01 mai 2017

Antigone au printemps

An1Antigone au printemps

Texte : Nathalie Boisvert
Mise en scène : Frédéric Sasseville-Painchaud
Production : Le Dôme, Créations théâtrale
Conception : Mykalle Bielinski (musique originale), Chantal Labonté (éclairage), Alexandra Lord
Collaboration : Alex Gauvin, Olivier Sylvestre, Émily Vallée-Knight

Distribution : Léane Labrèche-Dor (Antigone) – Xavier Huard (Polynice) – Frédéric Millaire-Zhouvi (Etéocle) – Mykalle Bielinski (La musicienne - et chanteuse)

Présentée à la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier du 4 au 22 avril 2017.

Résumé :

Dans un Québec moderne, dans un Montréal intemporel, la tragédie d'Antigone se déroule à nouveau sous nos yeux.

L'histoire débute dans le chalet appartenant à Oedipe et Jocaste à Rivière Éternité. Leur trois enfants, Antigone, Etéocle An3et Polynice, se rappelle leur enfance à jouer près de la rivière. Mais bientôt la vérité sur leurs parents leur est révélée et ce secret insoutenable bouleverse à jamais leur vie. Oedipe et Jocaste abandonnent leurs enfants, ne pouvant vivre avec cette révélation. Les trois enfants sont révoltés et ont de la difficulté à contenir leur rage et leur désespoir.

Chacun exprimera sa colère de sa façon. Étéocle et Polynice vont joindre la révolution qui s'éveille dans leur ville. Mais dans des camps différents. Antigone va suivre son frère Polynice contre l'ordre établi. Étéocle va prendre le parti de son oncle Créon qui veut réprimer l'opposition.

Dans un affrontement sanglant, les deux frères vont se battre violemment et finalement s'entretuer. Antigone réussit à se sauver. Mais Étéocle est montré comme un héros et Polynice comme un traitre. Antigone doit rester entière. Elle se doit de donner à son frère Polynice un enterrement digne - au risque de sa propre vie.

À propos :

Le Dôme, créations théâtrales est une toute nouvelle compagnie théâtrale, fondée par Nathalie Boisvert, Frédéric Sasseville-Painchaud et Olivier Sylvestre. Au mois d'avril 2017, ils présentent leur première pièce Antigone au printemps dont le texte est de Nathalie Boisvert et la mise en scène de Frédéric Sasseville-Painchaud.

Antigone fait partie de la mythologie grecque. Elle est intimement liée au mythe d'Oedipe. Sophocle, il y a environ 2 500 ans, a écrit une tragédie sur sa destinée. Puis en 1944, Anouilh a réécrit la pièce alors que la France était sous l'occupation allemande.

Antigone au printemps de Nathalie Boivert reprend les personnages principaux et certains aspects de l'histoire. Certains personnage seront présents, Antigone, Étéocle et Polynice ; d'autres ne seront que mentionnés, Créon et Hémon, par exemple. Le secret de leur naissance, l'effondrement d'une famille, l'affrontement entre Étéocle et Polynice, la rebellion d'Antigone, tous ces aspects sont présents dans la pièce. Mais l'histoire se déroule aujourd'hui, dans un monde rempli de guerres, de scandales politiques, de désastres écologiques, de manifestations et de contestations sociales, d'affrontements entre manifestants et policiers... et on ne peut évidemment s'empêcher aux manifestations étudiantes québécoises du printemps 2012. Selon les mots de l'auteur : "[...]une tragédie écologique où des oiseaux  tombent du ciel et les gens se révoltent contre cela. Ils manifestent dans un système politique corrompue de Créon." (Article de Raphael Demers, Antigone au printemps, entrevue avec l'auteure et le metteur en scène, Alt. RockPress, 3 avril 2017).

An12Pièce en un acte de 1 h 20 sans entracte. La scène est très dépouillée, un sol couvert de gravier, un bloc de béton et un chemin qui est aussi rivière, mais aussi la séparation entre deux mondes. Aucun décor. Quelques lumières et surtout une musique qui suit parfaitement la tension et le climat de la pièce. Pas de Prologue ici pour raconter l'histoire mais une narration par les trois acteurs entrecoupée de dialogues qui sont plus une énonciation qu'un échange.

La pièce a été présentée pendant le mois d'avril 2017, pour le grand public mais également à des groupes étudiants. On voit aisément comment la pièce peut rejoindre un public plus jeune. Elle demeure accessible, ancrée dans une réalité contemporaine tout en reprenant les mythes anciens.

Mes commentaires :

Vous savez, j'aime beaucoup le personnage d'Antigone. J'ai aimé lire son histoire dans la mythologie grecque puis la tragédie de Sophocle. Mais j'ai particulièrement aimé l'adaptation d'Anouilh. J'ai même décidé - dans un moment de folie, je crois - d'écrire quelques textes sur la pièce d'Anouilh. Je ne suis loin d'être une experte et mes années d'université en littérature française sont loin derrière moi, mais j'ai mis beaucoup de temps et d'efforts dans ces articles, car comme je l'ai dit, j'aime beaucoup le mythe et la pièce. Je ne m'attendais cependant vraiment pas à la popularité de ces articles. Parfois j'ai l'impression que si Antigone n'existait pas sur mon blogue, il n'y aurait pratiquement pas de visiteurs ! Bon, j'exagère un peu, mais honnêtement... le nombre de clics que mes textes sur Antigone ont généré, est hallucinant. Il faut croire que le texte d'Anouilh est encore beaucoup étudié !

Mais cela a aussi généré en moi une sorte de désintérêt pour mes propres textes et pour Antigone. Bon... Antigone encore... que je me disais. Je remettais en question mon engouement pour cette histoire. Il est certain que j'ai toujours trouvé extrême l'obsession d'Antigone. J'ai même pensé supprimer mes articles. Surtout que je ne suis pas une experte en la matière.

Et puis, j'ai vu cette pièce annoncée. Antigone au printemps. Et avec une comédienne que j'aime bien. Je n'ai pas pu résister. Je n'ai rien lu sur la pièce. Je savais cependant que la pièce avait été modernisée, mais rien d'autre. Je ne savais pas à quoi m'attendre et j'avoue que j'avais un peu peur du résultat.

La pièce a commencé, la voix, la musique, ont envahit la salle. Les acteurs ont récité leurs textes. Et j'ai été complètement envoûtée, renversée, hypnotisée. J'ai retenu mon souffle. Et Antigone s'est retrouvée à nouveau dans mon coeur. Non seulement, je me suis réconciliée avec le personnage d'Antigone, mais j'ai finalement pu la comprendre.

Le contexte est différent, bien sûr. Mais l'histoire reste la même. Et la révolte aussi. Révolte contre ce qui ne peut être changé (la vérité de leur naissance) et révolte sur ce qui peut être changé. La rage de vivre des personnages est bien vivante ainsi que leur destin inévitable vers la mort ; comme dans l'histoire mythique.

Mais nous retrouvons les personnages avant le texte d'Antigone. Nous les retrouvons enfants, ensemble, unis. Meurtris mais solidaires. Puis, nous les voyons s'éloigner, se perdre et finalement s'affronter. Les gestes sont horribles, la fin tragique. Le besoin de croire en une cause, la manipulation des faits, des informations, des opinions, la nécessité de se battre pour ses idées... Tout ceci se trouve dans les textes de Sophocle et Anouilh mais ici, tout semble terriblement proche, moins théorique.

Je trouve cependant triste que rien ne change... nous avons, encore et toujours, les mêmes tragédies à vivre et revivre.

Lire aussi:

Pour en savoir plus...

  • Article par Élie Castiel dans la revue Séquence
  • Critique de Pierre-Alexandre Buisson sur la Bible urbaine
  • Article de Raymond Bertin sur la pièce et article sur l'auteure dans la revue Jeu
  • Entrevue avec Léane Labrèche-Dor
  • Article de Gilles G. Lamontagne sur le site Sors-tu?.ca
  • Article d'Esther Hardy sur le site atuvu.ca

Posté par Laila_Seshat à 09:13 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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09 mars 2011

Non, non, non... pas Scarpetta

J'adore les romans de Kathy Reichs et j'adore le personnage de Temperance Brennan. J'ai commencé à lire les romans de Reichs bien avant que la série Bones ne soit créée.

Quand en 2005, la série américaine Bones a été annoncé, j'étais très exitée ! J'avais très hâte de voir comment on avait adapté les romans et de voir les personnages prendre vie. J'adore les émissions policières et le tout me semblait très prometteur. Je dois avouer que lorsque j'ai vu la première émission, j'étais non seulement déçue mais enragée. Et je n'ai pas écouté les émissions suivantes. Je m'attendais à voir les romans de Reichs et il faut dire qu'on est loin de ceux-ci. Car mise à part le nom du personnage, la série n’est pas une transposition des romans de Reichs.

L’action ne se déroule pas entre Montréal et la Caroline du Nord. Elle est située exclusivement à Washington D.C. et on ne retrouve aucun des autres personnages. Le personnage même de Brennan diffère énormément du personnage du livre sur plusieurs points. Les deux œuvres sont donc complètement différentes. Les seuls points communs étant l’anthropologie judiciaire et le nom du personnage principal.

Lors de cette première émission, je ne pouvais croire qu'on avait transformé à ce point le personnage de Brennan... elle était beaucoup trop jeune. Et où était Ryan ? L'agent Booth devait-il le remplacer ? Ce fut un choc... Mais comme j'aimais bien les acteurs, j'ai repris la série. Et aujourd'hui, j'adore autant la série que les livres. J'ai réussi à dissocier complètement les deux oeuvres. Disons, que le fait que le personnage principal se fait appelé "Bones" aide un peu ! Je trouve même drôle, les clins d'oeil à Reichs, notamment dans le nom du personnage principal des romans de Bones ! Et je peux voir un peu du style de Kathy Reichs dans la série....

Mais si j'aime la série, j'ai encore beaucoup de difficulté à comprendre tous ces changements. Ou plutôt... je les comprends mais ça m'enrage de voir que pour s'assurer du succès de la série, on ait rajeuni à ce point le personnage. On a aussi éliminé son ancien mari - à la fois si sympathique et enrageant - et surtout on a éliminé sa fille ! Et où est son chat Birdie ? NonEt les personnalités des deux personnages sont si différents ! J'ai lu que le personnage de Temperance "Bones" Brennan n'était pas calqué sur le personnage de Temperance "Tempe" Brennan, mais plutôt sur l'auteur elle-même. Je veux bien... mais alors pourquoi lui donner le même nom ??? Non, vraiment... pourquoi ?????

Enfin... tout ça pour dire que cela me choque tout de même et qu'à chaque fois qu'un nouveau roman de Kathy Reichs paraît, ce questionnement revient... Et tout ça pour dire que... je viens de lire que les romans de Scarpetta seront adaptés au cinéma et que c'est Angelina Jolie qui interprétera le rôle de Kay Scarpetta !

Non, non, non... J'aime bien Angelina Jolie (enfin la plupart du temps) mais Kay Scarpetta !!! Really ???? Bon sang... c'est encore pire que pour Brennan ! Enfin, reste à voir ce qu'ils feront des autres personnages - s'ils sont même présents !

Me semble que quand les romans d'Agatha Christie ont été adapté au cinéma et à la télévision, ils n'ont pas remplacé Poirot avec un jeune homme tout mince et que Miss Marple n'avait pas 30 ans !

On en est vraiment au point où on n'ose pas prendre le risque qu'une anthropologue judiciaire (qui soit-dit en passant demande de longues années d'études et d'expérience) soit une femme mature près de la cinquantaire. Il faut absolument la  transformer en une belle jeune femme dans la trentaine ? Les cotes d'écoutes et les ventes de billets de cinéma seraient à ce point désastreuses ?

Soupirs !!!!

Posté par Laila_Seshat à 03:06 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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