19 octobre 2011

Wicca de Scott Cunningham

c1Wicca : a guide for the solitary practitioner / Scott Cunningham.  St. Paul: Llewellyn, 1995. – 218 p. : ill.; 23 cm. – ISBN 0-87542-118-0

-Disponible en français

Résumé (traduction libre):

Voici une introduction positive et pratique à la religion de la Wicca. Cunningham présente la Wicca comme elle est aujourd’hui – une religion douce et modérée, orientée vers la Terre et la Nature et dédiée à la Déesse et au Dieu. Ce livre est essentiellement un guide pratique sur la pratique de la Wicca solitaire.

Wicca est un livre sur la vie, et sur comment vivre magiquement, spirituellement et complètement en accord avec la Nature. C’est un livre de sens et de sens commun, non seulement à propos de la Magie, mais à propos de la religion et un des problèmes les plus critiques d’aujourd’hui : comment obtenir une relation nécessaire et complète avec notre Terre.

[...]

Ce livre, basé sur la pratique solitaire de la Wicca par l’auteur, et ce, sur près de deux décennies, présente un portrait éclectique de nombreux aspects de cette religion. Des exercices conçus pour développer une expertise magique, un rituel d’auto-dédicace, magie des runes, herbes et cristaux, recettes pour les festins de Sabbat, sont également inclus dans cet excellent livre.

Commentaires personnels :

Ce livre de Cunningham se veut tout d'abord une introduction à la religion nommée Wicca. L'auteur cherche surtout à offrir une base aux gens désirant pratiquer cette religion en solitaire. Cunningham avait une nette préférence pour la pratique solitaire et il croyait fermement qu’il n’était pas nécessaire de faire partie d’un groupe pour pratiquer – ou plutôt pour vivre (comme il le disait) – la Wicca.  Il croyait également que la spiritualité était une recherche personnelle et individuelle. Il a donc essayé avec ce premier ouvrage de donner les outils et connaissances essentiels pour pratiquer seul la Wicca. Destiné aux gens qui sont dans l’impossibilité de trouver un groupe ayant les mêmes croyances ou encore qui ne sont pas confortables avec la pratique en groupe, ce livre tente de donner une vue d’ensemble de la Wicca – ses origines, sa pratique, ses croyances de base, les outils essentiels, etc. Finalement, il propose divers rituels à pratiquer en solitaire.

Le livre est sans aucun doute fort intéressant pour qui veut connaître et comprendre cette religion qui semble encore un peu inquiétante. Le livre explique sommairement plusieurs éléments et concepts. L’auteur présente les principes de base mais il semble ne survoler chacun des sujets ; donnant une définition, expliquant certains éléments mais allant très peu en profondeur. L’auteur, qui voulait offrir une vue d’ensemble de sa religion pour les gens n’ayant aucun accès à un groupe et donc aucun accès à un enseignement extérieur, a dû de toute évidence rester en surface.  Voulant couvrir plusieurs sujets en un seul ouvrage, il ne pouvait que survoler ces derniers.  D'autant plus que le livre est court – avec une mise en page très espacée, ce qui rend la lecture facile pour un ouvrage essentiellement didactique.

Le style de Cunningham est simple et facile d’accès. Il utilise des mots et des termes faciles à comprendre. Il avait comme but de rendre accessible la Wicca à tous – et non pas uniquement à quelques gens. Il voulait sortir la Wicca à la lumière, la faire connaître au plus grand nombre de gens possible et dissiper le coté mystérieux et secret. Pour lui, la Wicca est simple, proche de la Nature et ouverte à tous. Il a voulu enlever la rigidité des rituels, des dogmes, etc.  La Wicca, selon Cunningham est personnelle et flexible. Il voulait aussi dédramatiser et démystifier ce qu’il considère comme une religion « ordinaire » (et qui d’ailleurs a été reconnue comme une religion officielle dans certaines régions du monde).

L'auteur offre également des rituels et des pratiques simples et faciles à réaliser – peut-être trop simples et trop faciles à réaliser selon certaines critiques. L'ouvrage étant condensé, il passe cependant rapidement sur ces prières et rituels. Et il se fait souvent moralisateur. Pour beaucoup de gens, il passe également sous silence plusieurs aspects de la Wicca.

Le livre ne devrait pas, de toute évidence, être l’unique référence pour comprendre et connaître la Wicca. C’est un bon point de départ, il est vrai, mais il ne faut pas s’arrêter à ce livre. Il y a beaucoup trop d’éléments non approfondis. Cette spirtualité comporte de nombreuses croyances qui semblent être complexes et différentes selon les groupes. Le livre de Cunningham offre cependant un excellent aperçu de ce courant religieux.

Dans Living Wicca : a further guide for the solitary practitione, l'auteur propose un complément à son premier ouvrage et y poursuit sa définition de la Wicca. En plus de revoir certaines définitions et certains aspects abordés dans son premier livre, il aborde également de nouvelles notions pour tenter d’offrir aux gens une vision plus complète de la pratique solitaire de la Wicca.  Il souligne aussi avec plus d’emphase comment vivre sa spiritualité individuelle. 

Les deux ouvrages se veulent des manuels pratiques, des ouvrages de base.  L'auteur est d’ailleurs reconnu pour sa simplification des rites et concepts de la Wicca. Cunningham est un excellent vulgarisateur, et il est évident que ses écrits ont contribué à rendre la Wicca très politiquement correcte. Bien que cette vulgarisation permette à beaucoup de découvrir et connaître la Wicca – ramenée à un niveau plus accessible – elle fait également en sorte que la Wicca est très édulcorée et très schématisée. 

Il ne faut pas oublier que Cunningham n’est pas objectif et présente la Wicca telle qu’il la conçoit. Il est parfois très moralisateur.  On sent qu’il poursuit un objectif précis : rendre cette spiritualité ou religion « inoffensive » et on a parfois l’impression qu’afin de faire connaître la Wicca, de la normaliser et de la démystifier, il occulte beaucoup de concepts et de pratiques.  

Il est vrai que ce que définit Cunningham est très intéressant et il est également certain que l’auteur connaît très bien son sujet. C’était un praticien de la Wicca et un auteur important.

Les deux ouvrages sont très intéressants. La Wicca a une histoire, des précurseurs, des créateurs, des praticiens qui ont contribué à la mettre en place, à établir des rites, des prières, une spiritualité. Que l'on croit ou non à cette spiritualité n'a pas d'importance. Il est important de lire et apprendre sur toutes les spiritualités et religions. Et la Wicca en fait partie.

Pour en savoir un peu plus sur le sujet :

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18 octobre 2011

Scott Cunningham - L'auteur

En ces temps d’Halloween où la magie semble prendre toute la place et revenir sur l’avant de la scène, pourquoi ne pas se plonger dans un livre de « magie »… 

c1_copyScott Cunningham et ses livres sont extrêmement connus dans le monde ésotérique et maintenant par le public en général. Plus particulièrement ses deux livres sur la Wicca : « Wicca : a guide for the solitary practitioner » et «Living Wicca : a further guide for the solitary practioner ».  

Peu de gens s’intéressant à l'ésotérisme ne connaissent pas les livres de Cunningham. Très populaires auprès des débutants en magie et de ceux qui veulent pratiquer de façon solitaire, Cunningham est souvent considéré comme la principale référence en ce qui concerne la Wicca ou la magie dite naturelle.

Biographie de Scott Cunningham

Scott Douglas Cunningham est né en 1956 à Royal Oak (Michigan) aux Etats-Unis. Il est le deuxième enfant d’une famille de trois. Quelques années plus tard, il déménage avec ses parents en Californie dans la ville de San Diego. À part de nombreux séjours à Hawaii, il demeura toute sa vie à San Diego. 

Quelques biographies de l’auteur disent qu’il commença à s’intéresser à l’occulte et à la magie au début des années ’70, par la lecture d’un livre appartenant à sa mère « The Supernatural » par Douglas Hill et Pat William.  Très tôt, il fut également apparemment intéressé par les plantes, les pierres, et la nature. Le livre contribua à renforcer son intérêt pour ces sujets. Le livre comportait différents diagrammes présentant des gestes manuels utilisés pour repousser le mauvais œil. Ces c2gestes le fascinèrent et il les utilisa, alors qu’il était au High School pour attirer l’attention d’une jeune fille qu’il savait s’intéresser à l’occulte.

Il est reconnu que cette jeune fille fut celle qui introduit Scott Cunningham à la magie et à la Wicca. Au cours des années suivantes, il fut initié dans plusieurs covens apprenant plusieurs traditions différentes. Il avait cependant une préférence pour la pratique solitaire.

Quelques années plus tard, il s’inscrivit à l’Université de San Diego où il étudia la création littéraire. Son père, Chester Grant Cunningham, est en partie la raison de son choix puisque ce dernier est l’auteur de nombres d’œuvres – fiction et non-fiction.

Cunningham commença alors à écrire de nombreux articles pour diverses publications et peu après avoir entamé des études universitaires, il décida de les abandonner pour se consacrer à l’écriture et la rédaction. En 1980, il publia son premier roman intitulé « Shadow of Love ».  

Quelques années plus tard, en 1983, il apprit qu’il souffrait de la maladie de Hodgkin. Sa santé se détériora au cours des années qui suivirent. Cela ne l’empêcha pas de faire de nombreuses recherches et d’écrire de nombreux livres, principalement sur la Wicca, mais également sur d’autres sujets en lien avec la religion et la magie.  Il voyagea beaucoup, en grande partie pour offrir des conférences sur la magie et la Wicca. Il fit même quelques apparitions médiatiques.  Au cours de sa vie, il écrivit plus de 30 livres et révisa même certaines de ces œuvres afin de toujours les garder à jour et pertinentes. Plusieurs de ses titres furent publiés par la maison d’édition très connue « Llewellyn Publications ».

En 1990,  on lui diagnostiqua une méningite cryptococcique. Ce cancer le rendit vulnérable à diverses infections et il décède en 1993 à l’âge de 36 ans.

L’auteur a laissé une œuvre très importante. Son écriture est simple et facile à comprendre. Il est considéré comme un des principaux responsables de la diffusion et de la popularité de la Wicca. Il est également considéré comme le responsable de l’ouverture à la pratique solitaire. Il croyait que la religion et les pratiques spirituelles étaient personnelles et individuelles. Il avait une préférence pour cette pratique solitaire, même s’il lui arrivait de pratiquer avec d’autres. Il fut, au cours de sa vie, initié dans différentes traditions. Il étudia auprès de Raven Grimassi et fut initié à la Tradition Aridian. Il fit, entre autres,  également partie de la « Reorganized Traditional Gwyddonic Order of Wicca and the Ancient Pictish Gaelic Way ». Mais il resta essentiellement un praticien solitaire, préférant les rites solitaires à ceux de groupes.

Ces livres concernant la magie et la Wicca nous proposent sa vision de la magie et de la Wicca. Il croyait fermement que la Wicca était une religion moderne accessible à tous et permettant de s’ouvrir à une spiritualité qui peut être présente dans chaque aspect de la vie. Son principal but était de faire connaître une religion – la Wicca – et des pratiques trop longtemps gardées secrètes et difficiles d’accès, selon lui.  Il a essayé dans ses livres d’être toujours simple et d'être concis dans ses explications. Il passa de nombreuses années à faire des recherches, notamment pour ces œuvres encyclopédiques.

Bibliographie partielle :

  • Shadow of Love (1980) – œuvre de fiction
  • Magical Herbalism: The Secret of the Wise (1982)
  • Cunningham's Encyclopedia of Magical Herbs (1985)
  • Earth Power: Techniques of Natural Magic (1987)
  • The Magical Household (1987)
  • Cunningham's Encyclopedia of Crystal, Gem, and Metal Magic (1988)
  • The Truth About Witchcraft Today (1988)
  • Wicca: A Guide for the Solitary Practitioner (1988)
  • The Complete Book of Incense, Oils & Brews (1989)
  • Magical Aromatherapy: The Power of Scent (1989)
  • Earth, Air, Fire, and Water: More Techniques of Natural Magic (1991)
  • Cunningham's Encyclopedia of Wicca in the Kitchen (1993)
  • Divination For Beginners (1993)
  • Living Wicca: A Further Guide for the Solitary Practitioner (1993)
  • Spell Crafts: Creating Magical Objects (1993)
  • The Truth About Herb Magic (1993)
  • Hawaiian Magic and Spirituality (1995)
  • Pocket Guide to Fortune Telling (1997)
  • Dreaming the Divine: Techniques for Sacred Sleep (1999)

Sources :

À venir : Critiques et commentaires sur certains de ses livres

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21 juin 2011

Les plantes, les hommes et les dieux - Michèle Bilimoff

Plantes1Les plantes, les hommes et les dieux : enquête sur les plantes messagères / Michèle Bilimoff. -- [Rennes] : Éditions Ouest-France, [c2006]. -- 126 p. : ill. en coul. ; 26 cm. -- ISBN 2-7373-3657-0. -- Comprend une bibliogr. et un index.

Quatrième de couverture

Sorties de l'eau primordiale, les plantes ont peu à peu donné naissance à la vie sur terre. Elles étaient là depuis des millénaires lorsque l'homme y est arrivé.

Tout au long de cette nouvelle enquête, l'auteur a pu constater combien, depuis la nuit des temps, les humains avaient compris l'impotrtance vitale, essentielle et mystérieuse de la végétation. Dans toutes les religions du monde, au fil des siècles, les plantes ont symbolisé concrètement les forces inconnues, inquiétantes ou bénéfiques du Cosmos. Arbres, fleurs, fruit et même légumes- ont été investis de rôles essentiels: messagers auprès des dieux, lieu idéal pour leur donner naissance, dons capables d'attirer leur bienveillance…

Si les religions monothéistes ont remplacé les multiples dieux païens, les croyances dans les forces de la nature ont subsisté. Elles sont toujours là, au fond de nous, et de nombreuses preuves en sont apportées dans ce livre. Pourtant, la recherche accrue de l' " utilisable " estompe peu à peu le respect que nous devons à la végétation, malgré les risques pour sa survie… qui conditionnne la nôtre! Le souvenir de l'impotrtance vitale de cette végétation, si fortement perçue et vénérée par nos ancêtres, joint aux avertissements des experts et des défenseurs de la nature, doit tous nous inciter à la protéger!

L'auteur

Michèle Biblimoff a fait des études à l'École du Louvre où elle a obtenu un diplôme. Elle a ensuite étudier en anglais, en archéologie et en histoire de l'art. Elle a d'abord travaillé au CNRS comme ingénieur de recherche en archéologie où elle a participé à des travaux sur l'orfèvrerie et l'art du métal. Mais sa passion pour les plantes l'a menée à écrire de nombreuses oeuvres sur le sujet.

Bibliographie partielle:

  • Dictionnaire des poinçons de fabriquants d'ouvrage d'or et d'argent de Paris et de la Seine, 1798-1838 (1991) avec Catherine Arminjon et James Beaupuis
  • L'art du métal: vocabulaire technique (1998) - avec Catherine Arminjon
  • Enquête sur les plantes magiques (2003)
  • Promenade dans des jardins disparus (2005)
  • Les plantes, les hommes et les dieux (2006)
  • Français, Américain, Russe?, ou, L'insolite destinée de Gleb, artiste et homme de guerre (2008) - avec Gleb Plaxine
  • Les remèdes au Moyen-Âge (2011)

Résumé et Commentaires personnels

Les arbres, les plantes et les fleurs ont, très tôt, fait partie des religions ; parfois comme symboles des dieux, souvent comme intermédiaires entre les dieux et les hommes. De nombreux récits, mythes et légendes nous racontent la naissance ou l'origine des plantes ou nous expliquent leurs rôles dans dans l'histoire ou nos vies.

Aujourd'hui, dans un monde moins empreint des religions anciennes, les mythologies et la symbolique des plantes sont moins connues. Les arbres, les fleurs et les plantes font toujours partis de nos vies, ils nous entourent et se retrouvent dans nos jardins, nos maisons et sur notre table. Mais les plantes ne semblent plus avoir la même importance religieuse et symbolique.

Michèle Bilimoff nous raconte donc l'histoire de ces plantes. Elle retrace l'origine des croyances concernant les arbres, les plantes, les fleurs, les fruits et les légumes. Elle nous présente d'abord les "origines". En nous parlant de la naissance des plantes, elle introduit l'homme sur une planète déjà envahie par la végétation. Les liens entre l'homme et la végétation sont nombreux et surtout vitaux. L'homme est dépendant de la végétation pour vivre et survivre. Il est donc normal que celui-ci lui donne des pouvoirs, parfois bénéfiques, parfois maléfiques ou inquiétants. Les plantes demeurent mystérieuses pour l'homme et sont liées aux forces de la nature qu'il ne comprend pas bien. Elles prennent un aspect mythique et deviennent donc soit des dieux ou des intermédiaires entre l'homme et les dieux.

Les plantes régissent la vie des hommes et leur culture, leur cueillette, leurs utilisations sont rapidement ritualisées et réglementées. Il faut craindre et vénérer certaines plantes : " "Gardez-vous de briser les branches d'un arbre, n'oubliez pas que leurs tiges peuvent contenir des corps divins", écrit Ovide dans Les Métamorphoses."p.9

L'auteur s'attarde donc, tout d'abord, à nous présenter le rapport qu'avaient différents peuples avec les plantes. Elle nous présente ensuite le lien entre l'eau et les plantes, et donc, nous présente l'importance des plantes aquatiques qui sont liées à la création et à la naissance. Le lotus est un parfait exemple, et elle nous présente la symbolique de cette plante en Inde, en Chine et en Égypte.

Les arbres sont évidemment rapidement investis de grands pouvoirs... arbres de vie, cosmiques, sacrés, mythiques. En plus de nous introduire au rôle majeur que prennent les arbres dans les religions du monde, l'auteur nous parle plus en détail des croyances, mythes, légendes et symboles de quelques arbres: le chêne, le hêtre, le bouleau, le tilleul, le laurier, le peuplier, le platane, les conifères, les arbres fruitiers (le pommier, l'olivier, la vigne, ...), etc. Certains fruits et racines sont aussi présentés : la grenade, la pêche, la mandragore, le ginseng, etc.

Après les arbres, les céréales sont évidemment très présentent dans les mythes et légendes: le blé, l'orge, le maïs, le riz... Ces céréales d'Europe, d'Amérique, d'Asie, sont intimement liées à la vie quotidienne des hommes et sont empreintes de pouvoirs de renaissance et de sacrifices. Le livre s'attarde ensuite aux différents légumes. Moins présents dans les mythes et légendes, certains légumes sont tout de même très importants : l'ail, l'oignon, les fêves, ...

Les fleurs, sauvages ou cultivées, sont particulièrement liées aux dieux. Elles se retrouvent dans de nombreux mythes, soit par leur création, leurs attributs, ou leur offrande. L'iris, le lis, les roses, la violette, la pivoine, etc. ont toutes une légende ou une histoire fabuleuse. Les parfums et leur symbolisme sont également présents dans l'ouvrage.

Finalement, l'auteur résume ce que tous ces mythes et croyances sur les plantes peuvent signifier et leurs évolutions avec le temps. Elle reprend certains mythes et en approfondis l'analyse. Et en conslusion, elle nous rappelle l'importance des plantes pour notre survie.

Abondamment illustré, l'ouvrage est magnifique et très agréable à lire. L'auteur est une passionnée des plantes et cela se sent à travers les textes. L'auteur a également tenté de vraiment parcourir les légendes et croyances sur les plantes à travers le monde, même si elle s'attarde beaucoup plus sur les peuples méditérranéens.

L'ouvrage ne présente pas toutes les plantes, mais se concentrent plutôt sur quelques unes. L'auteur a voulu nous faire découvrir les croyances concernant certaines plantes et l'importance de ces dernières dans la vie des hommes. Le but de l'ouvrage n'était pas de répertorier toutes les légendes concernant toutes les plantes. On pourra donc parfois déplorer le silence de l'auteur sur certaines fleurs ou arbres, ou encore, la brièveté de certains articles. Mais c'est un choix de l'auteur et cela évite que le livre ne devienne un "dictionnaire". Bien que l'auteur nous présente plusieurs plantes, elle a laissé une grande place à l'analyse des origines de ces légendes, et à leur importance dans les religions antiques.

Extraits

"La rose avait aussi été attribuée à Bacchus, peut-être parce qu'elle avait (comme le lierre) la réputation de calmer l'ivresse. Dans les banquets les convives se couronnaient donc parfois de roses." p 79

"Toutes ces tristes légendes sont cependant pleines d'espoir, montrant que la jeunesse et la beauté perdues peuvent donner naissance à d'autres formes de beauté, à une résurrection sous une autre apparence." p.83

Sources à consulter

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19 avril 2011

Le plaisir au Moyen Age de Jean Verdon

UntitledLe plaisir au Moyen Âge / Jean Verdon. -- [Paris] : Éd. Perrin, 2010. -- 238 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-262-03220-3. -- (Coll. Tempus ; no 314). Comprend une bibliogr.

Quatrième de couverture

Chaque époque a ses plaisirs, ou du moins sa façon de les accompagner. Ainsi, au Moyen Âge, la jouissance sexuelle n'allait pas sans trouble ni ruse, en raison du contrôle exercé par l'Église prompte à réprimer des pratique réputées sataniques. La bonne chère aussi était à l'honneur, sous des formes aujourd'hui surprenantes quant à la nature et à la quantité des mets consommés, en particulier le vin coulant à flots jusque dans les réfectoires des monastères.

Aux danses et chansons des fêtes populaires s'ajoutaient des arts de cour de plus en plus raffinés, ainsi que des exercices physiques parfois très violents, comme les tournois et les joutes.

Nourri d'exemples vivants pris dans tous les milieux, l'ouvrage de Jean Verdon donne du plaisir au Moyen Âge une image singulière et, somme toute, joyeuse.

L'auteur

Jean Verdon est né à Châtellerault en 1937. Il étudie au collège Descartes et obtiendra une agrégation d'histoire. Il enseigne Verdonpendant 5 ans dans des classes préparatoires puis en 1968, il est nommé professeur d’histoire du Moyen-Âge à l’Université de Limoges. En 1974, il rédige sa thése d'état traitant des femmes en France au Xe et XIe siècle. Il est l’auteur de nombreux ouvrages et articles sur le Moyen- Âge, dont Les Loisirs au Moyen-Âge (1980), Voyager au Moyen-Âge (1998) et Les Femmes en l’An Mille (1999).

Bibliographie partielle

  • Les loisirs au Moyen Âge (1980)
  • Voyager au Moyen Âge (1998)
  • Les femmes en l'An mille (1999)
  • Rire au Moyen Âge
  • S'amuser au Moyen Âge
  • Le plaisir au Moyen Âge
  • La nuit au Moyen Âge
  • Les superstitions au Moyen Âge
  • Information et désinformation au Moyen Âge
  • Boire au Moyen Âge
  • La femme au Moyen Âge

Résumé et Commentaires personnels

L'oeuvre de Jean Verdon est divisée en trois partie: Faire l'amour, L'Église et le refus du plaisir, Plaisirs en tous sens. Dans la première partie "Faire l'amour", l'auteur traite principalement des préliminaires de l'amour autant dans la littérature que dans la vie réelle. Il parle ensuite de l'acte lui-même particulièrement de la perception qu'on les médecins, les auteurs et les gens en général de celui-ci. Et il termine cette partie en nous parlant des "déviances": les diverses positions, la masturbation, la bestialité, le masoschisme, l'homosexualité, etc.

La deuxième partie nous entretient des rapports de l'Église et du plaisir. Cette partie nous présente comment le plaisir est perçu par l'Église et les clercs, les interdictions du plaisir instaurées par l'Église, comment les religieux vivent leur sexualité, le mépris du monde, du plaisir et surtout de la sexualité que l'Église propage et préconise.

La troisième partie se concentre sur les autres plaisirs: le plaisir de la table, les distractions incluant les activités physiques, les jeux, les fêtes et finalement l'auteur nous parle des plaisirs esthétiques et les plaisirs de l'esprit qui aborde autant le côté intellectuel que l'aspiration vers Dieu.

Les oeuvres de Jean Verdon s'attardent généralement sur un thème en particulier. Ici, il nous présente le plaisir au Moyen Âge. Quelles étaient les sources de plaisir, comment les gens concevaient le plaisir, qu'est-ce qu'ils recherchaient comme plaisirs, etc. Le livre s'attarde cependant davantage sur le plaisir à travers l'amour et la sexualité. Autant la perception de la population que les interdictions en place concernant la sexualité et l'amour sont analysées.

À travers les plaisirs étudiés, c'est une analyse des comportements des gens au Moyen Âge qui est proposé. Le texte est vivant et dynamique et se lit parfois comme un roman. Il m'a semblé cependant par moment, très inégal. Certains passages se lisent aisément, le texte est clair et simple. Et par moment, le style devient plus lourd et le propos devient plus académique. Mais la lecture demeure très intéressante. L'auteur appuie son texte de nombreux extraits, ce qui a pu déplaire à certains, mais j'ai personnellement adoré me replonger dans ces textes et les extraits choisis appuyaient parfaitement les propos de Verdon.

J'aurais cependant aimé qu'il s'attarde davantage sur les autres types de plaisirs tels que les plaisirs de la table, les fêtes, le plaisir esthétique, les activités ludiques, etc. L'auteur a cependant écrit d'autres ouvrages concentrés uniquement sur les loisirs au Moyen-Âge et sur l'art de s'amuser au Moyen-Âge. Et il annonce ses couleurs rapidement. Reste que j'aurais aimé qu'il aborde plus en profondeur les plaisirs de la table et des jeux.

L'oeuvre est cependant vraiment passionnante et nous présente un Moyen-Âge vraiment loin de l'image rigide que l'on s'en fait souvent. 

L'avis de Le Barbe, Le chevalier Dauphinoi,

Extraits

"Je [Le Maistre] dis que quelqu'un peut désirer prendre du plaisir, d'abord par goût de ce plaisir lui-même, ensuite pour éviter l'ennui et la peine d'une mélancolie qui proviendrait de l'absence de ce plaisir. Les rapports conjugaux qui servent à éviter la tristesse issue de l'absence de plaisir sexuel ne sont pas coupables." p. 96

"Plaisir d'assiter au spectacle de la rue lorsqu'on flâne, que l'on se rend à ses occupations. La rue, en effet, depuis le lever du soleil jusqu'au couvre-feu est remplie de mouvement et de bruit. [...] La foule aime s'assembler pour regarder les acrobates, entendre les conteurs et les chanteurs ; elle apprécie les jongleresses qui dansent et charment des serpents." p.169

Sources à consulter

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28 janvier 2011

Pour en finir avec le Moyen Âge - Suite

Pour en finir avec le Moyen Âge / Régine Pernoud. -- [Paris] : Éd. du Seuil, 1979. -- 158 p. ; 18 cm. -- ISBN DSC_0601978-02-005074-6. -- (Coll. Points : Histoire ; no 38). -- Comprend un index.

Commentaires personnels

Publié en 1977, l'ouvrage de Régine Pernoud demeure malheureusement encore très pertinent. Toute la période que l'on appelle communément le "Moyen Âge" est encore méconnue et beaucoup d'idées reçues et clichés la définissent dans l'imaginaire des gens.

Régine Pernoud tente donc dans son livre de rectifier les erreurs sur le Moyen Âge. Elle aborde beaucoup de sujets: l'art, la femme, la féodalité,... Le livre est peut-être un peu court pour tant de sujets différents et on a parfois l'impression de ne faire qu'effleurer le sujet. Et on voudrait plus d'information. Mais l'ouvrage demeure très intéressant et divertissant. L'auteur prend un ton très familier et nous raconte plusieurs anecdotes personnelles.
Ce qui en fait peut-être un livre très subjectif. On note de toute évidence la passion de l'auteur pour le Moyen Âge, mais on ressent aussi son opinion négative sur la Renaissance. Il est vrai cependant que celle-ci a nettement contribué à donner une mauvaise image à l'époque qui la précédait.

Le livre est très facile d'accès et se laisse lire comme un roman. On passe de préjugé en préjugé et il est très intéressant de voir certaines visions de cette -ces- période corrigées. Il est aussi parfois très enrageant de voir qu'encore aujourd'hui beaucoup de gens ne connaissent pas cette période et conservent des idées négatives et fausses. Le Moyen Âge prend peu de place dans l'enseignement de l'histoire et c'est dommage. Tant de choses furent accomplies et découvertes pendant ces siècles... près de 1000 ans ! L'auteur analyse d'ailleurs la profession même d'historien pour la critiquer ouvertement.

Et avec une phrase comme ça, je ne peux qu'adorer !  "La règle, c'est que l'étudiant en littérature fasse une thèse sur Proust et que l'étudiant d'histoire accepte de s'intéresser à tout, sauf à la période médiévale" (p.132). Pour la "petite histoire", je voulais tout sauf faire une thèse sur Proust (brrrrr...) pendant mes Études littéraires et j'ai opté pour la littérature médiévale ! Alors !!! :D

L'avis de Schlabaya

Premier article

Extraits

 "... Dans la vision, dans la mentalité de ce temps (et non seulement du XVIe siècle, mais des trois siècles suivants) il y aurait eu deux époques de lumière : Antiquité et Renaissance - les temps classiques. Et, entre les deux, un « âge moyen » - période intermédiaire, bloc uniforme, « siècles grossiers », « temps obscurs »." p. 15

" [...] le passage bien connu du Trésor de Brunetto Latini expliquant à ses lecteurs, au milieu du XIIIe siècle la rotondité de la terre. "Tiens me dit-elle, très étonnée, je croyais que Galilée avait été brûlé vif au Moyen Âge pour avoir dit que la terre était ronde." Je lui expliquai que sa phrase contenait trois erreurs historiques : Galilée n'avait pas découvert que la terre était ronde ; on le savait depuis plus de quatre siècles. Ensuite il n'avait pas été brûlé vif, mais seulement emprisonné, ce qui était déjà une manière bien peu courtoise de traiter quelqu'un qui s'avisait pour la première fois que la terre tourne autour du soleil. Enfin le tout ne se passait pas au Moyen Âge. Là, pour la convaincre, j'ai dû avoir recours au Larousse en vingt volumes. C'Est avec un intense étonnement qu'elle a dû admettre que "l'affaire Galilée", que chacun attribut au Moyen Âge, appartient bien à l'époque classique, puisqu'elle a eu lieu en 1633." p. 100

Sources à consulter

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24 janvier 2011

Pour en finir avec le Moyen Âge de Régine Pernoud

DSC_0601Pour en finir avec le Moyen Âge / Régine Pernoud. -- [Paris] : Éd. du Seuil, 1979. -- 158 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-02-005074-6. -- (Coll. Points : Histoire ; no 38). -- Comprend un index.

Quatrième de couverture

Méprisés pendant des siècles, encensés par les Romantiques, ces mille ans d'histoire ont presque toujours été recouverts de la crasse de l'ignorance. Godiche ne vient-il pas de gothique ? Féodal ne désigne-t-il pas l'obscurantisme le plus indécrottable ? Moyenâgeux les vieilleries poussiéreuses ?

Grâce à ce livre décapant, mille ans d'histoire émergent enfin - le Moyen Age est mort, vive le Moyen Age !

L'auteur

Régine Pernoud est née en 1909 à Château-Chinon (Nièvre) en Bourgogne. Elle grandit à Marseille au sein d'une famille de 6 enfants. Elle obtient une licence de Lettres à l'Université d'Aix-en-Provence en 1929. Elle poursuit ses études à l'École nationale des chartes. Elle obtient son doctorat de lettres en 1933. Elle devra cependant attendre 14 ans avant d'obtenir un poste lié à ses études. Pendant ses études et avant d'obtenir un poste, elle travaillera comme répétitrice, préceptrice, pernoud1agente de classement de différents fonds d'archives. Elle poursuit également ses études en muséologie à l'École du Louvre pendant cette période et commence ses travaux d'historienne.

Finalement, en 1947, elle est nommée conservateur au musée de Reims. Elle sera ensuite, en 1949, conservateur au musée de l'Histoire de France, puis aux Archives nationales. Elle fondera en 1974 le centre de documentation historique Jeanne d'Arc d'Orléans. Pendant sa carrière d'historienne et médiéviste, elle publiera de nombrexu ouvrages scientifiques mais également de vulgarisation destinés au grand public.

Elle décède le 22 avril 1998 à Paris.

Bibliographie partielle

  • L'Unité française (1944)
  • Lumière au Moyen Âge (1944)
  • Les villes marchandes aux XIVe et XVe, impérialisme et capitalisme au Moyen Âge (1948)
  • Vie et mort de Jeanne d'Arc (1953)
  • Les grandes époques de l'art en Occident(1954)
  • Les Gaulois (1957)
  • Les croisés (1959)
  • Un Chef d'État, Saint Louis de France (1960)
  • Histoire de la bourgeoisie en France (2 vol.) (1960-1962)
  • Les Croisades (1960)
  • Histoire du peuple français (4 tomes) (1961)
  • Croyants et incroyants d'aujourd'hui (1962)
  • Jeanne d'Arc par elle-même et par ses témoins (1962)
  • Notre-Dame de Paris (1963)
  • L'Histoire des rois mages : selon l'Évangile de saint Matthieu (1964)
  • La Formation de la France (1966)
  • Aliénor d'Aquitaine (1966)
  • 8 mai 1429, la libération d'Orléans (1969)
  • L'histoire racontée à mes neveux (1969)
  • Jeanne devant les Cauchons (1970)
  • Héloïse et Abélard (1970)
  • Beauté du Moyen Âge (1971)
  • La Reine Blanche (1972)
  • Les Templiers (1974)
  • Pour en finir avec le Moyen Âge (1977)
  • Les Hommes de la Croisade (1977)
  • La femme au temps des cathédrales (1980)
  • Sources de l'art roman (1980)
  • Jeanne d'Arc (1981)
  • Christine de Pisan (1982)
  • Le Tour de France médiéval : l'histoire buissonnière (1982)
  • La Plume et le parchemin (1983)
  • Jeanne et Thérèse (1984)
  • Les Saints au Moyen Âge : la sainteté d'hier est-elle pour aujourd'hui ? (1984)
  • Saint Louis et le crépuscule de la féodalité (1985)
  • Le Moyen Âge pour quoi faire ?(1986)
  • Isambour : la reine captive (1987)
  • Richard Cœur de Lion (1988)
  • Jeanne d'Arc et la guerre de Cent ans (1990)
  • La Femme au temps des croisades (1990)
  • La Vierge et les saints au Moyen Âge (1991)
  • La spiritualité de Jeanne d'Arc (1992)
  • Villa Paradis : souvenirs (1992)
  •  Hildegarde de Bingen : conscience inspirée du XIIe siècle (1994)
  • Réhabilitation de Jeanne d'Arc, reconquête de la France (1995)
  • Les Templiers, chevaliers du Christ (1995)
  • Celui par qui la Gaule devint chrétienne (1996)
  • Jardins de monastères (1996)
  • Martin de Tours (1996)
  • Saint Jérôme : père de la Bible(1996)
  • Jeanne d'Arc, Napoléon : le paradoxe du biographe (1997)
  • Histoire et lumière (1998)
  • Visages de femmes au Moyen Âge (1998)

Résumé

L'ouvrage de Régine Pernoud entend démystifier cette grande période de notre histoire qui est le Moyen Âge. Elle s'attarde plus précisement au Moyen Âge français et aborde dans chacun des chapites un sujet différent: l'art, la place de la femme, la religion, l'éducation, la féodalité, etc.

Ce petit livre tente d'affronter et corriger les nombreuses idées reçues et préjugées sur cette période méconnue. L'auteur nous présente donc un Moyen Âge diversifié, étonnant, et composé en fait de périodes bien différentes.

Commentaires personnels à suivre...

Extraits

"Dans les actes notariés il est fréquent de voir une femme mariée agir par elle-même, ouvrir par exemple une boutique ou un commerce, et cela sans être obligée de produire une autorisation maritale. Enfin, les rôles de la taille (nous dirions les registres du percepteur), lorsqu'ils nous ont été conservés comme c'est le cas pour Paris à la fin du XIIIe siècle, montrent une foule de femmes exerçant des métiers : maîtresse d'école, médecin, apothicaire, plâtrière, teinturière, copiste, miniaturiste, religieuse, etc.

Ce n'est qu'à la fin du XVIe siècle, par un arrêt du Parlement daté de 1593, que la femme sera écartée explicitement de toute fonction dans l'état." p. 97

Sources à consulter

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04 novembre 2009

Reines et favorites

002aReines et favorites : le pouvoir des femmes / Benedetta Craveri ; traduit de l'italien par Éliane Deschamps-Pria. -- [Paris] : Gallimard, 2009. -- 484 p. ; 18 cm. -- ISBN 978-2-07-037973-6. -- (Coll. Folio ; no 4883)

Titre original: Amanti e regine,  c2005

Quatrième de couverture

À la Renaissance, les femmes devaient se soumettre à l'autorité de l'homme - comme la noblesse devait se soumettre à celle du roi. Certaines parviendront pourant à faire de leur condition d'infériorité un atout. Fortes de leurs ambitions, de leur intelligence et de leur beauté, c'est en profitant de la faiblesse masculine qu'elles se glissent dans les rouages, sans être broyées. Si elles ne peuvent assumer le pouvoir en leur nom, leurs destinées sont parfois spectaculaires. De Diane de Poitiers à Marie-Antoinette, en passant par Catherine de Médicis, la reine Margot, Gabrielle d'Estrées, Madame de Maintenon ou la Marquise de Pompadour, Benedetta Craveri nous offre une suite de portraits, passionnants comme des romans, mêlant avec brio la petite et la grande Histoire.

L'auteur

Benedetta Craveri est une spécialiste de la civilisation française des XVIIe et XVIIIe siècle. Elle enseigne présentement la littérature française en Italie, à l'Université de la Tuscia à Viterbe et à l'Istituto Universitario Suor Orsola Benincasa à Naples.

Bibliographie partielle

  • Madame du Deffand et son monde (1987)
  • La Vie privée du Maréchal de Richelieu (1993)
  • L'âge de la conversation (2002)
  • Avis d'une mère à sa fille (2007)
  • Reines et favorites (2007)
  • Marie-Antoinette et le scandale du collier (2008)

Résumé et Commentaires personnels

L'ouvrage de Benedetta Craveri se veut une galerie des femmes qui ont marqué la monarchie et l'histoire de France. Elle nous présente une facette souvent occultée de l'histoire de la France: la place des femmes dans l'histoire de la monarchie de France.

La femme avait toujours eu une place centrale dans l'histoire et jusqu'à la fin du Moyen Âge, elle jouait un rôle central et important autant dans la société en général que dans la politique. Mais un changement important survient à la fin du Moyen Âge et au tout début de la Renaissance. Le femme est petit à petit reléguée au rôle de mère et perd tout pouvoir public et politique. La loi salique est instaurée en France et les femmes ne peuvent plus accéder au trône. Elles ne sont alors plus que l'épouse et la mère. Les reines ne sont que les femmes derrières les rois, les mères des futurs héritiers, les enjeux de d'alliances politiques.

Les femmes doivent alors trouver une nouvelle façon d'exercer leur pouvoir dans la société et monarchie française. Les reines et les favorites ont leur place dans l'histoire... elles durent parfois se battre pour établir leur pouvoir, leur position n'était jamais certaine, parfois même dangereuse, mais elles réussirent à laisser leur marque dans l'histoire.

      Table des matières

  • Le pouvoir des femmes
  • Une italienne à la cour de France
  • Diane de Poitiers
  • Catherine de Médicis
  • La Reine Margot
  • Gabrielle d'Estrées
  • Une nouvelle reine florentine
  • Marie de Médicis
  • Anne d'Autriche
  • Marie Mancini
  • Marie-Thérèse d'Autriche
  • Louise de la Vallière
  • Athénaïs de Montespan
  • L'affaire des poisons
  • Madame de Maintenon
  • Marie Leszczynska
  • Les soeurs Mailly-Nesle
  • La marquise de Pompadour
  • Madame du Barry
  • Marie-Antoinette

On ouvre le livre de Craveri. On ne doit pas s'attendre à une analyse approfondie la place des ces femmes dans l'histoire. On ne nous offre pas une étude détaillée de l'époque. Benedetta Craveri nous propose plutôt une "histoire"... elle nous raconte la vie de ces femmes qui luttaient pour avoir une place dans une société qui ne leur laissait aucune chance de s'en faire une. L'ouvrage se lit comme un roman... les chapitre sont courts, les liens entre les personnages historiques sont rapides. Malgré le fait que l'on sent le travail et la recherche historique effectués par l'auteur, on ne peut s'empêcher de lire l'ouvrage comme un roman. Totalement passionnant. Les femmes qui ont partagé leur vie avec les rois français, ont lutté pour vivre, survivre dans un monde qui leur était hostile.

Elles sont fortes et faibles à la fois. Les enjeux sont parfois terribles. Elles règnent par des moyens détournés, exercent leur pouvoir secrètement, sont parfois vénérées, souvent détestées... Elles doivent vivre sous des codes strictes et impitoyables. Elles ne sont souvent qu'une monnaie pour conclure un contrat entre deux nations. Elles utilisent les atouts que la nature leur a fournie... Et elles utilisent donc le sexe, la beauté, la luxure, mais aussi souvent leur intelligence pour parvenir à leurs buts. Et l'amour entre parfois en jeu... certaines de ces femmes ont aimé passionnément leur roi... ce qui les a souvent mené à leur perte. Les époques sont diverses, les moeurs changent d'une année à l'autre... ce qu'on tolérait un moment est critiqué à un autre.

Cette galerie de femmes est peinte avec talent. Révélant les bons et les mauvais traits de chacune de ces femmes dont on connait les noms... qui ont marqué l'histoire.

L'avis de Dominique et Praline.

Extraits

"D'après les termes de la loi salique, la naissance, fut-elle royale, ne pouvait conférer aux femmes les mêmes droits qu'aux hommes. [...] Seul le roi détenait le pouvoir, et la reine n'avait d'autre statut que celui d'épouse. Il n'en avait pas toujours été ainsi. La loi salique était une institution juridique relativement récente, inventée oar des historiens et juristes au cours des XIVe et XVe siècles pour garantir avant tout l'indépendance et l'unité territoriale du pays." p.17

"Malgré la diversité de leurs personnalités et de leurs histoires, les favorites royales semblent toutes animées des mêmes passions et des mêmes desseins. Depuis la duchesse d'Étampes, première maîtresse en titre du roi de France, jusqu'à la pauvre comtesse du Barry qui achèvera sa carrière sur l'échafaud, l'amour porté au souverain, quand amour il y a, n'est jamais dénué d'arrière-pensées : l'ambition, l'orgueil, la cupidité, le désir de domination qui l'alimentent sont d'ailleurs des armes indispensables pour surmonter les obstacles, les doutes, les amertures, les humiliations qui émaillent la route d'une favorite ; on ne peut défendre les positions acquises qu'en faisant taire sa piétié et sa conscience." p. 194

Sources à consulter

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19 août 2009

À la table des seigneurs, des moines et des paysans du Moyen Âge

À la table des seigneurs, des moines et des paysans du Moyen Âge / texte Eric Birlouez. -- [Rennes] : Editions RepasOuest-France, [c2009]. -- 127 p. : ill. en coul. ; 26 cm. -- ISBN 978-2-7373-4629-3. -- (Coll. Histoire)

Quatrième de couverture

En nous invitant à découvrir la table au Moyen Âge, Éric Birlouez nous entraîn dans un univers d'une éblouissante richesse sensorielle et symbolique. A la table des seigneurs, les plats étaient parfois colorés en jaune orangé ou en rouge vif. Ils étaient généreusement assaisonnés de coûteuses épices aux subtifs arômes. Certains mets présentaient un degré de raffinement inouï, tels ces cygnes au bec et aux pattes dorés à l'or fin, servis revêtus de leurs plumes et avec les ailes déployées. Le festin médiéval était un spectacle "total", qui se déroulait selon un rituel très codifié et qu'agrémentaient musiciens et conteurs, jongleurs et acrobates.

Cet ouvrage nous parle aussi du pain et des bouillies de céréales, des humbles légumes et des modestes plats de fèves. C'est-à-dire de la nourriture des pauvres... qui constituaient les neuf dixièmes de la population ! Il évoque également l'alimentation des moines et nous rappelle que l'Église imposait, aux religieux comme aux laïcs, la stricte alternance des jours "gras" et des "maigres". Le style d'alimentation du mangeur médiéval devait impérativement être conforme à son rang social. C'est pourquoi, en nous penchant sur les tables du Moyen Âge, nous en apprenons beaucoup sur la société de l'époque, sur son organisation et ses activités économiques, sur ses normes cultuelles et sa symbolique.

L'auteur

Éric Birlouez est tout d'abord un ingénieur agronome qui s'est spécialisé en histoire de l'alimentation. Il est également sociologue et consultant. Il enseigne en Histoire de l'alimentation et sociologie des comportements alimentaires à plusieurs universités françaises et étrangères. Il a également publié des ouvrages et articles sur les sujet de l'alimentation et des aliments toujours en y soulignant les aspects historiques et sociologiques.

Bibliographie

  • Le lait, premier aliment de l'homme (2001) (Avec Inès Birlouez-Aragon)
  • La civilisation du blé : pain, amidon, froment, épi, engrain, farine (2002)
  • A la table des seigneurs, des moines, et des paysans du Moyen Age (2009)

Résumé et Commentaires personnels

C'est une invitation à s'asseoir à une table - ou plutôt des tables - médiévale que nous propose Eric Birlouez avec son ouvrage "À la table des seigneurs, des moines et des paysans". L'auteur qui est un spécialiste de l'histoire de l'alimentation, nous fait découvrir les habitudes alimentaires des gens du Moyen Âge. L'ouvrage pose le sujet en soulignant les différences alimentaires importantes entre les différentes couches de la société. En effet, on ne mange pas de la même façon, ni la même chose si l'on fait partie de la noblesse/bellatores (seigneurs et chevalerie), du clergé/oratores (moines et religieux) ou des paysans/laboratores (pauvres, humbles, travailleurs, etc.).

L'ouvrage traite différents sujets tous reliés évidemment au monde de l'alimentation au Moyen Age. Cette période étant très vaste (environ mille ans), il est évident que l'auteur ne peut couvrir tous les aspects reliés à la cuisine, la table, l'alimentation. Il ne peut que survoler certains de ces thèmes.

- On nous présente d'abord les trois groupes sociaux de l'époque et on distingue bien les différentes habitudes alimentaires associées à chacun. Les codes alimentaires et sociaux sont très stricts et on les suit à la lettre.

- L'auteur nous parle ensuite de différents aliments présents dans les plats médiévaux: céréales, pain, légumes, chairs, miel, vin,... La nourriture change et évolue.

- On décrit ensuite les différentes étapes des repas, particulièrement les festins et banquets. On y traite du service, du rituel du repas et surtout de l'importance des couleurs en cuisine médiévale.

- Un chapitre complet nous parle ensuite des épices, omniprésente dans les mets.

- Le mobilier, les ustensiles et les bonnes manières de table sont ensuite présentés.

- Finalement, l'auteur s'attarde sur la cuisine et les cuisiniers.

Le livre est riche en information sur les habitudes alimentaires de cette vaste époque et on découvre les origines de nombres de coutumes encore en vigueur aujourd'hui. Manger et "bien manger" est depuis toujours au centre de nos préoccupations. Et étudier comment on s'alimentait au Moyen Age nous en apprend beaucoup sur la société de l'époque.

Cette collection des Éditions Ouest-France est dédiée principalement au Moyen Âge est un excellent moyen de se familiariser avec cette époque. Les ouvrages sont agréables à lire et abondamment illustrés. Les ouvrages sont évidemment brefs et ne prétendent pas faire le tour des sujets qu'ils abordent. C'est un premier contact, une première approche. On nous propose un survol du sujet en tentant de couvrir le plus d'aspects possibles.

Comme tous les ouvrages de cette collection, ce livre est richement illustré. On nous propose quantité de gravures et enluminures pour illustrer les propos. Cependant, l'ouvrage semble légèrement "plus" illustré que d'autres livres de la collection et même peut-être un peu "trop", selon moi. Les illustrations prennent souvent toute la place dans la page et laissent peu d'espace pour les textes qui se trouvent ainsi très réduits. Il manque aussi d'explications plus détaillées des illustrations. Même si nous savons que le livre n'est qu'une introduction, un peu plus d'informations aurait été intéressant. Et quelques recettes auraient ajoutées un petit élément intéressant selon moi.

On passe rapidement sur les sujets, il y a peu de chronologies et on fait peu de nuances entre les habitudes alimentaires dans une même couche de la société. Évidemment, on s'attarde plus aux habitudes alimentaires des nobles, la documentation étant plus détaillée sur cette classe de la société.

Ceci dit, l'ouvrage est très intéressant et même passionnant. Une chose est certaine... je vais continuer mes lectures sur cet aspect peu connu de la vie au Moyen Âge.

Extraits

"Comme le haricot et les courges dont nous avons déjà parlé, d'autres légumes "américains" - et pas des moindres - sont totalement absents du répertoire alimentaire des hommes du Moyen Age: la pomme de terre, le maïs, la tomate, les poivrons et les piments, le topinambour... ne débarqueront sur l'Ancien Continent qu'au début du XVIe siècle (mais faudra attendre encore près de trois siècles pour que les Français acceptent enfin de consommer tomates et pommes de terre!)" p. 42-43

"[...] les plats chauds arrivent couverts d'un autre plat retourné afin qu'ils ne refroidissent pas trop. En effet, dans les grandes demeurent des familles nobles, la cuisine est éloignée des autres pièces d'habitation pour limiter les risques de propagation d'un éventuel incendie. Cet usage est à l'origine de l'espression "mettre le couvert"." p. 83

"Au Moyen Age, la notion de salle à manger", c'est-à-dire de pièce dédiée de manière permanente aux repas, n'existe pas. Chez les paysans et les citadins pauvres, c'est dans l'unique pièce du logement que l'on mange. Dansl es châteaux, le spalais princiers, les hôtels aristocratiques et les grandes demeures bourgeoises, on prend les repas dans la pièce que l'on juge la plus appropriée aux circonstances... [...] Ce choix est d'autant plus aisé à concrétiser qu'il n'existe pas (ou peu) de tables de repas fixes. Lorsqu'approche le moment de manger, on pose une planche sur des tétraux, matériel que l'on range à l'issu du repas. C'est de cette pratique que viennent les expressions "dresser" la table ou "mettre" la table..." p. 107

Sources à consulter

Quelques critiques de l'ouvrage:

Un blog sur la cuisine au Moyen-Âge

 

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09 juin 2009

Petit lexique des idées fausses...

Petit lexique des idées fausses sur les religions /iddes. -- [Paris] : Albin Michel, [2004]. -- 247 p. ; 18 cm. -- ISBN 2-253-10988-6. -- (Coll. Livre de Poche, no30183)

Quatrième de couverture


Depuis toujours les idées fausses ont proliféré dans le domaine où elles sont le plus pernicieuses, porteuses de haines et de malentendus : celui des religions. Elles concernent alors le noyau identitaire de chaque culture, et sont si bien enracinées qu'il semble impossible, surtout en un temps où les mots religieux envahissent l'actualité la plus guerrière, d'aborder rationnellement ce terrain explosif. C'est pourtant ce que fait ici Odon Vallet, enseignant à la Sorbonne et à l'université Paris-VII.
Après le succès de son Petit lexique des mots essentiels, il explore le champ religieux en scientifique, en historien, en amoureux des langues, corrigeant les approximations de vocabulaire véhiculées par la rumeur ou les médias, qu'il s'agisse du voile prétendument islamique, de la laïcité ou de l'antisémitisme.
Il s'applique aussi à prendre en défaut, sans concession aucune, les lieux communs du "religieusement correct" sur le pacifisme bouddhiste, la tolérance protestante ou la "culpabilité judéo-chrétienne". Il montre enfin comment certaines confusions cachent de réelles difficultés auxquelles il nous invite à ne pas nous soustraire, pour faire reculer l'intolérance et l'ignorance.

L'auteur

Odon Vallet est né en 1947 à Paris. Sa mère est infirmière. Son père est Jean Vallet qui a dirigé la compagnie d'assurance GPA-Athéna. Il laissa à sa mort en 1989, plus de 50 millions d'euros.

Odon étudia dans diverses écoles de Paris. En 1964, il ira à Briançon pour étudier au lycée d'altitude, différents sports comme le cyclisme et l'alpinisme. En 1970, il obtient un diplôme en Sciences Politiques. Il poursuit ensuite ses études à l'École nationaleiddes2 d'administration à Paris. En 1973, il devient maître des conférences à Science Po (IEP Paris), poste qu'il occupera jusqu'en 1989. En 1985, il obtient un doctorat en droit et sciences des religions. À la même époque, il obtient un poste de chargé de cours à Paris, aux Universités Paris I et IV. Il voyage aussi alors beaucoup et visitera l'Asie.

En 1994, il obtient son doctorat en sciences des religions. Il continue d'enseigner, principalement la culture générale et le droit public. En 1999, il crée la fondation Vallet, qui distribue environ 300 bourses d'études par années principalement en France, mais aussi au Bénin et au Vietnam. Il créa cette fondation grâce à la fortune qu'il a hérité de son père. Il est également administrateur de la Société des lecteurs du Monde (SDL); il y siège depuis 2002. Il est également administrateur de nombreux groupes.

Parallèlement à ses activités d'enseignement et d'administrateur, il écrit nombres d'ouvrages, principalement sur les croyances religieuses et les religions, ainsi que sur l'analyse politique. Mais il écrit également sur différents sujets.

Bibliographie partielle

  • Les Hautes-Alpes : hommes et nature en montagne, (1975 )
  • Culture générale (1988)
  • L'École ou De la vanité considérée comme un mode de gouvernement (1991)
  • Femmes et religions (1994)
  • L'État et le politique (1994)
  • Les Religions dans le monde (1995)
  • L'affaire Oscar Wilde ou Du danger de laisser la justice mettre le nez dans nos draps (1995)
  • Les grandes religions d'aujourd'hui (1998)
  • Le Honteux et le Sacré (1998)
  • Qu'est-ce qu'une religion ? (1999)
  • Jésus et Bouddha (1999)
  • Une autre histoire des religions (2000)
  • Le Cantique des cantique (2000)
  • Hymnes à la Terre-Mère (2000)
  • Hymnes au masculin (2000)
  • Dieu a changé d'adresse : propos d'un pharisien libéré (2001)
  • Petit Lexique des mots essentiels (2001)
  • Petit Lexique des idées fausses sur les religions (2002)
  • L'Évangile des païens : une lecture laïque de l'évangile de Luc (2003)
  • Petit lexique des valeurs fausses sur les religions  (2004)
  • Petit lexique des guerres de religion d'hier et d'aujourd'hui (2004)
  • Dieu a changé d'adresse  (2004)
  • Corps Divins (2006)
  • Dieu n'est pas mort... mais il est un peu malade (2007)
  • Dieu et le Village planétaire (2008)

Commentaires personnels

Ce Petit lexique des idées fausses sur les religions se lit rapidement et sans effort ! Une lecture agréable et essentielle ! Les religions semblent vouloir rester au centre de nos préoccupations, même aujourd'hui. Qu'on soit religieux ou non, qu'on soit croyant ou non... les religions font parties de nos vies et de l'actualité.

Mais nombreuses sont les fausses idées, les préjugés, les mauvaises conceptions sur les religions. On connait des demi-vérités, des légendes, des stéréotypes ; on répète ce qu'on nous répète et on finit par croire et prendre comme vérité des idées complètement fausses ou détournées de leur sens premier. Parfois ces fausses idées proviennent de malentendus, de peurs du non connu, mais aussi de la haine et du rejet des autres religions... Ce qui est étrange, inconnu, mystérieux, bizarre, hors de nos repères, peut parfois sembler incompréhensible et être mal interprété. Et surtout on oublie... on oubli le pourquoi, le comment, le qui... on oublie les origines, les raisons derrières certaines traditions, certaines coutumes. Notre propre culture religieuse est parfois très loin au fond de nos mémoires... imaginez alors pour les cultures religieuses étrangères ! Et il ne faut pas oublier que parfois les raisons derrières certaines coutumes religieuses sont lointaines. Et se perdent dans la nuit des temps. Elles n'ont plus de bases dans nos réalités modernes et nous semblent donc bien étranges.

Odon Vallet dans son ouvrage se penche sur environ 70 idées reçues sur les grandes religions et courants spirituels. Et il tente de les expliquer et de rétablir les faits. L'ouvrage se présente sous forme de lexique alphabétique. Chaque chapitre analyse un mot en relation avec un concept religieux : Amour, Athéisme, Castes, Circoncision, Excision, Génocide, Immaculée Conception, Kâma Sûtra, Moïse, Noël, Orthodoxe, Pape, Péché originel, Peuple élu, Réincarnation, Résurrection, Sectes, Tantrisme, Vaches sacrées, Voile, Zen... voici quelques uns des sujets abordés qui nous font réaliser à quel point on croit savoir et connaître ces thèmes mais qu'en fait souvent on ne fait que généraliser et répéter ce qu'on a pu lire dans les journaux. Nos conceptions sont souvent erronées, parfois biaisées, presque toujours incomplètes.

Le style de l'auteur est clair, précis, bref. Parfois un peu court, mais toujours étoffé. On nous présente une analyse du sujet - parfois on note une touche personnelle, mais généralement cela reste très objectif comme étude - avec des perspectives historiques, sociologiques, mythologiques, étymologique... L'auteur cherche à toujours remettre en contexte une coutume, une tradition, un geste. Et surtout, il ne prétend pas donner la "vérité". Il explique, explore, remet en perspective, mais ne donne pas toujours une réponse claire et nette. Vallet nous offre un ouvrage court mais sérieux.

Et voilà mon gros reproche au livre: il est trop bref ! Trop peu de mots explorés, trop peu de contextes et d'analyses offerts... C'est un un sujet vaste et avec cet ouvrage, on ne fait qu'effleurer quelques sujets légèrement - mais sans toutefois tomber carrément dans la vulgarisation. C'est une ouverture à aller plus loin. À remettre en question nos idées reçues et à apprendre et comprendre les religions et cultures de ce monde.

Une lecture passionnante et enrichissante !!!

Extraits

" "L'Immaculée Conception est la conception miraculeuse de Jésus"

C'est une double erreur riche de sens. L'Immaculée Conception ne concerne pas Jésus puisqu'elle s'applique à Marie dont la conception fut, e plus, tout aussi charnelle que celle de tous les humain. Mais cette confusion entre la mère et le fils fut largement entretenue par un culte de la Vierge mariolâtre et oeudipien.

L'Immaculée Conception est l'absence de péché dont aurait bénéficié la mère de Jésus depuis l'instant de sa conception par un homme et une femme que les évangiles canoniques ignorent mais que les évangiles apocryphes (notamment le protévangile de Jacques) nomment Anne et Joachim." p. 95

" "Le paradis est une création de la Bible"

Le mot paradis est une invention iranienne et non biblique. Mais la Bible a transformé cette innovation et en a retiré un droit de propriété intellectuelle. Les Iraniens avaient créé le paradis sur terre, les juifs le paradis au ciel et l'Iran s'est fait voler son paradis." p. 150

Sources à consulter

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03 juin 2009

L'Univers féerique de Brasey

L'univers féerique / Édouard Brasey. -- [Paris] : Pygmalion, [c2008]. -- 863 p. ; 21 cm. -- ISBN fee978-2-7564-0188-1

Ce volume rassemble les titres suivants, parus aux éditions Pygmalion / Gérard Watelet à Paris: C1999, Fées et Elfes; c1999, Nains et Gnomes; c1999, Sirènes et Ondines; c2000, Géants et Dragons; c2000, Sorcières et Démons.

Quatrième de couverture

Grand connaisseur du monde féerique, Édouard Brasey est parti sur les traces de créatures fascinantes, partout où on les rencontre, dans les contes et les mythes, le folklore, les chroniques locales, les recueils anciens. Ce volume nous révèle absolument tout sur ces êtres, bienfaisantes ou maléfiques, insouciants, espiègles, redoutables, parfois cruels, qui habitent le monde de nos rêves: leur histoire, leur habitat, leur habillement, leurs secrets, leurs amours et les croyances dont les hommes les entourent. Largement popularisés par la littérature fantastique, la bande dessinée et le cinéma, ils continuent pa susciter notre fascination et leurs aventures nous donnent bien souvent des leçons de vie.

Vous saurez donc tout sur les fées, les elfes, les sorcières, les démons, les loup-garous, les vampires, les succubes, les incubes, les lamies, les goules, les sirènes, les ondines, les naïades, les océanides, les nymphes, les roussalkas, les marimorgan, les vouivres, les nixes, la lorelei, les géants, les dragons, les ogres, les dracs, les tarasques, les coulobres, les nains, les gnomes, les lutins, les gobelins, etc.

L'Univers féerique nous invite à une passionnante et troublante plongée dans les mystères de l'imaginaire.

L'auteur

fee2Édouard Brasey est né à Marseille, en France, en 1954. Il étudiera tout d'abord en politique et en droit pour finalement faire des études en sciences économiques. Il travaillera dans un cabinet d'audit américain pendant quelques temps puis se dirige vers une carrière de journaliste économique. Il écrira également comme journaliste littéraire pour le magazine Lire.

En 1984, il obtient un DEA en études cinématographiques. À cette même époque, il commence à écrire quelques essais. Il se lance également dans l'étude et la l'écriture de contes.

Il devient rapidement un spécialiste des contes, mais également du monde imaginaire des êtres féeriques qui peuplent les contes. Il continue d'écrire des essais et des contes, mais se lance également dans la rédaction de romans largement inspirés des mythes, contes, légendes, folklores de divers pays. Tous ces écrits sont toujours le fruits de nombreuses recherches et études.

Parallèlement à ses activités d'écrivain, il est également reconnu pour ses talents de conteur et conférencier. Il fut également figurant dans divers films. Il présente encore aujourd'hui de nombreux spectacles de contes, participe à des émissions de télévision, dirige une collection de contes,, de traités ésotériques, etc., présente des conférences, voyage beaucoup et continue d'écrire, particulièrement sur le monde des fées. Il vit présentement à Paris.

Bibliographie partielle (bibliographie complète sur les sites de l'auteur)

  • L'effet Pivot (1987)
  • Quand le ciel s'éclairera (1994)
  • Enquête sur l'existence des anges rebelles (1995)
  • Le Voeu d'étoile (1996)
  • Ça s'est passé en Haute-Provence (1997)
  • Rue de l'oublie ou Les ombres d'Istambul (1998)
  • Fées et Elfes (1999)
  • Nains et Gnomes (1999)
  • Sirènes et Ondines (1999)
  • Géants et Dragons (2000)
  • Sorcières et démons (2000)
  • La Lune, mystères et sortilèges (2003)
  • Les loups de la Pleine Lune - Carnet retrouvé dans un manoir en ruines (2005)
  • Les Univers de Jules Verne (2005)
  • L'Univers féerique (2008)

Le site de l'auteur, son blog, son MySpace et sa page Facebook...

Commentaires personnels

Édouard Brasey est un auteur prolifique. Il écrit beaucoup, sur divers sujets. Mais ses sujets principaux demeurent les thèmes ésotériques, notamment, les peuples féeriques, les mythes et légendes et les êtres surnaturels. Bien que certaines de ces oeuvres sont très vulgarisées et générales, on ne peut lui reprocher un manque de recherche. Brasey semble beaucoup se documenter sur les sujets qu'il choisit.

L'Univers féerique est en fait une réedition en un seul volume de 5 ouvrages qu'il a d'abord publié séparément: Fées et Elfes (1999), Nains et Gnomes (1999), Sirènes et Ondines (1999), Géants et Dragons (2000) et Sorcières et démons (2000). Ces ouvrages ne semblent plus disponibles séparément.  Le recueil traite donc des différentes catégories d'êtres féeriques que l'on retrouve dans les contes, les légendes et les mythes. L'auteur nous présente brièvement les êtres dont il sera question dans la section, puis nous rapporte des histoires, des légendes, des anecdotes les concernant, dans un désordre total. On passe de références dans des livres anciens à des contes connus, puis on nous présente une légende régionale ou un mythe commun... On passe d'analyses de textes médiévaux à la relation de contes. On rapporte d'antiques légendes mais aussi des légendes récentes et modernes. Les êtres féeriques font parties de l'imaginaire de nos ancêtres mais aussi de notre époque moderne. Bien que la plupart des informations proviennent de la France, on nous propose aussi des histoires de l'Europe et d'autres parties du monde - mais trop peu... cela reste très français comme ouvrage.

Le livre semble parfois un peu long. Je dois avouer que j'ai parfois trouvé la relation d'histoires ou de contes, un peu longue. Certaines histoires moins intéressantes que d'autres et surtout elles n'apportaient aucune nouvelle lumière sur l'être féerique dont on traitait dans le chapitre. J'aurais aimé un peu plus d'information sur les origines de ces êtres qui peuplent nos contes et légendes, sur leurs significations, leur symbolisme...

On nous parle donc de fées, d'elfes, de sirènes, de dragons... Cependant, on doit souligner que l'ouvrage n'étudie pas en profondeur les origines des mythes ou la nature des ces êtres "imaginaires" ou non... On se penche plutôt sur les les histoires, les légendes, les contes, le folklore...  Les gens semblent avoir toujours cru en des êtres féeriques et ils semblent que ces croyances ne sont pas tout à fait disparues du folklore contemporain !

Extraits

"On les appelle les Bonnes Marraines, les Dames Blanches, Noires ou Vertes, les Bienvellantes, les Bonnes et Franches Pucelles, les Fileuses de Destin, les Lavendières de Nuit. Elles font partie du pPetit peuple, que l'on nomme aussi les Bons Voisins, laPetite Noblesse, le Peuple de la Paix ou les Habitants des Collines.

Les expressions imaginées ne manquent pas pour désigner ces êtres fantastiques auxquels les Anciens évitaient de donner leur vrai nom, de peur de les fâcher." p. 11

"Faire alliance avec la fée, c'est faire alliance avec la vie, avec la magie de la vie et l'amour infini qu'elle contient. C'est croire en la providence, faire confiance en sa chance, accorder foi auc coïncidence et aux rencontres heureuses, qui se produisent toujours au bon moment. C'est croire aux forces de l'esprit qui animent la matière. p.158

Sources et avis

Posté par Laila_Seshat à 23:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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