05 novembre 2006

Naked Lunch (1991)

Fiche Technique :Naked_Lunch_Poster_C10126485

Année : 1991
Langue: Anglais
Durée: 115 min.
Pays: Canada / UK / Japan (VOA)
Titre français: Le festin nu

Directeur: David Cronenberg
Producteur: Gabriella Martinelli / Jeremy Thomas
Scénario: David Cronenberg (scenario) – tiré du roman de William S. Burroughs
Cinématographie: Peter Suschitzky
Musique originale: Ornette Coleman / Howard Shore

Distribution: Peter Weller (Bill Lee), Judy Davis (Joan Frost/Joan Lee), Ian Holm (Tom Frost), Julian Sands (Yves Cloquet), Roy Scheider (Doctor Benway), Monique Mercure (Fadela).

Synopsis : 

Inspiré par le livre du même nom de William S. Burroughs ainsi que par des événements de la vie de l’auteur et de ses hallucinations, le film Naked Lunch se déroule à New York dans les années 50. Le personnage central, William Lee, est exterminateur d’insectes sans grandes convictions qui voudrait être écrivain mais qui est incapable d’écrire. Lorsqu’il remarque que sa poudre insecticide disparaît, il découvre que sa femme, désoeuvrée, l’utilise pour se droguer et qu’elle le trompe avec ses amis. Lui-même sous l’effet de la poudre, il tue accidentellement sa femme en lui tirant une balle dans la tête.

Lors de ses hallucinations, Lee croit qu’il est un agent secret, que sa machine à écrire est en réalité un insecte et lui donne des ordres. Il s’enfuit donc à Interzone – peuplé d’insectes géants monstrueux qui le guident - où il écrit sur machine à écrire des rapports sur sa mission et qui deviendra le livre Naked Lunch. Dans ce « pays » qui est en fait un monde interne, il rencontre plusieurs personnages dont un double de sa femme qu’il devra tuer également afin de vivre pleinement son écriture et sa mission.

Commentaires :

Cronenberg a réussi une adaptation complètement hallucinante du livre Naked Lunch en s’inspirant également d’autres œuvres de Burroughs ainsi que d’éléments tirés de sa biographie et de ses visions provoquées par la drogues.

Difficile à suivre, le film offre plusieurs lectures et demande plusieurs visionnements. Les images sont hallucinantes et les visions des insectes-monstres troublantes. De nombreuses images charnelles et sexuelles sont également présentes. Sexualité, homosexualité, liberté charnelle et créatrice, inconscient… thèmes récurrents dans l’œuvre de Cronenberg et Burroughs.

La musique et la photo du film sont enivrantes et épousent parfaitement le texte. Le monde fictif du personnage est très bien transmis par le décor qui est clairement défini dans le film. Nous sommes dans un décor insolite et troublant qui transmet les hallucinations des deux auteurs.

On ne peut réellement « décrire » ou « raconter » ce film. Et on ne peut en détailler toute la complexité et subtilité –et même parfois les images grossièrement évidentes et résolument « anales ». On ne peut essayer d’expliquer toutes les métaphores et réflexions philosophiques. Il faut le voir. Comme c’est généralement le cas dans ce genre de film, on aime ou on déteste !

Prix

Genie Awards (Canada): 1992

Best Motion Picture
Best Director
: David Cronenberg
Best Supporting Actress : Monique Mercure
Best Art Direction : Carol Spier
Best Cinematography : Peter Suschitzky
Best Overall Sound : Peter Maxwell, Brian Day, Don White, David Appleby
Best Sound Editing

Sources :

http://en.wikipedia.org/wiki/Naked_Lunch_%28film%29
http://www.imdb.com/title/tt0102511/

Photohttp://eu.art.com/asp/sp-asp/_/pd--10126485/sp--A/Naked_Lunch.htm

© 2006 Laila Seshat

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02 novembre 2006

L'évangile de Marie: Myriam de Magdala

L'évangile de Marie: Myriam de Magdala / Évangile copte du IIe siècle traduit et _vangileMarie
commenté par Jean-Yves Leloup
. -- [Paris]: Albib Michel, c2000. -- 225 p. : ill ; 18 cm. -- (Spiritualités vivantes) ; 177. -- ISBN 2-226-11731-8

Résumé / Verso 

« Le corpus des Évangiles s’est enrichi, depuis la découverte des manuscrits de Nag Hammadi, de nombreux textes fascinants attribués à Thomas, Philippe ou encore Pierre. Parmi eux, « l’Évangile de Marie » est le seul attribué à une femme ; écrit vers l’an 150, il est aussi un témoin précieux de ce christianisme primitif que la traduction de Jean-Yves Leloup, théologien orthodoxe et philosophe, nous permet d’approcher. Myriam de Magdala, cette Marie Madeleine qui fut le premier témoin de la Résurrection, transmet ici les enseignements secrets qu’elle a reçus en vision. La pécheresse des Évangiles canoniques se rélève alors comme l’amie intime de Jésus, édtentrice d’une parole cachée même aux apôtres… »

Commentaire personnel 

Indépendamment de ses croyances personnelles, ce livre est vraiment très intéressant et pertinent. Cet évangile, apocryphe mais reconnu, est pratiquement ignoré du public. Et pourtant, il s’agit d’un des textes fondateurs du christianisme puisqu’il date – supposément - d’environ l’an 150. Que l’on soit chrétien ou non, on ne peut nier l’impact de ce texte sur notre société et notre culture. Nous avons ici, un évangile partiel mais qui je crois nous « parle » infiniment plus que les évangiles connus.

Il est « écrit » par une femme qui aurait été un témoin direct de l’enseignement mais également de la résurrection (après tout Renan ne dit-il pas : « tout le christianisme est né de l'imagination d'une femme») de cet homme qui a tout de même laissé un message important –que l’on croit à son existence réelle ou non. Le texte nous présente cette femme comme un témoin direct et une amie intime de cet homme. Il nous présente également une parole différente…

Nous avons d’abord le texte en tant que tel : texte grec et traduction, puis un commentaire très détaillé. Jean-Yves Leloup est un théologien, philosophe et spécialiste de spiritualité. Son commentaire est assez juste dans son ensemble et permet une réflexion personnelle.

Le texte est « différent »… je souligne entre autre : Jésus est nommé Enseigneur (ce qui change beaucoup de chose), « comprenne qui pourra », le « noûs », l’imagination, l’imaginal… Ce texte nous présente l’enseignement de cet homme d’une toute autre façon… Et il nous présente la relation de cet homme avec cette femme d’une toute autre façon : intimité –pas nécessairement charnelle, mais peut-être. De toute façon, il nous présente le rôle de la femme au même niveau (et même au premier plan) que celle de l’homme dans la transmission des paroles de ce Jésus. Et des sentiments, émotions, traits purement humains sont rétablis dans la façon de voir cette spiritualité.

Mais finalement ce qui m’a le plus frappé, c’est cet apport de l’imagination, imaginal et ce « noûs »… choses qui sont complètement occultés de ce qu’on nous montre habituellement de cette spiritualité.

Et en conclusion, peu importe notre spiritualité (et pour la petite histoire, je suis résolument non chrétienne, même si cette culture spirituelle me fascine), je crois fermement que pour notre culture générale, pour élargir nos connaissances magickes, ce livre est extrêmement intéressant… La lecture du livre peut (et d'après moi doit) être faite en dehors de tout contexte ou croyances religieux catholique (ou autre)... Les idées véhiculées dans le texte - et dans son analyse - sont très intéressantes et peuvent mener à une réflexion philosophique, sociologique, et éventuellement magicke...

Que ce soit un évangile ou non, qu'il soit écrit par un "témoin" de l'existence potentiel d'un prophète ou non... n'a aucune importance pour apprécier les idées du livre.

Texte de l’Évangile disponible ici:  http://www.livres-mystiques.com/partieTEXTES/Apocryphes/marie.html


Source de l'image: http://www.renneslechateau.com/librairie/relig-leloup.htm

© 2006 Laila Seshat

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01 novembre 2006

This is Halloween

HalloweenJe n’ai pas l’intention ici de faire un exposé sur les origines et l’histoire de la fête d’Halloween. Plusieurs sites, livres, articles existent sur le sujet. J’ai bien en préparation un texte mais il est loin d’être prêt, alors je préfère attendre avant de le poster.

Plus une réflexion personnelle sur l’Halloween… parce qu’ici… à Barcelone, on souligne à peine, dans quelques boutiques et quelques bars, cette fête qui a tellement fait partie de mon enfance et même de ma vie.

Je réalise que la fête telle que je la connais est une fête essentiellement nord-américaine. Une fête qui est un reflet de siècles de mélanges de multiples cultures d’immigrants irlandais, écossais, anglais, français… un petit mix de plusieurs traditions et petit à petit on continue à ajouter des couleurs à cette fête…

On pourrait y aller des origines celtes liées à la date, raconter les différents cultes celtes, les déformations – ou apports – romains, puis chrétiens… tout cela est extrêmement intéressant et je rédigerai éventuellement un texte.

Mais l’Halloween que je connais est tout autre…  Enfant, j'ai toujours "passé l'Halloween" (je suis québécoise) et ce sont parmi mes plus beaux souvenirs d'enfance !!! Pas seulement le fait de récolter les bonbons (de toute façon, mes parents m'en faisaient jeter la moitié !!!) mais tout ce qui entourait cette soirée... Les journées entières passées depuis des mois à prévoir mon costume, les fêtes chez les amis, les décorations qu'on fabriquait ou achetait, les citrouilles qu'on décorait,... la soirée même : les maisons décorées, les autres costumes, le fait de se promener tard le soir... les petits frissons... Et plus tard... les soirées de films d'horreur, les partys chez les amis, les sorties costumées...

Si j'avais des enfants, il est certain que l'Halloween aurait une grande place... et il est certain que je leur raconterais les origines et l'histoire de cette fête, je leur parlerais même des diverses traditions à travers le monde... Commercial… spirituel… je vois de grands débats sur plusieurs forums…  Quand j'étais petite, l'Halloween, n'avait rien de commercial, ni de spirituel.

Post également présent sur d'autres lieux

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25 octobre 2006

Landays afghans

SuicideChant_Des images de femmes afghanes ont inondées les médias pendant quelques mois… ces femmes couvertes d’une burkha qui les cachent complètement. On sait qu’elles n’ont, encore aujourd’hui, pratiquement aucun droit, aucune liberté. On a eu droit à beaucoup d’écrits – livres, articles, reportages, … - sur les femmes afghanes.

Mariées en grande majorité contre leur gré, aucun droit à l’amour, aucun droit au désir…interdiction de se dévoiler, d’aimer, de désirer, d’avoir du plaisir… pourtant, quelques livres, quelques auteurs nous ont faits connaître la passion qui les animent à travers les landays. Ce mot signifie « bref » et désigne des poèmes de quelques vers, habituellement à peine plus de deux vers, qui évoquent des amours interdits, des passions, des désirs, des haines… Le poète Sayd Bahodine Majrouh a rassemblé plusieurs de ces poèmes et les a publiés. Avant d’être assassiné par des fondamentalistes, il nous a livré plusieurs recueils de ces poèmes. Il a dit, un jour que les femmes protestaient à leur condition par « le suicide ou le chant ». De tout temps, des femmes afghanes ont tenté de se battre, mais encore aujourd’hui, ces poèmes sont leur unique cri du cœur. Ils expriment leur fierté, leur courage, leur rage, leur désir d’amer et de vivre…

Quelques exemples :

« Gens cruels, vous voyez qu’un vieillard
m’entraîne vers sa couche
Et demandez pourquoi je pleure et m’arrache
les cheveux !

Ô mon Dieu ! tu m’envoies de nouveau la nuit
sombre

Et de nouveau je tremble de la tête aux pieds,
car je dois monter dans le lit que je hais. »

« J’étais plus belle qu’une rose.
Dans ton amour, je suis devenue jaune comme
l’orange.
 

Avant je ne connaissais pas la souffrance ;
C’est pourquoi je poussais droite comme un sapin
. »


« Donne ta main mon amour et partons dans les
champs
Pour nous aimer ou tomber ensemble sous les
coups de couteaux.

Je saute dans la rivière, les flots ne m’emportent pas

Le « petit affreux » a de la chance, toujours je suis
rejetée sur le rivage. 

Demain matin on me tuera à cause de toi.
De ton coté ne va pas dire que tu ne m’aimais pas
. »

Sources :

Extraits tirés Le Suicide et le Chant, Poésie populaire des femmes pachtounes de Sayd Bahodine Majrouh,libraire_kaboul traduits du pachtou, adaptés et présentés par André Velter et Asne Seierstad ansi que de Femmes d’Afghanistan d’Isabelle Delloye.

Ces extraits furent recueillis dans le livre : Le Libraire de Kaboul d’Asne Seirstad.

Autres références :

http://www.afghanan.net/pashto/landay
http://www.curledup.com/songslov.htm

http://www.afghanculture.org/index.cfm?fuseaction=display.main&cat_id=142&obj=48

Images :

- Le Suicide et le Chant : http://www.amazon.fr/exec/obidos/ASIN/2070736008
- Le Libraire de Kaboul : http://perso.orange.fr/mondalire/bibliovirbis4.htm

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19 octobre 2006

Prince of Darkness (1987)

Fiche Technique : 

Année : 1987
Langue :
Anglais
Durée :
102 minutes
Pays :
États-Unis (VOA)
Directeur :
John Carpenter

Producteur : Andre Blay / Larry J. Franco / Shep Gordon
Scénario : John Carpenter  (as Martin Quatermass)
Cinématographie : Gary B. Kibbe
Musique originale : John Carpenter / Alan Howarth

Distribution : Donald Pleasence (Father Loomis), Jameson Parker (Brian Marsh), Victor Wong (Prof. Howard Birack), Anne Marie Howard (Susan Cabot), Peter Jason (Dr. Paul Leahy), Alice Cooper (Street Schizo). 

(DVD cover: http://www.dvdmaniacs.net/Reviews/M-P/prince_of_darkness_us.html)

Prince_of_Darkness

Synopsis :

Pendant des années, un terrible secret fut gardé dans le sous-sol d’une église catholique de Los Angeles par une mystérieuse secte. À la mort du prêtre dirigeant la secte, un autre prêtre découvre des manuscrits et un mystérieux cylindre contenant un liquide vert dans le sous-sol. Le père Loomis fait alors appel à un ami professeur de physique pour qu’il vienne étudier le cylindre de verre. Le professeur, accompagné de plusieurs étudiants de l’université – étudiants en chimie, physique, biologie, écritures anciennes, …- se rend à l’église pour passer une fin de semaine à faire diverses expériences et recherches sur le cylindre et les textes anciens trouvés près de celui-ci. 

Petit à petit, ils réussissent à déchiffrer le texte contenant des équations et écrit en latin et à dater le cylindre qui date de plusieurs millions d’années. L’atmosphère devient de plus en plus oppressante et ils sont observés par d’étranges itinérants entourant l’église. Silencieusement, le liquide du cylindre reprend vie et prend possession des membres de l’équipe, un après l’autre. Les survivants luttent pour leur vie et découvrent avec horreur la nature du liquide.

Commentaires personnels :

-- Attention « spoilers » --

Excellent film de John Carpenter, même s’il faut être indulgent sur les effets spéciaux, la facture low-budget de l’image et sur la moustache de l'acteur principal, le film date tout de même de 1987... La thématique est très bien développé, l'atmosphère très troublante... 

Le film ne reçut pas de bonnes critiques à sa sortie, les commentaires allant « de mauvais effets spéciaux », à « trop intellectuel, compliqué et prétentieux pour un film d’horreur » en passant par « trop semblables à d’autres films de Carpenter » (on peut en effet voir des références à nombres de ses propres films).

Il est certain que l’histoire contient plusieurs lacunes – par exemple, la datation du cylindre, les équations quantiques, le jeu de certains acteurs, etc. – mais l’histoire dans son ensemble est très bien menée. Et le mélange de la science et de l’occulte est tout de même passablement bien rendu. Et le film, efficace. L’atmosphère est très lourde et inquiétante… en particulier l’armée de « zombies », menée par Alice Cooper et postée autour de l’église. La sensation d’être dans un univers dévasté, abandonné et complètement isolé, même en plein Los Angeles, est très forte. Les séquences de rêves ressemblant à des séquences de télévision sont très intenses, en particulier la dernière scène –qui m’est restée longtemps à l’esprit !

L’apocalypse est évitée mais à un très grand prix et on se doute que ce n’est que partie remise. En effet, le liquide contient l’essence – le fils- de Satan qui veut ramener sur terre, son « père » qui se trouve présentement dans un plan d’existence à l’intérieur du nôtre – un anti-univers. 

Malgré ses imperfections, ce film demeure un de mes préférés sur cette thématique et je ne me lasse jamais de le revoir. 

Sources :

http://en.wikipedia.org/wiki/Prince_of_Darkness_(1987_film)
http://www.i-mockery.com/minimocks/prince-of-darkness/default.php
http://www.imdb.com/title/tt0093777/
http://www.dvdmaniacs.net/Reviews/M-P/prince_of_darkness_us.html

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15 octobre 2006

Peinture: Le Vampire de Munch

medium_edward_munch_vampire__1893_190772Titre de l’oeuvre: Le Vampire
Nom de l’artiste
:  Edvard Munch

Date
: 1893-4
Médium
: Huile sur toile
Dimension
: 91X109 cm

 

Biographie de l’artiste :

Edvard Munch est né à Löten en Norvège en 1863. On le considère comme non seulement un des précurseurs de l’Expressionnisme mais également comme un des peintres qui a contribué à la formation du genre.

Munch a brièvement étudié à l’école technique, puis se consacre rapidement à l’étude de l’art. Il étude le l’Art classique, la naturalisme, le dessin et ses premières œuvres sont inspirées du réalisme français et il est reconnu très tôt dans sa carrière comme un artiste de grand talent. Il rompra cependant rapidement avec le réalisme. Son passage à l’expressionnisme provient en grande partie dans sa recherche pour transmettre dans son œuvre une expérience personnelle et douloureuse. Il produit alors en 1885, le tableau « L’enfant malade ». Malgré les critiques négatives, Munch poursuit dans cette voie et même si les prochains tableaux sont un peu moins provocants, on retrouve encore une atmosphère lyrique qui se détache définitivement du réalisme.

Ses œuvres seront par la suite fortement influencées par ses relations dans la sphère anarchiste de l’époque. On retrouve dans ses tableaux l’expression de ses conflits internes, de sa volonté de dépeindre les ennuis de la vie moderne ainsi que sa propre vie. On dit souvent les œuvres de cette époque font partie de sa production « biographique-littéraire ».

Il vivra un certain temps à Paris, où il explorera les mouvements post-impressionniste et anti-naturaliste et même pointilliste. Ses œuvres demeurent cependant empreintes de ses propres expériences, impressions et émotions, ainsi que de l’expression de la décadence de la fin du siècle. Il ira ensuite à Berlin, et gravite dans un cercle d’artistes, littéraires et intellectuels où on retrouve nombres de scandinaves. Les discussions tournent autour de l’art, la philosophie, l’occultisme, le fantastique, la psychologie, etc. Ses œuvres de cette époque conservent les mêmes thématiques, mais on peut y voir également certains aspects sombres de l’amour, la mort, la maladie… On note une tendance au symbolisme. Une grande influence sur l’œuvre de Munch provient de l’écrivain polonais Stanislaw Przybyszewski et de la femme de ce dernier connu sous le nom de Ducha. L’écrivain polonais qui explore le satanisme et le fantastique pousse Munch dans ses thèmes et sa femme, très belle, et dont Munch aurait été amoureux lui inspire sa vision de la femme troublée : attirance et peur, érotisme et mort…

De retour à Paris, vers 1896, Munch explorera d’autres moyens graphiques, tels la gravure, la lithographie. Il réalisera également des affiches. Il peint cependant toujours. Ses œuvres ont pour thèmes, la solitude, l’angoisse, la difficulté de vivre, l’amour sombre et tragique, la maladie, la mort, la tristesse, etc., mais on retrouve également une orientation métaphysique courante à l’époque. Les expériences et émotions personnelles de la vie de Munch se retrouvent toujours dans ses œuvres. 

Il s’établit au début du XXe siècle, comme un peintre reconnu et comme une influence sur de nombreux artistes. Il expose à plusieurs reprises à Berlin, Prague, ... Parmi ses œuvres les plus connues on retrouve Le Cri (1893) qui exprime toute la solitude de l'homme. Comme beaucou de ses oeuvres, il en fit plusieurs versions. Edvard Mubch décède au début de l'année 1944 à Ekely.

 L’œuvre :

L’œuvre de Munch aborde souvent le thème de la femme dans son aspect conflictuel d’objet d’amour et de désir mais également de répulsion.

Cette oeuvre intitulée « Le Vampire » qui fut réalisée en 1893, représente selon toute probabilité, la femme de l’écrivain polonais Stanislaw Przybyszewski. Cette femme aux cheveux roux qui aimait la vie, rire, était une grande buveuse d’absinthe et qui selon les témoins de l’époque, était très belle, avait de nombreux prétendants –dont Munch. On a dit d’elle qu’elle rendait les hommes fous par sa beauté, son rire et sa cruauté. Elle fut une grande inspiration pour Munch. L’oeuvre « Le Vampire » faisait partie d’une série de dessins, pastels et peintures sur le thème de l’émotion. Munch développa ce thème et donna aux œuvres issus de ce cycle, le titre de « La Frise de la Vie ».

Le cycle « La Frise de la Vie » finira par incorporer la plupart de ces œuvres majeures, dont « Le Cri ». Il exposa la première séquence d’images de ce cycle à Berlin en 1893 sous le titre « Amour ». On pouvait voir dans cette exposition, six pièces (des peintures et des pastels-études pour des peintures) qui proposait la vision de Munch du chemin sur la voie de l’Amour : l’innocence, la passion, la douleur émotionnelle, la jalousie et le désespoir. La 3e œuvre de cette séquence était intitulé « Amour et Douleur » et était une étude en pastel. Cette étude se voulait étude de l’intimité entre la douleur et l’amour. On sent le désespoir de l’homme qui aime, la femme offrant un peu de compassion à cet amour et semble consoler son amant. Elle le domine cependant et on sent de l’ambiguïté dans ce tableau. Est-ce qu’elle le garde sous sa domination ou tente-t-elle de le consoler?

On sent de la tendresse mais également une froideur de sentiment soulignée entre autre par les couleurs sombres et oppressantes du décor. Les deux personnages s’enlacent dans la scène et donc sont attachés l’un à l’autre, peu importe l’aspect conflictuel de l’amour et de la douleur, du désespoir et du réconfort. L’un n’allant pas sans l’autre dans la thématique de Munch. Malgré la douleur, l’homme s’agrippe désespérément à la femme à qui il offre sa douleur, sa dévotion, alors que la femme le tient aussi fermement comme si elle voulait le réconforter mais également le garder dans cette position de supplication. Elle est celle qui garde cet amour-douleur dans cet état. Nous sommes ici très proches des sujets et l’intimité de leur enlacement, nous rend voyeurs de leurs passions et leurs douleurs.

Lorsqu'il vit la peinture pour la première fois, son ami Stanislaw Przybyszewski donna spontanément le titre « Vampire » à l'oeuvre en y voyant cet aspect de douleur que la femme semble soulager mais aussi amplifier. Il y vit une domination de la femme qui vampirise l'amour de l'homme. Munch décida de conserver ce titre. Il reprendra ce théme dans plusieurs autres oeuvres, en soulignant de plus en plus, cette idée qu'aimer une femme est dangereux pour l'homme qui risque d'y perdre sa volonté, son identité et le rapproche de la mort. Petit à petit, il ira jusqu'à enelever de ses oeuvre, l'élément de réconfort qui semble présent dans le « Le Vampire » comme par exemple, dans « Cendres » où la femme et l'homme sont complètement séparés. On y retrouve le désespoir, mais aussi l'isolation et le sentiment de perte.  

munch_cendres_1894

« Cendres » 1894

Et « Amour et Douleur » devient donc « Le Vampire ». Le regard que l’on porte alors se transforme avec ce titre, et on y voit en plus d’un sentiment de soumission, de douleur, de domination, mais également de réconfort, une sensation plus sombre, de vie et de mort. La passion devient maintenant synonyme de l’aspiration du sang de l’homme, de son essence, de son amour, de sa sexualité, de sa vie par la femme.

On voit tout de même l’homme s’accrocher à son vampire et donc une relation ambiguë avec la douleur et l’amour procurés en même temps par la femme. L’homme a désespérément besoin de l’amour et de la douleur que lui donne le vampire et ce même si cela lui donnera probablement la mort également. Alors que certains vont parfois y voir, une domination parasite de la femme sur l’homme, on doit surtout y voir une symbiose presque sacrificielle entre les deux. Malgré tout, les deux personnages semblent consentants et trouver du réconfort dans leur situation. Ils assument leur rapport douloureux envers l’amour. Ils acceptent de se faire mal par leur attitude.

Sources:

* Munch, 1863-1944 / [comité de rédaction, Maryse Bordet-Maugars... et al.]. -- Paris : Cercle d'art, 1995. --63 p. : nombreuses ill. (certaines en coul.) ; 32 cm.

* Diverses sources Web dont:

http://www.insecula.com/contact/A008594.html
http://www.photosmarval.org/peintres/expressionnisme/edvard-munch.shtml
http://en.wikipedia.org/wiki/Edvard_Munch
http://www.edvardmunch.info/edvard-munch/biography.asp

© 2006 Laila Seshat 

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14 octobre 2006

Introduction

Pourquoi ouvrir un carnet, un "livre" virtuel ? Simplement histoire de mettre sur un lieu qui m'appartient, des textes, des réflexions sur la littérature, le cinéma, les traditions, la vie quotidienne... J'aime écrire... lire, apprendre, voir, écouter...

Pendant des années - maintenant plus de 10 ans... - j'ai fréquenté de nombreux lieux d'échanges, forums et listes de discussions. J'ai échangé, partagé, discuté... Ce fut très enrichissant et cela l'est encore et toujours. J'ai donné beaucoup, j'ai écrit, composé, recherché, exposé... J'ai participé activement, et je vais continuer à le faire sur certains lieux auxquels je tiens et où j'aime discuter. Mais... mais j'ai pris la décision que mes efforts seront maintenant tout d'abord exposés chez moi... Et donc, ce livre s'ouvre tout simplement. Afin de me réapproprier mes textes et mes réflexions, mes recherches et mes études et les partager...

Quelques pages, quelques archives... beaucoup de moi dans tout cela...

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25 février 1998

Defi

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