25 octobre 2015

Le moment captif d'un dimanche : imperceptible

2015-10-12"Si l'oeil pouvait voir les démons qui peuplent l'univers, l'existence serait impossible." [Le Talmud]

Je ne crois plus aux fantômes, dit celle qui a passé un nombre incalculable de nuits la tête sous les couvertures. Je ne crois plus aux fantômes, dit celle qui laisse encore parfois une petite lumière dans le corridor pour qu'il ne fasse pas trop noir si elle doit se lever pendant la nuit.

Mais elle y a déjà cru. Intensément. Et pourtant, elle souhaitait désespérément ne pas y croire. Parce que les fantômes la terrorrisaient. Les ombres furtives dans la nuit de sa chambre la terrifiaient. 

Oh, pendant le jour, c'était bien plaisant d'y croire. Ses amies et elle se racontaient un tas d'histoires les plus horrifiantes les unes que les autres. C'était passionnant. Elles frissonnaient de peur en riant. C'était terriblement excitant.

Mais lorsque la nuit tombait et qu'il fallait se coucher, seule, dans un grand lit entouré de noirceur, elle ne trouvait plus cela excitant du tout. Elle fermait les yeux très fort et se répétait inlassablement que les fantômes cela n'existaient pas. Combien de nuits blanches a-t-elle passées dans le noir ?

Je ne crois plus aux fantômes, dit-elle en regardant attentivement la photo sur son écran.

"Si tout est illusion, nos illusions sont illusoires." [Alain Pontaut]

* Si vous cliquez sur la photo, vous la verrez en plus grand. Voyez-vous le fantôme que j'ai cru voir ? ;-)

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05 octobre 2008

Dictionary of Angels: Including the Fallen Angels

10961706Dictionary of Angels: Including the Fallen Angels / by Gustav Davidson. –New York
: Free Press;
Toronto : Maxwell Macmillian, c 1994. – 386 p. : ill.; 24 cm. -- ISBN-10: 002907052X

Traduction française : Le dictionnaire des anges / Gustav Davidson ; traduit de l'anglais par Carole Hennebault. (Les Editions "Le Jardin des Livres")

Résumé :

L’auteur a passé plus de 15 ans en recherches pour la rédaction de ce dictionnaire. Il a exécuté ses recherches dans de nombreuses bibliothèques à travers le monde, il éplucha nombres de livres, manuscrits, textes sacrés, grimoires, ne négligeant aucune source.

L’œuvre de référence recense plus de 4 000 entités angéliques : Anges, Archanges, Dominations, Vertus, Puissances, Chérubins, Séraphins, etc. faisant partie de la littérature biblique, gnostique, cabalistique, talmudique et beaucoup d’autres textes. Chaque entrée comporte une ou plusieurs descriptions de l’entité ainsi que les sources et références d’où proviennent les informations. On peut voir un véritable effort pour recenser toutes les traditions et cultures. Plusieurs illustrations viennent compléter le livre.

Une introduction et divers textes, incantations, tables, etc. complètent le dictionnaire de Gustav Davidson.

L’auteur :

Gustav Davidson est né en 1895, un 25 décembre à Varsovie en Pologne. Il immigra aux Etats-Unis avec sa famille en 1897, plus précisément à New York.

Il publia dès 1915 une pièce de théâtre en collaboration avec Joseph Koven intitulé : Melmoth, the Wanderer, a Play in Five Acts.  Il fonda quelques années plus tard, le Madrigal Magazine, dont il fut également l’éditeur.

Il poursuivit des études universitaires à l’Université de Colombia à New York. En 1922, il fonda un autre magazine : Rhythmus Magazine. Il fut également éditeur et critique pour le Daily Mirror de New York entre 1929 et 1931. Durant les années qui suivirent il publia plusieurs ouvrages dont des critiques, de la poésie, etc. Il publia entre autres : « Thirst of the Antelope » en 1945, « Moment of Visitation » en 1950 et « Ambushed by Angels » en 1965.

En plus de ces activités littéraires, il fut également le « leader » d’une expédition dans les mers du sud, il travailla à la Librairie du Congrès comme bibliographe et conservateur, il fut le secrétaire exécutif de la société : « Poetry Society of America ». En 1940, il fonda la maison d’édition «  Fine Editions Press ». Il épousa Mollie Strauss en 1942. En 1967, il publia A Dictionay of Angels, Including the Fallen Angels à New York. Il décéda en 1971 à New York.

Commentaires personnels:

Le mois d'octobre étant le mois des anges gardiens (enfin, c'est ce qu'on me dit), voici un ouvrage qui répertorie la grande majorité des anges gardiens et des anges rebelles...

Peu de mauvaises critiques pour cet ouvrage. Et je suis également de l’avis de la majorité des gens qui ont le livre: ce dictionnaire est un excellent ouvrage de référence. L’auteur a fait une recherche extensive et on serait tenté de dire presque complète. De plus, il nous livre presque toujours les sources, les références, les textes d’où il a tiré ses informations.

L’introduction est très intéressante et nous livre la démarche de l’auteur. Elle offre également plusieurs réflexions ainsi que différents liens entre les entités.

De plus, le contenu de l’Appendice propose différentes listes, tables de correspondance, amulettes, etc., et même quelques prières, exorcismes et conjurations. L’auteur ne prétend pas connaître l’authenticité des textes, il ne fait que nous livrer le fruit de sa recherche.

L’auteur ne fait aucune discrimination et nous offre des descriptions de toutes les entités qu’il a pu répertorier. Il va cependant parfois émettre ses doutes quant à la validité de la source.  Il notera également lorsqu’il y a des conflits ou des contradictions dans les références. L’approche demeure très objective.

Les critiques négatives concernant l’ouvrage proviennent en majorité des gens en désaccord avec l’approche généraliste et non pas religieux du livre. On dit, entre autres, que l’auteur ne donne pas une bonne idée de la nature sacrée des anges. Ce n’est évidemment pas le but de l’ouvrage.

On retrouve quelques critiques sur l’intégration de conjurations, exorcismes, etc… Les critiques sont de toutes évidences basées sur les croyances religieuses des gens – qui mentionnent surtout que le livre s’éloigne de « dieu ».  Il faut noter que les textes de l’Appendice que l’auteur a ajouté à son ouvrage complètent en majorité le dictionnaire et ont un caractère plus informatif et culturel que réellement « magique ». Cependant, je dirais que ces textes peuvent être utilisés et à ce titre, ils peuvent être dangereux pour ceux qui ne possèdent pas les connaissances et l’expérience en travaux magiques. Étant un dictionnaire général à portée de tous, ce peut être un point négatif à l’ouvrage.

D’autres critiques concernent les références utilisées pour sa recherche. Certains sont surpris de voir des références littéraires et non pas juste des textes sacrés dans la liste des ouvrages consultés. On souligne que les références littéraires ne sont pas « réelles » et historiques. Encore une fois, ce n’est pas le but de l’ouvrage qui est de répertorier toutes les entités angéliques – peu importe la source ou la provenance.

De plus, d’un point de vue personnel, je ne crois pas que l’on peut véritablement attesté de l’authenticité des textes sacrés et des entités répertoriées dans ceux-ci.

En conclusion, je crois que c’est un excellent livre de référence à posséder pour connaître les entités angéliques de tout type !

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18 septembre 2008

L'Archange Saint-Michel : II. Présentation

L’Archange Michel apparaît dans l’Ancien Testament, mais sa mythologie est surtout développée dans les textes hors de la Bible officielle.

Son nom Michel est écrit מיכאל en hébreu - Micha'el ou Mîkhā’ēl. Ce nom signifie « Qui est comme Dieu » ou plutôt « Qui est comme Elohim »  - de Mi Ka El. Elohim étant considéré comme un nom commun – probablement au pluriel – qui signifierait dieu, ou encore majesté ou excellence. Cette phrase est aussi souvent considérée comme une interrogation : « Qui est comme Dieu? ». Et donc, on peut offrir une multitude d’interprétation au nom de Michel.

En grec, le nom devient : Μιχαήλ, Mikhaíl et en arabe :  ميخائيل, Mîkâ’îl, parfois Mikal. En latin, nous retrouvons plus simplement : Michael ou Michaël.

Michael est un des seuls anges mentionnés par son nom dans la Bible – avec Raphaël et Gabriel. Il est de plus, appelé « archange ». Il est donc reconnu comme un archange – le mot provenant du grec, archangelos (αρχαγγελος) et signifiant premier (arch) et messager (angelos). Les anges sont donc des messages, les archanges annoncent quant à eux les événements les plus importants. 

Michael fait à la fois partie de la littérature et tradition chrétiennes, juives et arabes –autant dans la littérature religieuse que profane. C’est donc une entité très importante dans les religions dites révélées. On retrouve son nom dans plusieurs textes sacrés ou écrits apocryphes et même, ésotériques : Talmud, Livre d’Énoch, et beaucoup d’autres. Parfois, même si son nom n’est pas expressément mentionné, on le reconnaît dans la présence angélique évoquée. 

Dans la Bible, il est mentionné à quelques reprises. On le retrouve notamment dans le livre de Daniel ainsi que dans l’Apocalypse :

Ap 12:7- Alors, il y eut une bataille dans le ciel : Michel et ses Anges combattirent le Dragon. Et le Dragon riposta, avec ses Anges,

Ap 12:8- mais ils eurent le dessous et furent chassés du ciel.

Il inspire les Macchabées, apparaît à Moïse dans le buisson ardent, à Josué dans la campagne de Jéricho, il est l’ange qui retient Abraham lorsqu’il veut sacrifier son fils, … Comme on ne nomme pas l’ange, beaucoup de « ces actions » sont parfois attribuées à d’autres entités.

Ange3Il est considéré comme le chef de la milice céleste. On le dit chef de l’ordre angélique des Vertus, chef des archanges, chef de la 4e sphère céleste, ange du repentir, de la sanctification, chef guerrier, défenseur de la foi, ange de la mort, peseur d’âmes, conducteur des âmes, … Ces caractéristiques sont les plus connues, mais on l’associe parfois à l’Esprit Saint, au Logos, et même à Dieu.

Peu importe, les attributs qu’on lui donne, Michael possède toujours une force extraordinaire. Il est envoyé où sa puissance est nécessaire. Son nom nous indique que seul la puissance de Dieu peut réaliser ce que Michael peut accomplir.

L’Archange est très important dans les textes hébreux et il est souvent considéré comme le protecteur et patron du peuple – ou encore des nations – juif. C’est l’ange qui défend les enfants du peuple juif.

Mais c’est véritablement dans l’Apocalypse que nous retrouvons le combat principal de Michael. C’est en effet dans ce texte que l’archange s’oppose au dragon – ou Satan, l’ange déchu. Ce combat a eu lieu et aura lieu à la fin des temps.

On doit comprendre que ce combat est éternel – et le dragon est toujours vaincu par l’ange de lumière. Ce combat donne les caractéristiques physiques principales à l’archange : armure de guerrier et lance ou épée – souvent de feu ou de lumière.

C’est le guerrier de Dieu. Dans les traditions abrahamiques, son nom est le cri de guerre des anges qui se battent contre Satan et les anges déchus.

Michael est le défenseur et le protecteur de tous les fidèles et est celui qui terrasse non seulement Satan, mais toutes les créatures infernales. Il représente l’éternel combat de l’église contre le mal, contre le péché et annonce la victoire du bien –ou parfois du Christ- sur la mort et le mal.

On dit aussi qu’il est le souffle de Dieu lorsque l’on rend l’âme, il la protège et l’accompagne et la conduit jusqu’à sa destination finale. Il agit alors comme psychopompe. On lit parfois qu’il va jusqu’à peser les âmes, et on le représente alors avec une balance.

Voir aussi:

Quelques sources:

  • Le Mont Saint-Michel: monastère et citadelle. -- Lucien Bély, préface de Jean Favier, photographies : Hervé Champollion. -- Rennes: Éditions Ouest-France, c1994, 2004. -- 249 p.: ill, photgr, cartes; 24 cm. -- ISBN. 2-7373-1419-4

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16 septembre 2008

L'Archange Saint-Michel : I. Introduction

On ne peut visiter le Mont Saint-Michel sans essayer de comprendre Saint-Michel. Ou plutôt essayer de comprendre… car Saint-Michel est multiple.

Je ne prétends nullement offrir dans les prochaines articles, une définition de cet ange, archange, entité… juste quelques lignes qui résument mes lectures.

Lorsqu’on arrive au Mont Saint-Michel, on peut immédiatement trouver des représentations de l’ange – ouAnge1 comme on l’apprend, l’archange – brandissant son épée et terrassant un dragon. On comprend donc que c’est la principale représentation de cette entité que l’on retrouve au Mont.

C’est le culte de Saint-Michel que l’on retrouve au Mont. Mais beaucoup peut être dit sur cette entité : qui est l’archange Mickael, comment devient-il Saint-Michel, comment son culte commença-t-il, que sait-on de lui, quelles sont ses possibles origines païennes, quelles sont ses représentations aujourd’hui,…

Saint Michel Archange est bien présent au Mont et on nous rappelle son combat avec un – le dragon – qui eut lieu sur le Mont… un combat entre l’ange et le démon. L’Ange a vaincu le Dragon, mais ce combat est sans fin… il n’a pas détruit le dragon. On sent ce combat entre la lumière et la noirceur dans tout le rocher…

Peu importe ses croyances spirituelles, on se sent toucher par le culte - parfois plus païen que chrétien - fait à cet archange.

Je me suis promenée longuement, j'ai observé, non seulement les représentations, les peintures, les sculptures... mais aussi le rocher, l'abbaye, le monastère, la grève, les eaux au loin... et j'ai senti une présence - à la fois guerrière et douce.

J'ai senti la lumière et j'ai senti les ombres... j'ai senti l'archange et le dragon... Mais je ne pourrais affirmer qui était la lumière et qui représentait les ombres... 

Entamons un peu les multiples aspects de cette entité.

Voir aussi:

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09 septembre 2008

Le Mont Saint-Michel: III. Les légendes - Partie 3

Autres légendesMSM2

Après la construction du premier sanctuaire, les légendes et histoires miraculeuses continuèrent. En voici quelques unes.

La source d’eau :

Douze clercs furent installés dans le sanctuaire établis par Aubert. La première communauté s’installe, mais il y avait un manque d’eau potable. Il était difficile d’aller s’en procurer pendant les marées hautes. Sans eau potable, ils ne pouvaient pas vivre sur le Mont Saint-Michel. Aubert fit alors miraculeusement jaillir d’un rocher avec l’aide d’un bâton, une source d’eau douce potable. La fontaine Saint Aubert est sur la face nord du Mont. C’est cette source qui fut utilisée jusqu’au XVème siècle.

Colibert :

Lorsque venait la nuit au Mont Saint-Michel, on n’entrait plus dans l’église abbatiale. Le frère portier fermait à clés les portes de l’église et personne n’aurait osé y entrer la nuit. En effet, la nuit, les anges se réunissaient dans l’église et leur présence diffusait une lumière céleste que les hommes ne pouvaient contempler sans danger. Les anges chantaient également des hymnes que le vent semblait porter au-delà de l’église et qui était la façon dont les anges communiquaient la parole de Dieu.

Mais un homme appelé Colibert voulut braver cette interdiction et passer la nuit dans l’église. Après avoir obtenu une autorisation, il se prépara pour ce qu’il considérait une expérience. Il jeûna trois jours, se confessa et lava son corps. Il entra ensuite dans l’église et se cacha.

À minuit, il commença à avoir des visions. Il se trouva paralysé, mais capable d’entendre et de voir. Dans une lumière éblouissante apparut alors Saint-Michel, la Vierge Marie et Saint-Pierre. Il entendit ensuite Saint-Michel se plaindre d’une odeur infecte dans l’église. C’est alors que Saint-Michel le voit et s’approche furieux de lui. Sans l’intervention de Saint-Pierre et de la Vierge, qui eurent pitié du curieux, Saint-Michel l’aurait probablement tué sur le champ. À la demande de la Vierge, il accorde un sursis à Colibert afin de faire pénitence. Il lui ordonne de se repentir de l’injure qu’il a fait aux anges car la mort viendra bientôt le chercher. Colibert, terrifié, perd conscience.

On le retrouve le lendemain matin, inanimé sur le sol. On tenta de le soigner, mais après avoir raconté ce qu’il avait vu et s’être confessé de son orgueil et de son manque de foi, il meure trois jours plus tard.  

La femme enceinte :

Une jeune femme enceinte qui faisait un pèlerinage au Mont Saint-Michel fut prise au dépourvu par la rapide montée de la marée. Alors qu’elle tente de traverser, elle commence à accoucher. On la croyait morte, mais à la marée basse, on la découvre saine et sauve avec son bébé naissant. Saint-Michel l’avait sauvé de la noyade empêchant l’eau de la toucher. On plaça à cet endroit une croix – la Croix des Grèves – pour rappeler ce miracle.

Le sacristain Drogon :

Le sacristain Drogon qui appartenait à un autre ordre que les moines du Mont était un moine un peu désordonné. Il accomplissait ses tâches de sacristain mais il le faisait trop bruyamment et il oubliait de s’incliner complètement devant l’autel.

Une nuit qu’il entendit du bruit dans l’église, il décida d’aller voir à l’intérieur. Il vit alors trois pèlerins devant l’autel. Il alla chercher un jeune novice qui l’aidait dans ses tâches. Il lui reprocha d’avoir laissé des gens dans l’église après sa fermeture. Comme le novice niait ces faits, il l’amena dans l’église. Comme le novice ne voyait pas les pèlerins, Colibert le gifla et l’amena vers les gens près de l’autel. Alors qu’ils s’approchaient, Colibert ne s’inclina pas devant l’autel. Il reçut alors à son tour une violente gifle qui le fit tomber et perdre connaissance. Lorsqu’il reprit conscience, les pèlerins avaient disparus et son corps était recouvert de blessures pustuleuses. Il ne guérit pas et meurt après avoir fait pénitence.

La vision de l’évêque Norgod :

L’évêque d’Avranches, Norgod se leva un matin. Comme il regardait le Mont Saint-Michel de sa fenêtre, il constata à son grand effroi que le Mont était en flamme. Il crie et alerte son clerc, mais ce dernier ne voit pas de feu. L’évêque convaincu que le Mont est en feu, s’élance sur le chemin qui mène au Mont. En chemin, il rencontre des gens, mais ces derniers ne voient pas non plus les flammes.

Il arrive au Mont et se précipite vers l’abbaye. Les moines l’accueillent mais eux non plus ne voient pas l’incendie. Finalement, il se rend sur les lieux pour constater qu’il n’y a en effet aucun feu. Il en conclut que Saint-Michel voulait l’attirer sur le Mont afin qu’il consacre sa vie à ce dernier.

Beaucoup d’autres histoires et légendes existent sur le Mont et ses bâtiments : les ossements perdus et retrouvés d’Aubert, la conversion de Thomas, etc. Toutes ces histoires sont conçues afin de confirmer le caractère sacré des lieux.

Voir aussi:

Sources :

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08 septembre 2008

Le Mont Saint-Michel: III. Les légendes - Partie 2

La création du Mont Saint-Michel

Michel2La principale légende concerne la création même du Mont Saint-Michel et de son église.

La légende raconte d’abord la lutte entre l’archange Michael (Saint Michel) et le démon qui a l’apparence d’un dragon. Cette lutte qui oppose la lumière à la noirceur se déroule en Bretagne dura fort longtemps et l’issu fut incertaine. Certaines versions disent que le combat eut lieu sur le Mont Dol, mais d’autres versions précisent que lors de la lutte, l’archange laissa tomber trop rochers qui créèrent le Mont-Dol, Tombelaine et le Mont Tombe. Finalement le combat se termina alors que Saint-Michel terrassa le dragon – Satan – sur le Mont Tombe.

Quelques références signalent que l’archevêque d’Avranches, Aubert, aurait été témoin de ce combat. Aubert sera l’instigateur du culte michaélique dans la région. En effet, suite à ce combat, Aubert eut un songe initiatique dans lequel il vit une apparition de l’archange. Dans cette vision, l’archange Saint-Michel ordonne à l’évêque de construire un oratoire qui lui serait dédié à l’endroit où il vainquit le dragon. Mais Aubert a des doutes et décide de ne rien construire. L’archange devra se manifester deux autres fois et les signes devront se multiplier avant que l’évêque soit convaincu de construire un lieu de prière consacré à Saint-Michel. D’ailleurs lors du troisième songe, l’archange mécontent des réticences et doutes d’Aubert, appuya son doigt sur la tête y laissant un trou. L’évêque conservera ce trou et on peut supposément voir le crâne troué d’Aubert à la basilique d’Avranches.

Certains auteurs, dont Jean Markale, interprète ce trou dans le crâne comme un symbole de l’éveil du chakra de la tête associé à la sagesse, la connaissance. Je n’approfondirai pas ce sujet, mais cette analyse est très intéressante.  

Aubert décide donc d’obéir à l’archange et de construire un sanctuaire sur le Mont-Tombe. Il obéit donc à un ordre. Certaines sources disent que jamais dans les textes, on mentionne le Mont-Tombe comme étant une île et donc que la terre était recouverte d’une forêt. L’inondation des terres suivra la création du Mont. Mais d’autres sources disent que le mont était déjà cerné par les eaux et que Dieu permit à Saint-Michel d’apparaître dans les rêves de l’évêque pour qu’il puisse construire un sanctuaire sur le Mont pour entre autres « consoler les ermites du malheur » qu’avait causé l’inondation de la forêt.

Certaines versions précisent que le lieu exact où devait être construit le sanctuaire est également révélé par un signe. L’archange avait en effet dit à Aubert que le lieu serait indiqué par la présence d’un taureau volé et que la grandeur du sanctuaire devait être équivalente à l’endroit foulé par le taureau. Aubert se rend donc au Mont Tombe et il trouve dans une grotte un taureau qui avait été volé peu de temps auparavant.

Mais d’autres versions disent que l’endroit où devait être élevé le sanctuaire fut révélé par une rosée venue du ciel. Le seul endroit sec indiquait l’emplacement du futur lieu de prières.

On rapporte également qu’il y trouva une pierre avec l’empreinte d’un doigt d’homme, mais selon d’autres versions, c’est plutôt un fragment de roche d’un autel ayant l’empreinte du pied de l’archange et qui fut ramené d’Italie du Mont Gargano (les deux monts ont d’ailleurs plusieurs histoires et légendes en commun), par deux religieux envoyé par Aubert, avec d’autres reliques. Ce voyage en plus de rapprocher les deux monts devait également servir à authentifier la vision d’Aubert. Le culte michaelique avait été initié au Mont Gargano, et l’abbé et l’évêque de Siponte ont donc authentifier la mission de l’évêque d’Avranches et offerts leur protection au sanctuaire. Le sanctuaire du Mont-Tombe sera construit d’après le sanctuaire du Mont Gargano. Ce dernier avait été construit selon les instructions de l’archange et donc le sanctuaire du Mont Tombe est donc également construit par l’archange.

Pendant la construction de l’oratoire, d’autres événements miraculeux eurent lieu. On note entre autre que lors des travaux de construction, deux roches mégalithiques furent découvertes. Il était impossible de les enlever ou détruire. Finalement, on dit que c’est un homme du village non loin qui ayant eut lui aussi une vision,  alla avec ses douze fils enlever ses roches cultuelles. D’autres versions disent qu’Aubert y amène un nouveau-né et lorsque le pied de l’enfant touche à la roche et y laisse son empreinte. La roche s’ouvre alors et permet de créer la première chapelle et crypte. On dit que cette roche avec le pied de l’enfant est présentement situé à la porte de la chapelle Saint-Aubert au pied du Mont.

Le sanctuaire fut dédicacé en 708, le 16 octobre.

Les récits entourant la création du Mont Saint-Michel peuvent être trouvés dans un manuscrit datant de 850 : la Revelatio ecclesiae sancti Michaelis. Ce texte qui semble avoir été largement remanié raconte les événements miraculeux entourant la création du Mont en y mélangeant faits réels et éléments issus de la tradition orale et de l’imaginaire. Les événements sont également très similaires à ceux entourant le Mont Gargano en Italie. On retrouve les mêmes éléments : songe, apparition, taureau, etc.

Voir aussi:

Sources :

La forêt de Scissy et le raz de marée de 709 IN L’imaginaire de la Baie.
--
http://www2.ac-rennes.fr/crdp/doc/fondsspe/fonds_regional/Maraisdol/imaginaire/foret.pdf

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07 septembre 2008

Le Mont Saint-Michel: III. Les légendes - Partie 1

Plusieurs légendes entourent le Mont Saint-Michel, la région, l’abbaye,… On ne saurait toutes les énumérer. Et je ne saurais prétendre les rendre dans toutes leurs facettes et variantes… je ne proposerai que quelques lignes… Et je ne rappellerai que les principales légendes concernant le Mont. Les origines du culte de Saint-Michel, les légendes concernant Saint-Michel… une autre fois ;)

L’inondation de la forêt de Scissy

La fondation du premier oratoire sur le mont Saint-Michel est véritablement ancrée dans les mythes. On seM6 rappelle qu’on dit souvent qu’une forêt a recouvert longtemps la région, la mythique forêt de Scissy. Puis la région s’est peu à peu recouverte d’eau, la forêt laissant place à la mer et ses marées. Bien que ce processus fût probablement relativement long, on raconte volontiers que cela fut un signe des cieux et plusieurs légendes entourent cet évènement naturel. On dit que, en 709, l’eau recouvra la forêt instantanément à cause de la marée qui s’avança telle un raz-de-marée et on assimile cet événement à un acte divin, dans certaines références, comme ce fut le cas pour la destruction de la légendaire ville d’Is.

On ajoute que le menhir –ou les menhirs ou encore menhirs et enceinte sacrée - qui se serait trouvé au sommet du Mont aurait également été détruit en ces moments. Ce menhir qui était un symbole et un gardien des forces souterraines. Par sa destruction, on croyait que le Ciel libérait ces forces pour marquer le lieu qui avait été choisi par l’Archange Michael pour son sanctuaire. Mais on dit aussi que cette catastrophe est le reflet du non respect des forces souterraines et qu’elles furent libérées par les erreurs et la négligence des hommes. Le Mont a alors la mission de contrebalancer et de remettre l’ordre. La catastrophe avait également pour but de nettoyer le Mont et ses alentours des cultes païens considérés démoniaque. La création du Mont Saint-Michel et du culte dédié à l’archange suivit donc l’inondation des terres entourant le Mont.

On aurait trouvé la mention de ce/s menhir/s dans des écrits romains ainsi que dans d’autres textes plus récents. L’enceinte, dont on fait parfois mention, aurait protégé une tombe ainsi qu’une pierre. Ce lieu aurait été le théâtre de rituels très précis et importants et aurait fait partie d’un trajet très particulier avec plusieurs arrêts. On dit également que des religieux auraient détruit ces lieux de culte païens et qu’ils se seraient installés sur le Mont-Tombe dans la forêt de Scissy.

On parle aussi dans certaines références de fosses dans lesquelles on aurait retrouvé des ossements et des objets. Ces ossements seront quant à eux liés à des rituels impliquant le taureau et à des cultes de Mithra. Je ne m’attarderai pas sur cet aspect.

L’existence de la forêt et son inondation par un raz-de-marée est incontestable pour nombres de gens. Elle fait partie de nombreuses légendes et contes et est liée à l’imaginaire de la région. Elle est cependant contestée par d’autres sources. 

Le ravitaillement des premiers ermites

Les premiers ermites qui occupèrent le Mont-Tombe vivaient dans des conditions difficiles. On retrouve dans l’histoire du Mont, des traces de comment ces ermites étaient ravitaillés par les habitants de la région. Et on retrouve encore une fois dans les écrits, des contradictions.

On dit, que les villageois des environs leurs envoyaient régulièrement des vivres, du bois de chauffage, etc. Lorsque les ermites avaient besoin de ravitaillement, ils allumaient des feux pou avertir les villageois. Mais pour éviter de les déranger dans leur isolement, on envoyait un âne dans la forêt chargé du ravitaillement. Cet âne était guidé miraculeusement par le Ciel. Cependant, un jour, l’âne fut attaqué par un loup qui le mangea. Mais le loup fut puni par Dieu et il fut obligé de remplacer l’âne dans sa tâche. Ce fut donc lui qui se chargea d’apporter le ravitaillement aux ermites.

Mais d’autres textes laissent sous-entendre que le fait que les ermites allumaient des feux pour signaler aux villageois « sur la terre ferme » qu’ils avaient besoin de quelque chose, indique que le mont était entouré d’eau. Alors que d’autres soulignent que l’âne traversait la forêt pour aller porter les vivres.

Voir aussi:

Sources :

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05 septembre 2008

Le Mont Saint-Michel : II. Histoire - Partie 2

Et donc le grand mont devient le Mont-Tombe et le plus petit Tombelaine.

Il y eut très tôt des lieux de culte sur le Mont-Tombe. Alors que le Mont-Tombe est rattaché au diocèse d'Avranches au IVe siècle, on peut voir un premier oratoire sur le Mont. Cet oratoire sera dédié au martyr chrétien Saint-Étienne. Un deuxième oratoire sera construit plus bas sur le Mont et sera dédié au martyr gaulois Saint Symphorien. Quelques ermites veilleront sur ces lieux. Il est cependant presque certain que ces ermites et les oratoires du Mont oscillaient entre le culte païen et le culte chrétien. Petit à petit, cependant, les ermites du Mont-Tombe s'organisèrent en communauté résolument chrétienne avec une ébauche de monastère. Leur vie demeurait cependant assez loin des règles strictes des monastères.

MSM4Mais c'est en 708, que l'histoire du Mont-Tombe se transforme définitivement. En effet, un évêque d'Avranche nommé Aubert, entame la construction d'un édifice qui sera dédié à l'archange Saint-Michel. Il aurait reçut de l'archange lui-même, à travers de visions, l'ordre de construire cet oratoire.  Le premier oratoire, en forme de grotte, pouvait contenir plusieurs dizaines de personnes. On peut voir quelques vestiges de cet oratoire dans une des salles de l'abbaye.

Il est difficile de savoir si le Mont était alors entouré d'eau ou non. Certains situent l'inondation de la région en 709, après la consécration du Mont à Saint-Michel. D'autres disent que le Mont était déjà submergé lors de l'apparition de l'archange à Aubert. On pense même que les ermites qui vivaient déjà sur le rocher devaient faire des signaux pour demander qu'on les approvisionne.

On dit que c'est en 710 que le Mont-Tombe devient définitivement le "Mont-Saint-Michel-au-péril-de-la-Mer". D'autres disent que le Mont prit tout d'abord le nom de Saint-Michel-en-Tombe et que ce n'est qu'en 933 lors que Saint-Michel fut choisit par Charlemagne comme protecteur que le nom "Mont-Saint-Michel" est définitivement établi.

En 709, Aubert fait construire une petite église sur le Mont. Il réunit les ermites du Mont et les attache au sanctuaire de Saint-Michel. Ce sanctuaire fut d'ailleurs un des premiers en occident ayant le culte de l'Archange. Bien que le culte à cet ange avait beaucoup progressé, le choix de l'évêque Aubert a longtemps laissé perplexe et plusieurs explications ont été données. On note entre autres les liens avec les cultes païens qu'on voulait sûrement combattre... dieu solaire, culte à Mithra, cultes chthoniens... On note aussi qu'on dit qu'il y avait un menhir au sommer du Mont...

L'histoire de l'église construite par Aubert est également lié à un autre Mont en Italie, le Monte Gargano" également dédié à Saint-Michel qui en a aussi commandé sa construction. La construction du Mont Saint-Michel suit de très près l'histoire du Mont Gargano... Des liens vont d'ailleurs unir les deux Monts. Des reliques de Saint-Michel sont d'ailleurs envoyées en France. La construction et les premières années d'existence du sanctuaire seront marquées par les miracles et les légendes.

Le culte au Mont Saint-Michel commence. Les gens viennent plusieurs en pèlerinage dans ce lieu étrange qui est un tableau idéal au combat de Saint-Michel et le Dragon. Les légendes locales sont remplies de ce combat. À la mort d'Aubert, il y a une baisse de pèlerins qui viennent au Mont. Ce sont alors des chanoines qui accueillent les gens. Le culte reprendra au IXe siècle. D'autres chapelles seront construites, dont une chapelle pré-romane "Notre-Dame-de-Sous-Terre". Et en 966, une abbaye bénédictine est fondée à la demande du Duc de Normandie, Richard, 1er qui a des raisons autant politiques que religieuses. De nouveaux moines remplacèrent les religieux en place. On construisit une église et quelques bâtiments. Et les pèlerins reviennent en grands nombres au Mont-Saint-Michel.

L'histoire des bâtiments du Mont Saint-Michel est parsemée de nombreux incendies, dont un eut lieu en 992. Beaucoup d'autres suivirent. On reconstruisit toujours. Les églises premières se transformèrent au fil du temps. Une abbatiale romane fut construite au XIe siècle. Au XIIe siècle fut une période prospère pour le monastère. C'est à cette époque qu'on construira la "Merveille" de style gothique.

L'histoire du Mont est également marquée par les nombreuses guerres des siècles suivants. On fortifia les installations du Mont. Mais le Mont est marqué par plusieurs "blessures de guerre" et la Guerre de Cent ans, le détruisit presque entièrement.

L'abbaye aura ensuite de nombreuses périodes creuses pendant lesquelles peu de moines s'occupent des quelques pélerins qui viennent encore.

En 1790, les moines furent chassés de l'abbaye et ont vendit tous leurs biens. En 1792, l'abbaye est convertie en prison, pendant la Révolution. On y enferme d'abord des prêtres puis ensuite des prisonniers. L'abbaye se transforme en atelier où on fait travailler les prisonniers. On transforme les pièces pour accommoder le travail des prisonniers. On délaisse l'entretien en général et certains bâtiments vont même s'effondrer. Un autre incendie en 1834 détruit presque entièrement le Mont et peu de travaux sont entrepris pour sauver les bâtiments. On supprime en 1863, la prison et quelques moines vont temporairement revenir à l'abbaye. La vie reprend peu à peu au Mont et on ouvre à nouveau les restaurants et magasins qui avaient toujours fait partie du paysage du Mont accueuillant les pèlerins depuis des siècles.

Finalement, en 1874, l'abbaye est classée comme monument historique et on entreprend sa restauration. Les moines doivent quitter les lieux. L'apparence actuelle du Mont Saint-Michel prend forme à cette époque. Une nouvelle communauté de moines bénédictins se sont établis à nouveau sur le Mont. Ils y restèrent pendant 35 ans assurant la célébration du culte et recevant les pèlerins. en 1979, le site est ajouté sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Et depuis 2003, se sont les Fraternités monastiques de Jérusalem qui assurent maintenant le culte et l'accueil des pélerins. Il y a maintenant une communauté d'hommes et de femmes.

Aujourd'hui, le
Mont Saint-Michel comprend le monastère, l'église ainsi qu'une petite ville composée principalement d'hôtels et de commerces. Il fait partie de la Basse-Normandie, du département de la Manche et de l'arrondissement Avranches. Ses manuscrits ont d'ailleurs été récemment transférés à Avranches. Sa superficie est de 3.97 km2 et il y avait en 2006, 43 habitants appelés des Montois. Il reçoit chaque année de nombreux visiteurs. Des digues, des routes et des stationnements furent construits mais des travaux ont aujourd'hui débuté pour redonner au lieu son véritable aspect.

L'histoire du lieu est très longue et complexe... ceci n'est qu'un très très bref résumé... il faut lire son histoire entière pour bien comprendre le lieu... lire sur les origines, les premières communautés, les conflits et les guerres... l'histoire du Mont est intimement lié à l'histoire du pays et de la région... il faut aussi lire sur les conflits engendrés par les revendications de la Bretagne du Mont... à la limite de la Normandie et de la Bretagne, on se dispute encore le Mont. Il faut aussi lire sur l'architecture riche et les oeuvres d'art que contient l'abbaye...

Et finalement, il faut lire les légendes et les mythes qui entourent ce lieu... autres textes ;)

Voir aussi:

Sources :

 

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04 septembre 2008

Le Mont Saint-Michel : II. Histoire - Partie 1

Un article sur Le Sang du Temps de Maxime Chattam m'a rappelé ce voyage au Mont Saint-Michel en 2006. À l'époque j'avais fait quelques recherches sur le Mont Saint Michel. Je replace ici les textes que j'avais élaborés.

Je n'aborderai pas ici, les légendes concernant les origines du Mont Saint-Michel, ce sera pour plus tard. J'essaierai de n'aborder que le côté historique de l'endroit même si l'histoire et la légende sont souvent étroitement liées lorsqu'on essaie de retracer les origines du Mont Saint-Michel. De plus, comme c'est souvent le cas, il y a beaucoup d'incertitudes, de suppositions... difficile de remonter le temps sans se perdre en hypothèses !

L'histoire du Mont Saint-Michel remonte très loin dans le temps, mais il semble que ce n'est qu'à partir duMSM3 Moyen-Âge que l'on commence à réellement avoir de l'information concrète.

La mer est ce qui modela pendant des millénaires le paysage du Mont. La mer recouvra probablement toute cette région. Au gré des changements climatiques, la région se transforma. Lorsque petit à petit, la mer dégagea la région et un codon littoral se forma au fond de la Baie qui empêchait la mer de revenir. Grâce à des arbres fossilisés retrouver sur les grèves, on dit qu'il y a sûrement eu une forêt à cet endroit. On garde dans les légendes, le nom de forêt de Scissy.

Mais selon des recherches faites par le Centre de Recherche Archéologique d'Aleth et le Centre de Documentation des historiens Locaux de Gévezé, cette forêt n'aurait jamais existée.

La mer envahit à nouveau l'endroit petit à petit. Et cette mythique forêt aurait disparu. Le Mont est à nouveau entouré d'eau. Et les fameuses marées commenceront, marquant indéniablement les légendes et l'histoire du Mont.

Le Mont Saint-Michel a eu d'autres noms au cours de son histoire et s'est problablement révélé un lieu de culte depuis fort longtemps. Certaines sources, dont l'historien breton Gilles Deric (XVIIIe siècle), disent que le Mont a été un lieu de culte pour les druides alors que le Mont était encore entouré de la supposée forêt de Scissy (parfois appelée forêt de Saint-Pair-sur-Mer).  Le Mont, comme plusieurs autres endroits non loin, s'appelait alors probablement "Mons vel Tumba Beneni" et il aurait pu être dédié au dieu solaire gaulois. En effet, le terme Beleni ou Belenos, serait l'adjectif gaulois désignant "brillant" et qui représente le dieu de Lumière et du Feu des celtes: Lug. Et nous avons donc le Mont ou Tombe de Belenos.

Le Mont prendra par la suite le nom de Mont-Tombe. Ce qui est en fait en quelque sorte un pléonasme ! Puisque le mot t'um signifiant probablement "tertre" ou "élévation". 

(Ce terme serait d'origine indo-européenne est a donné plusieurs mots dont le mot latin "tumulus", le mot grec "tumbos" et le mot gaulois "dunos" que l,on retrouve dans beaucoup d'appellation de lieux, tel que Issoudun, par exemple). Encyclopédie universelle

Beaucoup de texte explique le passage à cette appellation. On inclut dans les explication le nom de Tombelaine de l'îlot et mont voisin. En autre, on parle d'une interférence entre le nom Tombelaine et Mont-Belen (Belenos). Il est difficile de savoir exactement. On sait que les deux rochers sont situés près l'un de l'autre, un deux fois plus haut que l'autre. Ils auraient donc eu les noms latins de tumba et tumbellana. Et donc le grand mont devient le Mont-Tombe et le plus petit Tombelaine .

(À suivre... Le Mont Saint-Michel : II. Histoire - Partie 2)

Voir aussi:

Sources :

  • Le Mont Saint-Michel: monastère et citadelle. -- Lucien Bély, préface de Jean Favier, photographies : Hervé Champollion. -- Rennes: Éditions Ouest-France, c1994, 2004. -- 249 p.: ill, photgr, cartes; 24 cm. -- ISBN. 2-7373-1419-4
  • Le Mont Saint-Michel et l'énigme du dragon / Jean Markale. -- Paris: France Loisirs, c1987. -- 305 p. : ill. ; 23 cm. -- ISBN. 2- 7242-3855-9
  • Site officiel de l' office de tourisme du Mont Saint Michel. -- URL: http://www.ot-montsaintmichel.com/accueil.htm ;
  • Le Mont Saint-Michel / Wikipédia. -- URL: http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Mont-Saint-Michel
  • Le Mont Saint-Michel, partez à sa découverte avec nous !. --URL: http://www.le-mont-saint-michel.org

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28 juillet 2008

L'ange Lailah

J'ai choisi Laila pour pseudonyme et j'en parle un peu ici. C'est étrange mais à la longue, il me colle à la peau et je me sens autant Laila que mon véritable prénom. J'avais lu un peu sur le nom avant de le choisir, mais j'ai voulu faire un peu plus de recherche... donc voici, ce que j'ai trouvé...


On retrouve le nom de Laila sous différente forme : Lailah, Leliel, Lailael, Layla. Cette entité est généralement considérée comme un ange faisant partie du folklore religieux juif.  Son caractère est ambivalent puisqu’on le retrouve à la fois décrit comme ange « saint », « bénéfique » ou « lumineux » dans certains textes et comme un ange « déchu », « maléfique » ou « d’ombre » dans d’autres. Certains textes incluent dans leursLailah propos à la fois ces deux aspects considérés comme « contraires ».

Laila, est souvent appelé l’ange de la nuit – souvent considéré comme démoniaque- et son nom dérive du mot hébreu « lailah » qui signifie justement « nuit ». On dit d’ailleurs « Lailah tov » pour dire « bonne nuit ». On retrouve le terme dans le Livre de Job 3:3 : « Périsse le jour où je suis né, Et la nuit qui dit : Un enfant mâle est conçu ! ». Mais Laila est également décrit comme le « prince de la conception ». Dans ce verset de l’Ancien Testament, « lailah » ou la « nuit » est donc considéré comme à la fois maléfique et comme « supervisant » la conception.

Job dans ce texte maudit le moment de sa conception : « Ce jour ! qu'il se change en ténèbres, Que Dieu n'en ait point souci dans le ciel, Et que la lumière ne rayonne plus sur lui ! Que l'obscurité et l'ombre de la mort s'en emparent, Que des nuées établissent leur demeure au-dessus de lui, Et que de noirs phénomènes l'épouvantent ! Cette nuit ! que les ténèbres en fassent leur proie, Qu'elle disparaisse de l'année, Qu'elle ne soit plus comptée parmi les mois ! Que cette nuit devienne stérile, Que l'allégresse en soit bannie ! Qu'elle soit maudite par ceux qui maudissent les jours, Par ceux qui savent exciter le léviathan ! Que les étoiles de son crépuscule s'obscurcissent, Qu'elle attende en vain la lumière, Et qu'elle ne voie point les paupières de l'aurore ! […] » (traduction de Louis Segond, 1910).

Étant le « prince de la conception », Laila est donc responsable – ou le « superviseur » - de toute conception. Cet attribut a d’ailleurs, dans certaines traditions magickes ou spiritualités qui invoquent ou évoquent cet ange, fait de Laila une entité féminine, alors que les anges n’ont, par définition pas de sexe – bien que la plupart des représentations d’anges leurs donnent des traits masculins (de plus, le mot « ange » : malakh  est un nom masculin). Laila est souvent comparée, parfois même assimilée, à Lilith, la première femme, ou démon féminin de la conception –bien que Lilith détruise habituellement le fruit de la conception. On associe également Laila à un ange « féminin » en raison de la sonorité féminine de son nom. Son nom ne ressemble pas aux noms habituels d’anges et ne comporte pas la terminaison « el » qui signifie « dieu » (bien qu’une graphie du nom soit « Leliel ».)

Selon le Zohar – étude approfondie de la Torah ou Pentateuque ; en particulier de la Genèse et l’Exode – Lailah est l’ange qui est chargé de protéger et garder l’esprit à sa naissance. Ce qui n’en fait pas une entité négative. Laila est donc en charge à la fois de la conception et de la protection des esprits conçus à leur naissance. Plusieurs prières existent d’ailleurs pour appeler l’ange de la conception. Ces prières demandent à l’ange Laila de favoriser la conception d’un enfant. Dans ces prières on promet de s’occuper et d’aimer l’enfant à naître et on remercie l’ange de son aide, sa protection et de cette création – toujours en rappelant le rôle principal de « dieu » auquel l’ange est soumis. Cette conception demeure possible par la grâce de « Dieu » dont l’ange est uniquement l’intermédiaire. L’ange permet la conception car « Dieu » le permet.

Laila préside donc sur la nuit et la conception, à la fois démon (ange déchu) et ange. Cependant, certains textes – qui analysent la Genèse, par exemple, Bereshit Rabba - disent qu’on peut retrouver une histoire qui raconte comment l’ange Lailah a combattu pour Abraham lors de ces affrontements avec les Rois. Ceci renforce l’image positive et bénéfique de l’ange. On retrouve aussi cette histoire dans « The Legend of the Jews » par Louis Ginzberg.

D’autres textes peuvent être trouvés sur l’ange Laila et mettent en évidence son lien avec la conception de la vie. On retrouve d'ailleurs plus d'occurence soulignant le lien avec la conception que le lien avec la nuit.

BeforeDans son livre pour enfants « Before you were born », l’auteur et folkloriste Howard Schwartz aborde la nature de l’ange Laila d’une façon simple et très complète.

L’auteur appelle Laila, la sage-femme des âmes. Il souligne que l’ange rassemble l’âme – ou l’esprit - et la semence pour ensuite s’assurer que cette semence, cette « graine » contenant maintenant une âme, sera déposée dans un ventre maternel. Laila accomplit cette tâche sur l’ordre de Dieu et va chercher l’âme dans le Jardin d’Eden. Il ordonne à l’âme d’entrer, de s’unir à la semence pour former le futur être humain.

L’auteur explique aussi qu’alors que l’enfant grandit dans le ventre de sa mère, l’ange Laila place une chandelle allumée à la tête de l’enfant – toujours dans le ventre – pour qu’il puisse voir d’un bout à l’autre de l’univers. Le Livre de Job 29 :3 évoquerait d’ailleurs cette lumière : « Job prit de nouveau la parole sous forme sentencieuse et dit : Oh ! que ne puis-je être comme aux mois du passé, Comme aux jours où Dieu me gardait, Quand sa lampe brillait sur ma tête, Et que sa lumière me guidait dans les ténèbres ! »  Laila a également comme responsabilité d’apprendre à l’enfant à naître, la Torah ainsi que l’histoire de son âme. L’enfant à naître est pur et il fait d’ailleurs la promesse à Laila qu’il gardera son âme pure. L’ange lui montrera également le Ciel et l’Enfer. Lorsque l’enfant doit naître, l’ange éteint la chandelle et assiste la naissance. Mais lorsque l’enfant sort du ventre maternel, Laila frappe la lèvre de l’enfant avec son doigt (lui laissant cette petite marque ou pli que l'on a au-dessus de la lèvre) ce qui fait en sorte que l’enfant oublie tout ce qu’il a appris avant sa naissance. L’histoire souligne cependant que ce que l’enfant a appris ne disparaît pas vraiment. Ce qui explique certains souvenirs, connaissances. Le mythe rapporté par Schwatz continue en disant que Laila surveille l’enfant durant toute sa vie – une sorte d’ange gardien – et à sa mort, l’ange le guidera jusqu’au « ciel », vers un nouveau monde, devant Dieu où la personne devra rendre compte de sa vie passée sur « terre ».

Ce mythe fait de Laila, plus qu’un ange bénéfique, mais également un ange gardien. On peut retrouver ce mythe dans le texte : Midrash Tanhuma Pekude 3 qui fut publié en 1522.  Cette histoire présente donc Laila comme l’ange qui sur l’ordre de Dieu, ira chercher une âme dans le Jardin d’Eden qu’elle obligera à naître. On ajoute parfois que l’âme refuse d’abord de se plier à la volonté de Dieu car elle se « rappelle » la souffrance de naître. Et donc cette âme aurait déjà vécu. Le texte cherche cependant en grande partie à souligner la présence de Dieu à chaque instant de la vie – avant même la conception. Il souligne également l’aspect essentiellement pur de l’âme humaine mais qui peut être influencée par le pourvoir du « mal ». Et finalement que à notre naissance – ou plutôt avant notre naissance, notre âme - nous avions la capacité de comprendre Dieu ainsi que les secrets de la Torah mais que nous oublions cette connaissance.

À lire :

Posté par Laila_Seshat à 12:29 - Commentaires [4] - Permalien [#]
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