe à grand bruit :
Voici, voici l'orage ;
Voilà l'éclair qui luit"

J'aime la pluie. Comme j'aime le vent.  J'aime bien la regarder tomber. J'aime même marcher sous la pluie. Et j'aime particulièrement entendre tomber la pluie.  Ce bruit parfois doux et lent, parfois brutal et intarissable. Le son sur le sol, sur la fenêtre... parfois bruissement, clapotis ou fanfare. Mais surtout, le bruit de la pluie sur le toit... J'entends chaque goutte rebondir doucement ou violemment sur le toit.

Le toit de mon appartement m'offre cette musique mais elle me semble à peine un murmure... elle ne fait que m'évoquer la pluie qui tintait sur le toit de chez mes grands-parents. Cette petite maison où on pouvait toucher le plafond à certains endroits offrait une séparation sûre mais si mince entre la pluie et le lit.  Et lors des nuits d'été, la fenêtre entrouverte permettait d'entendre aussi la pluie sur le lac. Une symphonie entre la pluie sur le lac et la pluie sur le toit de la chambre. Les pluies chez mes grands-parents sont les plus belles pluies. J'ai d'autres souvenirs de pluies... certains souvenirs drôles, d'autres tristes, certains terrifiants, parfois désagréables, souvent doux. 
Ciel2
Les orages, j'aime aussi, mais un peu moins. Je sursaute et j'ai toujours en tête les histoires d'éclairs dévastateurs... fermons les fenêtres, ne pas parler au téléphone, fermer la télévision, ne pas ouvrir le robinet... Mais j'aime bien tout de même le grondement qui suit chaque éclair. Les orages de Barcelone sont souvent très violents et très spectaculaires. Les nuages noirs, la pluie torrentielle, les éclairs aveuglants et le tonnerre étourdissant.  On ne voit parfois plus le château à ma fenêtre et même les tours de la Sagrada Familia sont parfois effacées du panorama... derrière un écran de pluie ou de brouillard.  Et la mer se surexcite lors de ces orages, les vagues s'élevant hautes et alarmantes.

Depuis une semaine, il pleut. Il pleut, il pleut et il pleut. Je pleus, tu pleus, nous pleuvons...  J'aime la pluie, j'aime marcher sous la pluie, et j'aime écouter la pluie, surtout la nuit.  Mais, il pleut trop... sans arrêt... et mes plantes  si violentés  par le vent, sont maintenant inondés par la pluie. Les rivières débordent, les caves se remplissent.

Toute cette eau est sauvage, belle, triste et nostalgique.  Elle lave la rue et noie mes fleurs. 
Elle s'infiltre parfois dans le bois usé de mes fenêtres antiques mais vieilles. Mon chat regarde mélancoliquement par la fenêtre, gratte pour sortir et retourne silencieux se coucher. 

Et lorsque je vais à mon tour me coucher, je soupire en espérant que demain il fasse un peu soleil, tout en me laissant bercer par les gouttes sur le toit et sur la fenêtre.

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02 avril 2007

Ce vent printanier

Il y a quelques semaines, il faisait si beau. Le soleil de plus en plus chaud. Le thermomètre atteignant les 18º-20º C et au soleil, problablement plus. Un mois de février merveilleux et une première semaine de mars fabuleuse. Les barcelonais le manteau sous le bras, les touristes en gougounne et bermudas, les oliviers en fleurs, les oiseaux qui piaillaient tout excités de cette belle température.

VentEt puis, le mois de mars se termine en pluie et en vents... les températures baissent un peu, on retrouve le 13-14º C avec  même parfois des nuits plus froide que cela. On oublie, mais c'est pas mal toujours comme ça.

Et le vent se réapproprie donc sa ville. Il souffle sans arrêt dans les rues. Et transforme les journées légèrement chaudes en journées froides. Le vent s'inflitrant partout. Sous les vêtements, dans les cheveux, à travers les fenêtres mal isolées de Barcelone.

Les plantes de ma terrasse plient dangereusement. Les pots vides se promènent d'un côté à l'autre. Même les chaises ont décidé de se laisser bercer cette année. Les stores intégrés de toutes les fenêtres de tous les appartements - mes stores intégrés à mes fenêtres font un vacarmes incessant. Les vitres de mes fenêtres résistent par je ne sais quel miracle - les doubles fenêtres ne semblent pas être un concept connu ici.

Le vent m'a toujours fasciné. J'aime le vent. Le vent qui joue avec les feuilles des arbres, qui s'emmèle dans mes cheveux, même s'il me laisse complètement décoiffé.  Son mugissement est une musique sourde qui me rappelle de nombreuses nuits.

Évidemment lorsque c'est l'été, il n'est plus aussi fort, mais sa présence est toujours la bienvenue. Mais je dois avouer que ce vent printanier de Barcelone est envahissant. On dirait qu'il ne cessera jamais. Il est froid, fort et toujours présent. Les palmiers indiquant sa force et sa direction... principalement venant de la mer.

Ce vent de Barcelone m'annonce que bientôt il fera chaud... même s'il me semble que le soleil tarde à revenir.

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01 avril 2007

Dégradation littéraire: un autre crime

Mes crimes littéraires sont multiples. Et c'est troute honteuse que j'avoue ce troisième crime. D'autant plus honteuse que j'ai même eu des cours de préservation et conservation du papier, des livres. Et j'ai tout pleins de notes de cours, de textes etLivres3 d'articles sur la détérioration du papier, les causes et les façons d'y remédier. Car mon crime implique la conservation de mes livres.

Et c'est inexcusable. Je le sais. Même sans toutes ces connaissances en préservation et conservation du papier, c'est inexcusable. Il devrait aller de soi que quelqu'un qui adore les livres prenne soin de ses livres. Mais malheureusement, je dois avouer que je suis assez négligente.

Évidemment, tous ces livres usagers ou encore bon marchés n'ont pas un très bon papier. Et une bonne partie de ces livres sont très jaunis. Le papier rugueux et parfois craquant. Certains de ces livres, je n'ose même plus les ouvrir. Peur que le papier tombe en morceaux, peur de voir cette horrible couleur jaune, peur de toucher ce papier rude, granuleux, écailleux. Ces livres sont importants et donc je ne peux m'en départir. Il faudrait les racheter. Dans une meilleure édition avec du meilleur papier. Mais il y a toujours un autre livre a acheté.

Et ensuite, ils ne sont pas toujours rangés adéquatement. Et je ne les prends pas toujours de la bonne façon. Il ne faut jamais tirer un livre par sa coiffe de tête, évidemment, je sais cela. Mais je ne suis pas toujours fidèle à cette règle. En fait, pratiquement jamais. Et je tire sournoisement et rapidement les livres que je veux prendre - en cachette pour pas qu'on me voit... mais je sais et j'en suis toute embarrassée.

Et puis il y a la coiffe du bas de mes livres... que j'aimerais pouvoir cacher. La majorité est légèrement endommagée.... par ma faute encore une fois. Non pas que je les prenne par cet endroit puisque c'est la coiffe de queue, mais parce que je suis trop paresseuse lorsque je fais le ménage pour enlever les livres des tablettes. Et lorsque je ne fais pas juste épousseter, lorsque je lave les tablettes, je lave devant les livres. Et évidemment, l'eau ou le détergent, même en faisant très attention, touche souvent le bas des livres. Et le papier et la couverture de ces livres sont un peu jaunes ou bruns, parfois légèrement retournés ou déchirés... cela ne paraît pas beaucoup, mais parfois un peu... et je sais que cette détérioration peut s'empirer.

La poussière... même si j'époussette régulièrement les tablettes, je n'époussette pas assez souvent les livres eux-mêmes. Chaque tranche supérieure est poussiéreuse... la poussière s'accumule si rapidement, particulièrement à Barcelone.  Et la poussière est si difficile à enlever des têtes de livres, elle se colle entre les pages et ne veut pas partir. La poussière n'est pas très bonne pour les livres et en plus, elle peut attirer les petits insectes qui aiment bien dévorer le papier.

Une mauvaise habitude que j'ai depuis toujours me fait tourner le coin des pages quand je pose mon livre pour un moment. Et pourtant j'ai plusieurs signets de toutes sortes. Mais une incontrôlable habitude me fait plier ces coins de pages. Et donc beaucoup de mes livres ont les pages endommagées. Sans parler de toutes les fois où j'ai laissé un livre ouvert trop longtemps et le dos de la plupart de mes livres contient de nombreux plis et cassures. Et puis, les couvertures sont parfois pliées - lors de séjours dans des sacs, sacoches et valises.Ou entre les coussins du divan. Quelques livres possèdent des taches de cafés et autres boissons et aliments. Un livre a même tombé dans le bain.

Et si tout cela n'était pas assez, il y a les conditions environnementales. Un séjour prolongé dans un appartement trop humide a gondolé plusieurs livres. Le soleil a pâli plusieurs couvertures dont certaines de façon assez irrégulière et spectaculaire. Et un voyagement dans des boîtes à travers l'océan Atlantique a été assez dur sur la santé de certains livres.

Pour ma défense, il y eut quelques réparations... deux ou trois livres ont même séjournés dans une presse à la bibliothèque où je travaillais. Et quelques couvertures furent sauvées... mais c,est peu... C'est parfois avec tristesse que je regarde mes livres. Mais je me promets bien de tenter d'être plus maternelle avec mes livres...

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31 mars 2007

Les archives de Pauline: Maîtrise de ses mots

Les mots sont importants. L'utilisation des mots... bien écrire et bien parler... Très important. Elle aimait écrire. Former de belles lettres. Elle était gauchère, mais on lui avait appris de force à écrire de la main droite. Et elle écrivait très bien. Une belle calligaphie qui lui permettait de composer de beaux textes parfaitement rédigés. Sans faute, sans erreur et sans liquid paper.

Elle était toujours félicitée par ses professeurs pour ses rédactions. De belles rédactions... toujours écrites selon les consignes, avec une grammaire et un orthographe parfaits, une syntaxe impeccable et un brin de fantaisie. Ces beaux textes à sujets habituellement imposés par les professeurs lui permettait de s'évader un peu. Suivant le style strictement demandé, mais se permettant quelques petits traits imaginatifs.

Elle rédigeait même les rédactions de son grand frère, en échange de dessins qu'il lui faisait, elle préférant écrire, lui dessiner. Elle n'était Diplomevraiment pas douée pour le dessin de toute façon. Et elle faisait bien attention de changer légèrement son style et laissait même une ou deux fautes, il ne fallait pas qu'on s'aperçoive de leur entente.

Elle fit tous ces examens avec succès. Elle eut tous ses diplômes. Et lorsqu'elle dut quitter l'école pour travailler, elle savait très bien écrire et très bien parler. En français et en anglais. Elle utilisa ses atouts dans les emplois qu'elle eut tout au long de sa vie. Et elle était très fière de son style de rédaction soigné et de sa diction parfaite. Et elle ajouta ensuite à ces habiletés, un doigté irréprochable à la dactylo.

Évidemment, il fut également très important que l'on écrive et parle très bien. Elle n'exigeait pas la perfection mais nous savions que c'était important. Et j'ai tout de suite voulu bien écrire et bien parlé aussi. Ce fut rapidement très important pour moi aussi. Et j'aimais faire des rédactions. Elle prenait toujours le temps de les lire. Et de lire tous les textes que l'on écrivait.

Et elle continua de bien écrire et bien parler. Même lorsqu'elle ne put plus travailler. Et même si elle ne rédigeait plus beaucoup, elle composait toujours quelques lettres. C'était celle qui écrivait de sa belle écriture, les lettres de mon père. Et lorsqu'elle répondait au téléphone ou lorsqu'elle appelait des "inconnus", c'était toujours de sa voix parfaite et claire, légèrement plus aiguë, avec un accent un peu plus pointu.

Mais les années passèrent et la maladie s'empara de son corps. Elle n'avait plus la force d'écrire beaucoup. Les quelques lettres ou mots qu'elle rédigeait avaient une écriture tremblotante. Les lettres vacillantes la torturaient. Et lorsqu'elle voulut écrire à l'ordinateur, envoyer des courriels à sa famille, elle se rendit compte que son doigté n'existait pratiquement plus. Taper sur le clavier était devenu ardu... son doigté transformé en deux doigts qui cherchaient les lettres sur le clavier. Et il lui semblait qu'elle ne savait plus composer, elle avait oublié comme rédiger et oublié son orthographe, sa grammaire...

Elle détestait ne plus être capable de rédiger, d'écrire comme avant. Mais cela ne l'empêcha pas de m'envoyer des courriels. Et elle ne perdit jamais ses mots, ses belles tournures de phrases. Elle ne perdit jamais non plus sa belle diction et sa belle voix. Mais ne plus être capable d'écrire et de rédiger fut très difficile pour elle.

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26 mars 2007

Un autre crime littéraire: Négligence

Ce crime a commencé, il y a de nombreuses années. Et, malheureusement, il s'est poursuivi pendant un nombre incalculable d'années - près de 20 ans - et encore pire... il se poursuit encore aujourd'hui.

Il y a très longtemps... ma tante préférée m'a prêté un livre. Je devais le lire pendant mon séjour chez elle. "Les dix petits nègres" d'Agatha Christie. Et j'ai adoré. Alors du haut de mes 12 ans, je suis allée à la bibliothèque et grâce à ma mère qui renonça à pouvoir emprunter ses dix livres pour 1 mois à la bibliothèque municipale pour me permettre de prendre quelques livres du côté des "adultes"; j'ai emprunté quelques romans d'Agatha Christie.

Et je suis tombée complètement sous le charme, la magie, le "mauvais sort" -diraient quelques uns- de la romancière. Et moi, de presser ma mère de terminer les livres empruntés pour que je puisse retourner à la bibliothèque prendre de nouveaux romans d'Agatha Christie. Rapidement, j'ai lu tous les romans d'Agatha que proposait la bibliothèque municipale du quartier Saint-Michel (à Montréal) et j'ai complété pendant les années suivantes avec la bibliothèque de mon école secondaire.

Finalement, à coup de 2$ et plus tard -maximum- 5$, j'ai commencé à acheter les romans policiers d'Agatha Christie. Et à les lire, et relire, et relire, et relire. Mais comme il fut déjà établi... peu de sous dans mes poches. L'obligation de vendre d'autres livres fut même nécessaire pour me procurer mes petits romans d'Agatha Christie. Je ne me lassais pas de les lire et relire. Et rapidement je les ai tous acheté - moins 1 roman, ou plutôt recueil de nouvelles dont je suis toujours à la recherche. Mais, du fait de mon maigre budget, aucun livre acheté ne dépassait la somme de 5$... les années froissant les pages, les jaunissant,AG les couvertures craquelées... Mais je les avais ! dans ma bibliothèque...  je pouvais les lire à tous moments. Et combien de fois j'ai lu ces livres, je ne saurais le dire. Je les connais par coeur. Je connais toutes les intrigues, je peux même reconnaître certaines similitudes dans les intrigues. Et je peux dire que ce roman est la version allongée de cette nouvelle.

J'aime Poirot, j'aime Miss Marple, j'aime Adriane Oliver, j'aime le Colonel Hasting, j'aime Japp, Battle et Race, j'aime Tommy et Tuppence Beresford, j'aime Pyne et Quinn. J'aime l'atmosphère des romans - la vieille Angleterre. Un temps de lords, ladies, manoirs, campagnes et jardins. Un temps complètement révolu - et qui tend à être déja un peu désuet dans les histoires mêmes. Un début du siècle encore très victorien. Et les intrigues ! Si bien construites mais qu'on aurait pu comprendre si on s'était donné la peine. Des livres rapides, courts... pas de multiplications non nécessaires de mots et de pages.

Mais mes livres ont les pages jaunes... et rugueuses. Ils tombent littéralement en morceaux. Les reliures tiennent à peine... du "papier collant" les empêchent de se désintégrer dans mes mains... Mais je devais tous les posséder. Les avoir à proximité pour pouvoir les lire quand j'en avais l'envie - souvent en fin de soirée avec un sac de graines de tournesol... et en quelques heures, le livre terminé, je pouvais le reposer dans ma bilbiothèque. Ou je pouvais je reprendre au besoin. Peu importe son état - c'est tout ce que mes moyens me permettais de toute façon !

Et aujourd'hui ? J'ai encore tous ces exemplaires... froissés, jaunies, à la couverture pliée, décollée... je ne les ai jamais rachetés. Pourquoi ? Je ne sais trop. J'aurais pu acheter des éditions plus récentes, en meilleure condition. Car je dois les avoir près de moi. Et aujourd'hui, j'ai quand même les moyens de racheter des éditions en bonne condition des livres qui sont importants à ma bilbliothèque... mais non... je ne sais pourquoi... Avant, c'est simple... j'achetais tout simplement d'autres romans. Avant de racheter des livres que j'avais déjà, je me devais d'acheter de nouveaux livres. Mais aujourd'hui... c'est de la négligence... pure et simple. Ces livres sont en si piètre état, que je ne peux les laisser dans ma bibliothèque... ils sont cachés derrière une porte... empilés un sur l'autre...

Je sens, je sais... que je les néglige. Je devrais les racheter, leur donner la place qui leur revient, une place de première importance. Et quand je passe devant la porte centrale de la bibliothèque... cette porte qui s'ouvre vers le bas et que je sais qui cache ma collection de romans d'Agatha Christie - moins 1 - je croupie sous la honte de ce crime digne des romans d'Agatha... Qui laisse mourir des livres derrière la porte ? qui ne prend pas la peine de faire revivre les mots sur un papier qui sera encore doux et intact dans 30 ans ?

Je suis la criminelle !!!

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23 mars 2007

Premier crime littéraire: Erreur de jeunesse

J'avais beaucoup de livres. Des livres achetés par ma mère ou encore reçus en cadeaux. J'avais aussi plusieurs bandes dessinées - la plupart achetée avec mon père lors de visites au dépanneur. Beaucoup de livres "d'enfants". Des livres illustrés, Pile_livresdes contes de fées, des versions allégées de romans, de vrais romans aussi, quelques livres encyclopédiques - comme je les appelais. Des livres sur les animaux, certains pays, sur des sujets plus sérieux.

J'ai lu ces livres de nombreuses fois. Certains de ces livres m'ont été lu de nombreuses fois avant que je les lise moi-même. J'aimais les livres. J'aimais lire. J'empruntais beaucoup de livres à la bibliothèque et j'ai commencé à m'en acheter quelques uns. Des livres usagés, principalement acheté aux foires du livre au métro Berri-de-Montigny (oui, avant que la station s'appelle Berri-UQAM).

Et puis, j'ai eu 14 ans. Ou bien 15 ans. Je ne suis plus certaine. Mais je me souviens très bien de l'ouverture de cette librairie "de livres usagés" juste à côté de chez moi. Sur la rue Monselet... directement en bas de la côte et donc directement en bas de ma rue... j'habitais au milieu de ce tronçon de rue... au milieu de la côte. Et de ma fenêtre de chambre, je pouvais très bien voir, en me penchant vers la rue, cette bouquinerie.

Elle devint rapidement une obsession. Combien d'heures y ai-je passé ? Incalculable. Mais évidemment, je ne pouvais sortir de ce lieu les mains vides. Heureusement, je trouvais toujours des livres à mon goût... et pour 2$, 1$, même 0.50$... Des Agatha Christie, des livres de Robert Charroux, des romans indéfinis, des livres de voyages, ...

Mais voilà. Mon budget était limité. Mon allocation n'était pas très élevée et je n'avais pas beaucoup d'argent pour assouvir mes désirs, mes besoins, littéraires. Que faire ? Où trouver l'argent. J'ai bien essayé de ne pas entrer dans la librarie. Mais elle se trouvait sur mon chemin quotidien. Et je ne pouvais sortir de chez moi sans la voir. J'ai essayé d'entrer et que regarder sans acheter, mais c'était difficile, si difficile.

Et c'est alors que j'ai décidé d'utiliser la deuxième vocation de la librairie. Je pouvais y acheter des livres usagés, mais je pouvais également vendre mes livres usagés. Et c'est ce que j'ai fait. J'ai regardé ma bibliothèque et du haut de mes 14-15 ans, j'ai évalué ma collection, ma bibliothèque. J'étais une jeune adolescente. Loin de mon enfance. Une jeune fille qui se trouvait déjà très vieillle. Loin de moi, les souvenirs d'enfants. Je ne voulais plus rien savoir de mon jeune temps, des marques de mon enfance. Je n'étais plus un bébé ! Qu'avais-je à faire de ces livres d'enfants. Et je les ai donc vendus. Pratiquement tous. Quelques uns ont pris le chemin de ma soeurette, quelques uns furent épargnés par je ne sais quel miracle, mais la plupart furent sacrifiés pour quelques sous. Pour acheter d'autres livres. De toute façon, on conservait peu les souvenirs dans ma famille... jouets, vêtements, objets ont pour la plupart trouvé d'autres toits. Et à 14-15 ans, je n'avais rien à faire de ces stigmates de mon passé.

Une collection complète et entière de Petzi, des livres-disques de Walt Disney (tourne la page avec la fée clochette), de magnifiques livres illustrés de contes de fées, des romans entiers et complets - Jules Vernes, James Barrie, etc. furent vendus. Même la majorité de mes Archie, pourtant chers à mes yeux, fut sacrifiée.

Quelques bons achats furent faits. Certaines de ces acquisitions peuplent encore ma bibliothèque. Mais combien de trésors furent vendus... Quand je pense à ces livres perdus par ma bêtise et mon insousciance d'adolescente... j'ai les joues qui s'enflamment. J'ai pu retrouver certains titres ! En grande partie dans les bibliothèques de membres de ma famille - ces livres avaient été donnés à des cousins plus jeunes. Et j'ai même réussi à racheter certains livres dans des ventes de garages et des ventes de bibliothèques... ce ne sont pas mes livres, mais au moins ce sont les mêmes titres.

Je n'aurais peut-être pas tout gardé. Mais certains de ces livres, je pleure encore aujourd'hui. Que l'adolescence est cruelle, froide et sans sentitment pour son enfance. On veut tellement devenir grand, qu'on cherche à tout effacer des années qui viennent de se terminer.

Ce premier crime littéraire est une erreur de jeunesse... sur le moment elle m'a permis de lire de nouveaux titres, d'avoir de nouveaux livres... soupirs... mais au prix de la perte de souvenirs irremplaçables et surtout de trésors d'enfance - est-ce que j'ose dire... de premières éditions...

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21 mars 2007

Mes crimes littéraires

Je n'ose trop en parler. Si je parle de crimes, c'est que je me sens coupable. C'est que les livres sont pour moi si importantsLivresvendus1. Une relation très intime s'est établie entre les livres et moi... dès la première fois où j'ai pu voir un livre. La première histoire que ma mère m'a lu, le premier livre que j'ai tenu dans mes mains, le premier livre que j'ai lu seule, le premier livre que j'ai emprunté à la bibliothèque, le premier livre que j'ai acheté moi-même...

J'ai compris très tôt que les livres faisaient partie de ma vie, qu'ils y avaient une place choyée. Ma mère aimait les livres aussi et donc dès mon enfance j'avais plusieurs livres dans ma bibliothèque. Des livres imagés, des livres cent fois feuilletés, des livres crayonnés gardant la trace de moments pour la plupart oubliés mais qui furent problablement importants.

Les livres se sont multiplés dans ma vie. Tout d'abord les livres qu'on m'a acheté. Puis les livres que j'ai empruntés à la bibliothèque - bibliothèque de mon école, bibliothèque de mon quartier. Ensuite les livres que j'ai commencé à m'acheter moi-même, principalement dans les bouquineries - où les libraries, et même, les magasins de livres usagés, comme on disait. Car évidemment, il n'y avait pas beaucoup de sous pour acheter ces livres.

Et les livres se sont accumulés. Des livres, des livres, des livres... et quand j'ai étudié en littérature, c'était à cause du contenu des livres... et quand j'ai étudié en bibliothéconomie, c'est à cause du livre, du papier, de l'archives, de l'information...

Un histoire d'amour entre moi et les livres - autant les mots que le papier, le contenu et le contenant... Mais voilà, comme bien des histoires d'amour, il y a quelques épisodes moins joyeux, dont je suis loin d'être fière... auxquels je ne peux penser sans avoir une petite larme... des abandons, des bêtises, des oublis... mes crimes littéraires !

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19 mars 2007

Quelques certitudes humaines

Réconfort des certitudes
violente foi
réduire, magnifier, petit, petit
Facilité sans doute
Essentiel à la paix
extérieure
Peut-être
sûrement.

Ne crie pas.
C’est difficile de te comprendre.
Ambiguïté insupportable.
Ma cruauté
que je domine parfaitement.

Espiègle détresse qui m’enchante.
Il faut oublier la maîtrise
de tes incertitudes. Mes yeux oubliés
se ferment.

Je contrôle mon allégresse.
C’est joli une vie.

Et je ne laisse personne
s’approcher de mon dédain.
Je le cultive jalousement.

Je suis heureuse
tout de même.
Mais hier
j'ai perdu mon humanité.

© 2007 Laila Sesha

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